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Full text of "Etudes de lépidoptérologie comparée"

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Avis aux Lecteurs 


des 


“ Études de Lépidoptérologie comparée” 





Je comptais publier, dans le Volume XII] des Études de 
Lépidoptérologie comparée, une consultation tout à fait intéressante 
dont je suis redevable à MM. les Docteurs Chapman, de Reigate, 
Reverdin, de Genève, et Courvoisier, de Bâle, relativement à la 
question de séparation spécifique des Lycaena Ærgus, Ærmoricana, 
Bellieri, Ligurica, etc., posée aux pages 454-520 du Volume XI] 
des Études. 

Les observations écrites par les savants Entomologistes précités 
constituent une documentation fort instructive et sont très agréables 
à lire. Je regrette infiniment d’être obligé d’en différer de quelques 
semaines Ja publication. 

Chacun de ces travaux doit être accompagné de Planches photo- 
typographiques que la raréfaction de la main-d'œuvre dans nos 
ateliers d’Imprimerie a empêché d’être prêtes aussitôt que je 
J'aurais désiré. J] faut encore un délai pour que l'illustration de 
l'ouvrage soit achevée. 

Dès lors, je me suis décidé à faire paraître immédiatement 
et sans plus attendre, le Volume X111 des Études de Lépidoptéro- 
logie comparée. Ce Fascicule contient les Planches coloriées complé- 
mentaires de la Faune des Lépidoptères de Barbarie, dont le texte 
a été imprimé aux pages 179-428 du Volume XÏ] ; il y a été joint 
un Prodrome détaché de la Monographie des Casfniinae, travail très 
important entrepris par mon ami M. le Professeur C. Houlbert. 
La Monographie complète de l’intéressante famille des Casfnies 
paraîtra dans le Volume XIV des Études de Lépidoptérologie com- 


parée, aussitôt que le maître J. Culot aura terminé la mise sur 


pierres et le coloriage des 26 Planches qui ont semblé nécessaires 
à l'illustration du travail de M. Houlbert. 


Mes amis qui s'intéressent avec tant de bienveillance à la 
publication successive des volumes des Études de Lépidoptérologie 
comparée, doivent être informés de l’état actuel de nos travaux 
entomologiques en cours de préparation. 


Voici donc la situation présente : 


1° Observations sur la séparation spécifique des Lycaena du groupe 
Argus, par MM. les Docteurs Chapman, Reverdin et Courvoisier. 

J] ne manque que j’achèvement des clichés phototypogra- 
phiques, pour que la publication de ce travail soit faite. 


2° Monographie des Casfniinae, par M. le Professeur Houlbert. 

Douze Planches en couleurs sont terminées; quatorze restent 
à faire. De nombreuses Planches phototypographiques seront 
entreprises après achèvement de celles qui accompagneront l’ou- 
vrage précédent. 


3° Monographie des Aegrridae, par M. Ferd. Le Cerf, Prépa- 
rateur au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, présen- 
tement mobilisé. 

Le texte est presque tout entier écrit; une partie est déjà 
composée typographiquement. Huit Planches {Æigérie) ont paru 
par anticipation dans le Volume X] des Études de Lépidoptérologie 
comparée. Neuf Planches (Exotiques) ont été publiées dans le 
Volume XI] des mêmes Éfudes. Plusieurs Planches coloriées et de 


nombreuses reproductions de dessins au trait restent à exécuter. 


4° Monographie des Acraeidae américaines (genre Actinote), avec 
8-10 Planches coloriées dont M. J. Culot a les modèles entre les 


mains. Le texte est entièrement prêt. 


s° Suite de la Révision des Phalénites décrites et non figurées 
par Guenée, dans le Species Général, Volume X. 


6° Suite de la Faune des Lépidoptères de Barbarie (Noctuelles 
et Géomètres). 
Je profiterai de la collaboration de M. Harold Powell, pendant 


l'été 1917, pour terminer cette dernière Efude, qui sera accom- 








pagnée d’un certain nombre de Planches illustrant notamment les 
premiers états, d’après les aquarelles de M. Powell. 


7° Description, avec figures coloriées, de nouvelles Espèces de 
Lépidoptères du Thibet et de Madagascar, pour faire suite aux 
travaux publiés dans les Volumes IX, XI et XI] des Études de 


Lépidoptérologie comparée. 


Tels sont les travaux présentement entrepris et en cours de 


publication. 


Les circonstances de la guerre rendent très lente et très difficile 
la réalisation des travaux artistiques, photographiques et typogra- 
phiques indispensables. 

Cependant malgré tant d'obstacles, j'ai réussi à faire paraître, 
depuis septembre 1914, les Volumes X, XI, XI] bis et XII], avec 
un nombre important de Planches coloriées et phototypogra- 
phiques. 

Au fur et à mesure que le temps s'écoule, les difficultés maté- 
rielles augmentent. Néanmoins la publication du Volume XI1], 
malgré son peu d'ampleur, est la preuve que notre activité indus- 
trielle et entomologique est toujours vivace. 

Puissé-je, sans trop attendre désormais, faire paraître le 


Volume XIV des Études de Lépidoptérologie comparée. 


Rennes, 31 mars 1917. 


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Faune des Lépidoptères de Barbarie 


(PARTIE IT) 


Dans le Volume X des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée 
ont paru les observations relatives aux Rhopalocères barba- 
resques. Quant aux Hétérocères, l’inventaire en a été commencé 
dans le Volume XII des mêmes Æ/udes. 

Je le continue dans le présent Volume XIII où se trouve dressé 
le Catalogue raisonné des Espèces appartenant aux familles sui- 
vantes : Arciüde, Lithoside, Nolide, Cymbide, Hepialide, 
Cosside. 

Au moment où j'écris ces lignes, paraît la 2° partie du Vo- 
lume XII dont l’achèvement, par ces temps de guerre, a été 
excessivement laborieux. 

C’est avec ce présent Volume XIII que je publie les figures 
concernant les Sphingide et Bombycide barbaresques. Elles 
auraient dû être éditées avec le Volume XII; mais le coloriage 
des Planches ne put être terminé en temps utile. 


Rennes, décembre 1916. 


Charles OBERTHÜR. 


8 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








ARCTIIDÆ 


Trichosoma Bæticum, Rambur. 


Aïin-Draham (Tunisie); Lambèse, en novembre et décembre: 
Sebdou, en novembre. 


Je n’ai rien d’essentiel à ajouter à ce qui est imprimé aux 
pages 33-35 du Volume V des Æ?udes de Lépidoptérologie com- 
parée. 

Je crois utile de faire figurer de nouveau l’Ab. mélanienne 
Ramburi, Obthr, qui a été représentée par Rambur, dans la 
Faune de l’Andalousie, sous le n° 2 de la PI. 14; parce que les 
deux exemplaires, celui que possédait Rambur et le mien, ne sont 
pas absolument pareils. 

_Je fais également figurer une forme albinisante obtenue à 
Lambèse, en décembre 1013, avec le nom de A/bescens, Obthr. 


Trichosoma Pierreti, Rambur. 


Je prie le Lecteur de se reporter aux Volumes V et VI des 
Etudes de Lépidoptérologie comparée. 

Aux pages 35-39 du Vol. V, j'ai essayé d'établir la synonymie 
et l’histoire de 772chosoma Pierreti. 

Sur la PI CXXI du Vol. VI, j'ai fait représenter, sous les 
n° MO57, 1056, 1059, 1000, 10601, la forme type de 7 Prerres 
d’après des exemplaires venant de Bône, de Khenchela et de 
Tunisie, et la forme Mauritanicum, H. Lucas, sous les n* 1066, 
1067, 1068, 1069 et 1070, d’après des exemplaires pris aux envi- 
rons d'Alger par feu mon regretté ami E. Hall. 

La chenille de Pterreti, Khenchela, est représentée en couleurs 
sous le n° 1064, et la chenille de Pzerreti-Mauritanicum, d’ Alger, 
est figurée sous le n° 1065 de la Planche CXXI précitée; de plus, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE () 


cette même chemille est reproduite par les procédés photogra- 
phiques sur la PI. 36 du Vol. X, Planches, des Efudes de Lépi- 
doptérologie comparée. 

Dans le Vol. VI des Æfudes d’Entomologie, j'avais fait figurer, 
sous les n°® 7, 8 et 9 de la PI. II, la forme Gandolphe: et la 
forme Pierreti Set Q, d’après des exemplaires pris à Bône et 
appartenant à J. Fallou. 

Je crois que AZlanticum, H. Lucas, Gandolphei, Obthr., Mau- 
ritanicum, H. Lucas, et Auguenini, Millière, sont des formes de 
la même Espèce, référables à la plus anciennement décrite 
Pierreti, Rambur. 

M. Harold Powell a trouvé un œ de la forme Mauritanicum 


à Sebdou, en 1907. 


Trichosoma Breveti, Obthr. 


D'abord figuré dans les Æfudes d’Entomologie (Liv. IX, 
PL. III, fig. 14); puis dans les Etudes de Lépidoptérologie com- 
Amée(Nol NV Part | PI EXX VIT h6)700): 

L’Espèce est variable, si J’en juge d’après les 17 d' que J'ai 
pu réunir jusqu'ici. À ma connaissance, le Z'7ichosoma Breveti 
a été trouvé dans les localités suivantes : Tlemcen, Sebdou, Géry- 
ville (septembre 1910), Bou-Saada (automne 1911), El-Outaya 
(mars 1910), Lambèse (septembre et octobre 1913). 

Les principaux motifs de variation résident dans la couleur 
rose des ailes inférieures en dessus ; le développement de la : 
bordure noire des mêmes ailes; l’entourage — ou le non-entou- 
rage — au moyen d’un mince liséré Jaunâtre, de toutes les taches 
noires des ailes supérieures; la dimension des taches noires en 
question, leur confluence ou leur séparation. 

Le faciès du papillon est changé complètement par la présence 
ou l’absence de ce fin liséré jaunâtre encerclant les taches noires 
du dessus des ailes supérieures. 

Je pense que le T7ichosoma Powelli dont j'ai fait figurer un © 
Éune ©, sous lecnronet 710 de la PI ERNAIT, dans le 


10 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Ve Volume des Æfudes de Lépidoptérologie comparée, est une 
variété de Brevet, sans pouvoir l’affirmer toutefois. 

Par ailleurs, Je n’ai rien à ajouter aux observations qui sont 
imprimées aux pages 44-48 du Vol. V, Part. I, des Ærudes de 
Lépidoptérologie comparée. Le D' Rebel, mis directement en 
cause par moi, à propos de la confusion en une seule unité spé- 
cifique des deux Espèces si distinctes : Breve/i et Leprieuri, 
sous le n° 4175, dans le Catalog 1001, n’a pas jugé à propos 
d’expliquer les motifs d’une erreur qui paraît avoir été commise 
volontairement. 


Trichosoma Pudens, H. Lucas. 


Bône; Bougie; Glacière de Blidah; Cap Aokas; Sud de la 
Province d’Alger ? Je considère cette dernière localité comme 
douteuse; le 7 72chosoma Pudens paraissant être plutôt une Espèce 
du littoral méditerranéen. Elle éclôt en mai et juin. La Q est 
tout à fait aptère. Varie pour le nombre et la dimension des 
taches noires sur le fond brun rougeûtre des ailes. 

Prière de se reporter, pour la notice intéressant Pudens, aux 
pages 49 et 50 du Vol. V, 1" Partie, des E/udes de Lépidopté- 
rologie comparée. Un exemplaire ©, de Bougie, est figuré sous 
le n° 430 de la PI. L, dans le Vol. IV des Etudes de Lépidopté- 
rologie comparée. 


Trichosoma Leprieuri, Obthr. 
Collo (D' Seriziat); Bône (Olivier). 


Figurée pour la première fois sous le n° 2 de la PI. V dans 
la Liv. III des Æzudes d’Entomologie et décrite aux pages 43 
et 44 de la même livraison. 

Sous le n° 427 de la PI. 4 du IV*° Volume des Æfudes de 
Lépidoptérologie comparée, j'ai fait représenter la variété méla- 
mienne : Morisca, Obthr. Sous les n°” 428 et 420 dela même 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE [1 





PI. 4, sont figurés le Get la Q de la forme considérée comme 
type de lEspèce: 

Voir pour la notice, la page 50 du Vol. V, Part. I, des Ezudes 
de Lépidoptérologie comparée. 


Phragmatobia Fuliginosa, Linné. 


Géryville (juin, août et septembre 1910); Aïn-Draham; Lam- 
bèse (août-septembre 1913); Batna. 


En Algérie, la forme est caractérisée par les ailes supérieures 
d’un blond doré, les inférieures d’un rose clair et généralement 
peu de taches noires, ainsi que je l’expose à la page 74 du Vol. V, 
Part. I, des Etudes de Lépidoptérologie comparée. 

L’Espèce qui habite une énorme étendue de pays, en Europe, 
en Mandchourie, dans l’ Amérique du Nord, est très variable. Je 
crois utile de faire figurer la variété favida, Obthr., que j'ai prise 
à Lourdes, le 15 juillet 1901; la forme d’Aïn-Draham, avec le 
nom de X7oumira, Obthr.; la forme Borealis, Stgr., du Nord de 
l’Ecosse (Ried, 1882); une belle morphe anglaise, rouge, de la 
coll. Howard-Vaughan ; un exemplaire pris à Lourdes, le 
15 Juillet 1901, avec la var. favida, présentant aux ailes infé- 
rieures, qui sont roses et non jaunes, la même extension de la 
partie noirâtre que chez favida. 


Chelonia Dido, Obthr. 
Ain-DrahamCollo; Letlart: La Calle 


J'ai publié une première figuration du œ sous le n° 638 de la 
PI. LXVI dans le Vol. V, Part. I, des Efudes de Lépidoptéro- 
logie comparée. La Q que Wagner avait jadis représentée dans 
l’ouvrage intitulé : Wagner's Reisen in der Regentschaft Algier 
in den lahren 1836, 1837 et 1838, fut de nouveau figurée sous le 
n° 639 de la même PI. LXVI (loc. car.). 


12 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Pour permettre la comparaison immédiate de Dido avec Ober- 
lhiri, J'ai donné la représentation d’une nouvelle paire de Ce- 
lonia Dido, sous les n°* 4601 et 4602 de la PL CCCXXIV, dans 
le vol. XI des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée. 

La notice concernant la CAelonia Dido se trouve imprimée aux 
pages 124 et 125 du Vol. IV des Etudes de Lépidoptérologie 
comparée. 

D’après les documents que contient ma collection, 17 d et 
16 ©, la Chelonia Dido varie très peu. 


Chelonia Oberthüri, Stor. 


J'ai fait représenter sur les Planches CCCXXIII, CCCXXIV, 
CCCXXV du Vol. XI des Etudes de Lépidoptérologie comparée, 
une série d’exemplaires Œ et © de Celonia Oberthüri, Dido 
et Fasciata. 

Il est ainsi aisé de distinguer les trois Espèces. La Ckelonia 
Oberthiüri C'est figurée sous les n° 4683 à 4688 et la Q sous les 
n°® 4689 et 4690. Cette figuration permet d’apprécier la varia- 
biité de la Celonia Oberthüri. 

Les ailes supérieures du GO‘ sont plus ou moins largement 
envahies par la couleur crème, ou inversement par la teinte brun 
noir, mais la disposition générale des dessins reste constante; la 
couleur des ailes inférieures est d’un rouge plus ou moins foncé. 

Chez les Q, la teinte des ailes inférieures est souvent d’un 
rouge aussi vif que chez Dido; mais l'aspect général est plus 
éclatant. Chez les 24 exemplaires © de ma collection, la dispo- 
sition des parties crème et noirâtre, sur les ailes supérieures, est 
d’une remarquable fixité. En effet j'ai fait figurer sous les 
n*® 4689 et 4690 de la PI CCCXXIV les deux exemplaires les 
plus différents tant par leur maculature des ailes supérieures que 
par la couleur rouge de leurs ailes inférieures. On peut se rendre 
compte aisément du peu d’importance de la variation. 

M. Harold Powell a obtenu le nombre assez considérable de 


plus de cent GO‘. Il a élevé les chenilles avec succès, à Lambèse, 





LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 13 
où le papillon éclôt en mai et juin, puis plus rarement en sep- 
tembre. 

Sur la PI. 36, 36 a du Vol. X, Planches, des Etudes de Lépidoÿ- 
térologie comparée, j'ai reproduit la photographie de la chenille 
de Chelonia (Arctia) Oberthüri, pleinement développée sur une 


laitue, aux trois quarts de la grandeur naturelle. 


Chelonia Villica, Obthr. 


Sous les n° 4701 et 4702 de la PI. CCCXX VI, dans le Vol. XI 
des Etudes de Lépidoptérologie comparée, j'a fait figurer un © 
et une © de la forme algérienne Ayabum, Obthr., d’après des 
exemplaires trouvés à Bougie et à Aïn-Seur. 

J'avais déjà donné la représentation d’un GO sous le n° 447 de 
la P1 LIII dans le Vol. IV des Etudes de Lépidoptérologie com- 
parée. 

Je n’ai rien à changer à la notice qu’on peut lire aux pages 19 
et 20 de l’Explication des Planches, dans le Vol. XI. 

Les formes locales : algérienne, orientale, espagnole, sicilienne, 
allemande, franco-anglaise de Vz/lica paraissent assez fixes et Je 
prie le Lecteur de se reporter aux pages 132-143 du Vol. V, 
Part. I, des Etudes de Lépidoptérologie comparée, où se trouve 
discutée la variation géographique de Vzllica, pour y lire (p. 140, 
141) la spécification des caractères distinctifs de la race 
Arabum, du littoral algérien. 

Je possède maintenant 10 exemplaires de Arabum capturés à 
Vakouren, Bougie, Aïn-Seur, Lambèse; ils sont bien pareils entre 
eux et ils constituent une morphe géographique bien spéciale et 
qu’il convenait de distinguer des autres. 


Cymbalophora Pudica, Esper. 
Aïn-Draham (Tunisie); Lambèse, septembre 1912; Tanger. 


La ©, à Tanger, a les ailes inférieures très roses et cette colo- 
ration rose est même étendue sur les ailes supérieures, en dessus 


14 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 











comme en dessous, mais d’une manière beaucoup plus sensible 
en dessus. 

M. Vaucher, de Genève, m'a donné un exemplaire dont les 
ailes supérieures sont entièrement noires; malheureusement leur 
développement ne s’est pas réalisé et on voit seulement des moi- 
gnons d’ailes tout à fait noirs en dessus, sans trace de blanc, 
sauf à la frange. 

La notice primitivement consacrée à Pudica est imprimée aux 
pages 147-151 du Vol. V, Part. I, des E?udes de Lépidoptéro- 


logie comparée. 


Cymbalophora Powelli, Obthr. 
Géryville, en septembre 1910; Sud de la Province d’Alger. 


J'ai fait représenter un sous le n° 657 de la PI LXXI, dans 
le Vol. V, Part. I, des Eudes de Lépidoptérologie comparée. 

La Q paraît avoir les ailes supérieures plus mélanisantes et 
les inférieures plus roses. 

J'ai obtenu jusqu’ici 15 exemplaires. L’Espèce paraît assez 


constante. 


Tympanophora Haroldi, Obthr. 


Aflou, en septembre 1911; Lambèse, en octobre 1913. 


La figuration en couleurs concernant T'ympanophora Haroldi 
a paru sous les n° 1045, 1046, 1047, 1048, 1049 de la PI. CXIX, 
dans le Vol. VI des Efudes de Lépidoptérologie comparée. 

La notice détaillée sur la vie évolutive de T'ympanophora 
Haroldi a été imprimée sur les pages 197 à 222 du Vol. VI des 
Etudes précitées. 

Sur les Planches photographiques HZ et H #, j'ai pubhé la 
figure agrandie de plusieurs exemplaires Get Q de 7. Haroldi 
fraîchement éclos, dans la position de repos et montrant une 
partie de l’appareil musical. 


LÉFIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 15 





La chenille est figurée en couleurs sous le n° 1167 de la 
PI. CXXXII, dans le Vol. VI des Etudes de Lépidoptérologie 
comparée. 

La Tympanophora Haroldi, par son abondance, fut un fléau 
pour les champs d’orge près d’Aflou, en 1911; à Lambèse, en 
1913, elle était infiniment plus rare qu’à Aflou. 

M. Harold Powell a capturé seulement 2 G à Lambèse, au 
mois de septembre. 

La © est très variable pour le développement de la macula- 
ture noire sur les moignons d’aile, Certains exemplaires ont les 
ailes très chargées de noir. Chez d’autres, c’est à peine s’il y a 
quelques traces de noir à la base et vers l’extrémité. 

Ma collection contient plus de deux cents exemplaires des deux 
sexes; cela permet d’apprécier la fixité de l’Espèce qui, sauf le 
mélanisme des ailes supérieures dans les deux sexes, l’intensité 
de la teinte rose des ailes inférieures, chez les ©, et la taille, ne 
présente pas de variété très notable. 


Euprepia Caligans, Turati. 


La forme d'Algérie se manifeste sous trois variétés que J'ai 
appelées Powelli, punctata et Haroldi. Elles sont figurées en cou- 
leurs sous les n° 24, 25, 26 et 27 de la PI. XIII dans le Vol. IIT 
des Etudes de Lépidoptérologie comparée. 

La notice concernant l’Euprepia Caligans est imprimée aux 
pages 161-167 du Vol. V, Part. I, des Etudes de Lépidoptéro- 
logie comparée. 

M. Harold Powell a recueilli un grand nombre d’exemplaires 
des diverses variétés à Sebdou, en octobre 1007; à Géryville, en 
octobre 1910; à Aflou, en septembre 1911; à Lambèse, en août, 
septembre et octobre 19012 et 1913. La chenille nous est main- 
tenant bien connue et j’en conserve dans ma collection plusieurs 
échantillons dans divers stades. 

Les passages existent entre toutes les variétés de ponctuation 
sur le dessus des ailes supérieures et de coloration pour les mêmes 


16 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


ailes, depuis le fond blanc jusqu’au gris brun foncé, en passant 
par la teinte de crème. 

Par les procédés photographiques, j'ai fait représenter dans le 
Vol. X, Planches, des Etudes de Lépidoptérologie comparée, sur 
les PI 75 et 76, les œufs de Æuprepia Caligans-Powelli, et sur 
les PI. 10 et 11, la même ÆEwprepia Caligans-Powelli © à l’état 
de repos. 


Euprepia Chrysocephala, Huebner. 


Aïn-Draham (Tunisie); Sud de la Province d’Alger; Lambèse, 
juin 1913, octobre 1912; Alger, juillet 1910; Aflou, septembre et 
octobre 1911; Sebdou, octobre 1907; Géryville, mai et juin 1886; 
Magenta, en juin. 


La tête est Jaune; les ailes supérieures sont d’un blanc de por- 
celaine, sans aucune ponctuation; les inférieures sont grises, mais 
plus claires vers le bord anal et le bord marginal. Suivant les 
individus, le degré de coloration grise varie. 

Voir pour l’Euprepia Cribraria, dont Chrysocephala est sans 
doute la forme andalouse et algérienne, la notice imprimée aux 
pages 168-181 du Vol. V, Part. I, Æ/udes de Lépidoptérologie 


comparée. 


Dejopeja Pulchella, Linné. 


Très commune à Géryville, septembre 1910; à EI Outaya, 
juillet et août 1910; à Biskra, Janvier 1911 et mai 1908; à Batna, 
septembre 1910; à Sebdou, mai 1007; à Lambèse, juillet 1912; 
à Daya, juillet 1907; à Aflou, juin 1911; à Khenchela, juillet 
1008. 


L’Espèce vole donc presque toute l’année en Algérie et dans 
beaucoup de localités; elle est très variable pour la taille, pour 
l’extension, ou inversement, la suppression des taches noires, la 
réduction ou l'argumentation des taches rouges. À El-Outaya et 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 17 





à Biskra, on trouve en assez grand nombre la variété bzcolor dont 
j'ai fait figurer deux exemplaires sous les n* 764 et 765 de la 
PI. LXXXII, dans le Vol. V, Part. I, des Etudes de Lépidoptéro- 
logie comparée. 

La maculature noire a presque entièrement disparu sur le 
dessus des ailes supérieures. 


Sous len° 766 (Loc. c1t.), se trouve représentée l’Ab. A7cuafa, 
de Aïin-Draham. 


LITHOSIIDÆ 


Lithosia Bipuncta, Huebner. 


Tanger. 


J'ai reçu de feu Olcèse un O' de cette jolie Espèce. 


Lithosia Uniola, Rambur. 


Je possède 25 exemplaires algériens et tunisiens, conformes 
aux deux exemplaires de la collection de Graslin, co-types de la 
description écrite par Rambur et imprimée aux pages 209 et 210 
du Catalogue systématique des Lépidoptères de l’Andalouste. 
Rambur fait état (oc. ci, p. 210) de ces deux individus pris aux 
environs de Grenade par son ami de Graslin, semblables, dit-1l, 
aux deux qu’il y avait lui-même capturés. 

Uniola est une Espèce bien distincte de Caxiola. Elle n’a 
jamais été figurée avec le nom de Viola; aussi je crois utile de 
faire représenter trois échantillons algériens et tunisien pour 
assurer la connaissance de l’Espèce. 

Voici comment Rambur a écrit la diagnose latine de Zz1/hos1a 
Uniola : « Alis supra albido-submargaritaceis, anticis parteque 
antica posticarum pallide sublividis, prioribus subtus, margine 


2 


18 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








externo excepto, secundisque antice fuscantibus; capite collari, 
anoque flavidis ». 

Uniola est plus petite que Caziola qui habite aussi certaines 
parties de l’Algérie et de la Tumisie. Sa couleur générale est d’un 
blanc gris de perle, avec un reflet assez brillant sur les supé- 
rieures, tandis que les inférieures sont plus mates. 

Les ailes inférieures ont une nuance un peu plus obscure près 
de leur bord costal; le bord marginal est plus pâle; le bord costal 
des supérieures — (peut-être par un effet de lumière) — paraît 
plus blanchâtre que la teinte du fond. Le dessous des supérieures 
est d’un gris livide, comme dit Rambur, avec la côte et le bord 
terminal blancs; les inférieures ne sont grises qu’au bord costal; 
elles sont blanchâtres sur le reste de la surface. 

Entre les deux yeux, qui sont noirs, l’espace frontal est géné- 
ralement d’un Jaune très pâle, rarement d’un beau jaune; le corps 
est de la couleur des ailes en dessus, comme en dessous. L’extré- 
mité de l’abdomen ne me paraît pas ordinairement plus jaunâtre 
chez les individus algériens que chez les deux cotypes grenadins 
de la collection de Graslin; mais j’ai un exemplaire d’Aïn- 
Draham qui montre l’extrémité anale de même couleur jaune 
accentuée que la tête. Les exemplaires andalous portent à l’éti- 
quette la date : $ septembre; à l’un d’eux est attaché le nom : 
Uniola. Les pattes sont d’un jaune d’ocre. 

Il n’y a aucun doute pour moi que Uzzola est une Espèce à 
part. Staudinger et Rebel ont eu grand tort de la réumir, — avec 
un point de doute, il est vrai, — à Caniola dans leur Catalog 
1001. Il est impossible avec un peu d’attention et de bonne foi 
de confondre Urzola et Caniola dans une même unité spécifique. 

Uniola a été prise à Sebdou en octobre 1907; à Aflou, en 
juillet 1011; à Lambèse, en juin 1875 et en octobre 1912; à El- 
Aouedje, près Sebdou, les 27 et 28 août 1907; à Aïn-Draham, en 
Tunisie. 

Herr Prof. Doct. Adalbert Seitz, dans les Macrolépidoptères 
du Globe, 1" Partie, Vol. IT : Bombyces et Sphingides paléarc- 
liques, me paraît représenter dans la ligne & de la PI. 13 de son 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 19 





ouvrage, avec le nom de Sordidula, l’'Espèce qui doit s’appeler 
Uniola, Rambur, dont ledit Professor-Doctor s’abstient d’ailleurs 
de faire mention. 

Comme j'ai sous les yeux les deux cotypes de la collection de 
Graslin que Rambur a eus en vue en écrivant sa description, 1l ne 
me paraît pas que je puisse commettre une erreur d’appréciation 
dans l’application du nom Uzola. 


Lithosia Caniola, Huebner. 
Lambèse, juin 1913; Cap Aokas, avril 1909; Tunisie. 


La tête est d’un jaune d’or plus ou moins foncé; les ailes sont 
plus allongées que chez Uxiola, moins brillantes, par conséquent 
plus ternes et plus grises, avec le bord costal jaune. 

La Lithosia Caniola que Rambur dit avoir rencontrée à Saint- 
Malo (Cat. Systém. Andal., p. 209) est très commune aux environs 
de Rennes, en été et en automne. Elle vient aux lumières en grand 
nombre. Ma collection contient plus de cent exemplaires récoltés 
autour des lampes électriques de la gare de Rennes, au lieu dit : 
Triage de Saint-Hélier; je l’ai très souvent prise dans ma maison, 
à Cancale et à Rennes, voltigeant le soir autour des lampes, prin- 
cipalement au mois de septembre. Bien que j'aie reçu plusieurs 
échantillons barbaresques, elle paraît moins commune en Tunisie 
et en Algérie qu’en Ille-et-Vilaine; mais il y a dans les deux 
pays des exemplaires tout à fait semblables. 


Lithosia Sordidula, Rambur (an Marcida, Mann. ?). 


La Zithosia Sordidula a été décrite par Rambur aux pages 210 
et 211 du Catalogue systém. des Lépidoptères de l’Andalouste. 
Voici quelle est la diagnose latine donnée par Rambur qui s’est 
d’ailleurs abstenu d’en publier aucune figure : « Alis anticis 


albido sublividis, posticis livido-subrufescentibus exterius et 


20 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





antice obscurioribus, omnibus infra fuscis, margine costali 
tenuiter, capite abdomineque postice flavidis ». 

Je crois pouvoir rapporter à Sordidula cinq Lifhosia prises à 
El-Outaya, en mai 1910, et dans la région de Géryville, en mai 
et Juin de la même année 1910. 

Ces papillons sont, en dessus, à peu près d’une nuance uni- 
forme qu’on pourrait en effet désigner par les mots : a/bido- 
sublivido. — Rambur aimait à employer cette expression : Zzvide, 
pour la description des Zifhosia. — La vérité, c’est que, suivant 
l’incidence de la lumière, la coloration de l’ensemble change un 
peu. En tout cas, ce que j'appelle : Sordidula ne peut se con- 
fondre r1 avec Caniola, n1 avec Uniola. En dessus, la coloration 
générale de Sordidula est d’un blanc sale, mate, tendant au jau- 
nâtre ; les supérieures sont d’une nuance plus claire et d’un aspect 
plus porcelané que les inférieures, lorsqu'on cesse de regarder les 
papillons à plat pour les examiner sous une certaine inclinaison. 
Le dessous des ailes est bien, comme le dit Rambur, « d’une 
teinte brune un peu livide, rayonnée en dehors par les nervures 
aux supérieures dont la marge externe est blanchâtre ». 


Dans le Catalog 1901, Staudinger et Rebel réunissent sous le 
même numéro 4305 les deux Zi/hosia Marcida et Sordidula. Ce 
que Je possède dans ma collection, comme WMarcida, Mann, ne 
peut pourtant pas être assimilé spécifiquement à Sordidula, ou 
du moins à l’Espèce que je crois pouvoir déterminer ainsi. Je ne 
connais du reste Marcida que de Sicile où Bellier de la Chavi- 
gnerie en avait capturé un exemplaire. 

Chacun sait que Bellier de la Chavignerie a effectué, de mars 
à septembre 1850, un voyage d’exploration entomologique en 
Sicile et qu’à la suite de ce voyage, il publia, dans les Awx. Soc. 
entom. France, 1860, sous le titre de Observations sur la Faune 
entomologique de Sicile, une notice dans laquelle 1l passe en 
revue les Espèces des Lépidoptères siciliens qui lui ont semblé 
plus intéressantes. Voici ce que Bellier de la Chavignerie dit à 
propos de Lithosia Marcida (loc. cit., p. 686) : « Elle est voisine 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 21 


des ZLithosia pallifrons Zeller et pygmæola Doubled., mais la 
teinte plombée et uniforme de ses ailes inférieures la fait faci- 
lement reconnaître. Elle aime les endroits très arides et paraît 
pendant les plus fortes chaleurs de l’été ». 

Ce fut en 1858 que Mann découvrit la Zz/hosia Marcida et en 
1859 qu’il la décrivit. Tout porte à croire que Bellier de la Cha- 
vignerie aura communiqué sa Zz/hosia sicihenne encore inconnue 
de lui, à son correspondant Lederer, à Vienne, et que la détermi- 
nation y fut faite par comparaison avec le butin rapporté et 
décrit par Jos. Mann. Cela donne une certaine autorité à l’identi- 
fication faite par Bellier de la Chavignerie de son échantillon 
à la Zz/hosia sicilienne qui venait d’être nouvellement décrite 
avec le nom de Marcida. 


Revenant à l’ouvrage de Seitz : Les Macrolépidoptères du 
Globe, Vol. II, Bombycid. et Sphingid. paléarct. j'y lis, à propos 
de Sordidula, citée à la page 68 : « Z. Sordidula Rbr. (13 a) est 
une petite espèce d’Andalousie avec les ailes antérieures blanc 
d’argent brillant : elle n’est pas identique à Marcida; la tête et 
la touffe anale sont jaune d’or vif ». 

Evidemment cette description s'applique à Uzzola, ainsi que 
je l’ai déjà fait remarquer au sujet de cette dernière Espèce. 
Cependant, sur la PI 13, ligne a, l’échantillon figuré par Seitz, 
avec le nom erroné de Sordidula, n’a pas la tête ni la touffe anale 
Jaune vif, ainsi que l’indique la description de l’auteur précité. 
D'ailleurs, dans les échantillons d’Uxiola que j'ai sous les yeux 
— (falsè Sordidula, secundum Seitz), — la touffe anale et la tête 
sont rarement d’un Jaune bien vif, comme Je l’ai exposé ci-dessus. 
Le plus ordinairement la tête et l’extrémité anale, chez U»20la, 
sont d’un jaune pâle. 


Marcida, dont il est question plus haut, a été seulement décrite, 
et malheureusement non figurée, par Jos. Mann, dans Wiener 
entom. Monatschrift, 1850, p. 94. Voici le texte même de la des- 


D 
[SE 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





cription de Jos. Mann qui fait partie d’un travail intitulé : Vey- 
zeichniss der im Jahre 1858 in Sicilien gesammelten Schmetter- 
linge. Je transcris donc ce texte comme suit : Li/hosia Marcida M. 
« Der Z. Pallifrons zunächst, aber sicher verschieden. Im Geäder, 
Habitus und der Bildung der Kôrpertheile damit überemstim- 
mend, ist diese Art durch die eigenthümlch graugelben, matt 
glänzenden Vorderflügel, deren Farbe etwas an Zz/}. griseola 
erinnert aber viel heller ist, die eimfarbig matt grauen, gegen den 
Innenrand zu kaum merklich helleren Hinterflügel mit blasseren 
Fransen und das bis an den Saum (doch nicht ganz an den Vor- 
derrand) reichende Fahlgrau der Unterseite siäimmtlicher Flügel 
ausgezeichnet. Ende Jun: im Thale Palla-gutta auf Disteln einige 
gefunden ». 

Il est difficile d’après cette description et dans un groupe où 
les Espèces, quoique très voisines, sont certainement très dis- 
tinctes, de savoir si Marcida, Mann, est identifiable à Sordidula, 
Rambur, ou à Pygmaæola, Doubleday. 

La figure de Marcida donnée par Seitz (Loc. cit., PI. 13, ligne b) 
représente une Zz/hosia au corps très épais, aux ailes d’un gris 
foncé qui ne permet pas l'assimilation spécifique à Sordidula, 
Rambur. La figuration publiée par Seitz est, il est vrai, généra- 
lement trop grossière, surtout en ce qui concerne les papillons de 
contexture délicate et de nuance peu accentuée, de sorte que la 
figure donnée par ledit Seitz n’est peut-être nullement conforme 
à l'original; 1l faut donc tenir compte de l’insufhisance de som 
apporté par Seitz à l’exécution des figures qu’il a publiées quand 
on entreprend le travail d'identification des papillons aux figures 
en question. Cette insuffisance de som dans l'exécution des 
planches enlève beaucoup de sécurité aux déterminations et rend 


toute certitude impossible. 


Quoi qu’il en soit, J'ai mis les pièces du litige sous les yeux 
du Lecteur. Il sera fixé en ce qui concerne Uxiola, puisque j’ai 
déterminé d’après les cotypes de l’Espèce. En ce qui concerne 
Sordidula, il reste un doute relatif à la séparation spécifique de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


D 
© 





Sordidula et de Marcida. D'ailleurs la Lz/hosia Marcida n’est- 


\ 


elle pas plutôt assimilable à Pygmeæola, Doubleday ? 


Lithosia Pygmæola, Doubled. 


J'ai reçu de Aïn-Draham, en Tumisie, trois échantillons d’une 
Lithosia qui me paraît référable à Pygmaæola. Ces trois exem- 
plaires sont bien semblables entre eux. Ils appartiennent à une 
unité spéciñique d’aspect frêle et délicat. 

Le dessus des ailes est jaune pale; les supérieures sont plus 
brillantes et les inférieures plus mates. Celles-ci sont dépourvues, 
en dessus, de l’ombre costale noiratre qui caractérise la plupart 
des Pygmæola, d'Angleterre. Cependant je possède deux exem- 
plaires anglais de Pygmæola conformes aux échantillons tuni- 
siens, en ce sens que leurs ailes inférieures, en dessus, sont dénuées 
de toute ombre noirûtre. 

Je les fais figurer en même temps que deux Pygmeola tuni- 
siens. Ceux-ci, en dessous, ne diffèrent donc des Pygmeæola 
anglais que par une teinte générale plus pâle, c’est-à-dire un 
rembrunissement un peu moins accentué. 

Cette Pygmæola tunisienne serait-elle la véritable Marcida, 
Mann, qui, comme on le sait, n’a Jamais été figurée d’après les 
types authentiques de l’Espèce. 

En tout cas, elle est spécifiquement différente de Sordidula, 
étant d’une teinte générale uniforme bien plus jaune que chez 
Sordidula. Pygmæola est du reste plus petite, plus frêle, avec 


les ailes antérieures plus étroites. 


Lithosia Plumbeola, Huebner. 
Lambèse, juin 1912. 
M. Harold Powell a pris trois exemplaires. 


On a jusqu'ici trouvé six Espèces de Zif/hosia en Algérie. Je 
crois bon de faire figurer dans le présent ouvrage, en dessus et 


24 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





en dessous, les six Espèces : Bipuncta, Uniola, Caniola, P yg- 
maæola, Sordidula et Plumbeola, qui ont été observées dans la 
région barbaresque. De cette façon, il sera facile d’apprécier 
l’état présent de nos connaissances dans la Faune des ZLifhosia 
de la côte africaine de la Méditerrahée et d’ajouter, s’il y a lieu, 
de nouveaux éléments spécifiques dans un Genre dont les indi- 
vidus et même les Espèces sont abondamment répandus en cer- 
taines parties de l’Europe et de l’Asie. 


Achille Guenée a publié dans les Awx. Soc. entom. France, 
année 1861, une notice très soigneusement étudiée sur le Genre 
Lithosia et il a décrit dans ce travail, avec le nom de Beckeri, 
sans la figurer toutefois, une Espèce nouvelle de Russie méridio- 
nale (p. 47). 

Je profite de la figuration des six Espèces barbaresques de 
Lithosia pour faire représenter cette Zi/hosia Beckeri, Guenée, 
qui paraît être en effet une spécialité et ne peut être rapportée 
exactement à aucune autre Espèce de Zz/hos1a. Avant la figura- 
tion, nul ne pouvait exactement savoir ce qu’est effectivement 
cette Zz/hosia Becker:; désormais, grâce à la figure que va faire 
M. Culot, on sera mieux fixé. 


Je regrette d’être incapable de me rendre compte de ce que peut 
être la Zlema (Lithosia auct.) inter posita, sp. nov. décrite par Lord 
Walter Rothschild, à la page 354 du Vol. XXI de Wovfates 
Zoologice, dans les termes suivants : G' Antennæ whitish; head 
and thorax pale whitish grey; abdomen pale buffish clay grey. 
Forewing silvery white. Hindwing milk white suffused with very 
pale buffy grey. Q Similar. Length of forewing 17 mm; 
expanse 37 mm. ». 

Serait-ce simplement U#1ola qui aurait été méconnue par Lord 
Rothschild, comme elle le fut par Seitz? 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 25 








NOLIDÆ 


Nola Togatulalis, Huebner. 

Aïn-Draham; Sebdou, septembre et octobre 1907; Lambèse, 
août 1912; Géryville, septembre 1910. 

L’'Espèce ne paraît pas très rare en Algérie; elle varie un peu 


pour la taille. 


Nola Chlamitulalis, Huebner. 


Cap Aokas, avril 1909; Aïn-Draham; [Lambèse, mai 1912; 
Sebdou, juillet 1907. 


Nola Subchlamydula, Ster. 


Aflou, mai 1911; Lambèse, mai 1912 et Juin 1913. 


Nola Cucullatella, Linné. 


Djebel-Gueddelane, près Lambèse, altitud. 1.600 à 2.000 mètres, 
lulebrors: | 


Nola Centonalis, Huebner. 


L’Espèce est représentée, dans les environs de Géryville, par 
la variété A/omosa, Bremer, poussée à l’extrême, c’est-à-dire chez 
laquelle tous les dessins et lignes du dessus des ailes supérieures 
sost supprimées. Les ailes supérieures, chez A/omosa, sont d’un 
gris clair avec le bord terminal un peu rembruni; les inférieures 
sont d’un blanc sale; les franges sont longues, fines, soyeuses. 
En dessous, les quatre ailes sont comme chez Centonalis, c’est- 
a-dire que les supérieures sont noirâtres; les inférieures, un peu 


26 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








poudrées de noirâtre, le long du bord costal et blanchâtres pour 
le reste. 


Nola Squalida, Ster. 


Signalée comme faisant partie de la faune de Guelt-es-Stel 


par Lord Walter Rothschild. 


CYMBIDÆ 


Sarrothripus Revayana, Scopoli. 


Espèce très fertile en variétés. Huebner a consacré toute une 
Planche de son /cono graphie, Tortrices, I, à figurer les variétés : 
Dilutana, fig. 6; Undulana, fig. 7; Degenerana, fig. 8; Punctana, 
fig. 0; Ramosana, fig. 10. Il y a encore d’autres morphes de 
Revayana. 

En Barbarie, les formes suivantes ont été trouvées Jusqu'ici : 
Fusculana, Schmid; Degenerana, Huebner; Undulana, Huebner; 
Dilutana, Huebner; Punctana, Huebner; de plus, certains exem- 
plaires de transition entre ces diverses variétés. 


Aïn-Draham; Sebdou, juillet 1007; Géryville, septembre 1910; 
Aflou, juillet 1911; Lambèse, juillet et octobre 1014, septembre 
1913; Batna, octobre 1910; Tala-rana, août 1900. 


Nycteola Falsalis, Herrich-Schæffer. 


Hammam-R’hira, mai 1000; Guelt-es-Stel; Khenchela, mai 
1908 ; Lambèse, mai 1913; Aïn-Draham; Cap Aokas, avril 1900. 


Varie sensiblement pour la taille. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 27 





Earias Chlorophyllana, Ster. 
EI Outaya; Biskra. 


Semblable aux exemplaires de Mésopotamie; les ailes supé- 
rieures sont beaucoup plus étroites que chez Clorana. 


Earias Albovenosana, Obthr. 


Ma collection contient huit exemplaires, dont deux obtenus de 
la chenille par M. Powell à Lambèse, les 4 août et 30 septembre 
1912. Les autres viennent de Sebdou (juillet 1907), d’Aïn- 
Draham et de Batna (septembre 1910). 

J'ai en vain cherché à identifier ces Æarzas à l’une quelconque 
des Espèces déjà connues et qui sont recensées aux pages 406- 
510, dans le Vol. XI de Catalogue of the Noctue in the Collec- 
ton of the British Museum, par Sir George F. Hampson Bart. 
La figuration d’un certain nombre d’Espèces a paru sur la 
PI. CLXXX VII. L’Espèce Syrzacana, Bartel, est bien indiquée : 
Fore wing 1rrorated with white; mais le thorax est désigné 
WAite suffused whith yellow-green et la figure 15 de la 
PI. CLXXX VII qui représente Syrzacana, donne bien le thorax 
blanc, avec une éclaircie blanchâtre dans l’espace cellulaire, mais 
sans que Syriacana puisse être définitivement identifiée à A/0o- 
VenOSana. 

Ce qui caractérise Albovenosana, ce sont ses ailes supérieures, 
en dessus, d’un vert tendre traversées au delà du milieu par une 
ligne blanche, courbe, partant du bord costal et aboutissant au 
bord interne. Le bord costa] est blanc, ainsi que le commencement 
du bord interne. Entre la base et la ligne blanche courbe extra- 
cellulaire, on distingue plusieurs points ou traits d’un vert plus 
foncé que le fond vert des ailes; la ligne courbe blanche est 
intérieurement et extérieurement soulignée de vert plus foncé. Le 
thorax est vert pâle; les ailes inférieures sont d’un blanc d’argent 
soyeux. En dessous, sur le fond verdâtre des ailes supérieures, la 


28 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





ligne blanche courbe du dessus se distingue assez nettement; la 
côte est blanche. Les franges sont assez longues, fines, très 
soyeuses. L’espèce est fort délicate, fragile, et seuls les exem- 
plaires parfaitement frais présentent la totalité de leurs carac- 
tères. 

Je fais figurer deux échantillons de taille inégale dont l’un 
avec l'enveloppe de la chrysalide d’où 1l est sorti. 

L’Æarias Albovenosana se place près de Vernana, mais ne peut 
être confondue avec cette Espèce qui a du reste le disque des 


ales supérieures, en dessous, lavé de gris noirûâtre. 


Earias Chlorion, Rambur. 


Deux exemplaires pris à Biskra, en janvier et février 1914, par 
feu Chierotti. 

L’Espèce a été figurée par Rambur, sous le n° 6 de la PI. XV, 
dans le Catalogue Systématique des Lépidoptères de l’Anda- 
lousie. 

Je crois que CAlorion, Rambur, est une Espèce différente de 
Insulana, Boisduval, décrit et figuré dans la Faune entomolo- 
gique de Madagascar, Bourbon et Maurice (PI. 16, fig. O, p. 121). 


HEPIALIDÆ 


Hepialiscus Algeriensis, ]. de Joannis. 


Aïn-Draham; Constantine; Bou-Saada. 


Ma collection contient dix exemplaires. 

Espèce variable et donnant l’Aberration /oannisi, Daniel 
Lucas, fgurée d’après un échantillon provenant du Tarf, sous le 
n° 1 de la PI. 5, dans Awnal. Soc. ent. France, 1005. 

De son côté, M. l’abbé de Joannis a fait figurer, avec un agran- 
dissement du double, l'Æepialiscus Algeriensis sous le n° 8 de la 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 29 





PI. 2 dans Anal. Soc. entom. France, 1907, d’après un exem- 
plaire capturé à Saint-Charles, près Philippeville, et 1l mentionne 
(Loc. cit, p. 370) une variété de couleur rouge brique aux ailes 
supérieures dont J'ai reçu deux ©, l’un de Bou-Saada, avec l’Ab. 
Joannisi, l’autre d’Aïn-Draham. 


Hepialus Tunetanus, Obthr. 
Ain-Draham. 


Les ailes sont plus allongées que dans A/gertensis,; elles sont 
sans taches, n1 dessins; les supérieures, en dessus, sont d’un brun 
roux clair, avec la côte plus obscure; les inférieures sont d’un 
gris noirâtre. La frange est assez longue et de couleur plus foncée 
que les ailes. Le thorax est velu et brun roux en dessus. Le dessous 
est d’une teinte plus claire, aussi bien le corps que les ailes. 


COSSIDÆ 


Cossus Cossus, Linné. 


Géryville, août 1910; Sebdou. 


Cette grosse Espèce, communément appelée gâte-bois (Z2gr1- 
perda), habite depuis la Laponie où elle donne une variété plus 
petite (que J'ai reçue, avec le nom de S/ygianus, d’un chasseur 
nommé Rangnow), jusqu’à la limite du désert saharien ; de 
l’ouest à l’est, on la trouve depuis la Bretagne armoricaine Jjus- 
qu’en Mandchourie. 


Cossus Aries, Püngeler. 


Tunisie; Biskra; Oued Nça (Lord Rothschild); Colomb- 
Béchar, avril, mai 1912. 


30 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





La figure en couleur en est donnée sur la PI. 53, ligne 6, de 
l’ouvrage intitulé : Zes Macrolépidoptères du Globe, par Prof. 
Doct. Adalbert Seitz (1"® Partie, Vol. II, Bombycides et Sphin- 
gides paléarctiques). 

Mais une bien meilleure figure en photographie est publiée 
dans l’/r2s, Dresden, Band XV, 1002, sous le n° 22 de la PI. VI. 
On peut dire que, dans la circonstance, la représentation par les 


moyens photographiques vaut mieux que tout. 


Hypopta Reibelii, Obthr. 


Biskra, en mai. 


J'ai publié la figure de ce Cosside de la faune désertique sous 
le n° 1 de la PI IV, dans la 1° livraison des ÆE/udes d’Entomo- 
logie. L’Espèce a été retrouvée et élevée de chenille à Biskra, en 
1887, par feu Otto Staudinger. 


Hypopta Vaulogeri, Stor. 
Chellala, dans la Prov. d'Alger. 


Une bonne figure de cette Espèce grise a été donnée sous le 
n° 13 de la PLV, dans Jy1s, Dresden, Band X,1807 E2 descnp 
tion a été imprimée à la page 155 du même ouvrage. Staudinger 
fait connaître que de cette nouvelle Espèce, M. Vauloger de 
Beaupré a trouvé une femelle parfaitement fraîche qu’il nomme 


en l’honneur du zélé auteur de la découverte. 


Dyspessa Suavis, Ster. 
Biskra; El-Outaya. 
L’Espèce fut découverte à Biskra par le Capitaine Vauloger 


de Beaupré qui en envoya six exemplaires au marchand de 
papillons Otto Staudinger, à Blasewitz près Dresde. Ce marchand 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 31 


me vendit l’un de ces six exemplaires. Depuis 1890, j'ai reçu 
PEspèce d'El-Outaya. Elle est figurée sous le n° 7 de la PL V, 
dans /ris, Dresden, Band XII, 1890. Malheureusement la figure 
en question manque de finesse et ne représente pas exactement le 
papillon. 

En conséquence, Je crois utile de donner dans cet ouvrage une 
nouvelle figure de Dyspessa Suavis, d’après un exemplaire 
recueilli à El-Outaya et un exemplaire de Tunisie. 

C’est un Cosside d’aspect grisàtre, couleur de sable, avec des 
lignes et dessins très fins. 


Dyspessa Fuscula, Ster. 


Tunis. 


Une Q est figurée sous le n° 10 de la PI. III dans 7725, Dresden, 
Pand WW, 1802 "C'esthune petite Espèce, qui est décrite aux 
pages 283-285 de l’/725 en question, avec le nom d’ÆExdagria Fus- 
cula. Le descripteur Otto Staudinger commence par se demander 
si ses exemplaires appartiennent à une forme locale de la très 
variable Ulula : « Vielleicht sind sie nur eine Lokalfcrm der 
sehr starck abändernden End. Ulula ». 


Dyspessa Marmorata, Rambur. 


Hammam-R'’hira, mai 19C0. 


Je possède plusieurs G. L’Espèce varie pour le ground colour 
des ailes supérieures, en dessus, plus ou moins envahi par la teinte 
brune, ou au contraire par le développement des taches blanches. 

Rambur figure une Q de grande taille sous le n° 6 de la PI. V, 
dans le Catalogue systématique des Lépidoptères de l’Anda- 
lousie. Je fais figurer trois G' un peu variés. 


32 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Dyspessa Algeriensis, Rambur. 


Lambèse, juin 1885; Menah, 20 mai 1875; Lavarande, 12 mai 


1008. 


Rambur a seulement décrit l’Exdagria Algertensis, à la 
page 331, en note, dans le Cazal. systém. des Lépid. de l'Anda- 
louste. 

J'ai donné une fioure du C'sous le n° de da PIN dansua 


hvraison IIT des Æfudes d'Entomologie. 


Dyspessa Kabylaria, Bang-Haas. 


Tunisie; El-Outaya, avril 1910; Khenchela, 27 mai 1008. 


L’Espèce (S) a été initialement figurée très grossièrement sous 
le n° 10 de la PI V dans /71s, Dresden, Band' XIX/1906 Pa 
figure du © publiée dans les Macrolépidoptères du Globe par 
Ad. Seitz, a été exécutée avec plus de soin. Elle représente assez 
bien l'ESpèce. 

La ©, dont je possède deux exemplaires, diffère du G' par une 
taille plus grande, l’aspect général moins blanchâtre, les taches 
claires étant plutôt jaunâtres sur le dessus des ailes supérieures. 

D'ailleurs je fais figurer l’une des deux Q dans le présent 


ouvrage. Je publie, en même temps, une nouvelle figuration du 


Dyspessa Saharæ, Daniel Lucas. 


Zarcine (Tunisie), 25 mai 1906. 


Rattaché par l’Auteur à /ordana, Stgr.; décrit dans le Bull. 
Soc. ent. France, 1007, p. 197, et figuré sous le n° 5 de la PI 18 
dans Anal. Soc. ent. France, 1910. 

Je ne connais Sahkaræ que par la figure précitée. Elle ne me 
semble pas référable spéciñquement à /ordana. Je ne puis assi- 


miler les exemplaires /ordana, de ma collection, à Sakare. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 33 


À mon avis, Sakaræe doit être une Espèce spéciale, si J'en juge 
par la figure; cependant Je dois dire que la figure en question 
me semble traitée un peu trop largement. Toutes les figures de 
la PI. 18 auraient d’ailleurs beaucoup gagné à être exécutées 
avec plus de précision dans les détails. 


Holcocerus Powelli, Obthr. 


Géryville, août 1910. 


J'ai fait figurer les deux sexes sous les n° 72 
PI. LXXIX dans le Vol. V, Part. I, des Etudes de Lépidoptéro- 
logie comparée. 

Je me demande si la figure 4 de la PI. 18, Annal. Soc. entom. 
France, 1910, représentant le Cossus Mauretanicus, Daniel Lucas, 
ne se rapporterait pas à Zolcocerus Powelli. 

J'ai vu, il y a une dizaine d’années, l’exemplaire qui me fut 
communiqué par le Capitaine Daniel Lucas; mais Je n’ai pu en 
conserver exactement le souvenir. 

Malheureusement, la figure 4 de la PI. 18, dans les Axal. Soc. 
ent. France, est tellement lâchée, comme disent les peintres, qu’il 
est bien difficile de se faire, au moyen de ladite figure, une opi- 
nion précise sur l’Espèce. 

Le souci de la vérité qui m’est chère, me porterait tout naturel- 
lement, s’il y avait lieu, à inscrire le nom : Powelli, que j'ai donné 
en 1911, comme étant synonyme de Mauretanicus initialement 
décrit en 1907, redécrit et figuré en 1910 par le Capitaine Daniel 
Lucas. 

Le nom Mauretanicus, Daniel Lucas, primerait alors le nom 
Powelli, Obthr.; mais quel parti prendre en présence de la figu- 
ration consacrée à Mauretanicus ? La précision des détails est, 
dans cette figuration, absolument insuffisante. 

D'ailleurs ni Seitz (Macrolépid. du Globe, p. 421, 423) ni Lord 
Rothschild (Wovitates Zoologicæ, 1914, p. 357) n’ont reconnu 
Mauretanicus, tandis que tous les deux ont conservé, comme 
valable, le nom : Powellz. 


34 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Holcocerus Faroulti, Obthr. 


El-Outaya et Magraroua, près El-Outaya; juillet 1910. 


L’Espèce esthgurée sous le'n° 658 de la Pl EX XT danse 
Vol. V, Part. I, Etudes de Lépidoptérologie comparée. 

J'ai reçu deux exemplaires très frais. [a maculature brune sur 
les ailes supérieures, en dessus, est un peu différente chez ces deux 
échantillons, ce qui indique une certaine variabilité de l’Espèce. 


Aussi je crois devoir faire figurer le second exemplaire. 


Je suis porté à croire que d’assez nombreuses Espèces de Cos- 
side restent à découvrir dans le sud de l’Algérie. On y trouvera 
probablement plusieurs Espèces assez récemment recueillies en 


Palestine et dans les déserts asiatiques. 


. EXPLICATION DES PLANCHES 





PLANCHE CDXIV 


N°95 3520. AMORPHA AUSTAUTI-MIRABILIS Q, Austaut; El Arricha (ex 
Austaut). 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 183. 
3521. AMORPHA AUSTAUTI-INCARNATA ©, Austaut; Tanger. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 183. 
3522. Hybride O' de AMORPHA AUSTAUTI ©, Stgr., et de SMERINTHUS 
ATLANTICUS O', Austaut (ex Austaut). 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 184. 


PIPANICHEANCDXV 
CELERIO NICÆA, Prunner. 


N°%3523. Race : CASTISSIMA ©, Austaut; Forme : RUBIDA, Obthr.; 
Aflou; août 1911. 
3524. Race : CASTISSIMA Q, Aberr. ALBINA, Obthr.; Sebdou; août 
1907. 
3525. Race : CASTISSIMA ©, Aberr. MARGINE-DENTICULATA, Obthr. ; 
Aflou ; août 1911. 
3526. Race : CRIMÆA © ; Bang-Haas; Crimée. 


Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texté, p. 190. 


PLANCHE CDXVI 
CELERIO NICÆA, Prunner. 


N° 3527. ©, Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orientales) ; août 1896. 
3528. O, Cannes (Alpes-Maritimes) ; 1894. 
3520. Q, Montpellier (ex coll. Guenée). 
3:30. O, Marseille (ex coll. Bellier de la Chavignerie). 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 190. 


36 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








PLANCHE CDXVII 


N°5 3531. CELERIO NICÆA-LATHYRUS, Boisduval; Inde. 
Etud: Lépid. comparce; Vol. XII; Texte, p. 190. 


3532 CELERIO LINEATA-TATSIENLUICA, Obthr.; Tay-tou-ho et Tien- 


3533 tsuen, frontière ori:ntale du Thibet. 

Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 202. 
En one LINEATA-LIVORNICOIDES, Lucas; N. W. Australie. 
3535 


Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 202. 


PLANCHE CDXViIII 


N°5 3536. PERGESA PORCELLUS-COLOSSUS, Bang-Haas; Aïn-Draham en 
Tunisie. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 206. 


3537. Copie de la figure de la ZYGÆNA ALGIRA, Duponchel, telle 
qu’elle est représentée sous le n° 6 de la PI. 7 dans le Supplé- 
ment à l'Histoire Naturelle des Lépidoptères ou Papillons de 
France, par J.-B. Godart; Crépusculaires, Supplément au 
Fome’LEl: 

Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 226. 

3538. Chenille de la ZYGÆNA SERIZIATI, Obthr.; de Philippeville, 
élevée ab ov0, préparée le 22 avril 1913. 

Etud.'Lépid: comparée; Nol. XIIS Texte, p.221, 222. 


3539 
à ; THAUMETOPOEA HERCULEANA, Rambur. 
3548 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 253 à 261. 


Les n°% 3539 ©, 3545 ©, 3548 Q proviennent d'Espagne, 
ex coll. Vazquez, de Madrid. 

Les n% 3540 O0, 354110, 3543 O, 3546 OQ, 3547N0 viennent 
d'Aflou, où ils ont été obtenus en août, septembre et octobre 
1911. 

Le n° 3542 O' a été recueilli à Sebdou, en septembre 1907. 

Le n° 3544 O' a été capturé à Tanger par feu Olcèse. 


Nos 


Nos 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 37 





PLANCHE CDXIX 


3549 

3550 | ORGYIA -JOSEPHINA O', ©, O', ©, Austaut; Alger (ex Holl; 
3551 1001). 

3552 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 261-263. 


3553. ORGYIA DUBIA O', Tauscher; Russie mérid. 

3554. ORGYIA DUBIA-TURCICA O', Lederer; Pont. 

3555. ORGYIA DUBIA O', Larnaca; Ile de Chypre. 

3556. ORGYIA DUBIA C'; Gafsa. 

2557. ORGYIA DUBIA-ISOLATELLA GC, Strand; Dijebel-Ichali, près 
Lambèse. 

3558. ORGYIA DUBIA J'; Lambèse. 

. ORGYIA DUBIA-ORANA GC, O', Powell; Aflou; juin 1911. 

5 

3561 

3562 | ORGYIA DUBIA-ORANA O', O, d', Powell; Sebdou; mai 1007. 

3563 

3564. ORGYIA SPLENDIDA , Rambur; Tanger. 

3565. ORGYIA SPLENDIDA O': Andalousie. 

5560 ( ORGYIA SPLENDIDA , d'; Cuenca. 

3567 \ 

3568. ORGYIA SPLENDIDA C'; Albarracin. 


3569. ORGYIA SPLENDIDA-DESERTICOLA ©, Powell; Kebala. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 263-272. 


PLANCHE CDXX 


3570. ORGYIA SPLENDIDA-DESERTICOLA ©, Powell; Tadjmout. 
3571. ORGYIA PAN-LACROIXI , Obthr.; Tuelagh (ou le Telagh) 


(Oran). 
3572 
3573 { OrGyIA TRIGOTEPHRAS-TRANSIENS Fr O0, CHOSES 
EU Lambèse ; juillet 1912 et 1913. 
3575 
3576 


3577. ORGYIA TRIGOTEPHRAS-TRANSIENS G'; Camp-des-Chênes; 
4 juillet 1900. 


38 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





N°5 3578. ORGYIA TRIGOTEPHRAS-TRANSIENS O'; Aïn-Draham. 
3579. ORGYIA TRIGOTEPHRAS-HOLLI S', Obthr.; El-Biar. 


ORGYIA ANCEPS O', ©, Obthr.; Tanger. 


3580 

Les TRIGOTEPHRAS SEBDOUENSIS ©, d, ©, ©, Obthr.; 
3582 Sebdou. : 

. 

3584) 

3585 ) Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 273-280. 
3586 } EUPROCTIS CHRYSORRHOEA-XANTHORRHOEA Œ et ©, Obthr. ; 
3587 | Aïn-Draham. 


ÆEtud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 281, 282. 


PLANCHE CDXXTI 


ss | CHONDROSTEGA TINGITANA GO et ©, Powell; Tanger. 
3580 ) Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 298 à 310. 
3590 
à MALACOSOMA LUTEA O', Obthr. 
3594 Etud. Lépid. comparée ; Vol. XII; Texte, p. 319 à 325 
Les n° 3590, 3591, 3592 ont été obtenus d’éclosion à Aflou, 
en Juin 1911. 
Le n° 3593 vient de Khenchela. 
Le n° 3504 est éclos à Lambèse, le 3 juillet 1913. 
3595. DIPLURA BRUNNEA ©, Obthr.; Lambèse, juillet 1913. 
3596. DIPLURA SIMULATRIX Q, Chrétien; Gafsa (ex P. Chrétien). 
3507. DIPLURA LOTI-VERNETENSIS ©, Obthr.; Vernet-les-Bains 
(Pyrénées-Orientales). 
Etud."Léhid. comparée: Nol:' XI /Texte; (p.225 4627 
3598 | LasiocaMPA SERRULA-ÆGYPTIACA O et ©, Obthr.; Egypte: 
3599 ) Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 327 et 328. 
PLANCHE CDXXII 
N'® 3600 | 
à (LASIOCAMPA TRIFOLI, Esper. 


5604 La notice concernant Lasiocampa Trifolii est imprimée aux 
pages 334 à 330 du Vol. XII des Ætudes de Lépidoptérologie 


comparée. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 39 





La Q n° 3600 vient d’Aflou, septembre 1911. 

Le © n° 36o1 provient également d’Aflou, septembre 1911. 

Le O n° 3602 a été pris dans la région d’'Aflou, en octobre 
1011. 

Les deux © n° 3603 et 3604, si différents l’un de Pautre, 
ont été récoltés à Sebdou, en octobre 1907. 


PLANCHE CDXXIII 


à TLasiocAMPA TRIFOLI, Esper. 


3609 La notice concernant Lasiocampa Trifolii est imprimée aux 
pages 334 à 339 du Vol. XII des Etudes de Lépidoptérologie 
comparée. 

Le GO n° 3605 vient de Sebdou, octobre 1907. 

Le O n° 3606 et la Q n° 3607 ont été obtenus à Lambèse, 
en octobre 1913. 

Le n° 3608 et la Q n° 3609 ont été capturés à Aïn- 
Draham, en Tunisie. 


PLANCHE CDXXIV 


N° 3610. LASIOCAMPA TRIFOLI ©, Esper; Aïn-Draham. 
3611. LASIOCAMPA TRIFOLH ©, Esper; Hussein-Dey. 
3612. LASIOCAMPA TRIFOLI O', Esper; Lambèse. 
3613. LasiocaMPA TRiroLIT ©, Esper; Hussein-Dey. 
3614. LASIOCAMPA TRIFOLI-VAUCHERI d, Obthr.; Tanger. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 334 à 330: 


PLANCHE CDXXV 


N°5 3615. LASIOCAMPA TRIFOLIT-IBERICA O', Guenée ; Cadix. 
3616. LasrocamMPA TRIFOLIT G, Esper; Madrid. 
3617. LASIOCAMPA TRIFOLIT Q, Esper; Cadix. 
3618. LAsiOCAMPA TRIFOLII-COCLES ©, Huebn.-Geyer ; Sicile. 
3619. LASIOCAMPA TRIFOLII-SARDOA ©, Turati; Italie centrale; col- 
lines de Macerata, Piceno, septembre 1912. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 338, 339. 


40 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Nos 


Nos 


PLANCHE CDXXVI 


3620. LASIOCAMPA TRIFOLII-SARDOA ©, Turati; Gennargentu (Sar- 
daigne). 

3621. LASIOCAMPA TRIFOLIH-RATAMÆ GC, Herr.-Sch.; Cognac. 

3622 

6 LASIOCAMPA TRIFOLI-MITFORDI et Q, Obthr.; Angleterre. 

3923 

3624. LASIOCAMPA AKRBESIANA Œ, Obthr.; Akbès. 


L'aspect soyeux, avec un reflet métallique, des ailes du 
papillon n’a pu être rendu par l’aquarelle qui fait paraître 
les ailes mates, tandis qu’elles sont en réalité très brillantes 
en dessus. 

Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 330. 


PLANCHE CDXXVII 


3625. CHILENA OBERTHÜRI Q, Daniel Lucas; El-Outaya; juin 1910. 
3626. CHILENA VIRGO Q, Obthr.; El-Outaya; juin 1910. 
3627. CHILENA SENEGALENSIS ©, Obthr.; Kaolack (Sénégal). 
3628. CHILENA LUCASI O', Obthr.; Beni-Ounif; mars 1912. 
3629. CHILENA SORDIDA-CINERASCENS ©, Obthr.; Iolatan (Trans 

caspie). 

Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 339-342. 

3630 ) PACCHYPASA LIMOSA-POWELLI O et ©, Obthr.; Aflou; juillet 


3631 1014. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 343-346. 


3032 
à DREPANA BINARIA, Hufn. 
3636 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 368-370. 


Le Œ' n° 3632 est la variété Oranaria, Strand; Aflou; sep- 
tembre 1911. 

Le C' n° 3633 fait la transition entre Oranaria et Uncinula ; 
Région de Lambèse ; mai et juin 1913. 

Le C n° 3634 appartient à la variété l/ncinula, Borkausen. 
Il provient de la région de Lambèse; il a été capturé avec 
le précédent. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 41 





Le O' n° 3635 est éclos à Rennes, le 5 avril 1885, d’une 
chrysalide rapportée de Vernet-les-Bains (Pyrénées-Orien- 
tales). 

Le O' n° 3636 a été pris aux lampes électriques des Triages 
de Saint-Hélier, gare de Rennes, pendant l'été 1912. 


PLANCHE CDXXVIII 


N°5 3637. CILIX SPINULA-ASIATICA, Bang-Haas; Aïn-Draham (Tunisie). 
3638. CILIXS TATSIENLUICA, Obthr.; Tâ-tsien-lou. 
3639. CILIX SPINULA, Esper. ; Aïn-Draham. 
3640. CILIX SPINULA-ASIATICA, B.-Haas; Akbès. 
Etud Eépiiocomparee; Nol. XII; Texte, p: 370 et 371: 
3641. SATURNIA ATLANTICA-MATHERI, Vallantin; Djidjelli. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 366, 367. 
3642. DREPANA ROBUSTrA, Obthr.; Tâ-tsien-lou. 
3643. DREPANA AGNA, Obthr.; Siao-lou. 
3644. DREPANA BOUVIERI, Obthr.; Tà-tsien-lou. 
3645. DREPANA OPALESCENS, Obthr.; Siao-lou. 
3646. DREPANA OCELLATA, Obthr.; Siao-lou. 
3647. DREPANA PULVIS, Obthr.; Siao-lou. 
Pour les Drepanide des frontières thibétaines orientales, 
voir : Ætud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 372-376. 


PLANCHE CDXXIX 


Les observations relatives aux Megalopygidæ sont impri- 
mées aux pages 376 à 428 du Volume XII des Etudes de 
Lépidoptérologie comparée. 

La figuration qui se rapporte au Texte est présentée sur 
les Planches CDXXIX, CDXXX, CDXXXI. Cinquante 
exemplaires s’y trouvent figurés en couleurs. L’explication 


de ces trois Planches est donnée comme suit : 


N°5 3648 
3649 
: SOMABRACHYS ADHERBAL ©, ©, d, d', Obthr. 
3950 
3651 Les spécimens représentés sous les n° 3648 et 3649 vien- 


nent d’Aflou (septembre et août 1911) ; les exemplaires figurés 
sous les n° 3650 et 3651 ont été récoltés à Géryville, en sep- 
tembre 1910. 


N 08 


N°s 3666 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





3652 } SOMABRACHYS ADHERBAL-NISSENI ©, d', Powell; Guelt-es-Stel 
531 (octobre et novembre 1915). 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 395 et 306. 


6<4 \ 

. SOMABRACHYS MANASTABAL O', ©, ©, O',. Obthr.; Aflou et 
. Géryville (septembre 1910 et 1911); seul le n° 3654 vient 
. \ d'Aflou; les trois autres ont été capturés à Géryville. 

ni Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 302-304. 
3658 

SOMABRACHYS MaAssiva , O', Obthr.; Aïn-Draham. 

3059 





Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 3904 et 395. 


3660 } SOMABRACHYS DUBAR ©, ©, Powell; Guelt-es-Stel (octobre 
| no. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 396 et 3097. 


3662 } SOMABRACHYS HIEMPSAL C', O', Obthr.; Khenchela (septembre 
3663 \RaC août 1908). 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 387-390. 


3664 }) SOMABRACHYS GULUSSA ©, d', Powell; Lambèse (septembre 
3665 1913). 


PLANCHE CDXXX 


/ SOMABRACHYS GULUSSA ©, d', d', Powell; Lambèse (septembre 


3007 
3665 | 1913): 
Etud: Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 397-405. 


66c 

. ? | Sowasracuys ARCANARIA ©, ©, ©, Millière; Bône, Aïn- 
70 À É ’ 

4 \ Draham, Glacières de Blidah. 

3671 \ 


Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 407 et 408. 
3673 ( SOMABRACHYS HOLLI ©, ©, d, Obthr.; Hussein-Dey. 
3674 | Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 408 et 400. 


3675. SOMABRACHYS FUMOSA ©, Obthr. ; Géryville (septembre 1910). 
Etud. Lépid. comparée; Nol. XII; Texte, p. 411 et 412: 


676 \ 

…. SOMABRACHYS ALBINERVIS ©, ©, ©, Obthr.; Géryville (sep- 
377? tembre 1010). 

3678 \ É 


Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 412-415. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 4 


QU) 





N°5 3679 } SOMABRACHYS KHENCHELÆ O', O', Obthr. ; Lambèse (septembre 


Nos 


3680 1012) 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 416-418. 
268 \ 
2 SOMABRACHYS KROUMIRA ©, ©, O', Obthr.; Batna et Aïn- 
ss Draham. ; 
“1 Le n° 3681 seul vient de Batna, où il a été pris en octobre 
1910. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 418 et 410. 
PLANCHE CDXXXI 
3684 | 
68 
_. SOMABRACHYS CODETI O, Austaut. 
. Les n°% 3684, 3685, 3687 viennent de Géryville; le n° 3686 
F7) a été envoyé du sud de la province d'Alger. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 419 à 423. 
3088 | 
3689 | SOMABRACHYS CODETI-ATRINERVIS Œ', Obthr.; Géryville. 
3690 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 419 à 423. 


3691 

3692 / SoMABRACHYS MiciPsA d', Powell; Lambèse, septembre et 
3693 octobre 1913. 

3094 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 423, 424. 


3695 SOMABRACHYS INFUSCATA d, Klug.; Géryville; tous les deux 
3696 
9 


élevés de la chenille et éclos en septembre 1910. 
3697. SOMABRACHYS RAGMATA O', Chrétien; Gafsa; éclos le 9 sep- 
tembre (ex P. Chrétien). 

Etud. Lépid. comparée; Voi. XII; Texte, p. 424 à 428. 


3698 

3699 

3700 ; PROCRIS CIRTANA, Lucas. 

3701 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 237 à 230. 
3702 


/ Les n° 3608 ct 3699 O' et Q viennent d’Aïn-Draham, en 
Tunisie. 
Les n° 3700 et 3;o1 O', C' ont été rapportés de Lambèse. 
Le n° 3702 Q a été pris à Hamman-Rhira. 


44 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


PLANCHE CDXXXII 


N°% 3703. PROCRIS CIRTANA ©, Lucas. 


L'individu figuré est le spécimen-type d’/no Orana décrit 
par Austaut, dans Ze Naturaliste du 15 septembre 1880. 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 238, 230. 


PROCRIS TENUICORNIS et ©, Z.; Hongrie. 
3706 
3707 
3708 | PRoCRIS TENUICORNIS, Z. 
3709 Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 239 à 242. 
‘1h Les n° 3706 Cet 3707 Q viennent de Géryville, juin 1910. 
7e Le n° 3708 O' a été pris à Khenchela, en juin 1908. 
Les n°37009 .et 3710 © ont été recueillis tà ambèse, en 
juin 1012. 
Le n° 3711 Ca été capturé à Sebdou, en juin 1907. 
3712, 
TS 
3714 


SEE PROCRIS COGNATA, Rambur. 
Al Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 232 à 237. 


3124 
3718 et mai 1913. 


Fès n°3712 /et 5713 0; Ohont été pris à Pambèse, en avril 


Les n°%S71%let 3715 Oet.C'viennent/de Aflou, mal Mo 

Pestn%5716, 5717 3718 0% Ohet | O/ontlété recueillie 
Andalousie, Grenade, mai 1804, et Sierra de Alfakar, juillet 
1870. 





3719 ) PROCRIS BELLIERT © et Q, Rambur; Girgenti (Bellier de la 

3720 Chavignerie). 
Etud. Lépid. comparée; Nol. XII; Texte, p. 237. 
PLANCHE CDXXXIII 

N°: 2: 

STE de ALCON Cet ©, Huebner; Alpes-Maritimes. 

3722 

3723 

3724 | LYCÆNA ALCON C', ©, ©, Q, Huebner; Environs de Rennes; 

| août 1916. 

3720, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 45 








Nes 


N°s 


3727 \ 

. 

TAABLYCaNA ARION ©, 6, 0, 0, 6, ©, Linné: 

5790 

3731 \ Le O n° 3727 vient de Gèdre; le O' n° 3728 vient de Plé- 

3732 | châtel (Ille et-Vilaine) (juillet 1916) ; la Q n° 3729 a été prise 
à Pont-l'Abbé-Lambour (Finistère); le ©, — var. obscura, 
comme les deux suivants, — n° 3730, m'a été envoyé de 


Zlatoust (Oural méridional); le G' n° 3731 a été capturé à 
Zermatt; la Q n° 3732 fut prise à Fusio (Suisse). 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 484-487. 


PLANCHE CDXXXIV 


3733. LYCÆNA ARION-OBSCURA d, Frey; Alpes-Maritimes, dans la 


montagne. 


2575 


N°s 


3735 | LYCÆNA ARION-LIGURICA ©, d, ©, 9, Obthr.; Alpes-Mari- 
3736 times, sur le littoral. 
3737 \ 
3738. LYCÆNA ARION-VERNETENSIS ©, Obthr.; Vernet-les-Bains 
(Pyrénées-Orientales). 
3739. LYCÆNA ARION-MAJOR ©, Obthr.; Atzwang, près Bozen. 
3740. LYCÆNA ARIONIDES Q, SIgr.; Ussuri. 
3741 | 
3742 | LycÆNA CYANECULA O', ©, d, Eversmann. 
3743 Les n% 3741 et 3742 viennent du Turkestan; le n° 3743 
a été rapporté du Nord de la Chine. 
3744. LYCÆNA DIVINA, Fixsen; Séoul (Corée). 
Etud. Lépid. comparée; Vol. XII; Texte, p. 484-487. 


PLANCHE CDXXXV 


3745. TRICHOSOMA  BÆTICUM-ALBESCENS G, Obthr. ; Lambèse, 
décembre 1913. 


3746. TRICHOSOMA BÆTICUM-RAMBURI ©, Obthr.; San Fernando 
(Andalousie), ex Graslin. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








N°S 3747. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA-FLAVIDA, Obthr.; Lourdes (Hau- 


Nos 


tes-Pyrénées), 15 juillet 1901. 
374$. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA, Linné; Lourdes, 15 juillet 1901. 


3749. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA, Linné; Angleterre, ex coll. 
Howard Vaughan. (L'étiquette porte comme localité 
Lyndhurst.) 

3750. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA-BOREALIS, Stgr. ; Nord de l’Ecosse. 


3751. PHRAGMATOBIA FULIGINOSA-KROUMIRA, Obthr.; Aïn-Draham, 


en Tunisie. 
3752 
3753 : LITHOSIA UNIOLA, Rambur. 
5150) Le n° 3752 vient d'Aflou, septembre 1911; le n° 3753 a été 


pris à Aïn-Draham; le n° 3754 vient de Sebdou (octobre 
1007). 

3755. LIiTHOSIA BECKERI, Guenée; Russie méridionale; collection 
Guenée, ex Ménétriès. 


3756. LITHOSIA BIPUNCTA, Huebner, Tanger. 


3757 | 


758 \ 


LITHOSIA PLUMBEOLA, Huebner; Lambèse, juin 1912. 


Les notices concernant les Lépidoptères figurés sur la 
Planche CDXXXV sont imprimées dans le Vol. XIII des 
Etudes de Lépidoptérologie comparée. 


PLANCHE CDXXXVI 


3759 ) LITHOSIA SORDIDULA, Rambur; EI Outaya, mai 1910 et Géry- 
3700 ville, juin 1910. 

76 

so ( Lrrrosia PYGMÆOLA, Doubleday ; Aïn-Draham, en Tunisie. 
3/02 

76 

3773 | LITHOSIA CANIOLA, Huebner; Aïn-Draham et Lambèse. 
3764 \ 

256€ \ 

ie LITHOSIA PYGMÆOLA, Doubleday; Angleterre. 

37 

. | EaRras ALBOVENOSANA, Obthr.; deux papillons et chrysalide 
de l’un d'eux; Aïn-Draham et Lambèse. 

3709 


3770. HOLCOCERUS FAROULTI, Obthr.; El-Outaya, juin 1910. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 47 





N°5 3771. HEPIALUS TUNETANUS, Obthr.; Aïn-Draham. 


3772 ) DYSPESSA KABYLARIA Q cet C'; Bang-Haas; © Khenchela; 
3773 o' Fedjedj. 

7 

3775 | DYSPESSA MARMORATA, Rambur; Hammam-Rhira. 

3776 | 

_. DYSPESSA SUAVIS, Stgr.: Biskra et El-Outaya. 

37 


Le n° 3777 est l’exemplaire qui a été vendu par feu Otto 
Staudinger. C'esthun co-type dé l'espèce; le n0,37781a été 
recueilli à El-Outaya, en mai 1910, par Faroult. 

Les notices concernant les Lépidoptères figurés sur la 
Planche CDXXXVI sont imprimées dans le Vol. XIII des 
Etudes de Lépidoptérologie comparée. 


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3653 3675 





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Lepidoptérologie comparée 
PI. CDXXXI 


3684 3690 3686 





3685 . 3881 3697 





3687 3623 





2688 3694 


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3689 





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Lepidoptérologie comparée 


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Diagnoses de CASTNIES nouvelles 
et rectification 


de quelques noms indûment employés 


Pan CNEAOULRERT; 


Professeur à l’Université de Rennes. 


En étudiant les Castmies de la collection de M. Charles 
OBERTHÜR, nous avons rencontré un certain nombre de morphes 
qui ne répondent à aucune des figurations aujourd’hui connues, 
ni à aucune des descriptions établies. La plupart de ces morphes 
sont certainement nouvelles. Pour des raisons qui nous échap- 
pent, quelques-unes, quoique ayant fait partie des anciennes 
collections de BOISDUVAL et de GUENÉE, sont toujours restées 
inédites. 

Les pages qui suivent ont pour but de faire connaître ces 
espèces nouvelles, en attendant la publication prochaine d’un 
travail plus étendu où elles seront toutes représentées et où leur 
position systématique sera discutée par rapport au groupe tout 
entier. 

Nous reproduisons ici, à l’aide de la photographie, quelques- 
unes des formes les plus remarquables, afin de montrer que nos 


descriptions sont appuyées sur des bases concrètes et indiscu- 
tables. 


50 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Castnia Guyanensis, sp. nov. (PI I, Fig. 1). 


Tête, thorax et abdomen d'un brun fauve uniforme, un peu 
plus clair en dessous; les yeux sont très saillants, bordés en 
arrière d’un liséré très fin de poils argentés; les antennes sont 
longues, d’un brun rougeûtre et atteignent environ la moitié de 
la marge antérieure de l'aile ; leur massue, graduellement 
épaissie, se termine par une pointe recourbée et ornée d’un fais- 
ceau de poils divergents. 

Les ailes antérieures sont triangulaires, et leur marge est arron- 
die dans la région de l’angle apical; la nervure subcostale, très 
saillante, forme une sorte de carène en avant de laquelle le bord 
costal, dans les deux tiers inférieurs de l’aile, est déprimé et 
rabattu. La couleur générale est un brun fauve sensiblement uni- 
forme, très légèrement roussâtre avec, cependant, une tonalité 
brune un peu plus accentuée dans la région moyenne du disque; 
le long du bord externe on distingue quelquefois une bande assez 
large, légèrement cendrée; la frange est blanchâtre. Il existe sur 
l’aile deux bandes claires d’un blanc crème, l’une oblique, à peu 
près rectiligne, part du bord antérieur un peu au-dessous du 
milieu et traverse le disque en se dirigeant vers l’angle interne; 
cette bande se termine à un point blanc arrondi, faisant partie 
d’une ligne d’autres points semblables disposés parallèlement 
au bord externe. La deuxième bande blanche occupe la région 
de l’angle apical; elle n’est pas continue comme la première, 
mais formée de points disposés ex #n arc régulier dont la con- 
vexité est tournée vers l’intérieur de l’aile. 

Les ailes inférieures sont arrondies, d’un brun un peu plus 
foncé que les supérieures; elles portent, dans les deux tiers de 
leur base, de longs poils bruns très soyeux; dans leur tiers exté- 
rieur, entre la limite des poils et le bord marginal, se voient deux 
séries concentriques de taches blanches disposées dans les inter- 
côtes et dont les plus larges sont dans les espaces internervuraux 
médians. 

En dessous, le dessin des ailes supérieures est identique à celui 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE SI 


du dessus ; le dessous des inférieures est d’un roux jaunâtre uni- 
forme; les points blancs sont, en général, beaucoup moins bien 
marqués qu'en dessus. 


La collection de M. Charles OBERTHÜR renferme trois OO 
recueillis dans la Guyane française par Constant Bar; pour deux 
d’entre eux, l’étiquette de provenance porte la mention : Cayenne. 


Castnia Amazonensis, sp. nov. (PI. IT, Fig. 2). 


Tête, thorax et abdomen d’un brun foncé olivâtre, le dessous 
un peu plus clair; les antennes sont d’un brun noir, mais leurs 
massues sont rougeâtres en dessous et à la pointe. 

Ailes antérieures triangulaires avec leur marge arrondie dans 
la région de l’angle apical; la nervure subcostale est aussi très 
saillante, et en avant, le bord antérieur de l’aile est rabattu. La 
coloration fondamentale est le brun olivâtre avec des parties 
beaucoup plus foncées sur le disque. Il existe aussi deux bandes 
claires; la première traverse obliquement la région médiane du 
disque dans la direction de l’angle interne; la deuxième, au-des- 
sous de la courbure apicale, est discontinue; elle se relie, du côté 
du bord externe, à quelques points blancs très imégalement déve- 
loppés ; du côté interne, elle s’élargit ex une macule triangulaire 
transparente, traversée par les 3° et 4° branches de la subcostale 
(fig. 2); on voit, le long du bord externe, une bande régulière 
assez large, un peu plus claire que toute la région discoïdale. 

Les ailes inférieures sont arrondies; elles offrent les mêmes 
caractères que dans l’espèce précédente, sauf que les points blancs 
internervuraux de la bande interne s’élargissent en s’approchant 
du bord antérieur. En dessous, le dessin des ailes supérieures est 
le même qu’en dessus; pour les inférieures, la coloration est d’un 
fauve roussâtre uniforme, mais les points blancs sont beaucoup 


moins bien marqués qu’en dessus. 


Nous avons étudié quatre magnifiques exemplaires de cette 
espèce dans la collection de M. Charles OBERTHÜR, trois GO 


G2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





et une © ; tous ont été récoltés, en mai et juin, dans la région du 
Haut-Amazone par M. de Mathan, les uns aux environs de Santo- 
Paulo-d’Olivença, à la frontière occidentale du Brésil, les autres 
à Caballo-Cocho, par conséquent en territoire péruvien. 


Castnia Boliviensis, nom. nov. (— Geron Preiss, zec Kollar). 


Nous montrerons, dans un prochain travail, que l’espèce décrite 
et représentée par P. Preiss dans : Neue und seltene Arten des 
Lepidopteren-Genus Castnia, p. 7, Taf. IL, fig. 3, sous le nom de 
Geron, n’est pas Gercx Kollar. L’acceptation toute allemande 
de cette erreur par M. le D' E. Strand dans l’ouvrage de Seitz 
n'y peut rien changer; nous sommes donc obligé d'imposer une 
appellation nouvelle à cette espèce; et, pour rappeler son origine, 


nous la désignons sous le nom de C. Boliviensis. 


C. Oberthüri, sp. nov. (PI. III, Fig. 3). 


Tête, thorax et abdomen bruns; les yeux sont, comme de cou- 
tume, très saillants et les palpes dépassent à peine le niveau du 
front; les antennes sont également d’un brun foncé, à massue 
longue, plus pâle en dessous, et terminées par une petite pointe 
courbée en dehors. 

Pattes postérieures à tarses noirs. 

Ailes supérieures triangulaires, à bord externe régulièrement 
courbé; en avant, le bord costal s’arrondit très notablement dans 
la région de l'angle apical; le dessus des ailes est d’un brun 
velouté très foncé avec des reflets d’un vert chatoyant, il est tra- 
versé par une étroite bande jaune commençant un peu en arrière 
du bord costal et venant aboutir au bord postérieur (fig. 3); 
une petite macule allongée jaunâtre s’observe vers la limite des 
cellules discoiïdales. 

Les inférieures, en dessus, ont la même couleur fondamentale 
que les supérieures; elles sont traversées en écharpe par une 
bande jaune allant du bord antérieur jusqu’à l’angle anal; cette 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 53 


bande, si on la suit de l’avant vers l’arrière, comprend d’abord 
trois gros points arrondis ou rectangulaires (le 1° transverse); 
vient ensuite une chaînette de trois festons à concavité tournée 
vers le bord externe, puis enfin, pour terminer, une bande 
sinueuse, légèrement irrégulière, s’étalant dans la région de 
l’angle anal où elle finit par un pointillé diffus. En dehors de 
cette bande oblique médiane, se trouve, dans les espaces intra- 
nervuraux, une succession de six gros points arrondis, jaunes, 
disposés parallèlement au bord externe. 

En dessous, la coloration est la même qu’en dessus, mais avec 
un mélange d'’écailles rouges plus abondant aux ailes infé- 
rieures; le dessin des ailes supérieures est le même qu’en dessus, 
mais le point discoidal, qui est quelquefois peu apparent ou tota- 
lement effacé, a d’autres fois nettement la forme d’un 1; de plus, 
il existe, en dehors de la bande jaune, une série de sept à huit 
macules jaunâtres, alignées parallèlement au bord externe, et 
dont les deux plus grosses sont 2 et 3, en comptant à partir de 
l’angle interne. 

Aux inférieures, la bande médiane oblique est maculaire dans 
toute son étendue. 


En résumé, C. Oberthiri est exactement construit sur le même 
plan que Cacica; la seule différence essentielle réside dans ce 
fait que la bande médiane oblique des ailes postérieures est 
beaucoup plus étroite chez Oberthüri et qu'il existe six gros 
points jaunes le long du bord externe, alors qu’on n’en compte 
que cinq (rouges) chez Cacica. 

Il n’est que trop juste de dédier cette magnifique espèce à 
M. Charles OBERTHÜR, qui nous a permis de l’étudier dans sa 
splendide collection. 

Plus de trente exemplaires existent dans la collection Ch: 
OBERTHÜR; tous proviennent de Balzapamba et de Zaruma, 
Equateur, c’est-à-dire des régions les plus chaudes de l’Amé- 


rique du Sud. 


64 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉÉ 





Castnia Amethystina ©, sp. nov. 


Tête, thorax et abdomen couverts d’écailles brunes et de poils 
écailieux en dessus; en dessous, la coloration est légèrement 
modifiée par la présence d’écailles rouges au bord postérieur des 
sternites abdominaux. 

Les ailes, en dessus, sont d’un brun noirâtre très foncé; l’exis- 
tence, sur les supérieures, d’écailles rouges mélangées leur donne 
un ton olivâtre un peu différent des inférieures. 

Les ailes supérieures sont nettement triangulaires avec leur 
bord antérieur arrondi dans la région de l’angle apical; une 
bande jaune, de deux millimètres de large dans sa moitié anté- 
rieure, les traverse dans une direction à peu près perpendiculaire 
au bord postérieur; cette bande, sensiblement droite, part de la 
courbure apicale et va aboutir dans la région de l’angle interne; 
il existe un point discoidal très petit en forme de croissant. 

Les ailes inférieures sont arrondies et traversées obliquement 
par une bande bleuâtre à reflets d’améthyste; cette bande, qui 
part du bord antérieur, s’élargit dans sa partie médiane et vient 
se terminer en pointe fine dans le voisinage de l’angle anal; dans 
la région radiculaire de l’aile, surtout le long du bord abdominal, 
on voit deux épais faisceaux de poils écailleux, analogues à ceux 
qui recouvrent les deux premiers tergites abdominaux. 

En dessous, les quatre ailes présentent un semis d’écailles 
rouges beaucoup plus abondant qu’en dessus; aux supérieures, 
la bande jaune transversale se retrouve, mais elle est un peu plus 
large et dégradée du côté du bord externe; le point discoïdal 
est linéaire; aux inférieures, la bande bleue est remplacée par 
une raie noirâtre, peu distincte mais de même orientation. 


Malgré sa coloration générale qui est très foncée et le point 
discoïdal beaucoup plus petit, cette espèce est celle qui se rap- 
proche le plus de Papilionaris Walk-Westw.; l'étiquette qui 
l’accompagne indique comme provenance Panama; cette origine 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE DE 





n’a rien d’invraisemblable, toutefois c’est le seul représentant 
de ce beau groupement signalé en dehors du territoire de la 
République de l’Equateur. 


Castnia Ambatensis ©, sp. nov. 


Tête et thorax couverts de poils écailleux d’un brun olhvâtre 
très foncé; abdomen conique, de même coloration que le thorax. 

Ailes antérieures triangulaires arrondies, d’un brun olivâtre 
velouté; frange blanche; une bande jaune, étroite et légèrement 
courbée, les traverse; cette bande, qui part un peu avant la cour- 
bure apicale, est continue quoique formée d’une série d’arcs 
internervuraux à convexité externe; sa largeur, qui ne dépasse 
pas un millimètre, est beaucoup plus faible que dans l’espèce 
précédente. Il existe un point discoïdal ovoide. 

Les ailes inférieures sont d’un noir velouté; elles sont aussi 
traversées obliquement, à peu près dans leur milieu, par une bande 
plus claire, d’un bleu violacé, sensiblement parallèle au bord 
externe; la frange est brune. Contrairement à ce qu’on observe 
chez Papilionaris et chez Amethystina, la bande bleue possède 
la même largeur dans toute son étendue et n’est pas dilatée en 
son milieu. 

En dessous, la coloration fondamentale est le roux olivâtre 
avec un mélange plus ou moins abondant d’écailles rouges oran- 
gées; aux supérieures, la bande jaune et le point discoïdal sont 
bien marqués, plus larges qu’en dessus ; aux inférieures, une 
bande brunâtre, un peu sinué: en avant, correspond à la bordure 
interne de la fascie bleue. 

Pattes d’un roux brun orangé; tarses postérieurs noirs. 


En résumé, cette espèce est caractérisée par l’étroitesse et la 
courbure des bandes bleues et jaunes qui ornent ses ailes. 

L’exemplaire unique, ©, de la collection Charles OBERTHÜR 
a été recueilli par J. Stolzmann dans la vallée du Pastaza, pro- 


vince d'Ambato (Equateur). 


50 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Castnia Velutina, sp. nov. 


Cette magnifique Castnie est certainement l’un des plus beaux 
représentants de la souche phylétique Papilionaris. 

Les quatre ailes sont d’un brun noir velouté très franc; cepen- 
dant, les supérieures, sous une certaine incidence, accusent une 
tonalité olivätre qui tranche un peu sur le noir des inférieures; 
chez les mâles, le bord externe est assez notablement excavé au- 
dessous de l’angle apical. 

Les ailes supérieures sont traversées par une bande jaune, dont 
la largeur dépasse à peine un millimètre; cette bande est droite; 
elle part de la courbure apicale pour se terminer à environ un cen- 
timètre du sommet de l’angle interne; le point discoïdal est petit; 
la frange est jaune. 

Les ailes inférieures, d’un noir profond, sont traversées, aux 
deux tiers de leur étendue, par une bande bleue, légèrement 
élargie en son milieu; cette bande est maculaire dans sa partie 
antérieure et s’atténue en pointe très fine dans la région de 
l’angle anal ; sur certains exemplaires, on observe, le long du 
bord externe, quelques îlots peu distincts d’écailles rouge 
orangé qui rappellent la maculature marginale du groupement 
Cacica; cependant ici, cette maculature ne se développe Jamais 
au point de devenir un caractère essentiel de l’espèce; la frange 
des inférieures est noire. 

En dessous, comme chez les espèces précédentes, on trouve des 
écailles rouge orangé en assez grande abondance; la bande 
jaune et le point discoidal sont bien développés aux antérieures, 
et, le long du bord externe, s’ajoute même, chez les GO, une série 
de sept ponctuations rougeàtres dans les espaces internervuraux; 
aux inférieures, la bande noire qui suit le bord interne de la fas- 
cie bleue est bien visible; elle se termine, dans la région de 
l’angle anal, par deux petits arcs clairs exactement placés sur le 
prolongement de la bande bleue qui existe en dessus. 


Cette espèce a été reçue de Guayaquil qui est, comme on le 
sait, le grand port d'exportation de la République de l’Equateur; 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 7 











mais il est probable qu’elle vient de l’intérieur du pays, c’est-à- 
dire des régions sylvatiques situées à l’est de la chaîne des 


Andes. 


Castnia Affinis, sp. nov. 


Comme dessin et comme coloration, cette espèce ressemble tout 
à fait à C. Salasia Boisd. Elle en diffère toutefois, aussi bien 
chez les d' que chez les ©, par l’absence du reflet violacé sur le 
contour de la tache blanche aux ailes inférieures; l’unique 
femelle que nous avons pu étudier présente, en outre, sur la bande 
et sur les taches blanches des antérieures un reflet rosé que nous 
n’avons rencontré chez aucune autre espèce. 


Castnia afhnis est aussi de Colombie, comme Æumboldh, mais 
ses quatre ailes ont une coloration d’un brun marron à peu près 
uniforme, tandis qu’elles sont nettement bicolores chez Awm- 


bold£i. 


Castnia Ecuadorensis, sp. nov. 


Encore une morphe de la section Æwnboldti et l’une des plus 
répandues semble-t-11. 

Nous avons sous les yeux, dans la collection de M. Charies 
OBERTHÜR, douze exemplaires G'O' et deux Q Q; tous provien- 
nent de la République de l’Equateur, provinces de Rios et de 
Bolivar. 

Chez les femelles, on trouve, comme toujours, sur les ailes 
antérieures, une bande oblique d’un blanc jaunâtre partant du 
bord costal et aboutissant dans la région de l’angle anal, puis 
une bande maculaire sinueuse, formée de cinq taches blanches 
un peu en dehors, du côté de l’angle apical; aux inférieures, la 
tache blanche est, dans son ensemble, plus étroite que dans l’es- 
pèce précédente. 

Chez les mâles, la tache blanche des ailes inférieures est tout 
à fait identique à celle qui existe chez les ©, mais, aux ailes 


55 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





supérieures, la bande oblique et les taches maculaires de l’angle 
apical ne sont indiquées que par des silhouettes grisâtres. La 
coloration fondamentale des quatre ailes est le brun marron uni- 
forme comme chez À fans. 


Le D" Strand a signalé, sous le nom de Defasciata, une forme 
d' qui pourrait être voisine de l’espèce que nous venons de nom- 
mer, malheureusement, comme cette forme n’est pas figurée et 
que sa provenance n’est pas indiquée, 1l nous est impossible de 
savoir à quelle morphe de la section Zumboldti il convient de 
la rapporter. 


Castnia Newmanni Guenée, nom. ineditum. 


Nous trouvons sous ce nom, dans la collection de M. Charles 
OBERTHÜR, une curieuse espèce inédite ayant appartenu autre- 
fois à Achille Guenée. Par sa coloration d’un Jaune roussâtre 
très franc, cette espèce ne ressemble à aucune autre de la section 
Humboldti, pourtant c’est le même dessin et le même faces 
général. 

Chez les femelles, la bande transversale oblique des ailes anté- 
rieures est large et bien marquée; 1l en est de même des taches 
maculaires de l’angle apical; aux inférieures, la tache blanche 
présente la même forme et la même disposition que chez Afhnis. 
En dessous, on retrouve la coloration Jaune roussàtre du dessus 
avec le dessin de toutes les morphes du même groupe. 

Chez les mâles, la coloration des quatre ailes en dessus est 
également le jaune roussâtre, mais la bande transversale oblique 
et les taches de l’angle apical ne sont plus représentées que par 
une vague teinte grise. La tête, le thorax et la partie antérieure 
de l’abdomen sont recouverts de poils bruns; l’extrémité posté- 
rieure de l’abdomen est d’un blanc grisâtre. 


Guenée attribue, comme patrie, à cette espèce la Colombie avec 
an point de doute; mais il n’a connu que la femelle; les deux 
mâles que nous avons pu, en outre, étudier dans la collection 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 59 





OBERTHÜR viennent de Matachin (Panama); la concordance des 
localités est suffisante pour nous montrer que nous sommes 
encore en présence d’une espèce bien tranchée et probablement 
très localisée de l’ Amérique centrale. 


Castnia Albomaculata, sp. nov. (PI IV, Fig. 4). 


Cette belle Castnie, dont la coloration générale est le brun 
noir velouté, a été certainement Jusqu'ici confondue avec Zzcus 
et Licoides selon Boisduval. Voici ses caractères différentiels les 
plus tranchés. 


Maäles et Femelles. — Tête, thorax et première moitié de 
l'abdomen bruns en dessus; à sa partie postérieure, l’abdomen 
devient grisâtre et cette coloration est celle qu’on retrouve sur 
tout le corps en dessous; antennes brunes un peu rougeûtres à 
l’apex. 

Les quatre ailes sont d’un brun noir velouté chatoyant, 
rehaussées d’un magniñique reflet vert violacé lorsqu'on les 
regarde à l’opposé de la lumière. Aux antérieures, 1l existe tou- 
jours, aussi bien chez les G' que chez les ©, deux bandes blanches, 
l’une oblique, transversale, assez large, courbée à son bord externe 
et irrégulièrement sinuée; la seconde, dans la région de l’angle 
apical, est formée de 5-6 taches blanches, disposées en deux 
groupes, l'un touchant le bord costal, l’autre plus bas, un peu 
en dehors et orienté en sens inverse; chez les Q Q, les taches 
blanches sont toujours beaucoup plus petites que chez les SO 
(PI. IV, fig. 4); la frange est blanche, au moins dans la région 
de l’angle interne. 

Aux inférieures, on trouve la bande blanche caractéristique du 
groupe, mais ici cette bande s’élargit relativement peu en arrière 
et, du côté de la racine de l’aïle, es presque rectiligne; du côté 
externe, la bande blanche est sinuée dans les espaces interner- 
vuraux et devient maculaire en se rapprochant du bord antérieur. 
Près du bord externe, on voit 5 taches rouges dont deux plus 
grandes; la 5°, près du bord anal, est très petite. 


60 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





En dessous, nous retrouvons le même dessin qu’en dessus; tou- 
tefois, aux premières ailes, les trois taches antérieures de la bande 
blanche apicale sont au contact et forment une bande continue, 
tandis que les trois autres restent toujours séparées. Aux ailes 
secondes, toute la région de l’angle radiculaire est d’un gris 
brun cendré beaucoup plus accentué que dans les autres espèces ; 
seules, les deux grandes taches rouges du bord externe transpa- 
raissent en dessous; très souvent, surtout chez les Q qui ont 
pondu, l’oviscapte est très saillant à l’extrémité postérieure de 
l’abdomen. 

Ainsi donc, dans cette espèce, les caractères extérieurs des Of 
et des Q sont identiques, et, aux ailes antérieures, /a bande 
blanche maculaire de l'angle apical est toujours visible en 
dessus, tandis que chez toutes les autres espèces de la section 
Licus, que nous connaissons, les taches maculaires de l’angle 
apical sont peu visibles ou complètement obsolètes. 


Cette superbe Castmie est originaire des régions nord et nord- 
occidentales du Pérou et du Brésil; elle semble habiter les 
grandes plaines forestières de la vallée du Haut-Amazone et de 
quelques-uns de ses affluents; M. de Mathan l’a rencontrée à Iqui- 
tos et à Chanchamayo (PÉROU), à Cananche (COLOMBIE) et à 
Santo-Paulo-d’Olivença (BRÉSIL). 

On la distinguera, à première vue, de toutes les autres espèces, 
ses voisines, par sa belle coloration brune, presque noire et par 
le bord interne de la tache blanche des ailes inférieures, presque 
droit et non courbé en S ouvert comme dans les autres espèces. 

Nous trouvons, dans la collection de M. Charles OBERTHÜR, 
six exemplaires de cette belle espèce, quatre G'Œ et deux Q Q. 


CASTNIA LICOIDES, Rubromaculata, var. nov. 


Nous trouvons au Brésil, région du Matto-Grosso et dans les 
Andes de Bolivie, une variété très remarquable du Cast. Licoides 


Boisd.; nous lui donnons le nom de *Àybromaculata à cause de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 61 





la tache rouge orangée qui se trouve à l’extrémité de la bande 
blanche des ailes inférieures, dans la région de l’angle anal. 
Cette tache, qui peut être plus ou moins étendue, suivant la taille 
des exemplaires n’est pas le seul caractère distinctif de cette 
très intéressante variété. 

En dessus, tant aux ailes supérieures qu’aux ailes inférieures, 
nous retrouvons tous les caractères essentiels de Cast. Licoides 
type; le long du bord externe des inférieures existent les six 
ou sept taches rouges de la race brésilienne, mais la tache blanche 
qui traverse le disque, le plus souvent, n’atteint pas le bord anal; 
elle en est séparée par une tache ovale rouge orangée (1). 

En dessous, aux antérieures, nous retrouvons aussi les deux 
bandes blanches caractéristiques, mais avec un reflet violacé; la 
bande sinuée de l’angle apical est ici continue; quant aux petites 
taches, au nombre de quatre ou cinq, qui courent parallèlement 
au bord externe, elles sont ici entièrement rouges ; aucune d’elles 
n’est blanche, pas même les supérieures comme cela se voit dans 
les autres races de Zzcoides. 

Deux exemplaires dans la collection Ch. OBERTHÜR. 


Castnia Macularifasciata, sp. nov. 


Nous rattachons encore à la souche phylétique Fumboldii 
une morphe très remarquable de la Guyane française, caracté- 
risée surtout par ce fait que la bande blanche transversale des 
ailes antérieures, au lieu d’être continue, est formée de taches 
séparées et de grandeur inégale, d’où le nom de Macularifas- 
ciata. 

Les ailes antérieures sont d’un brun olivâtre et marquées de 
deux bandes blanches obliques; la première de ces bandes tra- 
verse l'aile à peu près en son milieu, du bord costal à l’angle 
interne; elle est formée de deux gros points blancs, suivis de 
cinq autres plus petits, alignés et presque contigus; la seconde 





(1} Dans les exemplaires les plus petits, cette tache rouge est seulement indi- 
quée. 


G2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





bande, dans la région de l’angle apical est presque continue mais 
n'atteint pas le milieu du disque. 

Les ailes inférieures sont traversées obliquement par une bande 
continue d’un blanc pur mais assez étroite et s’élargissant à 
peine en arrivant vers l’angle anal. Quelques taches d’un rouge 
orangé pale le Iong du bord externe. 

Le dessous des ailes supérieures est brun, mais les deux bandes 
blanches, correspondantes à celles du dessus, y sont mieux mar- 
quées et presque continues. 

Le dessous des inférieures est d’un blanc grisâtre avec la 


même bande blanche qu’en dessus. 


Nous ne trouvons malheureusement, dans la collection de 
M. Ch. OBERTHÜR qu’un seul exemplaire femelle et un peu 
défraichi de cette très curieuse espèce. 


Les mâles nous sont inconnus. 


Castnia Icaroides, sp. nov. 


Nous avons sous les yeux, dans la collection de M. Charles 
OBERTHÜR, un exemplaire parfaitement typique de cette espèce, 
c’est le mâle dont Boisduval a parlé dans le Species, p. 504, et 
qu’il rapporte à tort à /carus. D'autre part, si nous tenons compte 
de la forme arrondie du bord externe des ailes antérieures, nous 
pouvons admettre que la fig. 2 donnée par M. Karl JORDAN, dans 
les Movitates zoologicæ, 1906, Vol. XIII, PI. X, représente très 
probablement une femelle de la même morphe; les deux sexes 
nous sont donc connus, l’un en nature, l’autre iconographique- 


ment. 


Aüïles antérieures triangulaires d’un brun chocolat légèrement 
olivâtre, coupées droit ou même un tout petit peu excavées au 
bord externe; il existe, sur le disque, deux bandes blanches trans- 
versales obliques; l’une, en forme de fuseau, est placée dans le 
tiers inférieur; elle part du bord costal et se dirige vers l’angle 


anal, qu’elie n’atteint pas; l’autre, un peu au delà du mieu de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 63 








l’aile, n’atteint pas non plus le bord externe; sur presque tout 
leur pourtour, ces deux bandes blanches sont ornées d’un petit 
liséré rouge; tout du long du bord postérieur, de la racine à 
l'angle interne existe une bande d’un châtain plus clair. 

Les ailes inférieures sont entièrement rouges; le long de la 
marge externe existe une bordure noire continue, diminuant pro- 
gressivement de largeur et disparaissant dans la région de l’angle 
anal; sur le disque, dans les espaces internervuraux, existent trois 
séries de macules noires, bien séparées, les unes ovales, les autres 
en forme de chevrons ou de croissants; dans la région antérieure, 
on voit en outre trois points blancs intercalés. 

Le dessous, dans l’ensemble, reproduit les dessins que nous 
avons trouvés en dessus; mais aux antérieures 1l existe trois 
bandes blanches obliques séparées par des fascies noires; aux 
inférieures, en opposition avec les taches blanches du dessus, se 
voient trois bandes rectangulaires contiguës. 

La frange des quatre ailes est grisâtre, finement bordée de 
noir à sa base; l’abdomen est rouge brique en dessus, d’un gris 
fauve en dessous. 

Notons que, dans l’espèce Zcarus, l’abdomen, en dessus, est 
d’un brun rougeâtre aussi bien chez le mâle que chez la femelle. 


L’exemplaire unique, provenant de l’ancienne collection BOIS- 
DUVAL, et qui a servi à établir cette description, ne porte pas 
d’étiquette de provenance. D’après l'indication du Spectes, il 
est raisonnable de penser qu’il vient du Brésil; l’échantillon 
presque identique (qui nous paraît être une femelle), représenté 
par M. Karl Jordan, in Novitates Zoologice, 1906, PI. X, fig. 2, 
provient du Paraguay. 

I] serait désirable d’avoir des renseignements plus nombreux 
et plus précis sur l’habitat de cette curieuse espèce. 


Castniäa Jordani, sp. nov. 


Ailes antérieures d’un brun olivâtre, triangulaires, mais légè- 
rement arrondies à leur bord externe; comme dans l’espèce pré- 


04 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








cédente (/caroides, Houlb.), 1l existe deux bandes blanches trans- 
versales obliques bordées intérieurement d’un fin liséré rouge. 

Les ailes inférieures sont presque entièrement rouges; 1l existe 
aussi, à leur bord externe, une étroite bande noire continue, mais 
cette bande se termine brusquement avant l’angle anal, au lieu 
de diminuer progressivement; les taches noires qui ornent le 
disque sont les unes arrondies en avant, les autres en forme de 
bandelettes arquées limitant des ovales incomplets. Dans la par- 
tie antérieure, les six prerniers espaces internervuraux sont ornés 
de taches blanches allongées, et trois petites taches de même 
couleur se voient encore près de l’angle anal. L’abdomen est 
d’un brun olivâtre en dessus, avec un faisceau de poils rouges 
à son extrémité. 


Cette morphe, sans aucun doute, appartient à la souche phy- 
létique /carus, cependant elle ne présente jamais, comme l’/carus 
type de Cramer, la 3° bande blanche de l’angle apical, en dessus, 
aux ailes antérieures, c’est pour cela que nous la distinguons du 
tvpe; comme elle ne peut pas, non plus, dériver d’Zcaroides, il 
ne nous restait d’autre ressource que d’en faire une espèce spé- 
ciale. Nous pensons que les découvertes de l’avenir confirmeront 
notre manière de voir, mais nous serions heureux de voir M. Jor- 
dan reprendre lui-même l’étude de la curieuse espèce qu’il nous 
a, le premier, fait connaître. 

Nous sommes aussi d’avis que, lorsque la coloration blanche 
envahit toute l’aile inférieure, nous sommes en présence de la 
variété Endelechia signalée par Herbert Druce. 


Castnia Evaitheformis, sp. nov. (— Ævalfhe, Boisd. p. part. 
Species des Lépidopt. Hétérocères, p. 514 et Auct.). 


Nous donnons ce nom aux morphes de la Guyane française 
qui répondent à la première partie de la description de Boisdu- 
val; voici cette description : « Elle varie pour la taille depuis 
7 Jusqu'à 10 centimètres. Ses ailes supérieures sont d’un brun 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 65 





noir, chatoyant en vert selon les aspects; elles sont marquées 
de deux bandes parallèles très nettes, d’un Jaune citron, dont 
la première, très légèrement courbe, commence un peu avant le 
milieu de la côte, pour arriver à l’angle interne, et dent l’autre, 
très étroite, linéaire, est située entre celle-ci et le sommet. » 

« Les ailes inférieures sont noires comme les supérieures, tra- 
versées au milieu par une bande étroite, un peu maculaire, d’un 
jaune citron, suivie, sur le bord terminal, d’une rangée de taches 
rouges arrondies. » 

« Le dessous des premières ailes est semblable au dessus, sauf 
que la côte et le sommet sont un peu lavés de rouge. » 

« Le dessous des secondes ailes est exfièrement rouge (1), avec 
une bande maculaire, jaune, correspondant à celle de la face 
opposée. » 

« Telle est la description de l’Evalthe d’après les exemplaires 
que nous avons reçus de Cayenne, et parfaitement conformes 
à la figure donnée par CRAMER sur un individu de Surinam. » 

Le reste de la description s'applique à Ævalthe var. B. DAL- 
MAN et non pas, comme le croit BOISDUVAL, à l’Evphrosyne de 
PERTY, nous reviendrons sur ce point en temps utile. 


La description qui précède, ainsi qu’il est facile de s’en rendre 
compte, convient très bien à notre ÆEvalfheformis; cependant 
BoISDUVAL ne fait pas assez ressortir l’aspect tout spécial de 
la bande jaune aux ailes inférieures. Ici, cette bande jaune est 
en réalité formée de deux parties : l’une maculaire, formée de 
trois points, alignés à partir de la côte; l’autre, beaucoup plus 
large, continue et denticulée à son bord externe, occupe le reste 
du disque jusqu’à la tache rouge. Nous ne trouvons cette dispo- 
sition dans aucune autre espèce. 

Si BOISDUVAL dit que la bande jaune des ailes inférieures 
est étroite, remarquons qu’il parle par comparaison avec ce qu’il 
croit être l'Evphrosyne de PERTY où cette bande est exception- 
nellement large; la description de BOISDUVAL paraît d’ailleurs 





(1) C’est nous qui soulignons. 


66 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


avoir été faite sur un exemplaire de petite taille et de mauvaise 
venue. ‘ 

Il existe cinq exemplaires d’Evaltheformis dans la collection 
Ch. OBERTHÜR ; tous proviennent de la Guyane française où ils 
ont été recueillis par Méaux et Constant Bar. 


Castnia Evalthonida, sp. nov. (PI IV, Fig. 5) (— Ævalthe, 
Boisd. p. part. et Auct.). 


En remontant vers le nord, dans la région des Andes de 
Colombie et jusque dans l’Amérique centrale (Honduras), nous 
trouvons encore une belle grande Castnie, caractérisée par ses 
ailes, d’un beau noir velouté, et par quelques particularités des 
bandes jaunes qui les traversent. Pour rappeler que cette espèce 
ne sort pas du cadre évalthoïdien où se meuvent les morphes 


précédentes, nous l’avons désignée sous le nom d’Æval/honida 


Ailes d’un noir franc avec un reflet velouté; aux antérieures, 
la première des bandes jaunes est large, légèrement dilatée en 
son milieu et progressivement atténuée vers l’angle interne qu’elle 
atteint souvent en faisant un petit crochet le long du bord. La 
seconde bande, près de l’angle apical, est très étroite, presque 
linéaire et légèrement festonnée. 

Aux inférieures, la bande jaune est anguleuse, tantôt entière- 
ment maculaire, tantôt subcontinue dans sa partie postérieure; 
cette bande est étroite, souvent irrégulière et denticulée à son 
bord externe. Une grande tache rouge fait suite à la bande jaune 
et couvre tout l’angle anal; le long du bord, existent 4 ou 
5 macules rouges dont les plus larges sont au milieu. 

En dessous, on retrouve, aux antérieures, le même dessin qu’en 
dessus; aux inférieures, la bande jaune est toujours maculaire 
et est bordée en dedans par un élégant dégradé brun qui s’étend 
plus ou moins vers la base de l’aile; un vague point noir se dis- 
tingue sur le fond rouge dans la région radiculaire. 

La frange est noire aux ailes inférieures. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 67 





Nous avons trois exemplaires de cette belle espèce dans la 
collection Charles OBERTHÜR; tous proviennent de Cananche 
(Colombie) où 1ls ont été recueillis par M. de Mathan. 


CASTNIA EVALTHONIDA, Flexifasciata, var. nov. 


Nous avons aussi, de Honduras, un exemplaire présentant le 
mêine ensemble de caractères que l’espèce précédente à l’excep- 
tion de la frange qui est presque blanche et de la bande jaune 
apicale des ailes antérieures qui est plus large et festonnée; nous 
en faisons la variété Flexifasciata. 


Castnia Vicina, sp. nov. 


Bien que possédant, à peu près, les mêmes caractères généraux 
que Viryi, cette espèce s’en distinguera toujours, et sans la 
moindre difficulté : 1° ex dessus, par l’aspect maculaire de la 
bande oblique des ailes postérieures, formée de 7 petits points 
jaunes, anguleusement alignés depuis la côte jusqu’à la tache 
rouge de l’angle anal; 2° ex dessous, par les deux bandes jaunes 
des ailes antérieures. 

Le dessus des ailes, dans les quatre exemplaires que nous 
avons sous les yeux, est d’un beau noir velouté très franc, et, 
aux ailes inférieures, le nombre des points rouges bien déve- 
loppés, le long du bord externe, est toujours de cinq ou six. En 
dessous, aux ailes antérieures, la partie rougeâtre s’étend le long 
de la côte et dans toute la région de l’angle apical; chez Vzr71, 
au contraire, elle descendrait plutôt le long du bord externe. 


L’abdomen est noir en dessus, rougeâtre en dessous. 


Cette espèce a été capturée à La Chima, République de 
l’Equateur, en 1803, par M. de Mathan. 


Castnia Fusca, sp. nov. 


À la suite de Castniu Mafhani, et appartenant certainement 


à la même souche phylétique, nous trouvons, dans la collection 


68 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Charles OBERTHÜR, une nouvelle morphe, de grande taille, que 
nous décrivons sous le nom de C. fusca à cause de sa coloration 
brune généralisée. 

Cette espèce provient de l’Equateur,; elle a été recuerllie-en 
1804, à Balzapamba, province de Bolivar, par M. de Mathan. 


Tête, thorax et abdomen d’un brun foncé uniforme, aussi bien 
en dessus qu’en dessous avec, toutefois, les segments dersaux 
de l’abdomen un peu plus foncés et bordés d’écailles blanches 
à leur bord postérieur; antennes entièrement brunes sauf l’apex 
qui est un peu plus pâle. 

Ailes antérieures triangulaires brunes, de même que la tête et 
le thorax, avec un beau reflet vert soyeux; un peu avant le milieu, 
en contact avec la nervure subcostale, se trouve une grande 
macule arrondie un peu plus claire, mais peu visible; sur le milieu 
du disque, parallèlement au bord externe, existe une bande par- 
tiellement maculaire, de même coloration s'étendant jusque dans 
la région de l’angle apical; du côté du bord interne, cette bande 
pâle est suivie de deux petites taches noires anguleuses; tout le 
bord interne est plus clair. 

Les ailes secondes sont de même coloration que les supérieures 
dans leur partie basale, où elles portent de longues écailles sét1- 
formes; dans tout le reste de leur étendue, jusqu’au bord externe, 
elles sont d’un brun noirâtre velouté; à la limite de ces deux 
régions court une rangée de cinq macules blanches allongées, 
partant du bord abdominal et se terminant par une tache arron- 
die au milieu du disque, dans le 4° espace internervural. La 
frange des quatre ailes est blanche mais très étroite. 

En dessous, on retrouve les mêmes dessins qu’en dessus, mais 
la coloration est d’un brun plus uniforme; les macules blanches 
des ailes inférieures sont bordées de noir et toute la région de 
l’angle anal est nuancé de la même couleur. 


Deux exemplaires G'Œ de cette belle espèce existent dans la 
collection de M. Charles OBERTHÜR. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 69 





Castnia Rubrophalaris, sp. nov. 


Cette nouvelle espèce ressemble beaucoup à Wygdon et à Pha- 
laris ; elle s'en distingue par les taches des ailes inférieures qui 
sont rouges au lieu d’être blanchâtres, d’où le nom que nous lui 
avons donné. 

Les ailes supérieures sont d’un gris ohvaâtre, beaucoup plus 
foncé chez les mâles que chez les femelles; la base porte une 
grande tache brunâtre losangique et, en outre, deux bandes 
brunes obliques, séparées par des espaces plus clairs. La première 
bande brune part du milieu du bord costal et va s’épanouir 
dans la région de l’angle anal; la seconde est ovale, sinuée et 
se continue par un espace brun jusqu’au sommet de l’angle 
apical. 

Les ailes inférieures sont à fond brun violacé chez les femelles, 
presque noir chez les mâles; 1l existe, le long du bord externe, 
deux bandes maculaires de taches rouges (G') ou orangées (Q ); 
la frange est grisâtre. 

Chez les femelles, on voit, vers le milieu du disque, une bande 
blanche s'étendant sur six espaces internervuraux; de plus, les 
taches médianes de la bande maculaire externe sont plus ou 
moins variées de blanc. 

En dessous, nous retrouvons, aux ailes antérieures, le même 
dessin qu’en dessus, mais les taches blanches y sont plus nettes 
et mieux limitées; aux ailes inférieures, le fond est d’un vert 
grisatre, mais les dessins noirs et rouges sont beaucoup moins 
réguliers qu’en dessus. 


Il existe deux exemplaires de cette très belle espèce dans la 
collection de M. Charles OBERTHÜR; le mâle vient de Santo 
Antonio da Barra, province de Bahia (Brésil); la provenance 
de la femelle n’est malheureusement pas indiquée, mais nous la 
supposons également des régions centrales du Brésil. 


70 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Castnia Briareus, Guenée, nom. ineditum. 


Nous trouvons sous ce nom, dans la collection de M. Charles 
OBERTHÜR, deux exemplaires, le G' et la ©, d’une magnifique 
Castnie qui n’a Jamais encore été décrite; l’un de ces exemplaires, 
le ©, provient de l’ancienne collection Boisduval, et nous sommes 
bien étonné que le savant auteur du Species général des Lépi- 
doptères n’en ait jamais donné la description; le second exem- 
plaire, la ©, a appartenu autrefois à Achille Guenée qui l’avait 
lui-même reçu de M. Doubleday. Sur l'étiquette, écrite de la 
main de Guenée, qui accompagne cet exemplaire, nous lisons, au- 
dessous du nom, Brtareus, le renseignement qui suit : « Je ne 
puis trouver cette belle espèce dans aucun auteur. Comme c’est 
une ©, 1l est possible que le ©, qui est peut-être très différent, 
ait déjà été décrit. » 

Le mâle est, en effet, comme dans toutes les espèces de ce 
groupe, un peu différent de la femelle, mais pas autant que le 
supposait Achille Guenée. Nous donnons ci-après la description 
des deux sexes, mais nous conservons le nom proposé par le 
savant continuateur du Species; l’espèce appartient évidemment 
à la même souche phylétique que Clitarcha, toutefois elle en dif- 
fère assez notablement par la coloration et par la disposition des 
taches noires aux ailes postérieures. 


Mäle. —— Ailes antérieures d’un roux sombre assez foncé, avec 
un système de taches brunes entremêlées de taches plus claires 
difficile à décrire; la disposition de l’ensemble rappelle, de très 
près, ce que nous trouvons chez Clitarcha; 11 y a, touchant le 
bord costal, deux taches claires s'étendant vers l’intérieur de 
l'aile, mais ne dépassant pas les premières branches de la radiale; 
dans la région apicale, existent toujours trois petits points ovales, 
hyalins, celui du milieu ayant un diamètre à peu près double des 
latéraux. 

Les ailes inférieures sont noires à la base et sur la plus grande 
partie de leur étendue le long du bord externe, elles portent, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 71 
entre les deux parties noires, une bande rouge brique assez large 
entrecoupées de lignes noires au moins sur les nervures externes. 
Deux rangées maculaires de taches d’un jaune rosé se voient sur 
la bande noire externe; la première de ces rangées, c’est-à-dire 
la plus interne, est formée de quatre ou cinq points, mal limités, 
dans les espaces internervuraux; la deuxième, la plus externe, 
comprend 7 à 8 taches claires, allongées, dont les deux dernières, 
en remontant vers l’angle interne, sont rouges, en totalité ou en 
partie comme la bande qui les précède. 

Tête, thorax et abdomen bruns, beaucoup plus pâles en dessous. 

En dessous, nous retrouvons le même système de dessins qu’en 
dessus; toutefois, aux îlots de taches brunes des ailes antérieures 
correspondent une série de maculatures d’un noir velouté très 
franc et mieux limitées; la base des ailes est d’un rouge orangé. 
Aux ailes inférieures, correspondant à la tache brune du dessus, 
nous trouvons un espace blanchâtre ou ovale allongé, encerclé 
de brun; le long du bord externe, nous retrouvons les deux ran- 
gées de taches claires, mais celles du rang interne sont beaucoup 
mieux marquées dans la région de l’angle anal. 


Femelle. — La femelle est tout à fait semblable au mâle, mais 
sa taille est plus grande; le bord externe des ailes antérieures 
est également plus arrondi et les taches claires beaucoup plus 
blanches. 

Le dessin des ailes inférieures est, de même, identique à celui 
du mâle; l’abdomen est fortement parsemé d’écailles rouges en 
dessus. 

Dans les deux sexes, la frange des premières ailes est brune; 
celle des secondes ailes est blanche; on voit aussi toujours, aux 
ailes postérieures, dans la bande rouge et près du bord externe 
intérieur un point noir, vaguement pupillé de rouge. 


Il n’est pas douteux que les deux exemplaires de Cas/nia 
Briareus qui nous ont permis de caractériser cette espèce n’aient 
pour patrie l'Amérique méridionale; malheureusement nous 
n’avons, ni pour l’un ni pour l’autre, aucune indication de localité. 


72 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Castnia Pyrrhopygeides &, sp. nov. 


Ailes antérieures triangulaires, d’un brun olhvâtre, arrondies 
le long de la côte dans la région apicale et à sommet bien mar- 
qué; une bande grisàtre oblique traverse le disque du milieu 
costal à l’angle interne qu’elle n’atteint pas; une bande macu- 
laire, formée de cinq petits points, de même couleur, mais beau- 
coup moins visible, occupe la région subapicale. En dessous, ces 
deux bandes sont plus visibles; toute la base de l’aile est brune, 
tandis que le reste est d’un brun rougeûtre. 

Les ailes inférieures sont également triangulaires, subsinuées 
le long de leur bord externe et légèrement prolongées en un lobe 
arrondi à l’angle anal; la coloration fondamentale de ces ailes 
est un noir roussâtre velouté; une large tache semi-annulaire se 
voit dans la région antéro-latérale et une bandelette blanchâtre 
ou jaune grisâtre se trouve à l’angle anal dont la marge est rou- 
geatre. 

En dessous, les ailes postérieures sont d’un roux plus ou moins 
violacé, mais toute la région du bord abdominal jusqu’à la racine 
de l’aile est d’un gris verdâtre à reflets chatoyants; la disposi- 
tion de la tache semi-annulaire est la même qu’en dessus. 

Tête, thorax et abdomen bruns en dessus; en dessous, l’abdo- 
men est d’un gris rougeâtre; l’anneau pygidial est rouge avec 
une moucheture d’écailles noires en dessus. 


Cette gracieuse petite Castnie, dont trois exemplaires CO 
existent dans la collection de M. Ch. OBERTHÜR, provient de 
Zaruma, Equateur, d’où elle a été rapportée, en 1891, par M. de 
Mathan. Nous lui donnons le nom de Pyrrhopygoides, en raison 
de son aspect général, qui rappelle de très près celui du genre 
Pyrrhopyge, de la famille des Hesperidæ. 


Castnia Palatinoides ©, sp. nov. 


Les mâles de l’espèce Palatinus sont toujours beaucoup plus 
nombreux que les femelles dans les collections; sachant, par 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 73 


expérience, combien les deux sexes sont parfois dissemblables 
dans ces arrangements phylétiques, nous aurions certainement 
été tentés de rapporter à Palatinus le mâle dont la description 
suit, si nous n'avions déjà eu sous les yeux, avec une certitude 
absolue, plusieurs mâles absolument authentiques de cette 
espèce. 

La silhouette générale et l’ensemble du dessin sont les mêmes 
que chez Palatinus; les différences les plus essentielles se ren- 
contrent aux ailes inférieures, où la tache orangée de la base est 
plus étendue, mais où, par contre, la bande noire qui part de 
l’angle anal est beaucoup plus étroite; 1l en résulte que, au lieu 
de trouver le long du bord postérieur de l’aile, des taches toutes 
petites et punctiformes, comme chez Palatinus, nous avons ici 
une série de grandes macules contiguës, seulement séparées les 
unes des autres par les filets noirs des nervures. 

En dessous, les ailes antérieures sont d’un orangé pâle légè- 
rement rembrunies dans la région de l’angle apical; 1l existe, le 
long du bord externe, quatre macules ovoides brunes bien mar- 
quées (deux points noirs seulement se voient à la même place 
chez Palatinus); les ailes inférieures sont d’un blanchâtre crème, 
légèrement rosé; les taches sombres du bord externe sont bor- 
dées, en dedans, d’un arc roux, mais les deux dernières taches, 
près de l’angle anal, sont très foncées. 


Un seul exemplaire G de Palatinoides existe dans la collection 
Charles OBERTHÜR; il a été recueilli en 1800, par M. Marc de 
Mathan, dans les plaines nord-est du Brésil; 1l est probable que 
cette espèce se substitue petit à petit à Palatinus à mesure qu’on 
s’avance vers l’ouest et qu’on atteint les vallées supérieures du 
bassin de l’ Amazone. 


Castnia Fuscorubra, sp. nov. 


Nous désignons sous ce nom une Castnie superbe découverte 
au Pérou, en 1866, par M. de Mathan; nous ne connaissons mal- 
heureusement que l’un des sexes de cette espèce, la femelle, mais 


74 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





elle se distingue néanmoins à première vue de toutes les autres 
formes de la souche phylétique Palatinus, par ses ailes inférieures 
d’un rouge brique clair, coupées parallèlement au bord externe 
d’une large bande noire qui s’atténue et s’efface avant d’arriver 
à la marge antérieure. 

Les ailes antérieures sont d’un roux brun uniforme avec un 
certain nombre de taches sombres plus ou moins visibles; vers 
le milieu du disque, on distingue une aire un peu plus claire 
limitée, du côté de la racine de l'aile, par un espace brun s’éten- 
dant jusqu’à l’insertion et en dehors, du côté du bord externe, 
par une ligne brune, sinuée s'étendant jusqu’à la région du bord 
postérieur. Au milieu de cette aire éclaircie, se trouve une tache 
sombre s'étendant, vers l’avant, jusqu’au bord costal; le bord 
externe est arrondi comme toujours chez les femelles. 

Dans la région apicale de l’arle, se voient trois fenêtres trans- 
parentes dépourvues d’écailles, celle du milieu environ quatre 
fois plus grande que les fenêtres latérales. 

Ailes inférieures d’un rouge brique clair, plus pales le long 
du bord abdominal et dans la région de l’angle anal; une tache 
sombre occupe la base de l’aile jusqu’au tiers du disque environ; 
une large bande noire transversale part de l’angle anal et 
s’avance parallèlement au bord externe et en diminuant de lar- 
geur dans la direction de l’angle interne où elle s’efface; une 
étroite ligne noire suit le bord externe. La frange est blanche ou 
d’un blanc grisàtre aux quatre ailes. 

En dessous, les antérieures sont d’un beau rouge orangé avec 
trois groupes de taches plus sombres; l’une de ces taches, la plus 
grande, est située vers l’extrémité de la cellule discoïdale et est 
rattachée au bord antérieur par une bande d’un rouge brun; la 
région de l’angle apical et le bord externe sont d’un gris fauve. 


Les inférieures sont en entier d’un jaune fauve avec des taches 
d’un rouge brun plus foncé, la bande noire du dessus transpa- 
raît en gris devenant d’un jaune orange dans la région de l’angle 
anal. La frange est d’un jaune fauve aux quatre ailes, mais 
devient un peu brune vers l’angle apical des antérieures. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 75 





L'espèce que nous venons de décrire se rapproche incontesta- 
blement d’/rca var. S'audingeri Druce; cependant l’ensemble 
des caractères ne permet pas d'identifier ces deux formes. 


Castnia Lutea, nom. nov. (— Æerrichia Cronis, Bucheck. nec 
Cramer:): 


Comme 1l n’existe pas de texte pour accompagner les planches 
du travail de M. Buchecker, la description qui suit se rapporte 
canne. delauPl 2 du Sys, Erxrom. Castnia. 

Ailes antérieures à fond jaune, entièrement bcrdées de noir, 
avec une petite tache rouge à l'insertion; en avant, le long du 
bord costal, une tache jaune triangulaire s'étend jusqu’à la tache 
médiane du disque, dont elle n’est séparée que par une mince 
ligne noire; le long du bord externe, s'étendent deux rangées 
de taches blanches, l’une complète, voisine de la marge; l’autre 
formée seulement de trois macules allongées dans la région de 
l’angle apical. 

Les ailes inférieures sont entièrement jaunes, sauf une étroite 
bordure noire le long du bord externe; les nervures sont aussi 
marquées par de lines lignes noires. 

Le thorax et les trois premiers segments de l’abdomen sont 
noirs ; la partie postérieure de l’abdomen est jaune avec l’extré- 
mité d’un brun orangé. 

On ne sait rien des caractères du dessous. 


Cette espèce serait de Surinam, mais on n’a aucun autre détail 
sur son origine m1 sur les particularités de sa capture. 


Castnia Strandi, nom. nov. (— C. Cronis Strand. nec Cramer. 
Porc, pie 6. €). 


Ailes antérieures d’un bleu pâle azuré entièrement bordées de 
noir sur tout leur contour; une large tache triangulaire, d’un bleu 
azuré, part du bord externe et s’étend en pointe vers l’arrière; 


76 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





ces deux taches sont séparées par une bandelette noire peu 
épaisse; le long du bord externe, existent, au milieu de la bor- 
dure noire, deux rangées de taches azurées, l’une complète, paral- 
lèle à la marge, est formée de neuf points dont les quatre anté- 
rieurs sont plus petits; la seconde, dans la région de l’angle 
apical, ne comprend que trois macules allongées. 

Les ailes inférieures sont d’un jaune pâle dans toute leur 
étendue, sauf la bordure externe qui est noire et élargie à la nais- 
sance des nervures; une bande transversale d’un gris bleuté, 
courbée en S très ouvert, traverse le disque du bord antérieur 
vers l’angle anal; une petite macule noire, de forme irrégulière, 
se voit tout à fait à la racine des ailes postérieures. 

Tête, antennes et thorax noirs, avec seulement deux points 
rouges aux angles huméraux et deux autres points blancs un peu 
en arrière plus rapprochés. Abdomen d’un jaune pâle en dessus 
avec l'extrémité orangée. 


Cette forme est probablement une femelle; sa patrie serait la 
Guyane, mais aucune indication précise n’a été donnée sur ce 
point. 


Castnia Odila, sp. nov. 


Cette charmante petite Castnie, que nous dédions à l’une des 
plus gracieuses petites-filles de M. Charles OBERTHÜR, a été 
recueillie au Pérou, en 1884, par M. de Mathan, elle appartient 
sans aucun doute au phylum cronidien, mais se distingue de 
toutes les espèces qui précèdent par la bordure des ailes posté- 
rieures qui porte une bande maculaire de huit points blancs. 

Ailes antérieures largement bordées de noir, avec une tache 
blanche triangulaire, allongée, subtransparente et avec un reflet 
nacré sur le disque; à l’intérieur de la bordure noire, le long 
du bord costal, on trouve une macule blanche triangulaire dont 
la base s'appuie sur la subcostale; trois ou quatre macules gri- 
sâtres, allongées, s’observent un peu plus loin dans la région de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE Fi 





l'angle apical. Une série de points blancs arrondis est dis- 
posée le long du bord externe; les cinq derniers de ces points, 
ceux qui s’avancent Jusqu'à l’angle interne, sont très nets. 

Les ailes inférieures sont d’un blanc jaunâtre très pâle; mais 
le long du bord externe existe une bande noire, large de 4 à 
$s millim., au milieu de laquelle se voient huit macules blanches 
arrondies dans les espaces internervuraux. 

En dessous, le dessin est absolument le même qu’en dessus. 

Thorax noir, sauf, sur les côtés, au niveau des épimères pro- 
thoraciques et mésothoraciques, où se voient des taches rouges 
pourpres qui se prolongent de 6 à 8 millim. le long de la costale. 

Abdomen blanc, avec le bord postérieur des segments bordé 
de jaune; l’extrémité porte, comme toujours, un faisceau de soies 
squammiformes orangées. 


ÈS Q est inconnue. 


Cette élégante espèce provient de la grande plaine nord-orien- 
tale du Pérou arrosée par le fleuve Amazone; son étiquette d’ori- 
gine porte Cavallo Cocho, mai-juillet 1884. 


Castnia Candida, sp. nov. 


Encore une Jolie Castnie blanche du phylum cronidien; cette 
espèce provient également du Pérou; elle a été recueille, en 
1887, à Moyobamba, par M. Marc de Mathan. Toutes les Castnies 
de ce groupe revêtent, plus où moins, le facies des Piérides; celle- 
ci, par sa silhouette générale et par sa taille, pourrait être com- 
parée à la Piéride du chou (Q Pieris brassicæ), si commune dans 
notre pays, d’où le nom de Candida que nous lui avons donné. 

Aüïles antérieures d’un blanc pur nettement bordées de brun 
noirâtre le long de leur bord postérieur et sur les côtés; en avant, 
le long du bord costal, la bordure brune est interrompue, vers le 
milieu de l’aile, sur une étendue d’environ un centimètre. Une 
bandelette brune, brisée en son milieu, part de la racine de l’aile 
et traverse longitudinalement toute la partie blanche du disque; 


78 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





une autre bandelette brune part du bord postérieur et remonte 
vers l’angle apical, où elle se bifurque; entre les deux branches 
de la bifurcation, dans les espaces internervuraux se trouvent 
trois points blancs estompés intérieurement; le long du bord 
externe, existent des macules blanches, de plus en plus allongées 
et presque confluentes, dans la région de l’angle interne. 

Ailes inférieures d’un blanc entièrement Jaunâtre très pale à 
reflet nacré; le long du bord externe, existe seulement un étroit 
liséré noir avec des élargissements de même couleur à l'insertion 
.des nervures. 

La frange est blanche aux ailes postérieures, d’un brun pâle 
aux antérieures. 

En dessous, aux ailes antérieures, le dessin est le même qu’en 
dessus, avec cette différence que la bandelette brune longitudi- 
nale n’est représentée que par transparence et par une petite 
flamme brune dans la région médiane du disque; la bande brune 
transversale n’est bien marquée que dans la région de l’angle 
apical; elle s’efface ensuite de plus en plus et transparaît seule- 
ment dans la traversée des trois derniers espaces internervuraux. 
Toutes les macules blanches, le long du bord externe, sont nettes 
et bien limitées. 

Aux ailes inférieures, nous trouvons la même disposition qu’en 
dessus, mais, en outre, trois points noirs arrondis et alignés 
s’observent dans les espaces internervuraux 4, 5 et 6. 

Tête et thorax bruns avec des mouchetures blanches symé- 
triques; les régions des épimères prothoraciques et mésothora- 
ciques portent aussi des taches pourpres; la base de la costale, 
sur une longueur de 5 à 6 millimètres, est également pourprée; 
l’abdomen est d’un blanc jaunâtre avec la pointe orangée; l’ovis- 
capte, légèrement saillant à l’extrémité de l’abdomen, présente 


les caractères ordinaires. 


Le pays de Moyobamba, d’où provient cette Castnie, se trouve 
dans la partie septentrionale du Pérou, au pied des premiers 
contreforts de la région andinique. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 70 





CASTNIA CRONIDA, Pebana, subsp. nov. 


Ailes d’un blanc pur, largement bordées de noir; en dessous, 
aux ailes antérieures, chez les GO, on trouve une petite mouche- 
ture noire à l’angle radiculaire et huit macules blanches le long 


du bord externe, mais les trois antérieures sont ponctiformes. 


Nous avons deux exemplaires de C. Cronida var. Pebana (1) 
dans la collection de M. Charles OBERTHÜR. 


CASTNIA URUGUAYANA, Cinerascens, subsp. nov. 


Dessus des ailes antérieures d’un gris pâle cendré, avec un 
système de bandes blanches disposé comme dans l’espèce-type; 
ailes inférieures bordées de noir et portant sur la partie 
centrale du disque, qui est rouge, quatre taches noires irrégu- 
lièrement arrondies; le tout est entremêlé de taches blanches plus 
abondantes et confluentes dans la région de l’angle anal. 

En dessous, on retrouve, aux antérieures, le même dessin qu’en 
dessus; toutefois, sauf une légère bordure costale et une autre 
plus large, le long du bord externe, qui sont noires, tout ce qui 
est gris cendré sur le dessus est ici d’un rouge orangé; les bandes 
blanches sont un peu plus élargies qu’en dessus. 

Aux inférieures, le rouge ne persiste, en dessous, que le long 
du bord abdominal et dans la région de l’angle anal; les taches 
noires ont la même étendue et la même disposition qu’en dessus; 
mais la partie centrale du disque est d’un blanc rosé. 


La frange est blanche aux quatre ailes. 


L’étiquette de provenance porte Banda Oriental, sans indica- 
tion plus précise. 





(3) Du nom de Pébas, ville du Pérou, située sur le fleuve Amazone. 


80 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Castnia Fulvofasciata, sp. nov. 


La collection de M. Charles OBERTHÜR nous montre égale- 
ment une troisième morphe appartenant à la souche phylétique 
Pelasgus et qui, à notre avis, se distingue du type par un certain 
nombre de caractères assez tranchés, sans parler du reflet géné- 
ral du dessous des ailes qui est d’un roux violacé, notablement 
plus pâle que dans les vrais Pelasgus. 

Cette troisième morphe, toujours de petite taille (envergure 
20-22 millim.), est originaire du Pérou ou des parties les plus 
occidentales du Brésil; tout en présentant un ensemble de carac- 
tères absolument identiques à ceux de Pelasgus, nous remarquons 
que la bande claire, transversale, des ailes antérieures est d’un 
jaune beaucoup plus franc que dans l’espèce type; la courbure 
postérieure de cette bande se modifie déjà légèrement dans les 
formes brésiliennes de Santo-Paulo-d’Olivença; mais, dans 
les exemplaires péruviens de Huallaga (Chambireyacu), la bande 
claire forme une brisure très nette à son bord extérieur avec une 
pointe en crochet assez accentuée dans la région de l’angle 
interne. 

Tous ces petits détails ne constituent pas, évidemment, un 
ensemble de variations bien étendu; néanmoins, nous les consi- 
dérons comme suffisants pour donner à ces petites morphes 
brasilo-péruviennes tout au moins les caractères d’une race géo- 
graphique distincte, et nous proposons de donner à cette race 
le nom de Fulvcfasciata. 


Gazera Albicornis, sp. nov. 


Appartenant à la même souche phylétique que Melanolimbata, 
existe, dans la collection de M. Charles OBERTHÜR, une très 
curieuse espèce, provenant aussi de Tarapote et se rapprochant 
beaucoup plus du Buckleyi Druce que le Tarapotensis de 
M. Preiss. Nous avons donné à cette espèce le nom d’Albicornis, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 81 





à cause de la coloration de ses antennes qui sont d’un blanc 
crème dans presque toute leur étendue, aussi bien en dessus qu’en 
dessous, tandis que ces mêmes organes, chez Buckley: Druce et 
T'arapotensis Preiss, sont noirs ou tout au moins très sombres 
dans leur partie funiculaire. 

Ailes antérieures d’un jaunâtre assombri dans leur tiers infé- 
rieur en dessus, mais devenant plus claires dans leur milieu et 
un peu au delà; région apicale noire. Vers le milieu de l’aile, 
pres du bord costal, se voit un gros point noir arrondi, absolu- 
ment analogue à celui qui existe chez Pellonia. Au-dessous de 
ce point, le disque est parcouru, de la base à la région de l’angle 

interne, par deux lignes courbes, noires, se raccordant au bord 
‘inférieur de la cellule discoïdale; la ligne qui rejoint ce point 
de raccord au bord externe est légèrement incurvée et sa conca- 
vité est tournée vers l’angle apical; le long du bord postérieur, 
une tache sombre allongée s'étend de l'insertion à l’angle 
interne, où elle porte une éclaircie qui se fond quelquefois avec 
la colcration fondamentale du disque. 

Les ailes inférieures ont une coloration générale rouge brique 
plus ou moins lavée de gris; elles sont bordées de noir sur tout 
leur contour postérieur et portent sur le disque une bande hori- 
zontale noire continue chez les GO, maculaire chez les © O ; les 
espaces internervuraux sont légèrement flammés de jaune à l’inté- 
rieur de la bordure noire. 

En dessous, l’ornementation des ailes est la même qu’en des- 
sus; toutefois, la coloration générale est toujours plus pâle et 
les taches noires sont moins accentuées. | 

L’abdomen est d’un brun roux en dessus, d’un brun noir plus 
ou moins foncé en dessous, avec le dernier article rouge (le des- 
sous est entièrement rouge brique chez les Q); les antennes sont 


d’un blanc crème aussi bien en dessus qu’en dessous. 


Trois exemplaires dans la collection Ch. OBERTHÜR, deux SC 
et une Q ; tous sont très frais et proviennent de Tarapote (Pérou). 


Parmi les échantillons qui ont été introduits dans le commerce 


6 


82 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





par Staudinger sous le nom de Z'arapotensis, on trouve quel- 
quefois des exemplaires d’AZbzcornis; grâce aux figures qui 
accompagneront notre travail d’ensemble, nous espérons qu’à 
l’avenir toute confusion pourra être évitée entre ces espèces. 


Gazera Prædata, sp. nov. 


Ailes antérieures d’un rouge ocracé assombri dans leur 
moitié inférieure, plus claires vers leur extrémité, avec un bande 
Jaunâtre transversale, courbée et légèrement maculaire, allant 
du bord costal dans la direction de l’angle interne. Toute la 
région apicale est d’un brun noir, sauf cette bande transversale 
Jaunâtre et un petit point blanc. près du bord externe, dans le 
4° espace intranervural. De la base, partent aussi deux bandes 
longitudinales plus ou moins brisées; l’une, en avant, s’avance 
le long de la sous-costale; l’autre, en arrière, un peu en avant 
du bord marginal; trois flammes Jaunâtres occupent les extré- 
mités des espaces internervuraux dans la région de l'angle 
interne 

Ailes postérieures d’un rouge brique dans toute leur étendue, 
avec une marge noire, nettement dentées à la terminaison des 
nervures; sur le disque, quelques points noirs sont alignés trans- 
versalement; le plus gros, qui se trouve vers l’angle anal, est 
légèrement éclairé de jaune à son bord externe. 

En dessous, le dessin des quatre ailes est le même qu’en dessus; 
toutefois, on trouve aux inférieures une bande brune allongée 
et à milieu rouge près de la marge antérieure; cette bande existe 
aussi en dessus, mais la partie rouge centrale est beaucoup moins 
accentuée. 

Thorax noir avec une bande humérale rouge en avant et tra- 
versé en son milieu par une autre bande jaune. L’abdomen, qui 
est noir en dessus, est rouge en dessous et sur les côtes; son pre- 
mier anneau, en arrière du thorax, est recouvert d’écailles rouges. 
Les antennes sont d’un jaune crème, en dessus et en dessous, 
dans toute leur étendue. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 83 


L’unique exemplaire que nous avons pu étudier est une 
femelle; le mâle nous est inconnu. 


Cette espèce habite l’Equateur. 


Gazera Zagræoides, sp. nov. (PI IV, Fig. 6). 


Nous donnons le nom de Zagræowdes à une grande espèce 
de Colombie, très voisine de Zagræa Felder, mais s’en distin- 
guant néanmoins par des caractères très nets et très constants. 

Au point de vue de la taille et de l’aspect général, à première 
vue, Zagræoides ressemble beaucoup à Zagræa; l’ensemble des 
taches jaunes, aux ailes antérieures, présente à peu près la même 
disposition, à l’exception de la grande tache allongée suivant 
l’axe de l’aile qui se dilate en jaune à son extrémité, tandis 
qu’elle reste étroite et toujours colorée en rouge chez Zagræa. 
L'ensemble des taches noires, le long du bord postérieur de 
l’aile, est à noter; cet ensemble, qui forme une tache continue 
chez Zagrea, est le plus souvent interrompu avant d’arriver à 
l’angle interne chez Zagræoides, de manière à former un gros 
point noir arrondi, tout à fait caractéristique de l’espèce. 

Aux ailes inférieures, dont le fond est rouge brique, nous trou- 
vons aussi des tâches jaunes allongées le long du bord marginal, 
mais ces taches, relativement étroites, restent toujours nettement 
rectangulaires, alors qu’elles s’élargissent, dans leur partie 
basale, chez Zagræa (1). 

En dessous, la disposition des taches est la même qu’en dessus; 
la grosse tache noire des ailes antérieures est tout à fait isolée; 
quant aux points, transversalement alignés, des ailes postérieures, 
ils sont plus larges vers la côte; chez Zagræa, au contraire, nous 
trouvons, aux ailes antérieures, deux macules allongées et gémi- 
nées, tandis qu’aux postérieures les points internervuraux dimi- 
nuent de largeur en se rapprochant du bord costal. 





(1) Ce caractère est toujours plus accentué et plus facile à observer chez les 
femelles que chez les mâles. 


84 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





En dessus, l’abdomen est rougeâtre sur les côtés avec une 
bande dorsale brune élargie sur les trois derniers segments; en 
dessous, 1l est jaune avec une bande noire ventrale. 


Nous avons pu étudier, dans la collection de M. Charles 
OBERTHÜR, deux exemplaires femelles de cette belle espèce; 
tous deux proviennent de Colombie : Santa Fé de Bogota. 

Le mâle nous est inconnu. 


Castnia Pelopioides, sp. nov. 


Nous donnons à cette espece, originaire de l’Equateur, le nom 
de Pelopioides pour indiquer qu’elle est extrêmement voisine 
de Pelopia Druce. La taille et le facies général sont les mêmes, 
et, comme les petites différences que nous observons ne portent 
que sur des particularités de coloration, peut-être sommes-nous 
seulement en présence d’une simple variation locale, c’est-à-dire 
d’une race géographique de Pelopia. 

L'exemplaire unique de cette espèce que nous avons eu l’occa- 
sion d’observer, dans la collection de M. Charles OBERTHÜR, 
est un male; les ailes antérieures sont entièrement d’un brun noir 
enfumé en dessus, avec les nervures noires très accentuées, mais 
elles ne sont pas bariolées de gris verdâtre au voisinage de 
l’angle interne, ainsi que cela existe chez Pelopia (1). En outre, 
le dessous des ailes antérieures est, non pas d’un gris verdâtre 
(greenish grey almost 1o the base), mais d’un brun violacé uni- 
forme, sauf à la base où la coloration est presque noire. On peut 
caractériser Pelopioides ainsi qu'il suit 

Ailes antérieures d’un brun roussâtre de plus en plus assombri 
et presque noir dans leur moitié inférieure; les nervures sont d’un 
noir intense et très marquées. Ailes inférieures d’un noir profond, 
mais avec une Jarge bordure d’un vert bleuâtre satiné, entre- 
coupée par les nervures. 








(1) « Streaked with greenish grey near the anal angle. » 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 85 





En dessous, les ailes antérieures sont d’un brun violacé cha- 
toyant, plus éclairci et lavé de bleuâtre dans la région apicale 
ainsi que le long du bord externe; la coloration et le dessin des 
inférieures sont les mêmes qu’en dessus. La tête, les antennes, la 
partie supérieure du thorax sont noirs ; sur les côtés, le thorax est 
rouge brique. L'’abdomen manque malheureusement dans l’exem- 
plaire que nous avons étudié; il y a tout lieu de croire qu'il est 
d’un rouge clair comme chez Pelo pa. 

L’étiquette d’origine, qui accompagne cet échantillon, porte 
cette seule indication : Ecuador. 

Peut-être encore pourrait-on penser que Pelopia et Pelopioides 
représentent les deux sexes d’une même espèce; mais, comme 
Mr. Herbert Druce ne nous renseigne pas de ce côté, 1l nous est 
impossible d'exprimer une opinion ferme à ce sujet. Espérons 
que de nouvelles découvertes nous permettront bientôt de 


résoudre ces petites difficultés. 


La Notice qui précède renferme les descriptions de 34 espèces 
ou variétés nouvelles; pour deux d’entre elles : VNewmanni et 
Briareus, nous avons conservé les noms choisis par Achille Gue- 
née, mais qui ne furent Jamais publiés. Si nous tenons compte, 
d’autre part, des quelques rectifñications que nous avons été 
amené à faire, dans le travail d'ensemble que nous sommes près 
de terminer, nous voyons que le nombre des Castnies connues 
dépasse aujourd’hui cent cinquante. 


Nous sommes évidemment encore loin de connaître toutes les 
espèces, mais nous avons l’espoir que notre travail constituera 
une étape utile pour les recherches futures et qu’il pourra servir 
de base à de nouvelles généralisations. 


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EXPLICATION DES PLANCHES 


PLANCHE I 


F1G. 1. -— CASTNIA GUYANENSIS, Houlb. (Grand. naturelle). Quoique 
originaire de la Guyane, cette espèce ne peut pas être identifiée avec 
celle qui a servi à la figuration du C. Dedalus par Cramer. 


PLANCHE TT 


FIG. 2. -— CASTNIA AMAZONENSIS, Houlb. (Grand. naturelle). Espèce 
géante de la vallée de l’Amazone, le plus souvent confondue, dans les 
collections, avec le C. Dedalus, Cramer. 


PEANCHE III 


FIG. 3. — CASTNIA OBERTHÜRI, Houlb. (Grand. naturelle). Magnifique 
espèce provenant de l’Equateur, voisine de Cacica. Elle en diffère par 
la bande transversale et par les taches des ailes inférieures, qui sont 
jaunes au lieu d’être rouges. 


PLANCHE IV 


FIG. 4. — CASTNIA ALBOMACULATA, Houlb. (Grand. naturelle). Très 
belle espèce du phylum Zicus, originaire des grandes plaines du Haut- 
Amazone. 


FIG. 5. — CASTNIA EVALTHONIDA, Houlb. (Grand. naturelle). Espèce 
de la souche phylétique Ævalthe, avec la bande jaune apicale très 
étroite. Colombie. 


FIG. 6. — CASTNIA ZAGRÆOIDES, Houlb. (Grand. naturelle). Espèce de 
Colombie, avec un gros point noir près de l’angle interne aux ailes 
antérieures et une bande jaune élargie vers le milieu du disque. 





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TRIBU DES CASTNIINÆ. PIE 


FIG. #4. 


FIG D: 








FIG. 4. Castnia Albomaculata, Houlb.; FIG. 5. C. Evalthonida, Houlb. ; 
F1G. 6. €. Zagræoides, Houlb. (Grand. naturelle). 




















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LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





ÉRUBDES 


DE 


BEPIDOPTEROLOGIE 


COMPARÉE 


PAR 


CHARLES OBERTHUR 


Fascicule XIV 


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Avis au Lecteur 


La guerre rendue de plus en plus atroce par les 
effroyables cruautés, les dévastations sauvages et les dépor- 
tations inhumaines dont les Allemands ne cessent de se 
rendre coupables, la guerre, dis-je, la plus meurtrière et la 
plus barbare qui ait jamais épouvanté le Monde, continue 
de sévir sur nous avec une violence toujours intensifiée 
depuis le commencement d'août 1914. 

Aux soldats qui, chaque jour, tombent sur le champ de 
bataille, en sacrifiant si généreusement leur vie pour con- 
server à nos arrière-neveux une Patrie et la Liberté, 1l faut 
des remplaçants. 

Tous ceux qui peuvent porter les armes sont successive- 
ment appelés aux combats. Les champs et les villes ont vu 
partir tous leurs citoyens valides. Les ateliers, sauf ceux où 
l’on travaille pour la guerre, deviennent presque déserts. 

Dès lors, pourra-t-on dire, le moment n'est-il pas venu 
d'interrompre les œuvres consacrées aux Sciences, aux 
Lettres et aux Arts? Privé des coopérateurs nécessaires, 
comment peut-on continuer ces travaux de la paix? 

En effet, devant les difhcultés toujours plus graves que 
nous éprouvons maintenant à produire les clichés photo- 
typographiques destinés à l'illustration des livres, et en face 
du ralentissement que subissent forcément la composition 
et l'impression du texte même de ces livres, — puisque nos 


8 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





collaborateurs, incessamment convoqués pour le service 
militaire, ne cessent de quitter notre Imprimerie, — j'avoue 
que je me suis laissé quelquefois allé à envisager la néces- 
sité d'attendre des temps plus propices. 

Il est bien vrai que, par cas de force majeure, toute pro- 
duction typographique devient tellement longue et com- 
pliquée que la cessation momentanée des publications 
entomologiques ne paraîtrait pas sans excuse. 

Mais le temps marche inexorable, quelles que soient les 
circonstances ; l’âge avance. Pendant combien de temps 
encore pourrai-je travailler ? D'ailleurs, c’est aussi une 
manière de servir son pays que d'éditer des œuvres de 
science; Je me suis précédemment expliqué à ce sujet. 

Alors comme un peu d'activité, si peu que ce soit même, 
vaut mieux que l'arrêt du travail commencé, je ne pouvais 
me décider à suspendre l’accomplissement de mes projets. 

Cependant, devant les obstacles matériels, quelle que 
soit la volonté, on reste parfois impuissant. 

Aucune époque, me disais-je, n'a connu pareille situation 
et aussi graves embarras. Je reconnais que je me sentais 
pour ces causes incertain et chancelant. 

C’est alors qu'ayant désiré revoir voltiger le Syrichthus 
armoricanus sur les gazons que parfument si délicieuse- 
ment le serpolet et les roses des dunes de la Guimarais, 
je me rendis à Cancale, au mois de juin de la présente 
année 1917, et là, après avoir profité d’une belle matinée 
ensoleillée pour réjouir mes yeux de la vue des papillons 
et des fleurs dans un site à la fois superbe et charmant, 
rentré à mon logis, un livre de poésies : Les Feuilles 
d'Automne, vint entre mes mains. 

Œuvre de jeunesse de Victor Hugo, les vers portent la 
date de 1829 à 1831. Quelques pages de prose les pré- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 0 


cèdent. C’est la préface du livre. J'y lus les lignes suivantes 
dont il me sembla que je pouvais, toutes proportions gar- 
dées entre les époques qui, pour être troublées, l’une et 
l’autre, ne sont cependant pas également tragiques, en faire 
l'application aux circonstances actuelles. 

Je trouvai du reste, dans les paroles d’un des plus 
illustres poètes, un motif puissant d'encouragement à ne 
pas laisser s’éteindre, même pour un moment, l’activité 
qui doit nous animer tous, jusqu’à notre dernier souffle, 
et malgré les obstacles, je résolus d’essayer, par tous les 
moyens, de mettre au Jour un nouveau livre d'Entomo- 
logie. 


Voici donc les extraits que Je transcrivis : 


« Le moment politique est grave ; personne ne le 
conteste et l’auteur de ce livre moins que personne. Au 
dedans, toutes les solutions sociales remises en question ; 
… au dehors, çà et là, sur la face de l'Europe, des peuples 
tout entiers qu'on assassine, qu'on déporte en masse, ou 
qu'on met aux fers. 

Enfin, au dehors comme au dedans, les croyances en 
lutte, les consciences en travail... Voilà où nous en sommes 
au mois de novembre 1831. 

Sans doute en un pareil moment, au milieu d’un si 
orageux conflit de toutes les choses et de tous les hommes, 
en présence de ce concile tumultueux de toutes les idées, 
de toutes les croyances, de toutes les erreurs occupées à 
rédiger et à débattre en discussion publique la formule de 
l'humanité au XIX' siècle; c’est folie de publier un volume 
de pauvres vers désintéressés. 

Folie! Pourquoi? 

L’Art —— et l’Auteur de ce livre n’a jamais varié dans 
cette pensée — l'Art a sa loi qu'il suit, comme le reste a 


io LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


_— 





la sienne. Parce que la terre tremble, est-ce une raison 
pour qu'il ne marche pas? Voyez le XVI siècle; c’est une 
immense époque pour la société humaine ; mais c’est une 
immense époque pour l'Art... Ce n’est partout sur le sol 
de la vieille Europe que guerres pour une idée, de peuple 
à peuple, de roi à roi, d'homme à homme, que cliquetis 
d'épées toujours tirées et de docteurs toujours irrités, que 
commotions politiques, que chutes et écroulement de 
choses anciennes, que bruyant et sonore avènement de 
nouveautés ; en même temps ce n'est dans l'Art que Chefs- 
d'œuvre. On convoque la Diète de Worms; mais on peint 
la Chapelle Sixtine. Il y a Luther; mais il y a Michel- 
Ange. 

Ce n’est donc pas une raison... pour que l'Art, cette 
chose éternelle, ne continue pas de verdoyer et de florir 
entre la ruine d’une société qui n’est plus et l’'ébauche d’une 
société qui n'est pas encore. 

Parce que la tribune aux harangues regorge de Démos- 
thènes, parce que les rostres sont encombrés de Cicérons, 
parce que nous avons trop de Mirabeaux, ce n’est pas une 
raison pour que nous n'ayons pas, dans quelque coin 
obscur, un poète. 

Il est donc tout simple, quel que soit le tumulte de la 
place publique, que l'Art persiste, que l’Art s’entête, que 
l'Art reste fidèle à lui-même, /exax propositi.….. » 


Eh bien! que l'Art mis au service de la Science et que 
la Science de la Nature maîtresse de l'Art, Vatura artis 
magistra, comme disaient les Artistes Hollandais du 
XVIII siècle, persistent et s’entêtent, acceptant une pro- 
gression très lente sans doute, mais tout au moins un mou- 
vement valant mieux que l’immobilité. 

Alors essayons de mettre au jour ce fascicule quator- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE li 


zième, malgré la lacune qui constitue dans l’ordre des 
Planches une sérieuse irrégularité. 

L'étude sur les Castnia, objet de l'effort le plus labo- 
rieux et le mieux entendu de M. le Professeur Houlbert, 
aurait dû paraître avant la Révision des Espèces du Genre 
Actinote. 

Mais si les Planches coloriées destinées à illustrer la 
Monographie des Castnia sont presque toutes terminées, — 
et de façon à faire le plus grand honneur à M. J. Culot et 
à M”° Juliette Millo, sa fille, l’un et l’autre artistes aussi 
habiles que consciencieux, — les nombreuses reproduc- 
tions photographiques des illustrations diverses des Castria 
par les anciens Auteurs, sont loin d’être mises au point. 

M. Houlbert a voulu traiter le sujet si intéressant dont 
il a entrepris d'écrire l’histoire, suivant une méthode qui 
m'a paru constituer un remarquable progrès sur tous les 
modes de travail usités jusqu’à ce jour dans l’'Entomologie. 
Pour que l'œuvre de mon savant ami paraisse dans sa 
complète ampleur, il faut que le texte soit accompagné de 
tous les clichés photographiques dont l'utilité s’est révélée. 


Pour produire ces clichés, il faut des photographes et 
j'ai déjà dit que c’est aux armées que presque tous les 
nôtres remplissent actuellement leur glorieux et périlleux 
devoir. 

Dès lors, la production des clichés très ralentie oblige 


à reporter à plus tard la publication d’un livre qu'il me 
tarde pourtant de mettre au jour. 


Il y a aussi l'étude sur les Aegerüdæ de M. Ferd. Le 
Cerf qui attend, pour paraitre, que quelques lacunes 
soient comblées. Entre autres, les spécimens uniques et 
irremplaçables envoyés à M. J. Culot, pour servir de 
modèle à des Planches nouvelles, viennent seulement, et 


i 2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





après un délai trouvé par nous bien long, de lui parvenir. 
On comprendra, sans que Jj'insiste sur ce sujet, à quelles 
difficultés et à quelles préoccupations les Editeurs de 
hvres scientifiques sont exposés du fait de la guerre. 
Quoi qu'il en soit, je fais appel à l’indulgence de mes 
amis. Pour le moment, l'essentiel est que, sur cette terre 
de France où la plus noble des causes a trouvé tant de 
vaillants défenseurs, l'Art au service de la Science et la 
Science servie par l'Art persistent, s'entêtent et restent 
fidèles à eux-mêmes, comme Victor Hugo l'a dit si élo- 
quemment dans les lignes ci-dessus rapportées. 


Rennes, Juillet 1917. 


CuarLes OBERTHUR. 








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Contributions 
à l’histoire de la LYCAENA ARGUS 


et des Formes, Races 


et Espèces qui y étaient jusqu'ici rattachées. 


Comme suite aux Considérations sur plusieurs Espèces de 
Lycæna imprimées aux pages 453 à 520 du Volume XII des 
Etudes de Lépidoptérologie comparée paru en 1916, mes savants 
amis MM. les D" Jaques Reverdin, de Genève, Courvoisier, de 
Bâle, T. A. Chapman, de Reigate, ont bien voulu écrire les obser- 
vations qu’on lira plus loin avec tout l’intérêt que méritent des 
travaux s1 autorisés. 

Cependant la question n’est pas encore close. J'espère pouvoir 
ajouter plus tard des documents biologiques pour lesquels Je 
compte sur le concours très obligeant et expérimenté de M. Harold 
Powell qui est avec moi ici, en ce moment. 

Ensemble nous avons déjà appris à connaître les œufs que la 
Lycæna Armoricana pond sur l’ajonc. Nous avons vu éclore la 
première chenille et nous espérons obtenir d’ici la fin du présent 
été, des renseignements exacts sur la vie évolutive de cette jolie 
Lycæna. Nous venons d’observer dans les landes de Monterfil, 
là où croît la bruyère rose (Æyica ciliaris), en mélange avec les 
ajoncs, quelques colonies assez nombreuses de papillons. Nous 
avons remarqué les petits essaims de mâles voltigeant au voisi- 
nage de certaines importantes fourmilières, pendant que les 
femelles nous ont paru vivre plus isolées, les unes par rapport 
aux autres, ne pas s'éloigner beaucoup du lieu qui les a vues naître 


16 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





et se fixer le soir, la tête en bas, sur les tiges de graminées où elles 
s’apprètaient à passer la nuit. 

Nous avons recueilli plusieurs exemplaires superbes dont les 
ailes, en dessous, sont très richement colorées. Sur le fond brun 
mordoré des ailes, les taches noires, la large bande submarginale 
orangée, les points marginaux métalliques se détachent vigou- 
reusement, se trouvant agréablement rehaussés par la série de 
chevrons blancs qui s'étend généralement aux ailes inférieures, 
entre les deux lignes de points noirs dont l’une surmonte la 
bande orangée. Vraiment le faciès de la Zycæna Armoricana est 
bien différent de l’aspect que présentent toutes les formes voi- 
sines encore aujourd’hui ratttachées à A7gus. 

Comme une nouvelle éclosion de l’imago se fait en août et 
septembre, nous ne cesserons guère, d’ici quelques semaines, de 
nous tenir en contact avec la Zycæna Armoricana, tout au moins 
dans l’un ou l’autre de ses divers états. 

Je convie d’ailleurs tous mes amis Entomologistes à collaborer 
à la question si intéressante de l’étude de la biologie et de la 
distinction spécifique des Zycæna myrmécophiles. 

À Genève notamment, il me paraît qu’il serait aisé de réaliser 
pour la Zycæna de Versoix (Aegus, Chapman) des observations 
analogues à celles que pour Armoricana, M. Powell et moi, nous 
nous efforcerons de mener à bonne fin, dans le pays breton. 


Monterfil, 10 juillet 1917. 


Charles OBERTHÜR, 


I. — Note sur l’armure génitale mâle 


chez LYCAENA ARGUS L. et ses variétés 


Par le Docteur Jaques REVERDIN. 


À la fin de juillet 1916, mon ami Charles Oberthür m'’écri- 
vait : « À propos de papillons, j'aimerais avoir le cœur net sur 
ce qui suit : La Lycæna Argus, de Rennes, et la Lycæna Argus, 
de Genève, sont-elles ou non, deux formes d’une même espèce 
ou deux espèces distinctes ? Voulez-vous me permettre de vous 
envoyer des Argus de Rennes pour faire la comparaison des 
genitalia ? » 

Il va sans dire que jJ’acceptai avec empressement cette propo- 
sition et je me mis à la besogne sans tarder. Les premiers résultats 
obtenus me firent constater des différences assez frappantes entre 
l’armure de Zigurica et celle d’Armoricana. Mais il était évident 
que je ne devais pas me borner à l’examen de ces deux formes 
et que la comparaison devait, au contraire, être étendue à toutes 
celles que je pourrais me procurer. 

Grâce à l’obligeance de plusieurs collègues, je pus avoir à ma 
disposition des exemplaires de nombreuses localités. De France, 
j'en reçus de Bretagne, de la Marne, des Hautes-Pyrénées, des 
Hautes et Basses-Alpes et de Corse; j'en possédais moi-même 
de l’Ain, de la Haute-Savoie, de la Savoie et de l’Isère. De 
Suisse, j'avais dans ma collection des Argus des environs de 
Genève, du Valais, plaine et montagne, et j'en reçus d’autres des 


2 


18 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





cantons de Berne, des Grisons et du Tessin; d’Italie, on m’envoya 
des exemplaires du Piémont (Valdieri, col de Tende, Mollière, 
Pré-St-Didier) et d’autres parties de l’Italie (Florence, Lucques, 
Avellino, Monti Albani, Abruzzes, Salzomaggiore, Valsassina et 
Valcamonico); d'Allemagne me vinrent des Argus de Nürem- 
berg et de Lychen, en Prusse Orientale; d'Autriche, de Fischa- 
mend et de Budafok, en Hongrie. Ma collection renfermait 
quelques exemplaires de l’Oural et de Laponie et 1l vint s’en 
ajouter d’autres de Suède ; enfin, comme Je n'avais en fait 
d’Ayrgus asiatiques que deux exemplaires de la var. Dschagatai, 
Gr. Gr., plusieurs collègues me cédèrent généreusement des Argus 
du Japon et de Juldus. Je dois tous ces dons à MM. Ch. Oberthür, 
Courvoisier, Fruhstorfer, Gelin, Périnet, Querci, Rehfous et Tu- 
rati, que Je remercie; c’est grâce à eux que Jj’ai eu la possibilité 
d’effectuer les recherches dont je vais donner les résultats. 

Dans le nombre des exempiaires qui m'ont servi se trouvent 
des représentants des variétés suivantes : A7woricana Oberthür, 
Ligurica (Oberthür) Courvoisier, Bellieri Oberthür, Alpina 
Berce, A7gulus Frey, Argellus Turati — Aberonica Verity, 
Nivea Courvoisier, Mira Verity, Insularis Leech, et Dschagatai 
Gr. Gr., sans compter Argus typique, soit des Alpes soit de la 
plaine. 

Le nombre des préparations de l’armure se monte à 103 et 
cela peut paraître exagéré; mais il faut savoir que chez les 
Lycæna qui m’occupent, il n’est pas facile de les bien réussir. 
Pour bien voir les différentes parties constituantes de l’armure, 
chez eux, 1l est nécessaire de la placer de face vue par son côté 
ventral, et non pas seulement de profil, car, dans cette dernière 
position, les détails échappent par le fait de superpositions. Or, 
dans sa situation normale, l’armure est concave du côté distal 
et pour placer la préparation de face, il est nécessaire de 
redresser la courbure, ce qui ne va pas toujours sans quelques 
brisures ; une autre difficulté chez Argus vient de ce que l’extré- 
mité des valves se replie souvent et l’on n’arrive pas toujours 
à l’étaler; on ne peut alors se rendre un compte exact de la 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 19 


denture qui se trouve en ce point. En examinant les figures de 
la Planche I, on verra que si, dans la Fig. 1, les deux valves 
sont en bonne situation, dans les Fig. 2 et 3, l’extrémité des 
valves gauches est repliée; dans la Fig. 1, l’extrémité droite de 
l’uncus est déformée par ie redressement. 

Il est donc nécessaire de faire un grand nombre de prépara- 
tions pour en avoir un nombre suffisant d’utilisables pour la 
comparaison, car 1l est bien évident que cette comparaison ne 
peut avoir de valeur que si elle porte sur de bonnes et nombreuses 
préparations. 

C’est la raison qui m’empêche de me prononcer sur la forme 
de Corse Bellieri et sur celle du Japon /nsularis; je n’ai pas eu 
assez d'exemplaires à ma disposition pour avoir des préparations 
réussies de ces formes; quant à Planorum, je n’en ai pas eu du 
tout, à moins que Dschagatai ne lui appartienne, ce que j'ignore. 

Pour le moment je ne suis en mesure de donner mon opinion 
formelle que sur les autres formes, en particulier sur Argus des 
Alpes, Armoricana et Ligurica; quand je dis Argus, des Alpes, 
c’est simplement parce que chacun comprendra de quoi il s’agit; 
mais cet Argus n’habite pas exclusivement les Alpes ; on le 
rencontre aux Pyrénées et aussi dans quelques localités de la 
plaine; je donnerai du reste la liste complète des exemplaires 


utilisés pour les préparations avec leurs localités. 


Voyons maintenant comment sont constituées les armures géni1- 
tales mâles chez ces trois formes et quelles sont les différences 
qui les distinguent les unes des autres. 

Chez les Zycæna, comme chez les Lépidoptères en général, 
l’armure se compose des pièces suivantes : une pièce dorsale, 
deux pièces latérales du côté ventral, des connectifs qui relient 
les uns aux autres et l’ædeagus renfermant le pénis proprement 
dit, formé par la terminaison du canal déférent. Chez les Z'ycæna, 
on trouve une pièce particulière en forme de fourche placée entre 
les connectifs du côté ventral de l’armure, c’est la furca des 
auteurs anglais, 


| 
20 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


La pièce dorsale est formée de deux parties, l’une appartenant 
au neuvième segment abdominal, c’est le tegmen, et la seconde 
au dixième segment, on la nomme uncus; chez les Zycæna dont 
je m'occupe, l’uncus est bifurqué et se divise en deux parties ter- 
minées en pointe mousse. L’uncus est ordinairement pourvu de 

deux appendices que 

Le l’on a pris longtemps 

Ti pour le scaphium de 
Gosse, jusqu’au moment 
où Chapman a montré 
que c'étaituurneteRrettE 
Cet auteur a remplacé 
la désignation erronée 
de scaphium par celle 
de gnathos ; de mon 
côté J'ai proposé le 
terme d’apophyses laté- 
rales de l’uncus qui a 
l’avantage de ne pas 
préjuger de leur forme, 
laquelle est assez va- 


riable suivant les espèces 





et les genres ; enfin, 


Fi16. 1. — L'armure mâle chez Lycœna Argus, Bethune Baker les ap- 
sauf les valves qui ont été enlevées : 

1. Uncus. pelle, chez les Zycæna, 
2, Apophyses latérales (Gnathos, Falces). 
are k falces. Ces apophyses 
4. Connectifs de iecerf (Cingula). ’ ñ 
5. Ædœagus (Penis sheath). latérales de l’uncus ont, 
6. Furca. 
7. Commissure postérieure des connectifs; le saccus chez Argus, la forme de 


ne se voit pas du côté ventral. 
deux longs crochets re- 


courbés, insérés à la base de l’uncus, et terminés par une extré- 
mité libre pourvue d’un petit crochet aigu. 

En comparant l’uncus et ses apophyses latérales chez les trois 
formes que nous étudions, nous voyons que les deux moitiés de 
l’uncus bifurqué sont sensiblement pareilles quant à leur forme 
chez toutes trois, mais que, chez ZLigurica, elles sont manifeste- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 21 


ment plus longues que chez les deux autres; ceux-c1 ne semblent 
pas différer entre eux sous ce rapport. 

Les apophyses latérales sont nettement différentes, chez Zigu- 
rica, de ce qu’elles sont chez Argus et Armoricana; chez tous 
trois, elles sont formées de deux branches réunies par une partie 
courbe; la branche qui s’insère à l’uncus est la plus courte et 
celle qui se termine par une extrémité libre, plus longue; on voit 
immédiatement que, chez Ligurica, la branche libre est beaucoup 
plus longue que chez les deux autres; on peut mesurer l’impor- 
tance de cette différence de la façon suivante (Fig. 3 et 4) : avec 
un compas dont la branche pointue est placée au sommet de la 
courbe en & et celle qui porte le crayon au bord supérieur de 
l'insertion de la 1 
courte branche en 
b, on trace un arc 
de cercle bc; on 
voit alors que cet 
arc de cercle coupe 





la branche libre 


F1G. 2. — La valve droite ; 


plus loin de sa 1. Bord supérieur de la valve. —2. Bord inférieur de la valve. 


3. Concavité avant le peigne. — 4. Le peigne. 


pointe, chez Ligu- 
rica, que chez A7gus et que chez Armoricana; calculant la valeur 
de cette différence, je trouve que, chez Ligurica, la portion débor- 
dante de la branche libre équivaut à 43 % de sa longueur totale, 
et chez Argus à 24 % seulement. 

Une autre différence qui m’a immédiatement frappé en exa- 
minant mes préparations et la mensuration exacte de toutes celles 
qui s’y prêtaient, a démontré l'exactitude de mon observation; 
voici de quoi il s’agit : la longueur de l’uncus, relativement à la 
longueur totale de l’armure vue de face, n’est pas la même dans 
les trois formes d’Argus. J'ai mesuré sous ce rapport 11 prépa- 
rations d’A7gus, 7 d’'Armoricana et 6 de Ligurica; en calculant 
les moyennes, les résultats obtenus sont les suivants : la longueur 
totale étant comptée 100, l’uncus mesure en moyenne 17,3 chez 
Argus, 10,1 chez Armoricana et 26,2 chez Ligurica. La longueur 


52 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





relative de l’uncus est donc un peu plus grande chez A7moricana 


que chez A7gus; elle l’est bien plus encore chez Zigurica ; il 





F1G. 3.— Uncus et apophyses 
latérales 
chez Lycœnu Argus. 


ressort des chiffres obtenus que, chez 
Ligurica, l’'uncus mesure plus du quart 
de la longueur totale ; chez les deux 
autres moins du cinquième. Ces mensu- 
rations ne peuvent certainement pas 
prétendre à une exactitude mathéma- 
tique, puisque le redressement de la 
courbure expose à des déformations qui 
varient d’une préparation à l’autre, et 
il y aurait intérêt à les multiplier ; 
néanmoins 1l ne reste aucun doute sur 
le fait même. 

Passons à l’examen des valves. Leur 


forme générale est, à bien peu de chose 


près, la même chez les trois papillons; elles semblent pourtant 


légèrement plus allongées chez Ayrworicana (PI. I, Fig. 3) que 


chez 41722 AErE 


courtes chez Zigurica 


1), plus 
CET 


Fig. 2) que chez les deux autres; 
ces différences sont trop minimes 
pour avoir une valeur réelle, car 
il faut tenir compte des variations 
individuelles et de l’orientation 
des préparations qui ne peut 
être toujours absolument 1iden- 
tique. 

Une autre différence, qui me 
semble évidente et suffisamment 
accusée pour avoir de l’impor- 
tance, s’observe dans le peigne de 





a 


F1G. 4 — Uncus et apophyses latérales 
chez Lycæna Ligurica. 


Chapman. L’extrémité externe de la valve présente deux parties 
saillantes, l’une, en bas, plus ou moins arrondie et mousse, et 


A . . ; , 
une autre, du côté supérieur, munie sur son bord d’une rangée 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 23 





de petites dents; c’est à cette dernière partie que Chapman a 
donné le nom de peigne. Le bord denté du peigne est perpendi- 
culaire à l’axe de la valve; il est presque rectiligne chez Argus 
(REA Frs, da), convexe, chez Armortcana (PI, IT Fig. 314); 
chez Ligurica (PI IL Fig. 2 a) il est rectiligne et plus court 
que chez les deux autres papillons. De plus, le bord supérieur 
de la valve présente, avant l’angle qu’il forme avec le peigne, 
une concavité profonde chez Armoricana (PI. II, Fig. 3 a), moins 
profonde chez A7gus (PL II, Fig. 1 a), et encore moins chez 
Lisurica (PI. Il, Fig. 2 a). 

La direction du bord denté et de son angle inférieur est diffé- 
rente aussi chez les trois papillons, comme on s’en rendra compte 
facilement en examinant les figures, de sorte que les trois types 
se différencient nettement sous ce rapport comme sous ceux que 
j'ai relevés. 

Quant au nombre des dents dont est muni le peigne, ce nombre 
étant variable d’un individu à l’autre, il faudrait un très grand 
nombre de préparations pour savoir s’il existe une différence 
constante sous ce rapport entre les trois formes. 

L'ædeagus (Fig. 1) et (PI I, Fig. 1, 2 et 3) est notablement 
plus long chez Zigurica que chez Argus et chez Armoricana; je 


ne trouve pas de différence entre ces deux derniers. 


Je crois donc pouvoir conclure maintenant que les caractères 
de l’armure sont différents chez Argus, Armoricana et Ligurica 
et que Ligurica est plus différent des deux autres qu’ils ne le 
sont entre eux. 

Ces différences anatomiques sont-elles suffisantes pour affirmer 
que ces trois papillons sont autant d’unités spécifiques dis 
tinctes? Je suis disposé à le croire, mais cependant j’expliquerai 
tout à l’heure pourquoi ce n’est pas sans réserves. 


Voici maintenant la liste des exemplaires qui ont servi aux 
préparations, avec l'indication de leur localité; J'ajoute que le 
plus souvent un plus ou moins grand nombre d’exemplaires de 
la même provenance ont été préparés. Cette liste est divisée en 


24 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


séries ayant comme en-tête l’indication de la forme dont elles 
possèdent l’armure. 


LISTE DES EXEMPLAIRES PRÉPARÉS 


A7gus. 


France : Salins (Savoie), La Grave (Hautes-Alpes), Digne, 
Enchastrayes (Basses-Alpes), Cautarets (Hautes-Pyré- 
nées ). 

Suisse : Hermance, Allondon (Canton de Genève), Martigny, 
Saillon, Forêt de Finges, Arolla, Gemmi, Grund, La- 
quinthal, Algaby, Alpienalp, Randa, Taeschalp, Zermatt, 
Huhten (Canton du Valais), Gasternthal (Canton de 
Berne), Celerina (Canton des Grisons), Solduno, Locarno, 
Fusio, Val Blenio (Canton du Tessin). 

Italie : Baveno, Valdieri, Col de Tende, Pré-Saint-Didier, 
Valsassina (Primaluna), Valcamonico (Oglo), Salzomag- 
giore, Lucca, Avellino. 

Allemagne : Nüremberg, Lychen (Prusse orientale), Waid- 
bruck. 

Autriche : Ofenpass, Lana. 

Russie : Oural central. 

Suède : Laponie septentrionale, Ile Gotland, Skaralide. 

Turkestan. 


Ligurica. 


France : Sillery (Marne), Divonne (Ain), Tougues, Pied du 
Grand-Salève (Haute-Savoie), Allevard, Uriage (Isère). 

Suisse : Versoix, Allondon (Canton de Genève), Oria 
(Tessin). 

Italie : Florence, Abruzzes, Monti Albani. 

Autriche : Fischamend (Basse-Autriche), Budafok (Hon- 
grie). 

Asie : Fort Narine (Turkestan), Juldus. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 25 





Ayrmoricana : Ille-et-Vilaine. 
Bellier: : Corse. 


Insularis : Japon. 


Il résulte de l'étude des préparations faites avec ces exem- 
plaires que les variétés se répartissent de la façon suivante, entre 
Argus et Ligurica : les variétés Alpina, Argulus, Argellus = À dbe- 
tonica et Nivea appartiennent à A7gus; les variétés Mira, Dscha- 
gatai et peut-être /nsularis appartiennent à Zigurica. 

En ce qui concerne Bellier: et Insularis, voici ce que J'ai cons- 
taté en examinant les trop peu nombreuses préparations que J'en 
ai pu faire : Bellieri possède un uncus et des apophyses latérales 
semblables à ceux d’A7gus, mais son peigne est différent du 
sien ; le bord du peigne est vertical et rectilhigne et ne porte que 
7 à 9 dents; celles-ci sont plus développées que chez Argus; le 
bord supérieur de la valve est moins concave avant le peigne 
que chez A7gus. 

Insularis a une armure qui ressemble beaucoup à celle de 
Ligurica, son peigne en particulier est semblable au sien, sauf 
que la concavité du bord supérieur de la valve est moins accusée; 
d’autre part, ses apophyses latérales, tout en étant plus longues 
que chez A7gus, sont cependant moins longues que chez Ligurica 
dans leur partie libre. Ces différences semblent bien indiquer 
qu’/nsularis est une forme distincte, mais le nombre de mes pré- 
parations est trop minime et je dois rester dans le doute jusqu’à 
ce que je puisse contrôler la constance de ces différences, légères 
du reste. 

Quant à Vzivea, voici ce qui résulte de mes examens : j’ai reçu 
des Mivea de la Forêt de Finges, que m'a envoyées Courvoisier 
lui-même, donc authentiques, et d’autres papillons, avec cette 
désignation, de Turati, ceux-ci provenant des Abruzzes et des 
Monti Albani; or les premiers ont l’armure d’Aygus et les 
seconds celle de Zigurica; ni chez les uns, ni chez les autres Je 


n'ai découvert le moindre caractère particulier; pour cette raison 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


D 
© 








Je suis obligé de suspendre mon appréciation relativement à cette 
variété, comme pour Bellier: et Insularis. Je ne parle que du point 
de vue anatomique; car, en ce qui regarde Bellieri, ses caractères 
comme papillon sont assez particuliers pour me faire pencher en 
faveur de sa spécñcité; elle ne m'est pas démontrée anatomi- 
quement, c’est tout ce que Je puis en dire. 

Mon collègue Courvoisier, à qui j'ai demandé de faire l’examen 
des écailles androconiales de ces papillons — (et 1l possède une 
compétence connue pour cet examen) — a bien voulu s’en charger; 
il m'a donné les conclusions suivantes de son travail : Argus — 
Argyrognomon = Idas se décomposerait, d’après la forme des 
écailles androconiales, le nombre de leurs lignes et des points de 
ces lignes, en sept espèces distinctes; deux de ces espèces ont été 
déjà séparées par lui; ce sont /rsularis et Planorum; les cinq 
autres sont : /das, Ligurica, Bellieri, Nivea et Armoricana. 

Êt maintenant une question se pose : sommes-nous autorisés 
à regarder les différences notées entre les armures et les andro- 
conies comme suffisantes pour en conclure à des unités spécifiques 
distinctes ? 11 ne me semble pas qu’il en soit ainsi, étant donné 
que les différences portent plutôt, en ce qui concerne l’armure, 
sur les proportions relatives des parties que sur leur forme et 
que, d’autre part, la forme et les autres caractères des écailles 
androconiales varient, dans de certaines limites, 1l est vrai, soit 
dans la même espèce, soit dans un même exemplaire; dans le cas 
particulier d’Argus et de ses variétés, les différences de forme 
des androconies ne sont pas très grandes. Dans ces conditions, 
ne doit-on pas se demander s’il ne s’agit pas simplement de 
formes locales, de variétés plutôt que d’espèces distinctes ? Il ne 
me semble pas que nous puissions aujourd’hui trancher cette 
question avec les seules données anatomiques. | 

En effet, je crois que l’étude de l’armure ne permet de con- 
clure avec certitude à une distinction spécifique, que lorsque les 
différences de forme sont assez grandes pour que l’accouplement 
fertile soit jugé impossible; encore, dans ces cas, les tendances 
personnelles de l’auteur ont une part dans son jugement. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 2 





Quant aux écailles androconiales, il faudrait avoir démontré : 
1° que ces écailles ont bien pour fonction de disséminer une subs- 
tance odorante; 2° que réellement cette substance odorante attire 
les femelles et favorise l’accouplement; 3° que, par conséquent, 
1l doit y avoir pour chaque espèce une substance odorante spéci- 
fique; alors seulement on pourrait peut-être conclure de la diffé- 
rence de forme des écailles androconiales à une différence spéci- 
fique entre les papillons qui les possèdent. On voit quelle série 
d’hypothèses doit être démontrée valable, faute de quoi tout 
l’édifice croule. Ces hypothèses sont-elles démontrées justes, en 
ce qui concerne les Zycæna? je ne le sache pas et, jusqu’à de 
nouvelles conquêtes dans ce domaine, je pense pour ma part 
qu’une conclusion affirmative n’est pas possible sans l’appui des 
données biologiques. 

Je conclus donc à une probabilité, mais non à une certitude, 
et je dis : l'espèce linnéenne Argus doit probablement se décom- 
poser en plusieurs unités spécihiques distinctes, l'étude des geni- 
talia me semble permettre de supposer que : Argus, Armoricana 


et Ligurica doivent être séparés en espèces distinctes. 


Peut-on distinguer ces trois espèces autrement que par l'examen 
de leurs armures ou de leurs androconies ? Voyons ce qu’il en est. 

Armoricana se reconnaît en général facilement à la coloration 
de son revers gris et beaucoup plus foncé que celui d’A7gus; 
mais comme on peut rencontrer des A7gus qui présentent par 
exception un revers de cette coloration foncée, il est nécessaire, 
pour avoir une certitude, de connaître la provenance de l’exem- 
plaire. Je me demande à ce propos si les papillons du Tessin 
qu'Oberthür fait rentrer dans Armoricana ne sont pas plutôt de 
ces Argus exceptionnels à revers foncé que de vrais A7woricana; 
mais n'ayant pas vu ces exemplaires et ne connaissant pas leurs 
caractères anatomiques, je ne dis ceci qu’avec réserves expresses. 

La forme des ailes d'Armoricana est assez différente de celle 
d’Ayrgus; ses ailes antérieures sont plus étroites, plus allongées 


. . . \ 
et leur angle apical est un peu plus aigu, mais ces caractères ne 


28 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


sont pas absolument constants et d’ailleurs, comme 1ls ne peuvent 
s’apprécier que par l’examen de séries un peu nombreuses, 1ls 
n’ont que peu de valeur pour la diagnose d’un exemplaire en 
particulier. 

La distinction entre Argus et Ligurica est encore moins facile; 
J'ai eu la preuve que les Eépidoptérologistes les plus compétents 
peuvent s’y tromper. J'ai, pour ma part, cherché à me mettre au 
clair sur cette question de la diagnose de Zigurica et, cependant, 
plus d’une fois, la préparation de l’armure m’a convaincu 
d’erreur ; je n’aurais jamais soupçonné que Dschagatai, par 
exemple, appartint à Zzgurica, si je n’avais pas vu son armure 
male, semblable à la sienne. 


Tout ce que je puis dire, c’est que certains caractères particu- 
liers s’observent souvent chez Ligurica, mais en ajoutant immé- 
diatement que trop d’exceptions se rencontrent pour que leur 


présence ou leur absence permette une diagnose sûre. 


Voici les caractères particuliers que j'ai trouvés fréquents, 
mais non constants, chez Ligurica : 1° la forme générale des ailes 
antérieures plus large, celle du bord externe plus convexe, surtout 
au voisinage de l’apex, que chez A7gus,; 2° l’existence d’une série 
complète de lunules jaunes sur le revers des aïles postérieures 
d’un bord à l’autre; ces lunules ne sont pas, comme c’est fré- 
quemment le cas chez d’autres formes, chez A7gus en particulier, 
absentes ou effacées au voisinage de l’apex; elles sont d’un jaune 
rougeâtre en général et non jaunâtre pâle. Mais il y a encore des 

exceptions à cette règle; chez Dschagatai, qui a pourtant l’armure 

de Zigurica,; la forme des ailes n’est point celle que je viens 
d'indiquer, si j'en juge par les deux exemplaires que je dois à 
Ch. Oberthür et qui lui venaient de Grum lui-même. 


La question de diagnose reste donc ouverte et le restera proba- 
blement longtemps encore; c’est une raison de plus pour sus- 
pendre le jugement et faire des réserves sur les conclusions que 
l’on peut baser sur l’étude anatomique. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 29 





Je voudrais en terminant dire quelques mots sur la distribution 
d’Ayrgus, de Ligurica et d’Armoricana. 


Argus, on le sait, est généralement abondant dans les Alpes et 
répandu sur des territoires de grande étendue; je l’ai partout 
rencontré dans les montagnes du Valais et partout en nombreux 
exemplaires. Dans la plaine, sa distribution paraît plus loca- 
lisée; dans le canton de Genève, je ne l’ai pris qu’à l’Allondon 


et sur les bords de la rivière l’Hermance et pas ailleurs Jusqu’ici. 


Ligurica se rencontre chez nous constamment en colonies res- 
treintes et étroitement localisées; j’en possède du vallon de la 
Versoix et de l'embouchure de l’Allondon, dans le Rhône, dans 
le canton de Genève, de Tougues et du pied du Grand Salève 
dans la Haute-Savoie et de Divonne dans l’Ain. 


Un fait qui peut avoir une certaine importance est le suivant : 
Ligurica se trouve à Tougues et, plus près d’Hermance, le long 
de la route qui relie ces deux localités, et jamais Je n’y ai vu 
voler A7gus, tandis que j'ai pris ce dernier, à l’exclusion de 
Ligurica, sur les bords de la rivière l’Hermance, à environ deux 
kilomètres de là. A l’Allondon, même remarque : Ligurica habite 
seul le voisinage de l’embouchure de la rivière dans le Rhône et 
à un kilomètre plus haut, vers le pont de l’Allondon, c’est Argus 
et Argus seul qui vole. Nulle part, je n’ai eu l’occasion de trouver 
les deux espèces en cohabitation, ni de prendre des exemplaires 
de transition entre les deux formes. Ces faits me semblent des 
arguments en faveur de la spécificité propre de Zigurica et 
d’A7gus. 

Quant à Ayrmoricana, je sais par Charles Oberthür qu’il se 
trouve en Bretagne, dans les environs de Rennes, établi lui aussi 
en colonies, et que ces colonies habitent des territoires limités; 
aucune autre forme d’Aygus n’habite la Bretagne, je crois. 


Il reste donc à connaître la biologie propre à chacune des 
formes pour être au clair. Tout ce que nous savons aujourd’hui 
est à reprendre à nouveaux frais, puisque l’on n’a pu tenir 


compte, dans ce qui en est connu jusqu'ici, des formes que l’on 


30 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


ignorait; nous ne savons par conséquent pas à laquelle appar- 
tiennent les données déjà acquises. Lorsque nous connaïîtrons la 
ponte, la plante ou les plantes nourricières, les caractères de l’œuf, 
de la chenille, de la chrysalide dans leurs détails comparatifs 
pour chaque forme, alors seulement nous pourrons savoir si, oui 
ou non, ces formes doivent être séparées en autant d’unités spé- 


cifiques distinctes. 


Genève, 28 février 1917. 


D° J. LE: REVERDIN. 


FIG: 
PIC: 


TG: 


FIG. 
FIG 


FIG 


PACE NADES PEANGEEES 


PLANCHE I. 


1. L’armure génitale mâle chez Zycæna Argus. 


L’armure génitale mâle chez Lycæna Ligurica. 


[S] 


3. L’armure génitale mâle chez Lycæna Armoricana. 


PLANCHE Il. 


14. La valve et son peigne chez Zycæna Argus. 
za. La valve et son peigne chez Lycæna Ligurica. 


. 34. La valve et son peigne chez Lycæna Armoricana. 





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Argus. 
Ligurica. 
Armoricana. 


PLANCHE I. 





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Ligurica. 


Ayrmoricana. 





II. — Opinion du D' Courvoisier 


M. le Professeur-Docteur Courvoisier, de Bâle, a adressé à son 
collègue, M. le Professeur-Docteur J. Reverdin, à Genève, la lettre 
suivante : 


« Basel, 2-II 1917. 
Geehrtester Herr College, 


Endlich bin ich so weit, dass ich Ihrem Wunsch entsprechen 
und Ihnen die Resultate meiner Untersuchungen der Andro- 
conien der verschiedenen /das (Argyrognomon) Formen mitteilen 
kann. 

Leider habe ich eine Sendung, die mir Herr Charles Oberthür 
schon am 12 Januar angekündigt hat, noch nicht erhalten. Er 
wollte mir noch einige Armoricana und Bellieri nebst verschie- 
denen andern Lycænen schicken. Ich glaube aber dass das 
Material das Sie mir gesandt haben, nebst einigem das ich bereits 
besass, zur Entscheidung der Frage genügt, welche Exemplare 
besondere Arten darstellen. 

In meiner Androconien Arbeit die Sie von mir erhalten haben 
und die ich auch an Herrn Oberthür schickte, habe ich schon 
mitgeteilt dass /#sularis Leech und Planorum Alph., die bisher 
als Varietäten von /das L. (Argyrognomon) galten, wegen ihrer 
abweichenden Androconien als gute Spezies gelten müssen. 
Die Abbildungen die ich gab, lassen darüber keinen Zweifel 
aufkommen. 

Jetzt bin ich in der Lage Ihnen Folgendes mitzuteilen : 

Die Zdas Exemplare aus unserer Gegend und aus Norddeut- 
schland, sowie die kleine Form des Wallis und vieler 
schweizerischer Alpentäler, die Frey beschrieben und A7gulus 


3 


34 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





genannt hat, haben alle die gleichen Androconien (S. beiliegende 
Zeichnung Fig. 2). 

Dagegen sind die Androconien der Formen A7moricana 
(Fig. 3), Bellieri (Fig. 4), Ligurica (Fig. 5) und Nivea mihi 
(Fig. 6) alle sowohl von denjenigen der Art /das, wie unter sich 
so verschieden, dass ich sie alle für besondere Arten halten 
muss. Sie werden wohl bei der Besichtigung meiner Figuren 
zur gleichen Ansicht gelangen. 

Vielleicht darf ich, da ich in franzôsischer Sprache (trotz 
meinem franzôsischen Namen) schlecht korrespondieren kann, 
Sie nun bitten, Herrn Oberthür die obigen Mitteilungen 
zukommen zu lassen, da Sie 1hm ja auch über Ihre Unter- 
suchungen der Genitalapparate der erwähnten Arten berichten 
werden. 

Hier môchte ich mir erlauben im Bezug auf den Namen 
Ligurica Folgendes zu sagen : Im Frühjahr 1910, sandte ich 
Herrn Oberthür ein Stück einer /das-Form, die ich in Anzahl 
am Luganersee gefangen hatte und die ich wegen ihrer eigentüm- 
lichen Beschaffenheit als eigene Form ZLigurica benannte. 
Diesen Namen teilte ich auch Herrn Oberthür mit. Kurz darauf 
publzierte ich auch den Namen in meiner Arbeit « Entdeckungs- 
reisen » (Ænt. Zeitschrift Stuttgart, 1010). 

Fast gleichzeitig erhielt ich von Herrn Oberthür sein Fasci- 
cule IV. Darin teilte er mit, er habe von « Jemand » unter dem 
Namen Zigurica eine eigentümliche Argus-Form erhalten und 
acceptiere nun diesen Namen. Er besprach diese Form ausführ- 
lich und bildete davon zahlreiche Exemplare verschiedener 
Provenienz ab. Ich sah daraus, dass er offenbar sich nicht mehr 
erinnerte, von mir Exemplar und Namen dieser Form erhalten 
zu haben. Natürlich schreibe ich das nicht um ein Prioritätsrecht 
geltend zu machen. Denn tatsächlich hat Herr Oberthür den 
Namen Zigurica zuerst publiziert und ich anerkenne unbedingt 
seine Prioritaät. Vielleicht interessiert er sich aber doch dafür, 
dass ich es war, der ihm die erste Zigurica von Cassarate am 
Luganersee zugesandt habe, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 35 





Sie haben mich auch gebeten darauf zu achten, ob die Andro- 
conien in verschiedenen Jahreszeiten, speziell bei Zigurica, 
varüeren. Ich habe keinen Unterschied gefunden. Auch bei 
T'hersites konnte ich den Unterschied, den Herr Ball bei dieser 
Spezies in verschiedenen Jahreszeiten gefunden haben vill, nicht 
bestaetigen, wie ich das in meiner Ihnen ebenfalls zugesandten 
T'hersites-Arbeit bereits mitgeteilt habe...…. COURVOISIER. » 


TRADUCTION FRANÇAISE 


« Bâle, 2-II 1917. 


Très honoré Collègue, 


Je suis enfin au point de pouvoir répondre à votre désir et 
vous communiquer les résultats de mes recherches des Andro- 
conies des diverses formes de Z/das (Argyrognomon). 

Malheureusement, je n’ai pas encore reçu un envoi que 
M. Charles Oberthür m’annonçait déjà le 12 janvier (*). Il voulait 
m'envoyer encore quelques Armoricana et Bellier: avec différents 
autres Zycæna : mais je crois que le matériel que vous m'avez 
envoyé suffit, avec ce que je possédais déjà, pour la décision de 
la question que dépeignent des exemplaires des spécialités spéci- 
fiques. 

Dans mon travail sur les Androconies que vous avez reçu de 
moi, et que j'ai aussi envoyé à M. Oberthür, J'ai déjà fait 
connaître que /nsularis Leech et Planorum Alph, considérés 
jusqu'ici comme des variétés de Zdas L. (Argyrognomon), 
doivent valoir comme bonnes espèces, à cause de la divergence 


—— ————____—_—————_—_—_—_— —_—"—…—"—"—…"—"—"—"—"—"—"—"—"—"—"—"—"—"——— 


(*) J'ai reçu, à la fin de février 1917, une lettre de M. le Prof. Dr Courvoisier 
m'annonçant l’arrivée à Bâle de mon envoi de /ycænides. Toutefois, cet envoi 
était « dans un état assez délabré et une partie des papillons avait bien souffert. » 
C’est toujours la guerre, hélas! — Ch, OBTER. 


36 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





des Androconies. Les figures que j'ai données ne laissent 
subsister aucun doute à ce sujet. 

Maintenant je suis en état de faire connaître ce qui suit : 

Les exemplaires /das de nos environs et du nord de l’Alle- 
magne, aussi bien que la petite forme du Valais et beaucoup des 
vallées des Alpes suisses, que Frey a décrits et appelés du nom 
Argulus, ont tous les mêmes Androconies (voir la Fig. 2 du 
dessin ci-annexé). 

Par contre, les Androconies des formes Ayrwmoricana (Fig. 3), 
Bellieri (Fig. 4), Ligurica (Fig. 5) et Nivea mihi (Fig. 6) sont 
tous différents aussi bien entre eux que les uns et les autres de 
l’espèce /das; c’est pourquoi je dois les tenir tous pour des 
espèces à part. 

Vous serez sans doute du même avis après inspection de mes 
figures. 

Comme je peux mal correspondre en langue française (*) 
(malgré mon nom français), je pourrais peut-être vous prier de 
vouloir bien faire tenir les communications ci-dessus exprimées 
à M. Oberthür, en le tenant au courant de vos recherches sur les 
appareils génitaux des espèces dont il est question. 

Maintenant je pourrais me permettre de dire ce qui suit, rela- 
tivement au nom Zigurica. Au printemps de l’année 1910, 
J'envoyais à M. Oberthür un exemplaire d’une forme d’/das que 
J'avais capturée en nombre auprès du lac de Lugano, et qu’à 
cause de sa constitution spéciale j'avais appelée comme forme 
distincte : Legurica. J'avais communiqué ce nom à M. Oberthür. 
Peu après, je publiais ce nom dans mon travail « Voyage de 
découverte » (Ent. Zeitschrift Stuttgart, 1910). 

Presque en même temps, je reçus de M. Oberthür son Fasci- 
cule IV. Il y faisait connaître qu’il avait reçu de « quelqu’un », 
sous le nom Zigurica, une forme spéciale d’A7gus et qu’il 
acceptait ce nom. I] discutait cette forme en détail et en figurait 





(*) Je sais, par expérience, que le Dr Courvoisier correspond très bien en 
français; dans la circonstance, il pèche par excès de modestie, — Ch. OBTHR. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 47 
de nombreux exemplaires de diverse provenance. Je vis là qu’il 
ne se souvenait évidemment plus d’avoir reçu de moi les exem- 
plaires et le nom de cette forme. Naturellement, je n’écris pas 
cela pour réclamer un droit de priorité. Car c’est réellement 
M. Oberthür qui a, le premier, publié le nom : ZLigurica, et je 
reconnais sa priorité sans contestation. Peut-être trouvera-t-1l 
cependant quelqu’intérêt à savoir que c'était moi celui qui lui 
avait envoyé le premier exemplaire de ZLigurica, de Cassarate, 
près du lac de Lugano. 

Vous m’avez prié de faire attention si les Androconies, spécia- 
lement chez Ligurica, varient dans les diverses saisons. Je n’ai 
trouvé aucune différence. Chez T'Aersites, je n’ai pas pu davan- 
tage confirmer la différence que M. Ball prétend avoir trouvée 
dans les diverses apparitions saisonnières de cette espèce, ainsi 
d’ailleurs que je l’ai déjà fait connaître dans mon travail sur 
T hersites que je vous ai pareillement envoyé... COURVOISIER. » 


Enfin, j'ai reçu directement de M. le Prof. D' Courvoisier une 
lettre datée de Bâle, 4 mars 1017, dont j’extrais ce qui suit : 


« Sie fragen mich was ich über die Formen Aywmoricana, 
Bellieri, Ligurica denke. Ich habe diese, ebenso wie meine Vivea 
längst für gute Arten gehalten, he die Androconien mir hierfür 
den Beweis lieferten. 

Was die von Ihnen erwähnte Form A/pina betrifft, so bin ich 
nicht ganz im Klaren was Sie darunter verstehen. Ich weiss nur 
von der Form A/pina, Berce, die der Autor selbst zu A7gus und 
nicht zu Aegon rechnet. Diese Form die nach der Original- 
beschreiburg unten stark weiss bepudert sein soll, habe ich in 
unsern Schweizer Alpen nie beobachtet. Die kleine, unten 
graugelbliche, meist mit kleinen Ocellen versehene Form der 
Walliser, Berner, Lessiner, Graubündner, und Tiroler Alpen 
(identisch mit Lapponica, Gerhdt) ist jedenfalls nicht A/fina, 
Berce, sondern Argulus, Frey. (Mittlgen d. schweiser. entomol. 


38 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Gesellschaft, 1882). Diese Form aber hat die gleichen, nur 
kleineren Androconien wie unser gewühnlicher /4as, ist also eine 
alpine Form desselben. » 


Voici la traduction française : 


« Vous me demandez ce que je pense à propos des formes 
Armoricana, Bellieri, Ligurica. Je les ai depuis longtemps tenues 
pour de bonnes espèces, aussi bien que ma Vivea, avant même 
que les Androconies ne m’en aient fourni la preuve. 

En ce qui concerne la forme mentionnée par vous comme 
Alpina, je ne vois pas clairement ce que vous entendez par là. 
J'ai seulement connaissance de la forme A/pina, Berce, que son 
auteur lui-même attribue à A7gus, non à Aegon. Cette forme qui, 
d’après la description originale, doit être fortement poudrée de 
blanc en dessous, je ne l’ai jamais observée dans nos Alpes 
suisses. La petite forme, en dessous gris jaunâtre, surtout munie 
de petits ocelles, venant des Alpes du Valais, de Berne, du Tessin, 
des Grisons et du Tyrol (identique à Zapponica, Gerhdt), en 
tout cas, ce n’est pas A/pina, Berce, mais Argulus, Frey. (Mittlgen 
d. schweizer. entomol. Gesellschaft, 1882). Cependant, cette 
forme a les mêmes Androconies, seulement plus petites, que notre 
ordinaire /das; elle n’est autre chose qu’une forme alpine du 
même. » 


Argus L. (Aegon). 
11-12 Rippen (1). 
11-13 Knôtchen, gross. 





Netze spärlich, fein. 


RER. Idas L. (Argyrognomon Bgstr.). 
Er LE) — 10-11 Rippen. 
ei ss 10 Knôütchen, gross. 

Netze mässig reichlich, fein. 


Armoricana Obthr. 
13-14 Rippen. 
12-13 Knôtchen, klein. 
Netze reichlich, stark. 





Pee RS. Bellieri Obthr. 
BA 


SOEUR » A , Ri 
ÉTAT ee EE 13-14 Rippen. 
LTÉE / 12-13 Knôtchen, klein. 


Netze reichlich, fein. 


ER Ligurica Counr- 
LÉ STE FN 13-14 Rippen. 


a 12-13 Knôtchen, klein. 
Ne LS Et se . 5 . . 
7 Netze mässig reichlich, fein. 
EEE 


Nivea Courv. 
13-14 Rippen. 
10-11 Knôtchen, gross. 
Netze reichlich, stark. 





(x) Rippen=Côtes; Knôtchen=Petit nœud; Netze= Réseaux; reichlich= 
abondant; spärlich—maigre; mässig—modérément; gross=grand; fein=fin; 
klein=petit; stark= fort. 










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III. — À new european LYCAENA 


Plebeius Argus (Ærgyrognomon) & Aegus, sp. nov. 


By T. A. CHAPMAN, M. D. 


M. Oberthür sent me specimens of some half dozen local races 
of Plebeius Argus (Argyrognomon) expressing his belief that 
they were not all one species and asking me to investigate 
whether any light could be thrown on the question by an exa- 
mination of the genital appendages, androcomia, etc. 

This I have done, mounting the appendages of some half a 
gross of examples, of M. Oberthür’s specimens and of others, 
and using also the preparations I had by me. I have to thank 
Messrs. Bethune-Baker, H. J. Turner, A. H. Jones and other 
friends for various specimens. 

The resulting conclusion I arrive at, so far as this particular 
enquiry goes, is that there are in his examples two very distinct 
species, one a species new to the European list and from a very 
restricted habitat, the others are local races of A7gus. T call 
this species Argus as that is the name adopted in the Zépidop- 
térologie comparée. Otherwise I should call it Argyrognomon, 
calling the species so long associated and confounded with it 
Aegon. One of these two should be called Argus, but till our 
authorities are agreed as to which it is, the only way to avoid 
confusion is to drop Argus and use names, though one of them 
must be wrong, that are free from ambiguity. This is no dis- 
loyalty to the law of priority, which I strenuously uphold, and 


42 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 
which in this case I will instantly obey, as soon as there is 
certainty as to what such obedience consists in. 

Before making the examination of the appendages, I thought 
that 1f there was a distinct species amongst the races to be 
examined, that was most likely to be the form A7woricanus, 
with its strong and bold markings, the exaggeration, compared 
with most other forms, of the red marginal markings, usually 
forming a continuous band and so on. 

This, however, proved not to be the case, the form that turned 
out to be distinct inhabits the country around Geneva, and is in 
fact closely related to, but probably not identical with Melissa, 
a North American form, and with the Argus of Sarepta, of the 
Amoor and Japan which have a many named forms, of which, 
I think, Wacrargus, Butl., is the oldest. There seem to be, at 
least the following forms that may fairly claim specific rank : 


Argus (Argyrognomon), Europe; 
Aegus, Geneva; 
Micrargus, China and Japan; 
Melissa, North America; 
(Scudderu, » pe 
My specimens, so named, are Melissa, 1 have probably not 
obtained true Scudder. 
Sareptensis, Sarepta, 
with not improbably others. 


I myself incline strongly to this opinion, and propose for the 
European form the name of Aegus (*). 

Argus and Aegus differ in the male ancillary appendages to 
a wide and unmistakeable degree. 

There is some variation in the case of Argus, in different indi- 


viduals and from different localities, these variations are trifling 





(*) One of the Allobroges, who inhabited the home of this species. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 43 


however compared with the differences between Argus and 
Aegus. They are fairly comparable with differences that 
I showed to exist in different forms and races of the allied 
species Aegon (Argus) in Plates À and B in the Proceedings 
of the Entomological Society of London for 1909. 

A specimen from Budapest, taken by M. Sheldon, which he 
has kindly allowed me to examine, proves to be Aegus; a notable 
extension to the habitat of this form. The falces of these species 
differ in a point that deserves mention. In A7gus, Aegus and 
Micrargus, the straight portion does not rapidly become thinner, 
but before the extremity is hollowed out on one side, so as to 
form a rather long open hook. In Melissa and Sareptensis, it 
tapers regularly and ends in a very small hook. (See photo- 
graphs.) 

The male genitalia of Argus have the dorsal hooks (falces) 
fairly broad and with a regular sweeping curve from their origin 
to where the last half becomes straighter, but not quite straight. 
The terminal toothed process (Xarpe) of the claspers has a 
marked angular bend at the neck, or one might say its dorsal 
margin is deeply recessed before the extremity, the teeth number 
9 to 12 varying in different individuals rather than in races 
and are much bolder than those of Aegus. 

In Aegus the hooks, falces, are more definitely angled before 
the straight portion is reached, and this straight portion, is a 
good deal longer than in A7guws and much more entitled to be 
called straight. 

The toothed end of the clasp, has very little of the recessed 
margin below the head. The teeth are very much smaller, rather 
more numerous than in Aygus, and with a much greater tendency 
to become evanescent at the lower end of the margin, so that 
counting them is difficult. The individual variations in the two 
species never approach each other near enough to suggest that 
further variation might bridge over the difference. 

I have not been able to detect any differences in the ædeagus, 
not having amongst my mounted specimens a sufficient number 


44 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





of cach, to be able to compare them in precisely the same aspect. 
Most of the photographs show the ædeagus in profile, when there 
is a slight bulbousnous seen just above the base, and below it 
the small remaining portion is narrowed and often paler, but the 
aspect 1s different when the view is dorsal (or ventral) for then 
the base beyond the position of the bulb (which is not then very 
distinct) spreads like an umbrella or lamp-shade, as may be seen 
in the photograph of A/pina (Pyrénées) (Fig. 1), in which 
example this spread portion happens to be unusually dark, 
another specimen of the same race, with the view in profile and 
no extra pigment present looks just like ordinary examples from 
Switzerland and elsewhere. 

The lateral dorsal processes, beyond the falces are slightiy, but 
distinctly longer and narrower in Aegus than in A7gus. 

The Asiatic and American forms seem to be distinct from 
Aegus, to an extent sufficient to make them distinctive specific 
forms. 

Melissa is distinguished by the straight portion of the falces 
being very long and very slender. 

The Japanese forms have falces more like those of Aegus, as 
have specimens from the Amoor (both hill and valley) but have 
the toothed end of the clasp much wider. 

Curiously enough a specimen from Sarepta has the long dorsal 
processes and long slender falces of Melissa, but the broad 
harpe of the Japanese form (Wicrargus). 

Aster (Labrador) does not differ to a spechñc extent from 
Melissa. 

It may be desirable to say a word or two as to the variation 
in the appendages of Argus. The falces vary in thickness, for 
example a specimen from Pontresina (Fig. 6) has them very 
slender, in other specimens from the same locality they are of 
the usual thickness. The width of the dorsal armature varies, 
as pressed flat in my preparations, for instance as so measured 
the width varies from 0.53 mm. (in a specimen of var. Bellieri) 
through 0.56 (specimen from Digne and Guethary) to 0.63 (Swiss, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 45 





var. Armoricanus, and var. Alpina, Pyrénées), to 0.66 (in speci- 
mens from Allos and Switzerland). Slight differences appa- 
rently exist in the side processes of the dorsal armature, these 
are so soft as to vary under different aspects and pressures so 
that any measurements are unreliable, and the differences are 
therefore doubtful. 

It may be noted that the darkness of the Figs. 10, 11 and 12 
is photographic, the preparations are of similar pale chitinous 
colour as the others. ; 

The number of teeth varies very much, or perhaps rather the 
teeth that are well developed may be the whole set, or may be 
perhaps two-thirds of them, the remainder being small or even 
too small to be counted. I cannot correlate these variations witk 
any race or variety —— e. g. Armoricanus may have 10 to 13 teeth, 
Alpina (Digne) 10 to 14; Alpina (Pyrenees) 7 to 12. À specimen 
from Saas-Fee has 10 without evanescent ones. Var. Nivea 
(Pfynwald, etc.) has 11, 12 or 13, sometimes with and sometimes 
without an evanescent tail. 

In the Aegus section, we may take the falces as fairly defining 
the species. The simplest measurement seems to be the length 
of the straight portion from the lowest point of the curve or 
bend. As compared with A7gus with a length of 0.4 mm., we 
find Micrargus (Amoor, Japan) with a length of 0.53, Melissa 
(America [and Sarepta]), 0.56 and Aegus (Geneva) of 0.63 mm. 

In Micrargus, the straight piece is not quite so straight as in 
the others, and, as in Aegus, it is fairly robust, in Melissa and 
in Sareptensis it is much more slender and very straight, so that 
it looks very long though not really as long as in Aegus. In 
Melissa the soft processes are more slender than in Aegus and 
Micrargus, and still more so in Sareptensis. 

In Aegus and Micrargus, the angle below the end of the clasp 
so pronounced in Argus just exists, and the teeth are small and 
numerous, 16 to 20; in Melissa and Sareptensis the teeth are 
still smaller. 


In Micrargus the toothed extremity is not only without appre- 


46 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 














ciable angle, but is very short and very broad, at least as broad 
as in A7gus, whilst in Melissa it is narrow and even narrower in 
A egus. 

The width across the base of the teeth 1s in A7gws, 0.10 mm.; 
Micrargus, 0.2; Melissa, 0.16; Aegus and Sareptensis, O.13. 

The specimens are mounted as nearly as may be in the same 
manner, with special reference to giving a dorsal view of the 
dorsal armature and displaying the dentate end of the clasp, 
they are all pressed flat so as to be easily photographed, the 
photographs are by Mr. F. N. Clarke. 

The evidence of the androconia is strongly in favour of 
Plebeius Aegus being one species and all the other European 
forms of A7gus being another. It is perhaps not quite decisive 
for this reason that in both Aegws and A7gus there is consi- 
derable variation. 

The typical form in Aegus is a circular outline with a long 
shaft. In Argus the outline is rather quadrilateral with two more 
or less straight sides, narrowing basally and more or less rounded 
ends and a shañft rather shorter than in Aegus. Aegus varies a 
little in the Aygus direction but really very little, but Argus 
varies very much so that some specimens are, judging by axdro- 
conta only, doubtful. These variations in A7gus do not afford 
any material for further dividing it into races or species, since, 
for example, a number of specimens from one locality, Val Veni 
(Courmayeur) afforded as great a range of forms, as occurs 
throughout the species. See Figs. 57 and 56, Androconia of 
Aegus and of A7gus, var. Armoricanus. 

The androconia of the American and Asiatic species agree 
very closely with those of Aegus. 

I have not been able to detect any differences in the female 
appendages, to which I can attach specific value. In neither 
form (Argus and Aegus) is there any definite terminal plate to 
the rein (heina), in both there is a slight irregular longitudinal 
line of chitin along the ductus, opposite about the middle of 
the rein, the amount of this varies a little in individuals. In 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 47 





some specimens, the wall of the rein is chitinised for about the 
terminal half, here again there is individual and not specific 
variation; for example in three specimens from Val Veni (Cour- 
mayeur), one has the faintest tinting, one has a fair amount 
and the third is darkly chitinised. 

These variations are illustrated in Figs. 37 to 42. 

Apart from the appendages, Aegus can be separated from all 
races of A7gus by the following points, and there are probably 
others that have escaped me, as I am not adept at descriptions 
of imagines. The marginal row of spots (or ocell:) on the 
underside consists of a series, each of which has a central black 
spot (with metallic centre in some of those on the hind wing), 
round this is a circle, orange basally, uncoloured marginally, 
basal to this again is a row of black spots that may be regarded 
as a further circle, expressed only at this side of the ocellus. 
Each of these black spots of this inner row, has in Argus the 
angular outline of an arrowhead, in Aegus it is crescentic. It has 
in A7gus a sharp central point directed basally and at each end 
a sharp point directed distally and between these on its distal 
edge, it has an angular recess corresponding to the central point 
on its opposite margin. In Aegus the inner and outer marginal 
lines of each spot has a smooth regular curvature. This regular 
curvature of the outer margin of this row of spots in Aegus and 
its reentrant angle in Aygus is perhaps the most constant and 
characteristic feature in the form of these spots. In both species 
these spots vary a good deal in their size, intensity, and in 
showing these specific forms, but it is the case that Aegus never 
“has the angular outline except rarely on the basal side of some 
hind wing spots, never on the fore wing, and Argus never fails 
to show it in at least some of them and in many specimens the 
whole row shows the specific form, angular in the one species, 
crescentic in the other. I have spoken of the orange mark of 
each ocellus as a circle round the central black spot. It is 
however only orange on its basal side. The colour of the mar- 
ginal side differs in the two species. In Argus it is identical 


48 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 
with the ground colour of the rest of the wing, in Aegus it is 
more or less definitely white. This seems a very small and trivial 
point but it is very constant and is the difference between the 
two species that may be really depended upon. 

The orange marks take a definite part in the structure of these 
spots that differ so much in Aegus from Argus. In the latter it 
is either a series of separate spots or if, as is more usual, they 
are united to form a band, this band is very zig-zag, the points 
of the arrowheads reaching down towards the sides of the 
central spots of the ocelli. In Aegus it is a more continuous 
band, the flat arches of the inner row of black spots leaving its 
inner edge moderately straight. This is very evident in com- 
paring Aegus with such a well-marked form as Arwmoricanus, in 
which at first glance one is inclined to say the orange is much 
more a strong band than in Aegws, but though the colour is more 
intense and there may be as great or even a greater area of it, 
it has not so continuous an appearance as in Aegus and whilst 
a broad line could be drawn right along the band in Aegus, in 
Armoricanus the most slender line would have to wave up and 
down to avoid the black spots on either side of the orange band. 

These differences are well brought out in the photographs by 
Mr. Tonge, showing the undersides of specimens of A7mori- 
canus, of a fairly typical Argus from Le Lautaret and of Aegus. 

I do not propose to describe the American and Asiatic forms 
related to Aegzs but they agree generally in these differences 
and especially in the white submarginal line or band. 

These distinctions are based on male specimens, in the females 
the characters are less strongly defined. Females of Aegus may 
show a definite amount of arrowhead form of the black spots 
on the hind-wings, rarelv on the fore-wings, and in occasional 
specimens the marginal area (or line) that is white in Aegus, is 
pale in A7gus especially again on the hind-wing, so that one 
can almost call it white, though not quite of the clear white of 
Aegus. In both species and both sexes, the specific differences 
are less pronounced on the hind-wings than on the fore-wings, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 49 





and the hind-wings of some female A7gus, var. Armoricanus, 
have the orange band nearly as straight and clear as in Aegus. 

The marginal spots may be described as being in A7gus a row 
of definite and distinct ocelli, not difficult to recognise as such, 
but in Aegus the orange band is so broadened and straightened 
and the inner row of black spots so lifted up that to regard the 
spots as a series of ocells is much less easy. 

M. Oberthür has called this Genevan species, var. Ligurica 
and it becomes therefore necessary to enquire whether it 1s really 
entitled to the name. In the Zépidoptérologie comparée, Fasc. IV, 
M. Oberthür figures (Figs. 201, 292) two specimens from North 
China (and Manchuria) as Ligurica, these are of the Asiatic form 
that is probably not conspecific with the Genevan insect but is 
very closely related to it. He also figures (Figs. 203, 204) two 
specimens from Cernobbio which are with equal certainty Argus. 

We have here a valuable illustration of M. Oberthür’s law as 
to the necessity of a good figure. One may be as certain of what 
these specimens look like as if one had the actual specimens 
before us. Fig. 201 shows the pale border and the crescentic 
black spots, 203 has no pale border and the black marks have 
the definite arrowhead form, though not strongly marked. 
Following up Zigurica we find that it originated with Cour- 
voisier, who figured it in Zr15s, Vol. XXV, PL II, Fig. 1. This 
figure is more like the Genevan species than like Argus, but here 
we have to do with figures, not by Culot. The specimen is from 
Lugano and it is most highly probable that it is the same race 
as M. Oberthür’s figures of the specimen from Cernobbio and 
as I have from Locarno, and one from Lugano (Monte Bré) 
(which are almost identical with the Cernobbio figure), both of 
which are A7gus. 

Courvoisier’s figure is Genevan in the white border, but his 
next figure (Fig. 2) has also a white border. This is a specimen 
of Argus from the Pfynwald. Now I took a good series in the 
Pfynwald in 1913, which no doubt are of the form figured. They 
are large and pale (var, Nivea, Courv.) and when] first saw them 


4 


50 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





I thought I had got Zycidas since Asragalus exscapus was 
abundant at the spot where they occurred and was no doubt 
their food-plant. 

These specimens from Pfynwald, those I have from Locarno 
(and Reazzino), from the Lago di Garda, from Bex, and one 
from Lugano (Monte Bré), all agree in having very pale under- 
sides in some almost white, in having borders white or almost 
white to the hind-wings, pale but certainly not white, to the 
fore-wings, these specimens are all Argus, and seem to be abso- 
lutely the same as the forms shown in (both) Courvoisier’s 
figures, except that the artist has given a white border both to 
the fore-wings and to the hind. That this is a vagary of the 
artist (or lithographer) there can be little doubt, as the whole 
plate 1s of very inferior character, and in his descriptions Cour- 
voisier refers to the white area z#side the marginal spots in the 
case of var. Vivea (Pfynwald) only, but in neither to one out- 
side it. 

There is however one very curious point, and if there is any- 
thing in it, it makes all that TI have above said and what any 
one else, so far as I know, has said, quite beside the point, and 
that 1s that the figure 1s really very like Aegon, and the point 
I have just referred to, is, that the third spot of the basal series, 
is out of alignment with the others in a way that is frequent, 
though not perhaps normal in Aezon, but is much rarer in A7gus. 
The conclusion is that if it be Aegon, then Aegon and Argus 
have in this region forms that are closely alike, and unlike their 
more typical aspects, if it be Aygus, it is Argus and not Aegus. 

The position of the aberrant spot may be due to an error of 
the draughtsman or it may be correctly delineated, but this does 
not alter the conclusion that the figure, whatever it 15, 1s not 
Aegus. What it is can only be determined by an examination 
of the appendages. 

The figures of Argus in the 2oth Livraison of the Ezudes viz. 
Figures 52 to 58, and Calliopis, 64 and 65, belong to the Argus 
and not to the Aegus section, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 51 


The figures of Argus in the 4th Fascicule of the Zépidopté- 
rologie appear to belong to A7gus, except Figs. 291 and 202, 
Ayrgus-Aegina, Fig. 301, and A7gus-Insulanis, Figs. 305, 306, 
which belong to Micrargus. Argus Nevadensis, Figs. 250, 260, 
is puzzling, it looks most like Aegus, it may be A7gus, but 
I think it highly probable it is really Aegon, as there is so far 
as I know, no other record of Argus from Central or Southern 
Spain. 


It seems desirable to enquire whether Aegus is in any way 
related to Zephyrus (or Lycidas). 


Zephyrus differs from Aegus as regards the ancillary appen- 
dages in having the falces shorter and thicker, and in the harps 
of the claspers having very much finer teeth, being thus further 
from Argus. It also has a fold in the middle of the clasp, that 
is not present in either A7gus or Aegus. It is curious that 
Zephyrus from Greece, Turkey, and Spain and Zycidas from 
Switzerland agree very closely, but a specimen I have, labelled 
Armenia, has a harp with a longer narrower neck. Pylaon agrees 
very closely with Zepayrus, especially in the fold in the middle 
of the clasp, but the end of the harp is quite large and spathu- 
late, so much so, as in the absence of intermediates to be by itself 
a good specific character. Æ#rypilus (with a dark upper side 
in the G') is again very similar but has no duplication in the 
middle of the clasp and the neck of the harp is rather long and 
the head very narrow. Notwithstanding these apparent relations 
to Zephyrus, Eurypilus, as shewn by the ædeagus, is not a 
Plebeius, but a Polyommatus. 


The question arises as to whether, the three forms, Micrargus, 
Melissa and the European Genevan form Aegus are to be 
accepted as three distinct species, or as races of one species. 
Until we get a little more light on them, as by a comparison of 
life histories and early stages, it seems desirable to regard them 
as three species, since the differences in character of the ancillary 
appendages are more than may be taken to be varietal, and they 


52 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





differ in general factes, etc., sufficiently even to have been des- 
cribed, 1. e. the Asiatic forms, as a number of distinct species. 

The Genevan form therefore requires a name, a specific name, 
which will become a varietal one, 1f these several forms are finally 
determined to be all one species. In either case, it is certainly 
very remarkable that this species, which belongs to the Mzcrargus 
and not to the A7guws group of forms should exist in one res- 
tricted locality in Central Europe and not elsewhere throughout 
Europe. At Sarepta in South-East Russia, which may for fau- 
nistic purposes be regarded as rather Asiatic than European, the 
form may claim to be a distinct species and is certainly nearer 
as regards the appendages, to Melissa, than to Aegus or to 
Micrargus. 1 propose for it the name Sareptensis. 

À specimen from Geok Tepe in the Transcaucasus is the most 
intermediate specimen I have met with, between Argus and 
Aegus. The borders are almost white the black chevrons are 
arrowheaded, the male armature has the dorsal portion distinctly, 
almost typically A7gus, the extremity of the clasp is but shightly 
recessed at the upper margin; the teeth are small, nine or ten of 
fair size, but not so large as in Argus and half a dozen towards 
the lower end very small but large enough to count. The insect 
is no doubt A7gus, the most eastern I have seen. We may fairly 
say that it varies (under some eastern influence) in the same 
direction that had long previously established Aegus, Micrarçgus 
and Melissa. 

An examination of the series of A7gus at the British Museum 
gives the following results. Three forms happen to be accom- 
panied by mounted appendages, these are, Micrargus, Butler; 
Argiva, Str., and Roxana, Gr. Gr. these all have the Mzcrargus 
form. Micrargus is Japanese, the other two are Central Asian, 
they all have the white margin and judging by the same cha- 
racter the following named forms are probably of the same race 
and are all Central Asian : Bactriana, Gr. Gr.; Tomyris, Gr. Gr.; 
A laina, Str.; Orientalis, Leech: Barine, Leech, from Japan, would 
seem to belong to the same race; MWicrargus, Butler, being the 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 53 





oldest name (1873) of these, would seem to be the specific name 
they fall under. On the other hand, all the European forms 
have the dull-coloured border, from the Alps, Norway, La- 
pland, etc., and are all Argus. The new Genevan form is not 


represented. 


The specific characters may be tabulated as under : 


















MELissA 
ARGUS AEGUS and MICRARGUS 
SAREPTENSIS 











Submarginal line, underside. | Same colour White. 
as ground colour 
of wing. 







Black chevrons of marginal | Arrow-headed. Crescentic. 
ocelli. 









ATTATOCONAEe ee Parallel sided, Circular. 
square ended. 








Straighter and longer. 





Short & slightly 
curved. 





Terminal portion of falces.. 





















ÉBDASIOMEMSPS Ce re Angle below Straight. 
extremity. 
Mens tie Teeth larger. leeth smaller. 







Straight portion Of falces. |"... 7"... Narrow. Broad. 





Fairly robust. Slender. |Fairly robust. 






Geographical distribution .. Europe, District North Asia. 
one asiatic of Geneva. America 
locality : Buda-Pest. (Sarepta). 





Geok Tepe. 











b4 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





EXPLANATION OR PEATES 


PLANCHE lI. 
1. Plebetus Argus, Var Alpina l(PyrénÉES) 1 ee ee x 30 
» ») » ») (Digne) in Re SE Pre x 30 
Se » » » D M(GUÉTRAT) EEE A CREER x 30 
PEANCHEMT: 
4. Plebeius ArgUS, Nar. Armorncanus (Larillé)"..- ec x 30 
» » D» L Pelliert (COTSICA) ee RE TRE x 30 
6. » » (PontreSina) Re ere 030) 
PLANCGHEAULE 
7: PLebEUS  ATEUS NU AUOS)S ERP re ee ects. eee eee x 30 
8. » » (Switzerland), MER Ress PURES x 30 
9 » ») DM Tes ce-rtecc-e-r-ccteer---e-ccesse ee x 30 
PLANCHE MIV. 
10. Dorsal armature, var. AlHina (Pyrénées)... X 45 
(Same specimen as Fig. 1). 
11. Dorsal armature, var. A7moricanus...........................%. X 45 
(Same specimen as Fig. 4). 
12. Dorsal armature, var. Belliers..................5..0..ssss.s X VA 


(Same specimen as Fig. 5). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


PLANCHE V. 
1 End of. claspisvar Ain (Pyrénées) me asc 
(Same specimen as Fig. 1). 
AAAEndAIOLClASp VAT APMOrICANUS 2e den encres mens ee 
(Same specimen as Fig. 4). 
PAIE ClAS D, AVATAR NP EUMIBTT Sida tene noce acparonares etre 
(Same specimen as Fig. 5). 
PLANCHE VI. 
DO LACS ATAUSUICELtIRIE)..--.24-r-rs0en- cases cassccveas vos ceees 
17. » » » OS Al ArMAEE rene creer 
18. » » » end of clasp snle= = recc--rPeere 
PEANCHE: VIT 
19. Flebeius Aegys (NeYEEE)..7..-......s240 ROSE A RER CORRE 
20. » D (VICES ONE) RES 20 race cet ren ne denecece cernes 
21 » » (HN ARRET RE PE CE Ne 
PLANCHE VIII. 
PnCElabeius AEouS INErSOIR),.- 5.320 tee ne ceretnen te nebesereee 
22. » » » dorsal ArMatUTeNS ste aees rames 
24. » » » end of clasp resonance cess-sephees 
PLANCHE IX. 
26. Plébeius Melissa (California)..:.................... RE 
26. » DAT OTOR ED) nee ree Bee cnnse nd emnersmedeempereses 
27 » Micrargus (Amoor, Hill).................................... 
PLANCHE, X: 
28. Plebeius Micrargus (Amoor, Valley) .............................. 
30. » » » » dorsal armature ...... 
20: » » » » end.of clasp:..2-% 


55 


x 90 


x 90 


x go 


x 30 
x 45 
x 90 


X 


30 
30 


X 


X 


45 


X 


30 
30 


X 


x 90 


56 


ae 
2 
33" 


34 
35: 
36. 


37- 


38. 
39- 


40. 


42. 


43. 
44. 


45: 
46. 


47: 
48. 


49. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





PLANCHE XT. 


Plébeius Micrargus (Nokohama)/ "MER eR ST ARR 
» » » dorsal armature ;..::,.7.:.2 


» » » end of clasp rc dar Terre 


PLANCHE XII. 


Plebeius Sareptensis (Sarepta)- 2. Énsteecehece 
» » » dorsal MAMA Per 
» » » end'ofclasp "re 


PLANCHE XTIT: 


Plebeius Areus, var. AlpinaN(Disne) MONET 
» » D IN ITEG (PIN A walTE ONE ER TEESS 
» Aeras Verso) 108.2 PR En A ee D ete 


PLANCHE XIV. 


Plebeius Argus (Val Ven) O2 eee ee ce 
» » (var liourica 2?) (Locarno), QE 
» » (Saas=Rée) 10-70 - mn  cceee 


PLANCHE XV. 


Plebeius Argus, var. Nivea (Lago di Garda), dorsal armature. 
» » » » » end of clasp..…. 


Plebeius Melissa, var. Aster (Labrador), dorsal armature... 
» » » » » end.of clasp.....…. 


PLANCHE XVI. 


Plebeius Zephyrus (Greece)... 
» » » dorsal ATMAIUTE"---e--ee 
» » » end Of Clasp....." #4. +. 


x 30 
X 45 


x 30 
X 45 


x 30 
x 30 


x 30 
X 30 
x 30 


x 45 


x 90 
X 45 


<°'25 
x 45 


53. 
54. 
55. 


56. 
57- 


58. 
59: 
60. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 57 


PLANCHES XVIT 


PPEbeUS Lophyras ii rmenta):., 28. ennn ee oc hineee X 25 
» » » dorsal armatnre "2... X 45 
» » » end'ofnclaspane ares x 90 
PLANCHE XVIII. 
POP EIUS EDR PTUS OV aR VIVANT relaie int X25 
» » » » dorsal armatures... x 45 
» » » ») end of clasp FToncodaodc onto doc x go 
PLANCHE XIX. 
Androconia of Plebcius Argus, var. Armoricanus.............…. X 250 
» » AE ASS NErSORE) ne eur x 250 
PEANCHE XX. 
Plebeius Argus, var. Armoricanus, underside..…................... X 4% 
» M (Pcrlautiret) underside 2.070. X 4% 
PlebeiusAegas (Veyrer), junderside.:...22..4..M ours x 4% 


These are selected as very typical forms of the two 
species, male specimens. 


LUE LS A AL LA 0) 
L ne or TT 
o M L 


pi 


rA 
AL 
7 





II. — Un nouveau LYCAENA européen 
Plebeius Argus (Argyrognomon) et Æegus, nova species 


Par T. A. CHAPMAN, M. D. 


PRADUCRIONNERANCAISE 


M. Oberthür m’a envoyé des spécimens d’une demi-douzaine 
de races locales de Plebeius Argus (Argyrognomon), me disant 
qu’il ne les croyait pas toutes de la même espèce et me demandant 
de rechercher s’il ne serait pas possible de jeter quelque lumière 
sur la question, en examinant les appendices génitaux, andro- 
conias, etc. 

Je l’ai fait et j'ai monté les appendices d’environ une demi- 
grosse d’échantillons, tant spécimens de M. Oberthür que 
d’autres Entomologistes, et en me servant aussi des préparations 
que j'avais en ma possession. Je dois remercier MM. Bethune- 
Baker, H. J. Turner, A. H. Jones et autres amis, pour leurs 
différents spécimens. 

La conclusion à laquelle j’aboutis, et qui résulte de cet examen 
particulier, est qu’il y a dans ses spécimens deux espèces très 
distinctes : l’une qui est une espèce nouvelle sur la liste euro- 
péenne et qui vient d’un habitat très restreint; les autres étant 
des races locales d’Argus. J’appelle cette espèce Argus, parce 
que c’est le nom adopté dans la Lépidoptérologie comparée; 
autrement Je lui donnerais le nom d’A7gyrognomon, nommant 
Aegon l’espèce si longtemps associée et confondue avec elle. 
L’une des deux devrait être appelée A7gus; mais Jusqu'à ce que 
nos Autorités, tombant d’accord, décident à laquelle devra être 


60 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


attribué le nom d’A7rgus, le seul moyen d’éviter la confusion est 
de renoncer au nom A7gws et d'employer des noms — (quoique 
l’un d’eux soit faux) — qui soient exempts de toute ambiguïté. 

Ceci n’est pas manquer à la loi de priorité que je soutiens 
énergiquement et à laquelle, en ce cas, je me soumettrai immé- 
diatement dès qu’une certitude sur la question exigera cette 
soumission. 

Avant de faire l’examen des appendices, je pensais que s’il 
y avait une espèce distincte parmi les races à examiner, c’était 
très probablement la forme A7woricanus, avec ses taches 
accentuées et nettes, l’exagération, par comparaison avec la 
plupart des autres formes, des taches marginales rouges, formant 
habituellement une bande continue, etc. 

Cependant, il n’en fut pas ainsi; la forme qui se trouva être 
distincte, habite la récion de Genève et est, en fait, très parente, 
mais probablement pas identique à Melissa, forme de l’ Amérique 
du Nord, et avec l’Argus de Sarepta, ou de l’Amour, ou du 
Japon qui ont des noms nombreux, parmi lesquels Micrargus, 
Butler, est, je crois, le plus ancien. Du moins, 1l semble que les 
formes suivantes peuvent, à juste titre, obtenir un rang spécifique: 


Argus (Argyrognomon), Europe; 
Aegus, Genève; 
Micrargus, Chine et Japon; 
Melissa, Amérique du Nord; 
(Scudderu, » DE 
Mes spécimens ainsi nommés sont Melissa; je n’ai pas 
obtenu le vrai Scudderu, probablement. 
Sareptensis, Sarepta, 
et d’autres très probablement. 


Je penche très fortement pour cette opinion, et je propose 
pour la forme européenne le nom de Aegus (*). 


(*) Un des Allobroges, qui habitait le zome de cette espèce. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 61 








Argus et Aegus diffèrent par les appendices mâles ancillaires, 
notablement et de façon à ne pas s’y tromper. 

Dans le cas d’Aygus, il y a des variations tenant aux individus 
et à la provenance de localités différentes; ces variations sont 
toutefois insignifiantes, si on les compare aux différences qui 
existent entre A7gus et Aegus. On peut faire la comparaison 
avec les différences que j'ai signalées comme existant entre 
différentes formes et races de l’espèce voisine Aegon (Argus) 
sur les planches À et B dans les Proceedings of the Entomolo- 
gical Society of London for 1909. 

Un spécimen de Budapest, pris par M. Sheldon, qui me l’a 
gracieusement confé pour examen, prouve que c’est Aegus; donc 
c’est une notable extension à l’habitat de cette forme. Les falces 
de ces espèces diffèrent en un point qui mérite mention. Dans 
Argus, Aegus et Micrargus, la portion droite ne devient pas 
rapidement plus mince, mais devant l'extrémité elle est creusée 
sur un côté, de manière à former un crochet ouvert et assez long. 
Dans Melissa et Sareptensis, la portion droite s’amincit réguliè- 
rement et finit en un très petit crochet. (Voir photographies). 

Les genitalia mâles d’Azrgus ont les crochets dorsaux (falces) 
assez larges et présentant une courbe régulière et rapide à 
partir de leur naissance jusqu’à l’endroit où la dernière moitié 
devient plus droite, mais non tout à fait droite. L’appendice 
terminal (4arpe), denté, des pinces a une inclinaison angulaire 
accentuée à la partie rétrécie; on peut dire que son bord dorsal 
est profondément en retrait avant l'extrémité; les dents, au 
nombre de O à 12, varient suivant les individus plutôt que 
suivant les races et sont beaucoup plus marquées que celles de 
l’Aegus. Chez l’Aegus, les crochets (falces) sont en angle, de façon 
plus déterminée, avant d’arriver à la partie droite, et cette partie 
droite est beaucoup plus longue que chez l’Argus et mérite plus 
encore d’être appelée : droite. 

L’extrémité dentée de la pince n’a qu’une toute petite partie 
du bord en retrait, en dessous de la tête. Les dents sont beaucoup 
plus petites, plutôt plus nombreuses que dans l’A7gus, et 


G2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








présentent une plus grande tendance à devenir imperceptibles à 
la partie inférieure du bord, de sorte qu’il est difficile de les 
compter. Les variations individuelles dans ces deux espèces ne 
se rapprochent jamais assez pour faire penser qu’une variation 
de plus puisse supprimer la différence. 


Je n’ai pas pu relever des différences dans l’ædeagus, n’ayant 
pas parmi mes spécimens montés un nombre suffisant de chacun 
pour me permettre de les comparer sous le même aspect exac- 
tement. La plupart des photographies représentent l’ædeagus 
de profil ; 1l y a une légère protubérance bulbeuse que l’on aper- 
çoit alors juste au-dessus de la base; et en dessous, la petite 
portion restante est retrécie et souvent plus päle; mais l’aspect 
est différent quand la vue est dorsale ou ventrale; car alors 
la base au delà de la position du bulbe (lequel n’est pas alors 
très distinct) s'étale comme un parapluie ou comme un abat-Jour, 
ainsi qu’on peut le voir dans la photographie d’A/prina 
(Pyrénées) (Fig. 1); dans cet exemplaire, cette portion étalée 
se trouve être sombre, ce qui est peu ordinaire; un autre spécimen 
de la même race, avec la vue de profl sans la présence de pigment 
supplémentaire, ressemble exactement aux exemplaires ordinaires 
de Suisse et d’ailleurs. 


Les appendices dorsaux latéraux, au delà des falces, sont 
légèrement, mais nettement plus longs et plus étroits dans 
l’Aegus que dans l’Aygus. 

Les formes asiatiques et américaines semblent être distinctes 
de l’Aegus d’une façon suffisante pour en faire des formes 
spécifiques à part. 

Melissa se distingue par le fait que la portion droite des 


falces est très longue et très mince. 


\ 


Les formes japonaises ont des falces plus semblables à ceux 
de l’Aegus ; de même les spécimens de l’Amour (monts et 
vallées); mais ils ont l’extrémité dentée de la pince beaucoup plus 
large. 


Assez curieusement, un spécimen de Sarepta a les longs appen- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 63 





dices dorsaux et les longs et minces falces de Melissa; mais il 
a la large Larpe de la forme japonaise (Wicrarçus). 

Aster (Labrador) ne diffère pas suffisamment de Melissa pour 
être spécifié. 

Il serait intéressant de dire un mot des variations des appen- 
ciressdenul A 77725 Mes yalcesNamenttauv point (de vuerde 
l'épaisseur, par exemple 1ls sont très minces dans un spécimen de 
Pontresina (Fig. 6); dans d’autres spécimens de la même 
localité, 1ls sont de l'épaisseur habituelle. La largeur de l’arma- 
ture dorsale varie; aplatie dans mes préparations et ainsi 
mesurée, la largeur varie de 0,53 mm. (dans un spécimen de var. 
Bellieri) à 0,56 (spécimens de Digne et Guethary), à 0,63 (Suisse, 
var. Ayrmoricanus, var. Alpina, Pyrénées), à 0,66 (dans des 
spécimens de Allos et de Suisse). De légères différences existent 
apparemment dans les appendices latéraux de l’armature 
dorsale; ceux-ci sont si mous qu’ils varient sous différents aspects 
et sous différentes pressions, de sorte qu'aucune mesure ne peut 
être considérée comme exacte et, par conséquent, les différences 
sont douteuses. I] faut noter que la couleur foncée des Fig. 10, 
11 et 12 est due à la photographie; les préparations sont de la 
même couleur pâle, chitineuse que les autres. 

Le nombre des dents varie beaucoup, ou peut-être les dents 
qui sont bien développées constituent-elles l’ensemble complet, 
ou seulement les deux tiers, les autres étant petites, ou même trop 
petites pour être comptées. Je ne puis identifier ces variations 
à aucune race ou variété. Ainsi, Aymoricanus peut avoir 10 ou 
13 dents; A/pina (Digne) 10 à 14; Alpina (Pyrénées) 7 à 12. 
Un spécimen de Saas-Fee en a 10 sans dents imperceptibles. 
Var. Nivea (Pfynwald, etc.) en a 11, 12 ou 13; quelquefois avec, 
quelquefois sans prolongement effacé. 

Dans la section de l’Aegus, nous pouvons considérer les 
falces comme définissant nettement l'espèce. La plus simple 
mesure semble être la longueur de la partie droite, à parüur du 
point le plus bas de la courbe. En comparaison à l’Argus 
envisagé avec une longueur de 0,4 mm., nous trouvons Micrargus 


64 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





(Amour, Japon) avec une longueur de 0,53, Melissa (Amérique 
et Sarepta ?) de 0,56, et Aegus (Genève) de 0,63 mm. 

Dans le Micrargus, la partie droite n’est pas tout à fait aussi 
droite que dans les autres et, comme dans l’Aegws, elle est assez 
robuste; dans Melissa et dans Sareptensis, elle est beaucoup plus 
mince et très droite, de sorte qu’elle paraît très longue, bien 
qu’elle ne soit pas réellement aussi longue que dans l’Aegus. 
Dans Melissa, les appendices mous sont plus minces que dans 
l’Aegus et Micrargus; ils le sont plus encore dans Sareptensis. 

Chez l’Aegus et le Micrargus, l'angle sous l’extrémité de la 
pince, si prononcé dans Argus, existe tout juste; les dents sont 
petites et nombreuses : 16 à 20; dans Melissa et Sareptensis, les 
dents sont encore plus petites. 

Chez Micrargus, l'extrémité dentée n’est pas seulement sans 
angle appréciable; mais elle est très courte et très large, du moins 
aussi large que dans l’Argus, tandis que dans Melissa elle est 
étroite et encore plus étroite dans Aegus. 

La largeur de la base des dents est, dans A7gus, 0,19 mm. ; 
Micrargus, 0,2; Melissa, 0,16; Aegus et Sareptensis, 0,13. 

Les spécimens sont montés autant que possible de la même 
manière, avec l'intention spéciale de donner une vue dorsale de 
l’armature dorsale et de montrer l’extrémité dentée de la pince, ils 
sont tous aplatis de façon à être plus facilement pho‘ographiés; 
les photographies sont de M. F. N. Clarke. 

La preuve fournie par les Axdroconies est fortement en faveur 
de ce fait que le Plebeius Aegus est une espèce et que les autres 
formes européennes de l’Argws en sont une autre. Ceci n’est 
peut-être pas tout à fait décisif pour cette raison qu'il y a, à 
la fois dans Aegus et Argus, des variations considérables. 

La forme type dans Aegus est un contour circulaire avec une 
longue tige. Dans Argws, le contour est plutôt quadrilatéral, 
avec deux côtés plus ou moins droits se rétrécissant à la base, 
et des extrémités plus ou moins arrondies et une tige plutôt 
plus courte que dans l’Aegus. 

Aegus varie un peu dans le sens de A7gus, mais en réalité 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 65 


très peu; cependant A7gus varie beaucoup, de telle façon que 
certains spécimens sont douteux, si l’on en juge par les Axdro- 
contes seulement. Ces variations dans A7gus n’offrent pas 
matière à pousser plus loin la division en races ou espèces, 
puisque, par exemple, un certain nombre de spécimens provenant 
d’une même localité, Val Veni (Courmayeur), offraient un aussi 
grand nombre de formes différentes qu’on en trouve dans toute 
l'espèce. Voir Fig. 57, 56. Androconies d’Aegus et d’A7gus, 
var. A7moricanus. 

Les Androconies des espèces américaines et asiatiques se 
rapprochent beaucoup de celles d’Aegus. 

Je n’ai pas pu relever des différences dans les appendices 
femelles, auxquels je puisse attacher une valeur spécifique. En 
ni l’une ni l’autre forme (Argus et Aegus), on ne peut distinguer 
nettement une plaque terminale à la bride; dans les deux existe 
une ligne légère, irrégulière et longitudinale de chitine le long 
du ductus, environ vis-à-vis le milieu de la bride; la quantité 
varie un peu selon les individus. Dans certains spécimens, la 
paroi de la bride (Lena) est chitinisée sur à peu près la moitié 
terminale. Là encore, il y a une variation selon les individus, mais 
non une variation spécifique; par exemple, chez trois spécimens 
du Val Veni (Courmayeur), l’un a une très faible teinte, l’autre 
est plus fortement teinté et le troisième est d’une teinte chitineuse 
foncée. 

Ces variations sont illustrées par les Fig. 37 à 42. 

En dehors des appendices, Aegus peut être distingué de toutes 
les autres races d’Ayrgus par les points suivants; encore y en 
a-t-il probablement d’autres qui m’ont échappé, car je ne suis 
pas très expert dans les descriptions de l’imago. 

La rangée marginale des taches ou ocelles du dessous des ailes 
se compose d’une série; chaque ocelle a un point central noir 
(avec un centre métallique dans quelques-uns des ocelles sur 
l’aile inférieure); autour du point est un cercle, qui est orange 
du côté de la base et incolore du côté marginal; du côté basal, se 
trouve encore une rangée de taches noires que l’on peut considérer 

5 


66 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








comme un cercle de plus, existant seulement du côté intérieur de 
l’ocelle. Chacun de ces ocelles noirs de cette rangée intérieure a, 
dans Argus, le contour angulaire d’une tête de flèche; dans 
l’Aegus il est en forme de croissant. Il a dans Aygws une pointe 
centrale aiguë dirigée vers la base et,à chaque extrémité,une pointe 
aiguë dirigée vers le bord distal; entre ces deux pointes, sur le 
bord distal, se trouve un retrait angulaire correspondant à la 
pointe centrale sur le bord opposé. Dans l’Aegus, les lignes 
marginales intérieures et extérieures de chaque tache ont ure 
courbe régulière et douce. Cette courbe régulière du bord extérieur 
de cette rangée de taches dans Aegus, avec son angle rentrant 
dans l’Argus, est peut-être le trait le plus constant et le plus 
caractéristique dans la forme de ces taches. Dans les deux 
espèces, ces taches varient beaucoup en dimension, intensité, et 
aussi dans la façon dont elles caractérisent ces formes spéci- 
fiques ; mais 1l est un fait, c’est que Aegus n’a jamais le contour 
angulaire, sauf, par exception, sur le bord basal de quelques 
ocelles sur l’aile postérieure, jamais sur l’aile antérieure, et 
Aygus ne manque Jamais de l’avoir; du moins dans quelques 
ocelles, et, dans beaucoup de spécimens, la rangée tout entière 
montre la forme spécifique angulaire dans une espèce, tandis 
qu’elle est en forme de croissant dans l’autre. J’ai indiqué la 
marque orange de chaque ocelle formant cercle autour du point 
noir central. Cependant elle n’est orange que vers le côté basal. 
La couleur du côté marginal diffère dans les deux espèces. Dans 
l’Argus, il est semblable à la couleur du fond du reste de l’aile; 
dans l’Aegus, il est d’un blanc plus ou moins nettement défini. 
Ceci semble être une remarque sans importance, mais c’est un 
fait constant, et c’est une différence entre les deux espèces à 
laquelle on peut se fer. 

Les marques orange tiennent une part définie dans la struc- 
ture de ces ocelles qui diffèrent tellement dans l’Aegus et 
dans l’Argus. Dans ce dernier, c’est soit une série de taches 
séparées ou, si, comme il arrive le plus souvent, elles s’unissent 
pour former une bande, cette bande est en zigzag, les pointes des 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 67 


têtes de flèche descendant vers les bords des taches centrales des 
ocelles. Chez l’Aegus, c’est une bande plus continue; les arcs 
aplatis de la rangée intérieure des taches noires laissant ce bord 
intérieur à peu près droit. Ceci est très évident si l’on compare 
l'A egus à une forme bien marquée comme celle de l’Armoricanus, 
dans laquelle, à première vue, on pourrait dire que la teinte 
orangée constitue une bande beaucoup plus forte que dans 
l’Aegus; mais, quoique la couleur orangée en soit plus intense 
et l’étendue aussi grande et même plus grande, elle n’est pas 
aussi continue que dans l’Aegus; de plus, tandis que dans 
l’Aegus une large ligne pourrait être tracée tout le long de la 
bande, chez l’Armoricanus la ligne la plus mince devrait onduler 
afin d’éviter les ocelles noirs de chaque côté de la bande orange. 

Ces différences sont nettement établies dans les photographies 
faites par M. Tonge, montrant la face de dessous des spécimens 
d’Armoricanus, d’un A7gus bien caractérisé provenant du 
Lautaret, et d’un Aegus. 

Je ne propose pas de décrire les formes américaines et asia- 
tiques voisines de l’Aegus; mais elles concordent généralement 
au point de vue de ces différences et surtout pour la ligne ou 
bande submarginale blanche. 

Ces distinctions sont établies d’après des spécimens mâles; 
dans les femelles, les caractères sont moins nettement définis. Les 
femelles d’Aegus peuvent présenter un certain nombre de taches 
noires en tête de flèche sur les ailes postérieures, rarement sur les 
ailes antérieures, et on peut trouver des spécimens dans lesquels 
la bande marginale qui est blanche dans Aegus est pale dans 
Argus, surtout sur l’aile postérieure, de sorte qu’on pourrait 
presque la dire blanche, quoiqu’elle ne soit pas d’un blanc clair 
comme dans Aegus. Dans les deux espèces et dans les deux sexes, 
les différences spécifiques sont moins prononcées sur les ailes 
postérieures que sur les ailes antérieures, et les ailes postérieures 
de certaines femelles Â7gus, var. Armoricanus, ont la bande 
orange presque aussi droite et aussi claire que dans Aegus. 

On peut dire que dans Argus les taches marginales forment 


5* 


68 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





une rangée d’ocelles définis et distincts, pas difficiles à identifñer 
comme tels, mais dans l’Aegus la bande orange est s1 élargie et 
si redressée et la rangée intérieure des taches noires est si relevée 
qu'il est moins facile de considérer les taches comme formant une 
série d’ocelles. 

M. Oberthür a appelé cette espèce genevoise var. Zzgurica; 1l 
devient donc nécessaire de voir si, vraiment, ce nom est celui qui 
lui convient. Dans la Zépidoptérologie comparée, Fasc. IV, 
M. Oberthür représente (Fig. 201-202) deux spécimens du Nord 
de la Chine et Mandchourie comme étant des Zigurica; ceux-ci 
appartiennent à la forme asiatique qui, probablement, n’est pas 
tout à fait de la même espèce que celle de l’insecte de Genève, 
mais qui s’en rapproche beaucoup. Il représente aussi (Fig. 203- 
204) deux spécimens de Cernobbio qui sont aussi certainement 
des A7gus. 

Nous avons ici un témoignage appréciable de la loi de 
M. Oberthür, concernant la nécessité d’une bonne figure. Nous 
sommes aussi bien renseignés sur l’aspect de ces spécimens que si 
nous avions les vrais spécimens sous nos yeux. La Fig. 201 montre 
la bordure pâle et les points noirs en forme de croissant; la 
Fig. 203 n’a pas la bordure pâle et les taches noires ont nettement 
la forme en tête de flèche, bien que pas fortement marquée. Dans 
nos recherches sur ZLigurica, nous trouvons qu’il fut indiqué pour 
la première fois par Courvoisier, qui le représenta dans /75s5, 
Vol. XXV, PI II, Fig. 1. Cette figure ressemble davantage à 
l’espèce de Genève qu’elle ne ressemble à Argus; mais, ici, nous 
avons à faire avec des figures qui ne sont pas de Culot. Le 
spécimen est de Lugano, et 1l est plus que probable qu’il est de 
la même race que le spécimen de Cernobbio, représenté dans les 
figures de M. Oberthür, et de la même race que ceux que Jj’ai 
de Locarno et un de Lugano (Monte Bré) (qui sont presque 
identiques à la figure de Cernobbio); les deux sont Argus. 

La figure de Courvoisier est genevoise par la bordure blanche, 
mais la figure suivante (Fig. 2) a aussi une bordure blanche. 
Ceci est un spécimen d’Argus du Pfynwald. J'en pris un bon 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 69 


nombre dans le Pfynwald, en 1913, qui, à n’en pas douter, sont 
de la forme représentée. Ils sont grands et pales (var. Nivea, 
Courv.), et quand je les vis pour la première fois, je crus que 
javais pris Zycidas, puisque l’'As/ragalus exscapus était 
abondant en cet endroit où je les trouvais, et était certainement 
la plante dont ils se nourrissaient. : 

Ces spécimens du Pfynwald, ceux que je possède de Locarno 
et Reazzino, du Lago di Garda, de Bex et un de Lugano (Monte 
Bré) ont, tous, une face inférieure très pâle, presque blanche dans 
quelques-uns, des bordures blanches ou presque blanches aux 
ailes postérieures, pâles, mais non blanches, pour les ailes anté- 
rieures; ces spécimens sont tous des A7gus et semblent être 
absolument les mêmes que les formes indiquées dans les deux 
figures de Courvoisier, sauf ce fait que l’artiste a donné une 
bordure blanche, à la fois aux ailes antérieures et aux ailes 
postérieures. C’est une fantaisie de l’artiste ou du lithographe, 
sans doute, car la planche tout entière est très inférieure, et, dans 
ses descriptions, Courvoisier fait mention de l’espace blanc en 
dedans des taches ocellées marginales dans le cas de var. Mivea 
(Pfynwald) seulement; mais en aucune il n’indique une bande 
blanche en dehors. 

Il y a cependant un point très curieux, et, s’il a quelque impor- 
tance, tout ce que j'ai dit ci-dessus et tout ce qui a pu être dit 
est tout à fait à côté de la question, c’est que la figure est 
réellement très semblable à Aegor, et le point auquel Je viens 
de faire allusion est que le troisième point de la série basale n’est 
pas dans l’alignement des autres, ce qui est fréquent, sans être 
normal peut-être dans Aegon, mais ce qui est beaucoup plus rare 
dans Argus. La conclusion est donc que : si c'était Aegon, alors 
Aegon et Argus ont, dans cette région, des formes très ressem- 
blantes, les unes aux autres, et différentes de leurs aspects les 
plus typiques; si c'était Argus, c'est Argus et non Aegus. 

La position de ce point qui constitue une aberration est peut- 
être due à une erreur du dessinateur, ou bien le point est peut-être 
correctement dessiné; mais ceci ne modifie pas cette conclusion 


7Ô LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





que la figure, quelle qu’elle soit, n’est pas Aegus. Ce qu’elle est 
ne peut être déterminé que par l’examen des appendices. 

Les figures d’Aygus dans la 20° Livraison des Æfudes (Fig. 52 
à 58), et Calliopis (Fig. 64 et 65), appartiennent à la section de 
l’Argus et non à celle de l’Aegus. 

Les figures d’Argus dans le 4° Fascicule de la Zépidopté- 
rolo gie semblent appartenir à l’Argus, excepté les Fig. 201 et 202, 
Argus-Aegina (Fig. 301) et Argus-Insularis (Fig. 305, 306), qui 
appartiennent au Micrargus. Argus-Nevadensis (Fig. 259, 260) 
est embarrassant; 1l ressemble surtout à Aegus,; c’est peut- 
être un A7gus, mais je suppose plutôt que c’est, en réalité, un 
Aegon; car, autant que je sache, il n’y a pas d’autre mention 
d’Argus venant de l’Espagne centrale ou méridionale. 

I1 serait désirable de rechercher si Aegus est, d’une manière 
quelconque, parent de Zephyrus (ou Lycidas). 

Zephyrus diffère de l’Aegus en ce qui concerne les appendices 
ancillaires; car les falces sont plus courts et plus épais, ec dans les 
harpes des pinces qui ont des dents beaucoup plus fines, s’éloi- 
gnant ainsi de l’Argus. Il a aussi un pli dans le milieu de la 
pince, pli qui n’existe pas soit dans l’A7gus ou dans l’Aegus. 
Il est curieux de noter que le Zephyrus, de Grèce, de Turquie et 
d’Espagne, et le Zycidas, de Suisse, se rapprochent étroitement; 
mais un spécimen, que je possède avec l'étiquette A7zen1a, a une 
harpe avec la partie rétrécie plus longue et plus étroite. 

Pylaon se rapproche beaucoup de Zephyrus, surtout dans le 
pli du milieu de la pince; mais l'extrémité de la harpe est très 
large et en spatule, à tel point que, en l’absence d’intermédiaires, 
elle pourrait constituer un bon caractère spécifique. Euwrypilus 
(avec un dessus des ailes foncé dans le O') est encore très sem- 
blable, mais il n’a pas de pli dans le milieu de la pince et la 
partie retrécie de la harpe est assez longue et la tête très étroite. 
Malgré ces relations apparentes avec Zephyrus, Eurypilus, 
comme on le voit par l’aedeagus, n’est pas un P/lebeius mais un 
Polyommatus. 


La question est de savoir si les trois formes, Wicrargus, Melissa 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 71 


et la forme genevoise européenne de l’Aegus, doivent être 
acceptées comme trois espèces distinctes ou comme races d’une 
même espèce. Jusqu’à ce que nous soyons mieux éclairés sur ces 
formes, par une comparaison de l’histoire de leur vie et de leurs 
états primitifs, 1l semble qu’on doit les considérer comme trois 
espèces, puisque les différences, dans le caractère des appendices 
ancillaires, sont trop importantes pour être considérées comme 
des variations et qu’elles diffèrent comme faciès général, etc. 
suffisamment pour avoir été décrites dans les formes asiatiques 
comme un nombre d’espèces distinctes. La forme genevoise 
réclame donc un nom, un nom spécifique, qui deviendra un nom 
de variété, si ces différentes formes sont, finalement, définies 
comme étant toutes de la même espèce. Dans les deux cas, 1l est 
certainement très remarquable que cette espèce, qui appartient 
au groupe des formes du Micrargus et non de l’Argus, n’existe 
que dans une région très restreinte de l’Europe centrale et nulle 
part ailleurs en Europe. A Sarepta, dans le Sud-Est de la Russie, 
qui peut être au point de vue de la faune regardé comme asiatique 
plutôt qu’européen, la forme peut être considérée comme une 
espèce distincte et se rapproche davantage au point de vue des 
appendices de Melissa que de l’Aegus ou du Micrargus. 

Je propose pour celle-ci le nom de Sareptensis. 

Un spécimen de Geok Tepe, dans la Transcaucasie, est le plus 
intermédiaire que j’ai rencontré, entre Argus et Aegus. Les bords 
sont presque blancs; les chevrons noirs sont en tête de flèche; 
l’armature mâle a la partie dorsale, nettement, presque conforme 
au typique Argus; l'extrémité de la pince n’est que légèrement en 
retrait au bord supérieur; les dents sont petites, neuf ou dix de 
bonne dimension, mais pas aussi grandes que dans A7gus, et une 
demi-douzaine vers la partie inférieure très petites, mais assez 
grandes cependant pour qu’on puisse les compter. L’insecte est, 
évidemment, A7gus; c’est le plus oriental que J'ai vu. Nous 
pouvons bien dire qu’il varie (sous quelque influence due à la 
région orientale) dans le sens qui, depuis longtemps, a établi 
Aegus, Micrargus et Melissa. 


72 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Un examen des séries d’Argus au Musée Britannique donne 
les résultats suivants : Trois formes y sont accompagnées 
d’appendices montés, ce sont : Micrargus, Butler; Argiva, Str. 
et Roxana, Gr. Gr. toutes ayant la forme Wicrargus. Micrargus 
vient du Japon; les deux autres sont de l’Asie centrale; toutes 
ont la marge blanche et, si l’on en juge par ce même caractère, 
les formes ci-dessous nommées sont probablement de la même 
race et sont de l’Asie centrale : Bactriana, Gr. Gr.; Tomyris, 
Gr. Gr.; Alaina, Str.; Orientalis, Leech; Barine, Leech, du Japon, 
sembleraient appartenir à la même race; Wicrargus, Butler, étant 
le nom le plus ancien (1873) de celles-ci, semblerait être le nom 
spécifique qui leur convient. D'autre part, toutes les formes 
européennes ont une bordure de couleur terne, Alpes, Norvège, 
Laponie, etc. et toutes sont Argus. La nouvelle forme genevoise 
n’est pas représentée. 


Les caractères spécifiques peuvent être ainsi mis en tableau 














MELissA 
ARGUS ÂEGUS et MIcRARGUS 
SAREPTENSIS 
Ligne submarginale en | Mème couleur Blanc. 
dessous. que celle du 
fond de l’aile. 
L 
Chevrons noirs des ocelles | En tête de flèche. En forme de croissant. 
du bord marginal. 
ARATOCONIES Re A bords paral- Circulaire. 
lèles; extrémité 
carrée. 
Partie terminale des falces . | Courte et lége- Plus droite et plus longue. 
rement courbe. 
Extrémités des pinces ..... Angle sous Droite. 
l'extrémité. 
— TE Dents Dents plus petites. 
plus grandes. 
Partie droiterdes ace PCIe CE RS rec Étroite. Large. 
Assezrobuste. Mince. Assezrobuste, 
Distribution géographique. Europe, District Amérique Asie. 
une localité de Genève. du Nord 
asiatique : Buda-Pest. (Sarepta). 


Geok Tepe. 











LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 73 
EXPLICATION. DES PLANCHES 
PLANCHE I. 
M PEU ATEUS Var ADI a (EP NEÉNÉES) 1.0 eue 30 
2 » ») » » (AD EST) MAR AR OR EUR ERE RS 30 
3° » » » » (Guéthary) eee ee Lecce x 30 
PLANCHE Il. 
4. Plebcius Argus, var. Armoricanus (Laïllé)..............…. re x 30 
» » Doc DoilierA (Corse)... eeeL dance x 30 
6. » » (Ponte) 20e xX 30 
PÉANCEE"TIIT. 
Reese Ares MONO) A EN MN errant x 30 
8. » » DSISSE AP Gen ce oem en En oee x 30 
») » DT ess cena elec satcieminiaielelelsl siniaieie esteieteelelpis)e eee e(n 6 11e x 30 
PLANCHE IV. 
10. Arrmmature dorsale, var. A/pina (Py16nÉes)..........u.sse.. x 45 
(Même spécimen que Fig. 1). 
= Armapure doreale,) Var: ATMOTIEURUS I rtennes eee nta ve X 45 
(Même spécimen que Fig. 4). 
PA Armaturendorsale, var P//1672. 10 edit. is X 45 


(Même spécimen que Fig. 5). 





74 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 
PLANCHE V. 
13. Extrémité de la pince, var. Alpina (Pyrénées)... 
(Même spécimen que Fig. 1). 
M Extrémite ue la pinee, Var APMONMCONUS Te ER ROUE. 
(Même spécimen que Fig. 4). 
is Extrémite dela pince, var PEN ren RER AE Re 
(Même spécimen que Fig. 5). 
PEANCEE VTT 
Os Plebeiuss Argus (Cettinje) "7-21 see 0 nt MERE ee Tee TOURS 
17e » » » armaturehdorsalet#" "7772000 
18. » » » extrémité de lA pince 17... 
PLANCHE VII. 
OP ledEiuSr Aesus (NEVER) A OU 0 SD 
20. » D. 1(VErSOI):;2.5 tee 
21: » D MCÉTELEX) eee Re sde 
PLANCHE VIET 
22. Pleboiuss Are eus i(NÉrSOE) ARE CRE PARC 
23: » » » armature dorsale... 
24. » » » extrémité de 12MpINCe. 
PLANCÇCETE Xe 
25 Pleberus Melissa (Calionie) "2 RES Le 
26. » De. I(FOTONÉON ER RE 
27e » Maicrargus (Amour) MODtABRE)......... 70. 
PLANCHE X. 
28. Plebeius Micrarpus (Amour avAllÉE) 2.62 eee 
30 » » » » armature dorsale 
30. » » » » extrémité de la pince. 


XD 
X 45 
x 90 


x 30 
x 30 
x 30 


X 45 
x 90 


* 130 
x 30 
x 30 


X 45 
x go 


_ ii dif 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


PEANCHE XT. 


nu re 0eius Micraneas (No ONama).. "RP ere: urnes ee sons 

De: » » » armature dorsale... 

so » » » extrémité dela pince... 
PLANCHE XII. 

SIC OEIUS DATEDIENSISNISATEDA) «20e deemecee-soucraeoer er aence 

SLE » » » armature (HOrSAlE eee 

36. » » » EXTTÉMIIO de lANDIACE 
PLANCHE XIII. 

Se LUEbEMN ATEUS, Var. Alfinal (Digne) MO: LER 0.0, cphe rec 

38. » » HONTE y Daald)E Ones serre ce 

39- » ABUS ANTON) NO Rec Ress eonsse té tsce ec eecare 
PLANCHE XIV. 

ND eus Ar eus (Val Vend) O2 etes menace ess 

41. » D (Var Le urice 2) OCARno) MO 2e 

42. » » (SAS Re) MON ES LRU R  Reee een 
PLANCHE XV. 

43. Plebeius Argus, var. Nivea (Lac de Garde), armature dorsale. 

44. » ») ») ») » extrémité de la pince. 

45. Pleberius Melissa, var. Aster (Labrador), armature dorsale... 

46. ») » » » » extrémité de la pince. 
PLANCHE, XVT: 

PE NA AT TE LEILAATLON EEE 0) PRE CE PAC ORNE ET TER 

48. » » » AAMALUReNTORSA EME ne 

49: » » » extrémité dela pince... 


7 


x 30 
X 45 
x 90 


XN20 
X 45 
x 00 


x 30 
x 30 
x 30 


X20 
X 30 
x 0 


X 45 
x 90 
X 45 
90 


X 


x 90: 


76 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 
PLANCHE XVII. 
50." Plebeius-Zephyrus (AEFMÉNIE)s EAN EAN NES Xv25 
51 » » » armature dorsale #7 X 45 
52. » » » extrémité de la pince. x 90 
PLANCHE: XVIII. 
53. Plebeius Zephyrus, var. Lycidas........…. RAR RS MOSS X'25 
54. » » » ») armature dorsale. X 45 
Lt » » » » extrémité de la pince... x 90 
PLANCHE XIX. 
36. Androconies de Plebeius Argus, var. Armoricanus............…. *X 250 
De » » Aegas \(VÉESOIRIN ESPN x 250 
PLANCHE XX. 
58. Plebeius. Argus, var. Armoricanus, face inférieure... X4% 
59. » »ou(De Lautaret) face Imférieute.t-"."-""-2"% X 4% 
6o. Plebeius Aegus (Veyrier), face inférieure............................ X 4% 


Ceux-ci représentent des formes très typiques des deux 


espèces, spécimens mâles. 


Plebeius Argus, var. Alpina. 


Pyrénées ; 2. Digne; 3. Guetharv. 


PLANCHE I. 





[e] 


V9 


“ 





. 





PLANCHE 


4. Plebeius Argus, var. 
; — — —… PBellieri: 


Armoricanus. 


D UT 


Pontresina). 


IFte 








Plebeius Argus : 


/3 


Allos ; 


5, 


O, 


PLANCHE 





Switzerland. 


ILE 


NI 


9 





PLANCHE IV. 





10. Plebeius Argus, var. Alpina (Pyrénées). 
fie _ — —  Armoricanus. 
12 — — —  DBellieri. 





PLANCHE VW. 





SeS)e 
"ANUS. 


Alpina (Pyrén. 
Armor 


Var: 


c 


AT£EUS, 


Plebeius 




















Plebeius Argus 


Cettin]je). 


PLANCHE VI. 








PLANCHE VII. 


19 


P 
D 
(oi 





PL 


10. 
O. 


Veyrier 
(Versoix Je 


beius Aegus 


F 


Preles 


NE 


as 





Lu 


Plebeius 


Aegus (Versoix). 


PLANCHE VIII. 





1) 
LE 


24 





PrANCHE IX 





26. Plebeius Melissa (California). 
26. — = (Toronto). 
— Micrargus ? (Amoor-Hill). 


to 





PrANCHE-X: 





Plebeius MWicrargus (Amoor-Valley). 





PLANCHE XI. 





Plebeius Micrargus (NYokohama). 


2] 


DJ 


to 


PE] 





PLANCHE XII. 





a). 


ptensis (Sarept 


Plebeius Sare 





CU Co Co 


RNI 


O 


Plebeius 


PLANCHE XIII. 





Argus, var. Alpina (Digne), Q. 
Nives (Pfynwald), Q. 





Aegus (Versoix), Q. 


V9 


ENS EMERREENEE 


= pévcq ein chi 
































PLANCHE XIV. 





40. Plebeius Argus (Val Veni), ©. 
“ie -- — var. ligurica? (Locarno), Q 
; — — (Saas-Fee), Q. 





XV. 


PLANCHE 


À 


— 





Naivea (Lago di Garda). 


3-44. Plebeius Argus, var. 


4 
4 


(Labrador 


Aste) 


\' CN FE 


Melissa, 


10: 


« 





47-45-49. 


PLANCHE XVI. 





Plebeius Zephyrus (Greece). 


7 


49 





PLANCHE XVII. 


H à 
DD: : 
LE ne an NS 





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PLANCHE XVIII. 








ANDROCONIA. 


PLANCHE XIX. 


re) 





Armoricanus. 


ius A7gus, Var. 


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Plebe 


GÉ 


5 


). 


(Versoix 


Aegus 


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IC 


Le Genre ACTINOTE 


Il n’y a pas encore beaucoup d’années, les Entomologistes 
classaient dans le Genre Acraea un petit nombre d’Espèces 
indiennes et océaniennes de Lépidoptères Rhopalocères, avec une 
grande quantité d’Espèces africaines et américaines. 

Ce Genre Acraea a été démembré comme beaucoup d’autres; 
les Espèces américaines qui s’y trouvent encore répertoriées dans 
À Synonymie Catalogue of Diurnal Lepidoptera, by W.EF. Kirby, 
(London, 1871), sont maintenant colloquées par les plus modernes 
Auteurs dans le Genre A c/inote, Huebner. 

La révision des Espèces actuellement connues de ce Genre 
A ctinote a été faite par le D' Karl Jordan, pour le grand ouvrage 
entomologique entrepris vers 1906 par le Profess.-Doct. Adalbert 
Seitz et intitulé : Die Grossschmetterlinge der Erde. Dans l’édi- 
tion en langue française dite : Les Macrolépidoptères du Globe, 
les pages 359 à 374 contiennent les descriptions et observations 
relatives aux Espèces du Genre Arznote; les Planches 81, 82, 83 
y présentent la figuration correspondante au texte. 

Malheureusement, la figuration en question n’a pas été assez 
étendue; on constate dans la représentation — pourtant indispen- 
sable —— des Espèces et des Variétés nommées pour la première 
fois, de trop nombreuses et regrettables lacunes. À chaque page, 
on est arrêté par des énonciations nouvelles d’Espèces et de 

6 


78 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Variétés d’Espèces qui sont restées simplement décrites et dont 
aucune figure ne fait connaître l’aspect et les particularités dis- 
tinctives. 

Par suite de Je ne sais quelle bizarre conception, on est tout 
étonné de constater que ce sont plutôt les Espèces anciennement 
connues et généralement déjà figurées dans d’autres ouvrages, qui 
sont représentées sur les Planches du livre du Profess.-Doct. 
Adalbert Seitz. Cependant, 1l eût été surtout nécessaire que toutes 
les Espèces et Sous-Espèces — (suivant les termes : Species et 
Subspecies, fréquemment employés par le D' Karl Jordan) — 
fussent représentées; car la figuration des nouvelles Espèces et 
Variétés importait beaucoup plus encore que celle des autres. 
En effet, s’il est possible de se référer aux ouvrages des anciens 
Auteurs, il est, dans la plupart des cas, impossible de se rendre 
exactement compte des caractères relatifs à telle Speczes ou 
Subspecies décrite par le D' Karl Jordan, mais non représentée 
dans l’ouvrage de Seitz. 

Pourtant le Professeur-Docteur Adalbert Seitz, dans les Pros-. 
pectus qui furent répandus à travers le monde entomologique 
par la maison éditrice de l’ouvrage de Seitz (Alfred Kernen), 
promettait « la classification de chaque papillon à première vue; 
plus de Musée, plus de collection privée avec des papillons non 
classihés »! Tous ces avantages séduisants devaient être réalisés 
au moyen de 7.000 planches d'un coloris parfait où seraient 
reproduits environ 40.000 papillons. 

Pour moi qui cherche à obtenir la détermination exacte — et 
non par à peu près — des Lépidoptères et qui, pour jouir de ce 
résultat véridique, réclame toujours la figure à l’appui d’une 
description, je trouvais, dans l’entreprise du Professeur-Docteur 
Adalbert Seitz, la satisfaction donnée à tous les vœux que j'avais 
tant de fois formés. 

Je n’avais jamais lu plus alléchante promesse, d’autant plus 
que l’ouvrage : Les Macrolépidoptères du Globe, devait répondre 
à tous les goûts et à tous les besoins les plus divers. 

QOu’on en juge ! 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 70 





Je transcris ici, textuellement et sans y changer une lettre, les 
phrases mêmes du Prospectus que J’ai sous les yeux : 


« Chaque Faune ou chaque volume peut être souscrit pour 
soi-même. 

L'œuvre entière a commencée en 1906 et sera terminée en 1913 
c. à d. en 6 ans 6 mois. Les livraisons sont publiées d’abord tous 
les quinze jours, ensuite tous les 10 jours, tous les 8 jours en 1910 
et à dater de 1911 tous les 3-4 jours. 

Seitz, Les Macrolépidoptères du Globe, est non seulement le 
plus grand mais aussi le meilleur marché ouvrage de toutes les 
publications de son genre. 

L'ouvrage est indispensable pour chaque musée, bibliothèque 
et collectionneur privé. 

Pour tout acheteur, vendeur, changeur de grand valeur parce 
qu’il leur permet de classifier et taxer les papillons et controller 
les offres de vente. 

En étranger, dans les colonies l’acheteur de l’ouvrage Seitz, 
Macrolépidoptères du Globe, peut en tirer bénéfice et vénération 


en s’occupant de la chasse et de la vente de papillons. » 


Dans cette partie de l’annonce que je fais reproduire, comme 
il est exposé ci-dessus, il y a des avantages auxquels Je ne pré- 
tends point; c’est ainsi que Je laisse à d’autres, notamment aux 


heureux habitants des Colonies, le bénéfice, — sans parler de la 
vénération, — que peut procurer la chasse et la vente des 
papillons. 


Je m'en tiens à la facilité et à la sûreté des déterminations que 
j'aurais voulu trouver en consultant l’ouvrage et je me plains 
d’être déçu dans mes espérances. 

Hélas! ce Prospectus mirifique, c'était un simple chiffon de 
papier. 

Je déplore donc l’absence de figuration des Species et Sub- 
species nouvelles dans la révision du Genre Aczinote, par le 
D' Karl Jordan, l’un des éminents collaborateurs du Professeur 
Docteur Adalbert Seitz. En effet, ce dernier, comme il le dit 


80 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





lui-même, a obtenu le concours « des connaisseurs et spécialistes 
les plus réconnus : Aurivillus (Stockholm), Bartel (Berlin), 
Eïffinger (Francfort s. 1. M.), Fruhstorfer (Genève), Haensch 
(Berlin), Janet (Paris), Jordan (Tring), Mabille (Paris), Prout 
(Londres), Roeber (Dresden), Stand-Fuss (Zürich), Strand 
(Berlin), Warren (Tring), Weymer (Elberfeld) ». 

Evidemment, le but que le Professeur-Docteur Adalbert Seitz 
voulait atteindre était louable, et je proclame hautement mon 
entière approbation des intentions exprimées dans le Prospectus 
dont J'ai ci-dessus transcrit les termes. 

Mais il ne suffisait pas de promettre; il fallait tenir, c’est-à-dire 
assurer le moyen d’obtenir « la classification de chaque papillon 
à première vue ». 

Malheureusement, rien d’aussi avantageux n’est réalisable pour 
le Genre Ac/inote, faute de la figuration complète indispensable. 

Pourtant, combien la publication du tableau des connaissances 
actuelles pour ce Genre Actinote eût été utile et fructueuse si le 
D" Karl Jordan avait bien voulu nous gratifier de bonnes figures 
représentant toutes les Species, Subspecies et Aberrations qu’il 
citait pour la première fois. 

Présentement, malgré les promesses du Prospectus et — qui 
plus est, -_ contrairement à l'intérêt incontestable de la Science 
entomologique, la lumière nécessaire manque toujours. 

En effet, les descriptions laissent subsister un doute, que seule 
la bonne et exacte figure, avec un coloris parfait, comme dit Seitz, 
aurait résolu. 

Dès lors, quel parti prendre ? 

Nous nous trouvons, par le fait des descriptions sans figures, 
en face d’une véritable obstruction. 

Cette absence des figures équivaut à une barrière cadenassée, 
supposée infranchissable. Si l’on ose s’aventurer sur les lisières 
de ce maquis si bien défendu, on risque de tomber dans une foule 
d’embüûches. Aussi lorsqu'on s’est rendu compte des pièges et des 
dangers qui vous attendent, on est enclin à abandonner l’étude 


commencée jusqu’à ce que, plus tard, —— mais quand sera-ce? — 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 81 


une excellente figure vienne, par-ci, par-là, donner un rayon de 
lumière. 

J'ai maintes fois exprimé mon sentiment en présence de situa- 
tions semblables; j'ai formulé l’adage : « Pas de bonne figure à 
l’appui d’une description, pas de nom valable ». 

En conséquence, aujourd’hui Je passe outre. Alors, ainsi que 
Lord Walter Rothschild a bien voulu me l'écrire, à la date du 
19 janvier 1917, à propos de la Faune des Lépidoptères de la 
Barbarie : « Z am writing a sort of appendix — (to the work 
published by Dr. Jordan) — giving notes and all the localities 
of my specumens » — (but with a complete series of the figures). 


Le D" Karl Jordan fournit le tableau de ses connaissances 
actuelles concernant le Genre À c/note, tel qu’il peut être envisagé 
d’après les collections anglaises qui sont d’ailleurs fort impor- 
tantes et dont l’Auteur a eu la disposition. Cependant, si considé- 
rables que puissent être les documents réumis à Tring-Park et au 
British Museum — qui sont sans doute les deux établissements 
principaux où le D' Karl Jordan a trouvé les matériaux pour sa 
monographie, — il reste toujours quelque chose à glaner dans les 
collections des autres Pays. Des apports d’origine différente y 
ont parfois introduit des Espèces ou des Variétés qui sont restées 
autre part ignorées. 

Je complète donc, pour ma part, au moyen des documents que 
j'ai rassemblés à Rennes, le travail publié dans Les Macrolépi- 
doptères du Globe, et j'espère que d’autres contingents s’ajoutant 
successivement à ceux déjà publiés, augmenteront sans cesse nos 
connaissances relatives aux intéressantes Acreidæe d’Amérique. 

Pour faciliter les recherches, je me conforme dans l’étude qui 
va suivre, à peu près au mode de classification adopté par le 
D' Karl Jordan, dans l’ouvrage de Seitz. 


Rennes, janvier 1017. 


Charles OBERTHÜR. 


S2 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Actinote Radiata, Hewitson. 


Bien figurée par Hewitson, sous les n° 39, 40 (Of) et 41 (Q) 
de la PI. Acraea VI, dans le Vol. IV de {{lustrations of new 
spectes of exotic Butterflies, d'après des individus provenant 
de « Ecuador ». 

Ma collection contient 5 G étiquetés comme suit : Sarayacu, 
eastern side of Ecuador; C. Buckley 1870. 

Le O' Radiata est figuré, en dessus seulement, sur la ligne a de 
la PI. 81, dans l’ouvrage de Seitz. Le corps et surtout l’abdomen 
y sont représentés beaucoup trop épais. J’ignore ce qu’est exac- 
tement la race ou variété Zx{ensa, K. Jordan, du Pérou oriental, 
sommairemcent décrite, non figurée. 


Actinote Erinome, Felder. 


L’exemplaire représenté par Felder, dans Reise der oest. 
Fregatte Novara, Lepidoptera, Tab. XLVI, fig. 1 (en dessus 
seulement), montre une petite tache rouge, de forme allongée, 
complémentaire, mais indépendante de la large bande maculaire 
rouge extra-cellulaire aux ailes antérieures. 

La figure publiée dans l’ouvrage de Seitz (ligne a de la PI. 81) 
ne reproduit pas cette petite tache. Du reste, je possède 4 O' qui 
manquent tous de la petite tache rouge en question. 

Ils sont étrquetés comme suit : La Oroya, S. E. Pérou, Ocken- 
den; Hillipani, Pérou; et Montaña de Huanta, Quebrada de 
Choimacota, Monte-Rico, 9 agosto 1870. 

Le D' Karl Jordan cite trois variétés : Sczana, Jordan, Cara- 
baia, Jordan; T'estacea, Salvin et Godman (B7yz1a, Hewitson). 

Sctana est indiqué comme aberration; non figurée. 

Carabaia est décrite, comme suit : ailes antérieures avec raie 
costale et ordin. des deux côtés, ou au moins en dessous, avec une 
tache cellulaire rouge jaunâtre. S. E. du Pérou; non figurée. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 83 





Je pense que je possède 2 ©‘ de La Oroya, Rio Inamhari, 5. E. 
Pérou, saison sèche, mai 1905, par 3.000 pieds, envoyés par 
Ockenden. Un G' de Chanchamayo est orné de la raie costale 
rouge des deux côtés, mais est dépourvu de la tache cellulaire 
rouge jaunâtre. Cet exemplaire de Chanchamayo est à Carabaia 
ce que Byzta, Hewitson, de Bolivie, est à Z'estacea, Salvin et 
Godman, également de Bolivie. | 

B yzia dont je possède 7 C'et 1 ©, diffère de Testacea dont ma 
collection contient 11 GO, parce que chez Byzta la tache rouge 
cellulaire aux ailes supérieures, reste confinée dans la cellule, 
tandis qu’elle se développe, chez 7 es/acea, dans les deux espaces 
intranervuraux, au-dessous de la nervure médiane. 

L’A céinote Testacea est figurée en dessus et en dessous dans 
la ligne & de la PI. 81. Le corps et l’abdomen y sont démesuré- 
ment amplifñés, comme pour Kadiata. 

Le ground colour du dessous des ailes inférieures est d’un 
gris d’ocre jaunâtre dans tous les exemplaires de Byzza et T'es- 
lacea que J'ai sous les yeux et non d’une teinte rosée, comme on 
peut le voir sur la figure que Seitz a publiée. 

C’est de Germain que j'ai reçu presque tous les exemplaires 
de Byz1a et de T'estacea figurant dans ma collection. Il les avait 
pris à Cochabamba, Vungas del Espiritu Santo, en 1888 et 1880. 
Les quelques autres échantillons ont été récoltés à La Paz, par 
E. Garlepp. La © est plus grande que le d'; elle est très sombre 
en dessus; la tache rouge extracellulaire est très réduite. En des- 
sous, la base des ailes supérieures, entièrement d’un rouge pâle, 
est séparée par une bande noire assez large, — qui n’aboutit ni 
au bord costal, ni à l’angle interne, — de la tache rouge extra- 
cellulaire, laquelle se fond presque dans le lavis gris jJaunâtre 
qui recouvre l’espace apical et le bord terminal. 

Le dessous des ailes inférieures, semblant plus pâle vers la 
base et dans l’espace cellulaire, est de la même teinte gris Jau- 
nâtre sur laquelle les nervures se détachent en noir, tandis que 
le milieu de chaque espace intranervural est parcouru dans le sens 
de la longueur par un long trait noir. 


84 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Actinote Abana, Hewitson. 


Initialement figurée sous les n°* 35 et 36 de la PI VI, Acræa, 
dans le Vol. IV des Z{Zustrations of new species of exotic Buiter- 
fes, by W. C. Hewitson. 

Le D' Karl Jordan fait représenter Abara, en dessus seule- 
ment, dans la ligne a de la PI. 81. Mais la figure qu’il donne dans 
l’ouvrage de Seitz diffère de celle que publia Hewitson, en ce 
sens que la large tache médiane rouge, selon la figure donnée par 
Hewitson, ne s’étend pas jusqu’à la base des ailes, alors que dans 
la ligne « de la PI. 81, l’aile supérieure est rouge depuis la base 
jusqu’à l’espace apical qui, seul, reste brun. 

Il est vrai que, dans sa description, le D' Jordan signale la 
variation de Abana dans les termes suivants : L’aire jaune de 
l’aile antérieure s'étend jusqu’à la base ou bien, lorsqu'elle est 
réduite, se résout en raies. 

Ma collection renferme 3 G' avec la base des ailes supérieures 
presque entièrement rouge, étiquetés ainsi : Huambo, dép' Ama- 
zonas, Pérou septentr., 3.700! altitude, Jean Stolzmann, 1880. 
Six autres Œ chez lesquels la tache rouge, de dimension réduite, 
se résout en raies, viennent de Huancabamba, Nord-Pérou, 
6-10.000 pieds, 1903, et de Sarayacu (C. Buckley). 

Le D' Jordan décrit, malheureusement sans la figurer, une 
subspectes, qu’il appelle Capnodes, provenant de Frontina, An- 
tioquia, Colombie. 


Actinote Euryleuca, Jordan. 


Décrite à la page 360 et figurée dans la ligne ® de la PI. 82, 
d’après peu de GO connus de Moyolamba (sic), N. du Pérou. 
Je possède 16 G' de Moyobamba (M. de Mathan; 1° semestre 
1887); de Sarayacü (C. Buckley) ; de Tarapoto (M. de Mathan). 

Les collections Boisduval et Guenée contenaient chacune un 
spécimen. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 85 


Actinote Mathani, Obthr. 


Nouvelle Espèce décrite d’après 21 O', tous d’une excellente 
conservation, pris par de Mathan, à Chachapoyas, dép‘ Ama- 
zonas, Pérou, en 1880. 

Voisine de Æuryleuca; même taille; même aspect général. 
Mathani diffère de Euryleuca pour les caractères suivants : fond 
des ailes d’un gris de souris, plus foncé, moins mélangé de jau- 
nâtre, semblant d’une teinte ardoisée; la tache blanc jaunàâtre des 
supérieures est composée de macules plus étroites, toutes situées 
en dehors de la cellule discoiïidale; la côte, sur les deux faces, 
est soulignée, au départ de la base, par un trait rouge carmin. 
En dessus, les ailes inférieures, chez Æuryleuca, sont bien rayon- 
nées par les nervures et dans les espaces intranervuraux, au moyen 
des traits noirâtres qui ressortent sur la teinte brun clair, un peu 
jaunâtre, du fond. Chez Mathani, le fond des ailes est umi; on 
distingue les nervures très finement noires; mais elles ressortent 
moins nettement à cause du ground colour plus foncé des ailes. 


Actinote Hylonome, Doubleday. 


Représentée, mais sur la face dorsale seulement, dans le Genera 
of Diurnal Lepidoptera. 

Y a-t-1l deux Espèces ou simplement deux Races ? J’incline 
pour deux Races, peut-être saisonnières ? l’une, noire en dessus; 
l’autre, simplement brune ; celle qui est noire en dessus, très 
foncée en dessous, notamment sur les ailes inférieures, dont la 
base montre un fond d’un jaune un peu rougeûtre, traversé par 
les nervures et les traits noirs; celle qui est brune en dessus, avec 
les ailes semblant plus allongées, le ground colour du dessous 
d’un jaune nankin très clair, présentant seulement au delà de la 
cellule et le long du bord terminal des inférieures, un obscurcis- 
sement marqué. 

J'ai reçu de Merida (Venezuela) beaucoup d’exemplaires des 


86 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


deux races, celle qui est plus claire et celle qui est plus foncée. 
Je possède aussi des échantillons de Caracas et de Colombie. 
L'Actinote Hylonome est anciennement connue; les collections 
Boisduval, Guenée, Christ. Ward en contenaient quelques spé- 
cimens. 

Je ne puis savoir si c’est la race claire ou la race foncée qui a 
été représentée sur la ligne 4 de la PI. 82, en l’ouvrage de Seitz. 
Le dessus des ailes, seul, y est figuré; outre que sur la face dor- 
sale, la différence entre les deux races est moins saillante, l’im- 
pression chromolithographique donne le ton intermédiaire entre 
les deux et empêche d’être fixé. 


Actinote Neleus, Latreille. 


L’Espèce est commune dans diverses localités de l’ Amérique 
du Sud. Je note dans ma collection, où sont alignés 107 Cf et 
seulement 2 ©, les indications de provenance comme suit 
Région de S. Fé de Bogota; Ambato (Equateur); Tambillo 
(Pérou); Zamora (Equateur); Districto de Pereira, Cauca (Nou- 
velle-Grenade); Chachapoyas, Amazonas (Pérou); de Bogota à 
Buenaventura, Get ©, 14 décembre 1877 à 22 février 1878 
(Nouvelle-Grenade): Manizales (Nouvelle Grenade); de Baños 
à Canelos {Equateur oriental); Cauca-Juntas {Nouvelle-Gre- 
nade); Minas de Muzo (Nouvelle-Grenade). 

Parmi ces documents se trouvent le © et la Q provenant de 
la même région et pris par feu Otto Thieme, dans le même temps, 
lcrs du voyage qu’il effectua en Colombie, pendant les années 
1877 et 1878. 

I] résulte de cette circonstance que J’ai des chances de connaître 
la véritable Q de l’Aczinote Neleus. Mais cette ©, que Je crois 
la vraie, diffère de celle qui est considérée par le D' Karl Jordan, 
comme la réelle © de Weleus et qu’il a fait représenter dans la 
ligne à de la PI. 81. 

C’est du reste la copie de l’A crea Edulis, Weymer, telle qu’elle 
est figurée sous le n° 11 de la PI. II, dans Zepidopteren gesammelt 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 87 


auf einer Reise durch Colombia, Ecuador, etc., in den Jahren 
1868-1877 von Alphons Stiübel. 

Je fais représenter le papillon que je considère comme la 
vraie ©Q de Weleus. Elle diffère de l’Edulis, Stübel, parce que 
la tache blanc jaunâtre des ailes supérieures se trouve placée en 
deçà de la cellule discoiïdale, alors que cette même tache est 
située au delà, dans les deux échantillons que je rapporte à 
Neleus. 

Latreille a figuré Neleus GO, en dessus et en dessous, sous les 
n® 7 et 8 de la PL XXXVI, dans le Recueil d’'Observations de 
Zoologie et d’Anatomie comparée, par Al de Humboldt et 
A. Bonpland. 

Le papillon, comme tous les autres qui avaient été aplatis dans 
un livre par les voyageurs, est représenté avec un corps démesu- 
rément élaroi. Il est décrit à la page 86, avec le nom de Æelico- 
nius Neleus. 


Actinote varians, Jordan. 


À la page 361 de l'édition en langue française de l’ouvrage 
de Seitz, Les Macrolépidopt. du Globe, le D' Karl Jordan réunit 
sous le même vocable synthétique : AZcione, plusieurs formes ou 
même Espèces parmi lesquelles certaines sont décrites pour la 
première fois. Malheureusement elles ne sont pas figurées. 

En lisant les prospectus de Seitz, j'avais, ainsi que je le dis 
plus haut, l’illusion de croire que nous trouverions dans ses livres 
une figuration tellement complète que toutes les déterminations 
en seraient singulièrement facilitées. Hélas! si les Espèces bien 
connues et déjà figurées ailleurs sont de nouveau représentées 
comme Je l’ai exposé ci-dessus, telles que : Veleus, Radiata, 
Abana, Erinome, les nouvelles, celles que nous aurions le plus 
d'intérêt à voir représentées pour la première fois, sont oubliées. 

Sur la seule page 361, le D' Karl Jordan nomme les nouvelles 
Actinote Hæmera, Varians, Cyanea, Extensa, Melina. En van 
je cherche sur le texte la référence à l’image. Il n’y a point de 


88 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





figure ; seulement quelques mots pour définir ces nouveautés : 
c'est-à-dire toujours l’obscurité au lieu de la lumière et le doute 
au lieu de la certitude promise, ardemment désirée, mais toujours 
absente. 

Quoi qu’il en soit, ne pouvant parvenir à comprendre ce que 
peuvent être exactement Varians et Extensa, je me demande si 
Cyanea qui est, paraît-il, une forme fréquente de Varians, la- 
quelle habite la Colombie centrale et occidentale, ne serait pas 
l'A c/inote entièrement noire en dessus, pourvue d’un reflet indigo, 
brune en dessous, avec une petite tache basilaire jaune, divisée 
en trois parties par les nervures, dont l’abdomen est rouge et que 
J'ai reçue jadis de Manizales, en quelque quantité. 

Pourtant j'ai sous les yeux trois autres formes très sombres 
en dessus, l’une colombienne, les deux autres péruviennes, très 
distinctes entre elles, que je trouve plus ou moins référables à 
Varians, Cyanca, Extensa. Je regrette infiniment de ne pouvoir 
leur établir un état civil. 

Je fais cependant figurer avec le nom de Cyanea le papillon 
que Je crois le plus rapproché de cette C'yanea, d’après la des- 
cription que J'ai lue et méditée; mais les autres ?... 

Ne pouvant donc obtenir aucune détermination certaine, au 
moyen des descriptions sans figure, je laisse innommées des 
formes cependant très intéressantes et Je passe à la première 
forme figurée avec le nom de Sarsanda, Druce, dans le texte, 
modifié en Sarsandra sur la ligne 4 de la PI. 82. Je crois que 
tous les Entomologistes regretteront avec moi que le dessous des 
ailes n’ait pas été figuré. 

Il n’en est pas de même de la forme suivante : Sybelatus, 
Jordan, qualifiée de sxbspecies nova. Comme l’Ac#inote Subelatus 
est représentée sur les deux faces, il m’est facile d’y rapporter 
six exemplaires C et © de ma collection; l’un d’eux a été cap- 
turé par de Mathan à Honda (Nouvelle-Grenade), en 1800. Les 
autres viennent des environs de Quito (Equateur). La © est plus 
grande que le G' et le fond de ses ailes est d’un brun un peu 
plus pâle. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 89 


Je ne puis savoir si je possède, ou non, Melina, Jordan, décrite 
(loc. cit. p. 361), non figurée. 


Actinote Theophila, Dognin. 


Unpotest fpeurétsous lenr4tderla Pludans lat première 
livraison de la Note sur la Faune des Lépidoptères de Loja, 
publiée en 1887, par P. Dognin. 

Ce GS type ne montre, au delà de la tache basilaire rouge, 
qu’une faible trace rougeatre dans l’espace extracellulaire. 

Il y a des exemplaires totalement dépourvus de cette trace 
rouge. Ma collection contient une longue série de © provenant 
de Zamora (Equateur) et de Tambillo (Pérou). 

Je pense que T'heophila est une Espèce distincte de A/cione, 
Hewitson, surtout à cause de la différence dans la forme et 
l’épaisseur de la bande noire des ailes supérieures, au delà de 
la cellule discoiïdale, en dessous. 


Actinote Alcione, Hewitson. 


Figurée sous le n° 7 de la PI 1, Acrea, dans [{lustrations of 
new Species of exotic Butterflies, Vol. I, d’après un individu 
provenant de Quito. La collection Boisduval contenait un exem- 
plaire tellement pareil à celui figuré par Hewitson qu’on pourrait 
croire qu’il a servi de modèle à la figure en question. A/czone est 
la forme jaune d’une Espèce commune à Ambato où elle est 
représentée par des spécimens dont les ailes supérieures sont 
plus souvent maculées de rouge que de jaune, avec les transitions 
de couleur. J’ai classé dans ma collection 44 Q provenant toutes 
d’Ambato. La © varie pour le développement de la tache blanche 
Je fais figurer une paire choisie comme représeatant la forme la 
plus ordiraire. 

Alcione G à taches jaune pâle, conforme au type Hewitsonien, 
est représentée sur la ligne 4 de la PI 82, dans l’ouvrage de 
Seitz. 


90 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Actinote Corduba, Hewitson. 


Le O'est figuré sur la ligne à de la PI. 81. Je considère Sodalis, 
Butler, dont le O' est représenté sur la ligne 4 de la même PI. 81, 
comme une variété locale de Corduba. J'ignore ce que peuvent 
être Salmonea, Jordan, et Messeres, Jordan, nommées, mais non 
figurées dans l’ouvrage de Seitz (page 362). 

Le D' Karl Jordan s’abstient de faire état des Q des Ac#inote 
Corduba, Sodalis, etc. Je crois devoir faire figurer dans le présent 
ouvrage Corduba ©, de La Paz, en Bolivie. 

Mes exemplaires de Sodalis proviennent des localités péru- 
viennes : Moyobamba et Huambo. 

Dans cette dernière localité, les exemplaires font la transition 
à Corduba. Quant à cette dernière Corduba, je possède de nom- 


breux G' qui furent capturés à Chanchamayo (Pérou), La Paz et 
Cochobamba (Bolivie). 


Actinote Erebia, Obthr. 


Je connais un seul G' de Chachapoyas (Pérou) où il fut récolté 
par de Mathan, en 1880. 

Le dessus est noir, mais avec un beau reflet indigo qui joue sur 
la surface des ailes; on distingue, près de la base des supérieures, 
à la naissance de la nervure médiane et sur la nervure même, un 
trait rougeâtre très fin. 

En dessous, l’Ac/inote Erebia est plus obscure que Corduba; 
la tache noire au delà de l’espace basilaire rouge, sur les supé- 
rieures, est plus large et d’un noir plus profond. 

La couleur du fond des ailes inférieures est d’un brun rou- 
geàtre umi, sans éclaircie. 

L’abdomen est d’un noir indigo, avec une ligne jaunâtre sur 
le milieu du dessous. La forme des ailes supérieures est moins 
élancée et plus arrondie chez Ærebia que chez Corduba, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE OI 





Actinote Incarum, Obthr. 


J'ai reçu le O' seulement de Chanchamayo (Pérou). Comme 
pour l’Actinote Érebia, la © m'est encore inconnue. 

Le dessus des ailes est d’un brun noir, avec un reflet ardoisé 
surtout sensible le long du bord extérieur de la tache basilaire 
rosée, assez courte, divisée en trois parties par les nervures, n’étant 
contiguëé ni au bord costal, ni à la base, n1 au bord interne. 

En dessous, la tache rosée du dessus est assez exactement 
reproduite. L’aile inférieure ressemble à celle de Corduba; mais 
le ground colour est plus obscur. On distingue une éclaircie sub- 
marginale; la base des ailes inférieures présente une petite tache 
Jaune divisée par les nervures noires. 

L’abdomen est noir, couvert d’une pulvérulence rouge, qui 
donne un aspect d’un brun rouge sombre. 

En dessous, sur les ailes supérieures, le reflet soyeux, un peu 
ardoisé du dessus, se reproduit sur le bord extérieur de la tache 
rosée. 


Actinote Leucomelas, Bates. 


Contrairement à ce qui se passe pour les autres Espèces 
d’Actinote, 1l semble que le G' appelé Vox par Bates est moins 
commun que la © ZLeucomelas, du même Auteur. 

Mes exemplaires proviennent de Costa-Rica; Volcan de Chi- 
riqui ; San-Pedro Sula (Honduras) ; Région de Cordoba 
(Mexique). 

Les deux sexes sont figurés, la © en dessus, le G' en dessous, 
sur la ligne 4 de la PI. 81, dans l’ouvrage de Seitz. Le C' et la Q, 
avec le nom de Acræa Nox, sont assez bien figurés sous les n° 3, 
4, 5 et 6 de la PI. 16, dans Bzologia Centrali A mericana. 


Actinote Ozomene, Godart. 


Le C'est figuré sous le n° 2 de la PI. XVIII dans 7 Xe Genera 
of Diurnal Lepidoptera, par Doubleday, Westwood et Hewitson. 


02 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





L’Espèce est commune en Colombie et dans certaines régions 
de l’Equateur. 

Je l’ai reçue de Manizales, de la contrée située entre Bogota 
et Buenaventura et de Cauca-Juntas, en Nouvelle-Grenade. 

Le G' varie, en dessus, pour le développement de la tache 
basilaire rouge orange, quelquefois presque tout à fait absente 
(Ab. Reducta, K. Jordan). Je possède 2 G' Ab. Reducta, de Nou- 
velle-Grenade. 

Chez le O', Ab. Calimene, Rebel, en dessous, l’aire basale est 
rouge au licu d’être jaune; ma collection contient 2 O, l’un de 
Manizales, l’autre de la région de Bogota. 

La © de Ozomene, dont j'ai reçu 14 exemplaires de Mani- 
zales, a tantôt la tache des ailes supérieures, en dessus, entière- 
ment rouge, tantôt rouge, plus près de la base, et jaune le long 
du côté extérieur. 

Il y a aussi des C' qui, en dessus, ont la tache basilaire rouge, 
s’éclaircissant en Jaunâtre vers le côté extérieur. 

À Ambato et à Quito (Equateur), se trouve la variété Clæsa, 
Hewitson, figurée, par cet Auteur, sous les n“ 37 et 38 de la 
PI. VI, Acræa, dans le Vol. IV de Illustrations of new Species 
of exotic Butterflies. 


Actinote Stratonice, Latreille. 


La Oest figurée, sous les n°%7,et,8 dela PEER VI avee 
un corps démesurément élargi, comme tous les autres papillons 
peints dans le Recueil d'observations de Zoologie et d’ Anatomie 
comparée faites par Al. de Humboldt et À. Bonpland. Latreille, 
qui s’était chargé de rédiger la partie entomologique du Recueil 
en question, a décrit à la page 02, avec le nom de Æelicontus 
Stratonice, le papillon Q que les voyageurs avaient rapporté 
aplati dans un livre. 

J'ai reçu beaucoup de spécimens du pris à Manizales et de 
Bogota à Buenaventura. Ce sexe d’Actinote Stratonice est repré- 
senté dans la ligne a de la PI. 82 de l’ouvrage de Seitz. Je pos- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 03 





sède seulement 6 exemplaires de la ©, dont un provient des 
chasses de Humboldt et Benpland. 

Il semble que S/ratonice présente quelques variétés géogra- 
phiques, notamment Weridana, Jordan, décrite à la page 363 dans 
l'édition française de l’ouvrage de Seitz. 

La tache des ailes supérieures, en dessus, chez la Q est Jaune 
au lieu d’être rouge. Weridana n’a pas encore été figurée. 

Le Œ de la variété Acipha, Hewitson, de la région de Bogota, 
est représenté sous le n° 8 de la PL IT, Acræa, dans le Vol. II de 
Illustrations of new Species of exotic Butterflies. 

La Q de Acipha a la tache de l’aile supérieure jaune. 

Quant à la variété Carica, Weymer, M. de Mathan l’a capturée 
à Chachapoyas, Amazonas, Pérou. 

Je ne connais pas la ©. 

Larica € a été figuré sous le n° 6 de la PL. III, dans Lepidoÿ- 
teren gesammelt auf einer Reise durch Colombia, Ecuador, etc. 
von Alphons Stübel, bearbeitet von Gustav Weymer und Peter 
Maassen. 

Dans la description, l’Auteur Weymer omet de mentionner 
une tache jaune paille située sur la côte, à la base des supérieures, 
en dessous, et une autre tache également jaune paille à la base 
des inférieures, laquelle tache est séparée en deux parties par la 
nervure noire. 

Chez S/ratonice, les mêmes taches sont rouges. 

Le D' Karl Jordan mentionne trois nouvelles formes qu’il 
nomme Marthe, Diversa et Æreta. X1 les décrit sans les figurer. 
Je me déclare impuissant à me rendre compte de ce que sont 
réellement ces trois formes nouvelles. Il en est de même pour 
Adoxa décrite par Jordan, comme Espèce à part, à la page 363 
de l’ouvrage de Seitz. 


Actinote Læta, Obthr. 


Je possède deux & d’Ambato et une © de Baños (Equateur). 
Chez le ©, en dessus, le ground colour est d’un noir profond 
avec un faible reflet indigo, au voisinage du bord anal et du bord 


7 


04 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


marginal. La tache orange des ailes supérieures est largement 
étendue; elle s’éclaircit en jaune vers le côté extérieur. Le bord 
costal est noir et se lie plus ou moins à une tache noire sécuri- 
forme cellulaire. 

Le dessous reproduit le dessus, mais le noir se transforme en 
brun mat, pour le ground colour. À la base des inférieures, on 
aperçoit une tache jaune qui irradie dans l’espace basilaire, avec 
des traits plus gros dans la cellule. 

Le papillon que je suppose être la Q de Zæ/a, est plus grand; 
la tache costale sécuriforme, noire, aux ailes supérieures, s'étend 
jusqu’à la rencontre du bord interne et sépare la teinte orange 
basilaire de la couleur jaune extracellulaire. 

Le dessous diffère du dessus, notamment par le rétrécissement 
de la tache noire sécuriforme aux supérieures. Sur les inférieures, 
dont le fond est brun rougeâtre clair, on distingue, en outre des 
nervures noires et des traits noirs intranervuraux, une éclaircie 
blanchâtre dans la cellule et une seconde éclaircie extracellulaire 
parallèle au bord marginal dont elle épouse la courbe. 

L’abdomen de la ©, noir en dessus, est blanc jaunâtre en 
dessous, avec une fine ligne médiane noire et les incisions des 
anneaux noires. L’abdomen du Œ est également noir, avec un 
mince filet jaune sur le milieu, en dessous. On perçoit avec une 
loupe les mêmes incisions annulaires noires, coupant le filet ven- 
tral jaune. 


Actinote Callianthe, Felder. 


Le ©‘ est représenté sous les n°6 et7 dela PI XEVINdass 
Reise der œsterreich. Fregatte Novara um die Erde, etc, von 
D' Cajetan Felder, Rudolf Felder und Alois F. Rogenhofer; 
Wien, 1864-1867. 

La figure de l’Acfinote Callianthe Œ est rééditée dans l’ou- 
vrage de Seitz, sur la ligne à de la PI. 82. 

Ma collection contient 4 O', dont 2 ont été envoyés de Mani- 
zales; le 3° fut capturé dans un voyage entrepris de Bogota à 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE O5 





Buenaventura par feu Otto Thieme, du 14 décembre 1877 au 
22 février 1878. Le dernier figurait dans la collection Boisduval. 
Le D° Karl Jordan décrit, sans les figurer, les Aczinote Alba, 
Amaœæna, Ruja, comme Subspectes se rattachant à Callianthe. Je 
ne puis que regretter l’absence de figure 
Je ne connais pas les Acinote Naura, Druce, et Chea, Druce. 


Cette dernière est seule figurée dans l’ouvrage de Seitz, sur la 


ligne à de la PI. 81. 


Actinote Trinacria, Felder. 


La collection Boisduval contenait un seul S' de Colombie, 
conforme à la figure publiée dans Novara, sous les n° 2 et 3 de 
la PI XLVI, sauf que, dans mon exemplaire, la tache rouge, sur 
le dessus des supérieures, est d’un carmin moins intense et moins, 
pur et que les nervures noires, divisant la tache en question en 
trois parties, paraissent plus épaisses. 


Actinote Tenebrarum, Obthr. 


Je possède un O' que rapporta Otto Thieme de son voyage de 
Bogota à Buenaventura. L’Actinote Tenebrarum diffère de Tr1- 
nacria par sa taille plus grande, la forme de ses ailes plus 
arrondie. Le dessus de ses ailes est entièrement noir, avec un 
reflet bleu indigo. Le dessous ne diffère de T'rinacria que par le 
rétrécissement de la tache rouge cellulaire des supérieures. 


Actinote Tenebrosa, Hewitson. 


Une Q est figurée sous les n°° 33 et 34 de la PL Acræa VI, 
dans /{lustrations of new Species of exotic Butterflies (Vol. IV). 
Une autre ©, très différente de celle qui est représentée dans 
l’ouvrage de Hewitson, est figurée sur la ligne a de la PI 82, 
dans l’ouvrage de Seitz. Cette seconde Q paraît cependant bien 


96 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


être référable spécifiquement à la première; car je possède dans 
ma collection cinq Q d’Ambato (Equateur) parmi lesquelles 
trois sont analogues à celle qui a servi de modèle à Hewitson et 
deux se rapportent à l’autre qui est reproduite dans l’ouvrage de 
Seitz; mais dans ces cinq exemplaires on constate une transition 
incontestable entre les deux formes. 

T'encbrosa, Hewitson, est bien la Q de Segesta, Weymer, dont 
J'ai reçu plusieurs centaines d’exemplaires ©, tous pris à Ambato. 

Le © Tenebrosa (Segesta, Weymer) se trouve figuré sous le 
n° 1 de la Taf. III, dans Zepidopteren gesammelt auf einer Reise 
durch Colombia, etc., von Alphons Stübel. 

Segesta est donc un nom à supprimer de la Nomenclature. 
Le O' Tenebrosa, avec ce nom Segesta, a été figuré dans l’ouvrage 
de Seitz, sur la ligne à de la PI. 82. 


Actinote Flavibasis, Jordan. 


Décrit à la page 364 dans l’ouvrage de Seitz. Cette fois, le G 
a été figuré sur la ligne g de la PI. 81 et la Q sur la ligne e de 
la même PI. 81, mais avec le nom Ozomene, erroné par interpo- 
sition de }Zavibasis. Le D' Karl Jordan le fait d’ailleurs con- 
naître à ses lecteurs. 

Ma collection contient de Nouvelle-Grenade 10 Œ et 1 Q. 

Je considère comme variétés de Ælavihasis deux formes tout 
à fait pareilles, en dessus, c’est-à-dire avec la même tache basale 
rose sur les supérieures et le même reflet bleu indigo sur les ailes. 

C’est en dessous que sont caractérisées les différences. Chez 
Eulalia, la tache rose à la base des supérieures, est beaucoup plus 
étendue et d’un rose saumoné pâle; la cellule est close par un 
trait noir; les ailes inférieures ont le fond d’un brun foncé avec 
des points roses tout près du corps. Le rayonnement jaune de 
Flavibasis n'existe pas. 

Chez Eulo gia, la tache rose basilaire aux supérieures, se fond 
en une teinte jaune clair, vers son extrémité, et la tache rose 
s'étend assez loin pour qu’on puisse distinguer deux gros points 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 07 
noirs, l’un cellulaire, l’autre infracellulaire. Les ailes inférieures 
sont teintées de jaune tout près du corps, au lieu d’être, à cette 
place, colorées en rose, comme chez Æzxlalia. 

Je possède quatre C'; deux référables à Æzlalia, deux à Eu- 
logia. Tous les quatre viennent de Manizales. 


Actinote Dicæus, Latreille. 


Initialement figurée avec le nom de Æeliconius Dicæus, sous 
les n° 3 et 4 de la PL XLIT dans le Vol. II du Recueil d’Obser- 
vations de Zoologie et d’ Anatomie comparée faites dans l'Océan 
Atlantique, dans l’intérieur du Nouveau Continent, etc. par Al. 
de Humboldt et À. Bonpland. Dans la description, imprimée 
(loc. cit.), p. 130, Latreille semble indiquer que tous les exem- 
plaires de son Æeliconius Dicæus ne sont pas ornés de la petite 
ligne ou bande transverse et oblique d’un rouge carmin clair, 
près du milieu des ailes antérieures, en dessus. Cependant l’exem- 
plaire que fait représenter cet Auteur est assez largement pourvu 
de cette bande. 

Ma collection contient un C' de ceux qui furent rapportés par 
AI de Humboldt et A. Bonpland. Ce papillon a été aplati dans 
un livre comme les Ac/inote Neleus et Stratonice que ces illustres 
voyageurs ont collectionnées en Amérique méridionale, durant 
les années 1700, 1800, 1801, 1802 et 1803. 

L’ouvrage descriptif auquel a collaboré Latreille a paru en 
1833. 

Quoi qu’il en soit, la papillon Dicœus que j'ai sous les yeux 
est plus que centenaire. 

L’étiquette sur papier vert, probablement écrite par Latreille, 
est ainsi conçue : « Dice L' perou humb. » J'ai scrupuleusement 
respecté, dans cette copie, la manière dont fut écrit le texte que 
J'ai sous les yeux. 

À l’épingle est fixée une seconde étiquette, calligraphiée, 
celle-ci, par feu Buquet, qui fut trésorier de la Société entomo- 
logique de France et qui, doué d’un certain talent calligraphique, 


08 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





— 


avait été prié par le D' Boisduval d’écrire les étiquettes pour sa 
collection. 

Cette seconde étiquette est ainsi libellée : Dice. Latr. in Humb. 
Colombie. 

Ainsi le même spécimen étiqueté : perou, par Latreille, est 
réétiqueté Colombie par Boisduval. De plus, Latreille et Bois- 
duval donnent le même nom Dice sur leurs étiquettes respectives, 
alors que Latreille, à la page 130 du Recueil d’Observations, etc. 
fait imprimer Dicée (nom français) et Dicæus (nom latin). C’est, 
à mon sens, le seui nom Dicæus qui doit définitivement compter. 

Le D° Karl Jordan a fait imprimer : Diceus, à la page 365, 
dans l’ouvrage de Seitz. 

Je possède la variété O' Sinefascia, Jordan, chez laquelle la 
tache basale rose existe seule sur le dessus des ailes supérieures, 
à l’exclusion de la bande discale. 

La variété A/bofasciata, Jordan (PI 81; ©, ligne z) vient de 
l’Equateur (Loja-Ambato), d’où j'ai reçu plus de 150 ©, et de 
Sarayacü (Buckley), d’où j'ai aussi 2 G. Les variétés d’Ambato 
sont nombreuses; tantôt la couleur rose est plus pâle, tantôt la 
ligne noire qui sépare la partie rose est plus épaisse ou plus 
étroite. 

Je crois pouvoir rapporter à Dicæus et très près de la variété 
Albofasciata, une variété Pallasia, différente de Al/bofasciata : 
1° par la teinte rouge un peu orangée de la tache basilaire et de 
la bande discale à l’aile supérieure, en dessus; 2° par l’élargis- 
sement, en dessous, de la même tache basilaire et de la bande 
discale rouge. De plus, la ligne noire, épaisse, séparatrice de la 
tache basale et de la bande discale rouge, affecte une forme un 
peu courbe, au lieu d’avoir la direction droite qu’on remarque 
chez Albofasciata. Le reflet bleu indigo sur le milieu des infé- 
rieures, en dessus, est assez accentué; le bord marginal restant 
d’un noir mat. 

La ligne séparative noire des deux taches rouges aux supé- 
rieures peut disparaître; 1l ne reste plus qu’une grosse tache cellu- 
laire noire, comme dans la sous-variété Pallasinia. Je fais figurer 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 00 


Pallasia et Pallasinia dans le présent ouvrage. Pallasia et Palla- 
sinia ont été capturées à Chachapoyas, par M. de Mathan. 

La forme Rosaria, Weymer (S/übel-Reise, PI. III, fig. 2), a été 
recueillie à Honda (Nouvelle-Grenade), en quelques exemplaires, 
par M. de Mathan. 

La Q que Je possède, référable à Dicæus, m’a été envoyée par 
Fassl, comme provenant de Tolima (1.700 mètres), avec le nom 


de Olge. 


Actinote Amida, Hewitson. 


Initialement figurée, en dessus seulement, sur la PL XXII, 
dans Z'ransactions of the entomological Society of London, new 
Series, Vol. II, 1852-1853, et décrite p. 245, comme venant de 
New-Grenada. | 

Le C'et la Q sont représentés sur la ligne # de la PI. 81, dans 
l'ouvrage de Seitz. Je possède 3 O' et 1 ©, dont les provenances 
sont étiquetées ainsi qu’il suit : Cet Q Bogota; 1 G' Venezuela; 
MoNPéÉrou. 

En dessous, la bande extracellulaire et la tache basale des 
ailes supérieures du O' ne sont pas de la même couleur. La tache 
basale est rouge, la bande extracellulaire est jaune. 

Contrairement à l’opinion exprimée par le D' K. Jordan, je 
ne considère pas la © Thcogonia, Weymer (S/äbel’s Reise in 
Sud-Amertka, Taf. Il, fig. 13), comme la © Awida. 


Actinote Thespias, Weymer. 


La Q est figurée sous le n° 12 de la PI. II dans Szäbel, Reise 
in Sud-Amerika. Je possède trois exemplaires provenant de 
Merida (Venezuela). 

Le G — ou supposé tel — est décrit par K. Jordan (Seitz, 
p. 365), mais non figuré. Cette absence de figuration est très 
regrettable. Je crois posséder le G'; mais, faute de figure, dans 
un groupe où 1l est si difhcile de faire les identifications spéci- 


i00 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


fiques et les réunions de sexes avec certitude, une bonne repré- 
sentation coloriée de chaque unité serait tout à fait nécessaire. 

Je fais figurer le papillon que je crois pouvoir référer comme © 
à Z'hespras ©. Il porte l’étiquette Bogota et se trouvait dans 
l’ancienne collection Christ. Ward. Il a le fond des ailes, en 
dessus, d’un noir profond avec un très faible reflet indigo. Le 
dessous des inférieures est d’un brun mat très obscur. 


Actinote Callianira, Geyer. 


Le O' est figuré sous les n° 845 et 846 dans Zu/raege zur 
Sammlung exotischer Schmetterlinge, von Carl Geyer, publié à 
Augsburg, en 1837, comme Forsetzung des Huebner’ schen 
Werkes. 

Je possède 8 © de Huancabamba (Nord-Pérou) et de Chan- 
chamayo. 

Ce que Otto Staudinger représente comme Callianira 
Huebner, sur la PI. 32, dans Æxotische Tagfalter (Fürth, 1888), 
est A/bofasciata. 

En ce qui concerne Eyuris, K. Jordan, décrite à la page 365 
dans Seitz, non figurée, je pense qu’elle peut bien être considérée 
comme une variété de Callianira, Geyer. J’en possède 3 exem- 
plaires provenant de la Oroya, Rio Inamhari (S.-E. Pérou). Un 
spécimen est figuré dans le présent ouvrage. 

Quant à Szenia, K. Jordan, également décrite à la page 365 
dans le même ouvrage de Seitz, je pense que je puis lui rapporter 
8 d que J'ai reçus de Huambo et de Chachapoyas (Pérou). Je 
fais représenter un des exemplaires que je considère comme réfé- 
rables à Szenia. 

Chez Stenia, la ligne noire qui, sur le dessous des ailes supé- 
rieures, sépare la tache basilaire rouge de la bande discale jaune, 
peut être complète et s'étendre du bord costal jusqu’au bord 
interne, tout près de l’angle interne; ou bien elle peut être arrêtée 
à la nervure médiane, comme dans l’exemplaire que je donne 
pour modèle de figuration. L’abdomen de S/exza est entièrement 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE IOI 


noir; celui de Ewris a une ligne rouge sur le milieu de l’abdomen, 
en dessous. 


Actinote Jucunda, Jordan. 


Jerpossède 1 otde Bolivie et Crde Quito: 
Le o' de l’Espèce a été décrit et figuré dans l’ouvrage de 
Sets, (p.305 et 360,1. 8x, ligne Z. 


Actinote Griseata, Butler. 


Ma collection contient un seul G' provenant de Chanchamayo 
(Pérou) et dont les ailes sont semblables à la Q figurée dans 
l’ouvrage de Seitz, sur la ligne à de la PI. 81. 

Otto Staudinger me l’avait vendu sous le nom de A/tferia, 


Hopffer. 


Actinote Comta, Jordan. 


Figurée en dessus seulement, sur la ligne 4 de la PL 82 dans 
l’ouvrage de Seitz et décrite à la page 366, par le D' Karl Jordan. 

Je possède 3 © de Callanga, Prov. de Cuzco, au Pérou. 

Les ailes inférieures, en dessous, sont d’un gris pâle avec les 
nervures et les traits intranervuraux noirs; l’espace basilaire est 
plus clair et la partie extracellulaire plus foncée. 

La base des ailes supérieures, sur la face inférieure des ailes, 
est d’un noir mat, profond. 


Actinote Culoti, Obthr. 
Ambato (Equateur). 


J'ai fait figurer le C' sous le n° 3400 de la PI. CDVI, dans le 
Vol. XII des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée. 

Je ne connais pas en nature les Ac/inote Anaxo, Hopffer, non 
figurée, Ailaris, Jordan, figurée, mais en dessus seulement sur la 


102 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





ligne a de la PI. 82, Amphilecta, Jordan, Desmiata, Jordan, non 
figurées, seulement décrites aux pages 366 et 367 de l’ouvrage 


de Seitz. 


Actinote Eresia, Felder. 


Figurée dans Vovara, sous les n° 4 et 5 de la PI XLVI. 

J'ai reçu de Cochachamba, La Paz, en Bolivie, 3 d'et 1 Q de 
la forme Æyesina, Hopffer, ë7 Seitz, PI 82, ligne c; j'ai obtenu 
d’Ambato, en Equateur, 4 G'et 8 Q de la forme ZLep/ogrammma, 
Jordan, z# Seitz, PI. 82, ligne c. La © est seulement plus grande 


que le C. Autrement, les deux sexes sont semblables, comme chez 
Culoti. 


Actinote Lacrymosa, Obthr. 


Caucar 


Ressemble beaucoup pour ses ailes inférieures, en dessous, à 
Actinote Eresia. En dessus, les taches qui sont semées sur le fond 
noir des ailes, sont d’un jaune nankin clair. Aux supérieures, les 
taches en question, au lieu d’être plus ou moins confluentes, sont, 
chacune, encore plus séparées que dans ÆZ7esia ; les ailes infé- 
rieures sont plus noircissantes. 


Actinote Laverna, Doubleday. 


Figurée sous le n° 4 de la PI XVIII, dans 7 ke Genera of 
Diurnal Lepidoptera, by Edward Doubleday et John West- 
wood, 1llustrated by William C. Hewitson. Ce bel ouvrage fut 
publié à Londres, de 1846 à 1850; le premier volume où se 
trouvent les Acræide, fut l’œuvre de Edouard Doubleday. 

La figure de Zaverna donnée sur la ligne e de la PI. 82, dans 
l’ouvrage de Seitz, ne semble pas présenter une idée exacte de 
lÆspèce 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 103 





En effet, chez Laverna, qui vient de Venezuela, la couleur 
jaune, sur les ailes supérieures et les ailes inférieures, en dessus, 
n’est pas uniforme. Malgré cela, la figure en chromolithographie 
publiée sur la PL 82, ci-dessus relatée, donne une même colora- 
tion rouge orange sur les taches basilaire et extracellulaire de 
l’aile supérieure et sur l’aire médiane des ailes inférieures, en 
dessus, seul côté des ailes dont Seitz nous donne la représen- 
tation. 

En réalité, si la teinte de la tache basilaire est d’un rouge 
orange, la couleur de la tache extracellulaire est plus claire. 
D'ailleurs la figure publiée dans 7'ke Genera of Diurnal Lepi- 
doptera rend bien la physionomie de l’Ac#inote Laverna. 

Je puis apprécier ce qu’est exactement Zaverna par le moyen 
de trois échantillons, 2 G' et 1 Q, que contenait la collection 
Boisduval. Je suis porté à croire que ces trois échantillons sont 
contemporains de celui qui a servi de type à Doubleday et qui 
a été reproduit par Hewitson. 

Le D' Boisduval était l’ami des trois collaborateurs dont, 
plus haut, j'ai rappelé les noms : Ed. Doubleday, Westwood et 
Hewitson. Le savant Entomologiste français s’intéressait vive- 
ment à la publication du Genera of Diurnal Lepidoptera. X] avait 
prêté plusieurs papillons précieux, afin qu’ils fussent figurés dans 
l’ouvrage. De plus une participation commune aux mêmes envois 
se produisait assez souvent. 


En ce qui concerne Laverna, les spécimens de la collection 
Boisduval, à cause des étiquettes anciennes, des épingles et de 
la façon dont les ailes se trouvent étendues, indiquent une pro- 
venance probablement anglaise. [1 est permis, sans invraisem- 
blance, de les attribuer à la même source d’où était issu le spe- 
cimen typicum de Edward Doubleday. 

L’'Actinote Laverna G' n’a pas été figurée en dessous; la Q 
n’a Jamais été représentée. 

Le groupe d’Espèces auquel appartient Zaverna contient plu- 
sieurs formes distinctes entre elles, mais dont les différences ne 
peuvent ressortir qu’au moyen d’une excellente figuration. Cette 


104 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





considération me porte à faire représenter, en dessus et en 
dessous, les deux sexes d’Ac/inote Laverna, d'autant plus que, 
sur la ligne e de la PI. 82, la figure donnée par Seitz, — outre 
qu’elle est incomplète, puisqu'elle ne comprend pas le dessous 
des ailes, — est, ainsi que Je l’ai exposé ci-dessus, très défectueuse 
comme coloration. 


Actinote Euclia, Dognin. 


Au temps où M. Dognin travaillait utilement pour le progrès 
de la Science entomologique et estimait que la publication 
d’excellentes figures est nécessaire pour assurer la connaissance 
exacte des Espèces de Lépidoptères nouvellement décrites, cet 
Entomologiste faisait paraître, relativement à :a faune lépidop- 
térologique de Loja (Equateur), un ouvrage illustré qui méritera 
toujours l’estime et la reconnaissance publiques. 

Dans la première livraison (Paris, 1887), M. Dognin donne, 
sous le n° 3 de la PI. I, une figure coloriée, très bien reproduite, 
de l’Acrea Exuclia. 

De cette figure, 1l appert que les Ac#inote décrites avec les 
noms de Zypsipetes, Catochæera et Bulis par le D' K. Jordan et 
figurées, — malheureusement en dessus seulement, — sur la 
ligne e de la PI. 82, peuvent être envisagées comme des races 
locales d’ÆEuclia. 

Leontine, Weymer, figurée sous le n° 4 de la PL III, dans 
Stübel Reise in Sud-America, est vraisemblablement l’une des 
formes Q de quelqu’une des formes dont les noms sont rapportés 
ci-dessus. 

Ma collection contient 2 G' de Quito et 1 Œ du Pérou aussi bien 
référables à Ca/ochæra qu’à Bulis. Ils diffèrent seulement de 
Euclia, Dognin, parce que la bande orangée extracellulaire n’est 
pas aussi large. 

Je crois qu’une Espèce (ou Race locale?), très voisine d’ÆEuc/a, 
est celle que j'ai appelée Avuncula; en dessus, elle ressemble 
beaucoup à Bulis, Catochæra et même ÆEuclia; mais, en dessous, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 105 





elle est bien distincte par ses ailes inférieures d’un brun rouge 
uni, Simplement traversé par les nervures noires et par les traits 
intranervuraux également noirs. 


Je possède 2 O' envoyés de Chachapoyas par Marc de Mathan. 


Actinote MenϾtes, Obthr. 


Ma collection contient 2 ' bien semblables entre eux, prove- 
nant de l’Equateur (Ambato). 

Menaætes diffère de Euclia, en dessus, par la couleur jaune très 
pâle des ailes inférieures et de la tache extracellulaire des supé- 
rieures, la tache basale restant un peu plus rougeûtre. On dis- 
tingue un gros trait cellulaire noir. Le fond des ailes est d’un 
noir profond; la séparation noire, entre les deux taches jaunes 
des supérieures, est épaisse. Le dessous des ailes ressemble beau- 
coup, mais en plus pâle, à Euclia, Bulis, etc. 


La tête, le corps, les pattes sont d’un noir profond. 


Actinote Momina, Jordan, 
et Actinote Demonica, Hopffer. 


Les deux Espèces se ressemblent parfaitement en dessus. La 
distinction en parait difficile à saisir d’après les observations 
imprimées dans Seitz, p. 368. Je crois comprendre, sans en être 
bien sûr, que c’est en dessous qu’elles diffèrent. 

En effet, l’une : Momina, aurait le ground colour du dessous 
entièrement rougeâtre, avec une éclaircie sur l’espace cellulaire 
des inférieures; l’autre : Demonica, aurait la tache extracellu- 
laire des supérieures jaune clair et l’éclaircie médiane des infé- 
rieures plus prononcée ? 

Il est très regrettable que Seitz n’ait pas publié la figure du 
dessous des ailes et se soit borné à représenter sur les lignes à 
et e de la PI. 82 le dessus des ailes qui est tout à fait le même 
chez Momina et Demonica. 


106 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Je tâche de combler la lacune en faisant figurer non seulement 
le dessus, mais aussi le dessous des ailes des deux Aczinote, si 
voisines l’une de l’autre. J'ajoute la figuration d’une forme rouge 
de la Q Demonica, très différente des formes © représentées 
dans l’ouvrage de Seitz; c’est sans doute la forme Awrantia, 
Jordan (42 Seitz, p. 368), dont la figure a été omise. 

Mes exemplaires de la supposée Momina proviennent des loca- 
lités suivantes : Chanchamayo, Callanga (Prov. Cuzco), au Pérou; 
Cochabamba, La Paz, en Bolivie. 

Mes exemplaires de Demonica sont étiquetés comme suit 
Huambo, Tambillo, Moyobamba, Chachapoyas, au Pérou; Rio 
Tanampayo, en Bolivie. 


Actinote Moyobambæ, Obthr. 


Décrite d’après un O' pris à Moyobamba, par M. de Mathan. 

En dessus, fond des ailes brun noir: bordure brune des infé- 
rieures très large; une barre noire traverse la cellule des supé- 
rieures; la base des supérieures et le disque des inférieures est 
rouge orange; la tache extracellulaire des supérieures est étroite, 
de forme un peu sinueuse, de couleur ocre jaune. Aux inférieures, 
une ombre brune courbe passe à l’extrémité de l’espace cellulaire. 
Le dessous des supérieures reproduit le dessus, en plus pâle. 
Dessous des inférieures à peu près comme chez Æwclia, Bulis, 


Catochera. 


Actinote Rufina, Obthr. 


J'ai un S de Cochabamba, un C de Baños-Canelos (Equateur), 
une © d’Ambato. 

Ces trois spécimens sont de taille relativement assez grande; 
le d mesure 5 centimètres et la Q 6 centimètres, depuis l’apex 
gauche jusqu’à l’apex droit. Le fond des ailes est ocre rouge 
avec un trait noir cellulaire et un entourage brun noirâtre, de 
moyenne largeur pour les quatre ailes. La barre noire qui sépare 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 107 











la tache basale de l’extracellulaire, aux supérieures, est assez 
épaisse. La Q a la base et le milieu des supérieures presque 
hyalin; de plus, la teinte ocre rouge des supérieures est plus pâle. 

Le dessous du d est comme le dessus, mais avec la coloration 
atténuée. Le dessous de la Q a un aspect huileux vitreux et 
semble dans certaines parties dépourvu d’écailles. 


Actinote Anteas, Doubleday. 


Je déclare ne pas connaître la véritable Ac/inote Anteas dont 
les ailes supérieures, en dessus, sont ornées de taches d’une cou- 
leur jaune primevère, ainsi que cela est représenté sous le n° 5 
de la PI. XVIII, dans 7 Le Genera of Diurnal Lepidoptera. Le 
D" K. Jordan ne connaît pas plus que moi la forme figurée par 
Doubleday, car le papillon qu’il appelle Ay/eas et qu'il fait 
représenter sur l’espace d de la PI. 83, dans l’ouvrage de Seitz, 
montre des taches colorées en fauve très pâle et nullement en 
jaune primevère. 

Je possède des exemplaires semblables à A/eas, selon Jordan; 
mais, Je le répète, Je n’ai Jamais rien vu de pareil à la forme 
représentée par Doubleday. 

Ici, se pose la question suivante : Est-ce que la coloration 
donnée sur la PI XVIII du Genera of Diurnal Lepidoptera est 
exacte ? 

À mon avis, la réponse doit être affirmative; les planches, dans 
le Genera, ayant été dessinées et coloriées avec le soin le plus 
consciencieux. 

L’Acfinote Ânteas provient de Venezuela et, d’après le texte 
du Genera, existait dans la collection du British Museum. Si 
l’exemplaire type y existe encore, on peut se rendre compte de 
la coloration réelle, à moins cependant que le temps, dont l’action 
est fatale, n’en ait modifié la teinte si fraîche et si délicate. Mais 
ne perdons pas de vue ceci : Tous les papillons que nous connais- 
sons et qui sont figurés dans le Genera, y sont parfaitement 
reproduits. Ad omnibus disce unum. 


108 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Feu Otto Staudinger, dans Æxotische Tagfalter, représente 
Anteas conforme à la figure donnée par Seitz, c’est-à-dire tout 
autrement que dans l’ouvrage de Doubleday. D'ailleurs Stau- 
dinger a soin d’avertir qu’il ne possède pas le livre de Dou- 
bleday, « ... aber das Doubleday-Hewitson’sche Werk, worin 
Anteas algebildet ist, habe ich leider im Augenblicke nicht ber 
der Hand ». 

Dans Biologia Centrali-Americana, V' Acræa Anteas Q (non ©) 
est représenté sous le n° 1 de la PI. 16, avec une coloration d’un 
ferrugineux très pâle, mais non jaune primevère, pour les macules 
des ailes supérieures, en dessus. 

Cela est une nouvelle preuve que la véritable Ac/inote Anteas, 
Doubleday, n’est présentement connue de personne. Sans doute 
elle est localisée dans quelque contrée du Venezuela où elle n’a 
pas été recherchée depuis sa découverte ? 


Le D' Karl Jordan cite trois for». nov. voisines d’Anfeas, 
savoir : Æolochroa, Ochrotænia, Straminosa; 11 les décrit assez 
sommairement, mais 1] ne les figure point. 

De même, en révisant les Ac/inote du groupe de 7'kalia, Linné, 
qui est l’Espèce la plus anciennement connue de tout le Genre 
et qui a été figurée sous le n° 53 de la PI. 43, par Charles Clerck, 
à Stockholm, en 1750, dans /cones Insectorum rariorum cum 
nominibus eorum trivialibus locisque e C. Linnei Arch. R. et Equ. 
Aur. Syst. Nat. allegatis, le D' Karl Jordan nomme pour la pre- 
mière fois, sans les figurer, une foule de subspecies et form. nov. 
dont la plupart ne se trouvent pas représentées sur les Planches 
de l’ouvrage de Seitz. 

Pourtant, c’est surtout dans ces groupes où les diffèrences spé- 
cifiques sont peu apparentes, quoique semblant certaines, et où la 
distinction entre chaque Species, Subspecies, Forma, est souvent 
difficile à saisir exactement, surtout au moyen d’une description 
assez sommaire, que les bonnes figures sont le plus nécessaires. 

Du reste le D' K. Jordan n’ignore point les difficultés du 
sujet qu’il traite; je ne puis mieux faire que de mettre sous les 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 100 





yeux du Lecteur les observations, d’ailleurs très judicieuses, 
écrites par l’Auteur et imprimées à la page 370 de l’édition fran- 
çaise : Les Macrolépidoptères du Globe. 

Voici le morceau en question 


« L'étude des Ac/inote du groupe 7'Lalia qui vivent dans les 
Andes, tant qu’elles n’appartiennent pas aux espèces précédentes, 
présente de telles difhcultés que nous ne sommes pas arrivés à 
des résultats satisfaisants. D’après mon matériel, 1l vole dans 
plusieurs districts 3 ou 4 formes indépendantes les unes des 
autres, c’est-à-dire différentes au point de vue spécifique, mais 
dont les différences avec les particularités d'exemplaires d’autres 
districts sont si minimes, qu'il est actuellement impossible de 
donner une diagnose précise de ces espèces. Plusieurs formes sont 
assez constantes en couleur; d’autres au contraire varient mani1- 
festement du rouge orange au gris Jaune pâle; le dessin, l’écail- 
lure, la forme des ailes, les parties génitales et la nervation 
n’offrent aucune particularité tranchée, d’après laquelle on 
pourrait réunir en espèces des exemplaires provenant de contrées 
différentes. 

Vis-à-vis de telles circonstances, il nous paraît indiqué de ne 
désigner pour le moment que les formes facilement reconnais- 
sables et de considérer les autres comme des variations pro- 
bables jusqu’à ce que par des recherches ultérieures sur un 
matériel plus riche et à la suite de résultats plus précis, fournis 
par les élevages, nous ayons des données plus exactes sur ces 
formes douteuses. Considérant que les chrysalides dont Je pos- 
sède deux formes andiniques, ont de courtes épines, tandis que 
les chrysalides d’une forme brésilienne appartenant à À. pellenea 
et venant de la Bolivie orientale, ont de longues épines, Je consi- 
dère les formes andiniques comme À. eqguatoria et celles qui volent 
dans les régions qui s'étendent de l’est des Andes jusqu’à 
l'Atlantique et du côté du nord jusqu’à la côte nord du Vene- 
zuela, comme À. pellenea. Cette division purement géographique 
sera certainement reconnue fausse, cax plusieurs formes andi- 


niques appartiennent à À. pellenea; mais elle a l'avantage, pour 


8 


110 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


_ 





nos connaissances actuelles encore imparfaites, de pouvoir rela- 
tivement facilement trouver les noms d’exemplaires dont le lieu 
de capture serait erroné. » 


Le D' K. Jordan ne se fait point d’illusion sur la satisfaction 
que peut donner son ouvrage. « Nous ne sommes pas arrivés à 
des résultats satisfaisants », dit-1l; de plus, la division géogra- 
phique qu’il adopte faute de mieux, sera, —— toujours d’après 
lui, — reconnue fausse. 

Alors, quelle utilité peuvent avoir les descriptions sans figures 
et quel cas pouvons-nous en faire raisonnablement ? On dirait 
que voulant imiter Dédaie, fils d’'Hymétion, constructeur du 
fameux Labyrinthe, le D' K. Jordan a voulu édifer, à l’intention 
des Entomologistes, une indéchiffrable énigme, puisqu'il nous a 
refusé les figures qui auraient été pour nous le peloton de fil 
lhibérateur. Moins heureux que Thésée, nous n’avons pas trouvé 
notre Ariane. 

Dans cette circonstance, quel parti prendre ? 

Je n'hésite pas un instant; je considère comme nuls et non 
avenus tous les noms que n’éclaire pas une figure et, sans me 
flatter de résoudre toutes les difficultés que le D’ Karl Jordan 
a ressenties et que Je n’ignore point, je me ferai un devoir, au 
moyen de bonnes figures qui seront l’œuvre de mon digne ami, 
le Maître J. Culot, de mettre tous les Entomologistes à même de 
connaître à quoi s'appliquent les dénominations que je donne 
aux Ac/inote non encore figurées jusqu’à ce Jour. 

Les descriptions sans figure, c’est l’œuvre de l’Erèbe, fils du 
Chaos et de la Nuit; les descriptions avec bonnes figures, c’est 
au contraire le produit de l’intervention de l’Aurore qui ouvre 
les portes du Jour. 

Encore une fois, je me demande à quel mobile le D' Karl 
Jordan a bien pu obéir, en s’abstenant de figurer un si grand 
nombre de nouvelles formes auxquelles 1l donnait pourtant des 
noms. 

A-t-1l voulu fabriquer des types à ajouter à tous les autres 


et obliger les Entomologistes, avides de vérité, à franchir la mer, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 5 





— abstraction faite des submersibles, des torpilles et des mines, 
— et à entreprendre, avec leur collection de papillons ‘dans leurs 
bagages, le pèlerinage vers le Bois sacré au milieu duquel est 
bâti le Temple qui renferme les précieux types ? 

Le fruit du voyage, me dira-t-on, ce serait sans doute l’obten- 
tion de la détermination cherchée, grâce à la comparaison faite 
sur place des specimina determinanda aux specimina ty pica. 

Cependant est-il admissible qu’une pareille dépense, sans 
parler de la perte de temps, soit imposée à chacun, en particulier, 
pour prix de la vérité ? 

Mes contradicteurs qui, pour protester contre l’adage : « Pas 
de bonne figure à l'appui d'une description, pas de nom valable », 
invoquent les frais élevés que coûte l’exécution de bonnes figures, 
seraient bien aimables d’envisager cet autre côté de la question 
financière que je prends la liberté de signaler à leurs méditations. 

Tout de même :l est, au sens général, plus économique de 
publier une bonne figure qui n’est pas unique comme le /yprcum 
specimen et qui survit plus sûrement à la destruction, presque 
inévitable par l’action du Temps, des specimina typica. 

Avec la bonne figure publiée dans un livre, les Entomologistes 
désireux d’obtenir une détermination exacte, sont dispensés 
d’un long et onéreux déplacement. 

Lorsque le Professeur-Docteur Adalbert Seitz lança le muri- 
fique Prospectus relaté plus haut, il avait senti cette gêne que Je 
signale, sans me fatiguer, car la vérité doit toujours être rappelée 
à ceux qui, obstinément et de parti pris, se refusent à la recon- 
naître. 

Ledit Professeur-Docteur semblait animé d'excellentes inten- 
tions. On dit d’ailleurs que l’enfer en est pavé. Mais on dit aussi 
qu’il y a loin de la coupe aux lèvres et qu’il parait plus aisé de 
promettre que de tenir. 


Ceci étant posé, je vais tâcher de travailler sans laisser en 
arrière le moindre rideau d'ombre. Une fois de plus, je déclare 


que je considère définitivement comme valables les seuls noms 


112 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





attribués à des Lépidoptères qui ont été figurés avec une per- 
fection suffisante. Les descriptions sans figure constituant une 
obstruction attentatoire au progrès de la Science, 1l n’y a pas 


à en tenir compte. 


Voici donc les Species, Subspecies où Forme d’Actinote dont 
je crois devoir publier la figuration, parce qu’il me semble que 
la figure n’en a pas encore été reproduite Jusqu’ici, au moins 
d’une façon suffisante 


Actinote Morio, Cbthr. 


Caraça (Brésil); j'ai reçu de P. Germain (2° semestre 1884) 
1 d'et1 Q.Il y avait un O' dans la collection Boisduval. 

Assez grande Espèce; le G' mesurant 5 à 6 centimètres et la Q 
près de 7 centimètres, d’un apex à l’autre; fond des ailes brun 
noir en dessus; aux supérieures, l’espace basilhaire et inférieur 
à la nervure médiane, a les écailles moins denses, de sorte que 
l’aspect est un peu hyaln et brillant par opposition au reste des 
ailes qui est mat. Dans la cellule, 1l y a d’abord un espace clair, 
puis une tache formée de quelques atomes jaunâtres, près de 
l'extrémité. La tache extracellulaire est composée de quatre taches 
d’un jaune nankin, séparées entre elles par les nervures noires. 
Sur les inférieures, on distingue par transparence les traits intra- 
nervuraux du dessous des ailes. En dessus, la tête, le corps et 
l’abdomen sont tout noirs. 

Le dessous des ailes supérieures est plus pale qu’en dessus et 
montre les mêmes taches; le dessous des inférieures est d’un 
jaune d’ocre clair, traversé par les nervures noires et les traits 
intranervuraux, également noirs. 

Le dessous de l’abdomen est jaune pâle; deux lignes latérales 
noires, partant de la base du thorax, se réunissent au point anal 
qui est noir et pourvu d’un appareil corné, en forme de V. 

Il y a deux taches thoraciques jaunes, entre les pattes; les 


palpes sont noirs, aimsi que les antennes. 


PA 
4 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 11 


[2] 


Actinote Lorida, Obthr. 


Décrite d’après un Œ de la collection Boisduval; l'étiquette 
porte : Amérique méridionale. 

Envergure : 5 centimètres; en dessus, fond des ailes brun noir; 
le disque des inférieures orange; toutes les taches ordinaires des 
supérieures hyalines, sauf vers la base, au-dessous de la nervure 
médiane où l’on voit un semis d’atomes d’une couleur orangée. 
La cellule est traversée, dans son milieu, par un gros trait noir. 

Le dessous reproduit le dessus, mais les ailes inférieures sont 
traversées, du bord costal vers le bord anal, par une bande coudée 
assez développée. 


Actinote Hahneli, Stoer. 


Provient de Merida (Venezuela) où l’avait prise le chasseur 
Hahnel, originaire, Je crois, de Sagan, et qui récoita pour moi 
d’abord à San Esteban (Venezuela); puis pour Otto Staudinger, 
notamment dans la région amazonienne. 

Hahnel était un Entomologiste très habile. Feu Staudinger me 
vendit, avec le nom de Æaneli, un exemplaire d’A c/inote que 
je fais figurer, pour assurer ce nom qui a été conservé par le 
DAKarljordan-(Seitz p.370): 

Je fais représenter, avec le nom de Merideæ, une variété ou 
peut-être Aberration de A c/inote Hahneli, capturée également à 
Merida. La bande médiane, transverse, aux ailes inférieures, et 
la disposition des taches subbasilaires, jaunes, sur le dessus des 
supérieures, sont un peu différentes. 


Actinote Auloeda, Obthr. 


Je possède trois exemplaires pris par E. Gounelle, en 1803, 
dans l’Etat de Pernambuco, à un lieu dit : Serra de Communaty. 
L’Actinote Auloeda est remarquable par l'extension de la 
teinte orangée sur la base des supérieures et la surface des infé- 
rieures, en dessus. La bordure noire des ailes inférieures est très 


114 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


étroite, très dentelée intérieurement ; les nervures ne sont pas 
accusées en noir; Awloeda est, dans son ensemble, une forme très 
peu mélanisante en dessus. 

En dessous, le fond des ailes est d’un fauve orangé pâle; les 
inférieures sont traversées, dans leur milieu, par une ligne brisée 
peu accentuée. 

Le dessous de l’abdomen et notamment la petite poche anale 
sont de couleur jaune. 


J'aborde le côté plus critique et plus difficile de la question. 
Je me trouve en face d’une série d’Espèces (ou Formes ?) aux- 
quelles convient une même description, mais qui paraissent être 
distinctes entre elles. D'ailleurs je les classe par localités, et, afin 
de commettre le moins d’erreurs possible, je laisse de côté toutes 
les unités chez lesquelles je ne dispose pas authentiquement des 
deux sexes, c’est-à-dire du O' et de la ©, émanant du même 
envoi et récoltés ensemble au même lieu. Je m’entoure donc de 
toutes les garanties au moyen desquelles je désire éviter les 
faux pas. 

Mon but est de donner quelques points de repère bien certains, 
grace à une figuration qui montre exactement et complètement 
chaque Espèce (ou Forme ?) sous son aspect véritable, de façon 
à les rendre toutes reconnaissables, surtout si l’on a devant soi 
des individus d’une provenance identique à ceux que je fais 
représenter et dont j’indique minutieusement l’origine dans cet 
ouvrage. 

Il est souvent difficile de réunir bien sûrement les deux sexes 
dans les nombreuses Espèces et Formes du Genre Actinote. Je 
crois qu’il faut se garder d’apparier des et des Q de prove- 
nance différente, même peu éloignée. Je présente donc le matériel 
qui doit servir de modèle à la figuration, comme suit 


Actinote Brettia, Obthr. 


Manizales, reçu de A. M. Patino; Voyage de Bogota à Buena- 
ventura, récolté par Otto Thieme, depuis le 14 décembre 1877 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 115 





au 22 février 1878; Cauca, Juntas, colligé par M. de Mathan, fin 
de l’année 1807 et commencement de 1898; en tout 25 d'et I Q. 

L’Actinote Brettia varie un peu pour la taille; elle est remar- 
quable par la forme allongée de ses ailes antérieures, le dévelop- 
pement, dans le sens de la longueur, des taches basilaires qui, en 
dessous, se relient fréquemment, aussi bien près du bord costal 
que du bord interne, à la tache maculaire extracellulaire. La poi- 
trine est marquée, entre les pattes, de deux points Jaunes ; le 
dessous de l’abdomen a le milieu jaune entre deux lignes latérales 
noires, le reste étant d’un blanc jJaunâtre, sauf sur la face dorsale 
qui est noire. La couleur tire, — un peu plus ou moins, — vers 
l’orange. 

L’Actinote Brettia ressemble à Crucis, Jordan, 2x Seitz (PI. 83, 
ligne c); mais la forme est différente; comme il est dit plus haut, 
les ailes supérieures sont sensiblement plus allongées. Tous les 
exemplaires que J'ai sous les yeux sont bien conformes entre eux 
dans leurs caractères essentiels. Les nervures noires sont assez 
épaisses. Je fais représenter 2 O' et 1 Q. 

Le papillon figuré par Otto Staudinger, dans Æ£xotsche Tag- 
falter, sur la PI. 32, comme O' d’Acræa Anteas, Dbd. et qui paraît 
une ©, ressemble à la © de Acfinote Brettia, Obthr. Mais 
l’'Anteas, selon Staudinger, n’est pas l’Au’eas, selon Doubleday, 
ainsi que Je l’ai exposé plus haut, n1 l’Anfeas, selon Godman et 
Salvin (Biolog. Centr. Americ., Tab. 16, fig. 1). Cette dernière 
forme (ou peut-être Espèce spéciale ?) se trouve dans l’ Amérique 
centrale. Je la possède, conforme à la figure précitée, venant de 


S. Pedro Sula (Honduras). 


Actinote Byssa, Obthr. 


Merida et Caracas (Venezuela). 

Feu Otto Thieme a recueilli cette Ac/inote, en mai et juin 
1877. Ma collection contient 11 exemplaires. 

’Actinote Byssa, très voisine de Anteas, est assez grande. 
Les ailes inférieures et la base des supérieures, en dessus, sont 


110 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





colorées en orangé assez vif et la tache extracellulaire est grosse 
et Jaune pâle; la bordure noire des inférieures est large. En 
dessous, les ailes inférieures, sauf à l’espace basilaire qui reste 
clair, sont jusqu’au bord terminal salies d’une ombre brune. 


Je fais représenter un O' et une Oside Merida. 


Actinote Lolia, Obthr. 


Cochabamba, Vungas del Espiritu Santo, en Bolivie; 2 GO 
reçus de P. Germain, en 1880. 

IT y avait un exemplaire semblable et originaire de Bolivie, 
dans la collection Boisduval, avec le nom de Zolia (in Musæo) 
que J'ai conservé. 

Je fais représenter les 2 O' de Cochabamba. 

Lolia ressemble aussi à Crucis, Jordan; mais la bordure noire 
des ailes inférieures, chez ZLolia, est faiblement indiquée, tandis 
qu’elle est épaisse chez Crucis. Le fond des ailes est orange pâle; 
la bande noirâtre qui sépare, aux ailes supérieures, en dessus, là 
tache basilaire orangée de la tache extracellulaire, de même cou- 
leur, est étroite. 

En dessous, la surface des ailes inférieures est d’un Jaune très 
clair, ainsi que la tache extracellulaire des supérieures. L'ombre 
extracellulaire, qui forme un angle saillant aux inférieures, est 
bien indiquée. 

Les côtés de la poitrine sont un peu ponctués de jaunàtre; 
l’abdomen est blanc jaunâtre, en dessous, mélangé de noir; sa 
face dorsale est noire. 


Actinote Brylla, Obthr. 


Santo Antonio dos Brotos, Districto de San Fidelis, Prov. 
Rio de Janeiro; reçu de Auguste Vincent (de von), qui séjourna 
au Brésil depuis 1876 à 1882. 

Je fais figurer un et une ©, celle-ci sans doute obtenue 
d’éclosion; car, à l’épingle de cette Q est fixée, sur une tige de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 1007 
plante, la chrysalide blanche, rayée de noir avec de longues épines 
noires, d’où est sorti le papillon. 

L’Actinote Brylla est du groupe de Pellenea, Huebner, dont 
elle diffère surtout par le rembrunissement uniforme de la sur- 
face des ailes inférieures, en dessous. 

Hucbner a figuré 2 O' en dessus et en dessous. 

Les ailes inférieures de Pellenea, Huebner, sont d’une couleur 
orangée, traversées par un chevron extracellulaire, allant du bord 
costal au bord anal, assez prononcé, mais net et bien séparé de 
la couleur du fond. Au contraire, chez Brylla &, l’aile inférieure 
est entièrement brune, sans présenter le chevron angulaire plus 
foncé, mais avec une éclaircie extracellulaire, approchant tout 
près du bord costal et qui manque chez Pellenca. 

‘fa Drest beaucoup plus grande; en dessous, elle est très pale; 
il faut regarder le papillon sous un certain jour, pour distinguer 
l’éclaircie costale des ailes inférieures. On aperçoit une trace 
brune, très fine, du chevron extracellulaire. 


Il est possible que B7ylla soit une variété de Pelleneu. 


Actinote Bubona, Obthr. 


S. Antonio de Barra, dans la province de Bahia, au Brésil, 
d’où Ch. Pujol m’a envoyé une série d'exemplaires C' et Q. 

L’Actinote Bubona est une grande Espèce. 

Le O', en dessus, ressemble à Carycina, Jordan (4x Seitz, PI. 83, 
ligne à); mais les taches basilaires sont bien plus développées, 
c'est-a-dire simplement séparées par les nervures noires qui ne 
sont pas démesurément grosses. Chez Carycina, la partie basi- 
laire jaune forme quatre taches, très séparées par l’envahissement 
du fond noir. 

Le dessous des ailes est clair; on voit sur les ailes inférieures 
une trace de chevron brun, extracellulaire, et une tache plus pâle, 
sur le côté extérieur de ce chevron, près du bord costal dont elle 
est séparée par la nervure noire. 


118 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Je fais figurer, avec le C, deux formes de ©, l’une qui est plus 
obscure en dessus, et l’autre qui est plus pâle. En dessous, elles 
sont très analogues. 

L’Ac/inote Bubona est très voisine de Brylla; mais les couleurs 
de Bubona, en dessus, sont plus vives et le dessous des ailes est 
plus clair chez Bzbona. 


Actinote Brychia, Obthr. 


Nouvelle-Grenade, Rio Magdalena à Bogota (Otto Thieme, 
août et septembre 1877. 

Le c, uniformément orange, ressemble à B7ylla, mais est plus 
petit. En dessous, les ailes inférieures sont très différentes; tandis 
que chez Brylla, la surface est presque entièrement brune, avec 
une seule tache plus claire, extracellulaire, voisine du bord costal, 
comme 1l est dit plus haut, dans la description, chez Brycia, la 
surface des ailes inférieures est orangée avec le bord marginal 
brun. La ligne coudée, en chevron, extracellulaire, allant du bord 
costal vers le bord anal, est sinueuse, assez fine et nette. 

Le dessous des ailes inférieures de Bryclua serait plus voisin 
de celui de Buhona; mais la forme des ailes et la teinte du dessus 
des ailes diffèrent. Chez Brychia d, les nervures des aïles infé- 
rieures sont très fines, ainsi que les traits imtranervuraux. 

En dessus, la Q Brychia a les taches des ailes supérieures 
Jaune pâle, tandis que la surface des inférieures est orangée. 

Ma collection contient 8 gf et 3 Q. 


Actinote Byzas, Obthr. 


Venezuela; Caracas (Otto Thieme, mai, juin 1877); et S. Fer- 
nando Apure (Laglaize, 1806). 

Petite Espèce, caractérisée, en dessus, par la ligne noire, coudée 
en chevron, descendant du bord costal au bord anal des infé- 
rieures, et par la tache extracellulaire d’un jaune plus pâle que 
la tache basilaire et la surface des inférieures. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 119 

Le dessous des ailes est très remarquable; l’ombre brune qui 
représente la ligne coudée en chevron du dessus, est épaisse et 
entre deux parties claires, celle de la base et une bande qui la 
sépare du bord terminal, lequel est brun. 

Jémossede unetsenende 15: ohet31 01e fais figurer 10. et 
“Uas 

Je désigne sous le nom de /#sularis une variété prise à l’île de 
Trinidad, en décembre 1911, par Miss Marg. Fountaine. J'en fais 
représenter une paire. Dans cette variété /zsularis, la bande jaune 
clair, extracellulaire, se prolonge jusqu’à l’angle interne. 


Actinote Brauronia, Obthr. 


Venezuela; Merida. 


Il y a en Venezuela une autre Espèce d’Ac/inote plus grande 
et plus forte que Bysas. Le C de Brauronia a les ailes supérieures, 
en dessus, quelquefois uniformément d’un jaune clair, d’autres 
fois la base des ailes est orangée; les taches basilaires sont 
séparées par des traits nervuraux, noirs, épais. 

J'ai sous les yeux 7 G'et 2 Q de Merida; ils sont certainement 
différents des 13 d' et 3 Q de Caracas et S. Fernando Apure. 
Une même description leur convient ; mais Bysas est frêle autant 
que Brauronia paraît robuste. Le fond noir des ailes est très vif 
et opaque chez Brauronia S'; chez By3as, le fond brun des ailes, 
sans être transparent, est cependant bien moins densément coloré. 

Je crois que Byzas et Brauronia, dont je fais figurer 1 et 
1 ©, sont spécifiquement distincts. 

La ©, chez Brauronia, ressemble à la © Bubona, mais la forme 
des ailes est beaucoup plus élancée. 


Actinote Zaratensis, Obthr. 


J'aireçu 3 paires de Zarate (Rép. Argentine) en 1881. 
Le d est de teinte pâle et comme effacée, en dessus. Le fond 
brun noir est relativement clair; les taches extracellulaires jaune 


120 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





paille ressortent bien distinctement; mais les taches basilaires 
des supérieures et la coloration orangée du milieu des ailes infé- 
ricures se distinguent moins nettement de la couleur brune enve- 
loppante que dans les autres Espèces. 

En dessous, les ailes inférieures sont brun clair avec une 
éclaircie transversale extracellulaire formant un angle ou che- 
vron, depuis le bord costal jusque vers le bord anal. 

La ©, de forme plus allongée, est, en dessus, d’un jaune 
nankin très pale, se différenciant mieux que chez le Œ du fond 
brun noir, bien que la teinte n’en soit pas très foncée. Les ailes 
inférieures, en dessus, sont traversées par un chevron extracellu- 
laire, brun noir, net, pas très épais. Le dessous est plus clair que 
le dessus. Les côtés de la poitrine sont bi-ponctués de blanc 
jaunatre. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE I21 


EXPLICAMIONNDES PLANCHES 


PLANCHE CDI 
GENRE ACTINOTE. 


N°8 3849. MATHANI ©, Obthr. 
Chachapoyas (Pérou); texte, p. 85. 


3850. NELEUS Q, Latr. 
De Bogota à Buenaventura (Nouvelle-Grenade) ; texte, p. 86. 


3851. CYANEA O', Jordan. 
Manizales (Nouvelie-Grenade) ; texte, p. 87, 88. 


3852. ALCIONE ©, Hewitson. 
Ambato (Equateur); texte, p. 80. 


3853. ALCIONE ©, Hewitson. 
Ambato. 


PPANCAPICDEXIN 
GENRE ACTINOTE. 


N° 3854. CORDUBA ©, Hewitson. 
FarPaz (Bolivie) "texte, p. 00. 
3855. EREBIA ©, Obthr. 

Chachapoyas (Pérou); texte, p. 9o. 
3856. INCARUM C', Obthr. 

Chanchamayo (Pérou) ; texte, p. 91. 
3857. LÆTA O', Obthr. 

Ambato (Equateur); texte, p. 93, 94. 
3858. LÆTA ©, Obthr. 

Baños (Equateur). 





N°s 3859. 


3860. 


3861. 


38062. 


3863. 


7 
< 


3865. 


3866. 


3804. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


PEANCHELCDIEXN 
GENRE ACTINOTE. 


TENEBRARUM O', Obthr. 
De Bogota à Buenaventura; texte, p. 95 


EULALIA ©, Obthr. 
Manizales; texte, p. 06, 07. 


EULOGIA C', Obthr. 
Manizales; texte, p. 06, 97. 


ALBOFASCIATA-PALLASIA Œ, Obthr. 
Chachapoyas : texte, p. 98, 00. 


ALBOFASCIATA-PALLASINIA ©, Obthr. 
Chachapoyas ; texte, p. 98, 90. 


PLANCHE CDEXVI 


GENRE ACTINOTE. 


THESPIAS O', Weymer. 
Bogota; texte, p. 09 ct roc 
CALLIANIRA-STENIA ©, Jordan. 
Chachapoyas; texte, p. 100. 


EuRris ©, Jordan. 
S.1E- PÉTOUS; texte D: 100. 


S67 £ 
3867 ? LAVERNA © et Q, Doubleday. 


3868 \ 


Venezuela; texte, p. 102, 103, 104. 


PLANCHE CDLXVII 


GENRE ACTINOTE. 


N°s 3869. LACRYMOSA ©, Obthr. 


Gauca; "texte, jp. 102: 


3870. AVUNCULA O', Obthr. 


Chachapoyas; texte, p. 104. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 123 





N°5 3871. MENOETES O', Obthr. 
Balzapamba (Equateur) ; texte, p. 105. 


3872. MOMINA CO, Jordan. 
Huancabamba (Nord-Pérou) ; texte, p. 105, 106. 


3873. DEMONICA O', Jordan. 


Tambillo (Pérou); texte, p. 105, 106. 


PLANCHE -CDEXVITI 
GENRE ACTINOTE. 


N°5 3874. DEMONICA ©, Jordan. 
Chachapoyas; texte, p. 106. 


3875. MOYOBAMBÆ O', Obthr. 
Moyobamba; texte, p. 106. 
3876) 


RUFINA 6! et C, Obthr. 
3877) ‘i 


d, Baños-Canelos; ©, Ambato (Equateur); texte, p. 106, 


107. 


3878. Moro ©, Obthr. 
Caracar(Brésil) "texte /porr2: 


PÉANCHE CDLXIX 
GENRE ACTINOTE. 


N°5 3879. LORIDA, Obthr. 
Amérique méridionale (ex coll. Boisduval) ; texte, p. 113. 
3880. HAHNELI ©, Stgr. 
Merida (Venezuela) ; texte, p. 113. 
3881. HAHNELI-MERIDÆ ©, Obthr. 
Merida:ttexte  pir3: 
3882. AULOEDA ©, Obthr. 


Serra-de-Communaty (Pernambuco); texte, p. 113, 114. 


3883. BRETTIA O', Obthr. 
Manizales ; texte, p. 114, 115. 


124 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





PPFANCEE CDEXNX 
GENRE ACTINOTE. 


N°5 3884. BRETTIA O', Obthr. 
Manizales ;:texte, p.114 rc. 
3885. BRETTIA Q, Obthr. 
Manizales ; texte, p. 114, 115. 
3886. Byssa S, Obthr. 
Menda: texte, p.116, 16. 
3587. BYSSA ©, Obthr. 
Nerida texte p.125 116: 
3888. LOLIA ©, Obthr. 
Cochabamba (Bolivie); texte, p. 116. 


PEÉANICEEACDIEXI 
GENRE ACTINOTE. 


N°s 3889. LOLIA ©, Obthr. 
Cochabamba ; texte, p. 116. 


3800 ) 


BRYLLA ' et ©, Obthr. 
3891 ) < 


Santo-Antonio-dos-Brotos (Rio-de-Janciro) ; texte, p. 116, 117. 


3892. BUBONA C', Obthr. 
S.-Antonio-de-Barra (Bahia); texte p. 117, 118. 


3803. BUBONA-MELANISANS d', Obthr. 
S.-Antonio-de-Barra. 

J'ai cu tort de laisser imprimer, à la page 118, ces mots : 
« Je fais figurer, avec le O', deux formes de ©, l’une qui 
est plus obscure en dessus ct l’autre qui est plus pâle ». 
J'aurais dû dire : Je fais figurer deux formes de ©, l'une 
qui est plus obscure en dessus (//elanisans, fig. 3803), et 
l'autre qui est plus pâle (fig. 3892) et -dont la Q corres- 
pondante est représentée sous le n° 3894 de la Pl 
CDLXXII. 

J'ai retrouvé une Q elanisans, de S.-Antonio-de-Barra. 

Peut-être /elanisans est-cile une Espèce distincte de 
Pubona ? 





LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 125 





PLANCHE CDLXXII 


GENRE ACTINOTE. 


N°5 3894. BUBONA ©, Obthr. 


38006 


3807 
3898 


3509 


N°5 3000 ) 


3901 


3004 l 7 
3905 ) 


S.-Antonio-de-Barra; texte, p. 118. 


€ PRveua d' et Q, Obtht. 


Rio-Magdalena à Bogota; texte, p. 118. 


ne AOC ObDir 


> 4 


Les n°5 3897 et 3808 vicnnent de Caracas; le n° 3809 
vient de S. Fernando-Apure (Venezuela) ; texte, p. 118, 110. 
J'ai eu tort de laisser imprimer, à la page 119, ces mots : 
« Je fais figurer 1 Oct 2 Q »; j'aurais dû dire : Je fais 
figurer 2 ONet nn 0: 


F 


PLANCHE CDEXXIII 


GENRE ACTINOTE. 


3YZAS-INSULARIS Œ et ©, Obthr. 


Ærinidad ; texte; D. TI9; 


BRAURONIA et Q, Obthr. 


Merida; texte, p. 110. 


ARATENSIS O et ©, Obthr. 


Zarate (Argentine); texte, p. 119; 120. 


PLANCHE ,CDLXXIV 


Lépidoptères des frontières chinoises du Thibet. 


N° 3006. ARASCHNIA CHINENSIS ©, Obthr. 


L'exemplaire figuré a été pris par les chasseurs indi- 
gènes de Tä-tsien-lou, en 1910. Il appartient à l'Espèce 
chinoise non encore décrite dont je fais mention, toute- 
fois sans lui imposer de nom, à la page 203 dans Île 
Volume III des Ætudes de Lépidoptérologie comparée. 

9 


126 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





N° 3907. EURIPUS CHARONDA-MONBEIGI ', Obthr. 

Nord du Yunnan; région voisine de Tsekou. 

Cette remarquable aberration d’une superbe Espèce 
asiatique m'a été envoyée par feu le P. Emile Monbeig, en 
1914. 

Leech à donné une figure excellente de Æuripas Cha- 
ronda-coreanus d', sous le n° 8 de la PI. XVI, dans Putter- 
flies from China, japan and Corea (London, 1802-1894). 


Dans l’aberr. Monbeigi, les points jaunes submarginaux 
des ailes supérieures, en dessus, sont transformés en 
lignes ; aux ailes inférieures, ces points jaunes ordinaires 
sont absents. En dessous, toutes les taches normales sont 
atténuées et l’espace basilaire des ailes supérieures est 
beaucoup plus noir. 

3p08 0 to 
RE MONBEIGI S, , Obthr. 
J 
Dédié à la mémoire du Père Emile Monbeig, des Mis- 
sions-Etrangères de Paris, tué sur la route de Tä-tsien-lou 
à Batang, le 11 juin 1914, très zélé Naturaliste et dont 
j'ai publié le portrait et la notice biologique dans le Vol. 
XI (Texte) des Ætudes de Lépidoptérologie comparée. 

Jai reçu, en janvier 1914, plusieurs exemplaires, tous 
mâles, pris à Siao-Ouisi, par le Père Emile Monbeig, au 
cours de l'année 1913. 

La nouvelle Espèce varie par albinisme et mélanisme, 
c'est-à-dire par le développement ou le rétrécissement des 
taches blanchâtres des ailes. J'ai fait représenter deux 
échantillons, l’un de la forme albinisante, l’autre de la 
forme mélanisante. Il semble que le nombre des Espèces 
de Preris est considérable dans la région sino-thibétaine. 
La Picris Monbeigi a la forme des ailes assez arrondie et 
relativement peu allongée. 

Je prépare une révision des Espèces de Lépidoptères 
de la faune sino-thibétaine; la Planche CDLXXIV est 
publiée en vue de ce travail qui nécessitera d’ailleurs une 
figuration étendue, notamment pour les Argynnis, les 
Melitea, les Lycænidæ ct les Æesperide. J'ai remis à 
M. J. Culot (août 1917) les matériaux qui sont destinés à 
servir de modèle pour plusieurs Planches coloriées. On 
verra reproduites sur ces Planches, présentement en pré- 
paration, plusieurs Espèces fort remarquables. 





TPE 


À propos des AEGERIIDÆ# 


Les Lépidoptères du groupe des Aegertwdeæ, que les anciens 
Auteurs désignaient par le nom de Sesza, ne semblent avoir fait 
jusqu'ici l’objet d’aucun travail d’ensemble, si ce n’est dans le 
Volume ÏI du Species Général des Lépidoptères Hélérocères 
Sphingides, Sesudes et Castnides, par le Docteur J. A. Boisduval, 
paru à Paris, chez l’Editeur Roret, en 1874. 

Le travail en question, qui occupe près de cent pages de texte 
impriné (p. 381-470), ne représente cependant qu’une ébauche 
bien incomplète de la Monographie qui ne pourra être publiée 
que plus tard, lorsque les éléments d’information suffisants et 
qui manquaient à Boisduval, auront pu se trouver réumis. 

Présentement, nous sommes encore loin de disposer d’une docu- 
mentation assez complète pour pouvoir aborder un pareil ouvrage 
sur des bases sinon définitives, au moins susceptibles de quelque 
stabilité. 

Les Aegeride, qui sont répandus dans le monde entier, pa- 
raissent être représentés par un nombre d’Espèces considérable. 
Seules, les Sesza européennes peuvent être envisagées comme assez 
généralement connues, bien qu’il reste certainement plusieurs 
Espèces à découvrir, notamment dans la région méditerranéenne. 
Mais tout nous porte à croire que les vastes contrées encore peu 
explorées, entomologiquement parlant, de l’Asie, de l’Afrique, 


128 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





de l'Amérique et de l'Océanie, nourrissent une très grande quan- 
tité d’Espèces encore ignorées. Certainement, ce que nous con- 
nassons d’Espèces d’Aegernde exotiques, est bien peu impor- 
tant par rapport à ce que nous ne connaissons pas. £a quae scimus 
sunt minora; ea quae ignoramus sunt iajora, comme disait Linné. 

Les Sesia, dont les chenilles sont endophytes, du moins d’après 
nos connaissances actuelles, offrent d’ailleurs le plus grand intérêt 
au Naturaliste; leur ressemblance avec les Insectes d’ordre diffé- 
rent, spécialement avec les mouches Hyménoptères, augmente 
encore l’attrait que suscite l’observation de ces curieux papillons. 

Les Aegeräidæ constituent toujours pour le chasseur, même 
sur les points les plus souvent explorés de l’Europe, une proie 
très désirable et fort recherchée. Aussi toutes les fois que les 
Entomologistes aperçoivent une Sesza, essayent-1ils d'en opérer 
la capture. Jamais, je n’ai vu personne dédaigner de s’en rendre 
maître; mais l’ai toujours remarqué que chacun considère plutôt 
comme un heureux événement la rencontre et la prise d’une Sesza. 
Cependant, au cours de la carrière entomologique la mieux 
remplie, les bonnes occasions semblent être restées généralement 
peu nombreuses. Je puis m’en rendre compte en examinant les 
Sesia des collections Boisduval, Guenée, de Graslin, Bellier de 
la Chavignerie, Constant Bar, Vazquez. Tous ces zélés chasseurs 
avaient presque toujours soigneusement conservé et étiqueté les 
exemplaires de Sesia tombés entre leurs mains, au cours de leurs 
investigations entomologiques. Quelquefois, l’un ou l'autre 
d’entre eux avait eu la chance de récolter une Espèce en quelque 
abondance d'individus; mais, comparativement aux papillons 
des autres familles, combien peu d’'Espèces de Sesza ils avaient 
eu la bonne fortune de saisir eux-mêmes, au cours de leurs 
chasses pourtant longuement et laborieusement poursuivies et le 
plus souvent dirigées avec une remarquable sagacité. 

Qu’on me permette d’invoquer le témoignage de ma propre 
expérience et celle du très habile chasseur, M. Harold Powell, 
qui se trouve près de moi au moment où J'écris ces lignes. Pour 
nous, tout comme pour ceux dont j’ai plus haut rappelé les noms, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 129 


la capture d’une Sesia fut toujours un événement d'autant plus 
agréable qu'il s’est présenté plus rarement. 

Je ne crois cependant pas que les Sesza, généralement difficiles 
à obtenir, soient, dans la Nature, des papillons moins abondants 
et par conséquent plus rares que les autres. Je suis même convaincu 
que les Sesia sont simplement des Lépidoptères localisés en 
conformité de la distribution sur la terre des plantes dont se 
nourrissent leurs chenilles. En effet, du moment qu’on connait 
la plante affectionnée par telle Espèce de Sesza et qu’on est fixé 
sur les mœurs et l’époque d’apparition du papillon, 1l paraît 
assez généralement facile de récolter, en certaines circonstances 
favorables, un nombre d’exemplaires quelquefois très grand. 

C’est ainsi que M. Zickert, de Catane, ayant remarqué que la 
Sesia cruentata, Espèce jusqu'ici prétendue rare, vivait, à l’état 
de larve, dans un poirier planté en un Jardin voisin de sa demeure, 
acheta l’arbre et le fit découper de façon à pouvoir en loger chez 
lui les tronçons. L’éclosion des papillons se fit alors dans la 
chambre même où les billes de bois de poirier avaient été déposées 
et 1l fut aisé à M. Zickert de recueillir les échantillons au fur et 
à mesure de leur émergence. Le nombre des papillons ainsi récoltés 
fut relativement assez élevé, puisqu’une soixantaine d’exemplaires 
fut mis à ma disposition par le chasseur. 

La Sesia Uroceriformis-armoricana, dont la larve vit dans les 
racines de l’ajonc (U//ex europaeus), n’est point rare dans cer- 
taines landes de Bretagne. 

D'une part, on peut recueillir en mars et avril les pieds d’ajonc 
habités par la larve et voir éclore le papillon pendant l'été, 
depuis le 15 juillet à la mi-août. 

D'autre part, lorsqu'une femelle fraichement éclose et encore 
vierge se trouve en un buisson d’ajonc et qu’attendant un peu, 
avant de prendre son vol, elle reste fixée sur une tige, on peut 
voir voltiger, à un ou deux mètres, au-dessus de la femelle, une 
certaine quantité de mâles qu’en aucune circonstance 1l ne serait 
possible d’apercevoir réunis en un tourbilion aussi nombreux. 
Alors, en survolant la femelle, cet essaim de mâles forme comme 


130 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





un petit nuage grisàtre et mobile qu’un heureux coup de filet 
peut faire presque tout entier prisonnier. On conçoit que c’est une 
excellente occasion de se procurer une certaine quantité d’exem- 
plaires mâles de la Sesza Uroceriformis. 

La Sesia Chrysidiformis, à l’état de larve, vit dans les racines 
de Rumex et se trouve souvent dans les bordures d’oseille, en 
plusieurs jardins potagers, même urbains, notamment à Rennes. 
Le papillon se montre parfois, dès les premiers jours de juin, 
avec une véritable abondance. Les femelles se posent sur les 
feuilles d’oseille et les mâles arrivent souvent en foule, en vue 
de l’accouplement. Mais tel jardin, où les Sesia Chrysidiformis 
ont paru en grande abondance, semble, au bout de quelque temps, 
déserté par les Sesza en question, sans que les circonstances de 
culture aient pourtant changé. 

En outre j'ai appris que le chasseur Faroult avait récolté, 
aux environs de Bou-Saada, un millier d'exemplaires de la Sesia 
qui a été appelée /ispar, à cause de la dissemblance si grande 
qu’on remarque entre les deux sexes. Comme 1l y a relativement 
peu de temps que cette Sesia Dispar est connue, il est permis de 
penser que la longue ignorance où nous sommes restés de l’Espèce 
en question, est plutôt due à l'insuffisance des explorations ento- 
mologiques dans le sud de l’Algérie et de la Tunisie, qu’à la 
rareté même de ladite Sesza. 

En 1014, au mois de juin, la Sesta Flavida parut abondam- 
ment aux environs de Lambèse. Dans une localité restreinte, 
l’Arabe Sari-Amar put capturer, en très peu de jours, un assez 
bon nombre de femelles fraichement écloses. 11 prit relativement 
très peu de mâles, parce que, si les femeiles restent quelque temps 
au repos, après leur émergence, — ainsi que cela se passe pour 
Urocertfornus, d’après les observations relatées plus haut, — le 
vol rapide des mâles, plus actifs que les femelles et s’attardant 
moins longtemps près de la racine de la plante où s’est formée 
li chrysalide, les dérobe immédiatement aux yeux du chasseur. 
I} paraît néanmoins certain que la Sesta Flavida est représentée 
à Lambèse par de nombreux individus. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 121 





Il convient d'observer encore qu’il y a des années où l’éclosion 
de certaines Espèces de Sesia est plus particulièrement abon- 
dante; dès lors il y a lieu d’envisager que le retour de chaque 
saison n’amène pas nécessairement l'apparition régulière et au 
même lieu, -— ainsi que je l’ai fait remarquer ci-dessus pour 
Chrysidif ormis, — en quantité constamment et sensiblement aussi 
grande, des papillons des diverses Espèces de Sesza. 

Enfin, tous les chasseurs-entomologistes ont constaté que les 
Sesia sont imitées par un assez grand nombre d’Insectes de 
divers ordres, surtout Hyménoptères et Diptères, mais aussi 
Orthoptères. Ces Insectes, imitateurs des Sesza par leur aspect 
extérieur, vivent en même temps et dans les mêmes lieux qu’elles. 
Recherchant à Monterfil ces mêmes Sesza Uroceriformis dont j'ai 
déjà parlé plusieurs fois, je me suis souvent trouvé tout à fait 
illusionné par des mouches ou même par des sauterelles qui, dans 
les touffes d’ajonc, présentaient un aspect analogue à celui des 
papillons. Je croyais d’abord apercevoir une Sesza; mais Je ne 
tardais guère à me rendre compte de la déception causée par ce 
mimétisme. 

Il ne viendra à l’idée de personne de croire que cette imitation 
des Sesia par d’autres Insectes doit avoir, entre autres objets, le 
but de défendre les papillons contre les recherches des Entomo- 
logistes. 11 serait, en effet, puéril de considérer que les Hommes 
peuvent être envisagés comme des ennemis assez redoutables des 
Sesia pour qu’une protection naturelle ait pu être donnée à 
l’Espèce, de manière à empêcher sa disparition, du fait de nos 
investigations. Pareille opinion paraïîtrait à tout le monde con- 
traire à la réalité. Les Sesza ont des ennemis bien plus dangereux 
et mieux armés pour les découvrir que ne peuvent l’être les mieux 
oculés des Entomologistes. Or, je ne pense pas que le mimétisme 
trompe les Insectes chasseurs de Sesza. Ceux-ci connaissent par- 
faitement la proie qu’ils convoitent et 1ls savent la découvrir 
bien mieux que nous ne le savons nous-mêmes. 

Aussi, la destruction d’une ou plusieurs Espèces de Sesza ne 
semble-t-elle pas pouvoir être occasionnée par le zèle immodéré 


132 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








des collecteurs, ainsi que cela arriva probablement jadis en Angle- 
terre pour Polyommatus Dispar et pourrait advenir bientôt en 
Suisse pour Lycaena Lycidas, Nemeophila Cervini, et à Digne 
pour Z'harës Honnoratii. 

Les véritables ennemis des Sesia sent des Insectes: il serait 
très intéressant de connaître exactement les massacreurs dont les 
coups sont quelquefois si rapides. 

Toujours au sujet d’'Uroceriformis, je me souviens d’avoir 
observé le fait suivant : me trouvant sur la lande de Roveny, non 
loin de ma demeure de Monterhl, par une belle matinée d’août 
1907, le vol d’un petit nuage de mâies, au-dessus d’un buisson 
d’Ulex europacus, me révéla la présence d'une femelle dans 
l’intérieur de la touffe épineuse. Pour découvrir la femelle en 
question, j'écartai les rameaux piquants et j’aperçus en effet le 
papillon que Je recherchais, en train de grimper du sol sur une 
tige. Il était superbe et d’une fraicheur admirable. Mais comme 
1} était encore près de la terre d'où 1i était sorti et que la touffe 
était haute, je Jugeai à propos de le laisser monter jusqu’au haut 
du buisson, de façon à pouvoir le capturer sans lui faire subir 
aucun dommage. En attendant, je crus que j'avais le temps de 
saisir d’un coup de filet les males qui tourbillonnaient au-dessus 
de la femelle en question. Cela fut rapidement réalisé et, tandis 
que Je remettais à la personne qui m’accompagnait, le soin de 
s'assurer de la possession des mâles, je m’'occupai de nouveau de 
la femelle. Dans le court intervalle de temps qui s'était écoulé 
pour l’action que je viens de rapporter, la femelle avait déjà péri. 
Je la vis étendue par terre, sur le dos, la tête et les ailes intactes, 
mais morte et montrant son ventre entièrement vidé par l’action 
d’un parasite qui avait laissé subsister seulement la mince paroi 
extérieure du dessus de l’abdomen. Quel était cet ennemi qui, 
d’un seul coup, venait d’arracher le corps presque tout entier de 
la Sesia ? Je ne fus pas assez heureux pour m’en rendre compte; 
mais l’œuvre de ce destructeur me parut singulièrement fou- 
droyante. 

Je ne connais malheureusement rien des mœurs mn des parti- 


(e2) 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 13 








cularités qui doivent caractériser certaines Espèces d’Aegerde 
exotiques. Tous les échantillons que nous avons reçus jusqu’ici 
des différents explorateurs, sont dépourvus de renseignements 
concernant les circonstances de leur capture. D'ailleurs, presque 
toujours, ce sont des exemplaires isolés qui nous parviennent et 
dont la prise semble due à un heureux hasard. 

J'ai signalé à quelques chasseurs, notamment à M. Gugelmann, 
qui voyageait naguère au Mexique, l'intérêt qu’il y aurait à saisir 
les Aegerüde et Glaucopide, en même temps que les Hyménop- 
tères qui les imitent ; il m'avait paru animé des meilleures inten- 
tions pour correspondre à mes vues. Déjà 1l m'avait envoyé 
d’intéressantes mouches mimétiques; mais la guerre a tout 
arrêté. 

Si les Sesza sont encore peu connues, — du moins pour la faune 
extra-européenne, — 1l paraît cependant utile de faire, sans plus 
tarder, exactement connaître les Espèces dont 1l existe présen- 
tement des échantillons dans les collections, afin de préparer les 
bases des travaux plus complets auxquels pourront s’adonner nos 
successeurs. Je suis d’autant plus disposé à agir ainsi que j'espère 
voir, à bref délai, paraître des travaux complémentaires, œuvre 
d’'Entomologistes pourvus de documents différents des nôtres. 
Je leur demande instamment de ne pas se borner à des descrip- 
tions sans figures qui créeraient un nouveau motif de confusion 
et seraient plutôt un obstacle qu’un aide au progrès de la Science. 
Je les supplie, au nom de l’intérêt scientifique le plus évident, de 
ne rien décrire, sans éclairer leurs diagnoses au moyen d’une figu- 
ration excellente et qui fixera, pour toujours et définitivement, 
les Entomologistes, aussi bien de l’époque présente que des temps 
futurs, sur la nature même des Espèces d’Acgerude dont il sera 
fait état. Le Docteur Boisduval a mentionné dans le Species 
Général, sous le titre de Sésies supplémentaires, près d’une cen- 
taine d’Espèces qu’il ne connaissait généralement que par les 
descriptions, notamment du fameux Walker. Que sont devenus 
les specimina f{ypica de cette centaine d’Espèces ? Evidemment, 
quand le specimen typicum est perdu, l'identification certaine est 


134 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


devenue impossible et les noms restent un poids mort dont il faut 
se débarrasser par l’annulation pure et simple. 

Toutefois, je dois faire observer que la figuration des Aege- 
ride, pour être complète et vraiment utile, doit comprendre le 
dessus et le dessous des papillons, non seulement pour les ailes, 
mais aussi pour le corps et les pattes. Il est en effet très nécessaire 
de connaître la partie ventrale de J’abdomen qui est souvent 
spécifiquement caractéristique. 

On m'excusera de dire que J'ai toujours trouvé fort regrettable 
que Sir George F. Hampson, dans Catalogue of the Arctiade 
an the collection in the British Museum (London, 1900), n’ait pas 
suivi cette méthode qui parait s'imposer désormais, notamment 
pour les Acgerüde, les Syntomide et les Glaucopide. Va 
détermination de quelques Espèces décrites, mais incomplètement 
figurées par cet Auteur, — puisque le dessous de l’abdomen n’est 
pas représenté dans les Planches en chromolithographie de lou- 
vrage précité, — reste incertaine du fait de cette figuration 
insufhsante. 

Relativement à l’iconographie des Aegeräide, telle que je 
l'ai moi-même entreprise, Je crois devoir rappeler que le fasci- 
cule XI des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée contient, 
sur les 8 Planches CCECXVINCCCXVIL CCCMIMACCENES 
CCCXX, CECXXL:CCEXXIL 1CCCXR MN PIS 82 houres cols: 
riées des Sesza de la faune barbaresque. 

Mon intention était en effet -— et est toujours — de faire pour 
les Sesia qui habitent depuis le golfe de Gabès, à l’est, jusqu'aux 
côtes du Maroc que baignent, vers l'extrême ouest de la Bar- 
barie, les flots de l'Océan Atlantique, ce que J'ai fait Jusqu'ici 
pour les RAopalocères, les Sphingides, les Bombycides, les 
Zygaenides du nord de l’Afrique. La guerre a jusqu'ici arrêté 
la publication des descriptions et notices qui concernent les 
Acgeruidæ barbaresques. 

Seules, les Planches, d’ailleurs très bien exécutées par 
M. J. Culot, ont jusqu'ici pu paraître. 

Mais j'ai envisagé, en ce qui concerne les Aegeraide, un but 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 135 





plus général et J'ai consacré la 1" partie du fascicule XIT des 
mêmes Æ/udes de Lépidoptérologie comparée à la figuration 
d’une première série des Aegeridæe exotiques, principalement de 
celles faisant partie de ma collection, sur les PI CCCLXXIII 
ACCCEXXXT. 

88 spécimens se sont ainsi trouvés représentés, en dessus et 
en dessous, suivant la méthode préconisée plus haut, c’est-à-dire 
en dessous comme en dessus, aussi bien pour les ailes que pour 
les pattes et le corps. 

Toutefois la figuration de toutes les Aegeriile exotiques dont 
je pouvais assurer la connaissance n’était pas complète ainsi. 

C’est pourquoi je fais paraître, avec le présent Volume XIV 
des Etudes de Lépidoptérologie comparée, 7 nouvelles Planches 
d’Aegerndæ, dont 6 sont coloriées, sous les n“ CDLXXV à 
CDLXXXI, offrant ensemble la représentation de 64 Aegertidæ 
ct Hyménoplères mimétiques. 

Cependant, sur une seule Planche portant le n° CDLXXX, 
il n’a paru utile de reproduire que le dessus des 3 Lépidoptères 
et des deux Hyménoptères figurés. 

Sur ces 7 dernières Planches, qui paraissent avec le présent 
volume, il n’y a pas que des exemplaires faisant partie de ma 
collection à avoir servi de modèle à mon si distingué collabo- 
rateur artistique Jules Culot. En effet j'ai jugé utile de com- 
prendre dans la figuration quelques types appartenant au 
Muséum national d'Histoire Natureile de Paris et à M. Ferdi- 
nand Le Cerf, Préparateur audit Muséum, de façon à étendre le 
plus possible nos connaissances relatives aux Acgerude. 

Comme chacun le sait, M. F. Le Cerf a déjà collaboré au 
Volume X des Æf/udes de Lépidoptérologie comparée. I est 
l’auteur d’un excellent travail concernant l’histoire comparative 
et anatomique des Sa/yrus Abdelkader, Nelvai et Lambessanus, 
qui a paru dans ce Volume X, et il y a fait preuve des meilleures 
qualités d’observateur et de dessinateur scientifique. 

C’est encore M. FE. Le Cerf qui a bien voulu se charger de tout 
ce qui concerne les descriptions des Aegertide, dans les E/udes 


1 30 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





de Lépidoptérologie comparée, ainsi du reste que j'en avais fait 
part aux Lecteurs de cet ouvrage, aux pages 7-11 du fascicule XI 
et à la page 7 du fascicule XII {1° partie) parus en avril 1916 et 
en Juillet 1916. 

Je ne pouvais trouver pour les Sesza un collaborateur plus 
compétent et mieux averti. Mais, comme on le sait, M. F. Le Cerf 
est mobilisé et la guerre est la cause qu’il dispose de bien peu 
de temps libre pour les travaux entomologiques. 

C’est ainsi que, malgré sa laborieuse ardeur, M. F. Le Cerf 
n'a pas encore Joui des loisirs suffisants pour achever l’étude 
qu'il a entreprise, à ma demande, sur les Aegertdeæ de Barbarie. 
J'espère toutefois que ce dernier ouvrage pourra paraître en 
même temps que la Monographie des Castnies par M. le Pro- 
fesseur C. Houlbert, de l’Université de Rennes. 

On jugera, dans les pages qui suivent, de l’excellente méthode 
apportée par M. F. Le Cerf à la partie descriptive consacrée aux 
Espèces exotiques d’Aegerndæ, qui, seule, a pu être terminée 
jusqu’ici. 

En outre M. F. Le Cerf a réalisé, avec une réelle perfection, 
des dessins au trait qui ont été reproduits dans l’ouvrage par les 
procédés phototvpographiques. Je remercie donc très cordiale- 
ment mon dévoué collaborateur et cher ann de son concours si 
compétent et si averti pour mes publications lépidoptérologiques. 
Je devance le jugement qui sera certainement porté par les 
Entomologistes sur son travail, en le félicitant hautement des 
connaissances si précises et si étendues dont 1l fait preuve. C’est 
à lui qu'appartient tout l'honneur d’un ouvrage dont 1l est 
l'unique Auteur et qu'il a réalisé dans des conditions particuliè- 
rement difficiles, ce qui augmente encore le mérite du travail 


accompli. 


Cancale, 14 septembre 1917. 


CuarLes OBERTHUR. 


Contributions à l'étude des AEGERIIDÆ 


Description et Iconographie d’Espèces et de Formes 
nouvelles ou peu connues 


Par Fd LE CERF 


Préparateur au Muséum National d'Histoire Naturelle de Paris. 


AVANT-PROPOS 


Sous le titre général de Contributions à l'étude des Aegeride, 
je me propose de publier une série de Mémoires et de Notes 
détachées sur la Systématique, la Morphologie, la Biologie, etc. 
de cette intéressante famille de Lépidoptères-Hétérocères, sans 
leur donner, au moins quant à présent, le caractère d’une œuvre 
d’ensemble. 

Etant donné le nombre proportionnellement très petit d'espèces 
exotiques connues et le fait que la plupart ne le sont que par de 
rares individus, souvent uniques ou d’un seul sexe, j’estime qu’une 
telle entreprise serait prématurée et ne dépasserait pas l’intérêt 
relatif d’un Catalogue très imparfait. Outre celle qui résulte de la 
pauvreté de la documentation, l’étude des Aegerides présente en 
effet des difficultés nombreuses au premier rang desquelles 11 faut 
placer l’insuffisance à peu près générale des descriptions, l’ab- 
sence de figures et les trop fréquentes attributions génériques 
erronées. 

Les anciens Auteurs n’ont pas été seuls à considérer les Aege- 
riidæ comme des Macrolépidoptères et à les traiter comme tels 


138 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





dans leurs travaux; de nos jours encore, paraissent des descrip- 
tions rédigées, à distance et en quelques lignes, de ces Insectes, 
riches en caractères peu apparents, rendus moins visibles encore 
par la taille médiocre ou petite de la plupart des espèces et que 
décèle seulement un minutieux examen à la loupe. Même en 
laissant de côté l’état de conservation fréquemment défectueux 
des échantillons, dû tant à leur grande fragilité qu'aux hasards 
de leur capture, il faut encore compter avec l’éparpillement des 
types et la difficulté de leur consultation, la destruction de cer- 
tains d’entre eux et les affinités extrêmement étroites des espèces 
et des genres, l’ignorance des premiers états et des mœurs, les 
con fusions synonymiques si difficiles à débrouiller, les erreurs de 
détermination, etc., etc... 

Il vaut donc mieux, actuellement, s'attacher à faire connaître 
les formes inédites, augmenter les précisions sur les espèces peu 
ou mal étudiées, rectifier les erreurs anciennes, en un mot éclaircir 
les obscurités et accumuler une documentation sûre qui sera plus 


tard mise en œuvre avec plus de certitude et d’utilité. 


Le présent mémoire s'inspire des considérations qui précèdent 
et constitue le premier pas dans la voie où Je compte m’engager. 

En premier lieu, je me suis astreint à rédiger des descriptions 
méthodiques dans lesquelles les caractères se trouvent analysés 
dans un ordre logique : tête, corselet, abdomen, pattes et ailes; 
elles ont l’inconvénient d’être fort longues et d’exiger beaucoup 
de temps; mais on ne contestera pas Je pense qu’elles donnent, 
associées aux figures qui les accompagnent, une idée aussi exacte 
que possible des formes auxquelles elles s'appliquent et dans 
lesquelles l’équivoque est réduite au minimum. Je n’inaugure rien; 
déjà, vers le milieu du siècle dernier, Zeller avait donné des 
descriptions longues et précises, grâce auxquelles la plupart de 
ses espèces peuvent être reconnues plus facilement ; de nos jours, 
la même méthode est suivie dans l'étude d’autres Ordres par des 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 139 





Zoologistes éminents qui, à leurs descriptions très détaillées, 
adjoignent eux aussi, comme complément 2#dispensable, une 
figuration non moins minutieuse. 

Pour ce qui est de celle-ci, on sait depuis longtemps que je suis 
un adepte convaincu des idées de M. Charles Oberthür ; toutes les 
formes décrites ou étudiées dans ce mémoire sont figurées; lorsque 
cela m’a paru nécessaire, j'ai ajouté, aux figures en couleurs des 
planches, des dessins au trait dans le texte pour préciser certains 
caractères. Je n’ai fait qu’une seule exception concernant exclu- 
sivement les Genres nouveaux que J'ai été amené à créer, et dont 
les détails de caractères, actuellement dessinés, paraîtront dans 


un mémoire ultérieur. 


Il est un point encore sur lequel je me suis séparé de la plupart 
de mes prédécesseurs; c’est en ce qui a trait aux synonymies et 
aux disjonctions génériques ou spécifiques. Le plus souvent, 
aucune explication justificative des mutations de cette nature 
n’est fournie, et l’on reste dans l’ignorance des motifs qui ont 
déterminé tel ou tel auteur à les opérer; c’est assurément com- 
mode, mais j'ai cru devoir, là encore, pratiquer autrement et suivre 
d’autres exemples. Dans ce mémoire, comme dans ceux qui sui- 
vront, j'exposerai les raisons qui me font placer telle espèce ou tel 
genre en synonymie avec telle ou tel autre, ou, au contraire, 
séparer ces espèces ou ces genres ; cette mamière de procéder 
rentre d’ailleurs dans le cadre du programme exposé plus haut. 
Il arrivera parfois que les comparaisons et les rapprochements 
proposés n’auront qu’un caractère de probabilité, ou seront même 
nettement dubitatifs, mais c’est le résultat inévitable des causes 
précédemment énumérées. 

Pour éviter de surcharger la nomenclature de synonymes, j’ai 
analysé avec soin toutes les descriptions originales à l’exception 
d’un très petit nombre que Je n’ai pu me procurer; malgré tous 
mes efforts, je ne suis pas certain d’avoir réussi; souvent Je me 
suis trouvé en présence d’énigmes insolubles et quelques-unes des 
attributions que j'ai faites, devront sans doute être révisées; c’est 


140 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





le cas en particulier de plusieurs formes que J'ai rapportées à des 
genres ou à des espèces de Walker. 

J'ignore si tous les types des Aegernde décrites par cet auteur 
existent toujours, mais Je suis bien convaincu que si certains 
d’entre eux sont perdus, les genres ou les espèces auxquels ils 
servaient de base devront disparaître de la nomenclature, car ses 
descriptions sont absolument insuffisantes pour les faire recon- 
naître. 

Avec toute l’autorité qui s’attache à son nom, Sir George F. 
Hampson, a déjà commencé pour d’autres Familles l’élimimation 
des espèces qui se trouvent dans ce cas; il est tout à fait désirable 
dans l’intérêt même de la précision scientifique et de la certitude 
qu’elle doit comporter, que cette exécution soit poursuivie, quelque 
regret qu’on en ait pour la mémoire d’un savant dont l'œuvre 


considérable mérite le respect. 


*# 
*k *% 


À l'exception d’un petit nombre d’espèces de taille minime 
et pour lesquelles un agrandissement s’imposait, les figures 
publiées ici sont toutes de grandeur naturelle; outre les carac- 
tères du dessus, elles donnent ceux du dessous du corps qu’il 
m'a paru indispensable de faire reproduire, ils sont toujours 
importants chez les Aegeride, et c’est une grosse lacune que 
leur absence, aussi bien dans les descriptions que dans les 
figures publiées par les nombreux auteurs qui se sont occupés de 
cette Famille. M. J. Culot les a exécutées avec un grand talent 
auquel je suis heureux de rendre hommage et dont l’éloge n’est 
plus à faire; elles sont très « vraies » dans l’ensemble et repro- 
duisent bien les individus modèles, tels qu’ils se présentent à 
première vue; mais 1] y a un degré de précision que le dessin en 
orandeur naturelle ne saurait dépasser, surtout quand il s’agit 
d’accumuler, comme c’est le cas pour ces Lépidoptères, beaucoup 
de caractères sur une surface très restreinte. Les difficultés de la 
mise en couleurs étaient donc considérables, et, quoique le résultat 
général soit satisfaisant, il s’est trouvé que quelques détails ont 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 141 





échappé ou ont été altérés par des écarts de pinceau des coloristes ; 
sauf dans deux ou trois cas, 1l ne m’a pas semblé nécessaire de les 
signaler individuellement; je me borne à attirer l’attention sur 
ce point et à indiquer que les précisions contenues dans les des- 
criptions permettront toujours de redresser ou de compléter ce 
qui ne saurait dans aucun cas être interprété comme des diver- 


gences réelles entre l'individu figuré et le texte correspondant. 


* 


Devant la confusion et l’instabilité des dénominations usitées 
par les Auteurs qui ont décrit des Aegeriides et pour diminuer 
l’incertitude qui en résulte trop souvent, J'ai procédé à une révi- 
sion des caractères employés jusqu'ici. Parmi ceux dont je me suis 
servi dans le présent mémoire, certains déjà utilisés aussi bien 
pour les Lépidoptères que pour d’autres Ordres, avaient des 
noms caractéristiques, dépourvus de toute ambiguité, Je les ai 
conservés; par contre, il m’a paru avantageux d’éliminer quelques 
dénonunations n’ayant pas un caractère de constance ou d’exac- 
titude suffisantes et de les remplacer par d’autres, parfois moins 
expressives mais plus justes. Introduisant des détails nouveaux 
ou délaissés, j'ai dû créer pour eux des noms particuliers ; comme 
pour les précédents, je me suis attaché à leur donner un caractère 
topographique plutôt que descriptif, par conséquent plus général 
et moins exposé aux inexactitudes résultant des variations géné- 
riques, spécifiques ou même individuelles; dans l’ensemble, je me 
suis limité à l’emploi — toujours dans le même sens et pour tous 
les groupes — des termes suivants, énumérés dans l’ordre où ils 
se présentent à l’analvse 


TÊTE 
Vertex. 
Nuqgue. 
Front. 
Palpes. 
Trompe. 


10 


142 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Poils péricéphaliques. — Ce sont les poils courts, implantés per- 
pendiculairement, qui bordent le pourtour de la tête en arrière 


des yeux, depuis la face inférieure du crâne jusqu’à la nuque. 


Plaque ju gulaire. — C’est seulement pour la commodité de l'étude 
que Je place, parmi ceux de la tête, ce caractère qui appartient 
en réalité au thorax. Il est constitué par des écailles insérées 
sur la partie inférieure de l’anneau prothoracique et formant 
une plaque lisse, plus ou moins cordiforme, couvrant la base 
des hanches antérieures; c’est sur elle que glisse la partie 
inférieure de la tête et sa coloration est, à peu d’exceptions 
près, celle des poils péricéphaliques. 

Antennes. 

Veux. 

Ocelles. — Bien que sur les exemplaires de collection la coloration 
des ocelles paraisse sujette à des variations causées par les 
conditions dans lesquelles s’est accomplie la dessiccation, j’ai 


cru cependant utile de la mentionner ainsi que celle des yeux. 


THORAX 


Coîlier. 

T'horax. — Te prothorax étant pratiquement invisible, Jj’emploie 
ce terme pour désigner l’ensemble du méso et du métathorax 
et des ptérygodes, précisant éventuellement les caractères 
particuliers à ces différentes pièces. 

Ptérygodes. 

Touffes latérales du métathorax. — Ce sont des touffes de poils, 
parfois très longues et très denses qui prennent naissance de 
chaque côté du métathorax, en arrière et au niveau de l’inser- 
tion des ailes inférieures et s’épanouissent plus ou moins sur 
le métathorax et la base de l’abdomen. 


Taches latéro-pectorales. — Localisées aux côtés du mésothorax 
au-dessous du niveau des ailes supérieures; 1l y en a au 


maximum deux : une antérieure, petite, en avant sous l’extré- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 143 





mité du collier ; une autre, médiane, de dimension très 
variable, occupant parfois presque toute la surface du méso- 
thorax, sous l’attache des ailes supérieures; elles peuvent 
exister simultanément ou séparément, et manquent complè- 


tement dans des groupes entiers. 


i . 





74 
D] 
ê 
l 
[ 





eo 


Q 
NN 













C2 

[| 
i | 
LOEL EE \ | FÉR 
Lao 27 er. 


FIG. 1. — Schéma des principaux caractères du corps 


TÊTE. — v.=vertex; X.— front; Zi. ao.=liture antéoculaire; 7 9, 29, 5 D.— 
articles du palpe; #.= trompe; p. j. = plaque jugulaire; P. pc. = poils 
péricéphaliques; #. = nuque; a. = antenne: y. = œil; 0. = ocelle. 

THORAX. —- c.= collier (patagia) ; Ms1.= Mésothorax ; plg.=pterygode; 0.1. pé.— 
bordure interne de la ptérygode; Z. m. 4. — ligne médiane du thorax; Ait. — 
Métathorax; 4.7. mt. = touffe latérale du métathorax; %. a. = hanche anté- 
rieure ; #.e. h. a. — bordure externe de la hanche antérieure ; 4. m. — hanche 
(ou articulation coxofémorale) médiane; %. 9. = hanche (ou articulation 
coxofémorale) postérieure; 4. /p. a. = tache latéropectorale antérieure ; 
{. 1p. m. = tache latéropectoraie médiane; 5. Pc. = surface postcoxale. 


ABDOMEN. — /. 7 à 4. 8 — tergites abdominaux libres; $/. 7 (+2) — premier 
et second sternites intimement fusionnés; 54. 3 à 54. 8 — autres sternites 
abdominaux; 4. a. — brosse anale; #. ». et ?. l. = pinceau médian et 
pinceau latéral de la brosse anale ; ?1. = pleuræ; à. 2, &. 4, b. 6 = bôrdures 
postérieures des second, quatrième et sixième segments; 2. #». — ligne 
médiane dorsale de l’abdomen. 


Surface postcoxale. — - Je désigne ainsi la région postérieure libre 
du métathorax terminant le thorax au-dessous de l'insertion 
de l’abdomen ; c’est sur elle que le premier sternite de celui-ci 


vient s’appliquer en se défléchissant. 


144 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





ABDOMEN 


T'ergites. — Je rappelle pour mémoire qu’il y en a huit de libres 
chez le mâle et sept seulement chez la femelle. 


Sternites. —- Conformément à l’usage, je confonds sous le nom 
de « premier sternite » l’ensemble formé par les deux pre- 
miers sternites qui sont soudés et considère, pour rétablir la 
correspondance avec les tergites, celui qui suit comme le 


troisième. 


Pleurae. — C’est la zone membraneuse portant les stigmates, qui 


s'étend latéralement entre les tergites et les sternites. 


Brosse anale. — Pinceau de poils fixés sur le dernier tergite et ses 
pleurae, terminant l’abdomen. Ces poils sont érectiles et su1- 
vant qu'ils sont accolés ou épanouis, l’aspect de cet ornement 
change beaucoup; l’usure le modifie également au point de 
le rendre méconnaissable. La brosse anale est généralement 
allongée, ovalaire, chez le mâle et de coupe rectiligne chez 
la femelle; elle est formée de trois pinceaux plus ou moins 


distincts : un médian et deux latéraux. 


PATTES 
Hanches : 


À ntérieures.— Etroitement contiguës par leur bord interne, 
elles forment un large bouclier couvrant la partie antérieure 
du mésothorax; leur coloration souvent discolore ou di- 
morphe est généralement spécifique. 

Médianes el postérieures. — Formées de pièces multiples, 
elles ont dans l’ensemble la couleur du thorax, seul leur 
sommet sur lequel s’articule le fémur est parfois coloré diffé- 
remment (ordinairement plus clair); eu égard à cette colo- 
ration et à son extension variable, j’emploie de préférence 
les termes « Zanche » ou « articulation coxofémorale », 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 145 








plutôt que celui de #rochanter plus exact morphologiquement, 
mais trop limitatif. 


Fémurs. 
T'ibias. 


T'arses. 


AILES SUPÉRIEURES 


Base. 

Côte. 

Bord interne. 

Point ou trait discocellulaire. — C’est la bande transversale de 
largeur et de forme variables couvrant les nervures disco- 
cellulaires, de la côte à l’angle inférieur de la cellule. 

Taches ou aires vitrées (hyalines). — Espaces dénudés dont le 
nombre, fréquemment spécifique ou sexuel, varie de 1413f 
elles peuvent manquer partiellement ou complètement, mais 
ni leur présence ni leur absence ne constitue un caractère 
générique. Je les désigne par leur emplacement : 

Infracellulaire — toujours beaucoup plus étroite que 
longue, elle s'inscrit au-dessous de la cellule, dans l’espace 
compris entre la nervure radiale et le bord interne. 

Intracellulaire — le plus souvent triangulaire, elle occupe 
en totalité ou en partie la cellule; elle peut être divisée longi- 
tudinalement par une ligne d’écailles, continue ou inter- 
rompue, partant de l’angle des discocellulaires et nommée 
trail récurrent. 

Ultracellulaire — s'étend au delà de la cellule entre Îles 
nervures discocellulaires et le limbe, sur le disque qu’elle 
couvre en totalité ou en partie. C’est la plus variable, spéci- 
fiquement et individuellement, comme forme et comme déve- 
loppement; rarement uniloculaire elle est divisée en un cer- 
[ain nombre d’aréoles par les nervures qui traversent cette 
partie de l'aile. 


140 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Espace terminal. — Surface écaillée de largeur très diverse, 


comprise entre la tache vitrée ultracellulaire et le bord 
externe de l’aile. 


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FIG. 2. — Schéma des principaux caractères des ailes 
AILE SUPÉRIEURE. — #. — base; c. = côte; à.52. — bord interne; {. = nervure 
médiane (cubitale) ; 4. dsc. — trait ou point discocellulaire; 7e. = tache 
externe du trait discocellulaire; e./. — espace terminal; Z.#. = ligne 
marginale; frg. = frange; .v.infre. = tache vitrée infracellulaire; £.7. 


intre.=tache vitrée intracellulaire; £.v. wltrc.=tache vitrée ultracellulaire; 
PUS Al Ge CO TNT ON ELNUTES LA SN (CU MN, INÉDIT ES RTE) 
traversant l’aire vitrée ultracellulaire et divisant celle-ci en aréoles ; Z.7.=trait 
récurrent émis dans la cellule par le trait ou point discocellulaire. 


AILE INFÉRIEURE. — fr.— frein; c.—=côte; . dsc.=trait ou point discocellulaire ; 
l. m.=ligne marginale; /rg.= frange; c.a.—champ anal; Z. &.=lobe basal; 
M. = nervure médiane (cubitale) ; #. 7 à, n. 1 D, n. 1C, n°2, n 3) n 3, 


n. 5, n. 6=nervures 1 à 6; Dec. s.=nervure discocellulaire supérieure; De. z. 
— nervure discocellulaire inférieure. 


Bordure terminale ou marginale. — Etroite ligne d’écailles paral- 
lèle et contiguë au bord externe, concolore ou plus foncée que 
l’espace terminal et précédant immédiatement la frange. 


Franges. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 147 





AILES INFÉRIEURES 


Base. 
Nervures. 


Trait ou point discocellulaire. — Est souvent réduit à une petite 
tache sur la discocellulaire supérieure ; manque dans des 
groupes entiers. 


Bordure marginale. — Moins régulière dans sa forme qu’aux ailes 
supérieures, elle est encore sujette à des variations indivi- 
duelles; elle peut être extrêmement fine, mais ne manque 
jamais même quand l'aile est en apparence complètement 
transparente. 


Lobe basal. — C’est une extension prononcée de la membrane 
alaire, développée entre la base du bord abdominal et l’extré- 
mité de la nervure 1 a. Le lobe basal est un caractère constant 
de la sous-famille des Melittine, il ne se rencontre ailleurs 
que chez un très petit nombre de genres de transition, parti- 
cipant à des degrés divers des caractères de cette Sous- 
Famille. 


Malgré la multiplicité des formes qu’elle renferme, on n’a pas 
encore tenté de mettre un peu de clarté dans la systématique des 
Aegerüdæ, par l'établissement de grandes coupes basées sur des 
caractères très généraux, et dans lesquelles viendraient se grouper 
les genres ayant un minimum d’affinités phylogéniques. Il en 
résulte un grand désordre, les genres sont placés un peu au 
hasard de la taille et de la couleur, des détails de la vestiture 
des ailes et des pattes, etc. 

Pour remédier en partie aux inconvénients de cette absence de 
méthode, et sans vouloir préjuger des résultats auxquels conduira, 
dans l’avenir, l'étude de la Famille tout entière, je divise celle-ci 


148 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





en trois Sous-Familles caractérisées par la structure des ailes 
inférieures : 


Ailes inférieures {oujours pourvues à la base du bord 
abdominal d'un lobe bien développé et limité par la 
nervure 1%; nervure 6 fortement écartée de la côte et 
divergente dencelle- Che ARE PP Re ee I Melittiinæ. 


Nervure 3 plus 
rapprochée de 4 
: 0 Nr que de 2 à la base 
Ailes inférieures généralement RE 
, ct souvent tigée 
dépourvues de lobe basal; ner- re 

f à avectelle 592. II Aegeriinæ, 
vure 6 rapprochée de [a côte et 


parallèle à celle-ci. 
Nervure 3 plus 


rapprochée de 2 
| que de 4 à la base. IIT Tinthiinæ. 


J'élimine provisoirement les caractères tirés de la forme ou de 
la longueur des appendices et de leur ornementation, ainsi que la 
nervulation des ailes supérieures, soumise à un polymorphisme 
étendu et dont l'interprétation judicieuse exigerait une étude 
particulière. 


Lorsqu’au mois de juin 1914, M. Charles Oberthür, dont J'étais 
alors l’hôte à Rennes, voulut bien me confer l’étude des Aegerudeæ 
exotiques de sa Collection, nous ne pensions n1 l’un n1 l’autre que 
la guerre dont l'Allemagne menaçait depuis des années notre 
pays, allait se déchainer avec une barbarie que l’on pouvait croire 
reléguée à jamais dans le Passé. 

Inapte au service armé et mobilisé à mon vif regret dans les 
services de l'arrière, j'ai eu l’heureuse fortune de pouvoir disposer 
en moyenne d’une heure par jour, dans la soirée, pour m'occuper 
d’Entomologie; malgré sa précarité, cette minime liberté, sans 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 140 








cesse menacée par l'incertitude du lendemain, m’a cependant 
permis d’entreprendre et de mener à terme l’étude des matériaux 
qui font l’objet de ce mémoire. Les difficultés ne m'ont pas 
manqué. En dehors de l’analyse proprement dite, de la compa- 
raison et de la description des espèces, je me suis trouvé très gêné 
par les indispensables et fastidieuses recherches bibliographiques 
qui exigent tant de temps et ne se peuvent effectuer que dans des 
Bibliothèques naturellement fermées aux heures où J'étais libre; 
cet inconvénient a été atténué dans la mesure du possible par 
l’obligeance de M. Charles Oberthür qui n’a pas craint de m’en- 
voyer en communication, malgré les risques du voyage, plusieurs 
ouvrages rares de sa riche bibliothèque, et par la complaisance de 
M. J. Magnin. Je prie ces Messieurs d’accepter mes plus sincères 
remerciements. 

Quel que soit le soin que je me suis efforcé d’apporter à son 
exécution, on ne s’étonnera pas qu'un travail poursuivi dans des 
conditions matérielles aussi défectueuses, au milieu des fatigues 
physiques et des préoccupations morales imposées par la Guerre, 
s’en ressente et en porte les traces. 


EN HR 


150 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


I. —. Sous-Famille : MELITTIINÆ 


GENRE MELITTIA Hbn. 
(= Pansa Wallgrn.; — Eumallopoda Wallgrn.). 


Melittia satyriniformis Hbn. (PI CDLXXV, fig. 3910). 
Melittia satyriniformis Hübner (J. D.), Zutrage zur Sammlung Exotischer 
Schmetterlinge, p. 17, PI. XXXII, fig. 453-454 (1825). 
Aelittia satyriniformis Auct. [part.]. 


De toutes les espèces du genre Aelittia Hbn. celle-c1 semble la 
plus commune et la plus étudiée, elle a fait l’objet d’un grand 
nombre de publications et passe pour la mieux connue. En réalité, 
il règne à son endroit des confusions multiples et son histoire 
est des plus embrouillées. 

Sa description originale a été publiée en 1825 par J. Hübner, 
dans : Zuträge zur Sammlung Exotischer Schmetterlinge, p. 17, 
PI. XXXII, fig. 453-454. Sommaire, comme d’usage à l’époque et 
particulièrement chez Hübner, cette description serait insuffisante 
à elle seule pour faire reconnaître l’espèce, mais la figure qui 
l’accompagne est excellente. Elle représente un mâle dont les ailes 
supérieures et le corps sont noirs, les palpes et les pattes rouge 
écarlate et noir, mêlés de blanc, et le ventre rouge écarlate. Hübner 
assigne simplement comme habitat à son espèce : Amérique, sans 
que rien dans la description permette de préciser s’il s’agit de 
l'Amérique du Nord ou de l’Amérique du Sud. 

La présence à la même page et sur la même planche d’une autre 
Aegerie : Paranthrene pepsidiformis Hbn. (— Sanninoidea ext- 
liosa Say), portant la même indication de patrie et commune aux 
Etats-Unis, a incité les auteurs à attribuer cette provenance à 
Melitiia satyriniformis. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE TT 





Quelques années après Hübner, T. W. Harris, dans The new 
England Farmer, VII p. 33 (1828), faisait à son tour connaitre, 
sous le nom d’Aegeria cucurbitæ, une Melittia dont le nom était 
tiré des plantes nourricières de sa chenille. Jusqu’en 1851, Harris 
publia une importante série de travaux sur l’espèce qu’il avait 
nommée, et dès 1842 il en faisait connaître en détail les mœurs et 
les premiers états (The new England Farmer, XX, p. 260). 

En 1848, J. O. Westwood (The Cabinet of Oriental Entomo- 
logy, p. 62, PL XXX, fig. 6), décrit Zrochilium ceto sur une 
femelle de la collection H. G. Harrington. Après avoir indiqué 
qu’elle lui fut communiquée comme « native of India », il ajoute 
qu’il la croit « native of North America » sur l'autorité de 
spécimens du British Museum, et signale en outre qu’une « beau- 
tiful closelv allied species » du Venezuela existait à cette époque 
dans la collection du Museum Britannique. 

F. D. Walker, incapable de reconnaître exactement Weliftia 
cucurbitæ par les descriptions sans figures de Harris, fait de 
celle-ci, avec un point de doute, une variété de Welittia (= Tro- 
chilium) ceto Westw. (List of the specimens of Lepidopterous 
Insects in the British Museum, III, p. 66, 1856); plus loin, p. 67, 
il décrit Melittia pulchripes sur deux exemplaires du Venezuela 
et du Para, et dont un au moins n’est autre que l'individu signalé 
précédemment par Westwood, mais 1l invalide bientôt cette nou- 
velle Melittia dans les termes suivants (Addenda, p. 259) : 
« This species is figured in Hübner, Exot. Schm., f. 453-454 ». Il 
néglige d’indiquer que ces figures représentent Melittia sal yrini- 
formis Hbn., complètement omise dans le volume VIII, et, par une 
de ces contradictions fréquentes chez lui, il se borne à la men- 
tionner beaucoup plus tard, en 1864, dans le volume XXXI (p. 26), 
(Supplément) du même ouvrage, parmi les S#hingide d’Amé- 
rique du Nord, en compagnie de Sesia venata Feld. d’Amboine. 

A. D. Boisduval (Species Général des Lépidoptères, Hétéro- 
cères, I, p. (1874), ne connaissait en nature que des individus de 
Géorgie; il les rapportait pour une part à Melittia satyriniformis 
Hbn., pour une autre à Melittia cucurbitæ Harris, en rétablissant 


152 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


pour celle-ci, aux dépens de ce/o Westw., la priorité méconnue par 
Walker. Par contre, l’Addenda de cet auteur (Z. c.) ayant échappé 
à son attention, 1l traite en espèce distincte Âelittia pulchripes 
Wikr., d’après sa description originale. 

Dans le volume IT de Papilio (1882), Hy-Edwards fait paraître 
la description de Welitfia amæna, établie sur un mâle du Kansas; 
elle différerait de Melittia cucurbite Harris par ses ailes supé- 
rieures dépourvues de tache vitrée, l’abdomen « black with pur- 
plsh reflections » et les côtés des segments bordés de blanc 
verdâtre, la touffe anale orange brun avec des poils noirs et 
mélangé de blanchâtre, tous les tarses noirs, etc. 

H. Druce, dans la « Biologia Centrali-Americana », Lepidop- 
tera-Heterocera, I, p. 32 (1884), continue à séparer spécifiquement 
Melittia satyriniformis Hbn. et Melittia ceto Westw., mais, comme 
Walker, place en synonymie de la première Melittia pulchripes 
Walk. dont il a probablement vu le type au British Museum. I] ne 
connaît en nature de la première que des individus du Yucatan et 
du Guatemala, et de la seconde du Guatemala et de Panama. 
Parmi les autres localités qu’il cite dans les habitats de ces deux 
Melittia, d'après Walker et Boisduval, ne figure pas la République 
Argentine, indiqué un an plus tôt par Hy-Edwards pour #. ceto 
Westw. 

Enfin, en 1897, Wm. Beutenmüller, qui s’est fait une spécialité 
de l’étude des Aegertidæe Nord-Américaines, réunit comme syno- 
nymes à Meliltia salyriniformis Hbn. Melittia (— Acegeria) 
cucurbilæe Harris et Melittia (— Trochilium) ceto Westw. (Journal 
of the New-Vork Entomological Society, Vol. V, p. 34-35). Deux 
ans plus tard, dans son « Synopsis of Welittia of America North 
of Mexico, with description of a new Species » (Bulletin American 
Museum Natural History, Vol. XII, p. 149 (1800), il confirme ses 
précédentes synonymies et leur ajoute Melitlia amæna Hy-Edw. 
Ces travaux précédaient de peu sa belle « Monograph of the 
Sesiidae of America North of Mexico » parue en 1go1 in 
Memoirs of the American Museum Natural History, Vol. I, 


Part VI, où les mêmes conclusions se trouvent reproduites, ap- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 153 


puyées d’une importante Bibliographie et suivies d’un bref histo- 
rique. Celui-ci est quelque peu superhciel, Melittia pulchripes y est 
complètement omise, tout comme dans la Bibliographie, et on y 
voit, par exemple, en ce qui concerne Z7ochilium ceto, que 
Westwood « ...wrongly recorded it from China. », ce qui est 
inexact; il y est dit aussi : « Hubner’s figure is fairly good and 
cannot be mistaken for anything else » et cela s'accorde peu avec 
les identifications auxquelles il croit devoir s'arrêter, comme Je 
l’établirai plus loin. Cependant une indication est fort intéres- 
sante : « .. since Doubleday, in a letter dated Feb. 27, 1841, calls 
Harris’s attention to Hübner’s figure, and states that Ae. cucur- 
bite was M. satyriniformis. For same reason the names À egeria 
or Melittia cucurbitæ or celo were used in litterature and collec- 
tions up to 1897 wen attention was called by me to Hübner’s 
figure. » Il aurait fallu ajouter ici « en Amérique », car en fait, en 
Europe le nom de Harris, à peu près inemployé, tomba en désué- 
tude, et c’est sous le nom de Saz/yriniformis Hbn. pour les mâles 
et de ceto Westw. pour les femelles que les Melittia nord-améri- 
caines furent classées dans les collections et mentionnées dans les 
ouvrages. Dans tous les cas, la lettre de Doubleday citée par 
W. Beutenmüller, fait remonter à l’illustre auteur britannique la 
première tentative de synonymie proposée pour Welittia sat yrint- 
formis Hbn., mais il n’en fut guère tenu compte ni par Harris, ni 
même par les compatriotes et contemporains de Doubleday. 
Beutenmüller disposant d’un matériel considérable, et à même de 
consulter les types des auteurs américains, jouissant d’une répu- 
tation de spécialiste averti, fut plus heureux, ses conclusions ont 
été adoptées et nul jusqu'ici n’y a fait d’objections. 

Pourtant l’étude des matériaux de la collection Ch. Oberthür, 
du Museum de Paris et de ma collection personnelle, pour la 
détermination desquels je me suis reporté aux sources, m’a con- 
vaincu qu’elles étaient rien moins que fondées et le résultat auquel 
J'ai abouti diffère complètement de celui de l’auteur américain. 
Les exemplaires que j'ai en mains proviennent des Etats-Unis, 
du Honduras, de Colombie et du Venezuela, ils forment une petite 


154 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








série de 18 individus des deux sexes, se référant à trois unités 
distinctes. 

La première est la véritable Welithia satyriniformis de Hübner, 
qu'aucun des auteurs qui en ont parlé ne paraît avoir connue 
en nature. J'en possède un mäle de Colombie, acquis en 1011 
de M. G. À. Baër, tout à fait conforme aux descriptions et 
figures originales. En même temps que je le fais représenter, 
PI CDLXXV, je crois utile d'en donner ici la descnption 
détaillée. 


d. — Vertex noir bronzé foncé; front noir bronzé bordé de 
blanc pur devant les yeux; palpes à premier article noir, second 
rouge extérieurement, noir en avant avec une petite tache blanche 
à l’extrémité; troisième rouge à pointe noire; trompe brun foncé; 
plaque jugulaire noir bronzé; poils péricéphaliques blanc pur; 
antennes noires; veux brun foncé; ocelles orange. 

Collier et thorax noir bronzé foncé; touffes latérales du méta- 
thorax concolores, mêlées de grisâtre à la base; surface postcoxale 
noire avec des poils blancs peu abondants. 

Abdomen noir bronzé foncé, septième tergite bordé de gris 
foncé; brosse anale noire portant latéralement quelques poils 
blancs. Ventre avec les deux premiers et le dernier sternites noir 
bronzé foncé et les cinq sternites intermédiaires rouge écarlate 
bordés de noir. 

IHanches antérieures noires, bordées extérieurement de blanc, 
fémurs noir bronzé tachés de rouge au sommet en dessus, tibias 
noirs avec une ligne longitudinale rouge en dessous, tarses noirs 
avec une tache blanche à la base du premier article en dessous. 
Fémurs médians noirs; tibias noirs avec une bande transversale 
externe blanc bleu et la crête supérieure rouge écarlate; éperons 
noirs; tarses noirs tachés de blanc à la base des deux premiers 
articles en dessous. Fémurs postérieurs noirs frangés de longs 
poils concolores et portant une tache blanche à l’extrémité du 
bord inférieur, tibias fortement hérissés, noirs avec la moitié lon- 


gitudinale externe et la crête supérieure rouge écarlate, une bande 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 155 





transversale blanc bleu, s'atténuant et passant au blanc pur sur la 
crête supérieure coupe la face externe au niveau de la première 
paire d’éperons en arrière desquels se trouve une tache blanc pur 
sur la crête inférieure; éperons des deux paires noirs, les externes 
poilus de blanc postérieurement ; tarses hérissés des mêmes poils 
que les tibias, noirs jusqu’au dernier article avec le premier et le 
second article rouge écarlate extérieurement. 

Ailes supérieures opaques, noires glacées de bleu verditre 
foncé, munies à la base d’une courte tache vitrée infracellulaire. 
Dessous noir bleu. 

Ailes inférieures transparentes à reflet bleu foncé; nervures et 
ligne marginale — fine et égale — noir bronzé foncé, lobe basal 
opaque, concolore, à base gris blanchâtre et parsemé de rares 
écailles blanc bleu. Dessous semblable avec le lobe basal unifor- 
mément noir. Franges des deux paires noir bronzé. 

Envergure : 31 millimètres. 


1 O, Colombie, Bogota, ex G. A. Baër (1911), Coll. Fd. Le Cerf. 


À mon avis, 1l ne peut y avoir aucun doute, c’est bien là l’espèce 
décrite et figurée par Hübner et pour laquelle celui-ci s’est borné à 
indiquer comme provenance : Amérique, sans autre précision. Sa 
coloration générale très foncée et bien tranchée : noir, blanc et 
rouge écarlate, ainsi que ses tarses postérieurs noirs jusqu’au 
sommet la séparent nettement des espèces suivantes. 


Melittia cucurbitæ Harris (PI. CDLXXV, fig. 3911, 39120 ). 
Aegeria cucurbitæ Harris, The New-England Farmer, Vol. VII, p. 33 
(1828). 
Melittia satyriniformis Auct. nec Hbn. [part.]. 


C’est l’espèce, bien distincte de la précédente, qui peuple les 
Etats-Unis, de laquelle je considère comme typiques une paire 
de très vieux exemplaires étiquetés, le mâle : /4zalis Dru. — 
cucurbite Harris, Am. Bor., la femelle : cucurbitæ Harris — ceto 


Westw., Am. Bor.; ils proviennent de la collection Boisduval et, 


1506 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








de l’avis de M. Charles Oberthür, il est probable que celui-ci les 
tenait de Harris avec qui, très longtemps, 1l fut en relations. Ce 
sont eux qui ont servi à Boisduval pour le Species Général des 
lépidoptères, mais la manière dont 1l est traité dans cet ouvrage 
de Melitlia salyriniformis et de Meliltia celo prouve que les 
étiquettes accompagnant ces deux individus ont été écrites anté- 
rieurement à la rédaction du Species, et ceci nous reporte assez 
loin, puisque Boisduval dit en 1874, dans sa préface, que cette 
rédaction était commencée depuis plus de vingt ans et achevée 
depuis six ans. 

Quoique le temps les ait fanés, on reconnaît sans peine, à 
l'intégrité de leurs franges et de leur écaillure, qu’ils ont été 
obtenus ex larva, et seul, pendant des années, Harris fut à même 
d'élever l’espèce qu’il avait découverte, et dont voici la descrip- 
tion d’après les exemplaires de la collection Boisduval (Coll. 
Charles Oberthür) : 


Œ.— Vertex gris bronzé verdâtre; front bronzé clair, largement 
bordé de blanc devant les yeux; palpes à premier article blanc, 
second jaune fauve latéralement, blanc en avant, avec un petit 
pinceau terminal oblique de poils noirs, troisième fauve et blanc; 
trompe brun roussâtre; plaque jugulaire blanche mêlée de quel- 
ques écailles bronzées au sommet; poils péricéphalhiques blancs; 
yeux bruns; ocelles jaune topaze. 

Collier et thorax gris bronzé verdâtre; dessous du thorax plus 
clair, avec une petite tache latéropectorale antérieure blanche, 
sous l’extrémité du collier; surface postcoxale couverte de poils 
blancs. 

Abdomen gris bronzé verdâtre avec toute la région dorsale des 
troisième, quatrième et cinquième tergites, et la base du sixième 
rouge fauve; trois points noirs placés sur le milieu de la base des 
quatrième, cinquième et sixième tergites se détachent sur cette 
large macule claire et une ligne d’écailles gris plus ou moins pâle 
borde tous les tergites à l'exception du premier et du dermer; 


brosse anale formée de poils courts, rouges et noirs. Ventre jaune 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 157 





ocracé un peu mêlé de fauve pâle, avec les deux premiers sternites 
gris bronzé. 

Hanches antérieures blanches assez fortement mélangées de 
fauve; fémurs fauves à crête inférieure blanche; tibias noirs en 
dessus, fauves en dessous; tarses noirs tachés de fauve à la base 
des articles en dessus et de blanc en dessous. Articulations coxo- 
fémorales médianes blanc ocracé, fémurs fauves passant au rouge 
vermillon sur la crête supérieure, tachés de noir à la base et au 
sommet de la crête inférieure et traversés au mieu de la face 
externe par une ligne médiane blanche ; éperon interne noir, 
externe blanc; tarses noirs annelés de blanc à la base des quatre 
premiers articles. Articulations coxofémorales postérieures gris 
bronzé verdâtre; fémurs concolores, frangés inférieurement de 
poils blancs et tachés au sommet de blanc ocracé et de fauve; 
tibias hérissés de longs poils, noirs sur la crête inférieure et la 
moitié de la face externe de la base à la première paire d’éperons 
derrière laquelle se trouve une tache blanche, rouge fauve au dela 
et sur toute la longueur de la face externe et de la crête supérieure; 
quelques poils blancs forment une ligne transversale et se réu- 
nissent à une touffe de même couleur placée entre la base et le 
milieu de la face interne; éperons noirs, les externes poilus de 
blanc postérieurement ; tarses couverts des mêmes poils que les 
tibias, rouge fauve sur la face externe et le dessous du premier 
article, noirs en dessus et du côté interne, blancs sur les deux 
derniers articles; les articles 2 à 5 sont en outre écaillés de blanc 
sur les deux faces et de noir en dessous. 

Aïles supérieures opaques, gris bronzé verdâtre luisant, avec 
une courte tache vitrée infracellulaire linéaire. Dessous semblable. 
Ailes inférieures transparentes avec des nervures et la ligne mar- 
ginale gris bronzé verdâtre, cette dernière s’élargit et se fond 
entre les nervures 2 à 6; l’espace internervural 6-7 est complè- 
tement opaque, concolore. Lobe basal opaque, gris bronzé verdâtre, 
presque entièrement recouvert d’écailles et de poils gris clair. 
‘Dessous semblable à lobe basal gris bronzé. Franges des deux 


paires gris bronzé, très pâle à la base des ailes inférieures. 


11 


158 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Q.— Diffère du mâle par l’abdomen rouge fauve en dessus du 
troisième tergite au sommet; la présence d’un quatrième point 
noir dorsal sur le septième tergite, le ventre un peu plus foncé, les 
nervures des ailes inférieures plus fortement écaillées et la bor- 
dure marginale plus large, mais aussi diffuse. 

Envergure : ©, 25 millimètres; ©, 34 millimètres. 

1,0, 1 ©, Am. B: (= Amérique boréale) vex Ælarris)pMus 
D's Boisduval, Coll. Ch. Oberthür. 


Meldittia cucurbitæ Harr, Var. ceto Westw. (PL CDLXXV, 
fig. 3013 Ÿ, 3014 O). 
T'rochilium ceto Westwood (J. O.), The Cabinet of Oriental Entomologie, 
p. 62, PI. XXX, fig. 6 (1848) [fer]. 
Melittia ceto Auct. 


Melittia satyrimiformis Beutenm. #ec Hbn. 


Je rapporte comme variété à cucurbitæ Harris l’espèce de West- 
wood; elle diffère du type par la ligne marginale des ailes infé- 
rieures sensiblement moins large, nettement définie et de largeur 
égale de la nervure 2 à l’apex dans les deux sexes; l’espace inter- 
nervural 6-7 transparent chez le mâle. 

C’est cette forme que l’on reçoit du littoral atlantique des 
Etats-Unis, et c’est à elle que se réfère la figure de T. ceto Westw. 
comme l’établit sans conteste la minceur et la régularité de la 
ligne marginale des ailes inférieures. 

Envergure : , 29-31 millimètres; ©, 30-37 milimètres. 

4 ©, 4 Q : Philadelphie, ex Mr. Peale (Mus. Philadelphie, 
18...), Coll. Museum de Paris — New-York, ex L. Feld, Coll. 
Ch. Oberthür -— New-York, ex Coll. H. Deckert (1912), Coll. 
Fd: Le Cerf. 


De la troisième espèce je ne connais que des femelles, toutes de 
l’Amérique Centrale. Je les identifie à Melia pulchripes Walker, 
malgré la synonymie que celui-ci a cru devoir établir et qui ne 
saurait être maintenue. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 159 


Melittia pulchripes Walk. (PI CDIXXV, fig. 3915). 
Melittia pulchripes Walker (F. D.), List of the specimens of the Lepidop- 


terous Insects in the collection of the British Museum, VIII, p. 07 
(1856) [fer]. 


Melittia satyriniformis Auct. nec Hbn. [part.]. 


Q. — Extrêmement voisine de M. cucurbitæ Harris dont elle 
se distingue par les caractères suivants : 

Les cinq derniers tergites de l’abdomen sont fauve roux et non 
rouge vif ; ils portent cinq gros points noirs dont le premier, placé 
sur le troisième tergite est diffus et fondu avec la teinte noir 
bronzé verdâtre des premiers tergites. Ventre jaune ocracé clair. 
Deuxième article des palpes longé par une ligne noire plus ou 
moins bien marquée en dehors. Fémurs antérieurs rouge vif. Crète 
et moitié longitudinale externe inférieure des tibias médians ct 
postérieurs noires, les taches blanches en arrière des éperons res- 
sortent ainsi sur fond noir et non sur fond rouge. Aux ailes infé- 
rieures, les nervures et la bordure marginale sont plus finement 
écrites que chez ceto Westw., et l’espace internervural 6-7 est 
transparent. 


Envergure : 20-38 millimètres. 


6 QQ, Venezuela; Honduras, San Pedro Sula, ex Erich 
Wittkugel (1895-1896), Coll. Ch. Oberthür. — Bogota, Colombie, 
ex \G A Baër (ro1r), Coll Fd'Ee Cerf: 


Sur les exemplaires défraichis et frottés, les points noirs du 
dessus de l’abdomen paraissent former une ligne continue 
séparant en deux la couleur fauve roussâtre du fond et c’est sans 
doute ce que Walker a voulu exprimer en disant : « abdomen 
vitlis duabus rufescentibus ». 

L’individu que je fais représenter et que je tiens pour conforme 
aux types de Walker provient comme l’un d’eux du Venezuela. 
Les autres femelles, du Honduras et de Colombie en diffèrent 


160 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





légèrement en ce que le noir est un peu réduit aux palpes et vers 
le dessous des tibias postérieurs. 


Je n’ai vu aucun exemplaire pouvant se rapporter à Melittia 
amaæna Hy-Edw., mais si les caractères donnés dans la description 
sont exacts et, notamment les tarses entièrement noirs, l’absence 
de tache vitrée aux ailes supérieures et de rouge à l’abdomen, 1l y 
aurait lieu de la considérer comme une forme différente de celles 
étudiées 1c1, et pour la distinction rapide desquelles j’ai étabh le 


tableau dichotomique suivant : 


Coloration générale noir bronze très foncé ; 
pas de teinte rouge ou fauve sur le dessus de 
l'abdomen ; premier article des palpes et plaque 
jugulaire noirs; ventre rouge écarlate, tarses 
postérieurs noirs jusqu’au sommet................ .… WW. Satyriniformis Hbn. 


Colombie. 


Get © avec l'es 
paceinternervural 6-7 
des ailes inférieures 
opaque et la ligne 


marginale élargie et 


Coloration générale À fondue M. cucurbitæ Harr. 
bronzé-verdâtre ; dessus ne te 
de l’abdomen plus ou 
moins largement écaillé Ligne marginale 


de fauve ou de rouge; 
premier article des pal- 
pes et plaque Jugu- 


laire blancs ; ventre 
ocracé plus ou moins 
clair; derniers articles 
des tarses postérieurs 


blancs. 


des ailes inférieures 
étroite et nettement 
définie ; espace inter- 
nervural 6-7 transpa- 
rent chez le O', opa- 
que-chez la0:" 27 


Espace internervu- 


ral 6-7 transparent 


M. cucurbite Harr. 
var. ceto Westw. 
Etats-Unis. 


M. pulchripes WIKk. 


Amérique centrale. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 161 








A ce tableau je joins (fig. 3) la représentation des ailes infé- 
rieures de ces diverses formes, montrant la disposition si remar- 
quable de l’écaillure de la ligne marginale et de l’espace 
internervural 6-7. 





FIG. 3. — Ailes inférieures des espèces et variétés du groupe de Æ/e/ittia 
satyriniformis Hbn., 


a, b — Melittia cucurbitæ Karr. CO Q. 

c, d = M. cucurbitæ Harr. var. ceto Westw. C Q. 
e = M. satyriniformis Hbn. d. 
f = M. pulchripes Wikr.. O. 


Melittia Khmer n. sp. (PI CDLXXV, fig. 3916). 


d.— Vertex gris bronzé, hérissé de quelques poils gris et noirs; 
iront blanc à centre bronzé clair irisé de verdâtre. Palpes à pre- 
mier article blanc; second épais, jaune vif en dessus, jaune pâle en 
dessous, avec quelques poils noirs au milieu extérieurement et à 
l'extrémité en dessous ; troisième article long, aigu, à somme: noir. 
Trompe noire. Plaque jugulaire blanc jaunâtre, poils péricépha- 
liques blancs. Antennes noires, avec le sommet un peu écaillé de 
blanc en dessous. Veux bruns; ocelles jaunes. 


162 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Collier gris foncé à reflet bleu d’acier et à bord postérieur plus 
clair. Thorax recouvert d’écailles gris foncé à sommet gris pale. 
Dessous concolore avec une ligne longitudinale blanc jaunâtre 
étendue de l’extrémité du collier à la base des aïles inférieures. 
Touffes latérales du métathorax formées de poils gris foncé et 
blanc grisâtre; surface postcoxale couverte de poils blancs. 

Abdomen gris foncé avec quelques écailles blanches petites, 
peu apparentes, plus abondantes vers la base, et une ligne dorsale 
et médiane de cinq petites taches noires placées à la base des 
second, troisième, quatrième, cinquième et sixième tergites ; brosse 
anale très courte, noire en dessus, gris Jaunâtre latéralement. 
Ventre Jaune roux pâle. 

Hanches antérieures blanches, à bord externe et sommet jaune; 
fémurs noir bronzé longés en dessus de jaune fauve et en dessous 
de blanc; tibias noirs en dessus, jaune fauve en dessous; tarses 
noirs. Fémurs médians noir bronzé, à sommet jaune fauve exté- 
rieurement ; tibias jaunes mêlés de blanc dans leur moitié proxi- 
male externe, noirs du milieu à l’extrémité et en dessous, jaune 
vif en dessus; éperons noirs; tarses noirs, avec la base des trois 
premiers articles blanc pur. Fémurs postérieurs noir bronzé avec 
le sommet blanc jaunâtre; tibias peu hérissés, noirs, avec une 
ligne de poils fauves interrompue de blanc sur la crête supérieure, 
une autre ligne transversale et médiane d’écailles blanches et une 
petite tache blanche sur la crête inférieure en arrière de la pre- 
mière paire d’éperons. Tarses noirs longés de fauve sur le premier 
article. Eperons noirs, l’externe de la seconde paire blanc au 
sommet en arrière. 

Ailes supérieures opaques, gris foncé, reflétant légèrement en 
bleuâtre avec quelques poils blancs à la base du bord interne, une 
étroite tache vitrée infracellulaire et une intracellulaire très 
courte, linéaire, mal définie. Dessous un peu plus pâle. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale 
gris foncé; lobe basal opaque, concolore, bordé de jaunûtre. 
Dessous semblable. Franges des quatre ailes gris foncé. 


Envergure : 28 millimètres. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 103 





Type : 1 G, Cambodge, Angkor, Coll. F. Le Cerf. 

Malgré sa livrée plus terne et la présence d’une très petite tache 
vitrée intracellulaire cette espèce est très étroitement apparentée 
aux espèces américaines du groupe de M. satyriniformis Hb. et 
tout particulièrement à M. cucurbitæ Harris, des Etats-Unis. La 
disposition des zones claires aux pattes, la présence et l’arran- 
gement en ligne des points noirs dorsaux, la forme et la vestiture 
des palpes entre autres détails sont identiques chez #/. K'hmer 
et M. cucurbite. 


Melittia Chimana n. sp. (PL CCCLXXV, fig. 3132). 


Q.— Vertex noir bleu, hérissé sur la nuque de longs poils noirs 
et blancs; front noir bronzé lituré de blanc devant les yeux; 
palpes noir ferrugineux mêlés de blanc sur toute leur surface; 
trompe brun noirâtre; plaque jugulaire noire mêlée et bordée de 
blanc; poils péricéphaliques blancs. Antennes noires; yeux brun 
ardoisé, ocelles jaune topaze. 

Collier blanc; mésothorax et ptérygodes noirs, métathosax 
blanc; surface postcoxale couverte de poils blancs. Abdomen 
noir avec le premier tergite en entier et les côtés du second blancs; 
des écailles blanches parsèment également les deux derniers 
tergites ; brosse anale rudimentaire, noire. Ventre blanc jaunâtre. 

Hanches antérieures noires, frangées de poils concolores; 
tibias noirs un peu mêlés de blanc; tarses blancs en dessus et en 
dessous, noirs du côté interne. Articulations coxofémorales 
médianes et postérieures noires mêlées de blanc; fémurs médians 
noirs, avec quelques écailles blanches au sommet ; tibias médians 
hérissés, noirs, un peu tachés de blanc extérieurement au milieu; 
tarses noirs à premier article annelé de blanc, fémurs postérieurs 
noirs, mêlés de blanc à la base; tibias postérieurs hérissés de poils 
noirs, mélangés extérieurement en dessus et à l’extrémité de poils 
blancs ; tarses hérissés de poils noirs, tachés de blanc à la base 
du côté interne et à l'extrémité du premier article. 


104 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Ailes supérieures opaques, noir ferrugineux, parsemées 
d’écailles bleu pale et portant près de la base une courte tache 
vitrée infracellulaire. Dessous noir pourpré. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une étroite 
bordure marginale noires. Dessous semblable. Franges des quatre 
ailes gris bronzé. 

Envergure : 32 millimètres. 

Type : 1 Q, Equateur, La Chima, Prov. los Rios (1° semestre 
1803); ex Marc de Mathan; Coll. Ch. Oberthür. 


Apparentée à Melithia funesta Le Cerf et surtout à Melittia 
rugia Druce, mais bien distincte par sa coloration fonciere ferru- 
gineuse et non noir bleuûtre, l’absence d’aire hyaline dans la 
cellule, la pilosité concolore des pattes et des tarses, la base de 
l’abdomen blanc pur comme le collier, et le lobe basal des ailes 
postérieures transparent et non écaillé de « vert bleuâtre métal- 
lique. » Druce ne parle pas de la coloration du ventre. 


Melittia funesta nov. sp. (PI CDLXXV, fig. 3918). 


Q.-—- Vertex non hérissé noir bleu; front noir pourpré, lituré 
de blanc devant les yeux. Palpes noirs, mêlés extérieurement et 
en avant de blanc; face interne blanche. Trompe brune. Plaque 
jugulaire noir bleu; poils péricéphaliques jaune roussâtre dans 
le tiers inférieur de l’occiput et noirs jusqu’à la nuque. Antennes 
noires. Yeux brun roux; ocelles jaune topaze. 

Collier noir pourpré. Thorax en entier noir bleu; surface 
postcoxale couverte de poils blancs. Abdomen noir bleu avec les 
côtés du premier tergite et le troisième — presque en totalité — 
écaillés de blanc jaunâtre. Ventre noir bleu avec un large senuis 
médian d’écailles blanches, élargi vers l’extrémité du corps. 

Hanches antérieures noir bleu; fémurs concolores ; tibias poilus, 
noir bleu en dessus, blanc jaunâtre en dessous; tarses noirs en 
dessus, blanc jaunâtre en dessous. Fémurs médians et postérieurs 
noir bleu, un peu écaillés de blanc le long de la crête inférieure; 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 165 








tibias médians noir bleu mêlés d’un peu de blanc jaunâtre en 
dessus avant le sommet; éperons noirs; tarses à premuer article 
velu, noir, largement annelé de blanc jaunâtre, deuxième et troi- 
sième noirs tachés extérieurement de blanc jaunâtre, quatrième 
et cinquième noirs; tibias postérieurs noir bleu à reflet bronzé, 
mêlés d’écailles et de poils blanchâtres et hérissés avant le milieu 
de poils blanc jaunâtre mêlés de noir en dessus, noir bleu en 
dessous. À cette partie hérissée succède une zone couverte d’écailles 
noir pourpré en dessus, blanc jaunâtre luisant à reflet verdâtre 
latéralement et en dessous, à laquelle fait suite une touffe hérissée 
et épanouie de longues écailles et de poils noir bronzé à reflet vert 
doré mêlés d’écailles et de poils blanc jJaunâtre. Eperons noirs, 
écailleux, les postérieurs blancs en arrière. Tarses hérissés de poils 
plus longs que ceux des tibias, noir bronzé à reflet vert doré très 
légèrement mêlés de blanc jaunâtre; les deux derniers articles 
blanc jaunâtre en dessous. 

Ailes supérieures opaques, noir pourpré à reflet vert bronzé le 
long du bord interne et sur le disque, éparsement semées d’écailles 
blanc bleuté et portant trois taches vitrées : une infracellulaire 
courte et assez large, une intracellulaire extrêmement petite, 
linéaire, et une ultracellulaire réduite à un triangle minuscule à la 
base de l'intervalle des nervures 3 et 4 Dessous noir bronzé 
verdatre sans écailles blanches. 

Ailes inférieures transparentes à reflet bleu; lobe basal réduit 
et en partie transparent ; nervures, trait discocellulaire et bordure 
marginale noir pourpré. Franges des deux paires noir bronzé. 

Envergure : 31 millimètres. 

Type : 1 ©, Brésil, ex M. Pechetto (1854), Coll. du Museum 
de Paris. 


Sa coloration sombre, ses très petites taches vitrées, son lobe 
basal réduit et en grande partie transparent, la disposition en 
deux touffes distinctement séparées des longs poils de ses tibias 
postérieurs rendent cette espèce facile à reconnaître. Elle est 
apparentée au groupe qui comprend entre autres : Meli{fia ruçia 
Druce, Melittia chimana Te Cerf — parmi les espèces améri- 


106 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





caines — et Melittia iridisquamma Mabille — parmi les espèces 
africaines. 

Je la décris sur un exemplaire complet mais un peu vétuste, 
et dont l’abdomen seul est endommagé; un individu semblable, 
également ancien et non nommé, existe dans la collection du 
British Museum. 


Melittia Hervei n. sp. (PI CDLXXV, fig. 3919). 


Q. —- Vertex noir bleu, non hérissé; front noir bronzé très 
étroitement lituré de blanc devant les yeux. Palpes non hérissés, 
blanc jJaunâtre, avec une courte ligne externe sur le sommet du 
second article et le troisième article noirs. Trompe courte et faible, 
jaunâtre. Plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs. An- 
tennes noires, à peine plus claires en dessous. Veux noirs, ocelles 
jaunes. 

Collier noir à reflet bleu d’acier. Thorax en entier noir bronzé 
pourpré; surface postcoxale noire. Abdomen entièrement noir. 

Hanches antérieures noires; fémurs noirs, frangés inférieure- 
ment de poils concolores et un peu écaillés de rouge fauve au 
sommet de la face externe ; tibias noirs ; tarses Jaunâtres en 
dessous, noirs en dessus avec la base des troisième et quatrième 
articles et le cinquième en totalité jaune orangé. Pattes médianes 
entièrement noires. Pattes postérieures à fémurs noirs frangés 
inférieurement de poils concolores, tibias hérissés de longs poils 
noirs ; éperons antérieurs noirs, l’externe à sommet blanc; éperon 
postérieur interne noir, externe noir en avant, blanc au sommet et 
poilu de rouge fauve en arrière; tarses hérissés de longs poils 
rouge fauve. 

Aïles supérieures opaques, noires, avec deux petites taches 
vitrées : une intracellulaire courte et coupée obliquement au 
sommet, et une ultracellulaire réduite à une petite aréole ovalaire 
entre la base des nervures 3 et 4. Dessous semblable. Ailes infé- 
rieures transparentes à reflet bleu; nervures noires; bordure mar- 
ginale noire assez large, irrégulière, mal définie; lobe basal com- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 167 





plètement écaillé de noir bleu brillant. Dessous semblable. Franges 
des deux paires longues, assez grossières, noir bronzé, coupées de 
noir bleu le long du lobe basal aux inférieures. 

Envergure : 39 millimètres. 

Type : 1 ©, Pérou, Chanchamayo, ex Oswald Schuncke (1912); 
Coll. Ch. Oberthür. 


Cette espèce est dédiée à M. Hervé Oberthür, petit-fils de 
M. Ch. Oberthür. Elle n’est voisine d’aucune des espèces que Je 
connais en nature ou par leur description; seul, le dessin de ses 


ailes supérieures a quelque rapport avec celui de Melittia funesta, 
du Brésil. 


Melittia natalensis Bultler var. occidentalis n. var. 
(PICDEXXKV, he. 3017). 


La Collection du Museum de Paris contient de cette espèce un 
exemplaire du Congo que j'ai comparé à Londres aux types de 
Butler; il montre avec ceux-ci qui proviennent de Port-Natal les 
différences suivantes : 

Taille plus grande, coloration franchement noire et non brun 
chocolat des ailes supérieures et présence à celles-ci de deux taches 
hyalines punctiformes au lieu d’une seule. 

Envergure : 38 millimètres. 

Type : r: ©, Haut-Oubanghi, Congo français, ex M. Viancin 
(1895), Coll. du Muséum de Paris. 


Deux caractères importants sont omis dans la description ori- 
ginale, le premier consiste en une petite tache hyaline entre la 
base des nervures 3 et 4, aux ailes supérieures, l’autre est la cclo- 
ration du lobe basal des ailes inférieures, ce lobe est noir recouvert 
d’écailles bleu pâle qui le font paraître gris bleuatre un peu 
lustré. On trouve cependant une allusion au premier de ces carac- 
tères dans la description d’une autre espèce africaine, Me!/if#1a 
aenescens du même auteur, parue 22 ans après celle de M.natalensis 
et qui a « .. the same transparent spot between the second and 


108 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





‘ 


third median branches. », mais si cette fois la description est 
exacte 1] n’en est pas de même de la figure qui l'accompagne car 
clle montre des ailes complètement opaques et dépourvues de 
toute trace de point transparent. | 


Melittia pellecta Swinhoë. (PI CDLXNXI, fig. 3064). 


VWélitlia pellecta Swinhoë, Transactions of the Entomological Society 
of London, p. 169, PI. VI, fig. 2 (1890) [fe]. 


Ma collection contient un individu que je crois être le mâle 
encore inconnu de cette espèce, décrite par Swinhoë sur une femelle 
capturée en août 1888 à Rangoon (Siam). Il est assez fortement 
défraichi, mais un examen minutieux permet de retrouver des 
traces suffisantes de tous ses caractères. 

La coloration de la tête, du thorax, de l’abdomen, des pattes 
et des ailes inférieures correspond bien à la description origi- 
nale, seules les ailes supérieures offrent une différence importante, 
elles sont entièrement d’un noir un peu bleuâtre, à l’exception 
d’une large tache vitrée quadrifide, arrondie, étendue de la ner- 
vure 3 à la nervure 7, mais cette différence ne dépasse pas l’am- 
plitude du dimorphisme sexuel. Des découvertes ultérieures 
confirmeront, je l’espère, le rapprochement que je fais ici, bien 
qu’il constitue une exception à la règle d’après laquelle chez les 
Aegerüde, c'est le mâle qui présente habituellement le plus grand 
nombre de taches vitrées et les mieux. déveléppées. On peut 
d’ailleurs observer qu’à défaut du nombre, le développement de 
l’aire vitrée ultracellulaire, seule présente dans le mâle, est plus 
considérable que celle d'aucune des trois de la femelle chez qui 
elles sont aussi moins nettement définies. 

En outre du caractère des ailes supérieures, je compléterai par 
les détails suivants la déscription de M. pellecta Swh. 


d. — Antennes très brièvement pectinées et ciliées, noires en 
dessus, brunes en dessous. Trompe brun roussâtre; plaque jugu- 


laire blanc Jaunâtre à centre noir; poils péricéphaliques blancs. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 169 


Veux bruns; ocelles jaune topaze bordés en avant de petits poils 
blancs. Toufles latérales du inétathorax noir grisâtre à base 
blanche. Hanches antérieures noires à base et bord interne blancs. 
Eperons des pattes médianes et postérieures noirs. Ventre noir. 
Le lobe basal des ailes inférieures est beaucoup moins bleu qne 
sur la figure accompagnant la description, il est noir saupoudré 
peu densément d’écailles bleu pâle; quelques-unes de celles-ci 
marquent la base des ailes supérieures. Franges noires. 


Envergure : 33,5 millimètres. 
Hype no) Cambodse Calle. Le’Cérr 


Melittia pauper n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3135). 


d.— Vertex hérissé, gris brunâtre; front gris bronzé lituré de 
blanc devant les yeux; palpes blancs à la base, en dessous, et 
du côté interne, Jaunâtres extérieurement et en dessus, avec 
quelques écailles brunes sur le milieu du second article. Trompe 
brun foncé; plaque jugulaire blanche, mêlée de jaunatre dans 
sa partie médiane. Poils péricéphaliques blancs. Antennes ? 
(détruites). Yeux bruns, ocelles rouge rubis. 

Collier, thorax en dessus gris olivâtre portant de chaque côté 
en dessous deux petites taches latéropectorales blanches : une 
antérieure près de l’extrémité du collier, l’autre sous la base des 
ailes. 

Abdomen gris olivâtre avec le bord postérieur des tergites 
mèlé d’écailles plus claires, blanchâtres sur les deux premiers 
tergites. Ventre jaune roussâtre. Brosse anale rudimentaire, 
olivâtre en dessus, jaune roussâtre en dessous. 

Hanches antérieures blanches, un peu salies de jaunûtre; 
fémurs gris olivatre, longés en dessus de blanc et frangés infé- 
rieurement de poils gris et blancs; tibias gris olivâtre un peu 
mêlés extérieurement de jaune roussâtre ; tarses blancs en dessus, 
gris ohvâtre latéralement et en dessous. Articulation coxotémo- 
rale des pattes médianes blanches, des postérieures gris olivatre 


170 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





à moitié distale blanche. (Pattes médianes détruites); fémurs 
postérieurs gris olivâtre à sommet blanc jaunâtre; tibias hérissés 
de longs poils fauves à la base et à l’extrémuté, jaune terne au 
milieu en dessus, extérieurement et sur la face interne, gris 
olivâtre en dessous; éperons gris olivâtre foncé avec des poils 
jaunâtres en arrière. Tarses détruits à l’exception du premier 
article qui porte des poils fauves et noirs. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures et un 
large espace terminal gris olhvâtre; le point discocellulaire large 
et concolore forme dans la cellule une longue pointe continuée 
jusqu’à la côte par une ligne d’écailles. Dessous semblable à côte 
jaunûtre. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une étroite 
ligne marginale gris olivâtre; lobe basal écaillé de même couleur, 
éclairci et partiellement transparent au centre. Dessous sem- 
blable. Franges des quatre ailes gris terne. 

Envergure : 32 millimètres. 

Type : 1 œ', Pérou, Lima; 18/22 mars 1890; Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia Madureæ n. sp. (PI CCCLXXIIL, fig. 3111). 


Q. — Vertex brun bronzé; front gris bronzé, lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes noir bronzé avec la base et deux lignes 
longitudinales blanches; trompe rousse. Plaque jugulaire blanche 
mêlée de poils bruns; poils péricéphaliques blancs. Antennes 
brunes à la base (le reste est détruit). Yeux brun roux, ocelles 
jaune safran. 

Collier bronzé pourpré mêlé d’olivâtre; thorax et ptérygodes 
brun olivâtre portant en dessous une tache latéropectorale anté- 
rieure blanche et mêlés éparsement d’écailles blanches. Abdomen 
noir bronzé un peu pourpré avec le bord postérieur du second 
tergite blanc; brosse anale courte, concolore, à sommet blanc 
jaunâtre. Ventre noir bronzé avec une large bande médiane 
blanche formée de taches trapézoïdales contiguës; dernier sternite 


jaunâtre. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE NA 





Hanches antérieures noires, traversées obliquement par une 
large bande médiane blanche; fémurs noir bronzé, avec quelques 
écailles blanches éparses en dessus et à la base; bord inférieur 
blanc dans sa moitié terminale; tibias noirs en dessus, blancs en 
dessous et au sommet; tarses noirs en dessus, blanc jaunâtre en 
dessous. Articulations coxofémorales postérieures noires, tachées 
de blanc; fémurs médians et postérieurs noir bronzé mêlés de 
blanc au milieu, au sommet et le long de la crête inférieure; 
tibias médians hérissés, noir pourpré, avec deux rangées trans- 
versales et médianes de poils clairsemés, bleu pâle, et un anneau 
terminal de poils blancs; tarses noir bleu, annelés de blanc; 
tibias postérieurs hérissés de longs poils pourprés passant au 
brunâtre en dessus et à l’extrémité, avec deux rangées transver- 
sales médianes de poils bleu pâle et l’extrémité blanche; deux 
fortes taches blanches marquent en dessous le bord inférieur, 
au niveau de l'insertion des deux paires d’éperons, lesquels sont 
noirs; tarses poilus, noir pourpré avec le premier article taché 
en dessous, à la base, de bleu pâle 1irisé; dernier article blanc. 

Ailes supérieures noires, un peu pourprées, avec une longue et 
étroite tache vitrée infracellulaire, une intracellulaire courte, 
divisée longitudinalement par une ligne d’écailles, et comblée 
dans sa partie supérieure par un semis assez dense d’écailles brun 
noirâtre; ultracellulaire petite, trifide, la division médiane — 
entre les nervures 4 et 5 — étant la plus courte et la plus étroite. 
Dessous semblable, un peu plus pâle. 

Ailes inférieures transparentes à reflet bleu; nervures et bordure 
marginale noir bronzé; lobe basal écaillé de noir bronzé et en 
partie recouvert d’écailles bleu pâle. Dessous semblable. Franges 
des quatre ailes brun bronzé. 

Envergure : 36 millimètres. 

Type : 1 ©, Indes-Orientales, Trichinopoly; R. P. J. Castets; 
Coll. Ch. Oberthür. 

Melittia madureæ doit se placer au voisinage de M. chalo:- 
forms F. avec laquelle elle a beaucoup d’analogie sous le double 
rapport du faciès et de la vestiture. 


17» LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Melittia congoana n. sp. (PI CCCLXXIIT, fig. 3112). 


Q.-— Vertex brun un peu hérissé sur la nuque; front brun bronzé 
lituré de blanc devant les yeux. Palpes blanc jaunâtre avec deux 
lignes noires longitudinales sur l’extrémité du second et le troi- 
sième articles. Trompe brune, plaque jugulaire blanc jaunûtre. 
Poils péricéphaliques blanc jaunâtre. Antennes noires en dessus, 
avec l’extrémité jaunâtre en dehors et une ligne d’écailles blanches 
en avant, brunes en dessous. Veux bruns; ocelles jaune topaze. 

Collier et thorax brun bronzé; ptérygodes concolores; pinceaux 
latéraux du métathorax mêlés de jaune roussâtre ct de grisitre. 
Abdomen noir bronzé avec les second, quatrième et sixième ter- 
cites bordés d’une ligne d’écailles blanches; brosse anale très 
courte, gris Jaunâtre. Ventre blanc sale. 

Hanches antérieures blanc jaunâtre; fémurs brun bronzé lar- 
sement bordés en dessus et en dessous de blanc jaunâtre; tibias 
bruns en dessus, jaunâtres en dessous ; tarses blanc jJaunatre longés 
en dessus par une ligne noire. Articulations coxofémorales 
médianes et postérieures blanchâtres; fémurs bruns fortement 
méêlés de blanc sur la crête supérieure, le tiers terminal externe, 
et frangés inférieurement de longs poils blancs. Tibias médians 
noirs largement tachés de blanc en dessus et en dessous, mêlés de 
quelques poils fauve rougeatre sur le milieu de la crête supérieure, 
et portant au milieu de la face externe des écailles bleu d’acier 
brillant; tarses noirs en dessus, blanc en dessous, à premier 
article velu, largement annelés de blanc à la base ainsi que le 
second ; éperons noirs. Tibias postérieurs hérissés de longs poils 
noirs, mêlés en dessus de blanc jaunâtre, auxquels s'ajoutent vers 
le sommet et en dessous des poils fauve rougeatre peu nombreux ; 
ils sont interrompus extérieurement de blanchâtre à la base, au 
milieu et au sommet, et portent deux plaques d’écailles bleu 
d'acier; éperons noirs; tarses à premier article hérissé de longs 
poils noirs mêlés en dessus de fauve rougeûtre et extérieurement 


de blanchâtre (les autres articles sont détruits). 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 173 


Ailes supérieures noir bronzé à base un peu roussâtre avec trois 
aires vitrées bien développées : infracellulaire large et longue, 
atteignant le milieu du trait discocellulaire ; ultracellulaire 
rétrécie de la base au sommet et formé de quatre aréoles inégales. 
Trait discocellulaire large, prolongé en pointe aiguë dans la 
cellule; espace terminal parsemé d’écailles bleu pale. Dessous 
semblable à côte concolore. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et une étroite 
bordure marginale noir bronzé; lobe basal peu large, écaillé de 
brun bronzé et un peu mélangé de gris jaunâtre. Dessous sem- 
blable. Franges des quatre ailes brun bronzé. 

Envergure : 37 millimètres. 

pee mo houmby (Congo), ex E. Petit (1883), Coll:'Ck 
Oberthür. 


Cette espèce doit être considérée comme un représentant afri- 


cain du groupe asiatique qui a pour type Welittia chalcif ormis F. 


Melittia Staudingeri Bdv. (PI CCCLXXIV, fig. 3123). 
Melittia Slaudingert Boiduval, Species Général des Lépidoptères, Hété- 
rocères, I, p. 478 (1874). 
Melittia indica Hmpsn. nec Btlr. {part.] Fauna of British India, Moths, 
LE, p:203: (802). 


J'ai en mains le type de cette espèce, décrite par Boisduval sur 
un exemplaire du Sylhet, et dont Hampson : Fauna of British 
India Mots, X, p. 203 (1892), fait un synonyme de Melittia indica 
Btir. Cette synonymie n'est pas justifée, M. Staudinger: Bdv. est 
une espèce distincte qui doit reprendre sa place dans la nomen- 
clature; mais 1l est juste de reconnaître que la description incom- 
plète et pour certains détails inexacte de Boisduval, ainsi que 
l’absence de figure, sont pour une bonne part la cause de l’erreur 
commise par le célèbre auteur anglais; sans avoir le type sous les 
yeux, il est impossible d’identifier Melittia Staudingeri d’après 
le seul texte du Species. 


12 


1 74 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


En outre du type, vétuste et incomplet, la Coll. Ch. Oberthür 
contient un autre mâle en bon état, capturé en 1894 au Sikkim, 
figuré sous le n° 3123, PI CCCLXXIV des Etudes de Lépidopté- 
rologie comparée avec le nom douteux de Melittia? indica Btlr. 


et sur lequel j'ai rédigé la description détaillée suivante : 


d. — Vertex non hérissé, noir bronzé, un peu mêlé de erisâtre; 
front brun bronzé bordé de jaune pâle devant les yeux. Palpes 
jaune ocracé pâle, mélangés en avant de poils noirs et longés de 
noir extérieurement et en dessus dans leur moitié distale; trompe 
brun noirâtre. Plaque jugulaire et poils péricéphaliques jaune 
ocracé pâle. Antennes robustes, longues, noires en dessus et à 
massue brun rougeâtre en dessous. Yeux brun foncé; ocelles rap- 
prochés, incolores, bordés en avant d’écailles jaune pâle. 

Collier, thorax et ptérygodes brun olvâtre; touftes latérales 
du métathorax concolores à base jJaunàtre. Abdomen noir avec 
des lignes d’écailles blanches très ténues et incomplètes au bord 
des tergites. Ventre noir bordé irrégulièrement de blanchâtre aux 
troisième et quatrième sternites, les trois suivants presque entie- 
rement blanc jaunâtre, le dernier et la brosse anale noirs. 

Hanches antérieures Jaune ocracé, un peu mêlées de noir vers 
l’extrémité; fémurs noirs recouverts d’écailles jaune ocracé et 
frangés inférieurement de poils de même couleur; tibias noirs, 
longés en dessus et latéralement de deux lignes Jaune ocracé et 
d’une ligne roussâtre; dessous roussâtre; tarses noirs en dessus 
jaune ocracé en dessous. Articulations coxofémorales des pattes 
médianes et postérieures noires mêlées de jJaunâtre. Fémurs 
médians et postérieurs noirs extérieurement, largement bordés en 
dessus et frangés inférieurement de jaune ocracé pâle. Tibias 
médians brun olivâtre un peu mêlés de noir et portant extérieu- 
rement trois bandes transverses bleuàtres faiblement indiquées; 
crête inférieure jaunâtre surtout devant les éperons, qui sont noirs; 
tarses noirs. Tibias postérieurs hérissés de longs poils passant au 
brun foncé sur la face externe et portant à l’extrémité, en dessus, 
une touffe de poils jaune ocracé ; une petite tache blanche marque 


LÉPIDOPTÉROLOGIE - COMPARÉE 175 


la crête inférieure après la première paire d’éperons; éperons ct 
tarses entièrement noirs. 

Ailes supérieures transparentes, avec la côte, les nervures, 
l’espace terminal et le trait discocellulaire noirs; celui-ci émet 
dans la cellule une pointe assez longue, aiguë et l’espace terminal, 
très étroit à l’angle dorsal, s’élargit vers l’apex en couvrant la 
fourche des nervures 7 et 8. Aire vitrée ultracellulaire étendue 
de 3 à 9, ovale, formée de anq divisions dont la médiane est la 
plus longue et la supérieure la plus courte. Dessous semblable 
à côte concolore. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale 
noirs ; lobe basal écaillé de noir et un peu mêlé de jaune ocracé 
à la base et à la marge. Dessous semblable. Franges des quatre 
ailes brun noirâtre. 

Envergure : 33-37 millimètres. 

Mae Cr CO lype- linda, ex Mus: Dr. Boisduval; Sikkim, 
Lachin-Lachong, 8.000-16.000 pieds (Eté 1894), ex-chasseurs 
indigènes du R. P. Bretaudeau, Coll. Charles Oberthür. 


Melittia Staudinger: Bdv. appartient au même groupe que les 
autres espèces asiatiques ayant un trait récurrent dans la partie 
distale de la cellule : 47. z2d1ca Btilr., M. eurytion Westw., etc. 

Elle pourrait se placer au voisinage de Melittia gigantea Moore, 
dont la collection du Museum de Paris contient une très mauvaise 
femelle et rappelle aussi dans une certaine mesure l’espèce sud- 
américaine que J'ai appelée Meliftia xanthopus. 

De même aspect général que WMelittia gigantea Moore mais de 
taille inférieure et de coloration plus sombre, elle s’en différencie 
aisément par le corselet de même teinte que l’abdomen, à peine 
plus clair, le lobe basal des ailes inférieures noir, partiellement 
mêlé de rares écailles bleuâtres et non rouge ocracé, l’abdomen 
dépourvu d’écailles ocracées et le ventre blanc bleuâtre dans sa 
partie terminale, les pattes beaucoup plus foncées, notamment les 
postérieures dont le tibia légèrement teinté de ferrugineux obscur 
en dehors, ne porte qu’une petite touffe de poils jaunes à 
l'extrémité en dessus. J’ajouterai enfin, que dans la mesure 


176 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


où les déterminations faites sur les descriptions sans figures 
de Moore : Descriptions of New Indian Lepidopterous Insects 
from the Collection of the late Mr. W. S. Afkinson, p. 10 
(1870), et de Hampson : Fauna of British India, Moths, 1, p. 203 
(1892), permettent de s’en rendre compte, c’est de Melittia newara 
Moore qu’elle paraît le plus proche; elle en diffère dans l’en- 
semble par son coloris bien plus foncé, et dans le détail par le 
thorax brun olivâtre foncé et non « bright golden yellow », 
l’absence de poils rouges à l’articulation du fémur et du tibia 
aux pattes postérieures. 


Melittia eurytion Westw. (PI CCCLXXIIT, fig. 3114-3115). 


Trochilium eurytion Westwood, Cabinet of Oriental Entomology, p. 62, 
Pl%0; fie Hi (r848). 


Cette espèce a fait l’objet de deux figures : l’une, en couleurs, 
accompagne la description originale de Westwood, l’autre, en 
noir, se trouve sous le n° 131 à la page 203 de la Fauna of British 
India, Moths I {1802), par sir George F. Hampson. Tout en 
donnant l’une et l’autre une idée suffisamment exacte de l’espèce 
qu’elles représentent, ces deux figures montrent quelques diffé- 
rences. Sur la première, le corselet est vert olive, l'abdomen brun 
renforcé de rougeûtre et bordé de blanc à tous les segments; sur 
l’autre, le thorax et l’abdomen sont homochromes et le second 
dépourvu de bordures blanches. 


La description de Westwood indique : « .. Abdomen black 
with the segments varied with white scales... » et celle de 
Hampson — qui compare cette espèce à #. volatilis Swinh. —- : 


«.… the abdomen with more distinct silvery segmental bands... » 
ce qui ne s’accorde pas avec la figure. Par ailleurs, la forme des 
ailes, le dessin et notamment la dimension des aires vitrées sont 
semblables. 

Dans la Collection Ch. Oberthür se trouvent 10 SO et 1 Q de 
Melittia eurytion Westw. provenant du Sikkim, de l’Assam, du 


LÉPIDOPTÉROLOGIE ‘COMPARÉE 177 








Se-Tchouen et du Thibet. Aucun de ces exemplaires ne porte de 
bordure blanche à tous les segments abdominaux ; chez l’un, 
figuré PI. CCCLXXIIT, n° 3115, elle font totalement défaut et 
ce mâle s’accorde ainsi avec celui qui est représenté dans la 
Fauna of British India; un autre — figure 3114 de la même 
planche — n’en porte que deux, aux second et septième tergites; 
la plupart en ont un troisième au quatrième tergite et chez 
quelques-uns un quatrième est plus où moins visible au sixième 
tergite. Ces bordures sont extrêmement fines, formées d’une seule 
rangée d’écailles; elles s’accompagnent dans certains cas d’un 
léger semis parallèle d’écailles également blanches, placé vers le 
milieu des troisième et cinquième tergites. 

Deux autres caractères plus importants et habituellement assez 
stables pour être spécifiques se montrent plus variables, ce sont Île 
trait discocellulaire et la tache vitrée ultracellulaire des ailes 
supérieures. 

Le premier, tout en conservant du côté interne sa forme carac- 
téristique anguleuse et prolongée dans la cellule par un trait 
récurrent, varie en largeur du simple au double; cet élargissement 
n’est pas symétrique, c’est-à-dire qu’il ne se produit pas également 
de part et d’autre des nervures discocellulaires, mais porte surtout 
vers l’extérieur aux dépens de l’aire vitrée ultracellulaire, de sorte 
que son dessin n’est pas sensiblement modifié. 

Il n’en est pas de même pour l’aire vitrée ultracellulaire dont 
l’étendue varie en surface dans le rapport de 1 à 3; déjà un peu 
réduite du côté interne par le trait discocellulaire, elle se trouve 
soumise à une diminution plus considérable du côté externe par 
l'extension de l’espace terminal qui tend à empiéter de plus en 
plus et d’une manière irrégulière sur le disque par son bord 
interne. Celui-ci forme tantôt une courbe régulière, tantôt une 
ligne droite presque verticale et parallèle au trait discocellulaire 
ou bien au contraire oblique de la côte vers l’angle dorsal et enfin 
dans certains cas une ligne brisée dont les espaces internervuraux 
marquent les crans. L’aire vitrée ultracellulaire peut être ainsi 
aussi large que haute ou plus haute que large et affecter une série 


1 78 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





de formes variées : arrondie ou ovalaire, rectangulaire ou sub- 


triangulaire dont je reproduis les principales dans les cinq croquis 
de la figure 4. 


Bien qu’il puisse être très accentué, ce développement de cer- 
taines surfaces écaillées aux dépens des parties claires discales, 


influe peu sur le nombre des divisions de l’aire vitrée ultra 





FIG. 4. — Variations de forme et de développement du point discocellulare 
et de la tache vitrée ultracellulaire des ailes supérieures chez Melittia 
eurylion Westw. 


de Ta-tsien-lou. 
b = d de Darjeeling. 
c= © du Sikkim. 

d = q du Sikkim. 

e= Q des Khasis-Hills. 


cellulaire ; normalement de cinq chez le mâle, 1] ne se trouve réduit 
à quatre par l’élimimation de l’aréole supérieure — entre les ner- 
vures 7 et 9 — que chez le G de Ta-tsien-lou dont l’aile supérieure 
droite est représentée sous la lettre a de la figure 4. C’est là un 
cas extrème dans l’ensemble et quoique cette aréole subisse un 


rétrécissement progressif en rapport avec celui de la surface vitrée 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 170 


dont elle fait partie, elle persiste quitte à devenir punctiforme, 
comme cela s’observe dans un mâle des Khasis-Hills dont l’aire 
vitrée est aussi restreinte que celle de l’individu de Ta-tsien-lou ; 
d’ailleurs, tous les degrés entre le développement maximum et la 
disparition totale se retrouvent dans la série des exemplaires de 
la collection Ch. Oberthür. 

Pas plus que la largeur du trait discocellulaire 1ls ne paraissent 
caractériser des races locales; on trouve dans la même région, au 
Sikkim ou dans l’Assam, par exemple, des spécimens à tache 
ultracellulaire très large et d’autres à tache étroite; peut-être les 
specimens thibétains font-1ls exception et appartiennent-1ls exclu- 
sivement à la seconde de ces formes, mais Je ne puis avoir d’opi- 
nion sûre à ce sujet, n’en ayant que deux sous les yeux; de même, 
je ne connais qu’une femelle à tache large mais seulement quadri- 
fide — fig. 4 e — et ne sais si cette disposition est constante et 
d’ordre sexuel. 


En somme, Melittia eurytion Westw. parait moins fixée que ses 
congénères quant aux détails du dessin des ailes supérieures et 
représente, parmi les espèces asiatiques, le maximum de variation 
actuellement connu. 


À l’iconographie très limitée de cette espèce, que J'ai rappelée 
en commençant, il y aurait lieu d’ajouter la mauvaise figure 
donnée par Max Bartel dans l’ouvrage de A. Seitz : Les Macrolé- 
pidopières du Globe, édition française, II PI. 51, C (1912), mais 
elle ne représente certainement pas Melittia eurytion Westw. et 
Je ne vois pas à quelle Melittia elle s'applique. 


Envergure : O, 28-33,5; ©, 38,5 millimètres. 


10 GO, 1 Q, Assam, Khasis-Hills, ex Native Collectors ; 
Sikkim, ex Môwis (1891); Darjeeling, ex Chasseurs indigènes 
du R. P. Bretaudeau (1804); Frontières orientales du Thibet, ex 
Chasseurs indigènes du R. P. Déjean (1906); Ta-tsien-lou, ex 
Chasseurs indigènes du R. P. Déjean (1902); Siaô-Lou, ex 
Chasseurs indigènes du R. P. Déjean (1902), Coll. Ch. Oberthür. 


180 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Melittia chalciformis F. (PI CCCLXXIIT, fig. 3110). 

Sesia chalciformis Fabricius (J.-C.), Entomologia Systematica III Pars I, 
p. 382 n° 14 (1793). 

Sphinx bombyliformis Cramer: (P.), Papillons Exotiques IV, p. 241, 
PI. 400 fig. C (1789-17 ?). 

? Melittia anthedoniformis Hübner (J.), Systematische Verzeichniss der 
bekannte schmetterlinge p. 128, n° 1374 (1816). 

Welittia bombyliformis Walker (F.-W.), List of the specimens of 
Lepidopterous Insects in the Collection of the British Museum, 
Pars VIIT, Sphingidæ, p. 69 (1856) (partim). 

Melittia bombylipennis Boisduval (A.), Species Général des Lépidoptères, 
Hétérocères T. I, p. 473 (1874). , 

WMelittia chalciformis Hampson (G.-F.), Fauna of British India, Moths, 
I, p. 204 (1892) (partim). 


Walker n1 Boisduval n’ont parlé de Sesia chalciformis F. 
à laquelle Hampson a rapporté le Sphinx Bombyliformis de 
Cramer et le Trochilium phorcus de Westwood comme synonymes. 

Je ne connais pas d’individus rigoureusement conformes aux 
figures de Cramer et de Westwood, mais il me paraît difficile 
d’admettre l'identité de Sphinx (— Melittia) bombyliformis Cr. 
avec Zrochilium (— Melittia) phorcus Westw.; mises à part, les 
différences de coloris dues aux exagérations coutumières des 
anciens iconographes, un caractère différentiel important n’en 
existe pas moins dans la forme et la dimension de l’aire vitrée 
ultracellulaire composée seulement de quatre aréoles courtes et 
inégales chez bombyliformis Cr., tandis qu’il y en a cinq formant 
une large macule arrondie chez phorcus Westw.; indépendamment 
de ceux que l’on pourrait encore relever, ce caractère suffit à lui 
seul à rendre au moins douteuse la synonymie proposée entre ces 
deux espèces. 

Déjà Butler, dans la description de Melittia indica (Ann. et 
Mag. Nat. Hist. (4), XIV, p. 411, 1874) comparaît les caractères 
de cette nouvelle espèce à ceux de Melittia bombyliformis Cr. et 
il ajoutait : « .… M. Phorcus Westw. is also clearly distinct from 
bombyliformis Cr. ». Enfin Walker (1. c.) qui le premier a placé 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE II 








M. phorcus Westw. en synonymie avec Sphinx bombyliformis Cr. 
y ajoutait encore une espèce : Melittia anthedoniformis Hbn. dont 
je ne connais que la diagnose, elle n’a pas été figurée et Hampson 
ne l’a pas retenue. 

En ce qui concerne chalciformis F. et bombyliformus Cr. les 
différences qui les sépareraient d’après leurs descriptions ne 
portent que sur des détails minimes, faciles à interpréter diffé- 
remment et leur rapprochement, effectué par Hampson, me parait 
ici pleinement justifié. J'ai sous les yeux un très vieil exemplaire 
indéterminé, et malheureusement dépourvu de localité, de la 
collection Ch. Oberthür, de facies asiatique évident et qui 
s'accorde aussi bien que possible avec les descriptions de Fabricrus 
et de Cramer. M. Culot l’a figuré, avec son talent habituel, sous 
le n° 3110 de la Planche CCCLXXIII, tel qu’il se présente dans 
son état actuel, en donnant toutefois un peu trop de netteté aux 
taches vitrées de l’aile supérieure. 

En le comparant aux textes précités et surtout à la figure 
donnée par Cramer, on observera que la concordance n’est absolue 
ni dans les dessins, ni dans la coloration générale, mais l’analyse 
et l'interprétation raisonnées des dites descriptions et figure font 
clairement ressortir que les divergences relevées sont plus appa- 
rentes que réelles. 

C’est ainsi, notamment, que l’aire vitrée ultracellulaire de l’aile 
supérieure, qui semble trifide, est en fait quadrifide, la qua- 
trième aréole, plus petite que les autres, et qui termine en haut 
l’aire vitrée en question, étant masquée par un feutrage de moi- 
sissure et de poussière qui la dissimule complètement. A la loupe, 
on trouve des écailles roux brunâtre éparses sur les parties noires 
de l’aile supérieure : côte, nervures principales et surtout au 
pourtour de l’aire vitrée ultracellulaire; la couleur de l’abdomen 
devait comporter, comme aux ailes supérieures, une certaine pro- 
portion d’écailles roux brunâtre, elles sont aujourd’hui réduites 
à quelques unités difficiles à déceler. Etant donnée la vétusté 
du spécimen étudié ici, il n’est pas douteux que ces écailles étaient 
plus nombreuses et plus apparentes sur l’individu frais et que, 


182 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





maintenant encore, elles représentent les vestiges des taches brun 
rougeatre représentées avec excès mais aux mêmes endroits sur 
la figure de Cramer. Parmi les plus importants, certains caractères 
s'accordent très exactement avec la description de Fabricius; 
je citerai : la couleur de la tête et du thorax : « .… auwreo ore 
flavo... », des pattes : « .. favescentes,... femora tertii paris, 
nigra, libie hirsulissime, crasse intus nigre, extus flavo. » et tout 
particulièrement les « . striis baseos tribus hyalinis… » de l’aile 
supérieure qui correspondent tout à fait à ce que l’on voit sur 
la figure de Cramer et sur notre individu où l’aire vitrée intra- 
cellulaire est complètement divisée en deux par un fort trait noir 
longitudinal. Le nombre des Melittia qui présentent cette dispo- 
sition est limité, elles forment un groupe différent de celui qui 
renferme entre autres : Melittia indica Btlr, Melittia gigantea 
Moore, Melittia eurytion Westw. et aussi Melittia phorcus Westw., 
toutes espèces chez lesquelles le trait recurrent transcellulaire 
s’atténue rapidement et n’atteint pas la côte. 

Si regrettable que soit l’absence de localité qui nous prive d’un 
élément intéressant à connaître, elle ne retire rien de leur valeur 
aux considérations qui précèdent, et ce n’est pas trop s’avancer, 
Je crois, que de considérer l’exemplaire de la collection Oberthür 
comme spécifiquement référable, pour autant qu’il est possible 
de s’en assurer à notre époque, à la véritable Sesia (— Melitfia) 
Chalciformis F., originairement décrite du Tranquebar. 

Envergure : 35,5 millimètres. 

1 ©, (? localité), ex abbé Mège, par Lambertye, Coll. Charles 
Oberthür. 


Melittia indica Btir. (PL CDLXXVI, fig. 3921-3922). 


Melittia bombyliformis Walker F. D., List of the specimens of Lepidop- 
terous Insects in the Collection of the British Museum, VIII, 
pp. 69-70 (1856) [partim]. 

Melittia indica Butler A. G., Annals and Magazin of Natural History (4), 
XIV, p. 411 (1874). 

Q: Melittia sumatrana Le Cerf, Etudes de Lépidoptérologie comparée, 
XII (1e partie), p. 8, Pl. CCCLXXIIT, fig. 3-116 (1916): 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 183 


D’après les indications d’origine qu’il attribue à son « type », 
il paraît certain que cette espèce fut créée par Butler sur l'individu 
de la collection du British Museum que Walker a référencé sous 
la lettre & à », Loc. cit, p. 70, parmi ceux qu'il classait sous le nom 
de : Melittia bombyliformis Cr. 11 n’est pas possible de savoir, 
d’après le texte de Walker, si celui-ci le faisait rentrer dans l’une 
de ses variétés B et y, mais je rappelle qu’il ne séparait pas de 
M. bombyliformis le Trochilium (— Melittia) phorcus de West- 
wood que Butler affirme être « clairement distinct ». 

Hampson dans la « Fauna of British India, Moths, X, p. 103 
(1802), sur un matériel plus important en nombre et en prove- 
nances, donne de Melittia indica une courte description, un peu 
différente dans le détail de celle de Butler et comme elle 
dépourvue de figure; il lui rapporte comme synonyme Weliftia 
Staudingeri Bdv., espèce également non figurée, tout à fait 
distincte et dont je parlerai plus loin. 

J'ai en mains une petite série d'individus de A. ëndica Btir. 
parmi lesquels deux mâles appartenant au Muséum de Paris et 
provenant d’Indo-Chine, que j'ai déterminés à Londres sur ceux 
du British Museum ; ils sont conformes au type de Butler et 
s'accordent bien avec sa description; c’est ainsi qu’ils ont, entre 
autres caractères : le thorax uniformément fauve roussâtre, ainsi 
que le collier et le premier tergite abdominal, les tibias postérieurs 
densément couverts de poils noir brun avec deux touffes testa- 
cées, le trait discocellulaire des ailes supérieures prolongé dans la 
cellule par un trait récurrent ne dépassant pas la moitié de la 
longueur de celle-ci; le lobe basal des ailes inférieures brun 
foncé, partiellement recouvert d’écailles jaune un peu verdâtre. 
J'ajouterai encore que sur les individus frais la base de l’aile 
supérieure, la côte et les principales nervures sont fortement 
saupoudrées d’écailles de même teinte que le thorax, qui dispa- 
raissent et peuvent manquer complètement chez ceux qui ont volé. 

A ces mâles du Museum s’en ajoutent six autres de la Collection 
Charles Oberthür, originaires du Sikkim, de l’Assam et de 


Malacca, un septième de Darjeeling, mutilé mais bien recon- 


184 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








naissable, de ma propre collection, et enfin une femelle de 
Sumatra de la Coll. Ch. Oberthür. En dehors de la taille et de 


l'intensité de la coloration — influencée par leur état de conser- 
vation variable — ces dix exemplaires ne présentent entre eux 


que des différences assez légères dans la largeur et la forme de 
l’aire vitrée ultracellulaire et du trait discocellulaire des ailes 
supérieures. Ces deux caractères paraissent varier dans le même 
sens que chez Welitlia eurytion Westw., mais dans des proportions 
beaucoup plus limitées. Très large et presque régulièrement ova- 
laire ou arrondie dans les exemplaires du Sikkim, la première est 
un peu plus réduite chez un des mâles d’Indo-Chine et affecte 
chez l’autre une forme trapézoidale due à ce que l’aréole supé- 
rieure est extrêmement petite et que celle qui la suit est nota- 
blement plus courte que les suivantes. Cet exemplaire cochinchi- 
nois est représenté PI. CDLXXVI, sous le n° 3021, en même temps 
qu’un individu du Sikkim offrant le maximum de développement 
du caractère en question et portant le n° 3922. Ainsi que chez 
M. eurytion Westw., tous les autres spécimens sont intermédiaires 
entre ces deux termes. 

La variation la plus notable est fournie par l’unique exemplaire 
de l’Assam que j'ai pu étudier; chez lui le trait discocellulaire, 
deux fois plus large que dans les exemplaires du Sikkim, n’est 
pas prolongé dans la cellule par un trait récurrent et forme seule- 
ment une très large pointe aiguë; bien qu’il soit assez endommagé 
et que, par suite, certains caractères se trouvent altérés ou disparus, 
je ne crois pas devoir le considérer comme différent spécifiquement 
de M. indica Btir. dont il n’est probablement qu’une variété pure- 
ment individuelle. 

Sous le nom de : Melitfia sumatrana n. sp. J'ai fait figurer 
dans la première partie du Volume XII des Etudes de Lépidoÿ- 
térologie comparée, Pi. CCCLXXII, fig. 3113, une femelle que 
je crois devoir rapporter à Welittia indica Btlr. Dans l’ensemble 
elle diffère du mâle par une coloration générale un peu plus 
obscure due peut-être à ce que le dessus du corps est légèrement 
frotté, la largeur notablement plus grande, aux ailes supérieures, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 185 





des parties noires : côte, nervure médiane, bord interne et espace 
terminal, la longueur du trait récurrent dans la cellule, et par 
l’écaillure gris jaunâtre du lobe basal des ailes inférieures. Par 
suite de l’extension des surfaces écaillées, les aires vitrées infra 
et intracellulaire se trouvent sensiblement rétrécies, mais si ces 
caractères donnent à cette femelle un faciès différent de l’en- 
semble des mâles elle se rapproche beaucoup par son trait disco- 
cellulaire assez épais et surtout par son aire vitrée ultracellulaire 
de forme trapézoïdale irrégulière du mâle indochinois cité plus 
haut, figuré PI CDLXXVI sous le n° 3021 et chez qui ces dessins 
sont semblables. 

Cette espèce est donc très voisine de . chalciformis F. telle 
que Je l’ai définie plus haut; elle s’en distingue par la coloration 
générale plus foncée, les ailes supérieures dépourvues de fauve 
autour des aires hyalines, le trait récurrent de la tache vitrée 
intracellulaire n’atteignant pas la côte, l’aire vitrée ultracellulaire 
plus grande et formée de cinq aréoles, la coloration du lobe 
basal des inférieures et le ventre blanc depuis la base. 

Autant qu’on en peut juger par ses provenances actuellement 
connues, Welitfia indica Btir. est propre aux régions montagneuses 
de l’Asie tropicale orientale et de l’Insulinde. Des éléments 
étudiés ici il résulte que sa répartition géographique limitée, 
d’après Hampson, au Sikkim, au Sylhet et au Tenasserim, s’étend 
vers l’Est à travers toute la Péninsule Indo-Chinoise et descend 
au Sud jusqu’à l’extrémité de la grande île Malaise. 

Dans toutes ces régions, elle ne présente pas de formes ou de 
races distinctes, mais sa taille diminue graduellement du nord au 
sud de-son habitat et les plus grands individus, ceux du Sikkim, 
sont aussi ceux chez lesquels les parties claires sont les plus 
développées. Par les dates de capture que portent deux d’entre 
eux, on constate que l’apparition de cette Aegerie est plus précoce 
à sa limite méridionale et orientale — mai — qu’au Sikkim — 
juillet -— ce qui est évidemment en rapport avec les régimes clima- 
tériques et plus encore peut-être avec l’altitude. 

Envergure : 27-32 millimètres. 


186 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





9 SO, 1 Q, Assam, Khasis Hills, ex Native Collectors; Sikkim, 
ex Chasseurs indigènes du R. P. Bretaudeau (1804); Darjeeling, 
ex Môwis (1801); Malakka, ex J. Waterstradt (1904); Marang, 
S-O. Sumatra, ex W. Doberty (1890), Coll. Ch. Oberthür. — 
Indo-Chine, ex J. Harmand (1871), Coll. Muséum de Paris 
Annam, Vinh (Haut Song-Ca), V-1911, ex Bonhotal (1911, Coll. 
E. Boullet > Coll. Muséum de Paris — Darjeeling, VII-20-1807, 
Coll: FE. Le Cerf, 


Melittia proxima n. sp. (PI CDLXXVI, fig. 3923). 


.— Vertex un peu hérissé, brun olivâtre foncé, un peu mêlé 
de noir en avant; front bronzé lituré de blanc jaunâtre devant les 
yeux. Palpes à premier article jaunâtre, deuxième un peu plus 
pâle avec deux lignes longitudinales noires : une antérieure, une 
latérale ; troisième jaunâtre à sommet noir; trompe brune. Plaque 
jugulaire blanc jaunâtre bordée tout autour de poils noirs clair- 
semés; poils péricéphaliques blanc jaunâtre passant progressi- 
vement au brun olhivätre vers la nuque. Antennes noires en dessus, 
brun ferrugineux en dessous, longées extérieurement par une ligne 
d’écailles blanc jaunâtre, dilatée vers l'extrémité. Yeux noir 
ardoisé; ocelles incolores transparents. 

Collier noir bronzé à reflet bleu d’acier, complètement recouvert 
d’écailles brun olivâtre foncé. Thorax, ptérygodes, métathorax et 
ses touffes latérales brun olivâtre foncé; en dessous, le thorax est 
bronzé et porte de chaque côté une petite tache latérale blanche 
antérieure; surface postcoxale couverte peu densément de poils 
blancs. 

Abdomen noir pourpré avec le premier tergite écaillé de brun 
olivâtre comme le thorax; des écailles blanc jaunâtre bordent 
postérieurement les premier, second, quatrième, sixième et septième 
tergites et forment en outre une mince ligne transversale obsolète 
sur le milieu des troisième et cinquième tergites; brosse anaie 
noire bordée latéralement de quelques écailles blanches. Ventre 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 187 





blanc pur à l’exception du premier sternite que recouvrent presque 
complètement des écailles noir bronzé. 

Hanches antérieures jaune ocracé clair, un peu mêlées de noir 
au bord externe; fémurs blanc ocracé écaillés de noir au milieu 
de la face externe; tibias jaune ocracé clair avec deux lignes 
longitudinales noires en dessus; tarses blanc ocracé longés en 
dessus par une ligne noire. Hanches médianes et postérieures 
blanc ocracé bordées postérieurement de noir; fémurs médians 
noirs en dehors avec le bord supérieur blanc et le bord inférieur 
frangé de poils ocracé clair ; tibias médians noirs avec trois lignes 
transversales d’écailles bleu pâle : une antérieure obsolète, une 
médiane large et en forme de chevron, une postérieure étroite 
prolongée en dessous par une tache blanche devant la base des 
éperons; en dessus, les poils couvrant le bord supérieur se pro- 
longent en une pointe terminale blanche; tarses noirs à premier 
article blanc dans moitié proximale; second et troisième articles 
annelés de blanc à la base. Fémurs postérieurs noirs extérieu- 
rement, largement bordés en haut et au sommet de blanc ocracé, 
frangés le long du bord inférieur de fins poils noirs et blancs; 
tibias postérieurs noirs en dessous et sur la face externe qui est à 
peine éclaircie de bronzé olivâtre foncé après le milieu; 1ls portent 
sur la crête supérieure de longs poils blanc ocracé, une touffe 
épanouie de poils jaune pale et du côté externe une plaque 
terminale d’écailles noir 1risé; des poils blancs forment près de 
la base une étroite ligne transverse oblique et sur la crête infé- 
rieure trois taches arrondies dont la première continue la bande 
transverse, la seconde en arrière de la première paire d’éperons 
et la troisième formée par les poils qui terminent l’éperon externe 
de la seconde paire; tarses noirs. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne, 
les nervures et l’espace terminal noir pourpré; la tache vitrée 
infracellulaire atteint à peine le niveau du bord interne du trait 
discocellulaire; celui-ci, aussi large que haut, porte au milieu du 
bord interne une courte pointe obtuse; la tache vitrée ultracellu- 
laire, arrondie extérieurement, est formée de cinq aréoles dont 


188 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





la première est petite; des écailles blanc bleuté parsèment l’espace 
terminal. Dessous semblable, dépourvu d’écailles blanc bleuté. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une étroite 
hgne marginale noir pourpré; lobe basal noir, largement écaillé 
de bleu pâle métallique. Franges des deux paires bronzé peurpré. 

Envergure : 30-31 millimètres. 

Types : 4 ©, Sikkim, ex chasseurs indigènes du KR. P. Bretau- 
deau (1804); Darjeeling, ex Môwis (1891); Collines Khasia, ex 
Native! Collectors, Coll Ch: Oberthüur —="Darjechns, ex Coll 


F. Le Cerf. 


Melitlia proxima n. sp., extrêmement proche de Welittia indic 

Melitt p'ext t proche de Welittia indica 
Btir. en diffère par la coloration générale beaucoup plus foncée, 
la plus grande largeur de l’espace terminal et du point discocel- 
lulaire qui en outre n’émet pas de trait récurrent dans la cellule; 
les tibias médians dépourvus de fauve roussâtre extérieurement 
et de poils blanc ocracé le long de la crête inférieure; les tibias 
postérieurs également privés de fauve roux et la coloration carac- 


téristique du lobe basal des ailes inférieures. 


Melittia marangana n. sp. (PI CCCLXXIIT, fig. 3116). 


Q — Vertex et nuque noir bronzé mêlés de poils roux; front 
bronzé lituré de jaune ocracé pale devant les yeux; palpes jaune 
ocracé clair, mélangés en avant de poils noirâtres et portant une 
ligne externe de cette couleur sur le second et le troisième articles; 
trompe bien développée brun foncé; plaque jugulaire et poils 
péricéphaliques blanc ocracé; antennes noires en dessus, brunes 
en dessous; yeux brun noirâtre, ocelles grenats. 

Collier noir bronzé fortement mêlé de roux fauve, terminé de 
chaque côté par des écailles jaune ocracé clair. Thorax roux 
fauve, ptérygodes et touffes latérales du métathorax concolores ; 
en dessous le thorax est bronzé et porte une petite tache latéro- 
pectorale antérieure Jaune ocracé, prolongée inférieurement par 
une ligne verticale de même couleur; surface postcoxale couverte 


de poils blancs. 





LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 189 





Abdomen roux fauve de la base au cinquième tergite, noir du 
sixième au sommet avec tous les segments bordés de jaune ocracé 
clair; brosse anale noire mêlée de jaunâtre. Ventre blanc ocracé, 
mêlé de bronzé sur le milieu des trois premiers sternites. 

Hanches antérieures jaune ocracé, fémurs noir bronzé avec les 
crêtes supérieures et inférieures Jaunes, tibias jaune ocracé longés 
par deux lignes noires : une externe et une supérieure, tarses noirs 
en dessus, jaune ocracé en dessous. Hanches médianes et posté- 
térieures noires, bordées de jaune ocracé à la base; fémurs mé- 
dians noir bronzé extérieurement, écaillés de jaune ocracé 
sur les crêtes supérieures et inférieures; tibias roux fauves annelés 
de noir bronzé à la base et à l’extrémité, et portant une large 
tache blanc bleuâtre sur la crête inférieure, devant la base des 
éperons, ceux-ci sont noirs; tarses noirs à premier article lar- 
gement annelé de blanc à la base, second et troisième avec une 
petite tache basilaire externe de même couleur; fémurs postérieurs 
noir bronzé, un peu tachés de jaune ocracé en dehors à l’extrémité; 
tibias hérissés de longs poils roux fauve en dessus et sur la face 
externe, jaune ocracé pâle sur la face interne, noirs en dessous; 
ils portent en dessous deux grosses taches blanc bleuâtre devant 
la base des éperons et des écailles de même couleur forment une 
ligne transversale médiane à peine distincte sur la face externe; 
quelques poils noirs marquent la crête supérieure avant le milieu 
et la face externe avant l’extrémité; éperons noirs, les externes 
des deux paires tachés de jaune en arrière, au sommet, tarses 
noirs en entier avec les trois premiers articles hérissés de longs 
poils. 

Ailes supérieures transparentes à base écaillée de roux fauve; 
côte, bord interne, trait discocellulaire, nervures et espace terminal 
noir bronzé. Taches vitrées bien développées : infracellulaire, 
atteignant le milieu du trait discocellulaire, celui-c1 est plus haut 
que large, anguleux, et pourvu d’un trait récurrent ne dépassant 
pas le tiers de la cellule; ultracellulaire irrégulière, formée de 
cinq aréoles dont la supérieure est très petite et la seconde nota- 
blement plus courte que les trois inférieures qui sont subégales ; 


13 


100 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


quelques écailles blanc bleuâtre parsèment l’espace terminal. 
Dessous semblable, dépourvu de fauve et de blanc bleuûtre. 
Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et une fine 
ligne marginale noir bronzé; lobe basal complètement écaillé de 
fauve roux. Dessous semblable. Frange des deux paires gris 


bronzé. 
Envergure : 30,5 millimètres. 


Type : 1 Q, Marang, S-O. Sumatra, ex W. Doherty (1800), 
Coll. Ch. Oberthür. 


Cette espèce établit le passage entre les espèces à coloration 
foncière noir et roussâtre et celles à coloration noir et fauve. Le 
dessin de ses ailes supérieures est semblable à celui de certaines 
formes individuelles de Melittia indica Btir. signalées plus haut, 
c’est-à-dire ayant la tache vitrée ultracellulaire en forme de tra- 
pèze irrégulier, telle qu’elle existe aussi chez Welithia batchiana 
n. Sp.; le trait récurrent qui traverse la cellule est plus court que 
chez cette dernière et l’espace terminal est aussi moins large. La 
coloration roux fauve du corps la distingue de prime abord de 
Melittia indica Btlr. et la rapproche encore de Melittia batchiana 
mais elle est moins vive que chez cette dernière dont l’écarte au 
surplus la teinte jaune ocracé clair et non noire de la bordure des 


segments abdominaux. 


Melittia batchiana n. sp. (PL CDLXXVI, fig. 3020). 


d. — Vertex un peu hérissé, noir mêlé de blanc. Front noir 
bronzé avec une très étroite liture blanche, élargie inférieurement 
devant les yeux. Palpes blancs en dessous, noirs en dessus, longés 
en avant par deux lignes noires : une antérieure et une latérale; 
trompe brun noirâtre à extrémité rousse. Plaque jugulaire et poils 
péricéphaliques blancs. Antennes très finement dentées et cihées, 
noires en dessus, brunes en dessous. Veux brun foncé; ocelles 


grenats. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 101 





Collier noir à reflet bleu d’acier brillant, fortement mêlé de 
fauve. Thorax et ptérygodes noirs avec une couverture assez dense 
de poils fauves; extrémité des ptérygodes, métathorax et ses 
touffes latérales fauve vif. En dessous le thorax porte de chaque 
côté une large tache latéropectorale antérieure blanche. Surface 
postcoxale blanche. 

Abdomen noir recouvert d’écailles fauve vif sauf sur le sep- 
tième tergite et la brosse anale; postérieurement tous les tergites 
sont bordés de jaune fauve. Ventre jaune ocracé, avec les pleurae 
garnies de poils fauve vif. Brosse anale rudimentaire, noire, 
terminée de grisâtre. 

Hanches antérieures blanches, avec une ligne longitudinale 
médiane et le bord externe noirs; fémurs à face externe noire 
mêlée de blanc; crête supérieure blanche; crête inférieure frangée 
de poils blancs; tibias noirs mêlés de blanc en dessus, roux fauve 
en dessous; tarses blancs avec une ligne d’écailles noires en 
dessus. Hanches médianes et postérieures noires à la base, blanches 
au sommet; fémurs médians et postérieurs noirs mêlés de blanc 
extérieurement, blancs en dessus et en dessous; tibias médians 
noirs, éparsément semés de blanc et portant en dessous, à la base 
des éperons, une petite tache blanche arrondie; éperons noirs; 
tarses noirs avec la base du premier article largement annelée de 
blanc; second et troisième articles tachés de blanc en dessus, 
troisième, quatrième et cinquième blanc Jaunâtre en dessous. 
Tibias postérieurs hérissés de longs poils noirs à la base et en 
dessous, rouge fauve extérieurement et en dessus, blanc sur le 
sommet de la face interne et à l’extrémité; en dessous deux petites 
taches blanches marquent la base des éperons et sur la face 
externe des poils blancs forment deux lignes transversales, 
étroites et obliques : l’une près de la base, l’autre après le milieu; 
éperons noirs; tarses noirs jusqu’au sommet avec une touffe de 
poils rouge fauve sur le premier article. : 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne, les 
nervures, le trait discocellulaire et un large espace terminal noir 
un peu pourpré; le trait discocellulaire, presque carré, porte au 


102 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





milieu du bord interne une pointe prolongée en un fin trait 
récurrent dans la cellule; des écailles blanc bleuâtre parsèment 
l’espace terminal. L’aire vitrée infracellulaïre se prolonge jus- 
qu’au-dessous du trait discocellulaire et l’ultracellulaire à peine 
plus large que celui-ci, est formée de quatre aréoles dont la supé- 
rieure est punctiforme et la troisième plus courte que les deux 
autres. Dessous dépourvu d’écailles blanc bleuâtre. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale 
noir pourpré; lobe basal en entier noir pourpré. Dessous sem- 
blable. Franges des deux paires noir bronzé. 

Envergure : 33 millimètres. 

Type : 1 ©, Batjan, ex J. Waterstradt (10904); Coll. Ch. 
Oberthür. 


Très voisine de Meliltia amboinensis Feld. dont elle n’est peut- 
être qu’une race mélanienne et fortement différenciée, WMelittia 
batchiana s’en distingue de prime abord par la coloration plus 
vive des parties fauves du corps, l’extension du noir aux ailes 
supérieures et aux pattes, et la présence d’un trait récurrent bien 
marqué dans la cellule. 


Melittia amboinensis Feld. 


Melittia amboinensis Felder, Sitzungberichten der Akademien Wissens- 
chaîft, Wien, XLIII, p. 28 (1861). 


Avec les doutes inévitables que comporte toute détermination 
faite sur un texte de quelques lignes et dépourvu de figure, je 
rapporte comme races locales à Melitlia amboinensis Feld. les 
formes suivantes qui toutes appartiennent à une même unité 
spécifique. Dans l’ensemble elles correspondent à la description 
originale de Felder, mais aucune comparaison utile ne pouvant 
être faite sur celle-ci, je définirai pour chacune les légères diffé- 
rences de détail qui les caractérisent après avoir donné de celle 
qui présente le dessin le plus complet une description détaillée. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 103 


M. amboinensis Feld. var. celebica n. var. {PI CCCLXXIII, 
1117, ©). 

d. — Vertex un peu hérissé noir, taché de blanc sur la nuque 
et devant les ocelles; front bronzé foncé, avec une liture de blanc 
d'argent devant les yeux, élargie inférieurement. Palpes à pre- 
mier article blanc jaunâtre, second blanc avec deux lignes noires 
longitudinales : une antérieure et une latérale, troisième noir un 
peu taché de blanc. Trompe bien développée, brune. Plaque 
jugulaire et poils péricéphaliques blancs. Antennes noires en 
dessus, brun foncé en dessous, longées extérieurement par une 
ligne d’écailles blanc jaunâtre, élargie vers le sommet. Yeux 
bruns; ocelles rouge orange. 

Collier noir bronzé à reflet bleu d'acier, en majeure partie 
recouvert d’écailles brun cannelle. Thorax et ptérygodes bronzé 
foncé recouvert des mêmes écailles brun cannelle que le collier; 
touffes latérales du métathorax un peu plus claires; en dessous, 
le thorax est brun bronzé entouré par une large bande d’écailles 
blanches; surface postcoxale couverte de poils blancs. 

Abdomen noir bronzé avec les troisième et cinquième tergites 
brun cannelle dans presque toute leur longueur ; tous les tergites 
sont bordés de brun cannelle; brosse anale très courte, noire. 
Ventre blanc ocracé, un peu sali de grisâtre au milieu du premier 
sternite et avec le dernier blanc pur. 

Hanches antérieures blanches un peu mêlées d’écaiiles noires 
au bord externe; fémurs noir bronzé avec toute la face interne, 
la crête supérieure et le bord inférieur blancs; tibias noir bronzé 
avec deux fines lignes longitudinales blanches; tarses blancs, 
finement longés de noir en dessus. Articulations coxofémorales 
médianes et postérieures blanches; fémurs médians et postérieurs 
noir bronzé largement bordés de blanc le long des bords supérieur 
et inférieur ; tibias médians velus, noirs, avec trois bandes trans- 
versales d’écailles bleu pâle sur la face externe : une près de la 
base, plus ou moins obsolète, une médiane et une terminale aui se 
prolonge en dessous par des écailles blanches formant une tache 
arrondie; en outre une petite touffe blanche termine en dessus 


104 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


les poils de l’extrémité du bord supérieur. Tarses noirs, à premier 
article blanc dans sa moitié basale, les suivants blanchâtres du 
côté interne et très légèrement en dehors au sommet des second 
et troisième articles. Tibias postérieurs hérissés de longs poils : 
noirs à la base et en dessous, rouge ferrugineux dans la moitié 
supérieure de la. face externe et en dessus, blancs et très longs 
au bord interne et au sommet; trois taches blanches marquent 
la face externe du tibia : une oblique, transversale, entre la base 
et la première paire d’éperons, une plus courte immédiatement 
après ceux-ci, et la dernière plus petite, formée par les poils 
couvrant le sommet de l’éperon externe de la seconde paire; cet 
éperon est noir un peu mêlé de rouge, tous les autres sont noirs. 
Tarses hérissés sur les trois premiers articles des mêmes poils que 
les tibias, noirs, un peu mêlés extérieurement de rouge ferrugineux 
sombre et de blanchâtre sur le premier article. 

Ailes supérieures transparentes, un peu couvertes à la base 
d’écailles blanc bleu, avec la côte, le bord interne, les nervures, 
le trait discocellulaire et l’espace terminal noir bronzé pourpré. 
Le trait discocellulaire, un peu plus large que la côte forme un 
angle dans l’extrémité de la cellule; l’espace terminal parsemé 
d’écailles blanc bleu se rétrécit rapidement de la côte vers l’angle 
dorsalet couvre presque entièrement la fourche des nervures 7 et 8; 
la tache vitrée infracellulaire n’atteint pas le milieu du bord 
inférieur du trait discocellulaire: la tache vitrée ultracellulaire, 
en forme de trapèze arrondi, est formée de cinq aréoles dont la 
supérieure est la plus petite. Dessous semblable, sans écailles 
blanc bleu sur l’espace terminal. 

Ailes inférieures transparentes avec le lobe basal noir bronzé, 
traversé par un trait médian blanc ocracé à reflet bleu pâle; ligne 
marginale — très fine — et nervures noir bronzé pourpré. Dessous 
semblable, dépourvu de trait clair sur le lobe basal. Franges des 
quatre ailes noir bronzé. 

Q.— Diffère du mâle par ses antennes simples, sa coloration 


générale moins foncée, l'extension un peu plus grande des parties 
rouges. Le métathorax est rouge fauve, ses touffes latérales sont 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 195 








concolores à base jaunâtre. En outre des troisième et cinquième 
tergites, le septième et la brosse anale sont rouge fauve un peu 
mêlés de noir. Les tarses médians sont fauve orangé du côté 
interne. Aux pattes postérieures, la couleur rouge est plus déve- 
loppée, elle couvre les trois derniers articles du tarse et passé au 
blanchâtre sur le cinquième. 

La tache vitrée ultracellulaire des ailes supérieures est un peu 
plus étroite que chez le mâle et sur le lobe basal des ailes infé- 
rieures, les écailles blanches sont plus étendues et un peu mêlées 
de fauve. Franges éclaircies à ces mêmes ailes de la base à la 
nervure IC. 

Euvergure : Œ, 29-30 millimètres; ©, 33 millimètres. 

Types : 3 GO, 1 ©, Célèbes, Macassar, ex W. Doherty (1806), 
Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia amboinensis Feld. var. Meeki n. var. (PI. CCCLXXIV, 
HE ATZL O). 
Présente avec celebensis les différences suivantes : 


Œ. — Taille plus grande; coloration brun olivâtre des écailles 
de couverture du collier et du thorax; abdomen noir bronzé, seu- 
lement bordé de fauve roux à tous les segments; parties noires 
des palpes, des hanches antérieures et des pattes des trois paires 
beaucoup plus étendues; articulations coxofémorales des pattes 
médianes et postérieures blanches bordées de noir; taches blanches 
des tibias postérieurs extrêmement réduites; quatrième et cin- 
quième articles des tarses postérieurs blanc jaunâtre du côté 
interne; tache vitrée ultracellulaire des ailes supérieures plus 
développée, ovalaire, lobe basal des ailes inférieures largement 
écaillé de jaune roussâtre clair à la base. 


Q.— Présente, par rapport à celle de celebica, les mêmes diffé- 
rences que le mâle, sauf en ce qui concerne les parties rouges des 
pattes postérieures qui sont plus développées et se continuent 
sans interruption de la base du tibia au sommet du tarse, la base 
des ailes supérieures écaillée de fauve et la présence d’un court 


100 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


"© ———— 





trait récurrent émis dans la cellule par le trait discocellulaire. 
Le lobe basal des ailes inférieures est presque entièrement fauve 
ainsi que la frange qui le borde. 

Envergure : G, 33 millimètres; ©, 32 millimètres. 

Types : 1 S,3 Q ©, [les Trobriand, Fergusson IX-X-XTI, 1304; 
Kiriwimi II, 1805, ex A. S. Meek, ColL Ch. Oberthür. 


Melithia amboinensis Feld. var. Doddi n. var. (PI CCCLXXIIT, 
Hg. 3110 ©, 312010). 


O. — Plus foncé que celebica et Meekt; thorax brun roux; 
abdomen noir et, comme chez Meeki, bordé seulement de fauve 
roux à tous les segments; ventre Jaune orangé à premier sternite 
blanchâtre mêlé de noirâtre au milieu; hanches antérieures 
blanches dans leur moitié longitudinale interne, noires extérieu- 
rement; articulations coxofémorales médianes noires bordées de 
blanc, postérieures entièrement noires; parties rouges des tibias 
postérieurs notablement réduites, plus foncées et passant au brun 
rouille sur le tarse dont les trois derniers articles sont fauves 
extérieurement. Premier article des tarses médians faiblement 
tachés de blanc en dessous à la base. 

Ailes supérieures à base très peu écaillées de blanc et de fauve, 
trait discocellulaire plus étroit et à peine anguleux; espace 
terminal moins large, découvrant complètement la fourche des 
nervures 7 et 8; tache vitrée infracellulaire atteignant le niveau 
du bord externe du trait discocellulaire; lobe basal des aïles 
inférieures couvert sur la moitié de sa surface par des écailles 
roussatres et blanc bleu. 


Q. — Diffère de celle de Meeki par les hanches antérieures 
blanches largement tachées de noir au milieu, les articulations 
coxofémorales blanches mêlées de noir, les pattes médianes 
comme celles du male ainsi que les ailes supérieures. 

Envergure : O', 29-35 millimètres; ©, 34 millimètres. 

Types : 3 SO, 2 Q, Australie, Kuranda (Queensland) ex Dodd 
(1907-1913), Coll. Ch. Oberthir. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 197 


Melittia amboinensis Feld. var. asiatica n. var. 


d. — Extrêmement voisine de la précédente dont elle a la 
taille, la coloration foncée et ke même développement des aires 
vitrées, cette forme ne s’en distingue uniquement que par la forme 
un peu plus arrondie extérieurement de l’aire vitrée ultracellulaire, 
le ventre un peu plus clair, les taches blanches plus grandes, au 
premier article des tarses médians et au dessous des tibias posté- 
rieurs, la couleur entièrement noire des dermiers articles des tarses 
de la troisième paire. 

Envergure : 31,5 millimètres. 

Types : 2 GO, Darjeeling ex Môwis (1891) et : Sikkim ex 
chasseurs indigènes du R. P. Bretaudeau (1804), Coll. Charles 
Oberthür. 


Melittia amboinensis Feld. var. javana n. var. (PI CCCLXXIII, 
HE, 3128 O!). 


Q-: — Semblable pour la coloration du corps et des pattes 
à celebicaQ , mais avec les bandes fauves des tergites plus réduites 
et les hanches postérieures noires. | 

Ailes supérieures pareilles à celles de Doddi ©, sans écailles 
fauves à la base; lobe basal des ailes inférieures grisâtre avec un 
trait mal indiqué, formé d’écailles blanches. Ventre jaune ocracé 
assez clair. 

Envergure : 30-34 millimètres. 

Types : 3 QOQ, Java occidental, Mont Gédé [4.000 pieds] 
VIITI-1892, et Sækabæmi [2.000 mètres] 1893; Java méridional, 
Palaouan, 1802, ex H. Frühstorfer, Coll. Ch. Oberthür. 


d'. — Je rattache à cette race un mâle de Sumatra qui présente 
pour ce sexe les mêmes caractères différentiels que les femelles de 
Java par rapport à celles des autres formes. La coloration du 
corps est semblable, les pattes ont des bandes blanches aussi 
développées et le rouge du même ton clair, le dessin des ailes 


108 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





supérieures identique et le lobe basal des ailes inférieures pareil- 
lement écaillé de gris blanchâtre. 
Envergure : 26 millimètres. 


Type : 1 O, Sumatra, ex Siboga 11-1003, Coll. Ch. Oberthür. 


Par sa large distribution géographique et sa variation, peu 
frappante de prime abord, mais étendue aux diverses régions du 
corps et des appendices, cette Welittia fournit un bon exemple du 
processus par lequel se différencient les races locales chez les 
Aegerides, et de l’intérêt qui s’attache à la recherche et à l’utili- 
sation des caractères de détail par lesquels on peut les distinguer. 
D'importance médiocre en apparence, prises isolément, ces diffé- 
rences forment en s’additionnant un ensemble dont la valeur 
s’accroit du fait que le dessin des ailes qui, par ses modifications, 
constitue la base habituelle des distinctions subspécifiques dans 
les autres Familles de Lépidoptères, se trouve réduit ici à un petit 
nombre d'éléments, de type très uniforme et fortement concentrés, 
par suite de la faible surface des ailes et du développement, pro- 
portionnellement considérable, des surfaces dénudées. On peut 
encore ajouter que les variations du dessin, déjà très limitées en 
amplitude, sont encore rendues moins sensibles par l’absence de 
polychromie, la coloration ne comportant souvent qu’une seule 
teinte, très rarement plus de deux, et celles-ci étant constamment 
disposées longitudinalement, à l'exclusion de lignes, bandes ou 
traits transversaux détachés sur le fond. 

Les figures 5 à 9 reproduisent pour les races que j'ai distinguées 
chez Melittia amboinensis Feld. les détails caractéristiques des 
ailes et des pattes. 

Pour les premières, on voit se réduire peu à peu la surface de 
certaines parties écaillées des ailes supérieures : trait discocellu- 
laire et espace terminal, au profit des aires vitrées intra et ultra- 
cellulaires en même temps qu'aux inférieures s’accentue la diffé- 
renciation du lobe basal. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 199 





Fic. 5. — Différences caractéristiques dans le développement, aux ailes supé- 
rieures et inférieures, des surfaces écaillées (trait discocellulaire et espace 
terminal), des taches vitrées et de la vestiture du lobe basal chez les diverses 
races de Melittia amboinensis Feld. 


a, b. — Melittia amboinensis-MEEKI COQ, Iles Trobriand. 
c, d. = Melittia amboinensis-CELEBICA GQ;, Célèbes. 
e,f. = Melittia amboinensis-Dopp1 SO, Queensland. 

g. = Melittia ambhoinensis-ASIATICA ©, Sikkim. 

h. = Melittia amboinensis-JAVANA ©, Java. 


| 


200 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





FIG. 6 à 9. — Différences caractéristiques dans le développement des parties 
claires et foncées des hanches et des pattes chez les diverses races de Melittia 


amboinensis Feld. 





2. j. = Melitiia amboinensis-MEEKI GO, Iles Trobriand. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Melittia amboinensis-ASIATICA G, Sikkim. 


2. = Melittia amboinensis-JAVANA ©, Java. 


202 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Moins faciles à saisir, à première vue, les caractères des pattes 
ne sont pas moins importants, et de plus, les modifications qu’ils 
présentent, dans l’augmentation ou la diminution du blanc aux 
hanches, aux tibias et aux tarses, ainsi que l'intensité diverse des 
couleurs claires et du rouge fauve en particulier, ne sont pas 
parallèles aux précédentes, ce qui permet de constater une fois 
de plus que les causes de variation n’agissent pas également et 
dans le même sens sur tous les caractères, et que ceux-ci conservent 
sous ce rapport une indépendance plus ou moins marquée. 


D'après les matériaux étudiés ici, le centre de dispersion des 
formes se référant spécifiquement à Melittia amboinensis Feld., 
paraît se trouver dans la Polynésie, au voisinage des petits 
archipels, d’où provient la variété Weeki que je considère comme 
la forme Ja plus primitive de l’espèce. De la Polynésie, elle aurait 
émigré dans deux directions principales : au nord, vers l’Asie 
continentale, et vers l’Australie au sud. 

Entre ces deux termes, on cbserve qu’en s’éloignant de leur 
point de départ, la coloration générale des diverses races marque, 
par rapport à Meeki, une tendance à s’éclaircir en remontant vers 
le nord de l’Equateur et à s’obscurcir vers le sud. Cependant, les 
deux races particulières aux limites extrêmes de l’habitat : Inde 
et Queensland font exception et manifestent une convergence 
d'autant plus remarquable qu’on ne saurait l’expliquer par la 
similitude de climat et de fiore de ces deux régions. 

Bien que je ne connaisse pas d’autres individus que ceux de la 
Collection Ch. Oberthür, je ne crois pas, étant donnée sa distri- 
bution, que l'habitat de Melittia amboinensis Feld. soit discon- 
tinu. Elle peuple probablement toute la Malaisie, l’Asie méri- 
dionale orientale et la Polynésie, et des découvertes ultérieures 
combleront les lacunes qui existent actuellement sur ce point. 

J'ajouterai en terminant que parmi les dix-huit exemplaires 
que j'ai sous les yeux je ne relève qu’un seul cas de variation 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 203 





individuelle, relevant d’ailleurs plutôt de la tératologie, car il 
s’agit de l’asymétrie que présente chez une femelle de Doddi le 
dessin des ailes supérieures, la petite aréole transparente norma- 
lement comprise dans la fourche des nervures 7 et 8, est présente 
à gauche mais fait défaut à droite où elle se trouve recouverte par 
un prolongement de l’écaillure de l’espace terminal. 


Melittia distincta n. sp. (PL CCCLXXIV, fig. 3122). 


Q.— Vertex noir un peu hérissé; front bronzé très finement 
hturé de blanc devant les yeux. Palpes à premier article blanc 
(les autres sont détruits). Trompe noir brunâtre. Plaque jugulaire 
blanc jaunâtre; poils péricéphaliques blancs jusqu’à la nuque 
exclusivement. Antennes noires en dessus avec le dessous rous- 
sâtre et longées postérieurement sur toute leur longueur par une 
ligne blanche passant au jaune vers le tiers terminal. Yeux brun 
foncé; ocelles rouge rubis. 

Collier noir à reflet bleu d’acier. Thorax bronzé foncé à ptéry- 
godes concolores et portant en dessous une petite tache latéro- 
pectorale blanc jaunâtre. Métathorax et ses touffes latérales fauve 
roussâtre,; surface postcoxale noire, revêtue de poils jaune pâle. 

Abdomen brun bronzé avec les deux premiers tergites couverts 
de poils fauve roussatre, coupés de brun bronzé sur la ligne 
médiane et les suivants étroitement bordés de fauve roux. Ventre 
jaune roussâtre. 

Hanches antérieures noires à bord interne blanc jaunêtre; 
fémurs noirs avec une ligne longitudinale d’écailles blanches sur 
la crête supérieure ; tibias noirs en dessus, roux en dessous; tarses 
fauve roussâtre, longés de noir en dessus. Articulations coxo- 
fémorales médianes et postérieures noires bordées de poils blancs. 
Fémurs médians et postérieurs noirs à crête supérieure longée de 
blanc. Tibias médians noirs avec un très petit nombre d’écailles 
blanc bleuâtre extérieurement et de poils roux en dessus, éperons 
noirs; (tarses détruits). Tibias postérieurs à base et sommet noirs, 
hérissés de longs poils roux, un peu éclaircis en dessus et sur la 


204 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





face interne et mêlés à l’extrémité de quelques poils blancs; sur 
la face externe on distingue deux lignes transversales blanchâtres 
peu apparentes l’une près de la base, l’autre brève, après les 
premiers éperons; la crête inférieure porte une forte tache blanche 
en arrière de la première paire d’éperons. Eperons noirs, les 
externes des deux paires marqués postérieurement de roux auquel 
s’ajoute du blanc sur celui de la seconde paire. Tarses hérissés, 
noirs, un peu mêlés de roux sombre en dessus, avec les trois 
derniers articles fauve roussâtre du côté interne. 

Ailes supérieures transparentes à côte, bord interne, nervures, 
trait discocellulaire et un très étroit espace terminal noir pourpré; 
le trait discocellulaire, de même largeur que la côte, est à peine 
sinué au bord interne, 1l n’émet n1 trait récurrent n1 pointe dans 
la cellule; l’espace terminal, un peu élargi vers l’apex, est parsemé 
d’écailles blanc bleuâtre; il laisse à découvert la fourche des 
nervures 7 et 8. Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une très fine 
ligne marginale noir pourpré; lobe basal en entier Jaune rous- 
sâtre. Dessous semblable. Franges des quatre ailes gris bronzé, 
celles des inférieures jaune roussâtre de la base à l’extrémité de 
la nervure 1 c. 

Envergure : 35 millimètres. 

Type : 1 ©, Khasis, ex Native Collectors, Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia distincta n. sp. est voisine de M. nepcha Moore, mais 
elle s’en différencie par la teinte fauve roussätre terne et homo- 
chrome de toutes les parties qui, chez zepcha, sont jaunes ou 
rouges, les hanches antérieures (— pectus) noires bordées étroi- 
tement de blanc le long du bord interne, les fémurs médians et 
postérieurs noirs et non : « .. pure white fringed with black... », 
l’absence complète de pointe récurrente au trait discocellulaire 
des ailes supérieures, etc. 

Hampson qui place M. dorsatiformis décrite par lui en syno- 
nymie de M. nepcha Moore y ajoute également M. congruens 
Swinhoë chez qui les surfaces écaillées de l’aile supérieure sont 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 205 


notablement plus larges, la couleur de l’abdomen différente et 
paraît en somme encore moins voisine de M. xepcha Moore que 
M. distincta. 


Melittia tabanus x. 59. (PI CCCLXXIV; fig. 3128). 


d — Tête large, à vertex mêlé de poils bruns et jaune foncé; 
front noir bronzé lituré de jaunâtre devant les yeux; palpes dres- 
sés, un peu hérissés à premier article Jaunâtre, second plus foncé, 
longé de noir extérieurement, troisième court et concolore, noir 
en avant; trompe brunâtre clair; plaque Jugulaire et poils péricé- 
phaliques jaunâtres ; yeux brun ardoisé; ocelles jaunes, antennes 
noires. 

Collier brun bronzé un peu plus foncé que le thorax dont les 
poils sont brun roux mêlés postérieurement de quelques écailles 
jaunâtres ; dessous brun bronzé un peu varié de roussâtre. 

Abdomen brun bronzé éclairci de roussâtre au bord postérieur 
des segments dont le quatrième, en dessus et en dessous, le 
septième, en dessus seulement, et la courte brosse anale portent 
en outre des écailles blanches. 

Hanches antérieures brun bronzé, cuisses de même couleur 
ainsi que les tibias en dessus; base, sommet et dessous roussâtre; 
tarses noirs en dessus, interrompus de roussâtre à chaque article 
et uniformément de cette couleur latéralement et en dessous. 
Cuisses médianes et postérieures brun noir, avec la base, Île 
sommet, les crêtes supérieure et inférieure jaune roussâtre; tibias 
médians noir brun fortement mêlés à la base, en dessus et au 
sommet de roussâtre; tarses noirs extérieurement et en dessus, 
roussâtres aux articulations et en dedans. Tibias postérieurs 
hérissés, noir brun fortement mélangés de poils roussâtres for- 
mant quatre zones distinctes : deux avant le milieu et deux ou 
niveau des éperons; tarse à premier article velu mêlé de noir et 
de roux (les suivants sont détruits). 

Ailes supérieures longues et étroites, en ovale allongé à 
l’apex, transparentes et teintées de jaunâtre de la base à l’extré- 


14 


206 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





mité de la cellule avec la côte, les nervures et une bordure termi- 
nale brun noirâtre: cette bordure, de largeur médiocre, diminue 
rapidement de la côte à l’angle dorsal; elle imite extérieurement 
la tache vitrée ultracellulaire, plus haute que longue, arrondie en 
dehors et composée de six divisions par suite de l'absence 
d’écailles entre les nervures 2 et 3 (Cu?-Cut) qui sont nota- 
blement écartées; trait discocellulaire brun bronzé, prolongé en 
pointe vers la base du côté interne et très oblique extérieurement. 

Ailes inférieures transparentes, avec une touffe d’écailles jaune 
foncé à la base, le trait discocellulaire brun noir, les nervures 
brun roux et une très fine bordure marginale brun noir. Frange 
des deux paires brun grisätre, éclairci à la base des inférieures; 
dessous comme le dessus mais plus pâle. 


Envergure : 30 millimètres. 


Type: 1 o', Tenasserim (Mergui); ex Lakat et Pamboo, 
(V-1895); Coll. Ch. Oberthür. 


Parmi les espèces congénères décrites et non figurées que Je ne 
connais pas en nature, c’est avec Melittia sangaica Btilr. de Chine, 
que Melitlia tabanus paraît avoir le plus d’affinités; elle en diffé- 
rerait par la coloration du collier et des ptérygodes, la dispo- 
sition et la réduction du jaune à l’abdomen et la coloration brune 
du ventre. Butler n’indique pas le sexe du type de 1/. sangaica 
et ne parle pas de la forme des ailes supérieures qui chez 
M. tabanus sont remarquablement étroites. 


Melittia burmana x. 55. (PL CCCLXXIV; fig. 3124). 


Q — Vertex un peu hérissé de poils brun olivâtre; front bronzé 
lituré de blanc pur devant les yeux. Palpes à premier article 
blanc, second blanc Jjaunâtre avec trois lignes longitudinales 
d’écailles et de poils noirs : une antérieure, une latérale et une 
supérieure; trompe noir brun à la base, jaunâtre au sommet. 
Plaque jugulaire blanc jaunâtre; poils péricéphaliques brun 


LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 207 





jaunâtre à la partie supérieure de la tête, passant au blanc jau- 
nâtre à la partie inférieure. Veux brun noirâtre, ocelles jaunes; 
antennes noires en dessus, brun fauve en dessous. 

Collier et thorax brun olivâtre; poils métathoraciques conco- 
lores; en dessous, le thorax est blanc depuis les hanches anté- 
rieures jusqu'aux hanches médianes. Abdomen brun noirûtre, 
muni d’une ligne d’écailles blanches au bord des deuxième, 
quatrième et sixième segments; septième segment très fortement 
mêlé d’écailles jaunes ; brosse anale noir brun à extrémité jaune. 
Ventre jaune pâle. 

Hanches antérieures blanc jaunâtre, un peu écaillées de noir 
en dedans et fortement au bord externe, où elles forment une 
bordure diffuse; fémurs blanchâtres longés en dessus de noir; 
tibias noirs en dessus, jaune fauve en dessous; tarses noirs mêlés 
de blanc à la partie supérieure, jaune fauve en dessous. Fémurs 
médians noirs du côté externe avec le sommet, la crête supérieure 
et la pilosité de la crête inférieure blanc pur; tibias noir bleu 
mêlés de fauve et tachés de blanc avant le milieu et à l'extrémité; 
hanches et fémurs postérieurs noirs ; tibias postérieurs garnis sur 
la face interne et en dessous de longs poils noirs; ils sont lisses 
et noirs extérieurement, interrompus de jaune et de blanc bleuté 
avant et après la première paire d’éperons; crête supérieure 
portant de longs poils jaunes formant à l’extrémité du tibia une 
touffe plus ou moins hérissée; éperons concolores, non garnis de 
poils ; tarses noirs à premier article portant de longs poils noirs 
à reflet irisé formant à l’extrémité du tibia une touffe un peu 
mêlée latéralement et inférieurement de jaune. 

Ailes supérieures transparentes avec la base olivâtre, la côte, 
les nervures et le point discocellulaire noir brun; espace terminal 
noir, parsemé d’écailles blanches, moyennement large à l’apex, 
diminuant rapidement de largeur et réduit à une bordure filiforme 
de la nervure 5 à l’angle dorsal; espace entre les nervures 2 et 3 
(Cu ?-Cu !) entièrement écaillé de noir. Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une fine 
ligne marginale noires; lobe basal écaillé de noir brunâtre à 


208 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





reflet verdâtre et longé de jaune à la marge; franges des quatre 
ailes brun bronzé. 

Envergure : 33,5-34,5 millimètres. 

Types : 2 ©, Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m. alt.] 
ex Doherty (1890); Coll. Ch. Oberthür. 


Parmi les espèces à coloration foncée, paraît avoir une certaine 
ressemblance avec Melithia sangaica Btlr. mais en différerait 
surtout par l’absence de jaune au thorax et à la base des ailes, les 
palpes blanchâtres, la présence de deux anneaux blancs à 
l’abdomen, la coloration jaune pale du dernier segment. La 
couleur du ventre n’est pas indiquée dans la description originale. 


Melittia sulphureopyga n. sp. (PI CCCLXXIV, fig. 3125). 


Q — Vertex hérissé, noir; front brun bronzé étroitement lituré 
de blanc brillant. Palpes non hérissés, à premier article blanc pur, 
second blanc jaunâtre mêlé en dehors et en avant de poils noirs; 
troisième noir. Trompe jaune clair. Plaque jugulaire jaunâtre, 
poils péricéphaliques blanc pur. Yeux brun noir, ocelles jaune 
orangé. Antennes longues, noires en dessus, brunes en dessous 
dans le tiers terminal. 

Collier et thorax brun olivâtre; poils métathoraciques conco- 
lores. Abdomen brun olhivâtre foncé du premier au sixième 
sternites, septième en entier jaune soufre pale; brosse anale brun 
olivâtre foncé. Ventre jaune soufre pâle graduellement mêlé vers 
la base de brun bronzé où cette couleur domine. 

Hanches antérieures fauves; fémurs noirs, poilus en dessous, 
éclairés latéralement et en dessus de fauve; tibias noirs à base 
et sommet fauves; les tarses sont du même fauve, interrompus 
de noir aux articulations. Fémurs médians et postérieurs noir 
brunâtre à pilosité concolore ; tibias médians noirs, assez fortement 
poilus, mêlés vers le milieu de quelques poils blancs et de poils 
fauves à l’extrémité; tarses noirs. Tibias postérieurs complètement 
hérissés de longs poils, jaune serin de la base jusqu’au milieu 


LEPIDOPTEROLOGIE COMPARÉE 209 


et noir brun à reflet bleu du milieu à l’extrémité ; éperons écailleux 
et poilus, noir brun; tarses hérissés de très longs poils noir brun 
sur les deux premiers articles et d’une pilosité plus courte et 
graduellement réduite sur les trois autres articles qui sont noirs 
en dessous et Jaune pâle en dessus. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures et le 
point discocellulaire —— assez étroit — noir mat; espace terminal 
noir brunâtre, saupoudré de quelques écailles blanches, large à 
l’apex et se rétrécissant rapidement vers l’angle dorsal. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une fine 
ligne marginale noires; lobe basal écaillé de brun noir. Dessous 
semblable. Franges des quatre ailes brun noirûtre. 

Envergure : 37-41 millimètres. 

Types : 2 ©, Volcan de Chiriqui (Panarra), mai-juillet 1808; 
ex M. de Mathan, Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia xanthopus n. sp. (PI CCCLXXIV, fig. 3127). 


Œ — Vertex noir olivâtre; front gris Jaunâtre foncé, très étroite- 
ment lituré de blanc; palpes jaunes extérieurement, blanchâtres 
intérieurement avec deux lignes noires longitudinales : une externe 
sur le second article et une autre en avant, le long des trois 
articles. Trompe bien développée, brune; plaque jugulaire blan- 
châtre à la base, jaune au sommet; poils péricéphaliques blancs. 
Antennes longues et épaisses, non courbées au sommet, nettement 
dentées et ciliées, noires en dessus, brunes en dessous. Veux brun 
noir, ocelles rose rubis. 

Collier et thorax brun olivatre ; abdomen noir olhivatre finement 
bordé de jaune à tous les segments; brosse anale concolore; 
ventre Jaune longitudinalement dans toute sa partie médiane, du 
troisième au dernier segment. 

Hanches antérieures Jaune fauve; fémurs très poilus, de même 
couleur ainsi que les tibias et les tarses. Hanches médianes et 
postérieures jaune fauve, les fémurs ont le bord supérieur jaune 
fauve, ils sont mêlés de noirâtre et fortement poilus de jaune 


210 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 

sale inférieurement; tibias médians fauve roux vers la base et 
de plus en plus mêlés de noir vers le sommet qui est entièrement 
de cette couleur; tarses noirs à dernier article jaune. Tibias pos- 
térieurs hérissés de longs poils noirs, mêlés à la base et en dessus 
de fauve, du côté interne de Jaunâtre pâle et extérieurement vers 
l’extrémité de fauve roux. Eperons externes des deux paires noirs 
en avant, et munis à l'extrémité d’une touffe serrée de poils jaune 
fauve. Tarses crêtés de longs poils, noirs sur lés deux premiers 
articles, jaune vif sur les derniers. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, un 
point discocellulaire quadrangulaire et une étroite bordure ter- 
minale élargie à l’apex, noir de suie. Le trait discocellulaire, un 
peu anguleux du côté interne, porte une légère indication de trait 
récurrent. Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale 
noires; base et lobe basal écaillés de noir à reflet vert bleuûtre. 
Dessous semblable. Frange des deux paires noir brunûtre. 

Envergure : 34-44 millimètres. 

Types : 3 g'o', Pérou (Province de Cuzco), Vilcanota [3.000 m. 


alt.|, et Bolivie, La Paz (ex Garlepp) acq. O. Staudinger (18090) ; 
Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia Powelli n. sp. (PL CDLXXVI, fig. 3924). 


Q,--— Vertex gris olivâtre un peu hérissé de poils noirs; front 
bronzé lituré de jaune devant les yeux; palpes grêles, jaunes, 
mêlés latéralement de noir sur le second article et avec la pointe 
du troisième noire; trompe rousse; plaque jugulaire et poils péri- 
céphaliques Jaunes. Antennes noires en dessus, brunes en dessous 
et semées extérieurement d’écailles jaunes plus abondantes vers 
le sommet; yeux brun roussâtre; ocelles jaune topaze. 

Collier, thorax et ptérygodes gris olivâtre; touffes latérales du 
métathorax mêlées de jaune pâle à la base; en dessous le thorax 
est plus clair qu’en dessus et écaillé de jaune dans toute sa partie 
inférieure; surface postcoxale jaune. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 211 





Abdomen noir un peu pourpré, avec les six premiers tergites 
bordés de jaune de chaque côté et de bronzé au milieu, septième 
jaune à sommet noir; brosse anale rudimentaire, concolore, bordée 
de jaune; ventre jaune. 

Hanches antérieures jaune un peu ocracé, fémurs Jaunes, ainsi 
que les tibias qui sont un peu mélangés de noir en dessus, et au 
sommet, tarses jaunes. Hanches médianes et postérieures jaunes; 
fémurs médians et postérieurs de même couleur frangés inférieu- 
rement de longs poils concolores; tibias médians noirs avec un 
très petit nombre de poils brun roux extérieurement vers le milieu, 
et le dessous jaune dans toute sa longueur; éperons noirs; tarses 
noirs, avec la face interne des trois derniers articles et le dessus 
du cinquième jaune; tibias postérieurs hérissés de très longs poils, 
noirs en dessus, extérieurement et en dessous, beige clair du côté 
interne, éperons noirs, les deux externes hérissés en arrière de poils 
jaune ocracé clair; tarses couverts des mêmes poils que les tibias, 
noirs de la base au troisième article, jaunes de celui-ci au sommet. 

Ailes supérieures transparentes à côte, bord interne, nervures, 
trait discocellulaire et espace terminal noir bronzé pourpré; les 
aires vitrées sont bien développées, l’infracellulaire dépasse un 
peu le trait discocellulaire, l’intracellulaire, beaucoup plus courte, 
est coupée obliquement au sommet et l’ultracellulaire, ovale, se 
compose de cinq aréoles dont quatre grandes entre les nervures 3 
à 7 et une plus courte et étroite entre 2 et 3; le trait discocellulaire 
étroit à la base et large au sommet est presque triangulaire et 
couvre l’angle supérieur de la cellule ; quelques écailles gris 
olivâtre marquent la base de la côte. Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes, à reflet bleu violacé peu marqué; 
nervures et bordure marginale noir pourpré; lobe basal noir 
pourpré recouvert d’écailles bleu d’acier clair étendues jusqu’au 
tiers de la nervure 1 c. Dessous pareil mais dépourvu d’écailles 
bleues. Franges des quatre ailes longues, noir bronzé. 

Envergure : 51 millimètres. 

Type : 1 ©, Chanchamayo, Pérou, ex Oswald Schuncke (1912); 
Coll. Ch. Oberthür. 


212 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Melittia Powelli n. sp. est dédiée à M. Harold Powell, l’éminent 
et dévoué collaborateur de M. Charles Oberthür dont les explo- 
rations entomologiques en Algérie et les observations biologiques 
ont enrichi la Science de tant de découvertes intéressantes. 

Elle est étroitement apparentée à Melitlia xanthopus, de Pérou 
et Bolivie, et à Melittia sulphureopyga, de Colombie, toutes deux 
nouvelles également et décrites 1c1. 


Melittia Brabanti n. sp. (PL CDLXXVI, fig. 3027). 


d.-- Tête large à vertex étroit, non hérissé, gris noirâtre. Front 
bronzé olivâtre lituré de blanc devant les yeux. Palpes grêles, 
ascendants, jaunâtres, longés extérieurement et fortement mé- 
langés en avant et au sommet de noir bronzé. Trompe brun 
roussâtre. Plaque jugulaire jaune à base noire; poils péricépha- 
liques très courts, blancs passant au noir sur la nuque. Antennes 
longues, robustes, brièvement bipectinées et ciliées, noires en 
dessus, brun foncé en dessous. Veux gros et saillants brun roux, 
ocelles bien découverts, proéminent, Jaune topaze. 

Collier bronzé olivâtre. Thorax gris olivâtre, ptérygodes conco- 
lores à base noire; côtés du thorax en dessous jaune sale; touffes 
latérales du métathorax Jaunâtres mêlées de noirâtre avant 
l'extrémité; surface postcoxale jaune sale. Abdomen gris noirâtre 
avec une bordure d’écailles blanches au second tergite; brosse 
anale assez longue, trilobée, concolore. Ventre jaune sale. 

Hanches antérieures jaune sale à base et bord externe noirs; 
tibias noirs en dessus, roussâtres en dessous ; tarses noirs en dessus, 
blanc jaunâtre en dessous. Articulations coxofémorales médianes 
et postérieures jaune sale; fémurs médians noirs avec l’extrémité 
de la crête supérieure jaune; fémurs postérieurs noirs avec la moi- 
tié longitudinale supérieure et une étroite frange terminale jaunes. 
Tibias médians noirs, marqués au milieu de la face externe par 
quelques poils blancs; tarses noirs à premier et second articles 
frangés inférieurement de longs poils; le premier article porte 
en outre une petite tache blanche sur le milieu de la crête supé- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 213 





rieure; éperons noirs. Tibias postérieurs hérissés de très longs 
poils noirs mêlés en dessus de blanc jaunâtre, tachés en dessous 
et un peu extérieurement de jaunâtre pâle; éperons noirs anté- 
rieurement, jaunâtres postérieurement; tarses hérissés jusqu’au 
sommet des mêmes poils que les tibias, noirs un peu mêlés de 
blanc jaunâtre en dessus, à dernier article blanc, et tachés en 
dessous du premier article de quelques écailles blanc bleuûtre. 

Aïles supérieures transparentes avec la côte, les nervures, le trait 
discocellulaire, et une très étroite bordure marginale noir bronzé; 
espace entre les nervures 2 et 3 partiellement écaillé; trait disco- 
cellulaire élargi, comblant en partie l'extrémité de la cellule dans 
laquelle il émet un trait récurrent qui n’atteint pas la côte. Dessous 
semblable, avec quelques écailles blanches à la côte. 

Aüles inférieures transparentes avec la base, les nervures, le 
trait discocellulaire et une étroite bordure marginale noir bronzé. 
Lobe basal transparent, écaillé de noirâtre sur son pourtour et de 
bleu verdâtre très pâle à la base du bord abdominal. Dessous 
semblable, avec la base des nervures principales blanc sale. 
Franges des quatre ailes noir bronzé. 

Envergure : 44 millimètres. 

Type : 1 ©, Guyane française, Gourdonville, ex E. Le Moult, 
Coll Le Cerf: 


Grande Melittia remarquable par son aspect robuste, ses yeux 
volumineux, ses ailes longues et larges, sa brosse anale bien diffé- 
renciée, ses tarses médians hérissés de longs poils aux deux 
premiers articles et surtout par l’écart considérable qui sépare 
aux ailes supérieures les nervures 3 et 4, plaçant cette dernière 
très près de 5 sur tout son parcours; cette disposition remarquable 
ne se retrouve aussi accusée que dans le genre 771lochana Moore 
(= Scoliomima Btlr.). Aux ailes inférieures 4 et 5 sont également 
beaucoup plus rapprochées que chez aucune autre Mefittia. C’est 
avec Melittia xanthopus Le Cerf, de Bolivie, que Melittia Brabanti 
a le plus d’afhnités. 

Je l’ai dédiée à la mémoire de mon respectable et regretté 
collègue M. Edouard Brabant, décédé en novembre 1913 et dont 


214 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





les collections ont été volées en 1914 par les Allemands en même 
temps que les meubles, objets d’art et de valeur du château de 
Morenchies, près de Cambrai. Ces collections étaient fort impor- 
tantes, composées de séries d’individu; de choix accumulés depuis 
plus de quarante ans et comprenaient, outre les types des espèces 
décrites par notre collègue, beaucoup de cotypes et de types 
d’autres auteurs et notamment les Sphingides, Bombycides, Noc- 
tuides et Microlépidoptères de la collection A. Constant. 


Melittia Josepha n. sp. (PI CCCLXXIV, fig. 3126). 


Q. —— Vertex non hérissé gris bronzé; front gris bronzé 
largement bordé d’écailles blanches, plus denses devant les yeux. 
Palpes dressés, non hérissés, à premier article blanc en dessous, 
brun noir en dessus; second noir avec une ligne longitudinale 
Jaunâtre en avant, troisième très petit, noir. Trompe bien 
développée jaune fauve. Plaque jugulaire jaunâtre, poils péricé- 
phaliques blanc d’argent. Veux brun noir, ocelles jaune topaze 
clair. Antennes noires à sommet brun roux en dessous. 

Collier noir bleu à reflet pourpré et vert d’acier. Thorax noir 
bleu avec des poils et des écailles jaunes formant une large tache 
a la base de chaque ptérygode, une tache médiane entre celle-c1 
et des macules en bordure du scutellum; poils métathoraciques 
noirs, mêlés de jaune. Abdomen noir bronzé en dessus avec deux 
taches jaunes en demi-cercle à la partie antérieure de chacun des 
six premiers segments, septième portant une petite tache médiane 
jaune formée seulement de quelques écailles; il est mêlé posté- 
rieurement de blanchatre et terminé par une courte brosse conco- 
lore. Ventre blanc. 

Hanches antérieures noir bronzé largement tachées de jaune 
dans la partie médiane; fémurs noirs, tibias noirs mêlés de fauve; 
tarses Jaune fauve interrompus de noir aux articulations en 
dessus; jaunâtres en dessous. Pattes médianes absentes. Les 
postérieures ont les hanches jaunes, les fémurs noirs bordés en 
dessus de poils clairs; tibias très longs noir verdâtre, largement 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 215 





tachés obliquement au milieu de jaune vif et hérissés en dessus 
dans leur moitié terminale d’une crête régulière de longs poils 
noirs mêlés à l'extrémité externe de blanc pur; éperons noirs 
couverts en arrière de poils blanc pur. Tarses de même longueur 
que le tibia, entièrement hérissés en dessus de longs poils noirs 
décroissant régulièrement de taille du premier article au dernier 
et mêlés également du côté externe d’écailles pihformes formant 
une frange blanc pur. 

Ailes supérieures transparentes, avec la côte et une étroite 
bordure marginale prolongée jusqu'à la base le long du bord 
interne noir brun. Un semis d’écailles fauve päle couvre obli- 
quement l’espace terminal de la côte à l’angle dorsal ainsi que 
les nervures et le point discocellulaire dont le centre est mêlé 
de noir. Dessous plus clair avec la côte et la base jaunûtres. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures finement écrites en 
fauve et plus foncées à l’extrémité; lobe basal transparent; ligne 
marginale noire. Dessous semblable. Franges des deux paires 
gris bronzé. 


Envergure : 36 millimètres. 
Type : 1 Q, Zaruma (Equateur), ex M. de Mathan (1301); 
Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia cyaneifera Walk. (PI CCCLXIV, fig. 3129). 


Melittia cyaneifera Walker (K.), List of the specimens of Lepidopterous 
Insects in the Collection of the British Museum, Pars VIII, Sphin- 
gidæ, pp. 67-68 (1856) (partim). 

Melittia cyanifera Burm. (sic) Hy. Edwards, Papilio III, p. 157 (1883). 


Bien que peu rare et figurant en permanence depuis longtemps 
au Catalogue des marchands d’Insectes, Melittia cyaneifera 
Walk. n’a fait l’objet depuis sa description que de mentions 
aussi brèves que peu nombreuses et restait encore à figurer. 

La Collection Charles Oberthür contient deux exemplaires de 
cette Aegerie brésilienne, l’un de Nova Friburgo, l’autre de la 


216 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Serrha da Communaty (Etat de Pernambuco); ce sont des 
femelles et elles appartiennent à deux formes distinctes. 

La première, complète et d’une grande fraîcheur, a les touffes 
latérales du métathorax en partie bleu pâle, la surface postcoxale 
noire, mêlée de poils blanc jaunâtre peu nombreux, l'abdomen 
noir en dessus avec des traces de bordure blanc bleuâtre de 
chaque côté du second tergite, la brosse anale bordée de fauve 
orangé. En dessous, le ventre est noir de la base au troisième 
sternite, blanc du quatrième au dernier dont les #leuræe et le 
sommet sont tentés d’orangé. Aux ailes supérieures, l’aire vitrée 
ultracellulaire, s'étend de la nervure 3 à la nervure 0. 

La seconde, de même taille, mais privée de ses pattes posté- 
rieures, est défraîchie, ses ailes ont les franges usées par le vol 
et l’abdomen notablement déprimé en dessous indique que la 
ponte était assez avancée lorsqu'elle fut capturée. Sa coloration 
générale est un peu moins foncée, plus olivâtre; les touffes laté- 
rales du métathorax sont fortement mêlées de jaunâtre, la surface 
postcoxale couverte de longs poils blancs; l’abdomen noir en 
dessus avec tous les tergites étroitement liturés de blanc et la 
brosse anale entièrement noire. En dessous, le ventre est noir, 
pourvu à la base des mêmes poils blancs que la surface postcoxale, 
et éparsement mêlé d’écailles blanc jaunâtre au bord postérieur 
des sternites, le dernier étant en entier de cette couleur. L’aire 
vitrée ultracellulaire des ailes supérieures, arrêtée sur la nervure 7, 
ne comporte que quatre aréoles au lieu de cinq. Enfin on trouve 
chez l’une comme chez l’autre une légère éclaircie hyaline diffuse 
sous la nervure 2, cette éclaircie étant un peu moins développée 
chez l’exemplaire de Nova-Friburgo. 

Etant donnée la conservation imparfaite de la seconde femelle, 
on pourrait être tenté d’attribuer aux causes mécaniques de des- 
truction, comme la ponte et le vol, une part dans la production 
des différences qui la séparent de la première, notamment dans 
la coloration du ventre, mais je ferai remarquer qu’il n’existe 
aucun désordre dans l’écaillure des sternites qui est bien complète 
et ne laisse nulle part le tégument à nu, d’ailleurs, s’il en était 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 217 





ainsi, le dernier segment qui Joue dans la ponte un rôle plus actif 
que les autres serait le premier et le plus atteint, or 1l n’en est 
rien et son écaillure blanc ocracé est intacte. 

Il est plus rationnel et plus logique de penser que ces diffé 
rences n’ont pas d’autres causes que les influences locales parti- 
culières aux habitats respectifs de ces deux individus, l’un situé 
presque sous l’Equateur et au nord, l’autre placé à plus de 
30 degrés au sud, et appartenant en outre à des systèmes orogé- 
niques différents. 

On a donc affaire à deux races, mais ici se pose le problème 
de savoir si l’une d’elles se rapproche assez de la forme typique 
pour lui être attribuée et laquelle, aucune ne provenant de la 
localité originale du type de Walker. Pour en décider, on ne 
dispose malheureusement, en l’absence de figure et le type étant 
pratiquement inaccessible en ce moment, que de textes bien 
imprécis. 

Melittia cyaneifera a été décrite par Walker en 1856 sur deux 
exemplaires de la collection du British Museum provenant de 
Rio-de-Janeiro, ex collection Stevens; le sexe n’est pas indiqué 
et rien dans la description ni dans la diagnose qui la précède 
ne permet de savoir s’il s’agit du mâle, de la femelle, ou des deux 
sexes ; 1] n’est pas davantage question du nombre des divisions 
de l’aire vitrée ultracellulaire et seule l'indication d’après laquelle 
l’abdomen est « — testaceous beneath... » nous sera de quelque 
utilité, encore dois-je faire remarquer que ce caractère, commun 
à un très grand nombre de Melitiia n’est aucunement spé- 
cifique de M. cyaneifera Walk. En outre, en 1874, G. A. Bulter, 
examinant les types de Walker, reconnut que les deux exemplaires 
appartenaient à deux espèces distinctes, il conserva le nom de 
M. cyaneifera pour celui dont le principal caractère est d’avoir 
la base (— le lobe basal) de l’aile inférieure écaillé de bleu, 
et de l’autre fit le type d’une nouvelle espèce M. latimargo Btilr. 
chez qui parmi d’autres différences ce lobe est : « .… clothed with 
greenish testaceous scales... » mais dont le ventre est également 
« ochraceous »; comme Walker, il négligea de préciser le sexe 


218 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





de son type et le nombre des divisions de la tache vitrée ultra- 
cellulaire. 

En faisant la part des insuffisances coutunuères à Walker et 
en me fondant tant sur la coloration du ventre que sur certains 
caractères communs à M. cyaneifera et à M. latimar go, je considère 
comme typique la forme méridionale pourvue de cinq aréoies à la 
tache vitrée ultracellulaire aux ailes supérieures et qui a de plus 


le ventre blanc ocracé du quatrième sternite au sommet, c’est elle 





F1@. 10. — Melittia cyaneifcra Wikr. 9. — A : corps et ailes vus en dessous; 
« : face ventrale de l’abdomen (Grossissement : x 2 env.). 
Fi1G. 11. — Meliitia cyaneifera Wikr. var. reducta n. var. $. — B : corps et ailes 
vus en dessus; b : face ventrale de l'abdomen (Grossissement : x 2 env.). 


qui ést représentée sur la Planche CCCLXXRIV, fe. #129/des 
« Etudes de Lépidoptérologie comparée ». 

Quant à l’autre exemplaire, J'en fais le type d’une race 
géographique septentrionale que je nomme var. 7educta n. var, 
et pour que ses caractères différentiels énumérés plus haut soient 
aussi clairement exposés que possible, je figure ici, côte à côte, 
la forme typique et la variété avec le détail de la face ventrale 
de l’abdomen. 

Dans un mémoire publié dans : Pañalio, III, p. 157 (1883), 
Henry Edwards signale avoir reçu de Carlos Berg, de Buenos- 
Ayres, parmi d’autres Aecerides : Melittia cyanifera Burm: Dans 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 219 


cette indication 1l y a d’abord une erreur évidente d'orthographe, 
car 1l s’agit, cela n’est pas douteux, de M. cyaneifera, puis une 
seconde dans le nom de l’auteur; Burmeister a peut-être « déter- 
miné » les Aegerides en question, 1l n’a jamais que je sache décrit 
de Melitlia cyanifera ou cyaneifera qui est et reste de Walker. 
Carlos Berg avait reçu beaucoup d’lnsectes des environs de 
Rio-de- Janeiro et 1l est fort probable que la Melia adressée 
par lui à Henry Edwards non seulement était bien l’espèce de 
Walker mais encore que c’en était la forme réellement typique 
puisque, comme nous l’avons vu, les types de l’auteur anglais 
étaient de Rio même. 

Envergure : 38,5-36 millimètres. 

MOI Brésil, Nova Friburgo, février 1884, ex P. Germain; 
Serrha de Communaty, Etat de Pernambuco, 1-2-18903, ex 
E. Gounelle, Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia latimargo Butler. (PL CDLXXVI, fig. 3025-3926). 


Melittia (= Eumallopoda Wallern.) Zatimargo Butler, Annals and 
Magazin of Natural History (4) 14, p. 410 (1874). 

Melittia cyancifera Walker, List of the Lepidopterous Insects in the col- 
lection of the British Museum, Pars VIII, Sphingidæ, p. 67, n° 4 
(1856) (partim). 


Comme la précédente, cette espèce a été mise en vente au cours 
de ces dernières années par les marchands entomologistes, mais 
n’a pas été figurée n1 mentionnée depuis sa description. 

Elle est très voisine de . cyaneifera W]Ikr. mais bien distincte 
et les caractères donnés par Butler suffisent à la faire reconnaître; 
J'ajouterai seulement que le mâle a cinq aréoles dans la tache 
vitrée uitracellulaire avec l’indication d’une sixième dans l’angle 
des nervures 7 et 8, tandis que chez la femelle cette tache est d’un 
tiers plus étroite et seulement quadrifde. 

La collection du Museum de Paris renferme 2 œ et 1 Q de 
cette espèce provenant du Brésil méridional. Contrairement au 
type de Butler, ils sont plus petits que les Melittia cyaneifera 


220 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Wkr. de la collection Ch. Oberthür, mais on sait que chez les 
Aegeriidæ a taille est des plus variable et, comme rien d’autre 
ne les distingue, je les tiens pour conforme à la race type de Rio- 
Janeiro. 

Ces exemplaires frais éclos ont été capturés ensemble, sur le 
tronc d’un arbre en décembre 1913, à Curnityba, Etat de Parana 
(Brésil), par M. P. Lombard, d’après le témoignage de qui cette 
espèce serait fort indolente, se déplaçant lentement et se laissant 
facilement prendre directement au flacon sans l’aide du filet. 

Envergure : O', 32-34 millimètres; ©, 32 millimètres. 

2 GS, 1 ©, Curityba, Etat de Parana (Bréal), XTP1913;1ex 8. 
Lombard, Coll. du Museum de Paris. 


Melittia Oberthüri n. sp. (PI CCCLXXV, fie. 3130). 


Q — Vertex très ras, roux foncé en arrière et brun bronzé à 
reflet bleuâtre en avant; front jaune terne avec la partie centrale 
supérieure bronzée. Pelpes courts, n’atteignant pas la base des 
antennes, grêles, lisses et écartés, Jaune terne; trompe brun clair. 
Plaque jJugulaire jaune, poils péricéphaliques blancs. Veux bruns, 
ocelles rose rubis. Antennes brun rouille en dessus, rousses en 
dessous à l’exception du premier article qui est blanc. 

Collier et thorax roux. Abdomen d’un roux un peu plus pâle, 
lécèrement assombri vers l’extrémité des segments 1, 3 et 5 et 
avec les segments 2, 4 et 6 brun clair; le septième segment est 
presque entièrement de cette couleur ainsi que la brosse anale. 
Dessous du thorax et de l’abdomen entièrement Jaune sale. 

Hanches antérieures jaunes; fémurs et tibias jaune fauve; 
tarses concolores, plus foncés en dessus et coupés de noir aux 
articulations. Fémurs médians et postérieurs roussätres, longés 
en dessus et en dessous de fauve; tibias médians fauves, à 
sommet noir; tarses médians fauves avec le premier article mêlé 
de blanc jaunâtre et les autres fortement marqués de noir en 
dessus dans presque toute leur longueur. Tibias postérieurs cou- 
verts d’une longue et épaisse pilosité jaune, tachés de brun près de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 221 


la base et au delà, en dessus et en dessous du milieu; éperons 
hérissés de poils jaunes; tarses entièrement couverts des mêmes 
poils jaunes que le tibia auxquels s’ajoute sur le dessus du 
premier article une grosse touffe de longs poils noirs et bruns. 

Ailes supérieures transparentes avec une tache fauve terne sur 
la base; la côte et les nervures noir brunâtre un peu violacé; 
espace terminal large, de même teinte, un peu plus pâle et parsemé 
d’écailles blanches, coupé très obliquement de la côte à l’angle 
dorsal; espace entre les nervures Cu? et Cu! transparent. L’aire 
hyaline ultracellulaire est limitée à sa partie supérieure par la 
tige commune des nervures 7 et 8. 

Point discocellulaire assez large, concolore. Dessous semblable 
à côte Jaune pâle. Ailes inférieures transparentes avec les ner- 
vures et une bordure marginale brun bronzé; lobe basal écaillé 
de même couleur; dessous mêlé de jaune. Franges des quatre 
ailes gris bronzé. 

Envergure : 41 millimètres. 

Type : 1 ©, Amazones, Iquitos; ex Marc de Mathan; Coll. 
Ch. Oberthür. 


Melittia Louisa n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3131). 


Q. — Vertex noir; front brun, partiellement lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes jaune foncé à premier article couvert de 
poils roux fauve; trompe brune; plaque jugulaire noire à sommet 
Jaunâtre; poils péricéphaliques roux fauve. Antennes noires en 
dessus, brunes à la pointe et en dessous, fauves en dehors. Veux 
noir brun, ocelles jaune foncé. 

Collier roux fauve antérieurement, noir postérieurement ; thorax 
noir, ptérygodes noires dans leur moitié longitudinale interne, 
roux fauve extérieurement du collier à la côte des ailes supé- 
rieures ; touffes latérales du métathorax roux fauve. En dessous, 
le thorax porte une large tache latéropectorale jaune clair mêlée 
de fauve. Abdomen noir avec le troisième tergite en entier roux 


fauve, milieu du quatrième, côtés des cinquième et sixième, et 


15 


222 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





septième en entier roux fauve; brosse anale courte fauve. Ventre 
jaune clair à base grisâtre. 

Hanches antérieures noires largement bordées de roux fauve 
extérieurement et au sommet; fémurs noirs, tibias roux fauve à 
base noire en dessous, tarses jaune fauve. Articulations coxo- 
fémorales médianes et postérieures Jaunes; fémurs médians et 
postérieurs noirs à crête supérieure et sommet jaune fauve; tibias 
médians velus, noirs, interrompus au milieu par une ligne trans- 
versale de poils blancs et portant au sommet en dessus une touffe 
_de poils roux fauve; tarses jaune fauve coupés de noir au sommet 
des articles; tibias postérieurs hérissés, noirs à la base et au 
sommet, des poils roux fauve coupent le noir près de la base en 
dessus, et couvrent le côté externe et le dessous; celui-ci porte 
en outre des poils blancs; éperons jaunes; premier article des 
tarses hérissé de poils fauves en dessous, noirs en dessus. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, un 
large espace terminal, le bord interne et la moitié supérieure de 
la cellule noirs; des écailles roux fauve bordent les aires hyalines, 
notamment le pourtour de la tache vitrée ultracellulaire qui est 
quadrifide, à bord externe oblique. Un semis d’écailles blanc 
bleuâtre couvre l’espace terminal de l’apex à l’angle dorsal. 
Dessous semblable, noir pourpré, à côte roussâtre à la base. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la ligne 
marginale noires; lobe basal par moitié noir et fauve roux. 
Dessous semblable à base et côte fauve. Franges des quatre ailes 
gris bronzé, coupées de fauve à la base des ailes inférieures. 

Envergures : 34,5 millimètres. 


Type : 1 Q, Mexique; Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia Boulleti n. sp. (PL CDLXXVI, fig. 3028). 


d. — Vertex vert olive, hérissé de longs poils formant une 
touffe dressée sur la nuque et un long toupet couché en avant 
entre les antennes. Front bombé, bronzé clair luisant, très finement 
lituré de blanc le long des yeux. Palpes pubescents, olivâtres, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE DE 


[eS 
[SN] 





mêlés de jaunâtre et longés extérieurement de noir. Trompe 
brune. Plaque jugulaire jaune olivâtre. Poils péricéphaliques 
longs, noirs mélangés de roussâtre. Antennes noires en dessus 
avec quelques écailles blanches éparses vers le mieu et le dessous 
brun roux. Yeux brun foncé; ocelles jaune orange. 

Collier large et saillant noir bronzé à reflet bleu d’acier. Thorax 
brun olivâtre en dessus, plus foncé en dessous, à surface postcoxale 
concolore. Abdomen noir bronzé avec les trois prermers tergites en 
partie recouverts d’écailles et de poils brun ohvâtre; brosse anale 
rudimentaire, concolore, imperceptiblement mêlée de jaune au 
sommet. Ventre bronzé, mêlé sur les quatre derniers sternites 
d’écailles jaune pâle et blanches. 

Hanches antérieures couvertes de longs poils, roussâtres au 
centre, noirs autour; fémurs noir brun en dessus, hérissés en 
dessous de longs poils gris, fauves et noirs; tibias noirs en dessus 
avec une petite tache médiane blanc bleuûtre, frangés extérieu- 
rement de longs poils noirs et à dessous jaune roussâtre; tarses 
Jaune roussâtre, longés en dessus par une fine ligne noire. Fémurs 
médians et postérieurs noirs, hérissés inférieurement de longs 
poils noirs; tibias médians velus, noirs traversés par une bande 
médiane de poils blanc bleu; tarses noirs en dessus, jaune roux 
au sommet et en dessous, avec le premier article couvert à la base 
de longs poils jaune roussâtre un peu mêlé de noir. Tibias posté. 
rieurs noirs à la base, hérissés de longs poils jaune soufre au 
miheu et brun foncé à sommet roux dans le tiers terminal. Eperons 
brun noir. Tarses noirs à dessous jaune roussâtre, hérissés en 
dessus et en dedans de longs poils noirs à sommet roux sur les 
deux premiers articles. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne, 
le trait discocellulaire — très étroit —, et les nervures noirs; une 
étroite bordure marginale concolore, un peu élargie à l’apex et 
semée d’écailles blanc bleu court parallèlement au bord externe; 
espace entre les nervures 2 et 3 très étroit et écaillé de noir. 
Dessous semblable, dépourvu d’écailles blanches au bord 
externe. 


224 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Ailes inférieures transparentes à lobe basal bien développé et 
écaillé de gris brunâtre; nervures et bordure marginale très 
finement écaillées de noir. Dessous semblable. Franges des 
quatre ailes bronzées. 

Envergure : 35 millimètres. 

Type : 1 &, Vallée du Pungoué, Guengère, Mozambique, ex 
G. Vasse (1906), Coll. du Museum de Paris. 


La coloration et les caractères spécifiques de cette belle We/z/tia 
la placent tout à fait à part parmi les espèces africaines; peut- 
être se rapproche-t-elle des formes polynésiennes qui me sont 
inconnues et dont plusieurs ont les ailes transparentes. Il est 
probable que lorsqu'on démembrera l’immense genre Melrttia 
elle formera une coupe séparée, intermédiaire entre les espèces 
à vertex hérissé abondamment et celles à tête rase; je n’en connais 
pas chez qui l’écallure des ailes soit aussi réduite. 

Melithia Boulleti est dédiée en témoignage de respectueuse 
affection à M. Eugène Boullet, Associé et bienfaiteur du Muséum 
National d'Histoire Naturelle, en compagnie de qui j'ai le plaisir 
de procéder au classement de la collection de Lépidoptères du 


Museum depuis octobre 1907. 


Melittia Victrix n. sp. (PL CCCEXXNW 69.317133 3194) 


d. — Vertex hérissé de poils noirs, dressés sur la nuque et 
prolongés en toupet saillant entre les antennes; front écaillé de 
blanc d’argent brillant, lituré de blanc mat devant les yeux. 
Palpes hérissés, blancs, mêlés de poils noirs en dessus, en avant, 
et au sommet des second et troisième articles; trompe brune; 
plaque jugulaire blanche, poils péricéphaliques blancs. Antennes 
très courtes, épaisses, non courbées au sommet, finement cihiées 
de la base aux trois cinquièmes de leur longueur, noires en dessus, 
brunes en dessous, blanc jaunâtre extérieurement. Veux brun 
noir; ocelles jaune foncé. 

Collier bleu d’acier très brillant, avec une ligne transversale 
médiane noir mat. Thorax revêtu d’une pubescence couchée brun 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 225 


bronzé et parsemé antérieurement de rares poils jaunes; méta. 
thorax et touffes latérales roux doré. En dessous le thorax est 
brun bronzé, fortement mêlé de poils grisâtres et porte en avant 
une petite tache latéropectorale blanche; surface postcoxale 
couverte de longs poils Jaune safran. 

Abdomen brun bronzé avec une ligne d’écailles gris bleuûtre 
au bord de tous les tergites que des écailles roussâtres couvrent 
du second au septième ; elles sont particulièrement denses sur les 
troisième, quatrième et cinquième tergites, et s’interrompent sur 
la ligne médiane où elles laissent apparaître une ligne de points 
noirs. Brosse anale très brève, brun noirâtre. Ventre blanc. 

Hanches antérieures blanches, traversées obliquement par une 
hgne noire avant l’extrémité qui est gris Jaunâtre clair; fémurs 
noirs, frangés inférieurement de longs poils, densément mêlés de 
blanc sur toute leur surface; tibias, noir bronzé dessus, blancs en 
dessous; tarses noirs en dessus, blancs en dessous. Fémurs 
médians et postérieurs noir bronzé fortement écaillés de blanc 
en dessus et en dessous; tibias médians poilus, noirs, mêlés à la 
base et au milieu de poils et d’écailles irisées bleu pâle et terminés 
par des poils blancs; éperons brun foncé; tarses à premier article 
poilu, noirs en dessus, blancs en dessous sur les quatre derniers 
articles. Tibias postérieurs hérissés, noirs à la base, en dessous, 
avant et après le milieu, et du côté interne, extérieurement brun 
fauve, un peu mêlé de blanc en dessus et à l’extrémité, et de 
roussâtre avant le milieu; en outre une tache blanche se trouve 
sur la crête inférieure en arrière de la première paire d’éperons 
et une plaque de larges écailles bleu d’acier 1risé marque le côté 
externe avant l’extrémité. Eperons internes noirs, externes noirs 
en avant, blanc jaunâtre en arrière; tarses couverts jusqu’au 
sommet de longs poils noirs, mêlés extérieurement de roux et 
à premier article taché de blanc en dessous. 

Auiles supérieures transparentes, teintées de brunâtre avec la 
côte, les nervures, l’espace terminal et un trait discocellulaire 
assez large, formant une courte pointe dans la cellule, noir 
pourpré; des écailles roussätres parsèment la base de la côte, le 


226 LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 

bord interne et un peu le trait discocellulaire, et des écailles bleu 
pale forment une ligne anguleuse sur l’espace terminal. La tache 
vitrée ultracellulaire est large, trapézoïdale, formée de cinq 
divisions dont la première est un peu plus courte que les autres. 
Dessous semblable à côte plus claire. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la ligne 
marginale noir pourpré. Lobe basal entièrement transparent. 
Franges des quatre ailes gris bronzé. 

Q. — Vertex hérissé, noir mêlé de blanc; front blanc. Palpes 
jaune roussâtre à base Jaune pâle; trompe rousse. Plaque jugu- 
laire blanc jaunâtre, tachée de roux fauve à l’extrémité. Poils 
péricéphaliques blanc jaunâtre de la base des palpes au milieu 
du bord postérieur des yeux, noirs au delà. Antennes noires en 
dessus, parsemées de quelques écailles blanches avant le sommet, 
brunes en dessous, jaune roussâtre extérieurement. Veux bruns, 
ocelles jaune foncé. 

Collier brun ferrugineux, un peu éclairci antérieurement. 
Thorax brun ferrugineux, mesoscutellum jaune pâle; côté et 
touffes latérales du métathorax Jaune d’or mêlées de brun et 
d’un peu de blanc. En dessous, le thorax porte antérieurement 
une petite tache latéropectorale blanche. Abdomen noir, à premier 
tergite mêlé de brun, second tergite jaune sauf à la base qui est 
mêlée de noir et de brun; quelques écailles bleu pâle irisé par- 
sèment le dernier tergite; brosse anale rudimentaire, noire. Ventre 
blanc teinté de grisatre sur les côtés. 

Hanches antérieures jaune pâle mêlées de roux, fémurs roux 
fauve, hérissés en dessous et un peu mêlés de noir; tibias velus, 
fauves à sommet noir, et mêlés en dehors et à l’extrémité de poils 
blancs; tarses noirs en dessus, jaunes en dessous, avec le premier 
article coupé de blanc au milieu et à l'extrémité. Fémurs médians 
et postérieurs blanc jaunâtre, frangés inférieurement de longs 
poils noirs et gris; tibias médians noirs à la base, au milieu en 
dessus et un peu extérieurement, fauve roux dans le reste avec 
quelques poils jaunes et blancs vers le milieu; tarses noirs en 


dessus avec les premiers articles tachés de blanc au sommet et le 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 227 





dessous jaunâtre ; tibias postérieurs jaune fauve à la base, passant 
au fauve roux varié de clair, avec la moitié terminale de la crête 
supérieure noire; des poils jaunâtres marquent la base du côté 
interne et quelques poils blancs l’extrémité; éperons internes 
noirs mêlés de fauve roux, externes longuement frangés en arrière 
de jaune et de fauve roux; tarses hérissés jusqu’au sommet, noirs, 
mélangés extérieurement de fauve et à dernier article Jaune. 

Ailes supérieures transparentes, teintées de roux à la base, avec 
la côte, les nervures, et un très large trait discocellulaire — deux 
fois plus large que haut —- noir bronzé; espace terminal large, 
noir pourpré, parsemé d’écailles bleu pâle 1irisé formant une 
double courbe concave. Tache vitrée infracellulaire atteignant 
le milieu du trait discocellulaire, intracellulaire courte, ultracel- 
lulaire quadrifide, en trapèze irrégulier, la première division étant 
plus courte que les trois autres qui sont égales. Dessous semblable 
à base et côte Jaune roussatre. 

Aïles inférieures transparentes avec la ligne marginale et les 
nervures noir pourpré à l’exception de 1° en entier, de la base 
de 1° et de la médiane qui sont fauves. Lobe basal écaillé de 
fauve doré. En dessous, la côte est fauve et la base du lobe basal 
noire. Frange des quatre ailes gris bronzé, divisée longitudina- 
lement par une ligne plus foncée et interrompue de Jaune à la 
base des inférieures. 

Envergure : ç* 20-22 millimètres, © 32 nullimètres. 

Types : 2 g'o. 1 ©, Afrique occidentale, Johann Albrechts 
Hôhe Station, Kamerun, L. Conradt (1898);Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia æthiopica n. sp. (PI CDLXXVII, fig. 3920). 


Œ. — Vertex densément hérissé de longs poils formant un 


épais toupet dirigé en avant et une touffe dressée sur la nuque. 
Front proéminent, écailleux, blanc brillant, à centre bronzé clair. 
Palpes dressés et appliqués sur le front, couverts de longs poils 
blanc grisâtre, mêlés extérieurement de poils noirs au milieu du 
second article. Trompe roussâtre clair. Plaque jugulaire et poils 


228 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





péricéphaliques blancs. Antennes très courtes, à peine aussi 
longues que le thorax, minces à la base, épaisses au sommet, 
noires en dessus parsemées d’écailles blanc bleuatre et fauves, 
blanches extérieurement dans toute leur longueur, rousses en 
dessous avec l’extrême pointe noire. Yeux bruns; ocelles très 
petits, Jaunes. 

Collier noir bronzé à reflet métallique. Thorax noir bronzé 
abondamment revêtu de poils blanchâtres, formant en majeure 
partie les touffes latérales du métathorax. Dessous noir bronzé 
avec les mêmes poils blancs qu’en dessus et portant de chaque 
côté deux taches latéropectorales : une antérieure composée 
d’écailles fauves et blanches sous l'extrémité du collier, et une 
plus petite, fauve, sous la base de l’aile antérieure; surface 
postcoxale couverte de poils blancs. Abdomen noir, légèrement 
mêlé d’écailles fauves et blanches, avec tous les tergites bordés 
d’une ligne d’écailles blanches; brosse anale très courte, noire 
bordée de blanc latéralement. Ventre blanc sale avec deux taches 
noir bronzé de chaque côté de la ligne médiane sur le troisième 
sternite. 

Hanches antérieures blanches dans leur moitié proximale, 
noires dans leur moitié distale; fémurs blancs à sommet jaunâtre, 
longés en dessus d’une ligne d'’écailles noires; tibias noirs, 
mêlés de blanc en dessus, blancs en dessous; tarses noirs en 
dessus, coupés de blanc au sommet des articles, blancs en dessous. 
Pattes médianes détruites. Fémurs postérieurs noir bronzé, 
frangés en dessous de poils blancs; tibias hérissés, noirs à la 
base, couverts d’écailles et de longs poils blancs en dessus et en 
dehors avec une petite touffe médiane d’écailles bronzées, noir 
bronzé mêlé d’écailles brun roux et de poils blancs et noirs dans 
leur moitié distale; crête inférieure pourvue d’une frange de longs 
poils noirs à reflets bleu d’acier, interrompue de blanc près de 
la base et après la première paire d’éperons ; éperons noirs, mêlés 
de roux; tarses hérissés de poils et d’écailles noires à reflet bleu 
d’acier et brun roux en dessus, coupés de blanc en dessous, au 
mileu du premier article. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 229 











Ailes supérieures transparentes, teintées légèrement de rous- 
sâtre, avec la base noire très légèrement tachée de fauve, la côte, 
le bord interne, les nervures, un large trait discocellulaire et 
l’espace terminal noir bronzé; des écailles fauve roussätre par- 
sèment le trait discocellulaire, notamment le lông de son bord 
externe, et des écailles blanc bleu couvrent éparsement la moitié 
externe de l’espace terminal. Les trois taches vitrées sont bien 
définies : l’infracellulaire atteint le milieu du trait discocellu- 
laire ; l’intracellulaire est courte et large, et l’ultracellulaire 
—— presque deux fois plus haute que large — formée de cinq 
divisions dont les deux premières sont les plus courtes. Dessous 
gris foncé, fortement mêlé de blanchâtre. 

Aïles inférieures transparentes, légèrement teintées de rous- 
sâtre avec les nervures et la ligne marginale noir bronzé; lobe 
basal transparent. Dessous semblable. Franges des quatre ailes 
gris bronzé. 


Envergure : 23 millimètres. 


Type : 1 ©, Abyssinie, ex Schimper (1850), Coll. du Museum 
de Paris. 


Appartient au même groupe que les autres Melitiia à vertex 
fortement pubescent : M. brevicornis Auriv., M. œdippus Obthr., 
M. Victrix Le Cerf, etc. 


Melittia Laboissierei n. sp. (PL CDLXXVII, fig. 3030). 


©. — Vertex noir; front noir bronzé lituré de blanc Jaunâtre 
devant les yeux; palpes faiblement hérissés, blanc jaunâtre, mêlés 
en avant et latéralement de poils noirs sur les second et troisième 
articles; trompe brun roussâtre; plaque jugulaire et poils péricé- 
phaliques blanc jaunâtre: antennes fortement renflées au sommet, 
finement dentées et ciliées, noires en dessus, gris argenté extérieu- 
rement, brun roussâtre en dessous ; yeux brun foncé; ocelles grenat 
clair. 


Collier noir bronzé brillant. Thorax noir bronzé; en dessous, 


230 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





il porte une petite tache latéro-pectorale antérieure jaunâtre; 
surface postcoxale concolore; touffes latérales du métathorax 
gris Jaunätre. Abdomen noir bronzé, semé éparsément d’écailles 
blanc jaunâtre et bordé d’une ligne très fine d’écailles blanches 
aux second, quatrième et septième tergites; brosse anale à peine 
différenciée noir bronzé. Ventre blanc jaunûtre. 

Hanches antérieures blanc jaunâtre, marquées d’une ligne de 
poils noirs parallèle au bord externe ; fémurs blanc Jaunâtre 
longés en dessus par une ligne noire; tibias blanc jaunâtre en 
dessus, jaune roussâtre en dessous, avec deux lignes longitudi- 
nales noires; tarses noirs en dessus, blanc jaunâtre latéralement 
et en dessous. Fémurs médians blanc jaunâtre mêlés de bronzé sur 
la face externe et au sommet; tibias hérissés de poils noirs et roux, 
avec la crête inférieure blanche et deux lignes étroites, transver- 
sales, blanc bleuâtre au milieu de la face externe; tarses noirs 
extérieurement, blancs sur la face interne, au sommet des articles 
en dessus et sur les trois quarts proximaux du premier article qui 
est poilu. Fémurs postérieurs noir bronzé à crête supérieure rous- 
sâtre ; tibias hérissés de longs poils, noirs en dessous, bruns et roux 
extérieurement, jaune sale en dessus de la base au milieu; trois 
lignes d’écailles blanc jaunâtre traversent la face externe : une 
près de la base, une autre avant et la dernière après le milieu, 
celle-ci se continue en dessous et forme une tache blanche en 
arrière de la première paire d’éperons; les éperons des deux paires 
sont noirs avec le sommet roux postérieurement: tarses hérissés 
jusqu’à l’extrémité de longs poils noirs et portant sur la face 
externe, près de la base du premier article, une petite touffe de 
poils fauve roussâtre. 

Aüïles supérieures transparentes à base noire, avec la côte, le 
bord interne et l’espace terminal noir bronzé; aire vitrée infra- 
cellulaire atteignant le trait discocellulaire, intracellulaire bien 
développée, ultracellulaire en trapèze arrondi, plus étroite en haut 
qu’en bas, formée de cinq aréoles inégales dont la supérieure est 
la plus courte et l’inférieure la plus grande; le trait discocellu- 
laire, noir bronzé, de forme presque carrée, porte au milieu du bord 


LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 231 


interne une courte dent et des écailles blanc bleuatre parsèment 
lPespace terminal. Dessous noir bronzé. 

Ailes inférieures transparentes, à base, nervures et ligne margi- 
nale noir bronzé; lobe basal opaque, concolore, en partie recouvert 
de poils jaunâtres. Dessous semblable. Franges des deux paires 
bronzées, interrompues de jaune roussâtre le long du lobe basal 
des ailes inférieures. 

Envergure : 26 millimètres. 

Hyper Usanda VMEÉoth\Coll'F. Le'Cerr. 


Cette petite Melittia est apparentée aux espèces de la région 
indo-malaise du Groupe de Melittia indica Btlr.; elle en a la 
forme et le dessin et un peu aussi la coloration générale; le trait 
récurrent qui divise chez ses congénères la cellule des ailes supé- 
rieures fait défaut, mais au point où il prend naissance, vers le 
milieu du trait discocellulaire, on remarque une petite saillie angu- 
leuse qui se retrouve à peine plus marquée chez Melittia nepcha 
Moore et Melittia Kulluana Moore. 

Je l’ai dédiée à mon collègue et ami V. Laboissière, sergent- 
fourrier d'infanterie territoriale. 


Melittia usambara n. sp. (PI CDI XXI, fig. 3965). 


@.-— Vertex brun ardoisé; front blanc sale, un peu mêlé de 
brun ardoisé sous la base des antennes. Palpes à premier article 
blanc (les autres sont détruits); trompe faiblement développée, 
jaunatre; plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs jau- 
nâtre (antennes détruites). Veux bruns; ocelles jaune pale. 

Collier noir; thorax noir; ptérygodes concolores, tachées de 
blanc bleuâtre à la base, à l'extrémité et sur la base de la côte 
de l'aile supérieure; métathorax blanc avec de très longues 
touffes latérales noires recouvertes de poils blanc bleuàtre. En 
dessous, le thorax porte des écailles blanc jaunâtre ne formant 
pas de taches latéropectorales définies. Surface postcoxale cou- 
verte de poils blanc jaunatre. 


232 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Abdomen noir avec les côtés de tous les tergites, sauf le qua- 
trième, largement écaillés de bleu azuré pâle; brosse anale rudi- 
mentaire, noire à sommet Jaunatre. Ventre blanc jaunatre. 

Hanches antérieures blanc jaunâtre; fémurs noirs à sommet 
blanc; tibias noirs en dessus, jaune roussatre en dessous; tarses 
noirs en dessus avec la base du premier article et le dessous 
blancs. Articulations coxofémorales médianes et postérieures 
blanc jaunatre. (Pattes médianes détruites). Fémurs postérieurs 
noirs largement écaillés de blanc jaunâtre tout le long du bord 
supérieur ; tibias hérissés de poils noirs, mêlés en dessus (et exté- 
rieurement ?) de blanchâtre; éperons concolcres, les postérieurs 
écaillés de blanc en arrière; tarses à premier article hérissés des 
mêmes poils noirs que le tibia, les quatre suivants noirs en dessus, 
blanc Jaunàtre en dessous. 

Aïles supérieures noir bronzé, parsemées d’écailles blanc 
bleuâtre et portant trois taches vitrées : une infracellulaire 
longue et étroite, atteignant le trait discocellulaire qui est macu- 
laire et aussi large que l'espace terminal; une intracellulaire 
cunéiforme, de moitié plus courte que la précédente et une très 
étroite ultracellulaire, courbe et composée de quatre aréoles 
punctiformes comprises entre les nervures 3 et 7. Dessous sem- 
blable mais dépourvu d’écailles blanc bleuatre. 

Aïles inférieures transparentes à nervures et bordure marginale 
noir bronzé; lobe basal écaillé de bleu d’azur pâle brillant. 
Dessous semblable avec la base du lobe noir. Franges des deux 
paires noir bronzé. 


Envergure : 31 millimètres. 


Type : 1 ©, Afrique orientale (Usambara), Pangani, ex L. 
Conradt (1801), Coll. Ch. Oberthür. 


Melittia usambara n. sp. est décrite sur un individu assez 
fortement maltraité mais dont un examen minutieux permet de 
retrouver la plupart des caractères avec une netteté suffisante. 

Elle est apparentée à Melittia brevicornis Auriv. de qui elle 
diffère par la taille plus grande, l’absence de bordure blanche 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 233 





aux segments et la présence de larges macules latérales blanc 
leuté, l’aire vitrée ultracellulaire quadrifide aux ailes supé- 
rieures, la coloration bleu d’azur pale du lobe basal des ailes 
inférieures, les tarses postérieurs non poilus jusqu’au sommet. 


Melittia Houlberti n. sp. (PI CDLXXVII, fig. 3031). 


Q.— Vertex fauve; front bronzé très finement lituré de blanc 
devant les yeux; palpes fauves, un peu tachés de blanc sur la face 
interne des deux premuers articles ; trompe brun roussâtre; plaque 
jugulaire noir bleu, mêlée de poils fauves; poils péricéphaliques 
fauves. Antennes noir bleu parsemées aux deux tiers de leur 
longueur, en dessus, d’écailles blanches ne formant pas de tache 
distincte; yeux brun ferrugineux; ocelles grenat. 

Collier fauve, terminé de chaque côté par une petite plaque 
d’écailles blanches. Thorax entièrement fauve en dessus, noir bleu 
en dessous. Abdomen noir bronzé en dessus, couvert d’un semis 
espacé de très petites écailles blanches lancéolées qui n’en 
modifient pas sensiblement la teinte. Ventre noir bronzé. 

Hanches antérieures noir bleu à base fauve, pattes noir bleu 
avec quelques écailles blanches à la base du premier et sur le 
dessus des trois derniers articles du tarse. Pattes médianes noir 
bleu, à tibia un peu pourpré et coupé extérieurement dans sa partie 
médiane par une très légère ligne blanche transversale; éperons 
noirs ; tarses concolores portant les mêmes écailles blanches 
qu'aux pattes antérieures. Fémurs postérieurs noir bleu; tibias 
couverts de poils denses, pas très longs et couchés, noir bleu, 
passant au pourpré cuivré vers l’extrémité du côté externe, et 
fauves, indistinctement interrompus de blanc, sur les trois quarts 
de la crête supérieure; éperons concolores avec l’extrème pointe 
des deux externes blanc pur; tarses couverts jusqu’à l’extrémité 
des mêmes poils que les tibias mais plus courts, pourpré cuivré à la 
base du premier article, noir bleu dans le reste. 

Ailes supérieures opaques, noir verdâtre, éparsément semées de 
très petites écailles blanches. Dessous noir bleu brillant. 


234 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 

Ailes inférieures opaques noir bleu brillant sur les deux faces 
à l’exception d’une étroite et courte ligne transparente sous la 
base de la nervure cubitale. Dessous semblable. Franges des deux 
paires concolores. 

Envergure : 29 millimètres. 

Typé : 10, Uganda; VI23th, Collf Fe Ceère 


Cette espèce est très voisine de Pansa (—Melittia) aureosqua- 
mata Wallgr. de la Cafrerie orientale, décrite sur un individu 
dont le sexe n’est pas indiqué et qui n’a Jamais été figurée. 
D'après la description originale elle s’en distinguerait par la 
taille d’un quart plus petite, l'absence de jaune d’or sur le troi- 
sième segment abdominal et de fauve à la base des fémurs anté- 
rieurs et aux tibias médians, la limitation du fauve à une partie 
seulement de la crête supérieure aux tibias postérieurs, le semis 
d’écailles blanc pur de l’abdomen et des ailes supérieures, l’exis- 
tence du fauve à la base des hanches antérieures (— pectus 
Wallgr.) et d’une petite ligne transparente aux ailes inférieures. 
Enfin, elle présente la particularité d’avoir les nervures 7 et 8 des 
ailes antérieures tigées sur plus des quatre cinquièmes de leur 
longueur. 

Melittia Houlberti est dédiée à M. le Professeur Constant 


Houlbert, de Rennes, en témoignage de cordiale sympathie. 


GENRE PREMELITTIA n. gen. 


Tête petite; vertex étroit non hérissé; front bombé et assez 
saillant. Trompe complètement avortée. Palpes de dimension 
moyenne, écailleux, non hérissés. Antennes fusiformes, non 
courbées au sommet. Corps robuste et assez long; brosse anale 
très courte. 

Pattes longues, robustes, non hérissées, tibias postérieurs portant 
en dessus, avant le milieu et à l’extrémité, une crête de poils 


- courts; premier article des tarses pubescent. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 235 


Nervulation. — Ailes supérieures : cellule longue et étroite; 
nervure 1 bien développée, non bifurquée à la base, 2 naissant 
avant l’angle inférieur de la cellule, 3 de cet angle et plus près 
de 4 que de 2; tige commune de 7 et 8 très courte, 9 partant du 
même point, à l’angle supérieur de la cellule, 10 et 11 très 
brièvement tigées à la base et naissant près de 0. 

Ailes inférieures : cellule ovale au sommet, longue et étroite; 
nervure 1 a assez courte et limitant un lobe basal médiocrement 
développé; 2 naissant au milieu du bord inférieur de la cellule et 
3 avant l’angle duquel part 4; 5 de l’angle des discocellulaires ; 
6 bien développée et partant de l’angle supérieur de la cellule, 
7 assez loin de cet angle, courte et réunie à 8. 

Génotype : Premelithia rufescens n. sp. 


Premelittia rufescens n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3136). 


Q-:— Vertex non hérissé, jaune fauve; front plus foncé, assez 
largement bordé de jaune clair devant les yeux. Palpes, poils 
péricéphaliques et plaque jugulaire jaunes. Yeux brun noir, ocelles 
gros, rose rubis. Antennes jaune foncé, avec le tiers terminal brun 
roux en dessous. 

Collier jaune fauve; mésothorax brun chatain à ptérygodes 
concolores, bordées étroitement de jaune tout autour et plus 
largement aux angles postérieurs; métathorax écaillé de jaune 
terne au milieu et poilu latéralement de brun. 

Abdomen brun foncé avec le second segment bordé postérieu- 
rement d’une ligne d’écailles jaune fauve; premier, troisième et 
cinquième largement tachés latéralement, en avant de jaune, cette 
couleur formant une étroite bande, tranversale et continue sur 
le cinquième segment; brosse anale rudimentaire, un peu plus 
claire que le fond et mêlée de quelques écailles Jaunes. Ventre 
en entier jaune fauve. 

Hanches antérieures jaune fauve; aux trois paires de pattes : 
fémurs un peu plus foncés; tibias jaune fauve avec une ligne 
brune sur la crête supérieure, les postérieurs ont en outre la base 


236 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








brune et quelques poils fauves, courts et dressés en deux touffes 
peu étendues sur la crête supérieure : une avant le milieu, l’autre, 
plus petite, à l'extrémité. Eperons Jaune pâle. Tarses jaunes à 
premier article fauve. 

Ailes antérieures brunes avec une tache vitrée intracellulaire 
linéaire le long de la nervure médiane (Cu), une longue et large 
infracellulaire et une ultracellulaire très diffuse, étroite en haut à 
la tige commune de 7 et 8 où elle commence, et très élargie infé- 
rieurement sur la nervure 2 où elle s’arrête. Point discocellulaire 
concolore, mal défini, simplement formé par l’épanouissement 
de l’écaillure qui couvre la côte et comble la moitié longitudinale 
supérieure de la cellule. Dessous semblable, à base de la côte 
jaune d’or. 

Ailes inférieures transparentes avec la bordure marginale et 
les nervures brunes; lobe basal concolore. Dessous un peu plus 
clair. Franges des quatre ailes gris châtain, éclairées de fauve à 
la base des inférieures. 

Envergure : 35 millimètres. 

Type : 1 ©, Bolivie, Cochabamba, Vunga-del-Espiritu-Santo; 
ex P. Germain (1888-1889); Coll. Ch. Oberthür. 


Proche parente des WMeliffia Hb. par l’ensemble de ses carac- 
tères mais dont elle diffère à première vue par ses pattes moins 
longues et dépourvues des touffes de poils caractéristiques, cette 
intéressante espèce porte une livrée peu brillante et assez répandue 
en Amérique. Elle sera néanmoins aisément reconnue grâce à ses 
caractères particuliers et la disposition des parties jaunes sur le 


fond brun châtain. 


GENRE NEOSPHECIA n. £. 


Vertex hérissé; front bombé, saillant. Antennes de longueur 
médiocre, en massue épaisse, obtuses à la pointe, non courbées, 


dépourvues de houppe terminale. Palpes assez longs, porrigés, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 237 


un peu hérissés à la base, à troisième article petit et aigu. Trompe 
complètement avortée. Ocelles assez gros, saillants. 

Corps robuste, cylindro-conique, brosse anale courte. 

Pattes robustes, de longueur médiocre, avec les éperons 
pubescents. Tibias postérieurs un peu courbés en S, non hérissés; 
premuer article des tarses moins long que la moitié du tibia et 
courbé en sens inverse. 

Nervulation. -— Ailes supérieures : nervure 1 bien développée, 
non bifurquée à la base; 2 naissant avant l’angle inférieur de 
la cellule, 3 de cet angle et plus près de 4 que de 2; 7 et 8 non 
tigées; Oo de l’angle supérieur de la cellule; 10 et 11 partant 
presque du même point près de l’angle supérieur de la cellule. 

Ailes inférieures : cellule ovale, étroite, atteignant le milieu 
de l’aile; nervure 1 a courte, limitant un petit lobe basal peu 
prononcé; 2 et 3 naissant loin avant l’angle inférieur de la 
cellule, 4 de cet angle, 5 de l’angle des discocellulaires, 6 bien 
développée, 7 absente. 


Génotype : Neosphecia combusta n. sp. 


à 


Neosphecia combusta n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3137). 


©. -— Vertex noir, front noir bronzé portant deux toulles 
d’écailles saillantes au-dessous de la base des antennes. Palpes 
à premier article noir extérieurement, jaune intérieurement; second 
jaunâtre en dessus, jaune roux en dessous avec une touffe d’assez 
longs poils noirs à la base et longé par deux lignes noires; troi- 
sième noir à base jaune en dessus. Plaque jugulaire jaune pâle; 
poils péricéphaliques très courts, jaune foncé. Veux noir brun, 
ocelles orange. Antennes fauves en dessus, brunes en dessous. 

Collier et thorax brun noirâtre; ptérygodes concolores, ter- 
minées par une touffe d’écailles jaune foncé. Le métathorax est 
bordé postérieurement d’une ligne d’écailles jaunâtres et ses 
pinceaux latéraux sont jaune foncé. 

Abdomen brun noir avec le bord postérieur du deuxième 
tergite et le bord antérieur du troisième fondus en une bande 


16 


238 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 














transversale jaune fauve. Brosse anale — rudimentaire — et 
ventre brun noir uniforme. 

Hanches antérieures brun noir, bordées latéralement en dehors 
et inférieurement de blanc jaunâtre; fémurs et tarses fauves; les 
tibias sont de cette couleur, mêlés de poils brun noir. Fémurs 
médians et postérieurs brun noir; tibias médians brun noir, mêlés 
en dessus, et en dehors avant le milieu, de poils fauve roux; 
éperons et tarses noir brun. Tibias postérieurs noir brun, largement 
tachés de Jaune clair du côté externe, entre le milieu et le sommet; 
tarses noir brun; éperons noirs antérieurement, Jaune clair posté- 
rieurement ; tarses noir brun. 

Ailes antérieures opaques, brun roux, avec la base noire, 
l’espace terminal un peu éclairci et une tache vitrée infracellulaire 
n’atteisnant pas la discocellulaire. Dessous semblable mais plus 
clair. 

Aïles inférieures transparentes à nervures et bordure marginale 
brun roux; lobe basal écaillé de brun fauve. Franges des deux 
paires brun noirûtre. 

Envergure : 30 millimètres. 

Type : 1 ©, de Bolivie, Cochabamba, Yunga-del-Espiritu- 
Santo; ex P. Germain (1888-1889); Coll. Ch. Oberthür. 


Comme la précédente, cette espèce constitue un terme de 
passage entre les Melittia et les autres Æveriide, mais elle est 
déjà sensiblement plus éloignée des WMelitiia que Premelittia 


rufescens. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 239 








II. —_ Sous-Famille : AEGERIINÆ 


GENRE MELITTINA gen. nov. 


Q. — Tête assez large, à front légèrement bombé. Palpes 
courts, porrigés, à premier article hérissé en dessous de longs poils 
formant une touffe rectilhigne. Trompe bien développée. Antennes 
courtes, à base mince et massue très épaisse. Corps court et épais, 
sans brosse anale différenciée. Pattes médianes et postérieures 
longues, à tibias et tarses velus. Corps court et épais. Ailes larges 
et arrondies. 

Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1 rudimentaire, non 
divisée à la base ; 2 naissant avant l’angle inférieur de la cellule, 
3 de cet angle, 7 et 8 tigées sur la moitié de leur longueur; 9 de 
l’angle supérieur de la cellule, 10 rapprochée de 9 à la base, 
11 éloignée de 10. 

Ailes inférieures dépourvues de lobe basal. Cellule dépassant 
la moitié de la longueur de l’aile; nervure discocellulaire supé- 
rieure très brève, inférieure fortement oblique. Nervure 1 a très 
courte; 2 naissant peu après le milieu du bord inférieur de la 
cellule et 3 un peu avant l’angle, 4 de cet angle et courbée vers 
le milieu; 5 de l’angle des discocellulaires, 6 de l’angle supérieur 
de la cellule et 7 partant du même point. 

Génotype : Melittina nigra n. sp. 


Melittina nigra n. sp. (PL CDLXXVIL fig. 3033). 


@.— Vertex — non hérissé — et front noir bleu. Palpes noirs, 
très légèrement mêlés de blanchâtre, à premier article muni d’une 
très longue touffe de poils noirs pendant verticalement en dessous 
de la tête. Trompe jaune pâle. Plaque jugulaire et poils péricé- 
phaliques noir bleu. Antennes noir bleu, longées extérieurement 
d’une ligne d’écailles jaune pâle, avec la moitié terminale de la 
massue rousse en dessous. Veux noirs; ocelles jaune pâle. 


240 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Collier, thorax et abdomen noir bleu. 

Hanches, fémurs et tibias antérieurs noir bleu, tarses noir bleu 
en dessus, jaune pale en dessous. Fémurs médians et postérieurs 
noir bleu, tibias médians noir bleu annelés de blanc au sommet ; 
éperons blanc jaunâtre; tarse à premier article velu, noir bleu, les 
quatre suivants noirs en dessus, jaune roussâtre en dessous. Tibias 
postérieurs noir bleu, annelés de blanc mêlé de roussàtre au 
sommet; tarses couverts de poils noir bleu, fortement mêlés de 
roux, très longs sur le premier article, décroissant rapidement de 
longueur sur le second et le troisième; les trois derniers articles 
roux en dessous. Eperons noirs, à base et sommet jaune. 

Ailes supérieures transparentes, assombries par un semis 
d’écailles noir fuligineux sur le disque et formant une ligne 
continue divisant longitudinalement la cellule; côte, bord interne, 
nervures et un étroit espace terminal mal défini noir fulhigineux; 
trait discocellulaire, large, arrondi, noir profond. Dessous sem- 
blable. 

Ailes inférieures transparentes avec un semis d’écailles noir 
fuligineux entre les nervures; trait discocellulaire, bordure mar- 
ginale et nervures assez largement écrits en noir. Dessous sem- 
blable. Franges des quatre ailes larges, gris noirâtre. 

Envergure : 21,5 millimètres. 

Type O0; Bresiliex P"ReMoult, Coll FA PeICErE 


Cette curieuse petite espèce ne se rapproche d’aucune de celles 
que me sont connues ; elle forme un genre à part, très distinct des 
Melittia par l’absence de lobe basal aux ailes inférieures et le 


\ A 2 
rapprochement à ces mêmes ailes des nervures 3 et 4. 


GENRE PSEUDOMELITTIA n. gen. 


d. — Tête de grosseur moyenne; vertex non hérissé; front 
légèrement bombé; palpes grêles, dressés, non hérissés; trompe 
bien développée. Antennes assez longues, peu renflées, n1 pectinées 
ni ciliées. Corps robuste; abdomen cylindro-conique terminé par 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 241 
une brosse bien différenciée, assez longue, étroite et bifide. Pattes 
robustes. Tibias médians pubescents, tibias et tarses postérieurs 
hérissés de longs poils comme chez les Melittia; tarse postérieur 
plus court que le tibia. 

Ailes supérieures à bords subparallèles et sommet arrondi. 
Nervulation : nervure 1 obsolète, non bifurquée à la base, 2 nais- 
sant très près de l’angle inférieur de la cellule duquel part la 
nervure 3 ; 4 plus près de 5 que de 3, 7 et 8 tigées sur un peu moins 
que la moitié de leur longueur, 0 de l’angle supérieur de la cellule, 
10 et 11 largement écartées à la base. 

Ailes inférieures très larges et mumies d’un lobe basal remar- 
quablement développé; cellule dépassant à peine la moitié de la 
longueur de l’aile. Nervulation : 1 a longue et bien distincte; 
2 naissant aux deux tiers de la cellule, 3 et 4 du même point 
a l’angle inférieur de la cellule; discocellulaire supérieure très 
courte et oblique, inférieure très longue et verticale, 5 de leur 
angle, 7 absente. 


Génotype : Pseudomelittia Berlandi n. sp. 


Pseudomelittia Berlandi n. sp. (PL CDLXXVII, fig. 3032). 


d.— Vertex noir bleu, un peu mélangé de blanc jaunâtre et de 
roux; front blanc brillant à centre grisâtre et à partie supérieure 
teintée de Jaune pâle. Palpes blancs extérieurement, semés 
d’écailles noires et à troisième article noir. Trompe brun jaunâtre. 
Plaque jugulaire blanc jaunâtre à pointe extrême fauve. Poils 
péricéphaliques blancs jusque sur la nuque. Antennes noires, 
longées extérieurement de blanc. Veux bruns; ocelles incolores. 

Collier noir bronzé brillant, terminé de chaque côté par une 
touffe d’écailles roux fauve. Thorax noir bronzé mêlé antérieu- 
rement et de chaque côté du métathorax d’écailles et de poils 
roux fauve; ptérygodes concolores tachées à la base de blanc 
jaunâtre et de roux fauve, et bordées d’écailles blanches sur la 
base de la côte des ailes supérieures. En dessous, le mésothorax 


242 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





porte une large tache latéropectorale blanc jJaunâtre et la surface 
postcoxale des poils blancs. 

Abdomen noir bronzé, semé d'’écailles blanches piliformes sur 
les côtés des tergites; ces écailles deviennent de véritables poils 
couvrant les pleuræ et dont la longueur s’acroît de la base à l’ex- 
trèmité du corps ; en avant, elles sont mêlées de jaune sur les deux 
premiers segments. Brosse anale formée d’écailles et de poils 
noirs et blancs, plus courts au centre que sur les côtés. Ventre noir 
avec les troisième, quatrième et cinquième sternites bordés d’une 
ligne d’écailles blanches et le dernier velu roux fauve. 

Hanches antérieures Jaunes — pattes détruites — fémurs 
médians et postérieurs noir bleu, longés sur les crêtes supérieure 
et inférieure et tachés extérieurement au sommet de blanc jau- 
natre. Tibias médians noir bleu annelés de blanc au sommet, 
tachés de rouge fauve au milieu en dessus et de blanc jaunatre 
extérieurement ; tarses noir bleu annelés de blanc au sommet des 
articles. Tibias postérieurs noir bleu portant en dessus deux taches 
rouge fauve au mieu et à l’extrémité, suivies latéralement et en 
dessous d’écailles et de poils blancs et jaunâtre; éperons blanc 
Jaunâtre en avant, noirs en arrière; tarses à premier article couvert 
de longs poils, noirs en dessus, rouge fauve extérieurement, et 
blanc à la base en dessous ; second, troisième et quatrième rouge 
fauve en dessus, blanc jaunâtre en dessous, cinquième noir bleu. 

Ailes supérieures transparentes, à reflet bleu d’acier ; côte, bord 
interne, nervures, trait discocellulaire —— presque carré —— et un 
étroit espace terminal apical noir bronzé; une ligne d’écailles 
noires divise longitudinalement la cellule et des écailles blan- 
chatres éclaircissent la couleur foncière sur l’espace terminal. La 
tache vitrée ultracellulaire arrondie étendue de 2 à 9 et le trait 
discocellulaire sont bordés d’écailles jaune pale, peu serrées. 
Dessous semblable, dépourvu d’écailles blanches et avec très peu 
de jaune. 

Ailes inférieures transparentes, à reflet bleu d’acier ; lobe basal 
proéminent, transparent ; nervures et bordure marginale finement 


écrites en noir. Dessous semblable. Frange des quatre ailes courte, 


LEPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 243 


bronzée, coupée de jaune clair le long du lobe basal des ailes 
inférieures. 

Envergure : 24,5 millimètres. 

Type : 1 O, Afrique orientale allemande, Coll. Fd. Le Cerf. 


J'ai acquis cette espèce sous le nom de Melitfia sp. ?; ses carac- 
tères génériques sont bien différents de ceux des Melittia et elle 
constitue à elle seule un genre très intéressant. La présence aux 
ailes inférieures d’un lobe basal proportionnellement plus déve- 
loppé que chez aucune Melittia est tout à fait remarquable et peut 
expliquer autant que la pilosité des pattes postérieures l’erreur 
qui la faisait attribuer à tort au genre de Hübner. 

Cette Ægerie est dédiée à mon excellent confrère et ami Lucien 
Berland, Préparateur au Museum, sous-lieutenant d’infanterie, 


blessé très grièvement à la tête de sa section à la bataille de 


Verdun. 


GENRE HETEROSPHECIA n. gen. 


Tête large à front plat; antennes sétacées, très finement et 
brièvement ciliées chez le çj'; trompe bien développée; palpes 
velus, non hérissés, longs, dressés verticalement, un peu divergents, 
à troisième article obliquement porrigé, long et aigu. Pas de brosse 
anale différenciée; fémurs médians et postérieurs très plats et 
très larges. Tibias médians et postérieurs et premier articie des 
tarses hérissés d’assez longs poils touffus. 


Nervulation. — Ailes supérieures à cellule allongée, atteignant 
presque les deux tiers de la longueur de l’aile; nervure 7 absente. 

Ailes inférieures à cellule large et très longue, son angle 
inférieur se trouvant à peu près, comme aux supérieures, aux 
deux tiers de l’aile. Nervures discocellulaires presque égales, 
l’inférieure verticale; 1 a rudimentaire, 3 et 4 très courtes et très 
rapprochées à leur origine, la dernière étant fortement courbée, 


244 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








2 naissant un peu avant l’angle inférieur de la cellule, 5 de l’angle 
des discocellulaires, 7 séparée de la côte, 6 absente. 
Génotype : Xeterosphecia myticus n. sp. 


Heterosphecia myticus n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3139). 


 — Vertex non hérissé, noir, mêlé de quelques poils grisatres; 
front gris bronzé, limité de blanc en haut, entre les antennes, en 
bas, et latéralement devant les yeux. Palpes à premier article 
blanc, second noir à la base et extérieurement, blanc sale en 
avant et en dedans, troisième noir avec la base blanche en dessous. 
Poils péricéphaliques noirs; plaque jugulaire blanc sale. Yeux 
gris brun, ocelles jaune orange. Antennes noires en dessus et en 
dessous, Jaune terne extérieurement; trompe brune. 

Collier noir luisant. Thorax noir mêlé en avant de poils 
roussatres peu nombreux. Abdomen noir de part et d’autre avec 
le second tergite et tous les sternites bordés d’une ligne d’écailles 
blanc sale. 

Hanches antérieures noires à sommet blanc; fémurs noirs, 
tibias velus, noirs; tarses concolores avec les deux premiers 
articles velus. 

Hanches médianes et postérieures bordées de blanc; fémurs 
médians noirs; tibias noirs hérissés de poils ras, dressés, annelés 
de blanc sale avant le milieu et à l'extrémité; tarses noirs avec 
les mêmes poils blancs que le tibia à l'extrémité. Fémurs 
postérieurs noirs extérieurement, blanc sale le long de la crête 
supérieure et sur la face interne; tibias noirs et hérissés, annelés 
de blanc sale après la base, vers le milieu et au sommet, et 
couverts du côté interne de longs poils Jaunâtres; éperons nus, 
noirs antérieurement, blanchàtres postérieurement. Tarses noirs, 
a premier article hérissé et mêlé de blanchâtre, second avec une 
courte touffe sur la moitié proximale. 

Ailes supérieures transparentes avec la base, la côte, les nervures 
et une fine ligne marginale noires; le point discocellulaire est 
étendu en une large macule couvrant tout le disque de l’aile et 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 245 





se prolongeant inférieurement presque jusqu’à l’angle dorsal, 
au milieu entre 4 et 6 presque jusqu’à la marge et comblant tout 
l’espace entre la nervure 7 et la côte à l'exception d’un petit 
point hyalin près de l’angle supérieur de la cellule; en outre un 
petit point noir s'inscrit entre les nervures 6 et 7, au-dessus du 
prolongement médian de la macule discale. Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes, teintées de brunâtre dans leur 
partie médiane; nervures écrites en noir, les discocellulaires, 
l'extrémité de la cellule, la côte, ies nervures 2 et 3 étant plus 
fortement marquées ; ligne marginale noire, étroite, un peu 
élargie entre 1 c et 2. Frange des quatre ailes courte, noire. 

Envergure : 24 millimètres. 

Type : 1 O, Assam, Naga-Hills: ex W. Doherty (1889); Coll. 
Ch. Oberthür. 


GENRE MELANOSPHECIA nov. gen. 


Palpes dressés obliquement, assez grêles. Trompe bien déve- 
loppée. Antennes assez longues sans massue différenciée, gra- 
duellement épaissies. Ocelles petits, rapprochés du sommet des 
yeux. Thorax fortement bombé. Abdomen subcylindrique peu 
aigu au sommet, terminé par une brosse anale courte, égale. Pattes 
robustes, tibias et tarses postérieurs couverts de longs poils. 

Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1 courte et non 
divisée à la base; 2 naissant avant l’angle inférieur de la cellule, 
3 rapprochée de 2 à la base et graduellement écartéc; 6 absente, 
9 de l’angle supérieur de la cellule, 10 et 11 très rapprochées à 
leur origine, épaissies et coalescentes au cinquième de leur lon- 
gueur et parallèles dans le reste de leur parcours. 

Ailes inférieures : pas de lobe basal différencié, cellule 
dépassant un peu la moitié de la longueur de l’aile; nervure 1 a 
obsolète, 2 et 3 naissant avant l’angle inférieur de la cellule, 
4 de cet angle, 6 absente, 8 aboutissant au deux tiers de la côte. 

Génotype : Melanosphecia atra n. sp. 


246 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Melanosphecia atra n. sp. (PI CCCLXXVTI; fig. 3140). 


Q. — Vertex et front noir verdâtre; palpes noirs, mêlés de 
quelques écailles rousses au sommet des second et troisième 
articles. Trompe rousse; plaque jugulaire et poils péricéphaliques 
noirs. Antennes noires en dessus, rousses à la base et en dessous. 
Yeux brun foncé, ocelles jaune pâle. 

Collier, thorax et abdomen en dessus noir bronzé; brosse anale 
concolore un peu éclaircie à l’extrémité. Ventre noir, avec le bord 
des sternites marqué de quelques écailles blanchâtres. 

Hanches antérieures noir bronzé ; fémurs, tibias et tarses 
concolores avec quelques écailles blanches à l’extrémité du tibia. 
Articulation coxofémorale des pattes médianes et postérieures 
blanc jaunâtre; fémurs et tibias noirs; éperons blanc jaunâtre; 
tarses noirs en dessus, blancs en dessous. 

Aïles supérieures entièrement opaques, noir bronzé; dessus 
semblable, légèrement teinté de pourpré sur le disque. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et ligne marginale 
noires. Discocellulaires et base des nervures 2 et 3 largement 
écaillées. Franges des quatre ailes noir bronzé. 

Envergure : 24 millimètres. 

Type : 1 Q, Nouvelle-Guinée, Baie de Geelwink, Vaour; 
ex W. Doherty (1802); Coll. Ch. Oberthür. 


Par son facies : taille, corps épais, ailes supérieures opaques, 
tibias et tarses postérieurs hérissés, Melanosphecia atra présente 
une très grande ressemblance avec les espèces du genre Meliftia, 
à tel point que j'aurais été tenté de l’identifier avec Melittia tristes 
Roths. malgré les quelques différences de détails que révèlent 
les descriptions si l'analyse de ses caractères ne m'avait montré 
avec évidence qu’elle n’est nullement apparentée à ce genre et 


qu'il y a lieu d'établir pour elle une coupe générique distincte. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 247 





Melanosphecia Bouvieri n. sp. (PL CDLXXVII, fig. 3034- 
3935). 


Q.— Tête plus large que le thorax; vertex noir mêlé de poils 
fauves; nuque fauve. Front noir à reflet bleu d’acier très étroi- 
tement lituré de blanc d'argent devant les yeux. Palpes dressés 
obliquement, aigus, entièrement fauves. Trompe jaune roussatre. 
Plaque jugulaire petite, noire, bordée de fauve; poils péricépha- 
liques fauves, précédés d’une ligne d’écailles blanc d’argent. 
Antennes longues et épaisses, fauves à pointe noire en dessus. 
Yeux brun foncé; ocelles petits, jaune pâle. 

Collier noir à reflet bleu d’acier, bordé de fauve en avant et 
à chaque extrémité. Thorax noir bleu, touffes latérales du méta- 
thorax, un peu mélangées de poils blancs; surface postcoxale 
concolore, dépourvue de poils blancs. Abdomen noir bleu avec 
une très légère indication de bordure blanche aux second et troi- 
sième tergites. Ventre noir avec tous les sternites bordés de blanc 
d'argent. 

Hanches antérieures et fémurs noirs; tibias noirs frangés de 
poils noirs et fauves vers le sommet ; tarses noirs mêlés de fauve. 
Articulations coxofémorales médianes et postérieures bordées de 
blanc ; fémurs médians et postérieurs noirs, un peu tachés de blanc 
à la base de la crête inférieure; tibias médians noirs portant 
extérieurement vers le milieu et au sommet quelques écailles 
blanches; éperons internes fauves, externes noirs; tarses noirs 
à premier article très finement longé de blanc en dessus et en 
dessous, et à trois derniers fauves en dessous. Tibias postérieurs 
noirs, hérissés de longs poils, portant une longue plaque d’écailles 
blanches à la base du côûté interne et une étroite ligne transversale 
médiane de même couleur sur la face externe; éperons noirs, longés 
postérieurement de blanc; tarses noirs avec les deux premiers 
articles hérissés cômme les tibias. 

Ailes supérieures opaques, noir bleu brillant, passant au 
pourpré sur l’espace terminal. Dessous semblable. Ailes inférieures 
transparentes à l'exception d’une large macule noir, pourpré 


248 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 
brillant, prolongée sur les nervures, étendue de la côte à l’apex 
et descendant Jusqu’entre les nervures 2 et 1 c; nervures et bordure 
marginale concolores. Dessous semblable. Franges des deux paires 


noires. 
Envergure : 26,5 millimètres. 


Type : 1 ©, Bornéo, Lohaban, ex KR. Oberthür (1808), Coll. 
du Museum de Paris. 


En outre du type, la collection du Museum contient un autre 
exemplaire de cette espèce différant par une taille un peu moindre 
— 23,5 milhimètres — et la teinte bleu violacé de toutes les parties 
pourprées, c’est également une femelle, capturée au Sebroang, 
Bornéo, par M. P. Chaper. 

Je dédie cette belle espèce à mon éminent Maître, M. le Pro- 
fesseur E. L. Bouvier, membre de l’Institut, protesseur au 
Museum National d'Histoire Naturelle, sous les ordres de qui 
je m’honore de travailler au Laboratoire d’Entomologie. 


GENRE CALLITHIA n. gen. 


Vertex non hérissé; front très peu saillant; antennes de lon- 
gueur médiocre à base mince et sommet fusiforme, simples chez 
le cf. Palpes non hérissés, ascendants, à troisième article oblique, 
mince et aigu. Trompe bien développée. 

Thorax globuleux; abdomen grêle et assez court, terminé par 
une brosse anale peu différenciée, réduite aux deux pinceaux 
latéraux, courts, étroitement appliqués sur les valves génitales. 

Pattes longues, minces, à tibias lisses, terminés par des poils 
qui forment aux postérieurs une touffe de longueur croissante 
sur le dessus du quart terminal et se continue sur le tarse où 
elle s'atténue rapidement ; éperons postérieurs pubescents. 


Nervulation. — Ailes supérieures : cellule étroite, en ovale 
allongé à l’extrémité. Nervure 1 fine, non bifurquée à la base; 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 249 





2 et 3 naissant avant l’angle inférieur de la cellule, écartées à la 
base, rapprochées au sommet ; 4 de l’angle inférieur de la cellule; 
7, 8 et 9 tigées, partant de l'angle supérieur de la cellule; 1e et 
11 loin de cet angle, écartées à la base et graduellement 
rapprochées. 

Ailes inférieures : cellule étroite, très rapprochée de la côte, 
atteignant le milieu de l’aile; nervure 12 courte, obsolète; 2 et 3 
peu écartées à la base, naissant loin avant l’angle inférieur de la 
cellule, 4 de cet angle, 6 absente; 8 confondue avec la côte; disco- 
cellulaire supérieure courte, très oblique; discocellulaire inférieure 
trois fois plus longue et inclinée de la côte vers le bord anal. Pas 
de lobe basal différencié. 


Génotype : Callithia Oberthüri n. sp. 


Callithia Oberthüri n. sp. (PI CCCLXXV, fig. 3138). 


 — Vertex non hérissé, noir bronzé, mêlé en arrière de quel- 
ques poils blancs. Front bronzé bordé latéralement par une étroite 
liture blanche peu visible, et mêlé en haut, sous la base des 
antennes, de rares écailles blanches. Palpes dressés, couverts de 
poils noirs, mêlés en avant de poils blancs. Trompe bien déve- 
loppée, brune. Plaque jugulaire noir bronzé; poils péricéphaliques 
courts, blancs. Yeux noir brun, ocelles rose rubis. Antennes noires 
avec la pointe en dessus et la massue en dessous brun roux. 

Collier bronzé brillant. Thorax noir luisant, métathorax conco- 
lore avec deux taches jaunes latérales. Abdomen brun chocolat 
avec le bord des segments et les deux derniers presque en entier, 
noir pourpré. Brosse anale réduite à deux petits faisceaux 
d’écailles plates et allongées, accolés sur la Jointure supérieure 
des valves génitales. En dessous, le métathorax est garni posté- 
rieurement de longs poils blanc jaunâtre; les deux premiers 
sternites abdominaux sont noirs, fortement mêlés d’écailles 
Jaunâtres et tous les autres sont jaune vif; les #/euræ sont brun 
chocolat plus clair que sur le dos. 


250 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 

Hanches antérieures noir luisant ainsi que les fémurs et le 
dessus des tibias, le dessous de ceux-ci est brun pourpré; tarses 
brun cannelle. Fémurs et tibias médians noir luisant, les seconds 
traversés obliquement au tiers de leur longueur par une ligne 
d’écailles jaune vif; éperons noirs, tarses brun roux. Fémurs 
postérieurs noir luisant longés en dessous de blanc, portant en 
dessus quelques écailles de cette couleur près de la base et 
extérieurement une tache jaune vif un peu après le milieu. Après 
cette tache commence une touffe dense, graduellement épaissie, 
d’écailles piliformes noires aplaties, à sommet lancéolé, dressées 
obliquement ; cette touffe atteint son maximum de développement 
à l’extrémité du tibia et se continue sur le tarse où elle forme 
une crête épaisse sur les deux premiers articles, puis diminue 
rapidement de longueur jusqu’au dernier qu’elle n’atteint pas; 
elle est mélangée sur le tarse d’écailles blanches disposées en 
ligne longitudinale. 

Ailes supérieures entièrement opaques, noir lustré sur la côte, 
les principales nervures et le milieu de la cellule, brun chocolat 
partout ailleurs. Dessous concolore mais plus clair. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et ligne marginale 
finement écrites en noir brun. Discocellulaire nue; lobe basal 
petit et transparent. Dessous semblable. 

Franges des quatre ailes gris bronzé foncé. 

Envergure : 34 millimètres. 

Type: 1 œ, Nouvelle-Grenade, Etat de Cundinamarca, 
Cananche; ex Marc de Mathan (1° semestre 1900); Coll Ch. 
Oberthür. 


Voisine des Melittia par son faciès et une partie de ses carac- 
tères, cette belle espèce que j'ai dédiée à mon éminent Maïtre et 
Ami M.Charles Oberthür est remarquable par ses antennes simples 
chez le mâle, la longueur et vestiture de ses pattes postérieures, 


l’absence du lobe basal et de la nervure 7 aux ailes inférieures, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 251 





GENRE PHLOGOTHAUMA Btir 


Phlogothauma Oberthüri n. sp. (PI CCCLXXVI, fig. 3141, 
3142). 


Œ. —- Vertex hérissé, noir postérieurement et à pointe jaune 
entre les antennes; front jaune d’or lituré de blanc devant les 
yeux. Palpes jaunes, longés extérieurement de noir sur les second 
et troisième articles; premier article en dessous et second au 
sommet en avant blanc pur. Trompe brunâtre. Plaque jugulaire 
blanche au milieu, jaune latéralement; poils péricéphaliques 
blancs. Antennes noires en dessus, brunes en dessous, à premier 
article jaune. Veux brun noir, ocelles rubis. 

Collier noir, bordé de jaune. Thorax noir, ptérygodes conco- 
lores, traversées par une ligne jaune se prolongeant jusqu'à la 
pointe au bord interne et sur la base des ailes supérieures. Des 
écailles forment une tache sur le milieu du mésothorax qui est 
bordé postérieurement de même couleur. Toufles latérales du 
métathorax blanches. Pas de taches latéropectorales en dessous. 

Abdomen noir bleu avec une grosse tache d’écailles jaunes un 
peu mêlée de blanc sur le milieu du second tergite et une bordure 
mal définie de même couleur aux quatrième, cinquième et sixième 
tergites; brosse anale noir bleu, avec de rares poils jaunes à la 
base. Ventre noir avec le milieu de tous les sternites blanc jaunâtre. 

Hanches antérieures noires, largement bordées de jaune d’or 
en dehors et au sommet; fémurs noirs, frangés de poils; tibias 
noirs, un peu mêlés de jaune et frangés de poils noirs; tarses 
jaune d’or à premier article noir. Articulations coxofémorales 
médianes et postérieures blanches ; fémurs médians et postérieurs 
noirs, longés en dessous de fins poils blancs ; tibias médians noirs 
largement tachés de fauve en dehors; tibias postérieurs noirs, 


hérissés en dessus et au sommet de poils fauves; éperons et tarses 


252 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





des deux paires noirs, coupés de jaune à l’extrémité des articles 
en dessus, gris Jaunâtre en dessous. 

Ailes supérieures transparentes avec un point jaune sur la 
base de la nervure médiane, la côte, les nervures, le bord interne 
et le trait discocellulaire noir bleu; espace terminal étroit, 
parallèle au bord externe, noir pourpré mêlé de jaune vers l’apex. 
Les aires vitrées sont très larges; l’ultracellulaire, quadrifide, a 
des divisions de longueur égale mais l’inférieure est triangulaire 
par suite de la position de la nervure 3 sur laquelle s'appuie son 
bord inférieur. Dessous semblable à côte jaune et semé d’écailles 
de mème couleur sur le trait discocellulaire et lapex. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures, une étroite 
ligne marginale — légèrement festonnée — et un étroit trait 
discocellulaire noirs. Dessous semblable. Franges des deux paires 
noir bronzé. 

Q.— Vertex et front jaune d’or étroitement lituré de blanc 
devant les yeux ; palpes hérissés de longs poils noirs sur le 
premier article, jaunes sur le second, troisième nu, aigu, jaune. 
Trompe brune; plaque jugulaire noire bordée latéralement de 
fauve. Poils péricéphaliques blancs. Antennes jaune d’or à 
sommet brun en dessus, jaune en dessous à la base, brunes du 
milieu au sommet. Yeux noirs, ocelles jaune foncé. 

Collier jaune d’or; mésothorax noir dans sa moitié antérieure, 
jaune d’or avec quelques poils noirs de chaque côté du milieu 
dans sa moitié postérieure; ptérygodes jaune d’or avec la base et 
le sommet noirs; métathorax noir; surface postcoxale blanche; 
pas de taches latéropectorales. Abdomen noir avec le sixième 
tergite jaune d’or bordé de noir, le septième et la brosse anale 
jaune d’or passant graduellement au fauve; les pinceaux latéraux 
de la brosse anale portent quelques poils noirs. Ventre noir, à 
dernier sternite jaune d’or. 

Hanches et fémurs antérieurs noirs; tibias noirs à la base, au 
sommet et en dessous, jaune fauve en dessus; tarses Jaune d’or. 
Articulations coxofémorales médianes et postérieures blanches; 


fémurs médians et postérieurs noirs; tibias médians jaune fauve; 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 253 


tarses noirs en dessus, coupés de jaune, à l’extrémité des articles, 
jaunes en dessous; tibias postérieurs noirs à la base et dans leur 
tiers terminal en dessous, jaune fauve dans le reste; éperons jaune 
pale; tarses noirs en dessus, coupés de jaune à l’extrémité des 
articles, jaunes en dessous. 

Ailes supérieures opaques, fauve doré à reflet pourpré avec 
la base, la côte, un léger semis marginal et les nervures du disque 
— légèrement indiquées — noir pourpré; un point jaune marque 
la base de la nervure médiane et une petite tache vitrée ultra- 
cellulaire, triangulaire, se trouve entre les nervures 3 et 4. Dessous 
fauve, à l’exception de l'extrémité de la côte et d’une étroite 
bordure marginale noir pourpré. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures secondaires, 
la bordure marginale et la base noir pourpré; trait discocellulaire, 
nervure médiane et bord anal jaune fauve. Dessous semblable. 
Franges des quatre ailes bronzé pourpré sauf à la base des infé- 
rieures où elle est jaune d’or. 

Envergure : Gf: 25-25,5; ©: 28-29 millimètres. 

Types : 5 O,6 ©, Kuranda, Queensland (Australie), ex Dodd; 
Collections Ch. Oberthür et F. Le Cerf. 


GENRE ADIXOA Hpsn. 


Adixoa soror n. sp. (PI. CCCLXXVI, fig. 3143). 


cd. — Vertex noir bleu à nuque jaune pale; front bronzé lituré 
de blanc devant les yeux; palpes noirs, blancs extérieurement 
sur le second article et jaune pâle en dessous. Trompe brune; 
plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs. Antennes noires 
à la base (le reste manque). Veux noir brun, ocelles jaune foncé. 

Collier noir pourpré; thorax également à ptérygodes conco- 
Icres, marquées d’une petite touffe d'écailles fauve orange sur 
la base des ailes antérieures. Métathorax bordé de fauve orange. 


17 


254 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


En dessous, le thorax porte en avant une tache latéropectorale 
fauve orange. 

Abdomen noir, avec les pleuræ du premier segment blanches 
et les quatrième et sixième tergites bordés de fauve orange; brosse 
anale courte, noire avec deux petits pinceaux latéraux blancs. 
Ventre noir, à quatrième segment bordé de jaune orange latéra- 
lement et de blanc au milieu. 

Hanches antérieures noires (pattes détruites). Articulations 
coxofémorales médianes et postérieures blanches; fémurs et 
tibias médians et postérieurs noirs; tarses noirs, coupés de blanc 
au sommet des articles en dessus. 

Aüïles supérieures noir pourpré avec trois taches vitrées à reflet 
bleu pâle : infracellulaire courte et étroite; intracellulaire oblique 
et teintée de jaunâtre; ultracellulaire ovale, quadrifide, à divisions 
subégales. Dessous semblable à côte plus claire. | 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures, la bordure 
marginale et un large trait discocellulaire noir pourpré. Dessous 
semblable. Franges des quatre ailes noires. 


Envergure : 24 millimètres. 
Type : 1 C, Sikkim, Kurseong; ex R. P. Bretaudeau (1804); 
Coll. Ch. Oberthür. 


Le genre Adixoa créé par Hampson ne contenait jusqu'ici que 
trois espèces, une de l’Inde : Adzxoa alterna \WNIÏkr. génotype, une 
du Tenasserim : Adixoa auricollum Hmps. et la troisième, plus 
récente, des îles Philippines : Adixoa tomentosa Schultze. À dixoa 
soror apparaît donc comme la forme la plus septentrionale de ce 
petit genre bien caractérisé et l’une des moins variées en couleurs. 
C’est avec Adzxoa auricollum Hmps. qu’elle a le plus d’affinités 
mais elle s’en distingue aisément par l’absence de fauve au collier, 
au cinquième tergite et à tous les sternites sauf le quatrième, la 
présence de fauve au métathorax, de blanc aux articulations coxo- 
fémorales et à la base du ventre, etc. Sa brosse anale, extrêmement 
petite et courte, est aussi bien différente de celles d’Ad1x0a alterna 
Wilkr. et Adixoa tomentosa Schultze telles qu’elles ont été repré- 


LÉPIDOPTÉEROLOGIE COMPARÉE 255 


sentées sur les figures de ces deux espèces publiées par Hampson 
in Fauna of British India, Moths I (1802), p. 198, fig. 125 et par 
Schultze un Philippines Journal of, Sciences (LIL), p: 28; Plux, 
fig. 2 a-d (1908). 


GENRE PARANTHRENE Hübn. 


(= Memythrus Newm.; — Sciapteron Stgr.; — Pramila Moore). 


Paranthrene Charlesi n. sp. (PI. CCCLXXVI, fig. 3144). 


œ. — Vertex noir bleu; front jaune pâle portant au milieu 
une tache ronde gris bronzé. Palpes noirs extérieurement, blancs 
en dessous et en dedans. Trompe petite, brune. Poils péricépha- 
liques Jaunes. Plaque jugulaire noir bronzé mêlée et bordée de 
blanc jaunâtre. Antennes à base jJaunâtre (le reste est détruit). 
Yeux bruns, ocelles rouge foncé. 

Collier noir bronzé taché latéralement de jaune. Thorax noir 
bronzé à reflet bleu. Abdomen noir bleu portant une étroite 
bordure jaune foncé aux segments 1 et 4. Brosse anale longue, 
concolore avec deux lignes de poils jaunes peu nombreux au bord 
interne des deux pinceaux latéraux. Ventre noir bronzé avec les 
sternites bordés de jaune foncé. 

Hanches antérieures noir bleu largement tachées de blanc dans 
toute leur partie médiane; fémurs et tibias noir bleu ainsi que 
le premier article du tarse dont les quatre derniers sont blancs. 
Pattes médianes et postérieures entièrement noir bleu. 

Ailes supérieures noir un peu pourpré sur l’espace terminal et 
d’un beau bleu d’acier brillant dans la cellule; elles portent deux 
taches hyalines : une infracellulaire assez courte et large, et une 
ultracellulaire en rectangle oblique, divisée en quatre aréoles 
subégales par les nervures 4, 5 et 6. Dessous noir pourpré. 

Ailes inférieures transparentes avec une large bordure terminale 
noir pourpré, prolongée en pointe sur la nervure 2 et finissant vers 


256 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


l’angle anal. Point discocellulaire noir pourpré, très large et étalé 
en une macule irrégulière, prolongée dans la partie supérieure 
terminale de la cellule. Frange concolore aux quatre ailes. 
Envergure : 30 millimètres. 
Type : 1 ©, Papouasie, côte entre Baie Geelwink et Bae 


Humboldt ; ex W. Doherty (4° trimestre 1806) ; Coll. Ch. Oberthür. 


Cette très belle espèce constitue à elle seule une coupe à part 
dans le genre Paranthrene Hbn., aucune autre, à ma connais- 
sance, n'ayant à la fois la cellule des ailes supérieures complè- 
tement écaillée et les taches vitrées infra et ultracellulaires bien 
développées ; à ce propos, je dois signaler que sur la figure 3144 
seule la figure gauche reproduit exactement la forme de la tache 
vitrée ultracellulaire, sur la figure droite, cette tache est repré- 
sentée avec cinq aréoles au lieu de quatre; il y a donc lieu de 
supprimer l’aréole supérieure de ladite figure en ramenant la 
couleur de la côte jusqu’à la nervure 7. 

Paranthrene Charlesi n. sp. est dédié au capitaine d’artillerie 
Charles Oberthür, fils aîné de M. Charles Oberthür. 


Paranthrene limpida n. sp. (PI CCCLXXVI; fig. 3145). 


œ. — Vertex noir; front blanc à centre bronzé clair. Palpes 
noirs ; trompe brun roux; plaque jugulaire blanche; poils péricé- 
phaliques blancs. Antennes longues et minces, très finement 
ciliées, noires en dessus, brun foncé en dessous. Veux brun noir, 
ocelles jaune d’ambre. 

Collier et thorax noir bronzé à reflet bleu. Abdomen de même 
couleur avec quelques écailles jaune foncé au bord du second 
segment ; brosse anale longue, très étroite, concolore. Ventre noir 
bronzé avec le premier sternite en entier et le milieu du bord des 
suivants, sauf le dernier, blanc pur. 

Hanches antérieures noir bleu; fémur, tibia et premier article 
du tarse noirs, les quatre dermiers articles blancs. Pattes médianes 
absentes. Articulation coxofémorale des pattes postérieures noire 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 257 





étroitement bordée de blanc au bord interne; fémurs noirs ainsi 
que les tibias dont la face externe porte une tache blanche vers 
le mieu; tarses noirs. 

Ailes supérieures transparentes largement teintées de jaune 
d’ambre avec la base, la côte et le bord interne noir à reflet bleu; 
point discocellulaire en trait étroit et oblique, Jaune semé 
d’écailles noires à la partie supérieure du bord interne. Espace 
terminal très réduit presque rectiligne, écaillé peu densément de 
brun noirâtre. Dessous semblable à côte jaunatre. 

Ailes inférieures transparentes, un peu teintées de jaune, avec 
les nervures et le point dicocellulaire -- linéaire — plus foncés 
et une fine ligne marginale noire. Dessous semblable. Frange des 
quatre ailes bronzée. 


Envergure : 20 millimètres. 


Pype : 1 O, Java, Res. Sækabæœmi, ex J.-B. Ledru (1895); 
Coll. Ch. Oberthür. 


Paranthrene limpida n. sp. est apparenté au groupe indien des 
P. (= Sciapteron Stgr.) grotei Moore, P. (— Sciapteron Stgr.) 
cæruleëmicans Hmpsn. et particulièrement à ?. {= Pramila Moore 
— Sciapteron Stgr.) atkinsoni Moore chez qui les ailes supérieures 
ont une écaillure excessivement réduite et portent un trait disco- 
cellulaire rectangulaire de couleur claire et limité par des écailles 
foncées. 

Mais si le dessin est analogue chez P. limpida la coloration 
est différente, l’aspect est plus élancé et moins arrondi. 


Paranthrene zoneiventris n. sp. {PI CCCLXXVI, fig. 3146). 


cd. — Vertex noir bronzé; front gris ardoisé lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes jaunes, avec une ligne longitudinale 
externe noire sur le second et le dessus du troisième articles. 
Trompe rousse; plaque jugulaire et poils péricéphaliques jaunes. 
Antennes noir bleu, très brièvement ciliées, portant une petite 


258 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


— 





tache blanche sur le côté externe de l’article basilaire. Veux brun 
noir, ocelles jaune topaze. 

Collier noir pourpré terminé de chaque côté par des écailles 
jaunes. Thorax noir bleu, ptérygodes concolores dans leur moitié 
longitudinale interne, jaunes extérieurement. Touffes latérales 
du métathorax mêlées de jaune. Le dessous du thorax est mélangé 
en avant d’écailles jaunes ne formant pas de taches latéro- 
pectorales définies. 

Abdomen noir bleu à reflet pourpré avec un semis assez dense 
d’écailles jaunes sur le second tergite, et les quatrième, cinquième 
ct sixième entierement jaunes à l’exception d’une étroite bande 
noire proximale; brosse anale noir bleu largement bordée latéra- 
lement de jaune. Ventre noir avec les cinq premiers sternites 
bordés de jaune sur la moitié de leur largeur. 

Hanches antérieures jaunes; fémurs jaunes à l’exception de la 
base, du sommet et du dessous qui est frangé de poils noirs; 
tibias noir bleu, un peu jaunâtres en dessous; tarses Jaunes. 
Articulations coxofémorales médianes et postérieures Jaunes; 
fémurs médians et postérieurs noirs, à moitié terminale jaune et 
à sommet noir; tibias médians noirs avec une touffe de poils 
jaunes au milieu, en dessus et à l’extrémité; éperons Jaunes; 
tarses Jaunes mêlés de noir bronzé en dessus; tibias postérieurs 
noir bleu, largement écaillés de jaune au milieu, en dessus et au 
sommet ; éperons Jaunes; tarses Jaunes mêlés de noir bronzé. 

Aüïles supérieures transparentes, teintées de jaune d’ambre de 
la base au delà du milieu de la cellule, avec la côte, les nervures, 
le bord interne, le disque en entier et une courte pointe dans la 
cellule noir bleu; un vif reflet bleu d’acier s’étend de la hase 
sur toutes les parties transparentes de l’aile et se prolonge en 
traits inégaux entre les nervures 6 à 9. Dessous semblable, à côte 
jaune et semé sur le disque de quelques écailles jaunes. 

Ailes inférieures transparentes à reflet bleu d’acier pâle, avec 
les nervures, le trait discocellulaire, et une très fine bordure 
marginale noire. Dessous semblable à côte très légèrement Jaune. 
Franges des quatre arles noir bronzé. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 259 





Envergure : 29-31 millimètres. 
Types : 2 G', Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m.]l; 
ex Doherty (1800); Cell. Ch. Oberthür. 


Je ne connais en nature aucune des espèces asiatiques du 
groupe auquel appartient Paranthrene soneiventris n. sp.; celui-ci 
paraît établir une transition entre les formes à ailes supérieures 
opaques : ?. {abaniformis Rott., P. pernix Leech, P. bicincta 
Moore et celles à ailes supérieures transparentes : P. afkinsont 
Moore, P. limpida Le Cerf, etc. etc. 

D'après les descriptions, c’est aux environs de P. grote: Moore 
et P. cœruleimicans Hmpsn. que P. soneiventris n. sp. doit se 
placer, mais indépendamment des détails de coloration 1l se 
distingue à priori des deux par le développement de la surface 


écaillée des ailes supérieures. 


Paranthrene Davidi n. sp. (PI CDLXXVII, fig. 20). 


d. — Vertex non hérissé, noir bronzé; front bronzé lituré de 
blanc devant les yeux. Palpes noirs en dessus et latéralement, 
jaunes en avant. Trompe noirâtre. Plaque jugulaire noire mêléc 
d’écailles blanches à la base; poils péricéphaliques blancs, passant 
au jaune sur la nuque. Antennes noires finement dentées et cihiées. 
Yeux brun noir; ocelles grenat clair. 

Collier noir bleu. Thorax noir bronzé portant en dessous une 
tache latéropectorale jaune en avant; ptérygodes concolores; 
touffes latérales du métathorax noires, pourvues de quelques 
écailles jaunes à la base. Abdomen noir bronzé avec les second 
et quatrième tergites étroitement bordés de jaune; brosse anale 
noire légèrement frangée de blanc au sommet des poils des pin- 
ceaux latéraux. Ventre noir avec le quatrième sternite bordé de 
jaune; extrémité et bord inférieur des valves génitales longés 
de blanc. 

Hanches antérieures, fémurs et tibias noir bronzé; tarses noirs, 
tachés en dessous de blanc à l’extrémité des articles. Articulations 


260 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





coxofémorales médianes et postérieures marquées de jaune au 
sommet, fémurs médians et postérieurs noirs; tibias ‘des deux 
paires noirs, portant sur la crête inférieure une tache médiane 
blanche qui se prolonge en pointe transversale oblique de chaque 
côté. Eperons noirs, un peu écaillés de blanc en arrière. Tarses 
noirs annelés de blanc à l’extrémité des deux premiers articles. 

Ailes supérieures opaques, brun noirätre un peu pourpré, avec 
deux aires vitrées, nettes à la base et se perdant graduellement 
dans le fond au sommet : une infracellulaire atteignant le trait 
discocellulaire et une intracellulaire dont la partie supérieure, 
limitée par un trait récurrent noir, se prolonge jusqu’à l'angle 
supérieur de la cellule. Un reflet bleu d’acier pâle couvre le disque 
et les aires transparentes. Dessous semblable. 

Ailes inféricures transparentes avec le trait discocellulaire, les 
nervures et une assez forte ligne marginale noir bronzé pourpré. 
Dessous semblable. Franges des quatre ailes bronzées. 


Envergure : 26,5-20 millimètres. 


Types : 2 O', Principauté thibétaine de Mou-Pin, ex P. Armand 
David (1871), Coll. du Museum de Paris. 


Paranthrene Davidi appartient à la première section du genre 
Paranthrene Hbn. {= Memythrus Newm. — Sciapteron Stor.) 
établie par Hampson pour les espèces dont les mâles ont les 
antennes bipectinées cilhiées ; par la taille et la coloration, il paraît 
intermédiaire entre les espèces du groupe /abaniformis KRott. 
d'Europe et les espèces asiatiques telles que ?. Zonaventris 
Le Cerf de Haute-Birmanie. 

C’est de Paranthrene bicincta W]Ikr. du nord de la Chine et de 
Paranthrene pernix Leech du Japon que ?. Davidi est le plus 
voisin; d’après les descriptions, il se distinguerait du premier 
par le front bronzé lituré de blanc, les hanches antérieures entiè- 
rement noires et probablement aussi par les tibias tachés de blanc 
et les tarses annelés de blanc aux deux premiers articles, mais 
la description de Walker ne permet pas d’acquérir de certitude 
sur ces deux points. Avec ?. pernix Leech, il a en commun la 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE ZÔI 





coloration générale et notamment les hanches antérieures mono- 
chromes, les pattes faiblement tachées de clair et la brosse anale 
composée de poils à sommet blanc; 1l s’en écarte par le coller 
noir et la présence de deux anneaux jaunes seulement au bord 
des tergites abdominaux. 

Par une erreur singulière, Leech a décrit pernix comme un 
Bembecia et tout récemment Max Bartel, sous prétexte de rectifier 
L.eech, a fait de ce Paranthrene bien caractérisé une Chameæs- 
phectia ! 

J'ai dédié Paranthrene Davidi à la mémoire de l'iliustre 
missionnaire, explorateur et naturaliste dont les chasses dans la 
Mongolie, le Se-Tchouen et le Thibet ont fourni une quantité 
prodigieuse de documents de toutes sortes et enrichi la science 
d’un nombre considérable d'espèces nouvelles. Emile Blanchard, 
G. À. Poujade et surtout M. Ch. Oberthür, dont le P. A. David 
fut l’ami jusqu’à sa mort, ont fait connaître un grand nombre des 
espèces nouvelles de Lépidoptères figurant dans les récoltes du 


grand voyageur. 


Paranthrene tristis n. sp. (PL CDILXXVII, fig. 3937). 


©. — Vertex non hérissé, noir; front noir bronzé hturé de 
blanc pur devant les yeux. Palpes grêles, non hérissés, à premier 
article noir, second et troisième jaune pâle, longés extérieurement 
par une ligne d’écailles noires, et blancs sur la face interne; 
trompe brun foncé; plaque jugulaire jaune pâle; poils péricé- 
phaliques blancs; antennes noires; yeux brun noirâtre, ocelles 
Jaune topaze. 

Collier noir pourpré. Thorax et abdomen noir bronzé. Le thorax 
porte en dessous une haute tache latéropectorale antérieure Jaune; 
les touffes latérales du métathorax, concolores, sont mêlées de 
quelques longs poils blancs. 

Hanches antérieures et médianes noir bronzé; hanches posté- 
rieures légèrement écaillées de blanc au sommet du bord interne. 
Pattes des trois paires noir bronzé avec les éperons blancs et le 


262 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





sommet des deux premiers articles des tarses tachés de blanc 
en dessus. 

Ailes supérieures entièrement opaques, un peu glacées de bleu 
nacré dans la cellule et sur le disque, avec un semis peu dense et 
peu apparent d’écailles brun roux entre la base du bord interne 
et la cellule et le long de la nervure radiale dans la cellule. 
Dessous un peu plus pale avec une fine ligne blanche le long 
de la côte. 

Ailes inférieures transparentes à base noire; nervures et trait 
discocellulaire noir bronzé, bordure marginale de même couleur, 
un peu élargie entre les nervures 1 c à 5. Dessous semblable avec 
une petite tache blanche sur la côte, près de la base. Franges des 
deux paires noir hronzé. 

Envergure : 27,5 millimètres. 

Type: 1 Q, Hué, Annam, ex Vitalis (1907), Coll. Charles 
Oberthür. 


Paranthrene Henrici n. sp. (PI CCCLXXVI, fig. 3147). 


Q.—- Vertex noir postérieurement, jaune d’or en avant entre 
les antennes; front Jaune lituré de blanc devant les yeux. Palpes 
jaune d’or, avec une ligne longitudinale externe noire; trompe 
rousse; plaque jugulaire Jaune d’or; poils péricéphaliques blancs. 
Antennes noires, rousses extérieurement et à tiers basal Jaune 
en dessous ; quelques écailles Jaunes forment, en dessus, une petite 
tache mal définie avant le sommet. Yeux noirs; ocelles Jaune pâle. 

Collier et thorax noir pourpré; ptérygodes en entier Jaune d’or; 
touffes latérales du métathorax mêlées de poils blancs; pas de 
taches latéropectorales en dessous du thorax. Abdomen noir bleu 
à reflet pourpré avec les deux derniers tergites en entier rouge 
fauve à l'exception d’une étroite bordure noir bleu; brosse anale 
rouge fauve. Ventre avec le milieu des quatre premiers sternites 
jaunes et les trois derniers d’un rouge fauve plus pâle qu’en 
dessus. 

Hanches antérieures Jaune d’or étroitement bordées de noir 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 203 





le long du bord interne; fémurs noirs frangés de iongs poils; 
tibias noirs ; tarses à premier article noir, les quatre derniers blanc 
pur. Articulations coxofémorales médianes et postérieures jaune 
d'or; fémurs médians et postérieurs noir bleu; tibias médians 
noirs, avec une large tache externe jaune d’or entre la base et 
le milieu, sommet jaune avec quelques écailles blanches en 
dessous; tarses noirs en dessus, jaunes en dessous, coupés de 
blanc et de jaune à l’extrémité des premier et second articles; 
éperons noirs. Tibias postérieurs noir bleu, un peu tachés de jaune 
en dessus avant le milieu et au sommet; éperons internes noirs, 
éperons externes jaune pâle; tarses noirs en dessus avec un point 
blanc sur l’extrémité du premier article, jaunes en dessous. 

Ailes supérieures opaques, métalliques, noir bleu sur la côte, 
bleu d’acier foncé sur la base de la cellule, le bord interne, la 
discocellulaire et la marge externe, violet pourpré dans l’extré- 
mité de la cellule et sur le disque. Dessous semblable, plus terne 
et moins pourpré. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures, une fine 
bordure marginale et un large trait discocellulaire noir pourpré. 
Dessous semblable. Franges des quatre ailes noir pourpré. 


Envergure : 37 millimètres. 


Type : 1 Q, Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m.]; 
ex Doherty (1800); Coll. Ch. Oberthür. 


Paranthrene Henrici n. sp. fait partie d’un groupe largement 
représenté dans les dépendances orientales de l’Inde britannique, 
mais dont la plupart des espèces ne sont connues que par un seul 
sexe ; 1l est possible que le nombre des unités actuellement cata- 
loguées soit réduit plus tard par des appariements judicieux. 

La place de Paranthrene Henrici n. sp. paraît être auprès de 
P. noblei Swinh. et de P. sikkima Moore; il diffère du premier, 
dont les deux sexes sont connus, par les antennes et le collier 
noirs, les ptérygodes entièrement jaunes, les deux derniers tergites 
et la brosse anale rouge orange, le ventre jaune orange, les tarses 
antérieurs à quatre derniers articles blanc pur. P. s2#kima Moore, 


264 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





connu seulement par le mâle, possède aussi ce dermer caractère 
mais s’écarte de P. Henrici par le thorax qui ne porte qu’un trait 
jaune de chaque côté (sans doute au bord interne des ptérygodes), 
les tarses médians et postérieurs pointillés de blanc et les carac- 
téres du corps qui sont ceux de ?. noblei Swhn.; les descriptions 


ne parlent pas de la coloration du ventre. 


Je dédie cette superbe espèce, en témoignage d’estime et de 
cordiale sympathie, à l’aspirant d'infanterie Henri Oberthür, 
petit-fils de M. Charles Oberthür, engagé volontaire, gravement 
blessé devant Vaux, à la bataille de Verdun, et actuellement 
prisonnier en Allemagne dans un camp de représailles. 


Paranthrene celebica n. sp. (PI CCCILXXVI, fig. 3148). 


Q.— Vertex noir bleu; front gris bronzé, bordé latéralement 
de blanc. Palpes noirs, trompe brun roux, plaque jugulaire noire. 
Poils péricéphaliques blancs; antennes (brisées) noires à la base. 
Veux brun noir, ocelles rose rubis. 

Collier et thorax noir bleu; abdomen noir bleu, semé posté- 
rieurement de rares écailles rouge orangé; brosse anale entièrement 
rouge orangé. Ventre noir bleu avec deux petites touffes d’écailles 
blanc pur sur les pleuræ des quatrième et cinquième segments et 
le dernier sternite rouge fauve. Pattes entièrement noires à 
l’exception des tarses de la première paire qui sont blanc pur. 

Ailes supérieures opaques, noir bleu métallique en dessus, un 
peu pourprées en dessous. 

Aïles inférieures transparentes portant une large macule disco- 
cellulaire prolongée sur la nervure 2 et couvrant la cellule en 
entier; bordure marginale et toute la base, sur une large surface, 
noir bleu. Dessous semblable. Frange des quatre ailes noir 
pourpré. 

Envergure : 42 millimètres. 

Type : 1 ©, Nord-Célèbes, Toli-Toli (novembre-décembre 
1895); ex HFruhstorfer; Coll Ch"Oberthür 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 265 





Paranthrene javana n. sp. (PI CCCLXXVI, fig. 3140). 


Voisin de l’espèce précédente dont il a l’aspect et la coloration 
générale mais dont il se distingue aisément par les différences 
suivantes : 

Surfaces bleues des ailes inférieures réduites et ne couvrant 
que la cellule et le point discocellulaire; bordure marginale et 
nervures moins larges. Les deux dermiers tergites de l’abdomen 
saupoudrés densément d’écailles rouge vermillon. Hanches des 
pattes postérieures blanches. I] n’y a pas de petites taches latérales 
blanches sur les pleuræ des quatrième et cinquième segments de 
l’abdomen, mais 1l y en a une au milieu du bord du premier 
sternite. Les tibias médians et postérieurs sont marqués de blanc 
à l’extrémité et l’éperon externe de la deuxième paire aux pattes 
postérieures est également blanc. 

Envergure : 38,5 millimètres. 

lyper NO Ava  Buitenzors ; ex ].-B. Éédru (1805); Coll: 
Ch. Oberthür. 


Paranthrene andamana n. sp. (PI CCCLXX VII, fig. 3150). 


Q.— Vertex noir bleu; front blanc, teinté légèrement de gris 
à sa partie supérieure. Palpes noirs, mêlés en avant de quelques 
écailles jaunes sur le second article. Trompe rousse; plaque 
jugulaire blanche à la partie supérieure, noire inférieureinent. 
Poils péricéphaliques blancs. Antennes noires. Veux noirs, ocelles 
orange. 

Collier noir bronzé; thorax noir bleu portant latéralement une 
petite tache blanche au niveau de l’extrémité du collier. Abdomen 
noir bleu muni d’une petite touffe de poils blancs de chaque côté 
du premier segment; brosse anale noire à pinceau médian petit 
et d’un jaune orangé. Ventre noir bleu, parcouru par une ligne 
médiane blanche continue du premier au quatrième sternite. 

Hanches antérieures noires, écaillées obliquement de blanc à 
la base; fémurs et tihias noirs; tarses noirs à l'exception des 


266 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








trois dermiers articles qui sont Jaune pâle. Pattes médianes et 
postérieures avec les hanches blanches et quelques écailles de 
même couleur au milieu et à l’extrémité des tibias. 

Ailes supérieures opaques, noires à reflet bleu vert métallique. 
Ailes inférieures transparentes avec la base, les nervures, une fine 
bordure marginale et la cellule bleu vert métallique. Dessous un 
peu plus pâle Frange des quatre ailes noir pourpré. 

Envergure : 40,5 millimètres. 


Type : 1 Q, Andamans, Port-Blair; Coll. Ch. Oberthür. 


Paranthrene Meeki Druce (PI CCCLXXVITI, fig. 3151-3152, 
99) 


Sctapteron Meekr H. Druce, Annals and Magazin of Natural History 
(VIII), I, p. 207 (1898). 

J'ai en mains quatre exemplaires de cette belle espèce qui n’a 
pas encore été figurée; ils proviennent des chasses de À. S Meek 
et, comme le type de Druce, ont été capturés à Kiriwimi, Trobriand 
Island, en mars, avril et mai 1805. Ce sont des femelles et elles 
varient un peu pour la couleur qui tout en conservant son éclat 
métallique passe du vert au bleu foncé pourpré, et pour l’étendue 
de la surface écaillée des ailes inférieures. La forme moyenne est 
représentée par les individus chez lesquels une large macule 
centrale descend de la côte jusqu’à la nervure 1 c, qu’elle couvre 
sur plus de la moitié de sa largeur, tandis que la bordure mar- 
ginale, assez large, se dilate un peu entre 1 c et 2. Sur la Planche 
CCCLXXVIT figurent les deux termes extrêmes que j'ai pu 
observer : sous le n° 3151 est une femelle dans laquelle la macule 
centrale touche à peine la nervure 1 c, tandis que chez une autre 
que représente la figure 3152 cette même macule est dilatée et se 
prolonge jusqu’à la bordure marginale (1). 

Envergure : 31,5-35 millimètres. 

4 Q ©, Kiriwini, Trobriand Isl. IIT-IV-V, 1805, ex A. S. Meek, 
Coll. Ch. Oberthür. 


(r) Cette disposition, par suite d'un défaut de coloriage, n'est pas exactement 


rendue sur la planche en question. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 207 
Paranthrene Oberthüri n. sp. (PI CCCLXX VIT, fig. 3153). 
Q.— Vertex noir; front noir bronzé irisé de bleu et largement 


bordé latéralement de blanc pur. Palpes noirs; trompe rousse. 
Plaque jugulaire noire à base blanche. Poils péricéphaliques 
blancs. Antennes noires. Veux brun noir, ocelles jaune pâle. 

Collier, thorax, abdomen et pattes en entier noir bleu. 

Ailes supérieures à côte noir pourpré et un étroit espace terminal 
brun pourpré foncé; tout le reste de l’aile couvert d’écailles 
cuivré métallique très brillant. Dessous brun pourpré avec 
l’espace terminal cuivré métallique brillant. 

Ailes inférieures couvertes de la même teinte métallique à 
l’exception de deux taches transparentes de largeur égale, l’une 
étendue le long du bord interne de la nervure cubitale à l’extrémité 
de 1h, l’autre courbe, parallèle au bord externe, de la nervure 1° 
à la nervüre 5. Dessous semblable. Frange des quatre ailes brun 
pourpré. 

Envergure : 37 millimètres. 

Type : 1 ©, Moluques, Batjan; ex W. Doherty (août 1897); 
Coll. Ch. Oberthür. 

Cette magmifique espèce est dédiée à mon cher et respecté 
Maïtre et Ami M. Ch. Oberthür. Elle n’est voisine d'aucune des 
espèces du genre Paranthrene qui me sont connues en nature ou 
par leurs descriptions; ses ailes supérieures opaques et d’un si 
vif éclat métallique ainsi que la large écaillure de ses ailes infé- 
rieures, coupant le disque et rejoignant la ligne marginale, lui 
donnent un certain rapport avec les espèces précédentes appar- 
tenant à la même région géographique, et un peu aussi avec 
l’espèce africaine suivante qui a comme elle le corps et les appen- 
dices uniformément noirs et une vestiture alaire répartie de la 
même façon. 

Enfin, j’ajouterai que cette espèce paraît ressembler beaucoup, 
sous le double rapport de la couleur et du dessin, à PAloge- 
thauma scintillans Btilr., de Nouvelle-Bretagne, chez qui les ailes 
supérieures sont « .… golden cupreous with fiery pink reflections, 


268 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





the secondaries (ailes inférieures) with the basal half from 
costa to submedian vein golden cupreous with fiery reflections, 
abdominal and external areas hyaline... »; en dehors de ces 
caractères communs, dont le plus remarquable est la présence aux 
ailes inférieures de deux aires hyalines, PAlogothauma scintiiluns 
Btir. s’écarte de Paranthrene Oberthiüri par l'existence aux ailes 
supérieures d’une tache hyaline marginale étendue du bord interne 
au-dessus de la nervure radiale supérieure, le front et le collier 
blanc perle, les palpes, hanches et surface inférieure des fémurs 
« brassy yellow », etc. 


se 

Les six Paranthrene qui précèdent appartiennent à trois groupes 
distincts, étroitement apparentés et qui conservent dans les détails 
de la coloration et du dessin des traces évidentes de leur origine 
commune; les modifications de l'une et de l’autre écartent et 
rapprochent tour à tour ces espèces, marquant les étapes de leur 
segrégation. L’analyse permet de reconstituer celle-ci et montre 
qu’elle ne s’est pas poursuivie pour tous les caractères en même 
temps et dans le même sens ; certains d’entre eux ont persisté sans 
altération, tandis que d’autres sont en voie de régression ou même 
ont disparu complètement. 

Tous ont pour caractère principal commun d’avoir les ailes 
supérieures entièrement opaques, de couleur métallique et la 
première coupe s'établit sur les ailes postérieures : transparentes 
chez P. Henrici Le Cerf, elles sont partiellement écaillées dans 
les autres espèces; le trait discocellulaire s’épaissit et devient 
diffus chez ?. celebica, en même temps que des écailles noires 
s'étendent largement sur le pourtour de la cellule dont le centre 
seul demeure vitré; chez P. javana et P. andamana les écailles 
couvrent la cellule; elles descendent jusqu’à la nervure 1 « chez 
P. Meeki Druce le long de laquelle elles se prolongent même 
jusqu’à la marge interne dans la forme individuelle que j'ai 
figurée sous le n° 3152, PI. CCCLXXVII, ébauchant une connec- 
tion qui trouve son plus grand développement chez ?. Oberthiin 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 2069 





Le Cerf où l’écaillure couvre toute la cellule et la moitié du 
disque. 

Un autre caractère de coloration suit une marche inverse : 
Paranthrene H enrici, P. celebica, P. javana, P. andamana portent 
du rouge orangé à l’extrémité du corps, mais tandis que cette 
couleur couvre entièrement les derniers segments abdominaux et 
la totalité de la brosse anale chez ?P. Henricr, elle se restreint 
à un semis plus ou moins dense chez ?. celebica et P. javana, et 
ne persiste plus, très pâle, chez P. andamana qu’au pinceau 
médian de la brosse anale. ?P. Meekz et P. Oberthür: en sont 
dépourvus. 

Enfin, un troisième caractère est constitué par la présence au- 
dessous du corps : hanches et milieu des sternites, de parties 
claires, blanches ou jaunes; réparti très inégalement, 1l parait en 
voie de disparition rapide, et les formes étudiées 1c1 sont très 
démonstratives à cet égard, mais les degrés de cette régression 
sont s1 brusques qu'il est permis de penser que l’examen d’espèces 
plus nombreuses diminuerait ses écarts et la montrerait plus 
régulière. 

C’est chez P. Henrici que ce caractère a gardé le plus grand 
développement : les hanches antérieures et le milieu du ventre sur 
toute sa longueur sont jaunes; P. andamanensis a les hanches 
antérieures bordées de blanc et porte seulement une étroite ligne 
ventrale blanche sur les quatre premiers sternites. Les autres 
espèces ont perdu toute trace de ligne ventrale, P. Meeki a les 
hanches des trois paires bordées de blanchâtre, cette couleur ne 
subsisté plus qu’aux hanches postérieures chez P. javana et 
manque tout à fait dans ?. celebica et P. Oberthür:. 

A côté de ces variations de la coloration et parallèlement à 
elles, les Paranthrene en question montrent dans les détails de la 
nervulation quelques différences dont la plus apparente consiste 
dans la position de la nervure 3 aux ailes inférieures. Celle-ci, 
chez les Paranthrene typiques : P. abaniformis Rott. etc, part 
presque du même point que la nervure 4 à l’angle inférieur de la 
cellule ou de cet angle même. Il en est ainsi chez P. Henrici, mais 


13 


270 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





dans les cinq autres espèces elle se trouve distinctement écartée de 
la nervure 4 et tend à se rapprocher de la nervure 2, sans pourtant 
que cet écart atteigne la moitié de la distance entre le point 
d’émergence de 2 et l’angle inférieur de la cellule. Quoique très 
marquée dans certains cas, cette particularité ne paraît cependant 
pas se prêter à l’étahlissement de coupes tranchées à cause des 
transitions qu’on relève entre les espèces. Elle est intéressante en 
ce qü’elle établit un lien entre le genre Parenthrene Hbn. et les 
genres voisins : Szra Walk. (Sura chalybea Btlr., par exemple), 
Phlogothauma Btlr., Tirista WIkr., etc. 

Contrôlée sur un matériel suffisant et étendue aux Paranthrene 
des diverses régions du globe, elle fixerait non seulement sur sa 
valeur propre, mais aussi sur celle des dits genres, si mal carac- 
térisés par leurs descriptions originales sars figures, et fournirait 
peut-être, associée à d’autres caractères, des éléments utiles pour 
éclaircir le contenu passablement confus du genre Paranthrene 


Hbn. 


Paranthrene anthrax n. sp. (PI CCCLXXVIL, fig. 3154). 


Q.— Vertex noir; front bronzé clair à reflet pourpré. Palpes 
noirs à second article longuement hérissé. Trompe jaune. Plaque 
jugulaire noire; poils péricéphaliques noir pourpré. Antennes 
noires en dessus, brun roux à la pointe en dessous. Yeux brun 
noir, ocelles Jaunes. 

Corselet, abdomen et pattes entièrement noir mat. 

Ailes antérieures noires, glacées de bleu sur la côte, les nervures 
et le bord interne et de bleu pourpré sur l’espace terminal. Dessous 
un peu pourpré. 

Aüïles inférieures noir bleu plus clair que les supérieures avec 
deux grandes taches transparentes dont l’une s’étend le long du 
bord abdominal, de la base à l’extrémité de la nervure 2, et 
l’autre, arrondie et festonnée du côté interne, de la nervure 2 à 
l'extrémité de la nervure 6. Bordure marginale étroite et concolore. 


Dessous semblable. Franges des quatre ailes noires. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 271 


Envergure : 43 millimètres. 
Type : 1 ©, Sierra-Leone, Freetown; ex À. Mocquerys (1889); 
Coll. Ch. Obertnür. 


GENRE SURA Wikr. 


Sura bicolor n. sp. (PI CCCLXXVIL fig. 3155 O'; g. 31506 Q). 


J'avais indiqué avec doute cette espèce sous le nom de Swyra 
xylocopif ormis \NIkr. dans l’explication des Planches parues au 
fascicule XII (première partie) des Etudes de Lépidoptérologie 
comparée. Une étude plus approfondie du texte de Walker m’a 
Ôté tout espoir de conserver cette détermination, même en faisant 
la part des négligences et des inexactitudes si fréquentes dans 
les descriptions de l’auteur britannique et je suis convaincu 
maintenant qu’il s’agit d’une espèce distincte de S. xylocopi- 
forms WIkr. 

d.— Tête, palpes, antennes, thorax et pattes entièrement noir 
verdâtre; les antennes sont fortement bipectinées et ciliées, la 
trompe courte et faible jaunâtre, les yeux brun noir et les ocelles 
grenat. Abdomen noir verdâtre avec le dernier tergite et la brosse 
anale jaune orangé. Dessous ur peu moins foncé à dernier 
sternite Jaune. 

Ailes supérieures opaques, vert bronzé luisant. Ailes inférieures 
opaques un peu plus claires que les supérieures et munies près 
de la base d’une petite tache hyaline entre 1 « et la cellule. 
Dessous semblable. Franges des quatre ailes noir bronzé. 

Q.— Plus grande et plus épaisse, de même couleur mais avec 
les antennes simples, le dernier tergite et la brosse anale rouge 
orangé, le ventre entièrement noir, une seconde tache, vitrée 
courte et linéaire dans la cellule et les ailes inférieures teintées 
de bleuätre près des taches transparentes. 

Envergure : C, 31 millimètres, ©, 38,5 millimètres. 

yperm'of ur Q; Nord Transvaal, Zoutpansberg, Shilouvane, 
ex H. A.Junod (1906), Coll. Ch. Oberthür. 


272 LÉPIDOPTÉROLOGIL COMPARÉE 





Sura bicolor diffère de Sura xylocopiformis WIkr. par 
l’abdomen terminé de jaune orangé mais dépourvu de bordures 
pourpres aux segments abdominaux, à quoi 1l faut ajouter, en 
admettant que le type de Walker soit une Q — ce que la des- 
cription laisse supposer en lui attribuant des antennes « simples, 
subfhliformes » —- la présence d’une seconde tache vitrée aux 


ailes inférieures chez la femelle. 


Sura ignicauda Hmpsn. (PI CDLXXX, fig. 3050). 


Trilochana ignicauda Hampson (G. F.), Fauna of British India, Motbs, I, 
p. 191, fig. 120 (1802) [”1as]. 


Connue seulement jusqu'ici par la description originale, établie 
sur un mâle du Burma de la Collection Elwes, cette espèce est 
représentée dans la Collection Ch. Oberthür par une femelle pro- 
venant des chasses de H. Fruhstorfer, à Java, et envoyée par lui 
comme : Sura (—Trilochana) chalybea Btilr., espèce bien diffé- 
rente, de coloration monochrome, plus claire, dépourvue complè- 
tement d’aires hvalines à la base des ailes inférieures et qui 
d’ailleurs n’est probablement pas à sa place dans le genre Syra 
Wlkr. 

D’après la description et la figure de Hampson, la femelle de 
Sura ignicauda diffère à peine du mâle par la coloration mais 
elle est plus grande. Ses palpes sont grêles et non frangés de 
poils gris, les deux principaux traits transparents allongés de la 
base des ailes inférieures sont plus courts et les touffes latérales 
du métathorax fortement mêlées de poils blancs; comme dans 
toutes les Aegertdes la brosse anale a une coupe différente : elle 
n’est pas trilobée et forme un pinceau épais, ovale, allongé, com- 
mençant latéralement au cinquième segment et décroissant régu- 
lièrement de largeur peu après son origine. 

Envergure : 42 millimètres. 

1 Q, Java occidental, Mont Gedé [1000’], Août 1892, ex 
H. Fruhstorfer:; Coll. Ch. Oberthür. 


C’est à tort que Hampson a fait de cette Aegerie une Trilo- 
chana Moore; les caractères énumérés dans la diagnose générique 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 273 





et la nervulation, exactement reproduite sur la figure accompa- 
gnant sa description originale ne laissent aucun doute à cet égard. 
Elle doit se placer dans la tribu des Paranthrenine et, pour 
autant que l'attribution de l'espèce africaine précédente soit 
exacte, dans le genre Szra WIkr. 


A un degré moindre que 7’ rilochana Scolioides Moore, égale- 
ment figurée sur la même planche et dont 1l est question ailleurs, 
Sura ignicauda Hmpsn. est mimétique de Scolia rubiginosa F, 
répandue à travers l’Asie tropicale et l’Insulinde et dont un 
exemplaire de Java est représenté à côté d’elle sous le n° 3960. 

Elle en reproduit assez bien la forme et la coloration, mais 1l 
est évident que, comme pour toutes les Aegerides dont le mimé- 
tisme se rapporte à un modèle déterminé, sa ressemblance avec 
l’'Hyménoptère doit être beaucoup plus frappante, chez l’insecte 
vivant et en action dans son milieu, qu’elle n'apparaît 1c1 sur un 
spécimen desséché, auquel la préparation, nécessaire pour l'étude, 
a imposé une attitude dépourvue de naturel. 

La taille de la Scolie est en moyenne notablement supérieure 
a celle de Swra ignicauda; cependant l’amplitude de ses varia- 
tions est très large, à côté d'individus plus petits que celui qui est 
figuré, la collection du Muséum de Paris en contient d’autres dont 
l’envergure dépasse 83 millimètres. 


GENRE OLIGOPHLEBIA Hpsn. 


Oligophlebia cristata n. sp. (PI CCCLXXVII, fig. 3159). 


Q. — Vertex noir; front bleu d’acier foncé brillant. Palpes 
noirs; trompe jaune. Plaque jugulaire et poils péricéphaliques 
noirs. Antennes noires. Veux noirs, ocelles incolores. 

Collier et corselet noirs. Abdomen noir, caréné sur la ligne 
médiane et portant une crête formée de quatre touffes aplaties 
d’écailles dressées et de taille décroissante, sur le milieu des 


274 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





troisième, quatrième, cinquième et sixième tergites. Le quatrième 
segment est bordé postérieurement de blanc ainsi que l’extrémité 
du sixième. Ventre blanc de la base au quatrième sternite, noir 
dans le reste. 

Hanches antérieures noires à sommet blanc. Pattes antérieures 
et médianes absentes. Hanches médianes noires. Hanches posté- 
rieures blanches du côté interne; fémurs noirs avec deux taches 
blanches : une sur la base de la crête supérieure, l’autre à 
l'extrémité de la crête inférieure; tibias noirs avec une tache 
blanche médiane sur la face externe et une autre sur la face 
interne; éperons blancs. 
Tarses noirs à second et 
troisième articles blancs. 

Ailes supérieures noi- 
res, avec l’espace termi- 
nal bronzé pourpré et 





une petite tache hyaline 


trifide en forme de 
Fi. 12. — Oligophlebia cristata n. sp. 9. — Corps 
vu de profil pour montrer les crêtes d’écailles 


caractéristiques des tergites abdominaux (Gros- Dessous semblable. 
sissement : »x 6,). 


bande étroite verticale. 


Franges noir bronzé. 
Aïles inférieures transparentes à nervures finement écrites en 
noir; ligne marginale ténue, noir bronzé. Franges noires de la 
base à la nervure 2 et blanc pur de la nervure 2 à l’apex. 
Envergure : 17 millimètres. 
Type : 1 ©, Java, Sækabæmi; ex JB. L'edrul (805); Coll 
Ch. Oberthür. 


Jusqu'en 1910, le genre Olrgophlebia Hmpsn. ne renfermait 
que le génotype ©. zigralba décrit par Hampson sur un male 
unique de Ceylan in : Fauna of British India, Moths I (1892), 
p. 201, fig. 130. En 1910, dans : The Records of Indian Museum, 
p. 210, Meyrick fit connaître une seconde espèce : ©. amalleuta 
de l’Inde continentale, également d’après un seul mèle. L'espèce 
nouvelle de la collection Oberthür est donc la troisième de ce 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 275 





petit genre singulier et à coup sûr l’une des plus intéressantes, 
c’est aussi la seule femelle connue; par sa taille et sa coloration, 
elle se place auprès de ©. rigralba Hmpsn. mais ses joues (genæ), 
son front et ses palpes entièrement noirs, ses hanches antérieures 
seulement en partie blanches, sa large aire ventrale blanche et 
surtout sa très curieuse crête dorsale ne permettent pas de la 
confondre avec l’espèce cinghalaise. 


Je donne dans le croquis ci-joint l’aspect caractéristique que 
montre de profil le corps épais et caréné de Oligophlebia cristata. 


GENRE PROZÆGERIA n. £g. 


Palpes assez longs, dressés obliquement, à pilosité rase hérissés 
d’une touffe dense de longs poils à la base sur le premier article 
et la base du second; troisième article acuminé. Trompe bien 
développée. Palpes labiaux visibles, à premier article court et 
cylindrique, second plus long et plus gros, ovoide. Antennes de 
longueur moyenne, oraduellement épaissies, finement denticulées 
et ciliées. Pattes de longueur moyenne et assez grêles, non 
hérissées. 


Nervulation. — Ailes supérieures : 1 obsolète peu après la 
base où elle est bifurquée; 2 et 3 rapprochées à la base et presque 
parallèles dans leur parcours; 7 et 8 non tigées et naissant de 
l’angle supérieur de la cellule; 11 très écartée de 10 à son origine 
et très rapprochée à son sommet. 

Ailes inférieures : 1* obsolète, 2 et 3 partant du même point 
a l’angle inférieur de la cellule; discocellulaire supérieure très 
courte discocellulaire inférieure oblique; $ naissant de l’angle, 
7 absente. 


Génotype : Proægeria Vouauxt n. sp. 


2706 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Proægeria Vouauxi n. sp. (PI CCCLXXXI, fig. 3195). 


cd. — Vertex non hérissé, noir violacé; front noir bronzé, 
étroitement lituré de blanc devant les yeux, cette liture s’élar- 
gissant sur l’épistome et disparaissant avant d’atteindre la base 
des antennes. Palpes noir bronzé, hérissés à la partie inférieure 
du premier article et la base du second d’une grosse touffe de 
poils noirs; au-dessus de cette touffe et en avant, les second et 
troisième articles sont très fortement mêlés de blanc. Trompe 
jaune pèle; plaque jugulaire noire à extrémité blanc jaunûtre; 
poils péricéphaliques blancs. Veux gris brun, ocellés petits et 
incolores. Antennes noir bleu en dessus longées dans leur tiers 
basal d’une ligne d’écailles blanches, noir rougeâtre en dessous. 

Collier et thorax noir bronzé un peu pourpré. Abdomen noir 
bronzé dans sa moitié antérieure, jaune doré satiné dans sa moitié 
terminale passant au Jaune orangé terne à l’extrémité; ces couleurs 
ne sont pas tranchées mais se fondent l’une dans l’autre. Ventre 
noir bronzé jusqu’au sixième sternite, extrémité et milieu de 
chaque segment écaillé de jaune d’or foncé. 

Hanches antérieures noir bronzé à sommet jaune; fémurs noirs, 
tibias noirs en dessus, jaune foncé en dessous. Hanches médianes 
et postérieures en majeure partie Jaunes. Pattes médianes entiè- 
rement noires; les postérieures ont les fémurs noirs, les tibias 
noirs, longés dans leur moitié terminale en dessus et en dessous 
d'une fine ligne d’écailles jaune d’or; éperons externes très 
courts et blancs, internes très longs et noirs. Tarses noir bronzé 
à premier article Jaune d’or en dessous. 

Ailes supérieures opaques, noir bleu se fondant en noir pourpré 
sur l’espace terminal et portant vers la base une courte tache 
vitrée infracellulaire linéaire; dessous noir violacé. 

Ailes inférieures transparentes, teintées de jJaunâtre avec les 
nervures et la ligne marginale noir bleu; trait discocellulaire 
épais, triangulaire ; un senus d’écailles noir bleu obscurcit l’apex 
et descend jusqu’entre les nervures 3 et 4 Dessous semblable. 
Franges des deux paires noir bronzé. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 277 


Envergure : 27,5 millimètres. 
Type : 1 g', Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hôhe- 
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1808); Coll. Ch. Oberthür. 


J'accomplis un pieux devoir en donnant à cette espèce le nom 
de mon collègue et ami l’abbé Léon Vouaux, assassiné par les 
Allemands le 26 août 1914. 


Si cruel que soit le sort de ceux qui tombent sur le champ de 
bataille, leur mort est glorieuse et comporte une part de la triste 
fatalité qui s'attache à la guerre, juste ou non. Mais lorsqu'il 
s’agit de femmes, de prêtres, de vieillards et d’enfants délibé- 
rément violés, assassinés et martyrisés, ce n’est plus 1a guerre et 
Jamais on n’exprimera assez haut tout le mépris qu’inspire aux 
hommes de bonne foi une telle régression vers la Barbarie. C’est 
un devoir d’en citer et d’en répandre tous les exemples précis, 
Ôtant aux modernes Barbares la possibilité de contester les 
crimes, les « actes allemands », qui couvrent désormais d’une honte 
ineffaçable le nom Allemand. On m'’excusera donc de rapporter 
ici les pénibles détails que j'ai recueillis sur la mort de l’abbé 
Vouaux; je dédie ce récit aux Entomologistes allemands et à 
certains germanophiles qui ne sont pas tous étrangers. 

Professeur au lycée de la Malgrange, près Nancy, l’abbé Léon 
Vouaux était parti vers la fin de juillet 1914 à Jarny (M.-et-M.) 
pour remplacer éventuellement, dans les devoirs de son sacerdoce, 
son frère l’abbé A. Vouaux, curé de cette petite ville, que la mobi- 
lisation devait en effet bientôt appeler. Le 25 août 1914, Îles 
troupes allemandes entraient à Jarny et, conformément aux 
théories des Treitschke et des Bernhardi, s’emparaient d’otages 
(en réalité de victimes à être fusillées « pour l’exemple »); parmi 
ceux-ci figuraient l’abbé Vouaux et le maire de Jarny accusés 
d’avoir fait des signaux aux troupes françaises. Inutile de dire que 
le mensonge était flagrant, les troupes françaises étant hors de 
portée des signes qu’on aurait pu leur adresser et quand bien 
même cela eût été possible, la vue extrêmement affaiblie par des 
années d’études acharnées et minutieuses de l’abbé Vouaux l’au- 


278 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





rait mis dans l’impossibilité de les faire utilement; 1l connaissait 
d’ailleurs trop bien les protagonistes de la « Deutsche Kultur » 
pour leur fournir le moindre prétexte à exercer leurs violences 
coutumières. 

Mais à cette époque l’Allemagne marchait à la conquête du 
monde, elle était victorieuse et si le fameux manifeste de ses 
03 Intellectuels, impérissable monument d’une mauvaise foi sans 
égale, n’avait pas encore vu le jour, un de ses généraux, à qui on 
reprochait les pillages, les destructions et les massacres injustifiés, 
sans raison d'ordre militaire, répondait avec hauteur que c’étaient 
eux, les Allemands, qui écriraient l’Histoire et que la Gloire effa- 
cerait tout! Il était donc inutile de se gêner, il y avait tant de 
temps qu’outre Rhin on se préparait à cette orgie sanglante, tant 
de temps que l” « armure étincelante » et la « poudre sèche » 
ne servaient pas et qu’on était fatigué de sabrer à vide et de 
tirer à blanc. 

Le 26 août au matin, les otages étaient emmenés en dehors de 
Jarny vers le cimetière; en tête marchait l’abbé Vouaux, baisant 
dévotement son crucifhix. L’officier allemand qui commandait le 
peloton d’exécution le lui arracha des mains et le piétina puis, 
au dire de témoins oculaires, lorsque les balles eurent abattu les 
malheureuses victimes, il se jeta sur l’abbé Vouaux qui vivait 
encore, lui creva les yeux à coups de sabre et lui écrasa la 


figure. 


Voici ce qu'écrivait, au lendemain de sa mort, un de ses col- 
lègues de la Malgrange : 

« C’est une haute et belle intelligence qui a disparu. Elle a pen- 
dant vingt-deux ans honoré notre corps professoral, plus d’un 
Institut catholique de France a désiré se l’adjoindre. Esprit 
ferme, vif et pénétrant, ouvert à toutes les curiosités, avide de 
savoir et de comprendre, passionné de lectures et d’études, 
M. Vouaux était au surplus servi par une mémoire prodigieuse 
qui ne perdait guère de ce qu’elle avait une fois acquis et par 
une puissance de travail qui semblait défer la fatigue et l’usure. 
Littérature et Philologie, Philosophie et Théologie, Langues et 








LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 279 
Sciences, 1l s’intéressait à tout avec un goût égal... » et on peut 


ajouter un égal succès. 

Collaborateur de la savante collection des « Apocryphes de 
l'Ancien Testament » il avait publié en 1913 les « Actes de Paul 
et ses lettres apocryphes », œuvre magistrale que l’Académie 
Française, voulant rendre hommage à « un grand lettré », cou- 
ronna du Prix Saintour. Une suite, les « Actes de Pierre » était 
achevée et devait paraître en 1914. 

Le savant chez l’ahbé L. Vouaux ne le cédait pas à l’historien, 
sa compétence justement réputée dans les Lichens et les Cham- 
pignons était mise à contribution par une foule de botanistes 
français et étrangers. Outre des notes éparses dans des publi- 
cations et des revues diverses il laisse dans cette branche de la 
Science un « Synopsis des Champignons parasites des Lichens » 
qui fait autorité et que les spécialistes tiennent pour remarquable. 

Mais c’est par l’Entomologie que je l’ai connu, car cet esprit 
universel était aussi entomologiste. En compagnie de son frère, 
il s’occupait — à un point de vue général — un peu de tous les 
ordres et plus spécialement des Coléoptères de la Tribu des 
Cétomides; à eux deux 1ls en avaient réuni une collection dont 
l’importance augmentait rapidement. L'abbé L. Vouaux n’avait 
encore rien publié en Entomologie, car son esprit positif répugnait 
à la vanité des publications hâtives, mais par ce qu’il a donné 
dans les autres voies où s’est exercé son étonnante activité on peut 
mesurer ce qu'a perdu à coup sûr l’Entomologie française. 

Des tentatives avaient été faites pour sauver du pillage boclie 
les collections des frères L. et A. Vouaux — qui, Je le répète, 
composées avec beaucoup de méthode et d’esprit de suite étaient 
déjà très intéressantes — et d’abord on avait paru réussir, mais 
aux dernières nouvelles, qu'il y a malheureusement trop de 
chances de croire exactes, elles auraient été volées et emportées 
outre-Rhin. 

Né à Baccarat, le 25 février 1870, Léon Vouaux eut le triste 
destin de vivre juste de l’une à l’autre des deux guerres iniques 
déchaïnées par l’Allemagne contre la France. 


280 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





GENRE TELEOSPHECIA n. gen. 


Tête petite, globuleuse. Palpes grêles, plus de deux fois plus 
longs que la tête, porrigés et légèrement défléchis, à second article 
rectiigne, deux fois plus long que le premier et le troisième réunis, 
ce dernier aigu et relevé obliquement. Antennes sétacées finement 
ciliées chez le Œ. Trompe bien développée. Ocelles bien décou- 
verts, séparés de l’œ1l par un espace égal à une fois leur largeur. 

Ailes complètement recouvertes d’écailles minces, semi-hyalines, 
peu denses. Pattes grêles, non hérissées; brosse anale courte et 
étroite. 

Nervulation. -— Ailes supérieures longues et larges, ovales. 
Nervure 1 obsolète, 7 et 8 tigées sur la moitié de leur longueur; 
10 absente. 

Ailes inférieures ovales, à cellule courte ne dépassant pas le 
tiers de l’aile; discocellulaires très obliques. Nervure 14 rudimen- 
taire; 2 naissant très près de l’angle inférieur de la cellule, 3 et 4 
de cet angle même et brièvement tigées ; nervure 7 absente, 8 rap- 
prochée de la cellule à la base et assez largement écartée de 6 
au milieu de la longueur de celle-ci. 

Génotype : Z'eleosphecia bibio n. sp. 


Teleosphecia bibio n. sp. (PI CCCLXX VIII, fig. 3160). 


d. — Vertex noir, mêlé sur la nuque de quelques poils 
Jaunâtres; front bronzé, lituré de blanc devant les yeux. Palpes 
noirs à premier article blanc en dessous ; plaque jugulaire 
blanche; poils péricéphaliques blancs mêlés de noir vers le sommet 
de la tête. Trompe brune. Veux brun noir, ocelles rouge rubis. 
Antennes noires avec une ligne externe d’écailles blanches. 

Collier, thorax et abdomen noir bronzé en dessus et en dessous 
à l'exception du bord du dernier sternite qui est écaillé de olanc. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 281 


Hanches antérieures noires, tachées longitudinalement de blanc 
à la base du bord interne. Pattes des trois paires noires. 

Ailes supérieures couvertes de petites écailles brunâtres, leur 
donnant une teinte fuligineuse sur laquelle se détachent en noir 
pourpré les nervures, la côte, le bord interne et la ligne marginale; 
le point discocellulaire ne se distingue pas du fond. 

Les ailes inférieures ont la même vestiture que les supérieures 
à l’exception de la base qui est nue et transparente et de l’épais- 
sissement de l’écaillure sur la nervure radiale et la nervure 3 qui 
la continue directement, formant un long trait noir traversant 
l’aile de la base au bord externe. Dessous des quatre ailes un 
peu plus clair et luisant, avec la côte écaillée de blanc, surtout 
à la base. Franges concolores, ténues et peu denses. 

Envergure : 21 millimètres. 

Type : 1 g', Bolivie, Cochabamba, Yunga-del-Espiritu-Santo; 
ex P. Germain (1888-89); Coll. Ch. Oberthür. 


Cette petite et singulière espèce a une ressemblance superhcielle 
avec Sesia hades Druce, décrite dans la Biologia Americana, 
Lepidoptera Heterocera, T. II, p. 323, PI LXIX, fig. 16, mais elle 
s’en éloigne radicalement par ses caractères génériques tout à fait 
particuliers. 

Teleosphecia bibio n. sp. est vraisemblablement mimétique des 
Diptères de la famille des Bibionides déjà copiés par d’autres 
Lépidoptères comme M. Ch. Oberthür l’a montré pour P/ecia 
funebris mimé par trois Syntomides du genre Sawrita H. S.: 
S. tipulina Hbn. (= bibio Btlr.), S. culicina Obthr, et S. pipio 
Obthr. : Etudes de Lépidoptérologie comparée, VI, p. 320, PI. 
COX he TIa1, 1132 /et 1133 (1012). 


GENRE LEPTÆGERIA n. gen. 


Tête arrondie; vertex plat. Palpes porrigés, non hérissés sauf 
à la base du second article qui est très long ainsi que le troisième. 
Antennes courtes épaisses, finement et brièvement ciliées. Trompe 


282 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


bien développée. Ocelles placés juste au-dessus du sommet des 
veux sur des tubercules assez saillants. 

Corps allongé, subcylindrique. Pattes longues et minces, non 
hérissées; tarses postérieurs couverts en dessus d’écailles pili- 
formes jusqu’à l'extrémité. Brosse anale composée de deux 
pinceaux latéraux étroits et allongés, appliqués le long du dernier 
segment. 

Nervulation. —— Ailes supérieures longues et étroites, en partie 
transparentes ; nervures 2 et 3 rapprochées à l’origine; 7 et 8 tigées 
sur la moitié de leur longueur. 

Aïles inférieures ovales, transparentes, sans lobe anal diffé- 
rencié; nervure 1* fine et courbe; 3 et 4 tigées brièvement sur le 
sixième environ de leur longueur; 7 absente. 


Génotype : Leptægeria flavocastanea a. Sp. 


Leptægeria flavocastanea n. sp. (PI CCCLXXVIIT, fig. 3162). 


©. -— Vertex brun noir luisant, mêlé de jaune en avant; front 
bronzé clair largement lituré de blanc devant les yeux. Palpes 
jaunes avec une petite tache noire externe à la base. Poils péricé- 
phaliques jaunes. Antennes noir brun mêlées de jaune rougeûtre 
en dessous dans leur partie basilaire; trompe jaune foncé. Yeux 
bruns, ocelles incolores. 

Collier brun bronzé luisant. Thorax brun châtain, avec les 
ptérygodes bordées de jaune; métathorax muni de deux touffes 
latérales d’écailles jaunes, cette couleur couvrant en entier le 
thorax en dessous. 

Abdomen brun châtain luisant s’obscurcissant graduellement 
jusqu’au noir bronzé vers l’extrémité; premier segment largement 
bordé de jaune. Ventre plus clair avec le premier sternite blan- 
châtre; brosse anale concolore. 

Pattes entièrement Jaunes à l’exception des tibias postérieurs 
qui portent en dehors et avant l’extrémité une petite tache brun 


rouge. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 283 


Ailes supérieures transparentes avec la côte, le trait disco- 
cellulaire, le bord interne, la ligne marginale et les nervures brun 
bronzé; un semis très fondu d’écailles de même couleur couvre 
l’espace terminal. Dessous un peu plus clair, mêlé de jaune sur 
la côte et le trait discocellulaire. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et ligne marginale 
finement écrites en brun bronzé. Franges des deux paires gris 
brun. 

Envergure : 22 millimètres. 

Type : 1 Q, Bolivie, Cochabamba, Yunga-del-Espiritu-Santo; 
ex P. Germain (1888-1880); Coll. Ch. Oberthür. 


Leptægeria flavocastanea, par sa nervulation et ses pattes 
pubescentes jusqu'à l’extrémité des tarses, se rapproche un peu 
du genre nord-américain Podosesia Môschl., mais tous ses autres 
caractères : faciès, vestiture des ailes et du corps, antennes et 
surtout ses palpes lui assignent une place à part et ne permettent 
pas de la confondre avec aucune autre Ægerie. 


GENRE HYMENOPHECIA nov. gen. 


Q.—- Tête petite, transversale; front à peine bombé; palpes 
longs, dressés obliquement, portant inférieurement une longue et 
épaisse touffe de poils sur les deux premiers articles; troisième 
plus long que le second, grêle, cylindrique, glabre ; trompe 
absente; antennes assez courtes, peu épaisses, subcylindriques. 

Corps élancé; thorax ovalaire; abdomen aliongé, rétréci et 
presque pédonculé à la base; brosse anale assez longue, formée 
de poils égaux accolés; pattes grêles et lisses, les postérieures plus 
courtes que l’abdomen. 

Aïles supérieures de longueur et de largeur moyennes; infé- 
rieures ovalaires et remarquablement étroites. Nervulation : Ailes 
supérieures à cellule assez large, un peu prolongée à l’angle supé- 
rieur, atteignant les trois cinquièmes de la longueur de l’aile; 


284 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





nervure 1 rudimentaire, 2 naissant avant l’angle inférieur de la 
cellule, parallèle et assez écartée de 3 qui part de cet angle, 4 plus 
près de 5 que de 3, 7 absente, 0 de l’angle supérieur de la cellule, 
10 et 11 très écartées à la base et très rapprochées au sommet. 

Ailes inférieures à cellule étroite, prolongée obliquement en 
pointe aiguë à sa partie inférieure et ne dépassant pas la moitié 
de la longueur de l'aile; bord abdominal rectiigne; nervure 1 a 
absente, 2 naissant aux quatre cinquièmes de la cellule, 3 et 4 non 
tigées, de l’angle inférieur de celle-ci, 5 de l’angle des discocel- 
lulaires qui sont toutes deux très obliques et dont la supérieure 
est près de trois fois plus courte que l’inférieure, 6 absente, 
7 partant d’une petite aréole diffuse à l’angle supérieur de la 
cellule. 

Génotype : }'ymenosphecia albomaculata n. sp. 


Hymenosphecia albomaculata n.sp. (PL CDLXXIX, fig. 3957). 


Q.—- Vertex noir bronzé, faiblement hérissé sur la nuque de 
fins poils blancs; front noir bronzé, lituré de blanc d’argent 
devant les yeux; palpes hérissés inférieurement sur les deux 
premiers articles de longs poils noir bronzé et d’autres, plus 
courts, en avant à l’extrémité du second article, troisième article 
concolore en dessus, blanc en dessous; plaque jugulaire noir 
bronzé, poils péricéphaliques jaune foncé; antennes noires, brun 
ferrugineux en dessous dans leur tiers proximal avec l’article 
basilaire blanc; yeux brun noirâtre; ocelles jaune topaze. 

Collier et thorax noir bronzé. Abdomen noir bronzé en dessus 
avec une petite tache jaune basale de chaque côté des deux pre- 
miers tergites et d’autres, plus grandes et triangulaires sur le 
troisième tergite; brosse anale un peu plus claire que le fond en 
dessus et en dessous. Ventre noir bronzé avec les deux premiers 
sternites blanc pur. 

Hanches et pattes antérieures noir bronzé. Pattes médianes et 
postérieures avec la crête inférieure des fémurs dans toute sa 


longueur, la base et le sommet de la même région aux tibias posté- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 285 





rieurs et les éperons des deux pairs blanc pur; tarses des trois 
paires grisâtres en dessous. 

Ailes supérieures noires à la base, opaques, brun bronzé pâle, 
glacées de bleu passant au pourpre vers le sommet ; deux éclaircies 
mal définies ébauchent à la base de l’aile une tache vitrée infra- 
cellulaire assez longue et une intracellulaire très courte. Dessous 
bronzé pourpré. 

Aïles inférieures transparentes à léger reflet bleu, avec la base 
noire, les nervures noir bronzé et une bordure marginale assez 
légèrement indiquée, bronzée, formant des dents peu distinctes 
dans les intervalles nervuraux. Dessous semblable avec les parties 
écaillées bronzé pourpré comme aux supérieures. Franges des 
deux paires bronzé pourpré. 

Envergure : 34 millimètres. 


Hyper o, Usanda MEoth.; Coll F. Le Cerf. 


Avec son abdomen étranglé à la base et que les taches claires 
des premiers tergites font encore paraître plus étroit cette espèce 
mime probablement certains Vespides et notamment des Polistes. 

Par la coloration générale elle rappelle certains Paranthrene, 
Myrmecosphecia Le Moulti, Aegerina ovinia, Sincara Manoba, etc. 
mais par ses caractères génériques, c’est près de Leplægeria flavo- 


castanea qu’elle doit se placer. 


GENRE STENOSPHECIA nov. gen. 


©. — Tête de grosseur moyenne à front légèrement bombé 
et saillant; palpes longs subporrigés, non hérissés à troisième 
article plus long que la moitié du second. Trompe bien déve- 
loppée. Corps robuste. Abdomen cylindrique, plus de deux fois 
plus long que le thorax. Pattes de force et de longueur moyennes 
à tibias pubescents, non hérissés. 

Ailes longues et larges. Nervulation : ailes supérieures à cellule 
dépassant les deux tiers de l’aile; nervure 1 bien développée, 
non divisée à la base, 2 très rapprochée à la base de 3 qui part 


19 


286 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








de l’angle inférieur de la cellule, 4 plus près de 5 que de 3, 
7 et 8 tigées sur les deux tiers de leur longueur, 9 de l’angle 
supérieur de la cellule, 10 et 11 écartées à la base, réumies et 
confondues vers le tiers de leur longueur, puis à nouveau séparées 
dans leur tiers terminal. 

Ailes inférieures : cellule dépassant à peine la moitié de la 
longueur de l’aile; nervure 1 a très fine dépassant de peu le 
milieu du bord abdominal, 2 naissant un peu avant l'angle 
inférieur de la cellule, 3 et 4 de cet angle et tigées sur un 
cinquième de leur longueur; discocellulaire supérieure plus 
courte que l’inférieure d’un quart environ, toutes les deux 
obliques, 5 de leur angle, 7 de l’angle supérieur de la cellule, 
6 absente. 

Génotype : S/enosphecia columbica n. sp. 


Stenosphecia columbica n. sp. (PI CDLXXXI, fig. 3066). 


Q. — Vertex non hérissé, brun noirâtre; front bronzé clair 
luisant. Palpes brun bronzé fortement mêlés de blanc en dessus 
et extérieurement. Trompe brun noirätre. Plaque jugulaire et 
poils péricéphaliques brun bronzé. Antennes brun bronzé. Yeux 
brun noirâtre; ocelles rose très pâle. 

Collier et thorax brun bronzé. Abdomen brun bronzé en dessus, 
bronzé clair en dessous; brosse anale concolore. Pattes des trois 
paires en entier brun bronzé avec les éperons concolores et les 
tarses blanchâtres du côté interne. 

Ailes supérieures écaillées de brun bronzé avec la base et un 
très large trait discocellulaire plus foncés; elles portent trois 
taches vitrées peu étendues : une infracellulaire courte et mal 
définie; une intracellulaire triangulaire, logée à l’angle supérieur 
de la cellule, petite et fondue inférieurement dans le semis 
d’écailles qui couvre la cellule, et une ultracellulaire plus de deux 
fois plus haute que large, formée de cinq divisions dont les trois 
médianes sont égales et plus courtes que les deux extrêmes. 


Dessous semblable, un peu plus clair. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 28 


RS) 


Ailes inférieures transparentes avec les nervures et un large 
trait sur la discocellulaire supérieure brun bronzé foncé; bordure 
marginale brun bronzé clair et de largeur égale de la base à l’apex. 
Dessous semblable. Franges des quatre ailes gris bronzé. 


Envergure : 30 millimètres. 
Type : 1 ©, Santa-Fé de Bogota, Colombie, Coll. F. Le Cerf. 


GENRE CHAMANTHEDON n. gen. 


Formes grêles et élancées ; tête petite, globuleuse ; vertex étroit, 
non hérissé; front peu bombé; palpes grêles, non hérissés, dressés 
obliquement, à troisième article court et aigu. Trompe complè- 
tement avortée. Antennes fusiformes, simples chez le mâle. 

Corps mince, long, comprimé latéralement; brosse anale assez 
longue, sans pinceau médian différencié, formée de deux pinceaux 
latéraux longs, égaux, un peu écartés. Ailes longues et étroites. 

Pattes longues, très grêles, lisses, à tarses beaucoup plus longs 
que les tibias (3 fois aux pattes antérieures, 2 fois aux pattes 
médianes, et plus d’une fois et demie aux pattes postérieures). 


Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1* rudimentaire, 
non bifurquée à la base, 2 naissant près de l’angle inférieur de 
la cellule, 3 de cet angle, 7 et 8 tigées sur un tiers de leur longueur, 
0 de l’angle supérieur de la cellule, 10 absente, 11 écartée de 9 à 
la base. 

Ailes inférieures : cellule atteignant le mieu de l'aile, à 
sommet oblique et aigu. Nervure 1* obsolète, 2 naissant avant 
l’angle inférieur de la cellule, 3 et 4 de cet angle et tigées sur le 
cinquième de leur longueur; 5 de l’angle des discocellulaires qui 
sont égales et très obliques, 6 de l’angle supérieur de la cellule, 
7 absente. 


Génotype : Chamanthedon hypochroma n. sp. 


288 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Chamanthedon hypochroma n. sp. (PI CCCLXXIX; fig. 
3178). 


cg — Vértex, front et palpes noir bleu Mrompe courteset 
mince, Jaune pâle. Plaque jugulaire et poils péricéphaliques noirs. 
Veux noirs, ocelles jaune clair. Antennes noir bleu. 

Collier et thorax noir bleu. Abdomen noir bleu avec les deux 
premiers tergites jaune d’or et une bordure étroite de même 
couleur aux segments 4 à 7, et des traces diffuses sur 5 et 6; 
brosse anale longue, étroite, noir bleu. Ventre en entier jaune d’or. 

Hanches antérieures blanc pur, fémurs noir bleu, tibias et tarses 
noir bleu en dessus, jaunâtres en dessous. Hanches médianes et 
postérieures blanches; fémurs médians et postérieurs noir bleu; 
les tibias sont de cette couleur en dessus et jaunàtres en dessous 
ainsi que les tarses. 

Ailes supérieures noir bleu sur la côte et les nervures, noir 
pourpré sur l’espace terminal qui est large. Trait discocellulaire 
noir bleu, quadrangulaire et élargi à la partie supérieure. Tache 
vitrée infracellulaire étroite, prolongée jusqu’à la base de la 
nervure 2, ultracellulaire plus longue que haute, divisée en quatre 
aréoles fondues extérieurement dans l’espace terminal. Dessous 
avec la côte et des stries internervurales jaunes. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et point discocellu- 
laire noir pourpré; bordure marginale de même couleur, élargie 
sur 1°. Dessous semblable à côte jaune. Franges des quatre ailes 
gris bronzé. 

Envergure : 17,5-10,5 millimètres. 

Types : 4 ', Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m. alt.]; 
ex Doherty (1890); Coll. Ch. Oberthür. 


Apparentée à Sesia flavipes Hmpsn, de Bangalore et de 
Ceylan, et à Chamanthedon xanthopleura n. sp. de l’Inde méri- 
dionale, cette espèce ne rentre dans aucun des genres établis aux 
dépens des anciennes Sesia (auct. non Fab.) et j’ai dû établir 


pour elle et les espèces voisines qui ont aussi la trompe avortée, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 289 





les antennes simples chez le mâle, la nervure 10 absente aux ailes 
supérieures, etc., un nouveau genre dont elle est le type. 

En dehors de la taille qui varie légèrement, je n’ai relevé de 
différence entre ces quatre exemplaires que dans la largeur de la 
bordure jaune du quatrième tergite qui manifeste chez deux 


d’entre eux une tendance à s’élargir. 


Chamanthedon xanthopleura n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 
3179). 

d. — Vertex noir; front noir bleu finement lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes noirs extérieurement, jaunes intérieu- 
rement. Trompe absente; plaque jugulaire noire; poils péricé- 
phaliques jaunes ; antennes noir bleu à massue épaisse. Veux noirs, 
ocelles jaune pale. 

Collier et thorax noir bleu. Abdomen noir bleu en dessus; 
brosse anale concolore bordée de jaune au bord znferne des 
pinceaux latéraux. Ventre noir avec le dernier sternite jaune en 
entier sauf la pointe extrême; les pleuræ de chaque segment 
portent des taches jaune d’or formant, de la base à l’extrémité 
de l’abdomen, une ligne ponctuée, régulière et ininterrompue. 

Hanches antérieures noires bordées extérieurement de jaune 
d’or; fémurs noir bleu un peu tachés de jaune d’or, tibias noirs, 
épiphyse tibiale jaune. Fémurs médians et postérieurs noir bleu 
à base jaune sur les deux tiers de leur longueur; tibias médians 
et postérieurs jaune d’or avec une ligne longitudinale en dessus 
et le sommet noir bleu. Tarses deux fois plus longs que les tibias, 
noirs en dessus, Jaunes en dessous. 

Ailes supérieures très allongées, avec la côte, les nervures et un 
large trait discocellulaire noir pourpré; espace terminal étendu, 
fauve doré, traversé de noir par les nervures; ligne marginale 
noire. Taches vitrées bien développées : imfracellulaire atteignant 
l’angle inférieur de la cellule, ultracellulaire petite, quadrifide, 
plus haute que large. Dessous un peu plus clair, à côte Jaune. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures, le point 


290 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 
discocellulaire et la bordure marginale noir pourpré. Franges des 
quatre ailes gris bronzé. 

Envergure : 17 millimètres. 

Type : 1 &', Indes orientales, Trichinopoly ; ex R. P. J. Castets; 
Coll: Ch: Oberthür. 


Voisine de la précédente, Chamanthedon xanthopleura n. sp. 
s’en distingue aisément par l’absence de jaune au bord des 
segments abdominaux en dessus et en dessous, la coloration des 
pattes, la dimension plus considérable du trait discocellulaire et 
la teinte fauve doré de l’espace terminal. 


GENRE CHAMÆSPHECIA Spüler. 


Chamæsphecia minima n. sp. (PI CCCLXXIXK, fig. 3177). 


.— Vertex noir bleu mêlé latéralement de blanchätre; front 
blanc. Palpes blancs à troisième article bronzé. Trompe bruratre; 
plaque jugulaire blanche; poils péricéphaliques blancs. Antennes 
noires tachées de blanc avant le sommet. Veux noirs; ocelles 
incolores, transparents. 

Collier, thorax et abdomen noir bleu; brosse anale concolore ; 
ventre bronzé avec l’extrémité du dermier sternite blanchâtre 
latéralement. 

Hanches antérieures blanches; fémurs bronzés; tibias bronzés 
écaillés de blanc en dessous. Fémurs médians et postérieurs 
bronzés ; tibias médians blancs; tibias postérieurs blancs, annelés 
de bronzé avant l’extrémité. Tarses des trois paires bronzés avec 
le premier article blanc au sommet. 

Ailes antérieures bronzées avec les trois taches vitrées bien 
développées : ultracellulaire ovale, formée de quatre divisions 
dont l’inférieure est la plus courte. Dessous semblable à cûte 
blanche. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale 


noir bronzé. Franges des quatre ailes bronzées. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 291 





Envergure : 0,5 millimètres. 
Type : 1 g', Nouvelle-Grenade, de Bogota à Buenaventura; 
ex O. Thieme (14 déc. 1877 au 22 fév. 1878); Coll. Ch. Oberthür. 


Chameæesphecia minima n. sp. est, avec CA. micra Le Cerf que 
J'ai décrite d'Algérie et qui est comme elle de couleur sombre, 
la plus petite Ægerie décrite jJusqu’ici. 


Chamæsphecia clathrata n. sp. (PL CDLXXXI, fig. 3967). 


Q. — Vertex noir bleu; front noir bronzé; palpes noir bleu ; 
trompe brun noirâtre; poils péricéphaliques noirs. Antennes 
noires. Veux brun foncé; ocelles bruns. 

Collier, thorax et abdomen noir bleu; brosse anale concolore. 
Ventre noir avec les premier, quatrième, cinquième et sixième 
sternites blanc d’argent. 

Hanches antérieures blanc d’argent; fémurs noirs, tibias noirs 
annelés de blanc à l'extrémité. Articulations coxofémorales 
médianes et postérieures blanc d’argent; fémurs médians et 
postérieurs noir bleu ; tibias médians noir bleu avec quelques poils 
blancs à l’extrémité; tibias postérieurs noir bleu annelés étroite- 
ment de blanc avant le milieu et plus largement à l’extrémité, 
éperons blancs ; tarses des trois paires noir bleu annelés de blanc 
au sommet du premier article. 

Ailes supérieures noir pourpré avec deux très petites taches 
vitrées : une intracellulaire punctiforme et une ultracellulaire 
triangulaire formée de trois divisions dont l’inférieure est la plus 
courte. Dessous semblable avec la côte blanchâtre et un fort semis 
d’écailles jaune roussâtre dans la cellule et sur le trait disco- 
cellulaire. 

Ailes inférieures transparentes avec une large bordure mar- 
ginale noir pourpré couvrant la moitié du disque et reliée au trait 
discocellulaire — très large, épais et quadrangulaire — par un 
prolongement qui couvre l'intervalle entre les nervures 2 et 3 et 
se prolonge en ligne droite iusqu’au dessus de l’extrémité de 


202 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


la nervure 1°. La partie vitrée de l’aile se trouve ainsi divisée en 
deux aires distinctes : une basilaire, large et triangulaire, et une 
discale semi-ovalaire. Dessous semblable. Franges des deux paires 
noires. 

Envergure : 14,5 millimètres. 

Type : 1 Q, Congo français, Lambarené (Ogooué), R. Ellen- 
berger (1911); Coll. Muséum de Paris. 


J'ai signalé ailleurs les affinités de dessin de cette espèce 
avec d’autres Ægerudes américaines et paléarctiques; c’est de 
Chameæesphecia infuscata Le Cerf qu’elle se rapproche le plus, 
quoiqu'elle appartienne à un groupe différent et peut-être même 
à un autre genre; elle s’écarte en effet des CLamæsphecia vraies 
par deux détails de nervulation : aux ailes supérieures, les ner- 
vures 10 et 11 ne sont pas confondues au sommet mais seulement 
convergentes, et aux ailes inférieures les nervures 3 et 4 ne sont 
pas tigées et partent du même point à l’angle inférieur de la 
cellule; la connaissance du mâle permettra sans doute de situer 


plus exactement cette petite espèce. 


GENRE DIPSOSPHECIA Spüler. 


Dipsosphecia teleta n. sp. (PI CCCLXX VIII, fig. 3164). 


cd. -— Vertex noir, hérissé postérieurement de poils jaunes; 
front noir bronzé lituré de blanc devant les yeux. Palpes hérissés 
jaune fauve, clair à la base, foncé en avant et à l’extrémité avec 
une large ligne externe noire sur le second et le troisième articles. 
Trompe brune; plaque jugulaire noire, mêlée de poils et d’écailles 
jaunes ; poils péricéphaliques jaunes. Veux noir brun, ocelles jaune 
pèle. Antennes épaisses, noires longées extérieurement d’une ligne 
d'écailles Jaunes. 

Collier noir bronzé brillant. Thorax noir recouvert de fins poils 


grisatres avec les ptérygodes largement écaillées de Jaune au bord 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 293 





interne; poils latéraux du métathorax mêlés de noir et de jaune 
foncé; dessous noir portant de chaque côté une petite tache latéro- 
pectorale formée de quelques écailles jaunes. Abdomen noir avec 
tous les tergites sauf le premier bordés de jaune foncé; brosse 
anale noire mélangée au milieu et latéralement de poils jaunes 
peu nombreux. Ventre noir avec le bord des quatrième, cinquième 
et sixième segments et le dernier sternite presque en entier Jaune 
foncé. 

Hanches antérieures noir bleu recouvertes, à l’exception de la 
partie médiane du bord interne, d’écailles et de poils jaune foncé; 
fémurs noir bleu ainsi que les tibias dont la base, le sommet et 
le dessous sont jaune foncé. Hanches et fémurs médians et pos- 
térieurs noir bleu; tibias médians Jaunes longés extérieurement 
par une ligne noir bleu; tibias postérieurs noir bleu à face externe 
et bord supérieur jaune foncé. Tarses des trois paires noirs en 
dessus, jaunes en dessous. 

Aüïles supérieures munies sur la base d’une petite tache jaune; 
côte et nervures noir brun; espace terminal fauve roussâtre; 
bordure marginale plus foncée et bord interne rouge fauve; trait 
discocellulaire noir portant extérieurement un gros point médian 
rouge fauve. Taches vitrées bien développées : ultracellulaire 
ovale, quadrifide. Dessous plus clair et à côte Jaunâtre. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale 
noir bleu; trait discocellulaire noir, éclairé en dehors de rouge 
fauve. Dessous semblable à côte jaune. Franges des deux paires 
gris bronzé. 

Envergure : 23 millimètres. 

Type : 1 ', Brésil, Caraça; ex P. Germain (2° semestre 1884); 
Coll. Ch. Oberthür. 

Il ne m'a pas été possible de relever des différences génériques 
appréciables entre cette espèce et les formes européennes et nord- 
américaines qui ont pour type le plus anciennement décrit 2/p505- 
phecia ichneumoniformis F.; D. teleta ressemble beaucoup à 2. 
(= sesia auct.) #ellinipennis Bdv. des Etats-Unis auprès de qui 
elle devra se placer. 


294 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


—— —_—_—_—_—_—_—_—_—_—_————— ————— 





GENRE PYROPTERON Newm. 


Pyropteron chrysomelæna n. sp. (PL CCCLXXVIII ; 
he 105): 


d. — Vertex noir pourpré; front blanc brillant. Palpes jaune 
d’or à troisième article assez long; trompe Jaune; plaque jugu- 
laire et poils péricéphaliques jaune d’or. Antennes noir pourpré 
en dessus, roussâtres en dessous et à base Jaune d’or. Yeux brun 
noir; ocelles jaune clair, très petits. 

Collier jaune d’or; thorax noir pourpré avec le métathorax en 
dessus et deux taches latéropectorales en dessous jaune d’or. 
Abdomen noir, premier tergite en entier, second latéralement et 
bord postérieur des cinquième, sixième et septième jaune d’or; 
brosse anale trilobée, noire, bordée latéralement de jaune d’or. 
Ventre noir à premier stermte Jaune d’or. 

Hanches antérieures noires tachées de jaune d’or dans leur 
moitié supérieure externe, fémurs noirs, tibias Jaune d’or à base 
noire, tarses Jaune d’or, coupés de noir en dessus aux articu- 
culations. Hanches médianes noires, hanches postérieures jaune 
d’or; les pattes médianes et postérieures ont les fémurs noirs, les 
tibias jaune d’or à base et à moitié terminale noires, et les tarses 
jaunes à trois derniers articles noirs en dessus. 

Ailes antérieures noir pourpré, portant trois taches vitrées bien 
développées; l’infracellulaire n’atteint pas l'extrémité de la 
cellule et l’ultracellulaire presque carrée est divisée en cinq aréoles 
subégales. Dessous un peu pius clair, côte et espaces interner- 
vuraux du champ terminal jaune d’or. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures, un petit trait 
discoceliulaire et la bordure marginale noir pourpré; en dessous 
la côte, la base et le bord anal sont jaune d’or. Franges des quatre 
ailes noir pourpré à l’exception de la base des inférieures où elle 


est Jaune d’or. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 295 


Envergure : 17 millimètres. 
Type : 1 G', Brésil, Rio-Janeiro; ex P. Germain (1883); Coll. 
Ch. Oberthür. 


En dehors de ses caractères de genre, je ne connais aucune des 
affinités que cette brillante petite espèce peut avoir avec d’autres 
Pyropteron américains et la faune paléarctique ne contient pas 
de formes de ce type. 


GENRE SYNANTHEDON Hbn. 


Synanthedon subauratus n. sp. (PI. CCCLXX VIIT ; fig. 3166). 


©. — Vertex noir et jaune; front lituré de blanc devant les 
yeux. Palpes jaune d’or, trompe marron clair; plaque jugulaire 
jaune d’or; poils péricéphaliques blancs. Antennes noir violacé, 
écaillées en dessous et en dehors, sauf à la pointe, de jaune d’or. 
Yeux bruns, ocelles rose rubis. 

Collier noir irisé dans son milieu, jaune d’or de chaque côté. 
Thorax noir à ptérygodes jaunes du côté exferne en avant, au 
milieu et à l'extrémité; métathorax jaune d'or. Dessous avec de 
giandes taches latéropectoraies jaune d’or. 

Abdomen noir à reflet bleu d’acier presque entièrement 
recouvert par les larges bordures jaunes que portent tous les 
tergites. Brosse anale et ventre en entier Jaune d’or. 

Pattes entièrement jaune d’or à l’exception des tibias antérieurs 
et médians qui sont tachés extérieurement de bleu d'acier. 

Ailes supérieures à côte et nervures noir bleu ; base des nervures 
radiale et cubitale et bord interne jaune d’or. Taches vitrées tres 
développées, ultracellulaire carrée, à cinq aréoles subégaies; 
espace terminal pourpré, strié de jaune d’or entre les nervures 
4 à 8. Dessous plus clair avec la côte jaune d’or. 

Ailes inférieures transparentes à base jaune d’ér, sans trait 
discocellulaire différencié; nervures et ligne marginale noir 


206 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








pourpré. Dessous semblable à côte jaune. Franges des quatre 
ailes gris bronzé. 

Envergure : 10,5 millimètres. 

Type : 1 ©, Célèbes méridionales, région basse entre Maros et 
Bamba; ex W. Doherty (1806); Coll. Ch. Oberthür. 


Cette petite espèce et la suivante, malgré une coloration en 
apparence bien différente, mais qui en réalité dérive du même 
type, appartiennent au groupe de Syranthedon tipuliformis CI. 
dont les représentants sont répandus à travers tous les continents; 
d’après la description de Sesia phasiæformis Feld. elles semblent 


aussi apparentées à cette Ægeride d’'Amboine. 


Synanthedon versicolor n. sp. (PI CCCLXX VIII, fig. 3167). 


Q. — Vertex noir, front noir bronzé lituré de blanc devant 
les yeux. Palpes jaunes longés extérieurement de noir sur les 
second et troisième articles ; trompe brune. Plaque jugulaire noire 
mêlée de jaune; poils péricéphaliques blancs. Yeux noirs, ocelles 
rubis. Antennes longues, noires, à base Jaune en dessous. 

Collier noir mêlé de jaune. Thorax noir bleu en dessus et en 
dessous avec deux grandes taches latéropectorales jaunes. Méta- 
thorax jaune. Abdomen noir à reflet bleu vert, tous les segments 
bordés postérieurement de Jaune. Brosse anale rouge orangé. 
Ventre jaune excepté le second et les côtés du dernier sternites 
qui sont noir bleu. 

Hanches antérieures noir bleu largement bordées de jaune en 
dehors; les pattes antérieures sont détruites. Fémurs médians et 
postérieurs noir bleu, écaillés sur les crêtes supérieure et inférieure 
et la face interne de Jaune; tibias médians Jaunes avec la base 
et un large anneau postmédian noirs; tibias postérieurs jaunes 
portant deux grandes taches noir bleu du côté externe : une entre 
la base et le milieu, l’autre entre le milieu et le sommet. I arses 
noirs en dessus, Jaunes en dessous et à l’extrémité de chaque 
article. 

Ailes supérieures transparentes à reflet 1risé bleu vif; côte noir 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 207 
verdâtre, nérvures, point discocellulaire et espace terminal noir 
pourpré, ce dernier est mêlé avant la ligne marginale d’écailles 
jaune d’or disposées en semis continu parallèle au bord et plus 
dense vers la côte. Tache vitrée ultracellulaire grande, quadran- 
gulaire, plus large en haut qu’en bas, composée de cinq aréoles 
auxquelles s’en ajoute entre la fourche de 7 et 8 une sixième 
ovale, entaillant l’espace terminal. Dessous semblable, côte jaune 
ainsi que la majeure partie de l’espace terminal. 

Aïles inférieures transparentes, sans trait discocellulaire diffé- 
rencié; nervures et ligne marginale noir pourpré. Dessous pareil 
à côte Jaune. Franges 
des deux paires gris 
bronzé. 

Envergure : 18,5 mil- 





limètres. 
Type : 1 ©, Marang, 


sud-ouest de Sumatra : Fic. 13. — Synanthedon versicolor n. sp. 9. — Aïle 
d supérieure droite, montrant la forme échancrée de 
ex W. Doherty (1890); l'espace terminal et la disposition des parties claires 


(Grossissement : x 7,25). 


Coll. Ch. Oberthür. 


Le reflet bleu d’acier vif de cette jolie espèce, la coloration 
de sa brosse anale et surtout la forme caractéristique du dessin 
des ailes supérieures permettent de la distinguer facilement de 
toutes celles décrites jusqu'ici. Le dernier caractère étant à peine 
visible sur la figure grandeur naturelle donnée sous le n° 3167 
de la PI CCCLXXVIII, je représente ici (fig. 13) l’aile supérieure 
avec un grossissement suffisant pour bien faire ressortir la dispo- 
sition des aréoles de l’aire vitrée ultracellulaire, la forme et le 
dessin de l’espace terminal. 


Synanthedon chrysophanes Mevr. (PI. CDLXXIX, fig. 3042- 
3943). 


Sesia chrysophanes Meyrick, Proceedings of the Linnean Society of New 
South Wales, I, p. 689 (1886). 


Une petite série d'exemplaires des deux sexes de cette char- 
mante espèce se trouve dans la collection Ch. Oberthür, et quatre 


208 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





d’entre eux, obtenus d’élevage par F. D. Dodd, sont d’une 
fraicheur parfaite. En dehors du dimorphisme sexuel très pro- 
noncé qui distingue les mâles des femelles, on ne relève pas de 
différences entre ces exemplaires, et ils correspondent bien avec la 
description originale. 

Aucune figure de Syxanthedon chrysophanes Meyr. n’ayant été 
publhée, je fais représenter un mâle et une femelle ex larva. 

Par son faciès et la disposition générale de son dessin, cette 
espèce se rapproche beaucoup de Syranthedon cynipiformis Esp. 
d'Europe, du groupe de Syxanthedon tipuliformis CI. qui compte 
de nombreux représentants sur tout le globe et particulièrement 
dans la région Indo-Australienne où se trouvent plusieurs espèces 
dans lesquelles les femelles ont la coloration jaune aussi déve- 
loppée que chez celle de Syxanthedon chrysobhanes Meyr. 

Envergure : O', 19-20 millimètres; ©, 24 millimètres. 

3 90,2 Q ©, Mackay (Queensland); Townsville (Qucersland) 
6. L'r7/10-VI-19got1 et 1910, ex'F: D'Dodd; Col Cb'Obernoe 


Svnanthedon flavostrigata n. sp. (PL CDLXXVIIT, fig. 3946). 


d. — Vertex non hérissé, noir bleu à nuque jaune. Front blanc 
pur mêlé un peu vers le haut d’écailles bronzées isolées. Palpes 
Jaunes avec une courte ligne noire externe sur l’extrémité du 
second article et sur le troisième; trompe brunätre; plaque jugu- 
laire et poils péricéphaliques jaunes. Antennes finement ciliées, 
noir bleu, un peu tachées de blanc avant le sommet en dessus, 
brunes en dessous avec l’article basilaire jaune. Yeux brun noir; 
ocelles grenat clair. 

Collier noir pourpré. Thorax noir bleu à ptérygodes concolores 
écaillées de jaune le long du bord interne; touffes latérales du 
métathorax Jaunes ; surface postcoxale écaillée de jaune. 

Abdomen noir éparsément semé d’écailles blanc jaunûtre et très 
finement bordé de jaune à tous les tergites; la bordure du septième 
tergite est plus large que les autres. Brosse anale noire, mêlée de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 209 
jaune au milieu et sur les côtés. Ventre noir presque entièrement 
recouvert d’écailles jaunes. 

Hanches antérieures jaunes. Hanches médianes et postérieures 
jaunes au sommet du bord interne (pattes antérieures et médianes 
détruites); fémurs postérieurs noir bleu, tibias jaunes, largement 
tachés à la base de noir bleu en dessus, de blanc en dessous et 
annelés de noir bleu entre les deux paires d’éperons; ceux-ci sont 
jaunes; tarses jaunes, tachés de noir bleu en dessus, à l’extrémité 
des articles. 

Ailes supérieures transparentes, avec la côte, le bord interne, les 
nervures et le trait discocellulaire noir bronzé pourpré; espace 
terminal noir bronzé clair, largement écaillé de jaune entre les 
nervures 3 à 8; des écailles de même couleur bordent extérieu- 
rement le trait discocellulaire qu’elles échancrent légèrement au 
milieu et couvrent la base des nervures 4 à 7. Dessous presque 
entièrement Jaune à l’exception des nervures qui traversent l’es- 
pace terminal et de la moitié interne du trait discocellulaire qui 
sont noirs comme en dessus. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale 
finement écrites en noir bronzé; une petite tache triangulaire noire 
marque la discocellulaire supérieure; la discocellulaire inférieure 
est nue. Dessous semblable à côte jaune. Franges des quatre ailes 
bronzées. 

Envergure : 15,5 millimètres. 

Type : 1 S, Mexique, Tabasco (1913); Coll. Ch. Oberthür. 

Appartient au groupe de Synanthedon tipuliformis C1. S. cono- 
piformis Esp, etc. 


Synanthedon Benoisti n. sp. (PI. CDI XXVIII, fig. 394, d'; 
PL CDLXXXTI, fig. 3960. O). 


Œ. — Vertex non hérissé, noir bleu brillant; front noir bronzé 
lituré de blanc d’argent devant les yeux. Palpes blanc pur en 
dessous dans toute leur longueur, noirs en dessus; trompe brune; 
plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs passant au jau- 


300 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





nâtre sur la nuque. Antennes noir bleu, avec une petite tache 
blanche en dessus avant l’extrémité. Veux noirs, ocelles jaune pâle. 

Collier et thorax noir bleu; ptérygodes finement bordés de 
jaune pâle. Le thorax porte en dessous une tache latéropectorale 
blanc Jaunätre bien définie, arrondie. Touffes latérales du méta- 
thorax mêlées de quelques poils jaune pâle; surface postcoxale 
blanche. | 

Abdomen long et grêle, noir bleu, avec les second et troisième 
tergites bordés d’une ligne d’écailles jaune pâle; brosse anale 
longue et étroite, noir bleu avec quelques poils blancs de chaque 
côté. Ventre blanc avec le dernier sternite noir bleu sauf à la base. 

Hanches antérieures blanches, un peu écaillées de’noir à la base 
du bord interne; fémurs noir bleu; tibias noir bleu en dessus, 
tachés de blanc près de la base et au sommet, roussâtres en 
dessous. Hanches médianes noires; fémurs médians noir bleu 
extérieurement; blancs sur la face interne; tibias noir bleu très 
largement annelés de blanc au milieu et étroitement au sommet. 
Hanches postérieures blanches bordées de noir bleu; fémurs 
blancs à sommet noir bleu extérieurement; tibias noir bleu étroi- 
tement annelés de blanc au milieu et à l'extrémité; éperons des 
deux paires blancs; tarses des trois paires noirs annelés de blanc 
en dessus, blancs en dessous. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne et 
les nervures principales noir bleu; trait discocellulaire et espace 
terminal noir pourpré; l’aire vitrée infracellulaire n’atteint pas le 
trait discocellulaire, et l’ultracellulaire est carrée, composée de 
cinq aréoles égales. En dessous la côte, le bord interne et les 
nervures principales sont jaune pâle; des écailles blanc jaunâtre 
forment des stries internervurales sur l’espace terminal. Dessous 
semblable à côte jaune pâle. Franges des quatre ailes bronzé 
pourpré. 

Q.-— Dans la Collection Ch. Oberthür se trouve une femelle 
recueillie à la Guyane, par C. Bar, et que je crois être celle de 
Synanthedon Benoisti: elle est malheureuseinent dépourvue d’an- 


tennes et de pattes, et le thorax est endommagé par le vert de gris 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 301 


de l’épingle. Telle quelle, cependant, elle suffit à établir les prin- 
cipales différences qui séparent les deux sexes. De taille plus 
grande et de forme plus lourde, mais de coloration générale sem- 
blable, elle se distingue en outre du mâle par les caractères 
suivants : 

Second et troisième tergites abdominaux bordés de blanc jau- 
nâtre; pinceau médian de la brosse anale bordé de blanc de 
chaque côté; ventre blanc du milieu du premier sternite au qua- 
trième inclusivement, noir bleu dans le reste. Aux ailes supérieures, 
l’espace terminal est notablement plus large, et par suite la tache 
vitrée ultracellulaire plus étroite, presque deux fois plus haute 
que large, enfin le trait discocellulaire est plus épais et un peu 
anguleux au milieu du bord interne. 

Envergure : G, 14 millimètres; ©, 19 millimètres. 

Types : 1 G, 1 Q, Gourdonville, Guyane française, octobre 
1014, ex R. Benoist; Coll. Muséum de Paris. — Guyane française, 
ex Coll. C. Bar, Coll. Ch. Oberthür. 


Synanthedon Benoisti paraît étroitement apparenté à Syran- 
thedon (—Sesia) surinamensis Môschl., mais s’en distingue aisé- 
ment par la teinte blanc pur des parties claires, la forme de l’aire 
vitrée ultracellulaire des ailes supérieures, l’absence de jaune au 
collier, au « bord postérieur du thorax » et de « longues taches » 
de même couleur sur les « segments médians » de l’abdomen et de 
bande pleurale Jaune foncé. 

Je l’ai dédié à mon collègue R. Benoist qui en a découvert et 
capturé le mâle type au cours d’une mission en Guyane, inter- 


rompue par la guerre. 


Synanthedon guyanensis n. sp. (PI. CDLXXVIIT, fig. 3945). 

Sesia surinamensis Müschler H. B., Beytraege zur Schmetterlinge-Fauna 

von Surinam (II, pp. 3-4), in: Verhandlungen der K. K. Zoologisch- 

botanischen Gesellschaft in Wien, Jahrgang 1877, pp. 631-632 
(1878) [fem. nec mas]. 

©. — Vertex noir bleu; front bronzé assez largement lituré de 


blanc pur devant les yeux; palpes à premier article noir, second 


20 


302 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





jaune en dessous, et latéralement à la base, noir en dessus et 
extérieurement, troisième noir en dessus, jaune en dessous; trompe 
brun roussâtre; plaque jugulaire blanche à centre noir; poils 
péricéphaliques blancs; antennes noir bleu; yeux noir bronzé; 
ocelles grenats. 

Collier noir bronzé brillant. Thorax noir bleu; ptérygodes 
concolores, bordées d’une ligne d’écailles jaunes; en dessous le 
thorax est noir bronzé et porte deux taches latéro-pectorales 
jaunes : une antérieure, petite, et une médiane, très grande, cou- 
vrant presque entièrement la région mésothoracique et réunie à la 
première par un prolongement de sa partie supérieure. Surface 
postcoxale blanche. 

Abdomen noir bleu avec les second, quatrième et sixième ter- 
gites bordés d’une rangée d’écailles jaunes; brosse anale conco- 
lore portant latéralement quelques poils jaunes. Ventre noir avec 
la moitié basilaire du premier sternite, des points sur les #/euræ 
des trois premiers segments et le bord des quatre derniers sternites 
jaune clair. 

Hanches antérieures blanc pur, à bord interne étroitement écaillé 
de noir; fémurs et tibias noir bleu; tarses concolores à premier 
article annelé de blanc à la base et au sommet; fémurs médians 
et postérieurs noir bleu longés de blanc sur la crête inférieure; 
tibias médians noir bleu, traversés obliquement en dehors par une 
fascie médiane blanche et terminés en dessus par une petite touffe 
de poils jaunâtres; éperons noirs à pointe blanche; tarses blancs 
sur la face interne et en dessous, noir bleu extérieurement et en 
dessus, coupés de blanc à la base et au sommet du premier article 
et à l’extrémité du second; tibias postérieurs noir bleu tachés de 
blanc de la base au milieu de la face interne et très étroitement 
annelés de même couleur au milieu et à l’extrémité de la face 
externe; éperons blancs; tarses comme aux pattes médianes. 

Aïles supérieures transparentes, à côte, bord interne et nervures 
principales noir bleu; trait discocellulaire et espace terminal noir 
pourpré; le premier est très étroit et le second, assez large, couvre 
la fourche des nervures 7 et 8; tache vitrée infracellulaire attei- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 303 





gnant le trait discocellulaire, ultracellulaire carrée, formée de 
cinq aréoles subégales. Dessous semblable avec la base de la côte 
blanc Jaunâtre et quelques écailles de même couleur éparses sur 
l’espace terminal. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et la ligne 
marginale très finement écrites en noir pourpré; discocellulaire 
inférieure nue. Dessous avec la base de la côte blanc jaunûtre. 
Franges des deux paires bronzé pourpré. 

Envergure : 18-20,5 millimètres. 

Types : 2 ©, Guyane française, Godebert VI, et Saint-Jean- 
du-Maroni VII, ex E. Le Moult; Coll. F. Le Cerf. 


Synanthedon guyanensis, var. clara n. var. (PL CDLXXXI, 
fig. 3970). 


Q.— Diffère du type par la réduction aux ailes supérieures de 
l’espace terminal, réduit à une étroite bordure concave, légèrement 
élargie à l’apex et découvrant largement la fourche des nervures 
Tee: 

Envergure : 19 millimètres. 

Type : 1 ©, Guyane française; Nouveau Chantier VII, ex 
E. Le Moult; Coll. F. Le Cerf. 


Cette espèce est celle que Môschler a décrite, avec quelque 
doute, comme la femelle de sa Sesza surinamensis. La figure en 
noir qu’il donne du mâle de celle-ci (Loc. cit., Taf. VIII, fig. 1) ne 
s'accorde pas avec sa description; elle est franchement mauvaise 
et de tous points inexacte : la nervulation est fantaisiste, aux ailes 
supérieures quatre nervures seulement — et non cinq — traversent 
l’aire vitrée ultracellulaire, les ptérygodes sont entièrement claires, 
par contre l’abdomen ne porte aucune trace des « longues taches 
jaunes » sur les « segments médians », etc. C'est donc seulement 
en m’appuyant sur les caractères et les détails fournis par le texte 
que J'ai différencié guyanensis n. sp. de surinamensis Môschl. Ces 


deux espèces sont certainement affines, mais quoique le mâle de la 


304 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


première me soit inconnu je suis convaincu qu’elle est bien dis- 


tincte spécifiquement de la seconde. 


Synanthedon maculiventris n. sp. (PL CCCLXXVIIL fig. 
3168). 


d.— Vertex noir bleu, front bronzé pourpré lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes noirs en dessus, jaunes en dessous. 
Trompe roux pâle; plaque jugulaire bronzé pourpré au milieu, 
jaune latéralement. Poils péricéphaliques jaunes. Antennes noir 
bleu. Veux noir brun; ocelles incolores. 

Collier noir verdâtre. Thorax noir pourpré, ptérygodes conco- 
lores à tiers postérieur jaune; métathorax jaune; en dessous le 
thorax est presque entièrement écaillé de jaune. Abdomen noir 
bleu avec les deuxième, quatrième et cinquième tergites étroi- 
tement bordés de jaune; brosse anale longue, effilée, concolore. 
Ventre noir bleu sur les troisième, septième et huitième sternites, 
jaune dans le reste. 

Hanches antérieures jaunes, avec deux bandes noir bleu trans- 
versales : une à la base, l’autre avant le sommet; fémurs noir 
bleu extérieurement, jaunes en dessous et du côté interne; tibias 
noir bleu en dessus, jaunes en dessous; tarses jaunes avec une 
ligne longitudinale noire en dessus. Articulation coxofémorale 
médiane noir bleu, postérieure noir bleu tachée de jaune au milieu; 
fémurs médians et postérieurs noir bleu extérieurement, jaunes 
en dessous et du côté interne; tibias médians noir bleu largement 
tachés de jaune avant le milieu; extrémité et éperons jaunes; 
tibias pestérieurs noir bleu avec une touffe de poils jaunes sur la 
moitié basale supérieure, des écailles et des poils jaunes au niveau 
des éperons médians et à l’extrémité; face interne jaune à sommet 
noir; éperons Jaunes avec une ligne noire en avant. Tarses des 
2 paires noirs en dessus à l’exception du cinquième article qui est 
Jaune ainsi que le dessous des quatre derniers en dessous. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, le 
bord interne, le trait discocellulaire et l’espace marginal — peu 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 305 





large et laissant à découvert la fourche des nervures 7 et 8 — 
noir pourpré; tache vitrée ultracellulaire étendue de la nervure 2 
à la nervure 0. Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et bordure marginale 
noir pourpré. Dessous semblable. Franges des quatre ailes 
concolores. 

Envergure : 20 millimètres. 

Type: 1 g, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hôhe- 
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1808); Coll. Ch. Oberthür. 


Cette espèce doit se placer au voisinage de Syranthedon 
surinamensis Môschl.; comme celle-ci elle participe des caractères 
des espèces du groupe de S. Zipuliformis CI. 


Synanthedon javanus n. sp. (PI. CCCLXXX, fig. 3181). 


og. — Vertex noir verdâtre, nuque jaune: front noir pourpré 
lituré de blanc devant les yeux. Palpes jaunes avec une ligne 
longitudinale externe noire sur le second et le troisième articles ; 
trompe rousse; plaque jugulaire et poils péricéphaliques jaunes. 
Antennes noir pourpré. Veux noirs, ocelles Jaunes. 

Collier et thorax noir bleu en dessus et portant en dessous deux 
larges taches jaunes latéropectorales; ptérygodes bordées de 
jaune du côté interne; métathorax jaune. 

Abdomen noir bleu; deuxième, quatrième et sixième tergites 
bordés de jaune; brosse anale noir bleu. Ventre noir avec les trois 
avant-derniers sternites bordés de jaune dans leur partie médiane. 

Hanches antérieures noir bleu du côté interne, jaunes dans leur 
moitié longitudinale externe; fémurs noir bleu, tibias de même 
couleur avec une large tache en dessus et le dessous jaune; tarses 
jaunes en dessus sauf à l’extrémité qui est noir pourpré ainsi que 
le dessous. Fémurs médians et postérieurs noir bleu; tibias 
médians noir bleu avec une tache externe, les éperons et les poils 
du sommet jaunes et une tache médiane blanche en dessous ; tibias 
postérieurs noir bleu, étroitement annelés de jaune au milieu et 


306 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





à l’extrémité; tarses noir bleu avec le sommet du premier article 
jaune. 

Ailes supérieures transparentes, à côte, nervures et trait disco- 
cellulaire noir bleu; espace terminal large, rectiligne du côté 
interne, roux doré obscur; tache vitrée ultracellulaire quadran- 
gulaire, un peu plus large à sa partie supérieure. Dessous plus 
clair avec la côte jaune. ; 

Ailes inférieures transparentes, sans trait discocellulaire diffé- 
rencié; nervures et ligne marginale noir pourpré. Franges des 
quatre ailes bronzé pourpré. 

Envergure :.18 millimètres. 

Type: 16, Java, Résid'Sækabæmi: ex J=B- Pedro @ébsie 
CoilCh'Oberthüur. 


Synanthedon javanus n. sp. doit prendre place dans la série 
nombreuse et cosmopolite des espèces dont Syxanthedon tipuli- 
formus CIKk. est le type. 


Synanthedon flavipectus n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 3171). 


g: — Vertex noir verdâtre brillant; front blanc avec une 
petite tache bronzée au centre. Palpes jaunes mêlés de poils noirs 
au sommet des second et troisième articles ; trompe rousse. Plaque 
jugulaire blanc jaunâtre; poils péricéphaliques blancs. Antennes 
noir bleu. Yeux brun foncé, ocelles jaunes. 

Collier et thorax noir bleu; en dessous le thorax est presque 
entièrement recouvert par de larges taches latéropectorales jaunes; 
surface postcoxale blanc d’argent. Abdomen noir bleu avec 
les pleuræ des deux premiers segments jaunes, et une étroite 
bordure de même couleur aux second, troisième et quatrième 
tergites; brosse anale concolore. Ventre noir avec les deux 
premiers sternites blanchâtres, le milieu des cinq suivants et 
l’extrémité du dernier jaune d’or. 

Hanches antérieures Jaune pâle; fémurs noir bleu; tibias noir 
bleu, à dessous et sommet Jaune; fémurs médians et postérieurs 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 307 





noir bleu ; tibias médians jaunes annelés de noir bleu à l’extrémité; 
tibias postérieurs noir bleu extérieurement avec le côté interne 
et quelques poils jaunes au milieu, en dehors et à l’extrémité. 
Tarses des trois paires noirs en dessus coupés de jaune au sommet 
des articles, jaunes en dessous. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne, 
les nervures et le trait discocellulaire noir bleu; espace terminal 
noir pourpré, rectiigne du côté interne; tache vitrée ultracellulaire 
carrée, composée de cinq divisions égales. Dessous semblable à 
côte Jaune et semé d’écailles blanc jaunâtre sur l’espace terminal. 

Ailes inférieures transparentes, sans trait discocellulaire diffé- 
rencié, avec les nervures et une étroite bordure marginale noir 
pourpré. Dessous semblable. Franges des quatre ailes noires. 

Envergure : 12,5-15 millimètres. 


ypesuz ct Parma: Coll Ch-Oberthür: 


Voisine mais bien distincte de l’espèce suivante et comme elle 


/ x . . 
apparentée aux espèces du groupe de Syranthedon surinamensis 
Môschl. 


Synanthedon Germaini n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 3172, 
3173; 3174). 


d.— Vertex noir bordé en arrière de poils jaunes; front blanc, 
mêlé au centre d'’écailles ardoisées. Palpes blanc jaunâtre; trompe 
brune à extrémité jaunâtre. Plaque jugulaire blanche à sommet 
noir ; poils péricéphaliques blancs. Antennes très finement ciliées, 
noires en dessus, brunes en dessous sauf au sommet. Veux noirs, 
ocelles rouge orange. 

Collier et thorax noir bleu; abdomen de même couleur à qua- 
trième tergite bordé de jaune; brosse anale étroite, concolore 
avec des traces de jaune au milieu et latéralement. En dessous, 
les sternites des quatrième, cinquième et sixième segments sont 
blanc jaunûtre. 

Hanches antérieures noir bleu, bordées extérieurement de blanc 
jaunâtre sur la moitié de leur longueur; fémurs et tibias noir 


308 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


bleu mêlés en dessous de jaune pale. Fémurs médians et pos- 
térieurs noir bleu; leurs tibias concolores et terminés par quelques 
poils Jaunes; tarses des trois paires noirs en dessus, jaunes en 
dessous. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, le 
trait discocellulaire et l’espace terminal noir bleu ou pourpré; 
la tache vitrée ultracellulaire subcarrée, est formée de cinq aréoles 
égales. Dessous semblable, plus clair et pourvu d’écailles jaunes 
sur la côte, les nervures principales et le bord externe du trait 
discocellulaire. 

Ailes inférieures transparentes à nervures, bordure marginale 
et trait discocellulaire noir bleu. Dessous pareil à l'exception de 
la côte qui est jaune. Franges des quatre ailes noires. 

Q.:— Diffère du mâle par le front noir lituré de blanc, la brosse 
anale jaune avec un trait médian et les côtés extérieurs des 
pinceaux latéraux noirs, la présence de deux sternites blancs au 
lieu de trois et la réduction de la tache vitrée ultracellulaire aux 
ailes supérieures. 


Envergure : g', 12,5-15 mm.; Q, 13-19 millimètres. 
Types : 2 ©, 3 ©, Brésil, Nova-Friburgo (févaer 1882) 
ex P. Germain; Coll. Ch. Oberthür. 


Les cinq spécimens que j’ai en mains montrent une variabilité 
assez étendue dans la taille, surtout chez les femelles, mais qui 
ne dépasse pas les proportions que nous connaissons chez les 
Ægerudæ. Les caractères spécifiques sont plus stables, seule la 
femelle figurée sous le n° 3173, PI. CCCLXXIX diffère des autres 
par l’existence d’un seul sternite blanc —— le sixième — au lieu 
de deux et la présence d’écailles blanches à la base des hanches 
antérieures. 


Synanthedon iris n. sp. (PI CCCLXXVITI, fig. 3160). 


Q-— Vertex noir bleu à nuque fauve; front bronzé lituré de 
blanc devant les yeux. Palpes noirs en dessus et du côté interne, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 309 





blancs en dessous, troisième article mêlé de noir; trompe fauve. 
Plaque jugulaire noir bleu à centre blanc; poils péricéphaliques 
blancs jusqu'aux deux tiers des yeux, fauves dans le tiers 
supérieur. Antennes noir bleu. Yeux brun noir, ocelles incolores. 

Collier noir bleu écaillé de fauve en avant dans sa partie 
médiane. Thorax noir bleu avec une ligne médiane d’écailles 
fauves, divisée en arrière et bordant la suture mesoscutellaire. 
Ptérygodes concolores, semées d’écailles fauves formant une 
bordure le long du bord interne et à l’extrémité. Métathorax 
taché latéralement et bordé postérieurement de fauve. Le thorax 
porte en dessous une large tache latéropectorale fauve. 

Abdomen noir bleu avec les pleuræ des deux premiers segments 
fauves mêlées de blanc; premier, quatrième et sixième tergites 
bordés de blanc, brosse anale noire à sommet blanc. Ventre noir 
bleu à quatrième segment bordé de blanc. 

Hanches antérieures noir bleu dans leur moitié longitudinale 
interne, blanches dans leur moitié externe; fémurs noir bleu 
extérieurement, pourpres du côté interne; tibias noir bleu en 
dessus, blancs en dessous et au sommet. Articulations coxofé 
morales postérieures blanches bordées de noir bleu; féniurs 
médians et postérieurs noir bleu à crête inférieure blanche; tibias 
médians tachés de blanc extérieurement avant le milieu, annelés 
de blanc à l’extrémité; tibias postérieurs noir bleu annelés de 
blanc au milieu et au sommet ; aux deux paires : éperons internes 
noir bleu, éperons externes blancs. Tarses des trois paires noir 
blet annelés de blanc en dessus et blancs en dessous sur les quatre 
dermiers articles. 

Ailes supérieures transparentes à côte noir bleu; nervures, bord 
interne, trait discocellulaire et espace terminal noir pourpré; 
l’espace terminal de largeur égale couvre la moitié du champ 
ultracellulaire; tache vitrée ultracellulaire arrondie en dehors, 
composée de cinq divisions et couverte ainsi que l’infra et l’intra- 
cellulaire d’écailles incolores à reflet bleu pâle 1irisé. Dessous 
semblable à bord supérieur de la cellule Jaune. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures, un court trait 


310 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








discocellulaire et la bordure marginale noir pourpré. Dessous 
semblable, à côte jaune dans son tiers médian. 

Envergure : 25 millimètres. 

Type: 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hühe- 
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1808); Coll. Ch. Obertnür. 


Synanthedon iris paraît devoir se placer entre les espèces du 
groupe de S. /puliformis CI. et celles du groupe de S. vespiformis 
L.; malgré sa grande taille, la présence de trois traits clairs sur 
le thorax et d’un reflet bleu opalin sur les ailes supérieures c'est 
du premier qu’elle se rapproche le plus. 


Synanthedon dimorpha n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 3175, 
3176). 


œ.— Vertex noir; front noir violacé étroitement lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes noirs éparsément mêlés d’écailles jaunes 
dans toute leur longueur; trompe Jaunâtre; plaque jugulaire 
jaune et noire; poils péricéphaliques jaunes. Antennes jaune 
roussâtre, à base et sommet noirs. Veux noirs, ocelles jaune 
d’ambre. | 

Collier noir luisant ; thorax et abdomen noir bleu; brosse anale 
noire mêlée latéralement de quelques écailles jaunes. Ventre noir, 
a base et sternites 4 à 7 largement bordés de jaune; dernier 
sternite noir à base Jaune. 

Hanches antérieures noir bleu, écaillées en dehors de jaune 
pâle; fémurs noir bleu ainsi que les tibias dont l’épiphyse est 
blanc jaunâtre. Fémurs et tibias médians et postérieurs noir bleu 
en dehors, blanc jaunàtre en dedans, les tibias médians portent 
en outre quelques poils blancs à l’extrémité et les postérieurs un 
anneau linéaire de cette couleur au niveau de la première paire 
d’éperons et quelques poils au sommet. Tarses des trois paires 
Jaune clair, longés de noir en dessus. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, un 
trait discocellulaire linéaire et un très étroit espace terminal noirs; 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 311 





tache vitrée ultracellulaire arrondie en dehors, composée de cinq 
aréoles. Dessous semblable à côte légèrement écaillée de Jaune. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale 
finement écrites en noir. Dessous semblable; franges des quatre 
ailes noires. 


Q@. — Diffère du mâle par les palpes blanc jaunâtre avec une 
ligne externe sur le second article et le troisième en entier noir, 
les hanches antérieures blanc jaunâtre, le corps et les pattes entiè- 
rement noirs, les ailes supérieures opaques noir bronzé, les 
inférieures noires avec deux taches vitrées : une grande, étendue 
de la base au milieu du bord interne et au point discocellulaire, 
et une petite sur le disque. Dessous semblable. 


Enversure (145 mi; 0,165 millimètres. 


Brésil Caracan(2misemestre 1884);tex P. ‘Germain ;4Coll Ch 
Oberthür. 


Malgré la dissemblance considérable qui les sépare, je n’hésite 
pas à considérer comme appartenant à la même espèce ces deux 
exemplaires recueillis au même lieu et à la même date par 
P. Germain, des exemples de dimorphisme sexuel aussi accentué 
ne sont pas rares chez les Ægerudæ. 

Par sa femelle, cette nouvelle espèce a beaucoup d’affinités avec 
une Ægerie de l’Argentine dont je n’ai connu que la femelle : 
Synanthedon (— Sesia auct.) infuscata Le Cerf des Andes de 
Tucuman, et une autre : S. #ariona Beut. de l’ Amérique du Nord. 
Ces trois espèces ont en effet, outre les ailes supérieures opaques 
— à très peu près chez 21fuscata —, le même dessin caractéristique 
des ailes inférieures, dessin qui ne se retrouve, à ma connaissance, 
que chez Paranthrene scepsiformis Hy-Edw. et Paranthrene 
admirantus Hy.-Edw. d'Amérique du Nord. Paregina Alluaudi 
Le Cerf et (?) C. clathrata n. sp. d'Afrique, Tirista argentifrons 
Wikr. du Mexique et, moins accentué, chez Chamesphecia umbri- 
fera Stgr. de l’île de Corfou, en Europe. 


312 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Synanthedon Autremonti n. sp. (PI CDLXX VII, fig. 3047). 


d'. — Vertex et front noir bleu; palpes noirs, longés extérieu- 
rement de blanc jaunâtre sur le second article dont la face interne 
est entièrement blanche. Trompe brun noirâtre; plaque jugulaire 
blanc jaunâtre; poils péricéphaliques noirs. Antennes noires. Ycux 
noirs; ocelles rouge grenat. 

Collier et thorax noir verdâtre; ptérygodes concolores, avec 
l'extrémité et le bord inférieur jusqu’à la base de l’aile supérieure 
rouge minium; en dessous le mésothorax porte, au-dessous de 
la base des ailes supérieures, une tache latéropectorale rouge 
orange. Abdomen noir verdàtre, avec une bande d’écailles rouge 
minium sur les côtés des second, troisième et quatrième tergites ; 
brosse anale concolore. Ventre noir bleu de la base au troisième 
sternite, grisâtre sur le quatrième et blanc jaunâtre du cinquième 
a l’extrémité. 

Hanches antérieures blanc jaunâtre, avec une tache noire à la 
base du côté externe; fémurs noir bleu, tibias noirs, un peu mêlés 
de jaunâtre. Articulations coxofémorales médianes et postérieures 
blanc jaunâtre; fémurs médians et postérieurs noir bleu; tibias 
concolores, terminés par des poils blanc jaunâtre; éperons blancs; 
tarses des trois paires noir bleu, annelés de blanc au sommet des 
articles. 

Ailes supérieures opaques, noir verdâtre; dessous largement 
teinté de blanc jaunâtre de la base au delà du milieu et le long 
de la côte. ; 

Ailes inférieures noir bronzé, très légèrement éclaircies entre 
l’extrémité de la cellule et l’apex, et portant une aire hyaline 
basilaire trilobée, couvrant la cellule, la moitié de l’espace inter- 
nervulaire entre 1° et la médiane et aboutissant au milieu du bord 
interne. Dessous semblable mêlé de jaunâtre le long de li côte 
et sur le disque. Franges des deux paires gris noirûtre. 

Envergure : 14 millimètres. 

Type : 1 ©", Brésil, Etat de Minas-Geraës (109173) Coll Re 
Cerr 


nn - 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 313 





J'ai dédié cette charmante petite espèce à mon camarade le 
caporal Pierre d’Autremont. Comme la précédente elle paraît 
apparentée au même groupe d’espèces nord-américaines. 


 Synanthedon concavifascia n. sp. (PI. CCCLXXX, fig. 3180). 


œ. — Vertex noir bleu; front noir pourpré lituré de blanc 
devant les veux. Palpes noirs en dessus, blanc jaunâtre en dessous. 
Trompe noirâtre; plaque jugulaire blanc jaunûtre, poils péricé- 
phaliques blancs. Veux noirs, ocelles jaune topaze. Antennes noir 
bleu — au moins à la base, le reste étant détruit. 

Collier et thorax noirs. Abdomen noir un peu pourpré avec le 
bord postérieur du deuxième tergite et le quatrième en entier 
écaillés de jaune très pâle. Brosse anale concolore, mêlée au milieu 
de poils jaunâtres. Ventre noir avec tous les sternites, à l’exception 
du troisième et du dernier, blanc jaunâtre. 

Hanches antérieures blanc jaunâtre; fémurs noir bleu; tibias 
de même couleur en dessus, blanc jaunâtre en dessous; tarses 
blanchâtres en dessus, noirs en dessous. Fémurs médians et pos- 
térieurs noir bleu sur la face externe, jaune pâle sur la face 
interne; tibias médians et postérieurs jaune pâle, largement 
annelés de noir bleu entre le milieu et l’extrémité, tarses noirs 
en dessus, jaunes en dessous et au sommet des articles. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures et le 
trait discocelluiaire noir pourpré; espace terminal très large dans 
sa partie médiane, réduit vers l’apex et l’angle dorsal, roux doré 
obscur ; tache vitrée ultracellulaire composée de cinq aréoles dont 
la première et la dermière sont les plus longues et les plus larges. 
Un petit point fauve doré obscur marque le milieu du bord externe 
du trait discocellulaire. Dessous plus clair avec la côte jaune. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures et ligne marginale 
noir pourpré. Franges des quatre ailes bronzé pourpré. 

Envergure : 17,5 millimètres. 

Type : 1 g', Java oriental, Mont Ardjoëno [1.200-1.500 m.]; 
ex W. Doherty (mai 1891); Coll. Ch. Oberthür. 


314 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Le caractère le plus remarquable de cette espèce réside dans la 
forme concave, extérieurement, de l’aire vitrée ultracellulaire; 
cette disposition est exceptionnelle et je ne l’ai rencontrée Jjus- 
qu'ici que dans des Ægerides malgaches : Sesza opalimargo 
Le Cerf, apparentée génériquement à concavifascia et S. s:1od1- 
formis Mab., petite espèce qui n’est certainement pas à sa place 


parmi les Syranthedon Hbn. 


Synanthedon tenuiventris n. sp. (PI CCCLXXIX, fig. 3170). 


dd. Vertex noir; front noir bleu étroitement lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes grêles, longs, non hérissés, noirs en 
dessus, blancs en dessous et en avant; trompe rousse; plaque 
jugulaire noire bordée de blanc; poils péricéphaliques blancs. 
Yeux bruns, ocelles rubis. Antennes longues, noir bleu, très 
finement pectinées. 

Collier et thcrax noir bleu; abdomen très long et très grêle, 
brusquement rétréci et aplati latéralement après le second segment, 
noir bleu avec une ligne d’écailles blanches au bord du troisième 
tergite. Brosse anale longue, étroite, concolore. Ventre blanc à la 
base et du troisième au cinquième sternites. 

Hanches antérieures noires; fémurs noir bleu ainsi que les 
tibias dont le dessus est blanc et l’épiphyse tibiale jaunâtre; 
tarses blancs écaillés longitudinalement de noir en dessus. 
Hanches médianes et postérieures blanches; fémurs et tibias 
médians noirs, leurs tarses noirs en dessus et en dehors, blancs 
en dessous et en dedans. Pattes postérieures détruites. 

Ailes supérieures transparentes; côte, nervures, trait discocel- 
lulaire et un étroit espace terminal noir bleu ou pourpré. Dessous 
semblable à côte pale. 

Ailes inférieures transparentes; nervures et bordure marginale 
noire. Dessous semblable. Franges des quatre ailes noires. 

Envergure : 21 millimètres. 

Types 1:94 Java, Mont Gede;ex/Ledru(r896);1CollmieR; 
Oberthür. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 315 





La perte des pattes postérieures de cet échantillon est des plus 
regrettables, elle nous prive assurément d’un caractère intéressant 
car il n’est pas douteux que la forme extrêmement grêle et 
allongée de l’abdomen ait une répercussion sur le développement 
de ces appendices. On peut donc prévoir dès maintenant que la 
connaissance d’exemplaires complets amènera à retirer cette 
espèce des Syrzanthedon pour la placer à part. A l’exception de 
Wezssmannia agdistiformis Stgr. — dont la forme est tout autre 
-— je ne connais pas d'Ægeride chez qui l'abdomen soit aussi 


orêl 
grêle. 


Synanthedon spec.? A. (PI CDLXXXI, fig. 3071). 


d.— Vertex noir verdâtre; front bronzé pourpré brillant lituré 
de blanc d’argent devant les yeux; palpes grêles, blancs en 
dessous, noir bronzé en dessus (trompe détruite); plaque jugu- 
laire blanche, mêlée au sommet d’écailles bronzé pourpré; poils 
péricéphaliques blancs. Antennes noir pourpré, très finement 
cihées. Yeux noir brun; ocelles jaune orange. 

Collier noir à reflet vert bronzé métallique. Thorax noir ver- 
dâtre, ptérygodes noir violacé, marginées d’une ligne d’écailles 
rouge fauve au bord interne; touffes latérales du métathorax noir 
violacé. En dessous, le thorax porte de chaque côté une large tache 
latéropectorale triangulaire rouge fauve, étendue du prothorax 
à la suture mésométathoracique. 

Abdomen détruit à l’exception du premier tergite qui est noir 
violacé et du second qui est noir verdâtre. 

Hanches antérieures blanches à bord interne noir violacé; 
hanches médianes et postérieures écaillées de blanc à la base et au 
bord interne. Pattes détruites à l'exception des postérieures dont 
le fémur est noir violacé extérieurement et bronzé du côté interne; 
tibias noir violacé extérieurement, bronzés sur la face interne qui 
porte entre la base et le tiers médian une longue macule blanche; 
éperons blancs; tarses à premier article noir violacé, les quatre 
suivants blancs. 


316 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne, les 
nervures, le trait discocellulaire et l’espace terminal noir pourpré. 
L’aire vitrée infracellulaire atteint le trait discocellulaire et 
l’ultracellulaire, plus large que l’espace terminal, est arrondie 
extérieurement. Dessous semblable, avec des écailles jaune d’or 
le long de la côte, de la nervure radiale et au bord interne du trait 
discocellulaire; quelques autres, jaune pâle sont éparses entre les 
nervures sur l’espace terminal. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la ligne 
marginale très finement écrites en noir pourpré. Dessous pareil. 
Franges des quatre ailes noir bronzé. 

Envergure : 24 millimètres. 

Type : 1 ©, Guyane française, Cayenne, par Caternault, ex 
Coll. A. Guenée; Coll. Ch. Oberthür. 


L’exemplaire décrit ici est malheureusement trop incomplet 
pour être nommé; Je suis cependant convaincu qu’il appartient à 
une espèce inédite et J'espère que les caractères énumérés dans la 
description permettront de l’identifier dans l’avenir. 

C’est un Syranthedon bien typique, remarquable par le brillant 
de sa coloration foncière noir bleu et violacé, la bordure rouge 
fauve des ptérygodes, les grandes taches latéropectorales de 
mème couleur, les surfaces blanc pur des tibias et des tarses, etc. 
Dans son état actuel, il n’est guère possible de l’apparenter avec 
une approximation suffisamment exacte à des formes déjà décrites, 
cependant par ce que nous savons des espèces européennes et exo- 
tiques chez lesquelles la présence du rouge au thorax est très 
généralement liée à l’existence de la même couleur à l’abdomen, 
on peut supposer par analogie qu’il en est de même chez Syxan- 
thedon spec.? À, qui dans ce cas appartiendrait à un tout autre 
groupe que les Syranthedon surinamensis Môüschl., S. Benoisti 
Le Cerf, S. Le Moulti Le Cerf des mêmes régions et devrait alors 
prendre place parmi les représentants américains du groupe de 
Synanthedon culiciformis L., S. myopæformis Bkh, S. typhie- 
formis Lasp. etc. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 317 


Synanthedon spec. B. (PI CDELXXXI, fig. 3072). 


Q. — Vertex noir bleu; front bronzé, lituré de blanc d’argent 
devant les yeux; palpes noir bronzé, un peu tachés de blanc en 
avant, au sommet du second article; trompe brun grisàtre; plaque 
jugulaire noir bronzé; poils péricéphaliques blancs; antennes noir 
bleu; yeux noirs; ocelles grenats. 

Collier, thorax et abdomen noir bronzé à reflet bleu; brosse 
anale concolore. Ventre noir bronzé. 

Hanches antérieures, fémurs, tibias et tarses noir bronzé (pattes 
médianes détruites); pattes postérieures noir bronzé, avec une très 
étroite ligne transversale externe blanche sur le milieu du tibia, 
quelques poils au-dessus à l’extrémité, et une courte tache éga- 
lement blanche à la base du premier article des tarses du côté 
interne. 

Ailes supérieures transparentes à base, côte, bord interne, ner- 
vures principales, trait discocellulaire et espace terminal noir 
bronzé un peu pourpré. Le trait discocellulaire est épais un peu 
oblique et légèrement anguleux au bord interne; l’espace terminal, 
parallèle au trait discocellulaire et rectiligne, laisse à découvert la 
fourche des nervures 7 et 8. L’aire vitrée infracellulaire dépasse 
le trait discocellulaire et l’ultracellulaire, un peu plus haute que 
large, est composée de cinq aréoles égales auxquelles s’ajoute 
celle, très petite, incluse à la base de 7 et 8. Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures, une très fine 
ligne marginale et un petit point triangulaire sur la discoceHulaire 
supérieure noir bronzé pourpré. Dessous semblable. Franges des 
deux paires bronzées. 

Envergure : 27 millimètres. 

1 ©, Principauté Thibétaine de Mou-Pin, ex P. Armand David 
(1871); Coll. Muséum de Paris. 


L'individu sur lequel est faite cette description est éga- 

lement trop vétuste pour que les caractères donnés ci-dessus 
q 

puissent être considérés comme tout à fait sûrs, car 1l est probable 


21 


318 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








que l’usure produite par le vol d’abord, et ensuite les vicissitudes 
traversées depuis sa capture et sa préparation ont altéré et peut- 
être fait disparaître certaines couleurs fugaces ; je m’abstiens 
donc de le nommer, cependant 1l me paraît utile de le faire con- 
naître, parce qu’il représente certainement une espèce inédite, ses 
caractères encore visibles ne concordant pas avec ceux des nom- 


breux Syranthedon asiatiques publiés jusqu'ici. 


GENRE ICHNEUMENOPTERA Hpsn. 


? Ichneumenoptera albiventris n. sp. (PI CDLXXVIITI, 
fig. 3048). 

d. — Vertex bleu; front lituré de blanc devant les yeux; 
palpes brun noirêtre; plaque jugulaire blanche, tachée de noir 
bleu au centre. Poils péricéphaliques blancs. Antennes noir bleu 
en dessus, brunâtres en dessous. Veux brun noir; ocelles jaune 
foncé. 

Collier noir bronzé, bordé antérieurement de jaune pâle. Thorax 
noir bleu avec les second et quatrième segments bordés posté- 
rieurement d’une fine ligne d’écailles blanches, interrompue sur 
le milieu du dos. Brosse anale concolore avec quelques rares 
écailles blanches de chaque côté, à la base. Ventre noir bleu avec 
les troisième, quatrième et cinquième sternites en entier, et le 
bord postérieur des sixième et septième blanc pur. 

Hanches antérieures blanches à sommet noir (Pattes antérieures 
détruites). Articulations coxofémorales médianes et postérieures 
blanches à sommet noir; fémurs médians et postérieurs blancs; 
tibias médians et postérieurs bleu d’acier avec quelques poils 
blancs vers le milieu et le sommet blanc; tarses noir bleu, inter- 
rompus de blanc au sommet du premier article et à dessous blanc 
jaunâtre. 

Ailes supérieures noir bronzé avec trois taches vitrées : une 


infracellulaire longue atteignant le trait discocellulaire, une intra- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 319 





cellulaire étroite et une très petite ultracellulaire trifide. Dessous 
semblable avec la côte et le bord interne blanchâtres. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures, le trait disco- 
cellulaire et la bordure marginale — graduellement épaissie de 
l’angle anal à l’apex — noirs. Dessous semblable. Franges des 
quatre ailes noir bronzé. 

Envergure : 15 millimètres. 

Type : 1 c', Lambarené, Ogooué; ex R. Ellenberger (1913); 
Coll. Muséum de Paris. 


GENRE EPISANNINA Auriv. 


? Episannina melanochalcia n. sp. (PL CDLXXVIITI, 
fig. 3940). 


Q. -- Vertex noir bleu, mêlé postérieurement de poils bru- 
nâtres; front bronzé. Palpes, plaque jugulaire et poils péricé- 
phaliques noir bleu. Antennes noir bleu en dessus, brun roussâtre 
en dessous. Yeux bruns: ocelles rose rubis. 

Collier, thorax, abdomen et pattes en entier noir bleu. 

Ailes supérieures opaques, bronzé verdâtre métallique, bleuis- 
sant un peu sur le limbe, avec la côte plus foncée. Dessous 
semblable. 

Ailes inférieures opaques, vert doré métallique passant au bleu 
sur la côte et au bord externe et plus doré vers le bord anal. 
Dessous semblable. Franges noir bronzé aux quatre ailes. 

Envergure : 25 millimètres. 

Type : 1 Q, Mozambique, vallée du Pungoué, Guengère; 
ex G. Vasse (1906); Coll. Muséum de Paris. 


? Episannina Ellenbergeri n. sp. (PL. CDLXX VII, fig. 3941). 


d.— Vertex noir bleu non hérissé; front noir lituré de plombé 
brillant devant les yeux. Palpes noirs. minces, dressés, non 


320 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


hérissés, à troisième article très aigu. Trompe bien développée, 
brunâtre. Plaque jugulaire noir verdâtre. Poils péricéphaliques 
noirs. Antennes assez courtes, à sommet épais, n1 pectinées, ni 
dentées, noir bleu à moitié terminale blanc pur en dessus. Veux 
noir brun; ocelles incolores, brillants. 

Thorax et abdomen en entier noir verdâtre; brosse anale 
longue, concolore, formée de deux pinceaux latéraux dépassés 
par un étroit pinceau médian à sommet incurvé. Pattes des trois 
paires noir bleu; tibias médians et postérieurs hérissés de poils 
concolores. 

Ailes supérieures opaques à reflet métallique vert foncé, 
bleuissant un peu au bord externe, plus obscur et mat sur les 
discocellulaires. Ailes inférieures également opaques mais plus 
brillantes et d’un bleu paon variant en violacé vers la côte; base 
couverte d’écailles piliformes noires. Dessous des quatre ailes 
bleu paon brillant; franges noir bleu. 

Envergure : 22 millimètres. 

Type : 1 c', Lambarené (Ogooué). Congo français; ex R. 
Ellenberger (1913), Coll. du Muséum de Paris. 


GENRE PSEUDALCATHOË n. gen. 


Palpes dressés, grêles, un peu hérissés, à troisième article 
oblique; palpes labiaux de deux articles très petits et soudés. 
Trompe présente. Antennes peu épaisses, finement denticulées et 
cihées. Ocelles écartés du sommet des yeux. 

Pattes longues et grêles, non hérissées ; abdomen long et mince, 
terminé chez le mâle par un très long prolongement caudiforme 
couvert d’écailles piliformes comme chez A/cathoë Harr. et 


Cryptomima Hmps. 


Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1 courte, obsolète, 
non divisée à la base; 2 et 3 de l’angle inférieur de la cellule, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 327 





7 et 8 très longuement tigées, 10 de l’angle supérieur de la cellule, 
11 très épaisse et se confondant avec 10 dans son tiers terminal. 

Ailes inférieures : 1* présente, 2 naissant près de l'angle 
inférieur de la cellule, 3 et 4 de cet angle même et très brièvement 
tigées ; discocellulaire supérieure courte, discocellulaire inférieure 
très oblique; 5 de l’angle; 7 absente. 


Génotype : Pseudalcathoë Chatanayi n. sp. 


Pseudalcathoë Chatanayi n. sp. (PL CCCLXXXI, fig. 3196). 


dŒ. — Vertex et front noir verdâtre. Palpes concolores à troi- 
sième article blanc en dessous. Trompe roussâtre; plaque jugulaire 
et poils péricéphaliques noirs. Antennes jaune orangé à base noire 
(leur moitié terminale est détruite) en dessus, brun ocracé en 
dessous. Veux brun noir, ocelles jaune topaze. 

Collier et thorax noir verdâtre un peu bronzé; pinceaux de 
poils latéraux du métathorax noir terne. Abdomen noir verdâtre 
sur les deux faces; extrémités latérales du dernier sternite à 
reflet bleu; appendice caudiforme noir verdatre, de longueur 
égale au trois quarts de l’abdomen environ. 

Pattes des trois paires en entier noir verdatre. 

Aïles supérieures noir verdàtre à l’exception de l'espace ter- 
minal qui est moins foncé et noir pourpré; dessous semblable 
un peu plus luisant et pourpré sur le disque. 

Ailes inférieures noir pourpré avec l’aire anale, la base, et la 
côte noir verdâtre; dessous comme aux supérieures. Franges des 
quatre ailes noir pourpré. 

Envergure : 33,5 millimètres. 

Type : 1 og, Volcan de Chiriqui V-VI-1808; ex Marc de 
Mathan; Coli. Ch. Oberthür. 


Le nom du genre que j'ai créé pour cette étrange espèce rappelle 
l’affinité apparente que lui donne avec le genre nord-américain 
Alcathoë Hy.-Edw. le long appendice caudal squammeux qui 
termine et prolonge son abdomen. 








222 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 
Outre les précédents, il n’y a chez les Æ geriidæe qu'un autre 
genre — monospécifique — pourvu de ce singulier caractère : 


Cryptomima Btlr., connu seulement par un individu unique, de 
l'Afrique centrale (Uganda). 

Pseudalcathoë Chatanayi n. sp. est dédié à la mémoire de mon 
ami Jean Chatanay, ancien élève et ancien préparateur à l'Ecole 
normale supérieure, directeur de la Station entomologique de 
Châlons-sur-Marne, sous-lieutenant d'infanterie, tué glorieu- 
sement en entrainant sa section à l’attaque de Vermelles (Pas- 


de-Calais). 


GENRE PARASESIA n. gen. 


Tête de grosseur médiocre, à front saillant. Palpes à premier 
article assez long et très épais, presque globuleux, second courbe, 
dressé, troisième oblique et plus long que la moitié du second. 
Antennes assez courtes, épaisses; trompe bien développée; ocelles 
petits et insérés sur un tubercule saillant obliquement. 

Corps long et épais; brosse anale de la femelle semblable à 
celles des femelles du genre 7'inthia Wkr. c’est-à-dire coupée 
chliquement dans le sens dorso-ventral, et à pinceaux latéraux 
longs. Ailes supérieures et inférieures transparentes. 

Nervulation. — Aux supérieures, la nervure 2 est écartée de 3 
et naît assez loin avant l’angle inférieur de la cellule; 7 et 8 
tigées sur un quart à peine de leur longueur; 10 absente. Les ailes 
inférieures ont un lobe anal petit mais distinct; nervure 14, obso- 
lète; 2 et 3 naissant du même point à l’angle inférieur de la 
cellule; 7 absente. 

Génotype : Parasesia cristailina n. sp. 


Parasesia cristallina n. sp. (PI CCCLXX VIII, fig. 3161). 


Q.— Vertex brun noirâtre; front bronzé lituré de blanc devant 
les yeux. Palpes noirs, hérissés inférieurement de longues écailles 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 323 


spatulées concolores sur le premier article et la base du second; 
trompe brune à extrémité Jaune. Plaque jugulaire noir brun; 
poils péricéphaliques noirs. Antennes noires. Yeux brun noir; 
ocelles jaune d’ambre. 

Collier et thorax noirs. Abdomen noir en dessus avec la brosse 
anale concolore et le quatrième tergite bordé d’une ligne d’écailles 
blanc jaunâtre. Ventre noir brunâtre avec les quatrième, cin- 
quième et sixième segments bordés de blanc jaunatre. 

Hanches antérieures brun noir mêlées d’écailles jaunes au bord 
externe et au sommet; fémurs brun noir longés inférieurement de 
jaune foncé; tibias de même couleur et également parsemés en 
dessous de jaune; tarses de cette couleur. Pattes médianes et 


postérieures détruites. 


Ailes supérieures transparentes à l’exception de la côte, du 
bord interne, des nervures et d’une ligne marginale brun terne; 
quelques écailles fauve rougeatre éclairent l’espace entre 8 et 0, 
le bord interne et le côté externe du trait discocellulaire; base 
noire. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une fine 
ligne marginale brun terne, le bord interne teinté de rougeûtre 
depuis le milieu du lobe basal jusqu’au delà de 1°. Dessous des 
quatre ailes semblable au-dessus mais éclairé de fauve rougeatre 
sur la côte et les discocellulaires. Franges minces et peu serrées, 
gris bronzé. 

Envergure : 24 millimètres. 


Type : 1 ©, Brésil, Prov. de Rio-Janeiro, lagune de Sacua- 
resma ; ex P. Germain (août-septembre 1884); Coll. Ch. Oberthür. 


L’absence des pattes médianes et postérieures laisse un vide 
peut-être important dans la série des caractères génériques de 
cette espèce, mais elle présente tant de particularités faciles à 
reconnaitre que Je n’ai pas craint d'établir pour elle une coupe 


générique spéciale. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


9 
W 
&R 





GENRE ALBUNA Hy.-Edvw. 


Albuna Dybowskii n. sp. (PL CDLXXVII, fig. 3938). 


Q.— Vertex non hérissé noir bleu; front blanc. Palpes blancs 
mêlés inférieurement de poils noirs du côté externe des second 
et troisième articles; trompe brun noirâtre. Plaque jugulaire et 
poils péricéphaliques blancs. Antennes noires à la base (le reste 
est détruit). Veux noirs; ocelles grenat clair. 

Collier noir bleu au centre, blanc jaunâtre de chaque côté et 
au bord postérieur. Thorax noir bronzé avec une tache jaune de 
chaque côté de la ligne médiane du mesoscutellum; ptérygodes 
concolores, marquées d’une tache blanche sur la base des ailes 
antérieures et de quelques écailles de même couleur à la pointe. 
TJouffes latérales du métathorax noir bleu à sommet jaune. 
Dessous noir bronzé avec une tache latéropectorale formée 
d’écailles jaunes et blanches sous la base des ailes supérieures. 

Abdomen noir bleu avec les second, quatrième, cinquième et 
sixième tergites très largement bordés de jaune; cette couleur 
couvre presque entièrement le second tergite et s’élargit latéra- 
lement sur le quatrième dont la partie proximale médiane seule 
reste noire. Brosse anale noir bleu. Ventre noir bleu avec tous les 
sternites, à l’exception du dernier, bordés de jaune clair. 

Hanches antérieures blanches avec le sommet noir bronzé et 
une ligne médiane d’écailles bronzées peu apparentes ; fémurs 
à moitié longitudinale supérieure noire, inférieure blanche; tibias 
noirs en dessus, à sommet et dessous blanc; tarses noirs avec 
l'extrémité et le dessous des deux premiers articles blanc. Articu- 
lations coxofémorales des pattes médianes et postérieures noir 
bleu bordées de blanc; fémurs médians et postérieurs noirs sur 
la face interne, la crête supérieure et la moitié longitudinale 
externe, blancs dans le reste. Tibias médians et postérieurs noir 
bleu annelés de blanc au milieu et au sommet; éperons blancs; 


à 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 325 





tarses des deux paires noir bleu annelés de blanc à l’extrémité 
des articles et à face interne blanche. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, le bord interne, 
les nervures, le trait discocellulaire et l’espace terminal gris noi- 
râtre luisant. Le trait discocellulaire étroit, ur peu coudé, porte 
au milieu du bord externe quelques écailles jaune pâle, et la tache 
vitrée ultracellulaire, ovale, est formée de quatre divisions 
subégales. Dessous semblable à côte blanc jaunûtre. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures et bordure marginale 
gris noirâtre; elles présentent un petit lobe basal transparent. 
Dessous semblable: Franges des deux paires concolores. 


Envergure : 27 millimètres. 
Type : 1 ©, Congo français, ex J. Dybowski (1806), Coll. du 
Museum de Paris. 


Albura Dybowski est dédiée à l’éminent explorateur qui l’a 
découverte et dont les riches récoltes ont beaucoup enrichi les 
collections nationales, 

Il n’est pas certain que cette espèce soit bien à sa place dans 
le genre A/buna Hy-Edw. établi pour deux espèces nord-améri- 
caines d’un faciès assez différent, pourtant Je ne trouve de 
caractères distinctifs ni dans la nervulation, ni dans les palpes, 
ni dans la trompe et les antennes, seules les pattes ont les tibias 
dépourvus de pubescence, lisses, avec deux rangées transversales 
d’écailles piliformes : une médiane et une terminale comme chez 
les Synanthedon Hbn. 


Albuna aîricana n. sp. (PI CDLXXXI, fig. 3973). 


Q.— Vertex noir, front blanc brillant avec la partie supérieure 
écaillée de bronze clair. Palpes non hérissés, jaunes, avec une tache 
noire externe au sommet du second article. Frompe bien déve- 
loppée brunâtre; plaque jugulaire et poils péricéphaliques jaunes. 
Antennes noires (au moins jusqu’à la moitié, le reste est détruit). 
Yeux noirâtres; ocelles jaune foncé. 


326 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Collier noir bronzé, terminé de chaque côté par une petite 
plaque d’écailles jaunes. Thorax noir bronzé portant en dessous 
une large tache latéropectorale jaune; ptérygodes concolores avec 
quelques écailles Jaunes sur la base de la côte de l'aile supérieure. 
Métathorax écaillé de jaune, à touffes latérales mêlées de noir et 
de Jaune; surface postcoxale jaune dans sa moitié proximale, 
noir bronzé dans le reste. 

Abdomen noir bronzé, avec le même reflet bleu d’acier que le 
collier et le thorax, et portant d’étroites bordures Jaunes aux 
premier, second et quatrième tergites; brosse anale concolore, 
courte et comprimée latéralement. Ventre noir bronzé avec les 
deux premiers sternites et le quatrième en entier jaunes; des 
écailles de cette couleur couvrent les pleuræ des deux premiers 
segments et forment sur celles des autres segments des points 
isolés. 

Hanches antérieures Jaunes: fémurs noirs, finement tachés de 
jaune extérieurement, au sommet de la crête inférieure; tibias 
jaunes en dessus, noir bronzé en dessous; tarses jaunes longés de 
brunâtre en dessus. Fémurs médians jaunes, largement annelés 
de noir bronzé pourpré dans leur moitié distale; éperons conco- 
lores; tarses noirs en dessus, jaunes en dessous et au sommet des 
articles en dessus. Pattes postérieures semblables. 

Ailes supérieures transparentes, à côte, nervures et trait disco- 
cellulaire — assez étroit — noir pourpré; l’espace terminal est 
de largeur moyenne, bronzé pourpré, et s’avance en pointe dans 
la fourche des nervures 7 et 8; tache vitrée ultracellulaire de 
forme subquadrangulaire. Dessous semblable, un peu plus clair, 
à base de la côte et bord supérieur de la cellule jaunes. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures, une fine ligne 
marginale et un point sur la discocellulaire supérieure noir 
bronzé pourpré; discocellulaire inférieure nue. Dessous semblable, 
avec la base de la côte jaune. Franges des quatre ailes bronzées. 

Envergure : 26 millimètres. 

Type : 1 ©, Togoland, ex L. Conradt (1892-1893), Coll. Ch. 
Oberthür. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 327 











Comme la précédente, et pour les mêmes raisons, J'ai placé 
cette espèce dans le genre A/buna Hy-Edw.; en fait, elle a presque 
tous les caractères des Syranthedon Hbn. dont elle diffère seu- 
lement par la brosse anale très courte et comprimée, et la nervu- 
lation des ailes inférieures dont les nervures 3 et 4 ne sont pas 
tigées et partent du même point à l’angle inférieur de la cellule. 


GENRE OSMINIA n. g. 


d. — Tête un peu moins large que le thorax; front à peine 
bombé; palpes dressés, atteignant le niveau du vertex, pubescents, 
non hérissés, à troisième article très petit et oblique; trompe bien 
développée; antennes longues, épaisses, à peine renflées, simples 
dans le mâle. 

Corps robuste, allongé, terminé par une brosse anale volumi- 
neuse, composée de longues écailles spatulées, disposées en deux 
faisceaux séparés par une raie médiane. 

Pattes de développement médiocre, à tibias pubescents, non 
hérissés; les postérieures plus courtes que l’abdomen. 

Ailes supérieures étroites, à bord externe à peine arrondi et à 
cellule atteignant les deux tiers de ia longueur de l’aile. Nervu- 
lation : nervure 1 obsolète, 2 naissant avant l’angle inférieur, 3 de 
cet angle, rapprochée et parallèle à 2, 4 très voisine de 5 à la base, 
7 et 8 tigées sur plus de la moitié de leur longueur, o de l’angle 
supérieur de la cellule, 10 et 11 écartées à la base et confondues 
au quart de leur longueur ; discocellulaires verticales. 

Ailes inférieures larges et arrondies, à cellule dépassant le 
milieu de l’aile. Nervulation : nervure 1 à fine et courte, abou- 
tissant un peu au delà du milieu du bord abdominal, 2 naissant 
aux trois quarts de la radiale, 3 et 4 de l’angle inférieur de la 
cellule, tigées sur un cinquième de leur longueur, 5 de l’angle des 
discocellulaires qui sont égales et presque de même inclinaison, 
7 absente. 

Génotype : Osmima ferruginea n. sp. 


(®3) 
[] 
ee) 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Osminia ferruginea n .sp. (PI CDLXXIX, fig. 3956). 


d. — Vertex un peu hérissé, noir mêlé de brun ferrugineux et 
de blanchâtre; front noir bronzé pourpré; palpes noirs mélangés 
en avant de poils blanchätres; trompe rousse; plaque jugulaire 
noir pourpré; poils péricéphaliques noirs et blanchâtres. Antennes 
noires en dessus, brun foncé en dessous. Yeux noirs, ocelles 
incolores. 

Collier brun ferrugineux. Thorax noir mêlé d’écailles brun 
ferrugineux et recouvert de fins poils roux; surface postcoxale 
noire avec des poils blancs. Abdomen noir pourpré en dessus, 
semé de brun ferrugineux, avec le bord des tergites très brillant. 
Ventre concolore taché de blanc jaunâtre au milieu du quatrième 
sternite et à la base du cinquième. Brosse anale plus longue que 
la moitié de l’abdomen, composée de deux faisceaux étalés 
d’écailles spatulées de longueur inégale, lui donnant un contour 
presque rectangulaire et réparties symétriquement de part et 
d'autre de la dépression médiane qui les sépare; elle est brun 
ferrugineux en dessus, et en majeure partie noire en dessous. 

Hanches antérieures noires, éparsément semées de poils ferru- 
gineux; fémurs noirs à crête supérieure et sommet de la face 
externe roussâtres; tibias noirs en dessus, roux en dessous; tarses 
jaune roussâtres à premier article taché de noir au sommet en 
dessus. Fémurs médians et postérieurs noirs, frangés inférieu- 
rement de poils concolores et un peu semés de brun ferrugineux 
en dehors; tibias médians noirs; tibias postérieurs noirs avec une 
petite touffe de poils blanchâtres sur le milieu de la crête supé- 
rieure et de rares écailles rousses peu visibles; tarses médians et 
postérieurs Jaune roussâtre à l’exception du premier article et du 
sommet des second et troisième qui sont noirs en dessus. 

Ailes supérieures transparentes, avec la côte, les nervures, le 
bord interne et le trait discocellulaire noir d’acier; espace ter- 
minal de largeur moyenne et égale, noir pourpré. Les trois taches 
vitrées sont bien développées et nettes, l’infracellulaire atteint le 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 329 


trait discocellulaire qui émet dans la cellule une fine ligne récur- 
rente, l’ultracellulaire, en rectangle oblique est formée de quatre 
aréoles subégales; quelques écailles brun ferrugineux marquent 
la base de la côte et parsèment l’espace terminal vers l’apex. 
Dessous semblable, sans écailles ferrugineuses. 

Ailes inférieures transparentes à léger reflet bleu, avec les ner- 
vures et une étroite ligne marginale noir pourpré. Dessous pareil. 
Franges des deux paires noir bronzé. 

Envergure : 25 millimètres. 

Type : 1 O', Mexique, Région de Cordoba, ex L. Conradt 
(1901-3); Coll. Ch. Oberthür. 


Espèce d’aspect robuste rappelant un peu certains Paranthrene, 
mais d’un dessin plutôt comparable à celui des Syranthedon, et 
surtout des Chameæsphecia ou des Pyropteron; elle est remar- 
quable par la forme et le volume de sa brosse anale et ne paraît 
être proche d’aucune des Aegeries d'Amérique septentrionale et 
centrale actuellement connues. 


GENRE VESPANTHEDON n cg. 


d.— Tête de grosseur moyenne; vertex non hérissé; front peu 
bombé; palpes dressés, n’atteignant pas le vertex, à premier et 
second articles hérissés. Trompe courte et faible. Antennes lon- 
vues, à massue allongée, dentées et finement cihées. 

Thorax long et ovale. Abdomen deux fois et demie plus long 
que le thorax, fortement rétréci à la base; brosse anale courte, 
plate et assez large. Pattes longues et grêles; tibias antérieurs 
frangés extérieurement de poils; tibias médians et postérieurs 
dépourvus de pubescence. 

Aïles longues et étroites. Nervulation : ailes supérieures à cellule 
atteignant presque les deux tiers de l’aile et coupée obliquement 
à l’extrémité. Nervure 1 obsolète; 2 naissant très près de l’angle 
inférieur de la cellule, 3 de cet angle, 4 plus près de 5 que de 3, 


330 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








7 et 8 tigées sur plus des deux tiers de leur longueur, o de l’angle 
supérieur de la cellule, 10 naissant près de 0, 11 éloignée de 10 
à la base et parallèle dans le reste de son parcours: 

Ailes inférieures à cellule étroite, dépassant un peu la moitié 
de la longueur de l’aile; bord interne parallèle à 1 «. Nervure 2 
naissant aux deux tiers du bord inférieur de la cellule, 3 et 4 tigées 
sur un tiers de leur longueur et partant de l’angle inférieur de 
la cellule, 5 de l’angle des discocellulaires, celles-ci fortement 
obliques et la supérieure très courte, 6 absente. 

Génotype : Vespanthedon cerceris n. sp. 


Vespanthedon cerceris n. sp. PI CDELXXIX, fig. 3055). 


d. —- Vertex noir mêlé de poils jaunes. Front noir bronzé 


LL 


largement bordé de blanc de chaque côté. Palpes à premier article 
hérissé de longs poils noirs ; second article couvert de poils jaunes 
à la base, plus clairs vers 1e sommet, décroissant rapidement de 
longueur; troisième article jaune clair. Trompe blanchâtre. Plaque 
Jugulaire et poils péricéphaliques jaunes. Antennes jaune roussâtre 
en dessus dans leur moitié proximale et extérieurement, noir bleu 
jusqu’au sommet avec la pointe rousse; dessous brunâtre. Yeux 
brun foncé; ocelles grenat. 

Collier noir bleu dans sa partie médiane, jaune à chaque extré- 
mité; thorax noir bleu; ptérygodes concolores avec une large 
tache jaune antérieure à la base, près de l’extrémité du collier 
et une autre, médiane et externe, en avant de la base de l’aile 
supérieure. Métathorax couvert par les touffes latérales qui sont 
épanouies, Jaunes à base noire. En dessous, le mésothorax porte 
une tache latéropectorale médiane jaune et la surface postcoxale 
est couverte de poils noirs et Jaunes. 

Abdomen comprimé latéralement au niveau du second segment 
et progressivement élargi au delà jusqu’au quatrième, noir bleu 
avec le premier tergite taché de jaune latéralement, à la base et 
au milieu du bord externe; second tergite également pourvu d’une 
courte bordure médiane jaune et de larges taches triangulaires 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 331 





latérales de même couleur; les troisième et quatrième tergites ont 
de larges taches jaunes triangulaires latérales comme le second 
mais sont dépourvus de bordure jaune; cinquième, sixième et 
septième tergites étroitement bordés de jaune sur toute leur 
largeur. Brosse’ anale noir bleu, courte et arrondie. Ventre à moitié 
proximale du premier sternite noirâtre bordée de blanc, moitié 
distale et troisième blancs bordés postérieurement de noir bleu, 
quatrième jaune bordé de noir, les quatre dermiers noirs avec des 
taches latérales Jaunes. 

Hanches antérieures noir bleu à base et bord interne —- dans 
sa moitié proximale -— jaunes; fémurs brun foncé, tibias jaunes 
en dessus, brun noirâtre en dessous; tarses jaunes. Articulations 
coxofémorales médianes noires, postérieures Jaunes bordées de 
noir. Fémurs médians brun noirâtre à sommet jaune en dehors; 
tibias jaunes dans leur moitié proximale avec quelques écailles 
noires en dehors, brun noirâtre à reflet bleu du nulieu au sommet. 
Fémurs postérieurs brun noirâtre écaillés de jaune le long de la 
crête inférieure, tibias brun foncé avec la base noire et une tache 
jaune en dessus, au milieu de la crête supérieure ; aux deux paires : 
éperons roussâtres, tarses brun noirâtre en dessus, jaune roussâtre 
en dessous. 

Ailes supérieures transparentes avec la base, la côte, les ner- 
vures, la moitié supérieure de la cellule et l’espace entre la 
nervure 6 et l’apex brun noirâtre; ligne marginale étroite 
concolore; deux courtes lignes d’écailles brun noirâtre forment 
des traits aigus entre les nervures 4-5 et 5-6. Le trait discocellu- 
laire, étroit, peu distinct, est écaillé de jaune pâle et des écailles 
rousses courent en ligne au bord supérieur de la cellule et à la 
base de l'intervalle des nervures 7 et 0. Dessous semblable avec 
toutes les parties brunes écaillées de jaune. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une très 
fine ligne marginale brun noirâtre. Nervures discocellulaires 
écaillées de jaune. Dessous semblable à côte et nervures prin- 
cipales jaunes. Franges des quatre ailes brun noirûtre. 


Envergure : 30 millimètres. 


Le) 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


D) 
C2 





Type : 1 ©, Mozambique, forêt d’Inhanconde (Prov. de Goron- 
goza) [alt. 350 mèt.|, ex G. Vasse (1907), Coll. du Museum de 
Paris. 


Espèce bien caractérisée et probablement mimétique de certains 
Hyménoptères ravisseurs ; sa livrée et sa stature rappellent assez 
bien dans l’ensemble les Guêpes carnassières auxquelles appar- 
tient le genre Cerceris dont je lui ai donné le nom. 


GENRE ÆGERINA n. gen. 


Tête petite, transversale; vertex non hérissé. Front légèrement 
bombé, peu saillant. Palpes dressés, dépassant un peu le sommet 
de la tête, couverts chez le G' d’une pilosité très longue et très 
épaisse sur les deux premiers articles, troisième grêle et aigu. 
Trompe bien développée. Antennes assez courtes, fusiformes, 
épaissies vers l’extrémité, simples dans les deux sexes. 

Corselet robuste, globuleux. Abdomen grêle et aminci chez le 
terminé par une brosse anale longue, épaisse, lancéolée pouvant 
s'épanouir en une touffe globuleuse; cylindrique chez la Q avec 
une brosse anale plus courte et alignée. Pattes assez grêles, 
dépourvues de pilosité à l’exception d’étroites rangées trans- 
versales au niveau des éperons, les postérieures plus courtes que 
l’abdomen. 

Ailes supérieures longues et étroites, terminées en ovale allongé. 
Nervulation : 1 & courte et obsolète, non divisée à la base, 2 nais- 
sant un peu avant l’angle inférieur de la cellule d’où part 3, 
4 à égale distance de 3 et de 5, 7 et 8 tigées sur plus des deux 
tiers de leur longueur, Q absente, 10 et 11 très rapprochées et 
parallèles. 

Ailes inférieures ovalaires, dépourvues de lobe basal. Nervu- 
lation : 1 a très fine, aboutissant avant le milieu du bord abdo- 
minal, 2 naissant un peu en avant de l’angle inférieur de la 
cellule, 3 et 4 brièvement tigées (sur le sixième de leur longueur 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 333 





environ), discocellulaire supérieure fortement oblique, plus 
courte que l’inférieure qui est inclinée en sens inverse (vers la 
base), 5 de leur angle, 6 absente. 


Génotype : Æ gerina ovinia Druce. 


Ægerina ovinia Druce (PI CCCLXX VITE, fig. 3163). 


Ægeria ovinia H. Druce, Biologia Centrali-Americana, Lepidoptera Hete- 
rocera, LT. II, p. 324, PL. LXVIIT, fig. 9 (r900) [few]: 


Depuis que H. Druce a décrit et figuré cette espèce sur l’unique 
femelle de la collection Salvin et Godman — aujourd’hui au 
British Museum —- il n’a plus été question d’elle nulle part et le 
mâle est demeuré inconnu. Je le décris ici sur deux exemplaires 
assez anciens mais bien conservés, l’un provient probablement des 
chasses de A. Sallé au Mexique et fait partie de la collection 
Charles Oberthür, c’est lui qui a servi de modèle à la figure 
n° 3163 de la PI CCCLXX VIII des ÆEzudes de Lépidoptérologie 
comparée; l’autre fait partie des collections du Museum de Paris 
qui l’a reçu en 1855 du Guatemala. 

Ces deux mâles sont un peu dissemblables, celui du Museum 
est un peu plus grand et un peu plus frais dans l’ensemble que 
celui de la collection Oberthür, il a gardé ses antennes et sa brosse 
anale est largement épanouie. 


d. —- Vertex noir brillant, mêlé sur la nuque de poils blancs. 
Front bronzé, très étroitement lituré de blanc d’argent devant 
les yeux. Palpes hérissés de longues écailles piliformes noires 
formant une longue touffe dirigée obliquement inférieurement, 
plus courtes et alignées en avant où ils sont fortement mêlés de 
blanchâtre. Trompe brune, plaque jugulaire et poils péricépha- 
liques noirs. Antennes noires avec la base et le sommet brunâtres 
en dessous. Yeux brun noirâtre; ocelles jaunes. 

Collier et thorax entièrement noir bronzé. Abdomen noir bronzé, 
avec une ligne d’écailles jaune pâle extrêmement fine au bord 


22 


334 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 

des second et quatrième tergites et une autre, plus large au 
sixième; le second tergite porte en outre de chaque côté de la 
ligne médiane deux petites taches arquées transversales, peu 
apparentes et formées d’écailles jaune pale; brosse anale noire, 
bordée tout autour de blanc jaunâtre, cette bordure est en réalité 
constituée par le sommet de poils blancs et jaunes recouverts par 
les poils noirs superficiels qu’ils dépassent un peu. Ventre noir 
avec les quatrième, cinquième et sixième sternites blancs. 

Hanches et pattes antérieures noires, avec le dessous du tibia 
et du tarse jaune roussaâtre. Pattes médianes et postérieures noires, 
pourvues aux tibias de quelques poils blancs en dessus et en 
dessous, au niveau des éperons; ceux-c1 sont noirs en avant et 
blancs en arrière; tarses concolores, blanchâtres en dessous et au 
sommet des articles en dessus. 

Ailes supérieures opaques, noir fuligineux pourpré, plus foncé 
dans la cellule, avec trois taches vitrées peu étendues, mal définies: 
une infra et une intracellulaires assez courtes, et une ultracellulaire 
consistant en une éclaircie étendue obliquement sur la partie infé- 
rieure de l’espace terminal, de la nervure 2 jusqu’entre les ner- 
vures 4 et 5. Dessous semblable mais plus vivement pourpré. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et une très 
fine ligne marginale noir pourpré. Dessous semblable. Franges 


des deux paires bronzé pourpré. 

Envergure : 25-30 millimètres. 

Types : 1 O, Mexique, Coll. Ch. Oberthür; 1 ©, Guatemala, 
ex À. Augrand (1855), Coll. du Museum de Paris. 


Chez le G du Mexique, les aires vitrées infra et extracellulaires 
sont notablement plus grandes que chez l’exemplaire du Guate- 
mala, la première surtout rejoint l’espace vitré ultracellulaire, 
mais, comme je l’ai signalé plus haut, cet individu est assez frotté 
et il ne faut voir sans doute dans cette différence qu’un résultat 


de l’usure produite par le vol ou la capture. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 335 


GENRE METASPHECIA n. gen. 


Q. — Tête à front très large et presque plat; vertex non 
hérissé. Palpes de longueur moyenne, épais, non hérissés, à second 
article faiblement courbé et à troisième légèrement défléchi. Veux 
ovalaires, près de deux fois plus hauts que larges, ocelles très 
petits. Trompe bien développée. Antennes à peine plus longues 
que le corselet, épaisses, légèicment fusiformes. Corps robuste, 
abdomen cylindrique à dernier segment long et conique, brosse 
anale non différenciée à l’exception d’un étroit pinceau médian, 
prolongé en pointe. Pattes robustes, de longueur moyenne, à 
tibias non hérissés ; tibias postérieurs un peu tordus en S; premier 
article des tarses postérieurs épais et incurvé. 


Nervulation. —- Ailes supérieures : nervure 1 bien développée 
dans toute sa longueur et non divisée à la base; 2 et 3 très 
rapprochées, naissant du même point à l’angle inférieur de la 
cellule, 4 plus près de 3 que de 5, celle-ci naissant au-dessous 
de l’angle des discocellulaires, 6 au-dessus de cet angle; 7 et 8 
tigées sur les cinq sixièmes de longueur, 10 et 11 écartées à la 
base, réunies et confondues dans leur quart terminal. Discocel- 
lulaires égales formant un angle rentrant prononcé. 

Ailes inférieures : 1* bien développée, aboutissant au milieu 
du bord abdominal, 2 naissant un peu avant l’angle inférieur 
de la cellule, 3 et 4 tigées sur un tiers de leur longueur, 6 absente, 
8 atteignant la côte avant l’angle apical. 

Génotype : Metasphecia Vuilleti n. sp. 


Metasphecia Vuilleti n. sp. (PI CDLXXIX, fig. 3040). 


Q.— Vertex gris brunâtre, front blanc d’argent; palpes brun 
bronzé de la base au milieu du second article et blanc jusqu’au 
sommet. Trompe brune; plaque jugulaire noir bronzé; poils 


336 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








péricéphaliques blancs. Antennes noires; yeux brun noirâtre; 
ocelles jaune pâle. 

Collier, thorax et ptérygodes noir bronzé avec trois taches 
blanches dont une sur le mésoscutellum et les deux autres sur 
le milieu des ptérygodes. Dessous sans taches latéropectorales. 
Abdomen avec les trois premiers tergites noir bronzé à reflet 
bleuâtre et marqué de deux taches jaune pâle sur le second tergite, 
de chaque côté de la ligne médiane; quatre derniers tergites et 
brosse anale jaune paille. Ventre jaune paille à l’exception de 
la base qui est noir bronzé jusqu'aux parties latérales du troisième 
segment. 

Hanches antérieures et pattes des trois paires noir bronzé; 
tarses concolores, à derniers articles blanchâtres. 

Aïles supérieures transparentes, teintées de brunâtre dans leur 
partie médiane avec la côte, les nervures, le trait discocellulaire 
— très étroit et en angle rentrant — noir brunâtre; des écailles 
de même couleur couvrent à l’apex l'intervalle des nervures 
7 à o et descendent le long du bord externe où elles forment une 
étroite bande marginale mal définie. Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes, teintées comme les supérieures 
de brunâtre dans leur milieu, avec les nervures et la ligne 
marginale noir brunâtre; trait discocellulaire à peine indiqué 
Dessous semblable. Franges des quatre ailes brun broncé. 


Envergure : 28 millimètres. 
Type : 1 ©, Koulhikoro, Haut-Sénégal et Niger, 5-VI-1912; 
ex D’ Vuillet : Coll. F. Le Cerf. 


Je nomme cette espèce en mémoire de mon ami André Vuillet, 
Préparateur à l’Institut national agronomique et à la Station 
entomologique de Paris, sous-hieutenant d'infanterie, glorieu- 
sement tombé à la victoire de la Marne. 

C’est de lui que je tiens cette Ægerie et en me l’offrant il 
m'avait prié, au cas où elle serait inédite, de lui donner le nom 
de son frère le docteur J. Vuillet, à qui en est due la découverte, 
mais Je crois répondre aux sentiments du docteur Vuillet en 





LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 337 





dédiant à la mémoire de celui que nous regretterons toujours 
l’espèce nouvelle qui perpétuera son souvenir. 

Par son faciès et ses taches blanc soyeux sur fond noir, Metas- 
phecia Vuilleti paraît mimétique de certains Vespides ou 
Mutilhdes. 


GENRE AEGERIA Fab. 


Ægeria Vassei n. sp. (PI. CDLXXVIIT, fig. 3039). 


cd. — Vertex noir, nuque jaune d’or; front blanc taché au 
milieu de gris bronzé à reflet irisé; palpes blancs, longés de noir 
en dessus et à la pointe. Trompe gris brun, plaque jugulaire et 
poils péricéphaliques blancs. Antennes noires très finement ciliées. 
Yeux brun noir, ocelles jaune clair. 

Collier noir bronzé, bordé en avant et prolongé de chaque côté 
par des écailles blanches. Thorax noir; ptérygodes concolores, 
terminées par une toutffe d’écailles jaunes; touffes latérales du 
métathorax noires à sommet jaune mêlé de blanc. En dessous, le 
mésothorax porte deux taches latéropectorales blanches. 

Abdomen noir bronzé, avec les quatrième, cinquième et sixième 
tergites bordés postérieurement d’une ligne d’écailles blanches; 
dernier tergite blanc avec une ligne longitudinale médiane et 
les bords latéraux noirs. De plus tous les tercites sont recouverts 
d’un semis assez dense d’écailles blanches de chaque côté de la 
ligne médiane. Brosse anale rudimentaire et composée seulement 
d’une courte frange de poils bordant le dernier sternite. Ventre 
noir. 

Hanches antérieures avec quelques écailles noires au sommet; 
fémurs noirs, tachés de blanc au sommet; tibias blancs, mêlés 
de jaune extérieurement, avec la base et une petite tache médiane 
noire. Fémurs médians et postérieurs frangés en dessous de longs 
poils blancs et tachés de blanc extérieurement au sommet ; tibias 
médians et postérieurs pubescents, variés de noir, de blanc et de 


338 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








jaune; le blanc couvre le côté externe, le noir le bord supérieur, 
la base, l’extrémité et forme autour du tibia un large anneau 
médian; le Jaune s’étend, entre les parties noires, sur la crête 
supérieure. Tarses des trois paires noirs, annelés de blanc. 

Ailes supérieures transparentes, avec la côte, le bord interne, 
les nervures, un large trait discocellulaire et une étroite bordure 
marginale noirs; des écailles bianc jaunâtre parsèment le bord 
interne de toutes les parties transparentes; elles sont plus abon- 
dantes sur la tache vitrée infracellulaire qui est assez courte et 
ne dépasse pas le milieu du bora interne. Dessous semblable un 
peu jJaunâtre vers la base. 

Ailes inférieures transparentes, avec les nervures et la ligne 
marginale noires. Dessous semblable. Franges des deux paires 
noir bronzé, coupées de blanc à la base du bord interne des ailes 
inférieures. 

Envergure : 28 millimètres. 


Type : 1 c', Mozambique, Province de Gorongoza, Forêt 
d’Inhanconde [350 m. al.]; ex G. Vasse (1907); Coll. Muséum 
de Paris. 


GENRE MACROTARSIPODES n. gen. 


Vertex faiblement hérissé; front bombé, un peu saillant. Palpes 
longs, velus, dressés obliquement, à troisième article incliné en 
avant. Trompe bien développée. Pattes longues, grêles, lisses, les 
postérieures beaucoup plus longues que l’abdomen; tibias avec 
quelques poils au milieu en dessus et à l'extrémité; tarse plus 
long d’un quart que le tibia, à dernier article terminé par une 
petite touffe de poils. 

Corps assez robuste; brosse anale rudimentaire. 

Nervulation. — Ailes supérieures : nervure 1 très courte, non 
bifurquée à la base; 2 très près de l’angle inférieur de la cellule, 


3 de cet angle, 5 de l’angle des discocellulaires, qui sont égales 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 339 





et dont la supérieure est très oblique; 7 et 8 tigées sur la moitié 
de leur longueur, o de l’angle supérieur de la cellule, 11 très 
écartée de 10 à la base et se rapprochant progressivement. 

Ailes inférieures : nervure 1* très fine, aboutissant au milieu du 
bord abdominal, 3 et 4 tigées sur un quart de leur longueur et 
partant de l’angle inférieur de la cellule; discocellulaire for- 
tement oblique; 7 absente. 


Génotype : Macrotarsipodes tricinctus n. sp. 


Macrotarsipodes tricinctus n. sp. (PI. CCCLXXX, fig. 3182). 


d. — Vertex non hérissé; noir, bordé latéralement de poils 
roux fauve; nuque jaune d’or. Front gris bronzé clair, un peu 
éclairé de blanchâtre inférieurement de chaque côté. Palpes jaune 
soufre, avec quelques écailles noires à la base et une ligne longi- 
tudinale externe noire sur les second et troisième articles. Trompe 
brun noirâtre; plaque jugulaire noire avec deux petites taches 
blanc jaunàtre au sommet ; poils péricéphaliques jaunes. Antennes 
noir bleu en dessus, tachées au milieu de roux fauve, brunes en 
dessous et longées extérieurement de roux fauve. Veux brun 
noiratre ; ocelles grenat. 

Collier et thorax noir bleu; ptérygodes concolores, étroitement 
bordées de jaune roussâtre, passant au jaune pâle postérieu- 
rement ; surface postcoxale recouverte de poils blancs. 

Abdomen noir, parsemé de rares écailles rouge fauve plus 
nombreuses sur le sixième tergite et bordé de blanc aux second, 
quatrième et septième tergites.- Brosse anale concolore. Ventre 
noir, à premier sternite blanc pur; second, troisième et quatrième 
sternites bordés postérieurement de blanc jaunâtre. Valves anales 
tachées de jaune roussâtre à l’extrémité. 

Hanches antérieures noires, largement bordées de blanc le long 
du bord externe; fémurs noirs; tibias noirs en dessus, roux fauve 
en dessous; tarses blancs. (Pattes médianes détruites). Fémurs 
postérieurs noir bleu, écaillés de blanc jaunâtre le long de la 


340 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


crête inférieure; tibias noir bleu, avec quelques écailles blanches, 
éparses sur la crête inférieure près de la base et de la première 
paire d’éperons, plus nombreuses sur la face interne, et des poils 
roux fauve en dessus au milieu et à l’extrémité; éperons blancs; 
tarses noir bleu, à premier article blanc en dessous dans sa moitié 
distale. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures et 
le trait discocellulaire noir bleu; espace terminal noir pourpré 
semé d’écailles rousses dans les espaces internervuraux 5 à 9; 
quelques écailles de même couleur forment une très petite tache 
a la partie supérieure externe du trait discocellulaire. Taches 
vitrées bien développées : infracellulaire atteignant le trait disco- 
cellulaire, ultracellulaire arrondie, étendue de la nervure 3 à la 
nervure O, formée de six divisions. Dessous semblable avec la côte 
jaune roussatre et des écailles de même couleur sur le trait 
discocellulaire et l’espace terminal. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures et bordure marginale 
noir pourpré. Dessous semblable. Franges des deux paires noir 
pourpré. 

Envergure : 19,5 millimètres. 

Type : 1 ©, Zoulouland ; ex D' Martin, Coll. Ch. Oberthür. 

Voisin d’après la description de Macrotarsipus sexalis 


Hmpsn. de la Nigeria et du Dahomey qui doit d’ailleurs rentrer 
dans le genre Macrotarsipodes puisqu'il a, d’après Hampson, 


les «... antennæ of G of normal length, with minute fascicles 
of cihia and dilated at extremity... » et : «... hind wing with 


veins 3, 4 shortly stalked... » caractères qui font défaut chez 
Macrotarsipus albipunctus Hmpsn., génotype. 

Macrotarsipodes tricinctus n. sp. se distingue de Macrotarsi- 
podes sexualis Hmpsn. par la présence d’écailles roux ou rouge 
fauve éparses çà et là, bien visibles mais trop peu nombreuses 
cependant pour influer sur la coloration générale, les segments 
abdominaux 2, 4 et 7 bordés de blanc, les hanches antérieures 
bordées de blanc, les poils roux fauve des pattes et peut-être 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 341 


aussi par la couleur du ventre dont Hampson ne parle pas dans 


sa description. 


Macrotarsipodes sexualis Hmpsn. var. Waterloti n. var. 
(PI. CDLXXIX, fig. 3954). 


©. — Diffère de la forme typique par la taille plus faible, la 
réduction des parties rouge vif et leur remplacement partiel par 
du jaune. 

Palpes jaune un peu orangé; hanches antérieures, collier 
(— patagia Hmpsn.), bord postérieur du métathorax, premier, 
second, quatrième, cinquième et sixième tergites Jaunes; brosse 
anale entièrement noire. Espace terminal des ailes supérieures 
seulement marqué de rouge entre les nervures 7 et 9. Au cinquième 
tergite le Jaune est moins étendu qu'aux autres segments. 

Envergure : 20,5-21 millimètres. 

Types : 2 Q ©, Porto-Novo, Dahomey, ex J. Waterlot (1912), 
Coll. du Museum de Paris. 


J'ai comparé ces échantillons aux types de Macrotarsipus 
sexualis Hmpsn. au British Museum et n’ai pas relevé d’autres 
différences que celles indiquées ici. Aux caractères donnés dans 
la description originale j’ajouterai que le ventre est noir avec le 
quatrième sternite bordé de jaune et que les ailes inférieures 
portent sur la discocellulaire supérieure un gros point rouge 
orangé. En dessous, la côte et les nervures principales des deux 
ales sont rouge orangé. 

Cette intéressante race locale est dédiée à M. J. Waterlot, 
correspondant du Museum National d'Histoire naturelle, à qui 
en est due la découverte. 


Macrotarsipodes Graudidieri n. sp. (PI. CDLXXIX, fig. 3051). 


q. — Vertex noir bronzé; front bronzé finement lituré de 
blanc devant les yeux. Palpes grêles, longs, dressés jaune d’œuf. 
Trompe bien développée brun clair. Plaque jugulaire jaune 


342 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








orangé. Poils péricéphaliques et nuque jaune d’œuf. Antennes 
longues, à peine renflées à l'extrémité, très brièvement ciliées, 
noir pourpré en dessus, brunes en dessous longées extérieurement 
de jaune d’œuf jusqu’à la pointe. Yeux noirs, ocelles grenat. 

Collier noir bronzé, mêlé de brunâtre. Mésothorax noir brunâtre 
pourpré, écaillé latéralement au-dessous des ailes de brun 
roussâtre. Métathorax noir brunàtre; surface postcoxale rous- 
satre. Abdomen noir bronzé en dessous, mêlé vers la base de 
brunâtre; brosse anale courte, trilobée, à pinceau médian conco- 
lore et à pinceaux latéraux jaune safran. Ventre un peu plus 
clair avec les premier, quatrième, cinquième, sixième et septième 
sternites écaillés de brun roussâtre; huitième Jaune safran. 

Ailes supérieures longues et larges, transparentes, avec la côte 
et une étroite bande terminale noir bronzé ; une fine ligne d’écailles 
rousses longe le bord costal, de la base aux quatre cinquièmes de 
sa longueur. Trait discocellulaire deux fois plus haut que large, 
un peu oblique au bord interne, un peu anguleux dans sa partie 
médiane, et en entier jaune de chrome. Dessous semblable avec 
la côte Jaune. 

Ailes inférieures transparentes, à lobe anal très accusé. Nervures 
écaillées de jaune sauf l’extrémité des nervures 2 à 5, nervures 
discocellulaires nues; ligne marginale étroite, noir bronzé. Dessous 
semblable. Franges des quatre ailes noir bronzé. 

Hanches antérieures jaune roussatre; fémurs, tibias, épiphyse 
tibiale et tarses en entier jaune fauve à l’exception d’une petite 
tache noire sur la base de la crête supérieure du tibia. Hanches 
des pattes médianes et postérieures jaune fauve mêlées de rares 
écailles bronzé clair. Fémurs médians et postérieurs Jaune roux. 
Tibias médians jaune safran, un peu plus clairs inférieurement 
et à la face interne, et marqués en dessus, à la base, d’une petite 
tache noire; éperons Jaune clair; tarses concolores, deux fois plus 
longs que le tibia. Tibias postérieurs plus longs que l’abdomen, 
couverts en dessus et à l’extrémité du côté interne de poils couchés 
jaune safran vif plus pâles à la base et sur la face interne; base 
et extrémité longuement tachées de noir en dessus. Eperons assez 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 343 





courts, jaunes; tarses presque deux fois plus longs que le tibia, 
frangés en dessus et en dedans de poils couchés, safran vif en 
dessous et du côté interne, noir en dessus et en dehors. 
Envergure : 26 millimètres. 
Type : 1 g', Tananarive, Madagascar: ex Sikora; Coll du 
Muséum de Paris. 


Cette espèce est intermédiaire entre les genres Macrotarsipus 
Hmpsn. et Macrotarsipodes Le Cerf, elle a tous les caractères 
de ce dernier mais possède en outre les tarses postérieurs frangés 
de poils du premier. 

Macrotarsipodes Grandidieri est dédié à M. Guillaume Gran- 
didier qui continue les recherches et les magnifiques publications 
de son père M. À. Grandidier sur l'Histoire physique et naturelle 
de Madagascar. 


Macrotarsipodes Haugi n. sp. (PL CDLXXIX, fig. 3052 ©, 
3953 Q). 


d. — Vertex noir bleu brillant, un peu mêlé de roussatre sur 
la nuque; front bronzé irisé très finement lituré de blanc sur la 
moitié inférieure de sa hauteur devant les yeux; palpes jaune 
orange avec une ligne longitudinale externe noire sur le second 
article; trompe roussâtre; plaque jugulaire noir bleu; poils péri- 
céphaliques jaune orange; antennes noir bleu, très finement pec- 
tinées; veux brun noir; ocelles jaune pâle. 

Collier et thorax noir bleu. Abdomen noir, avec les deux pre- 
miers tergites un peu moins foncés et le troisième entièrement 
bronzé luisant; brosse anale, concolore, très courte, formée de 
deux petits pinceaux latéraux divergents et d’un médian rudi- 
mentaire. Ventre noir bronzé avec l’extrémité du dernier sternite 
bordée de jaune orange. 

Hanches antérieures jaune orange, à base et bord externe — 
en partie — noir bleu; fémurs jaune orange passant au rougeatre 
vers la base; tibias et tarses concolores longés en dessus de bronze 
clair. Pattes médianes et postérieures noir bleu. 


344 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Ailes supérieures transparentes, teintées de brunâtre dans leur 
milieu ; côté bord interne et nervures principales noir bleu brillant; 
trait discocellulaire concolore, largement étendu comblant en 
majeure partie la cellule et formant une large macule centrale 
concave extérieurement; la tache vitrée intracellulaire se trouve 
ainsi réduite à un trait parallèle à la nervure cubitale; infracellu- 
laire bien développée, terminée par un semis fondu d’écailles noir 
bleu; ultracellulaire arrondie, composée de cinq aréoles dont les 
trois médianes sont les plus longues et la supérieure divisée en 
deux parties à peu près égales par la nervure 8. Espace terminal 
de largeur moyenne, noir pourpré, parallèle à la marge, portant 
au bord interne des dents courtes et nettes entre les nervures. 
Dessous semblable. 

Ailes inférieures transparentes, teintées de brun pâle sur le 
disque et réflétant légèrement en bleu irisé; nervures très finement 
écrites en noir; trait discocellulaire noir, triangulaire, allongé et 
étroit; bordure marginale large, noir pourpré, obtusément dentée 
entre les nervures, un peu prolongée entre 1 à et 1 c, et très réduite 
le long du bord abdominal. Dessous semblable. Franges des deux 
paires concolores. 


Q.—- Vertex Jaune orange; front bronzé irisé, étroitement lituré 
de blanc dans sa moitié inférieure devant les veux; palpes jaune 
orange, un peu mêlés de noir au sommet du deuxième article en 
dehors; trompe roussâtre; plaque jugulaire et poils péricépha- 
liques jaune orange; antennes noir bleu; yeux bruns; ocelles 
Jaunes. 

Collier jauné orange coupé au centre par quelques écailles noir 
bleu. Thorax en dessus jaune orange jusqu’au delà de la moitié 
des ptérygodes et du mésoscutum, noir bleu dans le reste; en 
dessous rouge orange jusqu’à la suture méso-métathoracique, noir 
bleu sur toute la surface métathoracique. Abdomen noir bleu en 
dessus. Ventre blanc ocracé à l’exception du dernier sternite qui 
est noir bleu. 


Hanches et pattes antérieures Jaune orange, avec un très petit 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 345 


point noir bleu sur la base du tibia en dessus. Hanches et fémurs 
médians Jaune orange, tibias concolores avec la base en dessus, 
l’extrémité et les éperons noir bleu; tarses jaune orange. Hanches 
et pattes postérieures noir bleu tachées de jaune orange sur la 
moitié proximale de la face interne du fémur. 

Ailes supérieures opaques, noir bleu passant au pourpré vers 
l’extrémité. Dessous semblable. 

Ailes inférieures opaques, noir bleu un peu violacé, avec une 
large macule basilaire transparente, formée de trois taches vitrées : 
une très large entre 1 a et 1 &, une plus courte et étroite entre I cet 
la cellule et la troisième, un plus longue que la précédente et 
coupée obliquement dans la cellule, Dessous semblable. Franges 
des deux paires concolores. 

Envergure : ©, 20,5 nullimètres; ©, 35 millimètres. 

Types : 1 G, 1 Q, Lambarené (Ogooué), Congo français, ex 
R. Ellenberger (1913), Coll. Museum de Paris. 


Je dédie cette belle espèce à la mémoire du pasteur Haug, 
décédé au début de la guerre, et qui fut longtemps correspondant 
du Muséum National d'Histoire naturelle au Congo. 

Elle a été découverte par M. KR. Ellenberger, qui a capturé les 
deux sexes 2# copula, ce qui ne laisse aucun doute sur leur identité 
spécifique. 

Macrotarsipodes Haugi mâle a beaucoup d’affinité avec Macro- 
tarsipodes (— Macrotarsipus) flammipes Hmpsn. de l’Uganda; 
d’après sa description originale, celui-ci aurait la même coloration 
générale, la même taille et le dessin des ailes semblable ; 1l s’écar- 
terait de M. Haugi par les antennes orange en dessus, les ptéry- 
godes et le collier en partie rouge orange, le ventre de cette couleur, 
les pattes tachées d’orange, etc. 

La femelle, quoique plus petite et différant notablement du 
mâle, présente un dimorphisme moins accusé; les ailes transpa- 
rentes et l’existence d’anneaux rouges à l’abdomen suffisent à la 
distinguer de celle de #. Haugi. Par contre, celle-ci a une très 


grande analogie de taille, de couleur et de dessin, avec une espèce 


346 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





d’un genre voisin : / zpulamima flavifrons Holl. égalemen: décrite 
de l’Ogooué sur un mâle unique et dont la principale différence 
consiste dans l’existence de deux petites taches vitrées, en plus de 
celle triñide et plus régulière de la base des ailes inférieures : une 
linéaire le long de la cellule aux ailes supérieures et une « sub- 


pyriform » sur le disque des inférieures. 


GENRE SYLPHIDIA [Le Cerf. 


Sylphidia perlucida Le Cerf (PL CDIXXIX, fig. 3050, d') 


Sylphidia perlucida Le Cerf, Bulletin du Museum National d'Histoire 
Naturelle/n°5;"p. 300, 1PIONC Gestion) mé#21) 


J'ai décrit ce genre et cette espèce sur une femelle unique de 
la collection du Muséum, reçue en alcool et qui avait un peu 
souffert de ce mode d’envoi. 

Depuis, M. R. Ellenberger, à qui en est due la découverte, 
a adressé au Museum de Paris un couple bien frais, pris 22 co pula 
dans la même localité que le type et qui, en me permettant de 
faire connaître le mâle et de compléter la diagnose générique, 
me fournit également l’occasion de redresser quelques points 


de détails dans la description de la femelle : 


Genre. — La diagnose établie sur le sexe femelle doit être 
complétée par les caractères suivants propres au mâle : 

Antennes très brièvement et finement ciiées ; abdomen conique, 
pointu au sommet, terminé par une brosse anale bien différenciée, 
formée de deux pinceaux latéraux longs et minces; tibias anté- 
rieurs largement poilus extérieurement; pattes postérieures à tarse 
dépourvu de crête et ne dépassant pas le sommet de la brosse 
anale. 

Q.-— La coloration foncière, sur l’insecte frais est noire, un peu 
bronzée, et non gris foncé, les palpes ont le premier article noir, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 347 





le second blanc avec une très fine ligne noire antérieure et une 
autre latérale, élargie au sommet, troisième article noir avec une 
hgne blanche en avant; plaque jugulaire noire à base blanche. 
Le corselet porte en dessous deux taches latéropectorales blanches 
de chaque côté : une antérieure petite et arrondie, et une médiane 
à peine plus grande; surface postcoxale couverte de poils blancs; 
en dessus, le bord interne des ptérygodes et la base des ailes 
supérieures sont mêlés de quelques écailles blanches. Hanches 
antérieures noires, à centre blanc. Aux tarses postérieurs, les 
derniers articles ne sont pas seuls à porter une crête, celle-ci 
s’étend en réalité sur tous les articles, elle est formée de longues 
écailles pihiformes raides et complètement aplatie. La côte des 
inférieures porte en dessous, près de la base, une petite tache 
triangulaire blanche. 


d.— Diffère morphologiquement de la femelle par son abdo- 
men conique très large à la base, effilé au sommet, terminé par 
une brosse anale en deux pinceaux écartés, les tarses des pattes 
postérieurs normaux, c’est-à-dire non aplatis latéralement, 
dépourvus de crête de poils ne dépassant pas en longueur 
l’extrémité de l’abdomen, et par les caractères de détails suivants: 

Palpes noirs avec le premier article et les deux tiers proximaux 
du second blancs en avant; plaque jugulaire et hanches anté- 
rieures blanc pur; tibias frangés extérieurement de blanc au 
sommet, tarses noirs en dessus avec l’extrémité du premier article 
et le dessous blancs. Fémurs médians noirs, à crête inférieure 
blanche; tibias médians noir bleu largement annelés de blanc 
avant le milieu en dessus et en dessous. Fémurs postérieurs noirs, 
frangés de longs poils et tachés de blanc au sommet de la 
crête inférieure; tibias postérieurs noir bleu, avec une petite 
tache blanche médiane en dessus et le sommet des poils de 
l’extrémité interne de la touffe erectile un peu roussâtres. Tarses 
des deux paires noir bleu en dessus, blanc jaunâtre en dessous. 
Corselet et ptérygodes dépourvus d’écailles blanches. Abdomen 
noir bronzé en dessus avec les second et quatrième tergites fine- 
ment bordés de blanc. Ventre blanc à l'exception d’un point 


348 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


médian bronzé sur les trois premiers sternites et du dernier qui 
est gris roussâtre. 

Aux ailes supérieures, toutes les parties écaillées sont plus 
larges, la ligne marginale forme des dents entre les nervures et 
la tache vitrée infracellulaire, plus courte et plus étroite, atteint 
à peine le milieu du bord interne. Aux ailes inférieures, Ja touffe 
d’écailles du champ abdominal est plus courte, noire, dépourvue 
de blanc au centre et seulement bordée à l’extrémité de quelques 
poils de cette couleur. Franges des deux paires plus longues, 
concolores, entrecoupées de blanc un peu avant la base aux ailes 
inférieures. 

Envergure : ©, 18,5 millimètres; ©, 10,5-21,5 millimètres. 

19,2 Q (1 Q type), Lambarené, Ogooué (Congo français) 
ex R. Ellenberger (1011-1913), Coll. du Museum de Paris. 


Sylphidia pulchra n. sp. (PI CCCLXXX, fig. 3185). 


œ. — Vertex noir bleu, front blanc d'argent, un peu écaillé 
de gris ardoisé au centre. Palpes noir bleu ; trompe rousse à base 
noire; plaque jugulaire et poils péricéphaliques blancs. Veux brun 
noir, ocelles Jaunes. Antennes noires. 

Collier et thorax bleu d’acier; ptérygodes concolores légè- 
rement mêlées de rares écailles blanches en dehors, et complè- 
tement blanches à la peinte; le thorax porte en outre de chaque 
côté et en dessous du collier une bande d’écailles blanches; 
métathorax blanc. Abdomen noir bleu à quatrième sternite bordé 
de blanc; ventre noir bronzé. 

Hanches antérieures et pattes des trois paires noires à reflet bleu 
particulièrement vif sur les tibias; ceux-ci portent en dessus une 
tache médiane, oblique, blanc d'argent. Tarses noirs en entier 
aux pattes antérieures et médianes et blancs en dessous aux pattes 
postérieures. 

Ailes supérieures dépourvues de tache vitrée infracellulaire; 
base largement noire, glacée de bleu d’acier brillant et tachée 
de blanc pur à la base; côte, nervures et point discocellulaire noir 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 349 


bleu ; bordure marginale étroite, noir pourpré. Dessous noir brun, 
avec quelques écailles blanches à la côte, au-dessus du trait 
discocellulaire. 

Ailes inférieures transparentes à base très largement noire; 
ervures et bordure marginale finement écrites en noir. Dessous 
plus clair. Franges des quatre ailes bronzé pourpré. 

Envergure : 25 millimètres. 

Type : 1 &', Kamerun, Lolodorf ; ex L. Conradt (1804-1895); 
Coll. Ch. Oberthür. 


Cette très Jolie espèce est une Sy/phidia bien typique, elle 
possède tous les caractères que j'ai fait connaître chez Sy/phidia 
perlucida Le Cerf, génotype; seuls les pinceaux latéraux de la 
brosse anale sont un peu plus courts et accolés au lieu d’être 
divergents, mais cette disposition est probablement due aux 
contractions qui ont précédé la mort. 


Sylphidia modesta n. sp. (PL CCCLXXX; fig. 3184). 


Q. —- Vertex noir bronzé; front blanc d’argent. Palpes noir 
bronzé avec le premier article et la moitié du second blancs en 
dessous; trompe petite, Jaune. Plaque jugulaire blanche; poils 
péricéphaliques blancs. Antennes noir bronzé dessus, brunes en 
dessous. Yeux noir brun, ocelles incolores. 

Collier et thorax noir bronzé dessus et dessous; surface post- 
coxale blanche; abdomen noir bronzé avec les pleuræ des deux 
premiers segments et le bord postérieur du quatrième écaillés de 
blanc (4); brosse anale brun roussâtre. Ventre brunâtre avec les 
sternites bordés de grisâtre, cette teinte couvrant presque entiè- 
rement les quatre derniers. 

Hanches antérieures blanches ; fémurs noir bronzé, avec 
l'extrémité de la crête inférieure blanche; tibias noir bronzé, avec 


le dessous et l’extrémité blancs; tarses noir bronzé en dessus, 








(1) Ce caractère, peu apparent à cause de l’état médiocre de l’échantillon n’a 
pas été représenté sur la figure 3184 (côté droit). 


23 


350 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





blancs en dessous. Fémurs médians et postérieurs noir bronzé, 
avec le bord et la côte inférieurs blancs; tibias médians, tachés 
extérieurement de blanc dans leur tiers médian; éperons noirs; 
tarses noir bronzé en dessus, avec le sommet du premier article 
et le dessous blancs; tibias postérieurs noir bronzé; éperons noirs; 
tarses noir bronzé à premier article blanc du côté interne. 

Ailes supérieures noir bronzé pourpré avec une très légère 
indication de tache vitrée infracellulaire (1), une intracellulaire 
triangulaire, plus courte que la moitié de la cellule et une ultra- 
cellulaire ovale, étendue de la nervure 3 à la nervure 9; espace 
terminal étroit, parallèle au bord et formant des dents courtes, 
régulières et aiguës entre les nervures. Dessous plus clair, avec 
la côte, les nervures, le bord interne et un point sur le trait disco- 
cellulaire jaune d’or. 

Ailes inférieures transparentes avec la base, la moitié du champ 
abdominal, les nervures et la bordure marginale noir pourpré. 
Dessous avec la base, les nervures et le bord abdominal jaune 
d’or. Franges des quatre ailes noir bronzé, coupées largement de 
blanc à la base des inférieures. 

Envergure : 17,5 millimètres. 

Type : 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hühe- 
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1806); Coll. Ch. Oberthür. 


Un peu diiférente des véritables Sy/phidia par la taille plus 
courte des pattes postérieures, l’absence de crête d’écailles dressées 
sur le tarse, la pilosité moins dense sur le tibia. 


Sylphidia pauper n. sp. (PI CCCLXXX, fig. 3183). 


Q.— Vertex noir bronzé; front blanc taché de bronzé dans 
sa partie supérieure médiane. Palpes noir bleu ; trompe roussâtre ; 
plaque jugulaire blanche; poils péricéphaliques blancs. Antennes 


(x) Laissée à tort en clair sur la fig. 3184 pour la même raison que ci-dessus ; 
elle n’est perceptible qu’à la loupe; le côté gauche de la fig. 3184 donne une 
idée plus exacte de l’aspect de l’aile supérieure. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 351 
noir bleu en dessus, brunes en dessous. Yeux brun noir, ocelles 
rose pâle. 

Collier, thorax et ptérygodes noirs; pas de taches latéro- 
pectorales ; surface postcoxale blanche. Abdomen noir, avec 
les pleuræ des deux premiers segments et le bord postérieur du 
quatrième tergite écaillés de blanc; brosse anale noir bronzé. 
Ventre blanc à l’exception de la base et du dernier sternite qui 
sont bronzé clair. 

Hanches antérieures noir bronzé. (Pattes détruites). 

Ailes supérieures noir pourpré avec deux taches vitrées glacées 
de lilas : une intracellulaire, en triangle arrondi, ayant à peine 
en longueur le tiers de la cellule, une ultracellulaire ovale formée 
de cinq aréoles dont la supérieure est peu nette et divisée par la 
nervure 8; espace terminal large, parallèle au bord, non denté 
entre les nervures. Dessous pourpré avec la côte et les nervures 
principales jaune d’or. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures, un petit trait 
discocellulaire et une bordure marginale un peu festonnée noir 
pourpré. Dessous semblable à côte jaune. Franges des deux paires 
noir bronzé. 

Envergure : 16,5 millimètres. 

Type : 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hühe- 
Station, Kamerun; ex L. Conradt (18096); Coll. Ch. Oberthür. 

Malgré son mauvais état de conservation j'ai cru devoir décrire 
cette espèce à cause du grand nombre de caractères qu’il est 
possible de retrouver et qui suffisent à la faire reconnaitre. Elle 
n’est peut-être pas à sa place dans le genre Sy/phidia Le Cerf, 
c’est ainsi qu’elle manque notamment des touffes d’écailles si 
curieuses que J'ai signalées sur les ailes inférieures du génotype : 
Sylphidia perlucida Te Cerf du Congo et que depuis j'ai 
retrouvées chez Sylphidia modesta n. sp. et Sylphidia pulchra 
n. sp. toutes deux du Cameroun et décrites ici. 

Je ne sais rien des pattes qui sont détruites, mais les antennes, 
les palpes, la trompe, le dessin des ailes et la nervulation sont 
ceux des Sylphidia. 


352 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





GENRE TRILOCHANA Moore 
(= Scoliomima Btlr.) 


Trilochana scolioides Moore (PI. CDLXXX, fig. 3961). 


Trilochana scolioides F. Moore. Descriptions of New Indian Lepidop- 
terous Insects from the Collection of the late Mr. W. S. Atkinson, 
po. PL up 2 (re70): 


Cette grande Aegerie paraït rare dans les collections; à l’époque 
où Sir G. F. Hampson publiait le premier volume des Zépidop- 
tères Hétérocères de la Fauna of British India, 1] ne la connaissait 
pas en nature; le type de Moore était encore unique, et la descrip- 
tion qu'il en donne n’est que la reproduction arrangée de la 
description originale; dans l’impossibilhité de les vérifier direc- 
tement sur l’insecte même, il a assigné au genre des caractères 
inexacts. Bien que ceux énumérés par Moore soient suffisants dans 
l’ensemble, ils doivent être rectifiés sur certains points comme Je 
l’établirai plus tard et présentent cette lacune grave qu'aucune 
précision n’est donnée sur le sexe du type. Ce détail est important, 
car la femelle de 7 74ochana scolioides offre cette singularité, fort 
rare chez les Aegertide, d’avoir les antennes pectinées; la forme 
et le volume de la brosse anale, composée et précédée de longs 
poils ne permettant pas d'examiner le sommet des organes géni- 
taux, on peut se trouver amené à considérer, par analogie avec ce 
qui est la règle générale dans la Famille, les individus à antennes 
pectinées comme des mâles. [Il semble que ce soit ainsi qu’ait 
procédé Moore; car il n’aurait pas manqué de signaler la particu- 
larité en question s’il l’avait remarquée. Butler a fait de même 
pour son genre Scoliomima, dont les caractères ne diffèrent pas de 
ceux de 771lochana Moore, et qui par conséquent doit être placé 
en synonymie de celui-ci. On doit regretter que ce nom si expressif 
ne puisse être conservé: il caractérise parfaitement les Aegerides 
auxquelles Butler l’avait appliqué; ce sont toutes, en effet, des 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 353 





espèces de forte taille mimétiques des Scolies, et leur ressemblance 
est poussée assez loin pour qu’il soit possible d’apparier spécifi- 
quement l’Hyménoptère et le Lépidoptère. 

Butler et Pryer ont déjà dit combien est frappant le mimétisme 
entre 7 rlochana (—Scoliomima Btlr.), insignis Btlr. et Tr2scol1a 
patricialis Burm., toutes deux de Bornéo. À Java, H. Fruhstorfer 
a capturé une autre 7 74lochana qu’il rapportait à la précédente, 
à tort d’ailleurs puisqu'elle copie une espèce différente : 7 72scol:a 
procer Illig.; 1l n’a rien publié à ce sujet, mais comme il avait 
joint un exemplaire de l’Hyménoptère à l’Aegeride envoyé par 
lui-même à M. Ch. Oberthür, on peut assurer que ce mimétisme 
ne lui avait point échappé. 

Bien que n’ayant fait l’objet d’aucun rapprochement jusqu’ici, 
Trilochana scolioides Moore, tout comme ses congénères et au 
même degré, imite une Scolie partageant son habitat : Scolia rubi- 
ginosa F., près de laquelle je la fais représenter, PI CDLXXX, 
fig. 3960. Au contraire de l’Hyménoptère qu’elle mime et qui 
est répandu à travers toute l’Asie tropicale et l’Insulinde, cette 
Aegerte n’est connue que du Sikkim, localité originale du type 
et de la femelle, appartenant à M. Ch. Oberthür, étudiée 1c1. 

Envergure : 51 millimètres. 


1 ©, Darjeeling, ex Môwis (1891); Coll. Ch. Oberthür. 


Trilochana Oberthüri n. sp. (PI CDELXXX, fig. 3063). 


Q. — Vertex noir olivâtre; front bronzé clair, lituré de gris 
nacré 1risé devant les yeux; palpes à premier article noir pourpré 
(les deux autres sont détruits) ; trompe rousse, plaque jugulaire et 
poils péricéphaliques noir verdàtre. Antennes unipectinées, noir 
bleu brillant en dessus, noir grisàtre mat en déssous. Yeux brun 
olivatre; ocelles jaune orangé. 

Collier jaune mêlé en avant de quelques écailles bronzées. 
Thorax noir un peu verdâtre, avec une large tache Jaune sur le 
mesoscutellum ; ptérygodes concolores ; métathorax noir à touffes 
latérales concolores et portant latéralement une touffe étroite de 


354 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








poils blancs. Abdomen noir pourpré avec le premier tergite couvert 
comme le métathorax de poils noirs en dessus et de poils blancs 
latéralement; le second et le cinquième tergites portent de chaque 
côté du milieu une large tache jaune; brosse anale noire. Ventre 
noir recouvert dans toute sa partie médiane de poils dont la 
longueur croît progressivement du premier au dernier sternite. 

Hanches antérieures noir olivâtre (pattes détruites). Fémurs 
médians et postérieurs noirs frangés en dessous de longs poils. 
Tibias médians noirs avec quelques écailles jaunes sur le milieu 
de la face externe; éperons et tarses noirs. Tibias postérieurs 
hérissés de longs poils raides, avec quelques poils blancs au tiers 
de la face interne et au sommet du bord supérieur, et traversés 
extérieurement par une ligne anguleuse blanc bleuâtre médiane; 
éperons noirs; tarses noirs hérissés des mêmes poils que le tibia 
sur les deux premiers articles et les trois derniers blanc jaunâtre 
du côté interne. 

Ailes supérieures opaques, brunes, entièrement glacées de vert 
bronzé passant au brunâtre vers la base et le long de la côte et au 
bleu légèrement pourpré au bord externe. Dessous semblable. 

Aïles inférieures opaques de même teinte que les supérieures 
avec deux aires vitrées triangulaires : une courte et étroite entre la 
base de la nervure 1 cet la cellule, l’autre très large, occupant tout 
l’angle anal entre le bord anal et les nervures 1 & et 1 à. 
Dessous semblable. Franges des deux paires concolores, longues 
et grisätres aux inférieures entre la base et l’angle anal. 

Envergure : 58 millimètres. 

Type : 1 ©, Java occidental, Mont Gedé [4.000’] (août 1892), 
ex H. Fruhstorfer; Coll. Ch. Oberthür. 


Cette magnifique espèce est très voisine de T7#/ochana (—Sco- 
lionima) insignis Btlr.; elle s’en distingue par l’absence de bande 
Jaune continue sur le quatrième tergite, qui porte seulement deux 
taches latérales, et par l’imitation d'une espèce différente d'Hy- 
ménoptère : Z'riscolia procer Xlig. habitant aussi Java, en com- 


pagnie de laquelle je la fais figurer. 


RES 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 355 





En plus de celui de la Coll. Ch. Oberthür, je connais de cette 
grande espèce un second exemplaire provenant également de Java 
et que je dois à la libéralité de M. Eugène Boullet, de Corbie. 
11 s'écarte assez du type pour être considéré comme une variété 
distincte à laquelle je donne, avec grand plaisir, le nom du 
généreux Bienfaiteur et Associé du Muséum National d'Histoire 
Naturelle de Paris. 


Trilochana Oberthüri, var. Boulleti n. var. 


Q. — Semblable à la forme typique pour la taille et la colo- 
ration générale; elle s’en distingue par la disparition des taches 
latérales jaunes du cinquième tergite à la place desquelles sub- 
sistent seulement un très petit nombre d’écailles jaunes isolées et 
peu apparentes. 

Les pattes sont détruites, mais les palpes qui manquent chez 
le type sont ici présents ; ils sont dressés, appliqués contre le front 
et dépassent un peu le vertex, leur premier article, hérissé de 
longues écailles, est noir bronzé, le second blanc jaunâtre à base 
noirâtre et le troisième très petit, noir. 

Envergure : 61 millimètres. 

Hype no Java ex Bus Autran (1886);,Coll. Fd. Le Cerf: 


Par suite de l’absence des taches jaunes au milieu du corps, 
cette variété ne ressemble plus à Z'7iscolia procer Ylig., mais à une 
espèce voisine qui en est également dépourvue et dont il existe un 
spécimen indéterminé étiqueté : 7. procer Illig. var. ? originaire 
de Sumatra, dans la Collection du Museum de Paris. 

La coloration des ailes de cette belle espèce passe, suivant 
l’éclairement, du vert doré bronzé au vert bleuâtre et prend, sous 


la lumière couchée, un magnifique reflet bleu d’outremer foncé. 


Autant qu’un matériel aussi restreint permet d’en juger, et bien 
qu’elles miment des espèces de Scolies différentes, je crois que les 


56 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


[S2] 





deux 7 rlochana décrites ici ne sont que des formes locales de 
Trilochana (=Scoliomima) insignis Btir. Les probabilités de cette 
unité spécihique des trois formes maintenant connues du groupe 
insignis peuvent être déduites de l’ensemble des caractères qu’elles 
ont en commun et de ce que ceux par quoi elles diffèrent, se 
réduisent essentiellement au développement variable de la couleur 
jaune sur le cinquième tergite abdominal. 

En dehors de celle-ci, les divergences de détail, que la mise en 
parallèle d’insignis et d’Oberthuiri permet de relever, ne sont que 
des nuances peu importantes, dues probablement pour une part 
égale à une appréciation inexacte de certaines d’entre elles et à 
l’état défectueux du type d’ixsignis, souligné d’ailleurs par 
Butler dans sa description originale. Seule, l’absence d’aire vitrée 
intracellulaire basale chez insignis aurait une certaine valeur si 
elle était réelle; seulement, comme Butler a omis à plusieurs 
reprises d'indiquer l’existence de caractères analogues et aussi 
apparents, notamment dans la description de Mclittia natalensis 
et sur la figure de Melittia œnescens, je ne suis nullement con- 
vaincu que la tache vitrée en question, petite mais bien distincte 
chez Oberthiri et Boulleti, ainsi que chez leur congénère T74l0- 
chana scolioides Moore (du Sikkim), fasse vraiment défaut chez 
insignis. Une autre considération s'ajoute aux réserves précé- 
dentes, c’est la manière dont est dessiné le corps sur la figure 
originale accompagnant la description. En m’aidant de celles-ci, 
des deux individus que j'ai sous les yeux et en tenant compte des 
analogies de structure que présentent entre elles à l’intérieur des 
genres les espèces d’Acgerides en général et celles de la sous- 
famille des Aegerninæ en particulier, j'ai reconstitué un dessin 
du corps de 7'7älochana insignis certainement plus exact dans sa 
forme que celui donné par Butler. Certains détails montrent 
qu'indépendamment des restaurations destinées à compenser les 
déformations dues aux chances de la capture et d’une conserva- 
tion imparfaite, la figure en question a été quelque peu interprétée 
de façon à rendre plus frappant le mimétisme de l’Aegerie et de 
Triscolia patricialis Burm. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 357 


En somme, 7 rlochana insignis Btlr., 7. Oberthiüri et T. Boulleti 
ont la même taille, la même forme, la même coloration foncière 
noire marquée aux mêmes endroits des mêmes taches Jaunes, 
égales en forme et en dimension, sauf au cinquième tergite qui 
montre, à cet égard et à l’exclusion de toute autre, les seules parti- 
cularités suivantes : 





F1G. 14.— Corps des trois formes de 7rilochana insignis Btlr. (Gross. x 0,25 env.). 


I = T. insignis Btlr. forme type, Pulo Balhalla, Bornéo septentrional; mime 
Triscolia patricialis Burm. 


O = T. insignis var. Oberthür: n. var., Mont Gédé, Java; mime 7scolia 'procer 
Illig. 


B = T. insignis var. Boulleti n. var., Java; mime 7riscolia spéc.? ou Triscolia 
procer Illig., var.? 


Chez zsignis (fig. 14, L), le jaune couvre la totalité du tergite 
et forme une bande égale, continue, coupant transversalement 
l’abdomen. 

Chez Oberthiür: (fig. 14, O), cette bande est largement inter- 
rompue dans sa partie médiane, et réduite à deux taches latérales, 
symétriques et de même grandeur que celles du second tergite. 

Chez Boulleti (Kg. 14, B), le jaune a pratiquement disparu et 


n'est plus représenté que par quelques rares écailles, éparses au- 


358 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


dessus des pleuræ et trop peu nombreuses pour trancher distinc- 
tement sur le fond. 


Limitées à un seul détail de coloration chez des insectes sem- 
blables par ailleurs, et présentant au surplus une gradation évi- 
dente, ces différences ne peuvent guère être tenues pour spécifiques. 
Quoique largement espacées, elles apparaissent comme les degrés 
d’une variation conforme à ce que nous connaissons des lois, 
encore mal définies mais certaines, qui régissent à l’intérieur de 
l’espèce, la tendance à l’extension ou à la réduction de la couleur 
et du dessin chez les Lépidoptères. 

L’absence actuelle des transitions secondaires par lesquelles les 
variétés d’une même espèce passent d’ordinaire progressivement 
de l’une à l’autre, ne saurait prévaloir contre la réunion en une 
seule unité d’insignis — Oberthiüri — Boulleti, celles-ci repré- 
sentant exactement les trois termes principaux du processus 
normal de toute variation de cette nature : #aximum, medium, 
minimum. D'ailleurs et bien qu’il soit prématuré de contester leur 
existence sur les seuls éléments dont je dispose, j'ajouterai cepen- 
dant que de telles formes, imparfaitement tranchées, ne me 
paraissent pas devoir se rencontrer dans les 7 74lochana du groupe 
insignis, à cause de la relation très étroite qu’on observe chez elles, 
entre la variation et le mimétisme, et qui paraît placer jusqu’à un 
certain point la première sous la dépendance du second. C’est là 
un des points les plus curieux et à coup sûr le plus intéressant 
qui ressort de cette étude sommaire; je me borne à le signaler 
brièvement, me proposant d’y revenir plus à loisir en des temps 
plus propices aux études pacifiques. 

À l'inverse de ce qui se produit chez les autres Aegeruide, où 
la variation a pour conséquence d’altérer le mimétisme en dimi- 
nuant plus ou moins sensiblement la ressemblance du Lépidoptère 
pour l’insecte que celui-ci imite, elle aboutit chez 7 r1lochana 
insignis Btlr. à un résultat différent, que l’on peut caractériser 
en disant que dans les variétés de cette espèce la capacité mimé- 


tique n’est pas diminuée, mais déplacée, reportée en quelque 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 359 


sorte vers d’autres modèles, copiés à leur tour aussi fidèlement 
que l’est Z'riscolia patricialis Burm. par la forme type : 2ns1gn1s 
Ces autres modèles, indiqués plus haut, après chaque description, 
sont naturellement aussi des Scolies, d’une taille analogue, 
pourvues d’une coloration participant du même système de répar- 
tition des taches jaunes sur le fond noir, mais ne présentant tou- 
tefois pas de transitions entre elles (1). 

En résumé, chez 7 rlochana insignis Btlr., Aegerie à mimétisme 
défini ®, on voit s'ajouter et se superposer au polymorphisme 
résultant normalement de la variabilité, un mimétisme propre à 
chacune des formes dérivées, poussé au même degré de ressem- 
blance, vis-à-vis de modèles différents également définis pour 
chacune d'elles, que l’est celle de la forme type par rapport à la 
Scolie dont elle reproduit la livrée. 

Je ne connais pas d’autre exemple de cette singulière particu- 
larité chez les Aegérides où elle constitue, je crois, le premier 
exemple de ce que j’appellerai le polymimétisme spécifique. 


GENRE MEGALOSPHECIA n. gen. 


Front saillant. Palpes longs, dressés obliquement, non hérissés, 
a second article fusiforme, troisième subcylindrique. Trompe bien 
développée, de longueur moyenne. Antennes longues, épaisses, 





(1) Il est possible cependant que l'individu de la Coll. du Muséum que je 
considère comme une espèce voisine de 7réiscolia procer ne soit qu’une variété de 
celle-ci, car il existe dans la même collection quelques exemplaires affectés de 
la variation inverse, c’est-à-dire chez lesquels les deux taches latérales du milieu 
de l’abdomen se réunissent par leur bord interne et forment ainsi une bande 
continue, comme chez 7. patricialis. 


(2) J'emploie ce terme de : « #imélisme défini » ou « spécifique » par oppo- 
sition à celui de « mimétisme d’ensemble », de « Groupe », de « Genre » ou de 
« Famille ». Le premier implique une imitation assez accusée pour qu'il soit 
possible de rapporter, espèce à espèce, le mime et son modèle; le second, au 
contraire, évoque bien une idée de ressemblance, mais imprécise et résultant 
seulement de l’aspect général ou de quelque détail plus ou moins saillant. 


360 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


fusiformes. Veux grands, ocelles petits. Pattes longues et fortes; 
hanches antérieures très peu aplaties, presque cylindriques; pattes 
postérieures à tibias pourvus sur la crête supérieure et la crête 
inférieure de poils assez longs, non hérissés. Le tibia et le tarse 
réunis une fois et demie plus longs que le corps; le premier 
article du tarse est, à lui seul, presque aussi long que le tibia et 
deux fois et demie plus que les quatre autres articles réumis. 

Nervulation. — Aux ailes supérieures, la cellule est prolongée 
à sa partie supérieure et les discocellulaires forment un angle un 
peu rentrant; nervure 1° épaissie mais non divisée à la base, 
2 et 3 rapprochées à leur origine, subparallèles, écartées seulement 
au sommet, 3 naissant de l’angle inférieur de la cellule, 4 for- 
tement écartée de 3 et courbée à la base, 5 naissant un peu 
au-dessous de l’angle des discocellulaires, 6 très écartée de 5; 
7, 8 et 9 tigées, 10 de l’angle supérieur de la cellule, 11 naissant 
loin de 10, aux deux tiers de la cellule. 

Aux ailes inférieures : 1* présente, discocellulaire oblique, 
3 et 4 partant du même point, à l’angle inférieur de la cellule, 
6 de l’angle supérieur de celle-ci, 7 absente. 

Génotype : Megalosphecia gigantipes n. sp. 


Megalosphecia gigantipes n. sp. (PI CCCLXXXI, fig. 31092). 


Q. — Vertex noir brun; front noir bronzé, lituré de blanc 
nacré devant les yeux. Palpes fauves, mêlés extérieurement de 
noir. Trompe gris roussâtre; plaque jugulaire jaune fauve, un 
peu mêlée de blanchâtre et tachée de brun au centre. Poils péricé- 
phaliques noirs et fauves. Antennes noires à base roussatre en 
dessous. Collier noir bronzé à reflet bleu et prolongé de chaque 
côté par une tache jaune. Thorax noir bronzé pourpré; ptérygcdes 
concolores mêlées d’écailles fauves. Métathorax pourvu latéra- 
lement et en dessus de touffes de poils noirs et fauves. 

Abdomen en entier noir bronzé bleuûtre. 

Hanches antérieures fauve roux avec une ligne d’écailles brun 
bronzé au bord interne; fémurs, tibias et tarses fauve roux. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 361 


Hanches médianes et postérieures fauve roux; fémurs médians 
brun bronzé à crête supérieure et tiers terminal roussâtre, tibias 
et tarses fauve roux; fémurs postérieurs brun bronzé à sommet 
roussâtre ; tibias fauves, tachés de noir dans leur partie médiane 
supérieure et sur toute la face interne. Eperons et tarses concolores. 

Ailes supérieures noires, un peu éclaircies sur l’espace terminal. 
Dessous un peu plus clair à base et côte en partie fauve. 

Ailes inférieures couvertes d’écailles bleu d’acier brillant sur 
lesquelles se détachent en noir mat les nervures, un large trait 
sous la cellule et une tache triangulaire sur la base du champ 
anal. La bordure marginale est également noire et se prolonge 
en trois traits fuligineux entre les nervures 1° et 4. Des taches 
transparentes étroites existent sur l’extrémité inférieure du champ 
anal, entre 1° et R, et en: forme de traits de chaque côté des 
nervures 1° à 5. Dessous semblable, à base rousse. Franges des 
deux paires noir pourpré. 

ÆEnvergure : 63,5 millimètres. 

Type : 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Fühe- 
Station, Kamerun; ex L. Conradt (18096); Coll. Ch. Oberthür. 


Megalosphecia gigantipes Le Cerf, var. obscura n. var. 
CIC COERRRE Mie" STOL); 


Ditfère du type par l’absence de fauve au collier, au thorax, 
aux palpes, aux hanches des trois paires de pattes et à la base de 
l’aile inférieure en dessous; la plaque jugulaire brun bronéé, 
légèrement mêlée de fauve, la réduction des traits vitrés le long 
des nervures aux ailes inférieures et la présence d’une tache noire 
sur la crête supérieure du tibia postérieur avant l’extrémité. La 
taille est également plus réduite. 

Envergure : 55 millimètres. 

Type : 1: ©, Kamerun, Lolodorf; ex LL. Conradt (1894-1805); 
Coll. Ch. Oberthür. 


Les deux formes décrites ic1 correspondent probablement à des 
races localisées à des altitudes différentes. En outre des autres 


362 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


caractères énumérés dans la description —— et notamment la diffé- 
rence de coloration qui est plus accusée que les figures ne le lais- 
sent apparaître — c’est dans la diminution du nombre des stries 
hyalines des ailes inférieures, réduites à une seule dans la forme 
obscura tandis que la forme type ggantipes en porte trois, qu’il 
faut voir la modification la plus remarquable séparant ces deux 
races. 

Megalosphecia gigantipes n. sp. est la plus grande de toutes 
les Ægerides décrites jusqu'ici. Parmi les espèces africaines, elle 
égale et dépasse Cicinnoscelis longipes Holl, de l’'Ogooué, avec 
laquelle elle présente une certaine similitude de coloration, mais 


dont elle s’écarte par ses caractères génériques. 


GENRE SPHECIA Hbn. 


Sphecia Oberthüri Le Cerf (PI CCCLXXX, fig. 3188 ©, 
3189 Q). 

La description de cette espèce a paru au Bulletin de la Société 
Entomologique de France (1914) p. 422, donnant les travaux 
déposés au cours de la séance qui a précédé le déchainement de 
la « Deutsche Kultur » sur la Belgique et la France. 

A cette description J'ajouterai les détails complémentaires 
suivants : les antennes sont, dans les deux sexes, noires en dessus 
avec la moitié basilaire roussâtre, et brun roux en dessous; la 
plaque jugulaire est brun roux mêlé de noir. 

Sur les figures 3188 et 3189, les hanches antérieures, les articu- 
lations coxofémorales et les tibias doivent être du même brun 
rougeâtre que la base des ptérygodes et des sternites abdominaux. 

Sphecia Oberthiüri, dédiée à M. Charles Oberthür, paraît voisine 
de Trochilium ignicolle Hmpsn. du Cachemire et de Sphecia 
flavicollis Hmpsn. de la même région que je ne connais ni l’une 
ni l’autre en nature et dont aucune figure n’a été publiée: elle est, 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 363 


dans l’ensemble, mimétique des Guêpes et copie probablement 
une espèce ou un groupe d’espèces déterminées. 


Sphecia gloriosa Le Cerf (PI. CCCLXXXI, fig. 3190). 


Décrite à la même séance que la précédente et publiée p. 421 du 
Bulletin de la Société entomologique de France (1914). J'avais 
d’abord donné à cette espèce le nom de S. #andarina 1. 1. qui 
a été conservé par erreur dans l’explication des planches à la 
p. 13 du vol. XII (1° partie) des Æ/udes de Lépidoptérologie 
comparée. 

Sphecia gloriosa Le Cerf est apparentée à Sphecia Prsewalsku 
Alph. des Monts Thian-Chan et de Kuldja, mais elle en est 
distincte, notamment par les ptérygodes jaunes bordées de brun 
rougeâtre, le métathorax entièrement fauve roux et l’abdomen 
plus clair. 

Comme ses congénères, cette Sphecia copie des Vespides et plus 
particulièrement des espèces de forte taille du groupe des Frelons. 


GENRE AEGEROSPHECIA n. gen. 


Vertex large non hérissé ; front légèrement bombé, peu saillant ; 
palpes longs ne dépassant pas le vertex, dressés, non hérissés, 
à troisième article aigu; trompe grêle, de longueur médiocre: 
antennes longues, minces, à peine épaissies; yeux grands, ocelles 
bien découverts, très petits. 

Corps robuste; pattes assez longues, non hérissées, les posté- 
rieures un peu plus longues que l’abdomen et portant sur la face 


interne des tibias une pubescence dense; brosse anale très courte, 
\ L: E / Ip 
à peine différenciée. 


Nervulation. — Aux ailes supérieures : cellule un peu prolongée 
au sommet, atteignant presque les deux tiers de l’aile; discocellu- 


364 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 











laires formant un angle rentrant assez prononcé; nervure 14 dis- 
tinctement et assez longuement bifide à la base, 2 naissant très 
près de l’angle inférieur de la cellule d’où part 3, 4 plus rap- 
prochée à la base de 3 que de 5, celle-c1 naît au-dessous de l’angle 
des discocellulaires et 6 un peu au-dessous de l’angle supérieur 
de la cellule, 9 très brièvement tigée avec 7 et 8, 10 et 11 écartées 
à la base, rapprochées et parallèles ensuite. 

Aux ailes inférieures : cellule assez étroite ne dépassant pas 
en longueur la moitié de l’aile et portant à l’angle supérieur une 
très petite aréole incompiètement fermée au point de conjonction 
des nervures : sous-costale, discocellulaire supérieure, 6 et 7; 
discocellulaires un peu obliques, la supérieure plus courte que 
l’inférieure, 14 très fine et très rapprochée du bord abdominal, 
2 naissant aux trois cinquièmes de la cellule, 3 et 4 de l’angle 
inférieur de celle-ci et tigées sur un cinquième à peine de leur 
longueur, 5 de l’angle des discocellulaires et notablement rap- 
prochée de 4, 6 indiquée par des traces diffuses sous la base 
de 7 qui part de l’aréole et concourt avec elle à former celle-ci. 


Génotype : Aegerosphecia calliptera n. sp. 


Ægerosphecia calliptera n. sp. (PL CCCLXXXI, fig. 3193). 


Q.— Vertex noir bleu, front bronzé, bordé inférieurement de 
blanc jaunâtre et lituré de jaune devant les yeux. Palpes à premier 
article noir en dessus et en dessous, jaune orangé extérieurement 
(les deux autres sont détruits). Trompe jaune flave. Plaque 
jugulaire noire à centre fauve; poils péricéphaliques fauves. Yeux 
gris ardoisé, ocelles Jaune topaze. Antennes roux fauve avec une 
ligne longitudinale noire en dessus. 

Collier noir bronzé bleuâtre, prolongé de chaque côté par une 
petite tache rouge orange. Thorax et abdomen noir brun à reflet 
bleuâtre ou pourpré au bord des segments; bordure postérieure 
du sixième tergite et brosse anale fauves. Des écailles brun 
cannelle forment une tache longitudinale diffuse sur le milieu 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 365 


du dernier tergite. Ventre en entier noir brun avec l'extrémité 
fauve. 

Hanches antérieures fauves avec le sommet et quelques écailles 
éparses noires. (Pattes antérieures détruites). Hanches médianes 
et postérieures écaillées de noir et d’orangé; fémurs médians 
fauves, à bord mférieur noirâtre; tibias et tarses fauves; fémurs 
postérieurs noir bronzé à crête supérieure et sommet fauves; tibias 
postérieurs noir fuligineux avec une ligne longitudinale sur la 
crête supérieure et l’extrémité fauve; le bord inférieur de la face 
interne porte une touffe allongée de poils noirs raides et serrés. 
Tarses fauves. 

Ailes supérieures fauve orangé, avec la base, une ligne longi- 
tudinale sur les deux tiers de la côte et un petit trait en arc à 
l’angle supérieur de la celluie, noir de velours. Espace terminal 
saupoudré d’écailles brun noirâtre. Dessous entièrement fauve. 

Ailes inférieures transparentes, teintées de jaune foncé, avec 
les nervures fauves; ligne marginale brunâtre. Dessous semblable 
avec une petite touffe d’écailles noires à la base. Franges des 
quatre ailes courtes et noirâtres. 

Envergure : 53 millimètres. 

Type : 1 OQ, Moluques, Batjan; (août 1807), ex W. Doherty; 
Coll. Ch. Oberthür. 


La taille, la coloration et l’aspect robuste de cette belle espèce 
lui donnent assez de ressemblance avec les grands Hyménoptères 
ravisseurs du genre Pepsis (s. 1.) pour qu’on soit porté à penser 
qu’elle est mimétique de l’un d’eux. 


Ægerosphecia fulviventris n. sp. (PI. CCCLXXXTI, fig. 3104). 


Q.— Vertex noir bleu; front bronzé, bordé transversalement 
de fauve à sa partie supérieure et de blanc latéralement et infé- 
rieurement. Trompe jaune pâle. Palpes, plaque jugulaire, poils 
péricéphaliques et antennes fauves. Veux brun ardoisé; ocelles 


jaunes. 


24 


366 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








Collier fauve; thorax noir bleu à ptérygodes concolores, bordées 
de fauve sur la base des ailes et mêlées de fauve dans leur milieu ; 
métathorax noir à pinceaux de poils latéraux mélangés de fauve 
et taché de cette couleur dans son milieu. En dessous, tout le 
thorax est fauve jaunâtre. Abdomen noir bleu avec le premier 
segment en entier, le bord postérieur du sixième et la moitié 
terminale du dernier fauve ; deux grosses taches fauves mar- 
quent le milieu des quatrième et cinquième tergites et une troisième 
plus petite sur le troisième. Ventre fauve. 

Hanches antérieures et pattes des trois paires fauves avec les 
tibias postérieurs mêlés d’écailles noires extérieurement avant et 
après le milieu. 

Ailes supérieures noir mat un peu pourpré sur l’espace terminal, 
portant à la base un point fauve et une éclaircie vitrée infra- 
cellulaire; une aire transparente diffuse occupe la partie inférieure 
de l’espace terminal, elle est divisée en traits longitudinaux par 
les nervures 3,4 et 5 et par des lignes internervurales d’écailles 
noires entre 3-4 et 4-5. Dessous plus clair, à base Jaunâtre. Ailes 
inférieures transparentes teintées de jaunâtre avec les nervures 
et une très fine ligne marginale noires. Dessous semblable. Franges 


des quatre ailes noires. 

Envergure : 52 millimètres. 

Type : 1 Q, Nouvelle-Guinée, Baie de Dorey, Andaï; ex W. 
Doherty (1892); Coll. Ch. Oberthür. 


La tache vitrée ultracellulaire de cette espèce, de dessin si cu- 
rieux et peut-être unique, n’est en réalité qu’une tache quadrifide 
dans laquelle les traits internervuraux, émis normalement par la 
bordure marginale dans tout le groupe des formes apparentées 
aux Sphecia Hbn. sont exagérément développés et se prolongent 
jusqu’au trait discocellulaire, donnant ainsi à l’ensemble un 


aspect strié — ou en grille — caractéristique. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 307 





GENRE CALLISPHECIA 2. gen. 


Palpes dressés, assez grêles, non hérissés. Trompe bien déve- 
loppée. ‘Antennes longues, minces, à peine renflées. Pattes ron 
hérissées; tibias postérieurs revêtus sur la face interne d’une 
pilosité dense. 


Nervulation. — Ailes supérieures : nervures 2 et 3 naissant 
du même point, à l’angle inférieur de la cellule, 7 libre, 8 et 9 
tigées sur un cinquième environ de leur longueur, 11 assez for- 
tement écartée de 10 à la base. 

Ailes inférieures : 1° présente et aboutissant à l’angle anal, 
3 et 4 brièvement tigées; discocellulaire supérieure très courte et 
5 naissant, par suite, très près de l’angle supérieur de la cellule. 


Génotype : Callisphecia Oberthüri n. sp. 


Callisphecia Oberthüri n. sp. (PL CCCLXXX, fig. 3187). 


Q. — Vertex noir brillant; front gris bronzé lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes jaunes, longés extérieurement dans toute 
leur longueur et du côté interne dans leur moitié environ de noir 
bronzé. Trompe jaune roussâtre ; plaque jugulaire bronzée, inter- 
rompue de jaune au milieu; poils péricéphaliques jaunes. Antennes 
noires, à dessous roussâtre. Yeux gris foncé, ocelles transparents, 
incolores. 

Collier bronzé noirâtre, prolongé latéralement par une petite 
plaque d’écailles jaunes. Thorax bronzé, ptérygodes marquées 
en avant, au bord externe, d’une ligne d’écailles jaunes. Méta- 
thorax concolore. En dessous, le mésothorax porte de chaque côté 
une tache latéropectorale jaune suivie en arrière de quelques 
écailles de même couleur. 

Abdomen bronzé sur les trois premiers tergites, jaune vif sur 


368 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


les trois suivants qui sont un peu éclaircis en avant et mêlés 
d’écalles noires sur le milieu du sixième, fauve orangé sur le 
dernier que termine une très courte brosse concolore. Ventre à 
premier sternite blanc jaunâtre, les suivants sont jaunes et le 
dernier orangé pâle. Une petite toufle d’écailles blanches marque 
les pleuræ du premier segment. 

Hanches antérieures jaunes à base bronzé noirâtre —— le 1este 
des pattes de cette paire est détruit — Hanches des pattes 
médianes et postérieures mêlées de jaune: fémurs médians et 
postérieurs, noirs, tachés de Jaune extérieurement, et à l’extrémité 
de la crête inférieure. Tibias médians noir bleu avec une tache 
jaune sur le milieu du bord inférieur; tarses noirs en dessus, 
Jaune roussâtre en dessous. Tibias postérieurs noir bronzé du 
côté externe, avec une étroite bande médiane transverse roussâtre, 
prolongée en ligne sur la crête inférieure; face interne noire, à 
l’exception de la base qui est blanche. Eperons et tarses roux 
orangé. 

Ailes supérieures transparentes avec la côte, les nervures, le 
bord interne et la ligne marginale noir bronzé; trait discocel- 
lulaire étroit, un peu courbé et formant un petit angle saillant 
au milieu du bord interne, noir bronzé largement éclairé de 
Jaunâtre. La bordure marginale émet, comme chez C. bicincta 
des traits internervuraux concolores. Dessous semblable à côte 
plus claire. 

Ailes inférieures transparentes à nervures et ligne marginale 
noir bronzé. Franges des deux paires noir bronzé. 


Envergure : 37,5 millimètres. 


Type : 1 Q, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hühe- 
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1806); Coll. Ch. Oberthür. 


Cette très belle Ægerie est nommée en l’honneur de M. Charles 
Oberthür. Sa nervulation si particulière et qui nécessite l’établis- 
sement d’un genre nouveau ne se retrouve que dans l’espèce sui- 
vante, également nouvelle, originaire comme elle du Cameroun 
et provenant de la même localité et du même chasseur. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 369 





Par analogie avec ce que nous savons des espèces des genres 
voisins : Sphecia Hbn., Sphecodoptera Hmpsn.,, Ægeria F., Trilo- 
chana Moore, etc. je pense que ces deux espèces doivent être 
mimétiques d’Hyménoptères Aculeates, mais aucun renseignement 
ne permet de rapprochement même approximatif et je me borne 


a attirer l’attention sur ce point. : 


Callisphecia bicincta n. sp. (PI CCCLXXX; fig. 3186). 


©. — Vertex noir brun; front gris ardoisé lituré de blanc 
devant les yeux. Palpes jaune terne avec une ligne externe brun 
noirâtre sur les second et troisième articles; trompe Jaunûtre. 
Plaque iugulaire jaune, mêlée de rares écailles bronzées; poils 
péricéphaliques jaunes. Antennes noires. Veux noir brun, ocelles 
rose saumon. 

Collier brun bronzé, prolongé de chaque côté par une touffe 
d’écailles jaunes et blanches. Thorax brun bronzé; ptérygodes 
marquées d’un point blanc sur la base de la côte des ailes supé- 
rieures; métathorax bordé de chaque côté d’écailles jaune terne. 

Abdomen brun bronzé avec deux lignes transversales blanc 
jaunâtre sur la partie proximale des quatrième et cinquième 
tergites, ces bandes se prolongent sur les pleuræ où elles sont 
précédées d’un point jaune au segment 3. Ventre brun plus clair, 
avec toute la partie médiane jaunâtre pâle, de la base au dernier 
sternite. 

Hanches antérieures jaune terne à base brun bronzé; fémurs 
jaunes tachés de brun à la base du bord interne et longés infé- 
rieurement par une crête de poils rouge orange; tibias brun 
bronzé en dessus, jaune roussatre en dessous ainsi que les tarses. 
Hanches médianes et postérieures jaune pâle; fémurs médians et 
postérieurs jaune roussâtre à moitié basale et sommet brun 
bronzé; tibias médians jaune roussâtre, brun bronzé à la base, 
tarses concolores; tibias postérieurs brun noirâtre avec la base 
blanche du côté interne et le sommet jaune fauve du côté externe; 
éperons et tarses Jaune fauve. 


370 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Aïles supérieures transparentes semées de quelques écailles 
jaunes à la base avec la côte, les nervures, le bord interne et la 
ligne marginale brun noirâtre. Trait discocellulaire noir, étroit, 
un peu courbé et pourvu au milieu de son bord interne d’une 
courte dent; de la ligne marginale partent entre les nervures des 
traits concolores fins et aigus. Dessous semblable à côte roussâtre. 

Ailes inférieures transparentes avec les nervures et une très 
fine ligne marginale brun noirâtre. Franges des deux paires 
concolores. 

Envergure : 28,5 millimètres. 

Type : 1 ©, Afrique occidentale, Johann-Albrechts-Hôhe- 
Station, Kamerun; ex L. Conradt (1808); Coll. Ch. Oberthür 


III —— Sous-Famille : TINTHIINÆ 


GENRE TINTHIA Walker. 


Tinthia spilogastra n. sp. (PL CCCLXXVII, fig. 3158). 


Q.—- Vertex non hérissé, noir bronzé à reflet verdâtre; front 
concolore. Palpes grêles, noir bronzé verdâtre, à second article 
blanc du côté interne; trompe brune; plaque jugulaire blanche, 
très légèrement mêlée de bronzé; poils péricéphaliques noirs. 
Antennes noir verdâtre. Yeux brun ardoisé; ocelles jaune topaze. 

Collier, thorax et ptérygodes entièrement noir bronzé à reflet 
verdâtre. Abdomen concolore, à quatrième tergite fauve à 
l’exception du bord postérieur qui est noir et des pleuræ qui sont 
bordées de blanc; bord postérieur du sixième tergite et sommet 


de la brosse anale fauve. Ventre noir bronzé, avec le quatrième 
sternite en entier et la base du cinquième blanc pur. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 3 


Ni 





Hanches antérieures noir bronzé verdâtre, largement tachées 
de blanc à la base du côté externe; fémur noir bronzé, tibias noir 
bronzé en dessus, jaune roussâtre en dessous; tarses noir bronzé 
en dessus, mêlés de blanc à la base des articles, blancs en 
dessous, passant au jaune à l’extrémité. Articulations coxofé- 
morales postérieures blanches; fémurs médians noir verdâtre, 
avec quelques écailles blanches sur la crête inférieure; tibias noir 
verdâtre, tachés de blanc au milieu en dessus, terminés par 
quelques poils roux: éperons blancs; fémurs postérieurs avec la 
base, la crête inférieure et le sommet écaillés de blanc; tibias 
noir verdâtre extérieurement, avec la moitié terminale de la crête 
inférieure, la face interne et les éperons blanc pur; quelques poils 
jaunâtres marquent en dessus le milieu de la crête supérieure et 
d’autres, roussâtres le sommet; tarses des deux paires noir bleu 
en dessus, blancs en dessous du premier article, jaune roussâtre 
sous les suivants. 

Ailes supérieures opaques, avec une tache vitrée intracellulaire 
linéaire; elles sont noir bronzé à reflet pourpré sur le disque, et 
écaillées de fauve sur le bord extrême de la côte. Dessous sem- 
blable, à base et côte Jaunûtres. 

Ailes inférieures transparentes, à reflet bleu violacé; nervures 
et bordure marginale noir pourpré. Dessous semblable. Franges 
des quatre ailes bronzées, plus claires aux inférieures. 


Envergure : 23 millimètres. 


Type : 1 ©, Haute-Birmamie, Etat de Momeit [600 m.|; 
ex Doherty (1890); Coll. Ch. Oberthür. 


Très proche de Tnthia cupreipennis \Nikr. de l’Inde méri- 
dionale dont le mâle seul est connu; en diffère par la teinte 
franchement orange et la largeur des anneaux de l’abdomen; les 
palpes noirs et blancs et non ocracés, la présence de blanc aux 
pattes et aux articulations coxofémorales et la large macule 
blanche ventrale d’où j'ai tiré son nom. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


[#3] 
NI 
[Le 





GENRE ZENODOXUS Gr. et Rob. 


Zenodoxus bicolor n. sp. (PI CDLXXXI, fig. 3968). 


Q. — Vertex et front gris ocracé luisant. Palpes non hérissés, 
courts, rouge fauve extérieurement, plus pales intérieurement. 
Trompe jaune. Plaque jugulaire rouge fauve. Poils péricépha- 
liques fauves. Antennes fauves. Yeux bruns; ocelles incolores. 

Collier, dessus du thorax et de l’abdomen rouge fauve; dessous 
du thorax et ventre Jaune roussâtre mêlé sur les derniers sternites 
de rouge fauve plus pale qu’en dessus; brosse anale rudimentaire, 
concolore terminée en dessus par quelques écailles noires. 

Hanches antérieures rouge fauve. Fémurs et tibias médians et 
postérieurs rouge fauve plus ou moins pâle, avec les éperons jau- 
nâtres; premier article des tarses de la troisième paire jaune 
rougeâtre (le reste des pattes manque). 

Ailes supérieures noir bronzé à reflet un peu verdâtre, avec la 
base rouge fauve; dessous un peu plus pâle à base jaunâtre. Ailes 
inférieures transparentes, teintées de brunâtre, à nervures noires 
avec une large bordure diffuse d’écailles bronzées couvrant en 
majeure partie le disque jusqu’à l'angle anal; champ anal rouge 
fauve. Dessous semblable avec ja côte rouge fauve. Frange des 
ailes bronzée sauf au bord interne des inférieures où eile est 
rouge fauve. 

Envergure : 18,5 millimètres. 

Type : 1 ©, Plateau de Zaguanado (Dahomey); saison des 
tornades [TI-V-1010; ex P. Ducorps, coll. du Muséum de Paris. 


GENRE TRICHOCEROTA Hpsn. 


Trichocerota proxima n. sp. (PI CCCLXXVII, fig. 3157). 


d.— Vertex brun noirâtre mêlé latéralement de quelques poils 
jaunes; front bronzé, lituré de blanc devant les yeux. Palpes noirs 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 373 





extérieurement de la base aux deux tiers du second article, blancs 
jusqu’à la pointe et du côté interne. Trompe brune; plaque 
jugulaire brun noirâtre; poils péricéphaliques blancs; antennes 
brun noirâtre. Yeux bruns, ocelles cachés par les poils du vertex. 

Collier et thorax brun noirâtre; abdomen noir mat sur les trois 
premiers tergites, brun bronzé sur les suivants; brosse anale 
concolore. Ventre noir de la base au troisième tergite qui est bordé 
postérieurement de blanc, brun bronzé dans le reste. 

Hanches et fémurs antérieurs brun noirâtre: tibias noirs mêlés 
extérieurement de poils roux; tarses brun noirâtre. Articulations 
coxofémorales médianes et postérieures bordées de blanc; fémurs 
médians et postérieurs brun noirâtre, longés en dessous de blanc 
à l’extrémité; tibias médians brun noirâtre avec des poils roux 
en dessus avant le milieu et à l’extrémité; tibias postérieurs brun 
noirâtre, avec des poils roux en dessus près de la base, au milieu 
et à l’extrémité; tarses des deux paires noirs, avec des poils roux 
à l’extrémité des quatre premiers articles; éperons brun noir. 

Ailes supérieures brun bronzé sur les nervures, le bord interne, 
la côte, la moitié antérieure de la cellule et du disque, transpa- 
rentes et teintées de roussätre dans le reste; bordure marginale 
concolore. Dessous semblable, éclairci de roux sur la côte, la 
cellule et les discocellulaires. 

Ailes inférieures transparentes, sans trait discocellulaire diffé- 
rencié avec les nervures et une très fine ligne marginale brun 
bronzé. Dessous semblable. Franges des quatre ailes bronzées. 

Envergure : 23 millimètres. 


Type : 1 c, Haute-Birmanie, Etat de Momeit [600 m.|; 
2x Doherty (1890); Coll. Ch. Oberthür. 


L’espèce sur laquelle Hampson a fondé le genre 7 72chocerata 
et représentée par un seul male provenant également des chasses 
de W. Doherty en Haute-Birmanie est demeurée unique jusqu’en 
1900, date à laquelle le même auteur a fait connaître une seconde 
espèce du Sikkim : 7'rchocerota univitta Hmpsn. 771chocerota 


proxima semble très voisine de T7ichocerota ruficincta Hmpsn, 


374 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








type du genre, dont elle n’est peut-être qu’une variété, mais elle 
en diffère par les caractères suivants : tête, thorax et corps gris 
noirâtre à l’exception des trois premiers tergites qui sont noir 
mat et tranchent vivement sur le fond ; absence de rougeâtre aux 
palpes, au thorax et à l’abdomen; palpes noirs et blancs; qua- 
trième sternite blanc. 


GENRE MYRMECOSPHECIA n. gen. 


Q.-— Tête petite, lisse, à vertex large et front plat. Palpes 
courts, épais, presque porrigés, hérissés en dessous du premier 
article d’une touffe de longs poils. Trompe bien développée. 
Antennes courtes, à peine plus longues que le thorax, dépourvues 
de pinceau terminal et couvertes en dessus dans leur milieu 
d’écailles piliformes dressées obliquement. Yeux petits, ovales; 
ocelles très petits. 

Corps robuste et épais. Thorax très fortement convexe. 
Abdomen cylindroconique, terminé par une brosse anale peu 
différenciée, courte et pointue. Pattes de longueur moyenne, 
hsses, fortement comprimées latéralement, avec les tibias médians 
terminés par une couronne d’écailles piliformes raides et diver- 
gentes; tibias postérieurs à crête supérieure un peu pubescente 
et terminés comme les tibias médians par des écailles pihformes. 

Ailes longues et étroites. Ailes supérieures à processus basal 
très marqué; cellule très longue, atteignant presque les trois 
quarts de l’aile et terminée en triangle équilatéral par suite de 
l’obliquité presque égale et convergente du quart terminal de la 
S-C et des discocelluiaires. Nervulation : nervure 1 obsolète, 
2 absente, 3 de l’angle inférieur de la cellule, 4 plus près de 3 que 
de 5,7et8 non tigées, naissant du même point à la pointe extrême 
de la cellule qui correspond à l’angle supérieur de la cellule, 
9 et 10 à égale distance, 11 largement écartée de 10. 

Ailes inférieures à cellule étroite dépassant de peu la moitié 
de la longueur de l’aile, bord abdominal parallèle à 1 c. Nervu- 


RE 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 375 


lation : nervure 1 a absente, 2 et 3 très rapprochées à la base et 
largement écartées de 4 qui part de l’angle inférieur de la cellule; 
discocellulaire supérieure courte et oblique, inférieure deux fois 
plus longue et verticale; $ partant de l’angle des discocellulaires, 
remontant obliquement vers 7 à laquelle elle est reliée par une 
très courte barre verticale puis s’en écartant pour aboutir norma- 
lement au bord externe, entre la nervure 4 et l’apex; 6 absente. 
Génotype : Myrmecosphecia Le Moulti n. sp. 


Myrmecosphecia Le Moulti n. sp. (PI. CDLXXIX, fig. 3058). 


Q.— Vertex et front noirs. Palpes noirs, à troisième article 
mêlé de blanc en dessous. Trompe rousse; plaque jugulaire noire; 
poils péricéphaliques très courts, blancs. Antennes noires à 
sommet roussatre. Yeux brun foncé; ocelles jaune topaze. 

Collier et thorax noir bronzé. Abdomen noir bronzé luisant à 
l’exception des trois premiers tergites qui sont mats et dont les 
côtés sont écaillés de brun rouille. Ventre noir bronzé, à quatrième 
sternite blanc. 

Pattes des trois paires noir bronzé avec la crête inférieure des 
fémurs longée de blanc et de rares poils raides et roux au sommet 
des tibias et des articles des tarses en dessus. 

Ailes supérieures opaques noires, passant au ferrugineux 
sombre dans la cellule; espace terminal transparent assez large, 
parallèle au bord externe, graduellement fondu et en partie 
recouvert d’écailles concolores, plus denses vers l’apex. Dessous 
noir pourpré. 

Ailes inférieures transparentes, à nervures et bordure marginale 
finement écrites en noir. Dessous semblable. Franges noires aux 
quatre ailes. 

Envergure : 32 millimètres. 

Type : 1 Q, Guyane française, Nouveau Chantier VI-1909, 
ex E. Le Moult, Coll. F. Le Cerf. 


Comme Ægeria ovinia Druce et Szncara manoba Druce à 


laquelle elle ressemble beaucoup superficiellement, cette curieuse 


370 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





espèce paraît mimétique des Syntomides du genre Awycles HS. 
et plus encore du genre Myrmecopsis Newm. qui eux-mêmes 
copient des //yménoptères. Quoique n'ayant pas l'abdomen 
étranglé à la base, au moins chez la femelle, seule connue jusqu’ici, 
c'est de Myrmecopsis crabronis Druce, si commun à la Guyane, 
que son faciès la rapproche le plus. 

Myrmecosphecia Le Moulti est dédiée à M. E. Le Moult, mar- 


chand entomologiste, qui l’a découverte. 


Famulle ? 


GENRE NINIA Walker. 


Ninia plumipes Drury (PI. CCCLXXXI, fig. 3197). 


Sphinx plumipes Drury, Illustrations of Natural History, III, p. 3, PI. II, 
fig. 3 (1782). 

Melittia? plumipes Westwood (J. O.), Illustrations of Exotic Entomology 
Lrééd'eDrte| bp PINOT ho Css): 

Ninia plumipes Walker (F. D.), List of the specimens of Lepidopterous 
Insects in the collection of the British Museum VIII, p. 72 (1856). 

Cicinnocnemis cornuta Holland, Journal of the New-York Entomological 


Society, I, p. 181 (1892). 


Décrite et figurée sous le nom de Sphinx plumipes par Drury, 
(1782) et comme Melitlia ? plumipes dans la réédition que 
Westwood a donnée de l’ouvrage de Drury, cette belle et inté- 
ressante espèce parait être demeurée rare dans les collections. 

A l’époque où Walker publiait son volumineux travail : List of 
the Specimens of Lepidopterous Insects in the British Museum, 
aucun exemplaire n’existait en Angleterre; cependant frappé par 


cz 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 377 
sa singularité, 1l n’hésitait pas à la séparer des WMelitlia et à en 
faire le type d’un genre spécial : Nina, auquel il n’assigne d’ail- 
leurs que des caractères visiblement tirés de la figure de Drury. 

Boisduval ne la connaissait pas non plus en nature et n’en parle 
même pas dans le Species Général des Lépidoptères, Hétérocères I 
(1874). 

Plus heureux, Plôtz, en reçut un individu d’Aburi le premier, 
vraisemblablement, arrivé en Europe depuis Drury, et par surcroît 
une femelle, ce qui lui permit de donner par comparaison avec le 
texte et la figure originale de Drury les principaux caractères 
différentiels de ce sexe (Stettiner Entomologische Zeitung, XLI, 
p. 77 (1880). 

Possesseur d’un mâle de l’Ogooué, Holland rapporte en 1802 
(Journal of the New-York Entomological Society, I, p. 182) n’en 
avoir vu aucun exemplaire dans les Musées ou les Collections 
particulières d'Europe qu’il avait visités. Abusé peut-être par la 
figure défectueuse dans le détail de Drury et ne pouvant pas la 
reconnaître dans les descriptions insuffisantes de Walker et de 
Plôtz, il la décrivit à son: tour en créant pour elle le Genre 
Cicinnocnemis. La figure noire qu’il en donne est médiocre, mais 
ses descriptions génériques et spécifiques sont bonnes et com- 
plètent heureusement, pour le mâle, les indications par trop som- 
maires des auteurs précédents. 

Depuis quelques auteurs ont encore signalé cette espèce, mais 
toujours par exemplaires isolés. La collection Ch.Oberthür contient 
une magnifique femelle remarquablement fraîche et qui présente 
avec le mâle, soigneusement décrit par Holland, les différences 
suivantes : 

Forme moins élancée et coloration générale plus foncée; abdo- 
men dépourvu de pinceaux de poils latéraux, ovoide et terminé 
en pointe par une brosse anale très courte à peine différenciée, 
bordée de jaune orange au sommet; pattes postérieures dépour- 
vues de touffes de poils hérissés à la base des tibias; ailes infé- 
rieures noir bleu foncé comme les supérieures mais avec le disque 
bleu de Prusse brillant. Le ventre est jaune orange à l’exception 


378 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





des deux derniers sternites et des traits de même couleur bordant 
les côtés des tergites. 

Envergure : 51 millimètres. 

1 ©, Kamerun, Lolodorf, ex L. Conradt (1894-1895), Coll. 
Ch. Oberthür. 


Ninia plumipes Dru. a été retirée assez récemment des Aege- 
ride et placée dans les Zygœenide (ou Anthroceridæ), à cause 
de la présence aux aiies supérieures de deux nervures dorsales, 
1 c étant présente. Réservant pour plus tard mon opinion quant 
au bien fondé de cette attribution, je constaterai cependant que 
si sur ce point Vinia plumipes est, en effet, anormale pour une 
Aegeriide, à d’autres égards elle ne l’est pas moins comme 


Zygenide. 


3 


TABLE ALPHABÉTIQUE 


des Genres et des Espèces 


ADIROA ET AMP"... PR er nee cdi s caen apu eue Sas ee 
PP RE En me ec come Um te trempe caen oes-rens eue 
RE D Screen etneee mea mens ceenceces sept 
AECDROSÉEE CANADIEN eee ee es eee rec Ceres cree 
ROUE DE PA AIO PS DE sec. de passe nee ax eeenecanseescenese 
EURE OPA) D SD ee ee ere de cer seetnans rhone jeta deeus rene meennonso 
ANRT EMMENOP TER) US. de ete er raaneoperatare senc eieeenaeee 
dlbomaentatan (y e no DheCiA) D Sp sense rer amener 
AB AN ETES DURE eme Grenada mare es auesecauese races cases. 
tnibomensis (We Er) IREl EN ee een eomennesonenmesdededsee sienne es 
Ad A (PATANÉATENE) NUE NS D... nee errec nes serre paca suivientee 
ANGES QD TEA LL ON DATE) Ne AE COR OP Re RER SR EU 
dstaca (elitlio amboinensis Feld) VAT) ND. VAT... diese cas 
RACINE DIE CHA) ESP een cree eee cendres ua in te evene ncer 
PRE nn CIEL OS PATIO DA) MIS AR NL ee nv puene ti era mnime desc senese noce 
PE LONIS DEC) NE SDL: censure sens conan ememuscg arab ue ste douues ons 


DEVONS ENS UIMCULLI EE CARS SACS RRRERERR RE RARES PR RER CE RER 
PROS MS PM AC AO) SD uno oder bnte ce tee rte 
Bandes eadonmeltn) ni Sp. ta irnsees0 Ms dard e one doit 
RON CPE OS DGA NE SN en aie à esta ane cn Si dune eee dos ri 
DC NOT D hECIA) DA ISDI en este even cena er ren Se 
ROSE) A NS DES Rs nso nc uretoreues cent dancee nie eee AA ; 
ESS IGN ET SALES VOS CORP RRRRREEPRRR E PRE ER Ee LE 
ROME 07) An SD Ne verte cnrs mans en ce ndent Dee deco 
Boulet (l7#ochana Oberthüri Var!) n.-Var....î1i us access 
ÉuvienMPenes PRE EU) Sens dunes aie ranenr een eec een a ie de 
Brabant (Meliliie) nAsp............, AE SE ES MP TPE PRE EE Ce 
Sera CON /2C AN NS DE NU se a fees NUE Revu à 
BaSiranthemonispec;2)in. Sp... des tbe EU) tt 


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Co 
ND =1 OT 9 19 


D 1 
_ pe 


380 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 

PAGES 
CALIISPHECTA De DO. Men rs Er EE 367 
calliptera (AeSer0SDhec12) DISp ere ne ne 364 
CADEIDATA ND: PEN... ee me Se 0 ee 248 
celebica (WeZitlia amboinensis Feld' var )Vn} var. 193 
celébica/(Parenthréne) n\Sp.2e. ee der ee te PE 264 
cerceris (Fes pan reLOn) nr Sp A eee re te 330 
cetou(Welitlia cucurbiie arr var) NVesta 20222222 75e 158 
chaléiformis. (17/2/1141a)) Fab. eee tee Ce 180 
CHAMASPHECTANSpUL. 7. sen nee ee 290 
CHAMANDEHE DONNE MORE EEE rec creme eee eCe CeEe e CC-- CE Cr CEE 287 
Gharlesi (Paramthrene) ne SDL e-crec eee EE 255 
Ghatanayi (PSEAdAICOLR OC) D Sp. Dec cesce eee ec 321 
chimana (We Zi) Me Sp RU eee ce rc EE 163 
chpysomelæna (Py70PLETON)Nn. SD... re. eee ce CEE 294 
chrysophanes (Syranthedon) MEyr.... nr ee 297 
clara (Synanthedon gUVARENSIS VAT.) VAT: -rcrneee 303 
clathrata (Charesphecta) D Sp. eee res 291 
columbica (CSÉ220SDRECIR)NR., SD. ere nee 286 
combusta (WE0SDhREGIG) M SD. en 231 
concavifascia (SYAGNTAELON) NN SD... 2. ee ee ee 313 
conroana(/e/2/0ut) Mn. SD e.ereee eee eee CEE 172 
cristallna (P47aSe514) RNSp Re EEE 322 
custata (O2c0phtebia) on: sp... Le ce 213 
cucurbite, (ea) arr. 2, ee cac nel EEE 155 
cyaneitera (M e/t10) NNIKES.. ee ee ee » 215 
David (Paranthrent)in. Sp rec eee CR 259 
dimorpha (Syraréhedon) "Sp ee RUES 310 
DIPSOSPHECIA US PU... encre ect ee re Ce 292 
distineta (187/412)4n sp... 22 eee Ce eee 203 
Doddi (Welittia amboïnensis Feld: var.) n.. Var." Fee ee 196 
Dybowskin (AZ01n4) mn "Sp... Ne PNR ES 324 
Ellenbergeni(Æpisannint) D Sp... ec cer 319 
EPISANNINA ATV Me incl RENE 319 
Eurytion (17e/1/014) NN este ARE ECS 176 
ferruginea: (Osm12ni2) MD. Spirit. ARR CORRE 328 


flavipectus (Synantheédon) nn. sp... EPP EEE 306 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 381 

PAGES 

Hévocastanea (22222 RPrIR) Sp... 1..28-2. rte eda scene ee bee srate res es 282 
Haivostrirata (Syranthedon) 'n. Sp... MMA ANR Resa 298 
MNIVERENS (AE BErOSDRECIA) D. SSD ee nest Nec raehe 365 
nest OU ie au) nt SD a LE 2 CE Te co Eee 164 
DT (VPN ACTU ANT SP. nescne seed seeds ton tee 307 
Sleaniipes CE BAIOSAHECTD) D, SD... ere doreses cecnmu eg eess ee 0e ehe 360 
Foie an(s TO EI ML MOIS EC ER EUR 363 
CNE CM AGTOLATSÉLDOES) A, SPL. Lens eodeurucpe evo 40e orne ere cues 341 
PNEUS LS PRUMAMAUN NT SD...2 tree perte dorcivseteses merde 301 
Houei(Macrotarsipodes)n sp... nus. PRÉ  RR 343 
See TI A DIET © PER ERRRRe e 262 
Eee QC) Si QE, CPP RER ER RER RER 166 
ÉTETEROSPHECTANTENREN seems ee-c-e-ceee 243 
open TAUPE) MR SD Me senene-cron rose encens daesretee recu eee 233 
ÉRMPNOSPEE CAT OCT eee en comtesse mie dut accent ere 283 
Hbochroman(C Amar /RE Don) Sp. nec meseee 288 
TÉHNEUMENDPPERAMIELTRPSN ME. 02.0 sec arc eco ere gusresemu es Sreeceses 318 
RÉ C(S 2700) DS 2 a cereecr escroc feu races reanseneerssen reset 272 
PDG QUE TRE ISSN ERP ER 182 
AMONT CAT O)S ES RE ee 308 
javana (Melittia amboinensis var.) n. var..................................... 197 
A PR An LR TOME) SD nn eee der es ce eoen cac lisses 265 
ns SV A227 04 TON )NR SD, 2 rene die ee teens eoerateeses 305 
ÉD CE a a) AR Sp TC A Re sua 214 
ae et) TE) IE ORE PPRORREEETEEESE 161 
Paboissierer (Melia) nn. Sp... issue soseressraset ent 229 
lahimaspo (IL E/24610) BE. etes een sentis reseeoaceseese 219 
Le Moulti (Myrmecosphecia) n. Sp..,......................................... 375 
POPEAGERIANT- DOM... doc cmneasscsréee. das seeemsnon ma ares tene ee 281 
hmpida (Paranthrene) nm sp... essence ARTE R M RNREre 256 
Louisa (Melittia) n. sp... AR Re EE OL EI EEE LT D Les 221 


382 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








PAGES 
MACROYARSIPODES Ti. gen... mee entr Ouen es rene 338 
maculiventris (Syranthedon) n. Sp....…...4......t3.t teste 304 
madureæ"(Melitiia)/m:i Spin. dnerete. tee PES NE PRES 110 
marangana. (MWe/if/ia). mi) Sp-23.. 74 ee I LPO RRE PE 188 
Meeki (Weliitis ambotnensiS War.) D. 0VAE...... 2.2 eee CE 195 
Meeki\(Paranthrene) DRUCE:-.-..--. ce trust Ce e Tea 266 
MEGALOSPHECIA DD ED. ren eserceme secs Rec ee ER CODEN 359 
Melanochalcia (ÆAiSanninelen sp... Co DE 319 
M'ELANOSPHECIA D. DEN... cesaraesese dense Cac ce CE 245 
MELITELA EDR TE eue end es daecnistetbe sens ee TO DE 150 
NPBELPLINA ON SCENE Member eec ace ces eee ee D CPE 239 
METASPAECIANNIL OS EN... eee cote CEE 335 
minima (CAAMESDRECIA) D, SDL. eee eus 290 
modesta (SylphR ia) ne Spies in rnrhecc er AT CODE 349 
MYRMECOSPHECIA"n: Pneu cccctsesccpeo tee eee LES CES 374 
myticus (Aelerosphecia) ni Spin .n.-tieccccbee h  P 244 
natalensis (Wet) DEr. VAR 2.000 2 Re RPC TERRE 167 
N'ÉCSPHECIA, n.58:.: 104 ones me ee OU RE 236 
DEAN (M ElLTING) M. SD:..20 222282 Mn lasse cac ce vee re DE 239 
INTINTANSINV IT 22e. 22e rt ogenneacenoae disease nee eee eee Eee EDR 376 
Obérthuri (CallisDhecin) ns eee EE EE 367 
Obérthüri (Callith10) nn. Sp:22. race atarsemeee ee ee 249 
Oberthüri (W6/72/10)4n Sp ia ee one EE 220 
Oberün (Parenthrene) DAS Re RO RE 267 
Oberthür (PHogothauma) ne sp... ME RER 251 
Oberthür (Spzera) Le Cent  Rt. eRNTe RER A 362 
Obérthün (7 710chand) D. SD. RSR EE PE 353 
obscura (Mepalosphecia sigantipesvar-)\n' var" #0" 11 361 
occidentalis (Welitéis nalalensisBitle var )n Var 167 
OEIGOPHLERIA EMpsns 2557 LC PS 273 
OSMINTA nn: pen in ee M TE UE EE 327 
Ovinia (Aegerina) Druce..s 2 Ne 333 
PARANTHRENE HR 652500 ce neee RCE LA OO PNR 255 
PARASESIA N. DEN. 45.220 vesce crier et 0e 0 ON TIRE 322 
pauper (Welittia) sera RE RC RE 169 
pauper-(S9/2Hid10) "RSR RER PRES rail HN EAN 20 350 
pellecta (Welittia) Symbian tr CONTES 168 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 333 


PAGES 
nrocida (Sym Le: Cerk...sss ete ee EME MR A 346 
LRO ANRIEL. LEARN SSSR PRES Se SES PERRET 251 
MIpES (NAT) DEURY.. "2.020. neen ardent eee lande 376 
ETAT) ETS EPP RE RE ER Re RE ane 210 
LEON CES PRIS UT, CR RE EE CE EN 234 
TOM ST PO ete ee ARR EE Hs 2175 
AT M LEA LEURS RO ER ER EC SRE 186 
PanreEn a PIE RO GER OA Spirit tree es ue neeees cer due te ceie 312 
LD DAME SET ET TC PE On 320 
PSEUDOMELITTIA n. gen. ....…. en dReress tatin ra Re ER . 240 
Re A SU AA D) SD = ce ne dec cue eus et nue rod etes Sid mare 348 
nes (AO) NRA nn des meer ei onee 159 
EAMROPEE ON NIENER SE  Pecmetee nine. ec eee 294 
red A (EE Cyaneiera NNAKT, Var. )Nn- Var... rires 218 
ROTEEUES AURA OT IE ANUS VRP NE PE een RE 235 
SRG er OM AA 2170 ON ST 0 100 RPM RER RES 150 
SCO N ( 7 PCR) EMOOES e  ueotence erers arc US: 
SéRuaS (Macro zrSp0ES)lEAMPSN A VAT... 2-0. heree edf 341 
HEURE (CTP EPS DR SRE ERP RES TRES RTE RENE 253 
SP OAIE DT NRC PR Re en ECM t een douane ensn e suur aucunes 0 tot à 362 
FLOU AU A ne CORRE ER 370 
Sn Er) BON ER tisse miser 113 
SDEMOSPHE CEA ATEN D. eee cree ets LRO RARE ER RES 285 
SHÉAUEATUS (ST MAATRETON IDÉES: 0-01 eaa nee doc root one rose mate ee à 295 
HET A PCA ONE RME APP Rte 208 
SUR TG SE 271 
PRADA EN CE neue chatucc een sne ac soon 346 
CR SNA D ONE ER A nc aude sétcr cute 295 
SE AD OS ER eee eo remmnenne neurones 205 
ON OS PDC TARDE RE 0 Annee meer game socuss ere terceroroe cts pe 280 
RENE TRE TT NS Eee RE CO OCR REEEE" 292 
tcanventas (S VAPEUR) Re SD... nes detoer sereine tocee ct p 31% 
A NT ER Une mr ann teee à eo onu à eve vases ed eee ee 370 
HAMCHOCE RO PAPERS eee nee rod cvavesp st mnaue eue 372 
PHELRC OS AE TO TPE AB LES) I SD ee erecenncune si sci eupeassse assoc 200s 339 
MEPOCHAN MANIERE SR eu csv usa 352 


ASUS GTA NRA CR) ES DE LE der ne res nantes as dtee sons d einen les 261 


334 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


PAGES 
üusambara (Melle) En; Sp: see RE RER EE 231 
Vassel. (Aegeria)n Sp RE RC ete it NES 331 
versicolor (SYnanthe lon) D, Sp: 0 eee eee TU CR ne 296 
VESEANDHE DONNE Lin rceeeee see Creer re In Te PE 329 
Vietrici(We Ti )hne Spas: 2e ee ne ee 224 
Vouauxir (PrO BR RETI) De SpA SR PR EE 276 
Vuilletuetasphecia) ne espe Re ne OR er A 335 
Waterloti (Wacrotarsipodes sexualis Hmpsn. var.) n. var... 341 
Kanthopleural(CAamanthELON) D Sp 289 
Aanthopus (et). Sp re ee 209 
ZENODOXUS GE: RGP: 2 eo een ce SU EE 372 
Zoneiventns (Para renE) Sp 257 


Fig. 
Fig. 


Fig. 


Fig. 
Fig. 
Fig. 


Fig. 
Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 
Fig. 


EXPPICATION" DES PLANCHES 


PLANCHE CDLXXV 


3910. MELITTIA SATYRINIFORMIS Hbn., C. Bogota, Colombie. 


3911 ee CUCURBITAE Harris, CG Q. Amérique boréale, ex 
3912 Mus. Dris Boisduval. 


3913 ) MELITTIA CUCURBITAE Harris, var. CETO Westw., O' Q. New- 
3914) York, ex Coll. H. Deckert. — New-York, ex L. Feld. 


3015. MELITTIA PULCHRIPES Wikr., Q: Vénézuela. 
3916. MELITTIA KHMER n. sp., ©. Angkor, Cambodge. 


3917. MELITTIA NATALENSIS Btlr. var. OCCINENTALIS n. var., ©. 
Haut Oubanghi, Congo français, ex M. Viancin (1895). 





3918. MELITTIA FUNESTA n. sp., Q. Brésil, ex M. Pechetto (1854). 


3919. MELITTIA HERVEI n. sp., Q. Chanchamayo, Pérou, ex Oswald 
Schuncke (1912). 


PLANCHE CDLXXVI 


3920. MELITTIA BATCHIANA n. sp., ©. Batjan, ex J. Waterstradt 
(1904). 

3021 MELITTIA INDICA Btlr., ©. Indo-Chine, ex J. Harmand 

3022 (1871). — Sikkim, ex chasseurs indigènes du R. P. Bre- 
taudeau. 


3923. MELITTIA PROXIMA n. sp., O. Darjeeling. 


3924. MELITTIA POWELLI n. sp., ©. Chanchamayo, Pérou, ex 
Oswald Schuncke (1912). 


3806 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


3925 MELITTIA LATIMARGO Btlr., O' Q. Curityba (Etat de Parana), 
) Brésil, XII-1913, ex P. Lombard. 


3027. MELITTIA BRABANTI n. sp., d. Gourdonville, Guyane fran- 
çaise, ex E. Le Moult (19090). 


3928. MELITTIA BOULLETI n. sp., ©. Mozambique, vallée du 
Pungoué, Guengère, ex G. Vasse (1906). 


PLANCHE CDLXXVII 


3929. MELITTIA ÆTHIOPICA n. sp., Œ. Abyssinie, ex Schimper (1850). 
3930. MELITTIA LABOISSIEREI n. sp., ©. Uganda VI-oth. 
3931. MELITTIA HOULBERTI n. sp., ©. Uganda VI-23th. 


3932. PSEUDOMELITTIA BERLANDI n. sp., O. Afrique orientale alle 
mande. 


3033. MELITTINA NIGRA n. sp., ©. Brésil, ex E. Le Moult. 


. 3934 ) MELANOSPHECIA BOUVIERI n. sp., QQ. Lohaban, Bornéo, 


3935 ) ex R. Oberthiür (1898). — Le Sebroang, Bornéo, ex 
P. Chaper (188.). 


. 3936. PARANTHRENE DAVIDI n. sp., O. Principauté thibétaine de 


Mou-Pin, ex P. Armand David (1871). 


3937. PARANTHRENE TRISIIS n. sp. Q. Hué, Annam, ex Vitalis 
(1907). 


3938. ALBUNA DYBOWSKII n. sp., ©. Congo français, ex J. Dybowski 
(1896). 


PLANCHE CDLXXVIII 


3939. AEGERIA VASSEI n. sp., Œ. Mozambique, forêt de Inhanconda 
(Province du Gorongoza), alt. 350 mètres, ex G. Vasse (1907). 


3940. EPISANNINA MELANOCHALCIA n. sp., ©. Mozambique, Vallée 
du Pungoué, Guengère, ex G. Vasse (1906). 


3041. EPISANNINA ELLENBERGERI n. sp., O. Lambarené, Ogooué, 
Congo français, ex R. Ellenberger (1913). 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 
Fig. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 387 


3942 ) SYNANTHEDON CHRYSOPHANES Meyr., O'Q. Australie, Towns- 


3943 
3944. 
3045: 
3946. 
3947: 


3948. 


3949. 


3950: 


3957: 
3958. 


ville (Queensland), e. 1. 17/19-VI-1901 et 1910, ex 
RP Dodd. 


SYNANTHEDON BENOISTI n. sp., S. Guyane française, Gour- 
donville X-1914, ex R. Benoist. 


SYNANTHEDON GUYANENSIS n. sp., ©. Guyane française, 
Godebert VII, ex E. Le Moult. 


SYNANTHEDON FLAVOSTRIGATA n. sp., d. Mexique, Tabasco 
(1913). 


SYNANTHEDON AUTREMONTI n. sp., C. Brésil, Etat de Minas- 
Gerars eme Le Moult (ior2): 


ICHNEUMENOPIERA ALBIVENTRIS n. sp., O. Lambarené, 
Ogooué, Congo français, ex R. Ellenberger (1913). 


PLANCHE CDEXXIX 


METASPHECIA VUILLETI n. sp., ©. Koulikoro, Haut Sénégal 
et Niger, 5-VI-1912, ex D' Vuillet. 


SYLPHIDIA PERLUCIDA Le Cerf, ©. Lambarené, Ogooué, 
Congo français, ex R. Ellenberger (1913). 


. MACROTARSIPODES GRANDIDIERI n. sp., Œ. Tananarive, Mada- 


gascar, ex Sikora. 


MACROTARSIPODES HAUGI n. sp., Œ Q. l:ambarené, Ogoowé, 
Congo français. ex KR. Ellenberger (1913). 


. MACROTARSIPODES SEXUALIS Hmpsn. var. WATERLOTI n. var., 


Q. Porto-Novo, Dahomey, ex J. Waterlot (1912). 


55. VESPANTHEDON CERCERIS n. sp., 9. Mozambique, forêt de 


Inhanconda (Province du Gorongoza), alt. 350 mètres, ex 
G. Vasse (1906). 


56. OSMINIA FERRUGINEA n. sp., O. Mexique, région de Cordoba, 


ex L. Conradt (1901-1903). 
HYMENOSPHECIA ALBOMACULATA n. sp., ©. Uganda VI-oth. 


MYRMECOSPHECIA LE MOULTI n. sp., Q. Guyane française, 
Nouveau-Chantier VI-09, ex E. Le Moult. 


388 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Fig. 


Fig. 
Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


Fig. 


3964. 


3965. 


3066. 


3967. 


3968. 


3969. 


3979. 


3971: 


3972. 


3973: 


PLANCHE CDLXXX 


. SURA IGNICAUDA Hmpsn., ©. Java occidental, Mont Gédé 


[1.000] VIII-1802, ex H. Fruhstorfer. 


. TRISCOLIA RUBIGINOSA F. Java. 


. TRILOCHANA SCOLIOIDES Moore, ©. Darjeeling, ex Môüwis 


(1891). 


. TRISCOLIA PROCER illig. Java. 


. TRILOCHANA OBERTHÜRI n. sp., Q. Java occidental, Mont 


Gédé [4.000], VIII-1892, ex H. Fruhstorfer. 


PLANCHE CDLXXXI 


MELITTIA PELLECTA Swh., d. Cambodge. 


MELITTIA USAMBARA n. sp., O. Afrique orientale allemande, 
Usambara, Pangani, ex L. Conradt (1891). 


STENOSPHECIA COLUMHBICA n. sp., Q. Santa-Fé-de-Bogota, 


Colombie. 


CHAMAESPHECIA CLATHRATA n. sp., Q. Congo français, Lam- 
barené, Ogooué, ex R. Ellenberger (1913). 


ZENODOXUS BICOLOR n. sp., Q. Dahomey, Plateau de Zagua- 
nado, saison des tornades, III-V-1910, ex P. Ducorps. 


SYNANTHEDON BENOISTI n. sp., Q. Guyane française, ex 
C Bar 


SYNANTHEDON GUYANENSIS n. sp. f. Ç CLARA n. var. Guyane 
française, Nouveau-Chantier VII, ex. E. Le Moult. 


SYNANTHEDON sp. À n. sp. ©. Guyane française, Cayenne, 
par Caternault, ex coll. A. Guénée. 

SYNANTHEDON sp. B n. sp., Q. Principauté thibétaine de Mou- 
Pin, ex P. Armand David (1871). 

ALBUNA AFRICANA n. sp., Q. Togoland, ex L. Conradt 
(1892-93). 


PV 


Considérations sur quelques Espèces 


de LYCAENA 


Dans le Volume XII des £/udes de Lépidoptérologie comparée, 
paru en 1016, j'ai publié, aux pages 453-520, des Considérations 
sur plusieurs Espèces de Lycaena et j'annonçais (p. 513, 514) 
« que nous avions formé le projet, M. Harold Powell et moi, 
d'étudier, l’été prochain, si possible, dans la lande bretonne, 
l'existence larvaire des Zycaena dont on rencontre les imagines 
en si grand nombre ». 

J'ajoutais ces mots : « En nous quittant, cette année, au mois 
d’octobre, pour retourner dans sa famille à Hyères, M. Powell 
exprimait l’espoir de réussir en quelque façon, lors des prochains 
beaux jours, à faire progresser nos connaissances biologiques 
relativement aux Zycaena ». 

Nos intentions ont pu se réaliser, ce qui n’est pas toujours le 
cas dans les affaires humaines. Après le dur hiver 1916-1917, le 
printemps et l’été sont revenus nous apporter leurs sourires et Je 
me suis de nouveau trouvé favorisé à Rennes de la très aimable 
compagnie de M. Harold Powell. 

Ma santé ayant beaucoup laissé à désirer, J'ai été empêché de 
me rendre, aussi fréquemment que Je l’aurais souhaité, sur la 
iande, avec mon cher et excellent collaborateur. 


26 


300 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 

Cependant 1l m'a été permis de faire quelques excursions pour 
lesquelles un de mes petits-fils, Hervé Oberthür, qui annonce les 
plus belies dispositions entomologiques, a pu nous donne: le 
concours de sa juvénile ardeur. En même temps, Hervé jouissait 
et prohtait des leçons si expérimentées de M. Powell. 

Le but que nous nous étions proposés, pour cette année 1917, 
était d’avancer la solution des problèmes relatifs à la biologie 
des Zycaena Alcon et Armoricana. 

Dans les deux cas, M. Powell a réussi à pénétrer le mystère, 
mais sans parvenir toutefois à résoudre tous les points litigieux. 
Il a pris, au jour le jour, les notes que je livre immédiatement et 
sans plus attendre, à la publicité, dans les Æ/udes de Lépidop- 
térolo gie comparée. Ces notes ont le mérite de la plus scrupuleuse 
exactitude. Les faits sont relatés simplement, comme nous les 
avons vus, et avec tous les détails qui n’ont pas paru indifférents. 
Ils relatent les déceptions et aussi les succès obtenus, au fur et 
à mesure qu’ils se sont présentés à nos observations. 

Nous inspirant des connaissances déjà acquises relativement 
à Lycaena Arion et que nous a transmises le savant Docteur 
T. A. Chapman, nous avons, par voie d’induction, essayé de 
nourrir la larve de Zycaena Alcon, au moyen d’une nymphe de 
fourmi, lorsque la larve en question délaisse la nourriture végé- 
tale qui a assuré son existence durant ses deux premiers stades. 

Présentement les chenilles d’A/con continuent à sucer le liquide 
qui sort des nymphes de fourmi. Mais nous aidons à l’effusion 
de ce liquide et nous agissons par moyens artihciels pour sou- 
tenir la vie larvaire de la Zycaena Alcon. 


En résumé, trois points semblent acquis 


1° La chenille d’A/con, pendant les deux premiers stades, se 
nourrit de la fleur de Gentiana Pneumonanthe ; 


2° Ladite chenille, au 3° stade, quitte la fleur qui a abrité ses 
débuts à la sortie de l’œuf et elle accepte, en captivité, de sucer 
le liquide qui sort du flanc ouvert de la nymphe d’une fourmi; 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 301 


3° La même chenille, mais dans la libre nature, est emportée 
par une fourmi. 


Là s’arrête notre science. 


Nous ignorons encore où la fourmi l’emporte et comment la 
chenille se comporte dans le lieu où elle a pu être portée. 


Quant à Lycaena Armoricana, voici ce que nous avons appris : 
La femelle pond sur l’Ulex europaeus ; la petite chenille se 
nourrit de cette légumineuse et se transforme en chrysalide sans 
changer de nourriture. Elle alimente, au moyen de sa glande 
à miel, une fourmi qui vient la sucer. 

M. Powell a élevé plusieurs chenilles de Zycaena Armoricana, 
ab ovo; il a obtenu quatre chrysalides qui sont attachées par un 
fil. Nous attendons l’éclosion de trois de ces chrysalides qui sont 
encore bien en vie. La quatrième est morte desséchée. 

La Zycaena Armoricana a deux émergences par an; la pre- 
mière en mai, juin et commencement de juillet; la seconde en 
août et septembre, même en octobre. 

Probablement, tous les œufs pondus en juin et commencement 
de juillet n’éclosent pas en août et par conséquent ne donnent 
pas des chenilles capables de produire des papillons d’arrière- 
saison; sans doute une partie des œufs hiverne, ainsi que ceux 
résultant de la ponte de fin d’été et de commencement d’automne. 
Mais nous n’avons pas encore la clef de ce problème. D'ailleurs, 
malgré toutes les investigations de M. Powell et d'Hervé 
Oberthür qui se révèle : oculatissimus, il a été impossible de 
trouver des chenilles de Zycaena Armoricana écloses dans la 
libre nature. 

Des chenilles d’A7giolus, d’'Argiades ont été découvertes, 
vivant sur l’Ulex nanus. Argiades vit aussi chez nous sur l’Æytca 
ciliaris; mais aucune larve d’Armoricana n’a pu être distinguée 
dans les pousses piquantes de l’ajonc dont elle a d’ailleurs la 
couleur et où elle s'enfonce pour se mettre à l’abri. 


302 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Dans ma situation de malade pouvant difficilement et trop 
rarement me déplacer jusqu’à la lande fleurie dont la vue et le 
parfum ont pourtant un si vif attrait pour moi, ce fut cependant 
une joie dont je dois rendre grâces à Dieu, de pouvoir observer 
au milieu des tubes de verre où M. Powell conservait vivantes 
les chenilles de Zycaena et les fourmis, les relations si curieuses 
desdites chenilles avec les fourmis. 

C’est:à M. Harold Powell, à sa sagacité, à sa patience que 
rien ne décourage, à son expérience consommée des choses de 
l’Entomologie que la Science sera redevable des notables pro- 
grès accomplis. 

Tout n’est pas dit : non seulement les investigations seront 
continuées ; mais elles continuent encore au moment où J'écris ces 
lignes. Ce supplément aux Considéralions imprimées en 1916, 
recevra lui-même un supplément. C’est ainsi que nous ferons, 
grâce à l’obligeance du Docteur T. A. Chapman, connaître les 
noms spécifiques des fourmis désignées par une simple lettre À, 
B, C, D, E, F, A &is, au cours des notes de M. Powell. De plus, 
nous nous efforcerons de réunir d’autres observations sur la sym- 
biose des fourmis et de la chenille d’A/con en liberté. 

Il reste des lacunes à combler. Néanmoins la voie ouverte paraît 
bonne et on trouvera bien légitime que J’exprime ici, à M. Powell, 
ma cordiale gratitude et mes bien affectueuses félicitations. 


Rennes, 17 septembre 1917. 


CHARLES OBERTHUR. 





Observations biologiques 


concernant la LYCAENA ALCON 


Par Harold POWELL 


Le 10 août 1917, J'écrivis à M. le Docteur T. A. Chapman, à 
Reigate, une lettre dont voici la traduction française et qui me 
semble préciser les éléments des recherches entreprises relative- 
ment à Zycaena Alcon : 


« Je vous ai envoyé par la poste, hier, environ 18 œufs de 
Lyc. Alcon. Cette fois, il n’y a pas de doute; 1ls sont non-éclos. 
J'étais sur la lande de Laillé, le 5 et le 6 août, et J'y ai trouvé 
Alcon abondant et très frais. Jusqu’à cette date, les Q n’avaient 
pas fait grand progrès pour la ponte; mais 1l est vrai qu’elles 
étaient encore peu nombreuses et qu’elles paraissaient écloses 
seulement depuis deux ou trois jours. J’ai observé une © en train 
de pondre; elle vola bas sur le terrain jusqu'à ce qu’elle trouvat 
une Gentiane ayant des boutons de fleurs (elle avait examiné ure 
plante sans boutons mais elle ne s’y était pas arrêtée). Elle se 
posa sur le bouton terminal, ferma ses ailes et commença à fouiller 
avec l’extrémité de son abdomen, en cherchant un point favorable 
pour y déposer le premier œuf. 

Après que celui-ci fut pondu, vers la base du calice, protégé 
par une feuille, elle recommença à fouiller de nouveau, en se pro- 
menant sur les boutons du sommet; sans quitter la plante, elle 
déposa six œufs, placés, pour la plupart, sur les calices ; un œuf 
fut collé sur la tige, tout près du bouton. Ensuite, elle s’envola. 
Comme j'ai trouvé ce même nombre de six œufs sur deux ou 


304 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








trois plantes différentes, je conclus que c’est à peu près le nombre 
que la Q dépose à chaque séance (Plus tard on trouve un très 
grand nombre d’œufs sur les fleurs, les boutons, la tige et même 
sur des feuilles près de l’inflorescence, mais, dans ce cas, la plante 
a évidemment été visitée par plusieurs Q Q successivement). 

Très peu de Gentiancs étaient fleuries, je 5 et le 6 août, mais 
beaucoup d’entre elles montraient les boutons. Le mois dernier, 
j'ai cherché la chenille d’A/con sur une lande près de Monterfil, 
où croît la Gentiane; les plants étaient alors très petits et aucun 
ne montrait trace du passage de la chenille; les feuilles étaient 
intactes. L'autre jour, à Laillé, j'ai noté qu'aucune des Gentianes 
n'avait été mangée; cependant A/cox y est abondant (nous y 
avons pris, ces deux Jours, 5 et 6 août, 119 spécimens frais, 
rejetant tous ceux qui étaient passés ou mal éclos). Il me semble 
probable que la chenille d’A/con vit à la façon — ou à peu 
près — de celle d’A72oz, dont vous avez découvert les habitudes 
et la nourriture d’hiver, 1l y a deux saisons passées. Il existe 
des fourmilières sur les landes où vit A/con, quoiqu’elles ne 
paraissent pas très nombreuses, peut-être parce qu’on ne les voit 
pas toutes à cause de l'épaisseur de la végétation composée, en 
grande partie, d’Ulex nanus et d’Ærica ciliaris. J'ai fouillé deux 
fourmilières à Laillé, mais je n'y trouvai pas de chrysalides. Sur 
une Gentiane croissant à 10 centimètres d’une des fourmilières — 
les fourmis se promenaient à sa base — j'ai trouvé six œufs. 
Une Q fraiche, qui semblait avoir à peine séché ses ailes, s’envola, 
à mon approche, d’un petit buisson d’Æyica sur le bord de la 
fourmilière en question. La fourmi est d’une espèce (D) assez 
grande; elle ressemble à celles que je trouvais associées avec les 
chenilles d’/olas et de Baetica, en Algérie. » 


Cette lettre rend compte des événements relatifs à Zycaena 
Alcon et qui ont marqué le début de son éclosion. Je continue le 
récit des circonstances que J'ai constatées, comme suit 


Le 16 août 1917, sur la lande des Grêles, près de Treffendel 
(Ille-et-Vilaine), nous avons trouvé A/con, mais il était peu 


LE 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 395 
abondant; quelques mâles nouvellement éclos et un plus grand 
nombre en état passé ont été pris ; la © paraissait rare et les deux 
ou trois que nous avons vues étaient écloses depuis longtemps. 
Plusieurs des plants de la Gentiane fleurissaient; beaucoup 
d’autres ne montraient encore que les boutons. Comme la lande 
de Laillé, celle des Grêles est sur un terrain élevé, mais humide, 
avec une pente très douce du sud au nord; de l’autre côté du 
plateau culminant, et, par conséquent, au commencement de la 
pente sud, 1l existe une station de Gentianes moins importante 
que celle exposée au nord. Des deux côtés, nous avons trouvé des 
œufs de Z. A/con; dans la partie la plus basse de la lande, près 
du bord septentrional, les œufs étaient plus abondants; on en 
trouvait couramment de 4 à 8 sur un seul plant; une Gentiane 
portait 28 œufs; mais ce chiffre est bien inférieur à ceux que nous 
avons notés plusieurs fois sur la lande de Laillé, au mois de 
septembre dernier. La partie centrale de la lande nous a donné 
très peu d’œufs; la grande majorité des plants de Gentiane n’en 
avait pas. La végétation est courte, à cause des coupes qu’on y a 
faites; plus courte que sur la lande de Laillé; il y a surtout des 
Ajoncs nains et de l’Ærica ciliaris; le Sphagnum se trouve par 
places, sur le versant nord. La lande ayant été cultivée jadis, 
il reste des sillons parallèles, orientés nord-ouest-sud-est; c’est 
au fond de ces sillons que la Gentiana Pneumonanthe croît de 
préférence. 


Je suis retourné à la lande des Grêles, le 20 août; J'y ai trouvé 
encore quelques Œ frais, mais je n’ai vu que deux © dont une, 
seulement, était assez fraîche, quoique déchirée ; l’autre était 
passée. Chez la plupart des papillons, on voit apparaître des G 
un peu avant l’éclosion des ©, mais, dans le cas d’A/con, les Q 
sont certainement aussi précoces que les ©. 


Nous avons pris, dans les fleurs de la Gentiane, plusieurs che- 
nilles de Pterophorides, pareilles à celles trouvées l’an dernier, 
à Laillé. Elles firent des progrès rapides et se chrysalidèrent entre 


306 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





le 18 et le 25 août; un premier papillon est éclos le 26 août. La 
chenille de cette Ptérophoride, — qui est la S/enoptilia Pneumo- 
nanthes, — vit des organes intérieurs de la fleur et même de la 
corolle; elle est d’une couleur verte pâle; il existe une forme 
brunâtre que je ne rencontre pas souvent. 

Je n’ai pas encore retrouvé, cette année, la chenille d’une 
Eupithecia, rencontrée deux ou trois fois à Laillé, en septembre 
dernier, dans les fleurs de Gentiane; aucune des chenilles n’avait 
donné son papillon; les chrysalides sont mortes, et l’Espèce n’a 
pu être déterminée. 

Cependant 1l s’est trouvé qu’une chenille de cette Ezpilhecia 
fut envoyée, l’an dernier, au D' Chapman, avec des fleurs de 
Gentiane. Le Docteur Chapman en a obtenu l’Euprihecia Pumi- 
lata. 


Je ne puis dire exactement à quelle date sont éclos les œufs 
que nous avions trouvés le 20 juillet, près de l’étang de Tremelin 
(Monterfil) ; en ouvrant, le 16 août, un bouton sur lequel il en 
avait été pondus, J'ai constaté la présence de trois petites che- 
nilles vivantes, trapues, d’un brun rougeâtre, plus clair aux inci- 
sions inter-segmentales; leur peau est luisante, la tête est noire, 
ainsi que l’écusson ; elles ont une forme assez aplatie, peu atténuée 
en arrière; le segment prothoracique est large, bien développé; 
e corps est maigrement pourvu de poils courts. Ces chenilles 
étaient dans le second stade, puisque j'ai trouvé les dépouilles 
de la première peau, à l’intérieur de la fleur, avec leurs excré- 
ments. D’autres chenilles étaient écloses dans un autre tube 
contenant des boutons de Gentiane, de Tremelin et de Laillé. 

Le 27 août, J'ai remarqué que les chenilies les plus avancées 
(celles de Tremelin) étaient sorties des fleurs et se promenaient 
dans le tube; elles se trouvaient alors dans le troisième stade sans 
doute, puisque le corps est certainement plus poilu ct peut-être 
plus rouge que quand Je les ai vues la dernière fois, en changeant 
leur nourriture, le 20 août. Croyant que ieur nourriture était 
devenue peut-être trop sèche, je leur ai donné des fleurs fraîches 


| 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 397 








de la Gentiane, ainsi que quelques fleurs d’Eyica ciliaris; mais 
cinq heures après, je constate qu’eiles ne sont pas rentrées dans 
les fleurs. Sont-elles arrivées au point où eiles quittent définiti- 
vement les fleurs pour aller ailleurs vivre ensuite d’une autre 
nourriture, ainsi que cela se passe chez A 71on ? C’est bien possible; 
l’an dernier, la seule chenille d’A/coz que j'ai trouvée dans une 
fleur de Gentiane, — c'était en septembre, — était un peu plus 
petite que celles-ci, mais elle était, je pense, dans le même stade. 
J'ai mis, dans leur tube, une fourmi (Espèce D) que j'avais 
recueillie dans une fourmilhière de la lande des Grêles et qui me 
paraît être de la même Espèce que celle de la lande de Laillé. 

Jusqu’à présent, la fourmi ne s’est pas occupée des chenilles ; 
elle les ignore. 


Sur la lande des Grêles, j'ai examiné trois fourmihières de 
cette Espèce; les fourmilières forment des monticules de 8 à 
10 centimètres de hauteur, au milieu des tiges de bruyère; elles 
sont composées de terre ramenée à la surface et contiennent des 
galeries et des chambres évasées près de la surface, dans les- 
quelles les fourmis apportent les nymphes, pendant le jour, pour 
qu’elles puissent profiter de la chaleur; lorsque je démolissais 
leurs constructions dans les couches supérieures, elles s’empres- 
saient de saisir les nymphes et de les descendre dans les galeries 
inférieures, empoignant même les dépouilles vides des fourmis 
ailées déjà écloses. 

Ces fourmis sont bien moins rageuses que celles, plus grosses, 
qui font les grands tas composés de débris végétaux très variés, 
et même que celles de la petite Espèce qui s'associe (en captivité 
au moins) avec la chenille de Zycaenx Armoricana. Quand elles 
grimpent sur la main, lorsqu'on dérange leur nid, elles re 
cherchent que rarement à mordre. 


Il n’est pas facile de dire si un œuf d’A/coz est vide ou non, 
parce que la chenille, à l’éclosion, perfore la base de l’œuf et 
pénètre directement dans la fleur; les œufs non éclos, mais qui 


308 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





ont déjà été pondus depuis plusieurs jours, ont une teinte légè- 
rement grisatre que ne possèdent pas les œufs vides; c’est le seul 
moyen de les reconnaître sans risquer de les abîimer. Toute la 
surface visible de l’œuf reste intacte après l’éclosion de la che- 
mille. Je ne sais pas encore si, lorsque l’œuf est placé sur la tige 
(comme cela arrive parfois), la chenille y pénètre, ou si elle 
grimpe jusqu’au calice avant d’entrer dans le bouton, mais, dans 
tous les cas, elle n’éclôt Jamais qu’en dessous de l’œuf. 

J'ai examiné, le matin du 27 août, plusieurs fleurs et boutons 
de la lande des Grêles, portant des œufs; dans presque chaque 
cas l’œuf était éclos, et alors, si Je déchirais la corolle ou le 
calice pour regarder de l’autre côté, J’apercevais le trou d’entrée, 
immédiatement en dessous de l'œuf. 

Quelquefois je trouvais les petites chemiles vers la base de 
l’ovaire, où elles rongeaient la fleur intérieurement sans la per- 
forer; elles rongent aussi les filaments des étamines et j'en ai 
même trouvé mangeant les anthères de la fleur non épanouie; 
mais, le plus souvent, on les trouve dans l’intérieur de l’ovaire; 
elles s’y tiennent 3 ou 4 ensemble parfois, mangeant les graines 
immatures et laissant leurs excréments à la place 

Comme on trouve souvent un grand nombre d’œufs — j'en ai 
vu plus de 40 — sur les quelques boutons d’un même plant de 
Gentiane, on se demande comment les chenilles s’arrangent, dans 
ces cas, pour trouver la nourriture qui leur est nécessaire pendant 
les 3 stades (ou peut-être une partie du troisième) qu’elles passent 
dans la fleur. 

I] me semble peu probable que la chenille, si petite, puisse aller 
d’un plant à un autre, pour chercher de quoi manger; les plants 
sont généralement relativement éloignés les uns des autres et peu 
nombreux ; d’ailleurs, tous sont souvent chargés d’œufs dans une 


même station restreinte. Beaucoup de ces chenilles doivent périr. 


Le 29 août, ayant momentanément quitté Rennes et Monterfl, 
pour aller à Cancale, j’y cherchai une fourmilière, en vue d’ali- 
menter les chenilles d’A/con que j'avais apportées avec moi; Je 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 309 


rencontrai l’Espèce À et une autre très petite fourmi, sur le 
haut des falaises près Port-Briac; je déterrai et rapportai à la 
maison un certain nombre de Nymphes des deux Espèces de 
fourmi, avec l'intention de les offrir aux deux chenilles d’A/con, 
comme je le dis plus haut. Ces chenilles refusent maintenant de 
se nourrir de la fleur de Gentiane. 

Les deux chenilles étaient encore vivantes; mais elles étaient 
très affaiblies par le jeûne forcé qu’elles subissaient; elles ne 
marchaient plus, mais elles remuaient encore les premiers seg- 
ments, la tête et les pattes thoraciques. Ayant retiré une nymphe 
de la petite fourmi de son enveloppe, je l’ai placée devant la 
bouche d’une des chenilles; pendant environ 3 minutes, celle-ci 
n’a pas paru se rendre compte de la présence de la nymphe; mais, 
au bout de ce temps, sa bouche étant entrée en contact avec la 
nymphe au cours d’un des mouvements de va-et-vient de la tête, 
elle s’est tout à coup mise à essayer de mordre; je voyais bien 
ses mandibules s'ouvrir et se fermer dans un effort sérieux pour 
percer la peau de la nymphe; malheureusement, ses mandibules 
glissaient sur la peau, qu’elles ne réussissaient pas à percer; si 
la chenille avait été plus vigoureuse, je ne doute pas qu’elle 
aurait pu saisir et maintenir la nymphe avec ses pattes thora- 
ciques pendant qu’elle l’entamait avec sa bouche. Elle a persisté 
dans ses efforts pendant puusieurs minutes ct, après des périodes 
de repos, elle est revenue bien des fois à son affaire, mais elle 
n’a pas réussi. Afin de faciliter son travail, j’ai coupé la nymphe 
en deux et je lui ai présenté la partie blessée. La chenille a mordu 
dedans; mais lorsqu'elle eut goûté au liquide qui s’écoulait de 
la plaie, elle n’a pas paru le trouver agréable; du moins elle a 
cessé de mordre et elle a relevé les premiers segments du corps, 
de façon à ce que j'ai pu bien voir, en regardant de dessus, sa 
bouche et les pattes du segment prothoracique; la tête était 
presque entièrement retirée dans le segment en question et les 
mâchoires remuaient lentement, comme si la chenille continuait 
à goûter le liquide qu’elle venait de prendre. Elle est restée long- 
temps ainsi; je l’ai vue revenir à la nymphe et se mouiller encore 


400 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





le bouche dans le jus; après quoi, elle s’est remise dans la position 
assez curieuse que Je viens de décrire. L’autre chenille, encore 
plus affaiblie que la première, a également essayé de mordre 
dans la nymphe, sans résultat. Le lendemain, 30 août, les deux 
chenilles étaient mortes. 


Cette expérience m'a prouvé que les chenilles, quoique ayant 
abandonné définitivement les fleurs de Gentiane, ne cherchaient 
pas à se mettre immédiatement au repos hivernal, mais qu’elles 
désiraient continuer à se nourrir. Quelle est la nourriture qu’elles 
recherchaient ? L’Æyica ciliaris que je leur avais offert ne les 
avait nullement tentées; elles n’ont pas essayé de l’entamer. 

Les nymphes de fourmis ont produit un effet bien autre sur 
elles, cependant; pour moi, il n’y eut pas de doute qu’elles 
reconnaissaient en ces nymphes une nourriture ayant plus ou 
moins la nature de celle dont elles avaient besoin. 

Il est probable que les nymphes dont je disposais à Cancale 
n'étaient pas d’une Espèce qui pouvait convenir parfaitement à 
Alcon, ce qui explique, peut-être, l’hésitation apparente de la 
chenille, lorsqu'elle eut goûté le liquide sortant de la blessure; 
mais la vigueur avec laquelle les chenilles ont essayé d’entamer 
les nymphes me sembla bien indiquer qu’elles se sentaient en 
présence d'une nourriture dans le genre de celle recherchée. 


Je résolus de répéter l’expérience, plus tard, avec des chemilles 
moins affaiblies et avec des nymphes des fourmis vivant sur la 
lande des Grêles. 

Le 2 septembre, je me suis donc rendu sur la lande des Grêles, 
accompagné par Hervé Oberthür, Jeune entomologiste et intel- 
ligent observateur; j'emportais avec moi une chenille d’A/con 
qui avait quitté définitivement sa fleur de Gentiana Pneumo- 
nanthe la veille. 

Les Gentianes étaient en pleine floraison et les œufs de la 
Lycaena Alcon se trouvaient en abondance sur les calices et les 
corolles des fleurs et des boutons. Tout en cherchant une plante 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 401 


fleurie réunissant les conditions favorables à l’expérience que Je 
voulais tenter, — c’est-à-dire portant des œufs déjà éclos et 
situés dans une position aussi dégagée que possible, —— nous exa- 
minions les fleurs qui se trouvaient sur notre passage. En ouvrant 
les ovaires, nous y trouvions le plus souvent trois ou quatre che- 
nilles d’A/con; quelquefois cinq ou six; les unes dans le premier, 
les autres dans le second stade. Vivant ainsi enfermées dans 
l’ovaire, au milieu des graines verdâtres, elles prennent une teinte 
gris clair ou gris carné en grossissant dans chacun de ces stades; 
les unes sont plus rouges que les autres, mais la coloration rouge 
semble être toujours plus marquée au début d’un stade. 

Deux fois seulement, j'ai trouvé, dans la fleur, à côté de 
l'ovaire vidé et perforé, une chenille du 3° stade, plus grande, 
rouge et semblant être prête à quitter la fleur. Quelques fleurs 
dont l'ovaire était vidé avait été abandonnées déjà; celles qui 
ont hébergé la chenille de la Szenoptilia Pneumonanthes se 
trouvent complètement débarrassées de tous les organes inté- 
rieurs, et la corolle même est souvent entamée. 

Nous avons remarqué plusieurs Espèces de fourmi sur la 
lande; la plus commune, ou du moins, celle que l’on voyait le 
plus souvent, était l’Espèce D. C’est une fourmi assez grande, 
très agile. Nous la voyions courir à travers la végétation basse 
et serrée, emportant parfois des insectes divers dans ses mandi- 
bules. J’ai vu, deux fois, cette fourmi tenant dans sa bouche une 
petite chenille de Noctuide qui, dans chaque cas, était blessée. 
Je crois que ces chenilles avaient été blessées par nous- 
mêmes, en foulant la lande, et je ne suis pas du tout certain 
que les fourmis les auraient prises, si elles avaient été bien 
portantes. 

Ayant, enfin, choisi un plant au pied duquel la végétation 
était moins dense que d’habitude, je pris la chenille d’A/con 
dans son tube, au moyen d’un pinceau en blaireau et je la plaçai 
sur une fleur qui portait plusieurs œufs éclos. Le vent soufflait 
assez fort, et, au bout de quelques instants, un souffle ayant secoué 
la fleur, la chenille tomba dans l’herbe. La végétation et l’accu- 


402 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





mulation de débris, quoique moins épaisses qu'ailleurs, m'ont 
empêché de voir la chenille tout de suite; je me suis mis à fouiller 
avec précaution. Il y avait environ 90 secondes que la chenille 
était tombée et je commençais à désespérer de la revoir, quand, 
tout à coup, je l’ai aperçue dans la bouche d’une bien petite 
fourmi qui l’emportait rapidement à travers les obstacles mul- 
tiples du « sous-bois ». Je n’ai continué à les voir qu'un instant; 
mais j'ai très bien reconnu la chenille d’A/con. Aidé par Hervé, 
j'ai continué à chercher dans la direction qu’avait prise la fourmi 
et nous n'avons pas tardé à la voir réapparaître, portant toujours 
son fardeau vivant. Cette fois-ci, nous l’avons observée, tous 
deux, pendant près d’une minute; ii n’y avait pas la moindre 
erreur, la fourmi tenait bel et bien la chenille d’A/con dans sa 
bouche et elle suivait une direction déterminée qui devait, sans 
doute, la conduire à la fourmilière. La chenille était immobile, 
même rigide; elle s'était tassée, la tête rentrée et les segments 
thoraciques certainement plus renflés et plus larges que les autres, 
mais non pas extraordinairement renflés, comme cela se passe 
avec Aion en pareil cas, d’après les observations du D' Chapman. 
La fourmi tenait la chenille par le dorsum, pas loin du milieu 
du corps; je n’ai pas pu voir quel était le segment pincé. J'aurais 
dû, peut-être, prendre fourmi et chenille dans un tube, à ce 
moment, et les garder pour pouvoir les examiner de plus près, 
mais J'avais l’espoir de suivre la fourmi jusqu’à son nid et je 
l’ai laissée marcher. Malheureusement, elle est entrée dans un 
fourré de plantes très épais; nous l’avons revue encore une fois; 
puis elle a disparu définitivement, avec la chenille. Pendant une 
heure, nous avons cherché la fourmilière dans la direction suivie 
par la fourmi; nous avons même rasé la lande sur un assez grand 
espace, aux environs, mais nous n’avons pas réussi à trouver le 
nid, que je suppose être assez loin du point où la fourmi a saisi 
la chenille. Le seul résultat de nos recherches a été la capture de 
deux autres fourmis de l’Espèce qui a emporté la chenille; c’est 
une petite fourmi brune, à pattes assez courtes; la tête est forte, 
aplatie ; le corselet, assez fort, est réuni à l’abdomen par un 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 403 
pédoncule mince, allongé, un peu courbe, portant deux renfñle- 
ments ou nodules dorsaux. Je désigne cette fourmi par la lettre E. 
Ces fourmis ne sont pas faciles à voir; elles restent près de terre 
ou par terre, sous la végétation, se montrant le moins possible; 
ndus n'avons pas pu trouver un de leurs nids, mais nous avons 
trouvé, sur la lande et non loin du même endroit — 25 mètres 
environ -— deux petits nids d’une Espèce certainement voisine 
de E. Cette Espèce, à laquelle J’applique la lettre. F, est deux 
fois plus grande que l’Espèce E; elle est d’une couleur brune 
plus claire et ses pattes et antennes sont d’un brun jaunâtre, ainsi 
que le dessous du corps. Dans les deux nids que nous avons exa- 
minés, nous n’avons trouvé m1 larves ni nymphes; mais 1ls conte- 
naient une quantité de et de Q ailés. 

Une chenille d’Alcon paraissant être à la fin du 2° stade, 
trouvée dans une fleur, a été placée devant un des nids; plusieurs 
fourmis F, en la rencontrant, l’ont tâtée avec leurs antennes et 
en ont fait le tour, mais elles ne l’ont pas trouvée bien intéres- 
sante et elles ont continué leur chemin; aucun sentiment d’hosti- 
lité n’a été éveillé chez les fourmis F par la chenille; elles y 
paraissaient assez indifférentes. Puisque la chenille n’avait pas 
quitté la fleur spontanément, elle n’était probablement pas encore 
arrivée à la période intéressante pour les fourmis, mais Je ne sais 
si l’Espèce F l’aurait acceptée dans le cas contraire. 

Plus loin, sur la lande, on a trouvé un nid de la fourmi A b?s 
(celle qui s’est attachée à la chenille d’Arwmortcana en captivité). 
Les nids de la fourmi D n'étaient pas rares ; nous avons rapporté 
à la maison des fourmis E, F et À &4s, ainsi que des nymphes 
de À bzs et de D. Les fourmis E et F sont moins rapides dans 
leurs mouvements que À 1s et surtout que D. Aucun imago 
d’A/con n’a été vu ce jour-là. En rentrant, Je me suis aperçu 
qu'une autre chenille avait quitté sa fleur dans le courant de la 
journée. Le lendemain, voulant savoir comment se comporteraient 
les fourmis en sa présence, je l’ai introduite successivement 
dans les tubes contenant respectivement les Espèces E, F 
RAS. 


404 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





1° La chenille est placée dans le tube E, contenant deux 
fourmis. Au cours de sa promenade, une fourmi rencontre la 
chenille; elle s’arrête, la tâte, dont en partie sur son dos et 
s'applique à l’examen des derniers segments, paraissant chercher 
la glande à miel; au contact de la fourmi, la chenille rentre sa 
tête sous le prothorax, se raccourcit et reste immobile; je ne 
pense pas qu’elle ait fourni du miel. La fourmi est revenue plu- 
sieurs fois inspecter la chenille; elle n’a pas tenté de la saisir et 
de l’emporter. La seconde fourmi prête moins d’attention à la 
chenille; 


2° La chenille est introduite dans le tube F contenant plusieurs 
fourmis : 


D'abord une fourmi est sortie de dessous les feuilles au fond 
du tube; elle a été bientôt suivie par les autres; les fourmis sont 
venues auprès de la chenille, l’ont tâtée avec leurs antennes, mais 
elles ne se sont pas appliquées spécialement à l’examen des 
derniers segments, comme la fourmi E. Elles n’ont pas essayé 
de saisir la chenille: 


3° La chenille est mise en présence des fourmis A bzs; le tube 


contient plusieurs fourmis et quelques nymphes 


La prenuère fourmi qui rencontre la chenille se jette sur elle, 
la mord et, recourbant son abdomen, la pique fortement ; la che- 
mille se débat. J’ai retiré chenille et fourmi, ensemble, du tube; 
la fourmi ne voulant pas lâcher prise; un quart d’heure après, 
la chenille était morte. La fourmi À 7s est, cependant, celle qui 
s’est attachée à la chemille de Zycaena Armoricana. 


Les expériences relatées ci-dessus n’ont probablement pas une 
bien grande valeur, puisque les conditions dans lesquelles se 
trouvaient les fourmis n’étaient pas naturelles; l’Espèce A &1s 
est assez irritable et il est possible que la présence des nymphes, 
qu’elles pouvaient croire en danger, ait rendu les fourmis de plus 


méchante humeur que d’habitude. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 405 





Le 5 septembre, en ouvrant des fleurs de Gentiane, rapportées 
de la lande des Grêles, j'ai trouvé deux chenilles, dans le 3° stade. 
Elles semblaient être au repos. Je les ai placées dans une fleur 
fraîche, dont l'ovaire était bien développé; elles en sont sorties 
presque aussitôt, mais, après une courte promenade, elles se sont 
installées sur la fleur, extérieurement, ont retiré complètement leur 
tête dans le segment prothoracique; le bord du segment se trou- 
vant appliqué contre la fleur; les chenilles se tiennent ainsi immo- 
biles ; elles sont très ramassées sur elles-mêmes et ce resserrement 
des segments fait gonfler assez notablement les deux derniers 
segments thoraciques et, dans un moindre degré, le sixième et 
septième segments abdominaux. 

Quatre autres chenilles d’A/con ont abandonné les fleurs dans 
l'après-midi du $ septembre; elles se promenaient, le soir, dans 
les tubes. 

Ayant porté quelques chemilles d’A/con sur la lande de Laillé, 
dans la matinée du 8 septembre, j'ai tenté quelques expériences 
avec elles, mais sans succès. 

Le temps était très beau et les Gentianes fleurissaient en grand 
nombre; les œufs étaient abondants, sur les fleurs, mais je crois 
que tous étaient éclos. Il y avait encore des chemilles dans les 
ovaires; J'en ai même trouvé dans le premier stade. Aucun imago 
n’a été vu. 

Une des chenilles apportées a été placée au pied d’une Gen- 
tiane fleurie; elle s’est mise à marcher rapidement (pour une 
Lycanide) sur les brindilles de toute sorte, sur l'herbe et la 
mousse qui font un épais tapis sous les plantes plus élevées; j'ai 
eu quelque peine à la garder à vue; elle est restée ainsi en liberté 
un quart d’heure environ, mais aucune fourmi n’a apparu pour 
l’emporter. Ayant aperçu sur un petit espace, libre de végétation, 
une très petite fourmi excessivement agile — elle n’était ni de 
l’Espèce E ni de l’Espèce F — j'ai posé la chenille à terre, près 
d’elle; la fourmi l’a trouvée et l’a examinée un instant avec 
beaucoup d’attention, revenant une fois pour la tâter de nouveau, 
mais elle paraissait effrayée par ma présence et elle s’est enfuie 


21 


406 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





vers l’herbe, sans pousser l’affaire plus loin. J’ai cherché à lui 
présenter la chenille de nouveau, mais elle avait atteint une touffe 
épaisse et J'y ai perdu la chenille. Une seconde chenille a été 
placée près de deux fourmis de l’Espèce D qui parcouraient la 
lande avec leur marche rapide et saccadée; malheureusement, 
chacune a disparu de son côté sans rencontrer la chenille. Je n’a1 
pas vu de fourmis E ou F, ni leurs nids; mais nous étions un peu 
pressés par le temps et je n’ai pas pu chercher longtemps ce 
jour-là. 


D'après ce que j'ai observé cet été, c’est au début du troisième 
stade que la chenille abandonne définitivement la fleur; en 
général, le goût pour la nourriture qui, Jusqu'ici, a satisfait la 
chenille, est perdu à ce moment ; cependant, j'ai vu, une fois, une 
chenille, dans le troisième stade, découper et manger des petits 
morceaux dans la corolle de la Gentiane et c’est un fait acquis 
que la chenille expulse encore quelques très petits excréments 
lorsqu’elle se promène dans le tube après avoir quitté la fleur; 
les excréments doivent contenir des restes de la dépouille inté- 
rieure, ainsi que le résidu de la nourriture prise depuis la mue, 
dans le cas où la chenille aurait mangé. Le D' Chapman nous 
écrit qu’une des chenilles que nous lui avions envoyées en sep- 
tembre 1016, dans des fleurs de Gentiane, se trouvait être dans 
le quatrième stade; cela prouverait que la chenille peut, quel- 
quefois, continuer à manger la fleur pendant la durée du troi- 
sième stade. À titre d’expérience, J'ai placé une chenille qui 
attendait la seconde mue — le 6 septembre 1917 — dans une 
fleur intacte; le 8 septembre, elle était dans sa nouvelle peau 
(3° stade) et se promenait dans le tube, cherchant à s'évader; 
en disséquant la fleur avec précaution, j'ai trouvé la dépouille 
du second stade, mais rien n’avait été touché dans la fleur. Dans 
ce cas au moins, la chenille s’était mise en route, après la mue, 
sans avoir mangé. 

Toutes les chenilles que j'ai examinées dans le troisième stade, 
après l’abandon de la fleur, avaient la tête et les pattes relati- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 407 





vement très grosses, ainsi que ces organes le sont chez les che- 
nilles en général, aussitôt après une mue. Si la chenille d’A/con 
désirait se mettre au repos pour l'hiver, on pourrait s'attendre 
à ce qu’elle allât se fixer sous une feuille morte ou entre des 
mottes de terre, en se protégeant avec quelques fils de soie, comme 
e font ordinairement les chenilles de Zycaena qui hivernent; 
mais, ni le D' Chapman ni moi, nous n’avons remarqué aucune 
tendance, chez Alcon, à construire un hibernaculum ou à se 
mettre au repos; la chenille continue à marcher, en captivité, 
jusqu’à épuisement. Tout semble indiquer que c’est chez les 
fourmis qu’il faudrait chercher la chenille en hiver. 


Voulant contrôler l’expérience déjà faite avec les nymphes de 
fourmis, j'ai de nouveau placé une chenille errante, mais cette 
fois saine et vigoureuse — elle avait abandonné la fleur environ 
18 heures auparavant —— dans un tube contenant une nymphe de 
la fourmi D, que j'avais blessée. Quand la chenille a trouvé la 
nymphe, elle s’est aussitôt mise à sucer le liquide qui s’écoulait 
de la blessure; elle a bu pendant une bonne minute et puis elle 
a agi à peu près de la même façon que la chenille avec laqueile 
j'ai fait une première expérience, le 20 août; elle s’est tassée; 
la tête a été retirée dans le segment prothoracique; les premiers 
segments ont été relevés et un peu gonflés et je voyais remuer 
sa bouche; elle est restée longtemps ainsi et je ne l’ai pas vue 
revenir à la nymphe; deux jours après, elle était encore bien 
vivante et elle marchait dans le tube. 

Le 13 septembre, j'ai mis une nymphe blessée de la fourmi À 
dans un tube contenant trois chenilles dont deux avaient quitté 
la fleur, la veille, et la troisième, deux jours auparavant; peu de 
temps après, une des chenilles ayant trouvé la nymphe sur son 
chemin, s’est mise à boire le liquide s’échappant de la blessure; 
vingt minutes plus tard, je l’ai vue au repos; ce n’est que le 
lendemain soir que j'ai examiné ie tube de nouveau ; à ce moment, 
une des chenilles mangeait — ou du moins elle paraissait manger, 
mais peut-être ne faisait-elle que mâcher et sucer — la chair du 


408 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





thorax de la nymphe; je voyais très bien ie mouvement fait à 
chaque effort, ainsi que le fonctionnement des mächoires. La 
seconde chenille se tenait près de la nymphe, et, à cause de sa 
tranquillité, je pense qu’elle s’était nourrie, elle aussi; toutes 
deux, mais la première surtout, m'ont paru avoir un peu grossi 
dans les dernières 24 heures; la troisième chenille n’était pas 
sortie de la fleur; autant que j'ai pu m’en rendre compte, elle 
était morte et se desséchait. 

Le 15 septembre, j'ai fait une nouvelle provision de larves et 
de nymphes de la fourmi À sur la lande de Laillé et j'ai rap- 
porté une dizaine de chenilles d’A/con trouvées dans les ovaires 
(il y en avait quatre dans un seul ovaire), presque toutes à la fin 
du second stade; deux chenilles venaient de muer et se trouvaient 
dans le troisième stade. Plusieurs fleurs ayant contenu des che- 
milles étaient déja vides et abandonnées. 

Aussitôt rentré, j'ai donné aux deux chenilles déjà accoutumées 
à la nourriture animale, des larves et des nymphes retirées de 
leurs enveloppes et blessées; les chemiles, qui se promenaient 
dans le tube, se sont arrêtées dès qu’elles ont trouvé le liquide 
s’écoulant des blessures et ont bu longuement ; une des chenilles 
est restée une dizaine de minutes en place, suçant le jus; elles se 
sont retirées ensuite et ont marché très lentement vers la fleur de 
Gentiane, sur laquelle elles se sont reposées jusque vers 3 heures 
de l’après-midi. Une des chenilles à expulsé une crotte molle 
pendant la période de repos. Dans l’après-midi, la chenille la 
plus grosse a encore bu. 

Vers le soir, les deux chenilles semblaient agitées; elles mar- 
chaient aussi rapidement que possible, filant une bien petite quan- 
tité de soie sur leur passage, pas toujours suffisante pour les 
empêcher de glisser sur le verre du tube où Je les élevais; le 
liquide écoulé des larves et des nymphes s’était figé et elles 
se promenaient dessus et sur les nymphes sans s’y arrêter; elles 
ont dû continuer à marcher toute la nuit, puisqu’à 11 heures, 
elles n'étaient pas au repos et à 7 heures du matin elles se pro- 
menaient encore; ce n’est qu’à 2 heures de l'après-midi, le 16 sep- 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 409 
tembre, que je leur ai donné une provision fraiche de nymphes 
blessées, et, à ce moment-là, elles étaient très agitées; elles ont 
beaucoup bu, et une chenille s’est véritablement gonflée de 
liquide; pendant qu’elle buvait encore, elle a évacué une petite 
crotte très molle, presque incolore, semblable à une gouttelette 
d’eau sale. Après le repas, les chenilles étaient très calmes; elles 
se sont reposées pendant quelques heures, presque sans mouve- 
vement, à côté des nymphes. Je trouve qu’il est nécessaire de leur 
fournir des nymphes fraîches tous les jours; car les nymphes 
blessées se dessèchent assez vite et perdent leur attrait pour les 
chenilles. 

La chenille ne paraît pas pouvoir entamer elle-même les 
nymphes et les larves de fourmi; le plus souvent, elle n’essaie 
même pas de le faire; peut-être, chez la fournn de l’Espèce qui 
la reçoit chez elle, les larves sont-elles encore plus tendres que 
dans les Espèces A et D. Les fourmis lui donnent-elles la même 
nourriture qu’elles fournissent à leurs propres larves, ou bien 
entament-elles ces larves pour alimenter la chenille ? Cette der- 
nière hypothèse ne semble guère possible. En tout cas, la chenille 
paraît bien plus disposée à sucer qu’à mordre. 

La chenille la plus grosse qui, depuis quatre jours, vit de 
nymphes et de larves de la fourmi À, a maintenant cinq milli- 
mètres de longueur, au repos, la tête étant rentrée sous le pro- 
thorax ; les segments abdominaux sont assez distendus et la peau 
intersegmentale est d’un rouge plus dilué que la surface dorsale 
des segments mêmes; la surface ventrale est d’un rouge vineux 
pâle; par transparence, on voit bien que la chenille est remplie 
d’un fluide incolore ou à peu près; les courts poils d’un brun 
doré sont très nombreux. 


Rennes, 16 septembre 1917. 


HAROLD PONERE: 


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Détermination spécifique des Fourmis 
dont il a été fait mention dans les observations 


concernant la LYCAENA ALCON 


Grâce à la parfaite obligeance du D’ T. A. Chapman, et à la 
compétence de M. Horace Donisthorpe, l’Entomologiste anglais 
spécialiste en fourmis, demeurant à Putney Hill, London $. W, 
nous pouvons, sans plus attendre, faire connaître les noms spéci- 
fiques de toutes les fourmis trouvées sur les landes de Monterfil 
et de Laillé et dont la référence est indiquée par les lettres À, B, 
C, À bis, D, E et F, au cours des notes presque journalières écrites 
par M. Harold Powell et ci-dessus reproduites. 

Nous pouvons ajouter, comme témoignage de la similitude 
entre certains points de la faune entomologique armoricaine et 
anglaise, la phrase suivante que nous relevons sur la lettre de 
M. Donisthorpe, datée du 16 septembre 1917 et adressée à 
M. Chapman qui nous l’a communiquée : « The Ants might 
have come from the New-Forest and are of no particular 
interest ». 

Que les fourmis d’Ille-et-Vilaine, en tant que fourmis, n’offrent 
pas, par elles-mêmes, un intérêt particulier, nous l’admettons 
volontiers; mais par le fait que les fourmis de Monterfil sont 
semblables aux fourmis de la célèbre localité entomologique 
anglaise : New-Forest, 1l en découle pour nous une observation 
que nous ne négligeons pas. La Zycaena Arion, d’une même 
morphe, habite encore en Angleterre et en Bretagne armoricaine, 
avec la même espèce de fourmi. 

La même Gentiana Pneumonanthe se rencontre aussi en cer- 
tains cantons des deux pays; la fourmi spéciale à Zycaena Alcon 


412 L'ÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





vit en Angleterre aussi bien qu’en Bretagne; mais le papillon 
que la culture de la terre n’a pas jusqu'ici fait disparaitre de la 
Bretagne armoricaine, n’existe pas aujourd’hui en Angleterre, 
bien que les conditions pour la vie de ce Lépidoptère semblent 
s'être maintenues en Grande-Bretagne. 

Peut-être Zycaena Alcon a-t-elle vécu en Angleterre autrefois, 
avec bien d’autres Espèces aujourd’hui disparues des Iles Bri- 
tanniques, Jorsque la terre n’y était pas cultivée avec autant 
d'intensité que depuis les temps modernes, et avant qu’il n’y ait 
eu en Grande-Bretagne des Entomologistes formant des collec- 
tions, étudiant les Papillons et s'intéressant à l’inventaire des 
Espèces de la faune insulaire, c’est-à-dire avant le XVIIT° siècle ? 

En tout cas, on pourrait maintenant essayer d’ensemencer la 
Lycaena Alcon dans les localités anglaises où pousse la Gentiana 
Pneumonanthe; peut-être arriverait-on ainsi à voir l’Espèce se 
reproduire librement en Grande-Bretagne et y vivre comme chez 
nous où elle est localisée, suivant les gisements de la plante indis- 
pensable à l’existence de la chenille durant ses premiers stades. 

M. Harold Powell et moi, nous sommes tout disposés à aider 
de tout notre concours les Entomologistes anglais qui désire- 
raient tenter l’expérience. 

Pour en revenir à la détermination des Fourmis, je transcris 
textuellement, comme suit, la demande de renseignements for- 
mulée par M. Harold Powell qui nous est revenue avec la réponse 
de M. Donisthorpe. 


« Ants in alcohol (tubes). 


À — The common Ant, that makes big nests. 
Formica rufa, 1. 


B — Common on the moors where Aegon and Armoricana live; 
it is probably the same species as the one I have 
marked D ? 


Formica fusca v. glebaria, Nyl. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 413 


C —— Ants taken from a nest around which many A7oricana 
were flying. 
Acanthomyops (Donisthorpea) alienus Fôürst. 


À bis. Common on the Arworicana moors. This is the Ant which 
attended Ayrmoricana larvae in captivity. An A/con 
larva placed in a tube containing these Ants was killed 
by them at once. 

Acanthomyops (Donisthorpea) niger, L. 


D 





Nests fairly numerous on the moors where A/con flies. 
Have seen Gentians bearing Alcon eggs growing close 
to a nest. Probably same Species as B ? 

Formica fusca v. glebaria, Nyl. 


E — This is the species which carried off the A/con larva on 
the moor. I could not find the nest. 
T'etramorium caespitum, L. 


F — Small nests found on the A/cox moor close to several 
Gentian plants bearing many A/con eggs. Appears to 
be rather nearly allied to E ? 

Myrmica Scabrinodis. Nyl. » 


Depuis le 16 septembre 1917, dernier jour où M. Harold 
Powell avait noté les circonstances biologiques de la vie larvaire 
de Zycaena Alcon, rapportées dans les pages précédentes 303- 
400, les observations qui ont été continuées ont de nouveau été 
relatées, au fur et à mesure des événements, comme on le lira 
plus loin. J'ajoute donc à la publication du premier manuscrit 
concernant Zycaena Alcon, les notes suivantes que M. Powell 
a relevées aussi soigneusement que les premières. Elles terminent, 
pour cette année, ce que nous avons réussi à apprendre de la 
biologie de Zycaena Alcon. 


Rennes, 24 septembre 1017. 


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Dernières observations 
concernant Ja Chenillke de LYCAENA ALCON 


et Résumé de nos connaissances actuelles 


(22 Septembre 1917) 


20 septembre 1917. —- Les deux chenilles qui vivent, depuis 
une huitaine de jours, au moyen du jus des larves et des nymphes 
de la fourmi À, se portent très bien en ce moment. La plus grosse 
a maintenant un peu plus de © m. 005 de longueur, tête non com- 
prise. Je leur donne une provision de quatre ou cinq larves ou 
nymphes que j'ai blessées, tous les matins; la provision de 
nymphes de la veille est toujours assez sèche, lorsque J’ouvre le 
tube, le matin, et je trouve les chenilles agitées, marchant aussi 
vite qu’elles le peuvent, dans le tube. Elles se sont parfaitement 
accoutumées à se nourrir des nymphes de la fourmi À, quoiqu'il 
me paraît très probable que cette fournu n’a aucun commerce avec 
la chenille d’A/con, sur la lande. Ce sont les nymphes récemment 
formées et les larves qui conviennent le mieux aux chenilles; 
il m'est arrivé de leur donner des nymphes assez avancées et bru- 
nissant déjà un peu; en goûtant le jus sortant du corps de ces 
nymphes avancées, la chenille cesse de sucer et retire sa tête 
complètement dans le segment prothoracique ; elle reste ainsi 
longtemps immobile, mais elle se décide généralement à revenir 
au jus. Quand les cheniiles sont mises en présence de larves ou 
de nymphes formées depuis peu, elles sucent avidement le liquide 
s’écoulant des blessures, et sans hésitation. Il est possible que 
les nymphes avancées contiennent une dose d’acide formique un 
peu trop forte pour les chenilles. 


416 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Quant aux chenilles plus récemment devenues carnivores, 
quatre sont bien vivantes et je les vois se nourrir chaque matin 
du liquide des larves et nymphes de la fourmi À; une de ces 
chenilles s’accoutume mieux que les trois autres à sa nouvelle 
nourriture et 1l est évident qu’elle en profite; les trois autres 
restent peu de temps à boire le liquide et se remettent vite à 
voyager dans le tube. 





21 seplembre. — J'ai trouvé une des quatre dernières chenilles 
morte ce matin; les trois autres de cette série vont bien; l’indi- 
vidu le plus avancé paraît très sain et vigoureux. 

Les deux chenilles de la première série progressent d’une façon 
satisfaisante ; J'ai pu mesurer la plus grande, ce matin, au 
moment où elle marchait lentement ; elle a Oo m. 0055 de longueur, 
y compris une partie seulement de la tête, celle-ci n'étant pas 
complètement sortie du segment prothoracique. Ces deux che- 
milles ont maintenant une coloration rose plutôt que rouge, à 
cause de la distension des segments et de la quantité de liquide 
blanchâtre que renferme leur corps. Vers la fin d’un repas, elles 
évacuent, presque toujours, une gouttelette d’un fluide blanc sale 
ou un peu brunâtre ; quelque temps après le repas, une autre 
gouttelette est parfois expulsée. La peau est luisante, piquée de 
très nombreux points noirs visibles seulement à la loupe; la tête 
est d’un noir brunâtre, à surface brillante; les poils du corps, 
assez nombreux, sont courts et d’un brun clair. Les chenilles ne 
cherchent plus à mordre dans les nymphes de la fourmi; el'es 
se contentent du liquide qui s’en écoule, après l’incision que Je 
pratique dans leur peau. 

Dans un des tubes contenant une fleur de Gentiane et des che- 
nilles d’Alcon rapportées de Laillé, j'ai remarqué, l’autre jour, 
que le nombre de chenilles diminuait ; en examinant la fleur, j'y 
ai trouvé une larve Syrplaide, presque incolore, de petite taille 
(elle avait environ © m. 005 de longueur lorsqu'elle marchait); 
par suite de sa transparence, j'ai pu voir que son tube digestif 
contenait une matière rouge de la teinte de la chenille d’A/cou. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 417 





Une chenille malade d’A/con, mise dans la fleur occupée par 
cette larve de Diptère, a été complètement vidée par elle. Cette 
Syrphide est donc un ennemi d’A/con; elle ne paraît pas être 
abondante. 

Pendant les recherches que nous faisions dans le but d’arriver 
à une connaissance des mœurs de la chenille d’A/con, nous 
tenions le D' Chapman au courant des observations faites et nous 
lui envoyions des chenilles pour lui permettre de chercher, de son 
côté, à éclaircir le mystère entourant la phase hivernante. Vu la 
grande connaissance des mœurs des chenilles Zycaenides, que 
possède le D' Chapman, et ayant en mémoire le beau succès qui 
a récompensé ses patientes et sagaces investigations relatives à 
la vie larvaire de la Zycaena Arion, Espèce voisine d’Alcon, 
nous ne pouvions mieux faire que de recourir à son expérience 
pour augmenter les chances de réussite dans les recherches entre- 
prises. 

À la réception, le 9 septembre, d’un envoi de chenilles qui iui 
sont arrivées dans leur troisième stade, le D° Chapman s’est 
empressé de construire deux nids d’observation pour recevoir les 
fourmis et leur couvée, ainsi que les chemilles d’A/con envoyées. 
La fourmi choisie pour ces essais était une Myrmica (La M. Sca- 
brinodis est l’Espèce avec laquelle vit la chenille d’A7ton). Le 
D' Chapman a pris la précaution d’envoyer quelques chenilles 
à M. Horace Donisthorpe et au Capitaine Purefoy, afin que ces 
Entomologistes puissent, de leur côté, tenter l’expérience. 

Voici quelques extraits de deux lettres du D' Chapman, datées 
du 16 et du 17 septembre respectivement : 


16 septembre. — « Mes deux nids contiennent chacun deux 
chenilles d’A/con vivant amicalement au milieu de la couvée et 
paraissant bien se porter, mais Je ne suis pas tout à fait certain 
qu’elles mangent. Toutes les autres sont mortes. 

Je pense que nous pouvons conclure, avec quelque confiance, 
qu’A/con hiverne avec les fourmis, mais non pas précisément 
dans les mêmes conditions que Z. A7ioz. Les chenilles sont dans 


418 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





un 3° stade très normal, tandis qu’A7zon était dans un 4° stade 
très anormal ; votre récit de la fourmi emportant la chenille 
coincide bien avec ce fait. J'espère que mes A/con continueront 
à vivre pendant quelque temps, mais mes nids sont tellement 
rudimentaires (makeschift) que je n’ai pas grand espoir de faire 
beaucoup avec eux... La biologie d’A/con ne peut être absolu- 
ment la même que celle d’A7zon; il paraît même possible que la 
chenille quitte les fourmis au printemps pour se nourrir ailleurs 
que dans le nid. » 


17 septembre. — « Je trouve, ce matin, que les deux plus 
grandes chenilles d’A/cox ont l’apparence d’avoir décidément 
augmenté de taille; elles mesurent © m. 0045 de longueur contre 
O m. 003 lorsqu'elles quittaient la plante. 

Je crois que ma fourmi est la MWyrmica Scabrinodis. 

La chenille d’A/con abandonne la plante dans le 3° stade... 
il n’y a pas de doute là-dessus. » 


En résumé, nous avons obtenu un certain nombre de chenilles 
de ZLycaena Alcon vivant, pendant leurs deux premiers stades, 
au détriment des organes intérieurs de la fleur de Gentiana Pneu- 
monanthe. 

La seconde mue étant accomplie, les chenilles de Zycaena 
Alcon ont généralement cessé de vouloir se nourrir au moyen de 
la fleur de la Gentiane. Elles ont accepté la nourriture animale 
que nous leur avons offerte et elles ont continué à s’en alimenter. 

Cependant nous ne croyons pas que les larves et nymphes de 
la Formica rufa, que nous avons offertes aux chenilles de Zycaena 
Alcon et que celles-ci ont acceptées, soient leur nourriture réelle 
en liberté. 

De plus, l’incision pratiquée par nos soins sur la peau de la 
nymphe de Formica rufa pour en faire écouler le jus, est un 
artifice évidemment contraire à ce qui se passe dans la libre 
Nature. 

Nous ignorons donc encore comment la chenille de Zycaena 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 419 


Alcon vit en liberté, à partir du troisième stade. Nous l’avons 
vue emporter par une fourmi. C'est là que commence le mystère. 
Nous pourrions émettre des hypothèses ; mais nous préférons 
nous abstenir d’aucune supposition et attendre, avant de reparler 
de la chenille de Zycaena Alcon, qu’une heureuse découverte 
nous mette en possession de la vérité, afin de pouvoir en informer 
les Entomologistes qui s'intéressent à cette question biologique, 
à notre avis Si curieuse. 

Cependant nous savons, à n’en pas douter, qu'après s’être 
nourrie de la fleur de Gentiane, exclusivement pendant ses deux 
premiers stades, la chenille de Zycaena Alcon meurt si elle n’a 
pas à sa disposition une alimentation animale. Celle que nous 
lui avons offerte et consistant en matières liquides qui s’épanchent 
de la peau incisée de la larve et de la nymphe de Formica rufa, 
a été et est encore parfaitement acceptée en captivité par les 
chenilles que nous continuons à élever et qui restent vivantes dans 
les tubes d’élevage, au nombre de cinq. Aujourd’hui, 22 sep- 
tembre 1917, elles n’ont pas encore achevé leur troisième stade; 
elles y sont depuis une dizaine de jours. 


HAROLD POWELL. 





Observations relatives 


à LYCAENA ARMORICANA 


MONTERFIL; Considérations générales, juillet 1917. — Sur 
la petite lande située à droite et le long du chemin vicinal dit : 
d’Iffendic et conduisant directement du bourg de Monterfil au 
lieu dit : les Quatre-Routes, nous avions noté, dans la première 
huitaine de juillet 1916, une station de Z. Armoricana où le 
papillon était assez abondant; même à cette époque un peu tar- 
dive, on pouvait y prendre, dans une matinée, une trentaine 
d'individus frais ou peu abîmés par le vol. Cette lande étant 
élevée et exposée aux vents du nord et nord-est, l’éclosion 
était moins précoce que sur la lande basse de la vallée de Grosse- 
Roche et Roc-Huel; cependant, nous avions capturé, en Juillet 
1916, quelques sujets fraîchement éclos dans cette dernière loca- 
lité. La première éclosion a commencé tard, en 1916, à cause du 
temps froid et humide du printemps et du début de l’été et elle 
s’est étendue sur une période un peu plus longue que d’habitude, 
pour la même raison. 

La lande au nord du Logis de Monterfhl, qui est traversée par 
le chemin conduisant vers Iffendic, se trouve être divisée en trois 
sections par le chemin en question et par un petit chemin rural 
qui s’embranche à gauche sur celui-ci et se dirige vers l’ouest- 
nord-ouest. La section la plus à l’ouest est b:rné:, à l’ouest, par 
le bois de Monterfil, et à l’est, par le chemin rural. Cette partie 
de la lande n’est pas très riche; il y croît des fougères (P/eris 
aquilina) et des ajoncs, mais assez peu de bruyères. La Zycaena 
Aegon y est abondante, Armortcana ne s’y trouve que très rare- 


ment et accidentellement ; elle ne vit pas ici. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 421 


La section centrale occupe l’angle formé par la route d’Iffendic 
et le chemin rural ; c’est un bout de lande très riche dans sa 
partie est et sud ; un peu sec autour d’une excroissance de rochers, 
vers le milieu. Il y a une plantation de pins maritimes dans la 
partie sud-est; ceux-ci sont jeunes encore. Aegon et Armoricana 
sont tous deux communs sur cette section; A7woricana ayant 
deux colonies dans la partie sud-est, où on remarque l’Ærica 
ciliaris; le Calluna vulgaris et l’'Erica cinerea abondent autour 
de la masse rocheuse centrale. 

La section orientale, à droite de ia route d’Iffendic, est une 
lande presque unie, avec une seule excroissance de rochers, près 
de la route. La végétation y est très dense : graminées, bruyères 
et ajoncs. On y remarque, en fait de bruyères, principalement 
l’Érica tetralix. Dans la partie centrale qui avoisine la route, se 
trouve une très belle colome de Z. Armoricana, tandis que 
L. Aegon se rencontre un peu partout dans la section. Quelques 
petites fourmilières ont été notées sous la végétation de cette 
section. 

C’est sur la lande ci-dessus décrite que les observations qui 
vont suivre ont été, en grande partie, faites, en 1917. Nous avons 
rencontré des colonies de Z. Ayrmoricana sur bien des landes, 
souvent peu étendues, des environs de Monterfhl et de Paimpont, 
dans la première huitaine de juillet 1917. L’éclosion se prolon- 
gera, cette année, Jusque vers le 15 juillet probablement, mais, 
déjà, les individus frais sont assez rares. La péri de couverte 
par la première éclosion d’Ayoricana est de cinq semaines 
environ. 

M. Oberthür a déjà fait remarquer que la Zycaena Armort- 
cana ne vit que dans les landes grasses où croît l’Æyzca ciliants; 
il est inutile de la chercher dans la lande sèche recouverte d’Ærzca 
cinerea et de Calluna vulgaris, d’ajoncs et de lichens, mais 
dépourvue de l’Ærica ciliaris. Nous avons souvent noté l’abcn- 
dance des papillons dans le voisinage immédiat de certaines 
grosses fourmilières; d' et Q se chauffant au soleil sur les tiges 
d'herbe du bord même de la fourmilière. 


28 


422 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Le centre d’une colonie, le pivot du vol, pour ainsi dire, paraît 
souvent être une de ces grandes fourmilières qu’on trouve assez 
fréquemment dans la lande. Tel est le cas pour une colonie 
d’'Armoricana établie au bord de la route vicinale conduisant 
vers Mordelles et, pour une autre, dans une lande au-dessous de 
la Grosse-Roche. Ce matin, 7 juillet, dans une lande grasse, non 
loin de l’étang de Paimpont, j'ai dérangé au moins une quinzaine 
d’exemplaires dont la majorité étaient des ©, posés, les ailes 
ouvertes, sur les tiges d'herbe et sur les petits ajoncs croissant 
autour d’une grande fourmilière; nulle part ailleurs, sur cette 
lande, il n’y avait une pareille affluence d’Arworicana. La © 
pond quelquefois, ainsi que j'ai pu le constater, tout près de ces 
nids de fourmis. 

Dans d’autres cas, on ne remarque pas de grandes fourmi- 
lières là où se trouve une colonie d’A7zzoricana, mais il est certain 
que les petits nids de fourmis d’autres Espèces existent dans 
le voisinage de la ponte, cachés le plus souvent par le tapis de 
bruyères et d’ajoncs. 

Les notes suivantes ont été écrites au fur et à mesure des 
observations faites sur la lande 


« 3 Juillet 1017; section centrale de la lande; 8 k. 50 du matin 
(heure nouvelle); soleil chaud; atmosphère peu limpide, après 
une nuit brumeuse et humide; brise sud-est presque nulle; herbe 
mouillée. Zycaena Armoricana et L. Aegon se chauffent au soleil, 
les ailes à moitié ou aux trois quarts ouvertes ; les papillons 
s’orientent de façon à recevoir les rayons solaires perpendicu- 
lairement à l’axe du corps; ils se trouvent donc inclinés, la tête 
généralement placée plus bas que le corps. Les papillons restent 
immobiles, mais on remarque de temps en temps le mouvement 
frottant des ailes inférieures commun aux Lycaenides; les ailes 
antérieures sont avancées, les inférieures ramenées en arrière, afin 
de découvrir autant que possible ces dernières, ce qui augmente 
la surface exposée au soleil; le corps est un peu relevé, surtout 


chez les ©. 


: LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 423 





Vers O9 h. 15, l’activité des papillons commence à se déve- 
lopper; les Œ volent un peu et butinent sur les fleurs de l’Æ£7zca 
cinerea; les Q ne volent que rarement encore; elles ouvrent leurs 
ailes au soleil, posées sur les branches d’ajonc ou de bruyère et 
semblent peu disposées à pondre, pour le moment. 


Din 25: rasta etiobsené de G\h. 15. 4.0/-h. 25,. une, © 
passée; elle a pris trois « bains de soleil » prolongés, interrompus 
par deux vols d’une durée d’environ 30 secondes chacun. Je l’ai 
vue ensuite voler et se poser plusieurs fois sur de courtes pousses 
de l’Ulex nanus, dans une partie de la lande qui a été coupée 
l’an dermier; elle n’a montré aucune velléité de pondre. 


De 9 h. 40 à 9 h. 55, J'ai gardé en observation une © fraîche 
qui avait certainement été fécondée; le soleil, derrière les nuages 
peu épais, ne se voyait guère, mais sa chaleur se faisait sentir. 
La © a passé une bonne partie de son temps à se chauffer, les 
ailes entre la moitié et les trois quarts ouvertes, posée sur l’extré- 
mité d’une branche d’ajonc; elle a visité trois grappes fleuries 
d’Ærica cinerea et une d’Æ. ciliaris; pendant qu’elle butinait, elle 
tenait les ailes complètement fermées, faisant, de temps en 
temps, légèrement frotter les inférieures contre les supérieures ; 
elle s’arrêtait environ une minute à chaque fleur, quelquefois 
davantage; à 10 h. 5, elle butinait toujours, les ailes fermées; 
le soleil, à ce moment, était plus dégagé. 


À 10 h. 20, je notais : Soleil très fort; les Q d’A7rmoricana, 
au repos, ouvrent à peine leurs ailes; cependant, une Q un peu 
passée, que je vois en train de butiner sur les bruyères, tient ses 
ailes entr’ouvertes, au contraire de ce que j'avais observé pour 


la © fraiche. 


À 10 h. 25 : Depuis cinq minutes, je garde à vue une grosse Q 
fraîche ; elle est très vigoureuse et fait vivement frotter les ailes 
inférieures contre les supérieures; elle vient de faire un vol assez 
prolongé; maintenant, elle est posée de nouveau sur une petite 
branche d’ajonc, la tête en bas, les ailes entr’ouvertes au soleil. 


424 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





À 10 h. 27, la Q s’envole et voltige autour d’un petit buisson 
d’ajonc; elle a l’air de chercher une place pour pondre; elle 
s'arrête sur une pousse nouvelle et se promène dessus en descen- 
dant le long de la tige, tâtant avec ses antennes; ses ailes sont 
légèrement entr’ouvertes; elle rencontre un brin d’Æytca cinerea 
en contact avec l’ajonc, grimpe dessus, l’abdomen étant forte- 
ment recourbé, pendant que son extrémité fouille le long de la 
tige et entre les feuilles; enfin, elle s'arrête et, pressant la pointe 
de l’abdomen contre la tige, elle pond son œuf; 1l est 10 h. 30. 
Aussitôt après, l’abdomen reprend la position habituelle, la Q 
se retourne, remonte au sommet de la petite branche et, au bout 
de 2 ou 3 secondes, elle s'envole. J’ai coupé aussitôt la branche 
de bruyère portant l’œuf; celui-ci, au moment de la ponte, est 
de couleur verte, mais 1l blanchit très rapidement au contact de 
l'air; 1l faut environ une demi-minute pour qu’il prenne la teinte 
blanche légèrement verdätre définitive; la modification de la colo- 
ration est due à l’asséchement du réseau surélevé formé par les 
cloisons des cellules, qui blanchit, tandis que la véritable surface 
de l’œuf conserve une teinte verte. J'ai remarqué une petite fourmi 
brune se promenant sur l’ajonc, mais je n’ai pas vu de fourmilière 
dans le voisinage. Je n’ai pas eu de peine à retrouver la © ; elle 
se reposait sur un brin de bruyère, les ailes entr ouvertes; 1l vint 
à passer un d'; elle a aussitôt fermé ses ailes en faisant tomber 
les supérieures entre les inférieures, de façon à faire dépasser 
un peu la marge costale de ces dernières; le O' ne l’aperçut pas 
et dès qu'il se fut éloigné, la Q a redressé et réouvert ses ailes; 
J'ai vu la même chose se répéter plusieurs fois, pour cette Q et 
pour d’autres. Parfois, pendant que la Q volait, un O' arrivait 
et, volant rapidement autour d’elle, cherchait à la faire se poser; 
elle résistait toujours, mais, à la longue, le G' réussissait, le plus 
souvent, à la faire se poser; alors, Cet Q faisaient rapidement 
vibrer leurs ailes ouvertes, le © cherchant à se mettre à cô':é de 
la ©, mais celle-ci, relevant son abdomen, lui présentait toujours 
la tête, et, dans peu de temps, s’apercevant que ses attentions 
étaient inutiles, le s’en allait. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 425 


Le second œuf que j'ai vu pondre par la même © a été déposé 
sur une courte pousse de l’UZex nanus faisant partie d’une petite 
touffe n’ayant guère que trois centimètres de hauteur, dans la 
partie de la lande coupée l’an dernier. 

Un troisième œuf fut pondu, après un nouveau vol et une 
période de repos, également sur une bien petite touffe de la 
même plante. Ensuite, la © est allée se poser sur les fleurs 
d’Ærica cinerea; elle a passé cinq ou six minutes sur la grappe 
fleurie, visitant les fleurs et pompant le nectar. Son repas ter- 
miné, elle a recomnencé à pondre; à 11 heures, c’est-à-dire dans 
l’espace d’une demi-heure, elle avait pondu en tout cinq œufs. 
J'ai vu pondre deux autres © un peu plus tard ; toutes deux ont 
placé leurs œufs sur l’UZex nanus, sauf dans un cas où l’œuf a 
été déposé sur le bois d’un buisson de l’U/ex europaeus; elles 
descendaient toujours le long des tiges pour choisir l’emplace- 
ment et elles apportaient un soin considérable à déposer l’œuf 
dans une situation abritée, sur la surface intérieure d’une épine, 
par exemple, ou sur la tige, près de la base d’une épine protec- 
trice. L’œuf que j'ai vu placer sur une tige d’Æyrzca cinerea y a 
été pondu, je crois, tout simplement parce que cette tige <e trou- 
vait en contact avec l’ajonc; c’est bien l’ajonc et non pas l’Æ7zca 
qui avait attiré la ©, en premier lieu. 

Lorsqu'une Q vierge est rencontrée au vol par un ©, elle se 
pose presque aussitôt sur une tige voisine, ferme ses ailes et ne 
relève pas l’abdomen; l’accouplement a lieu immédiatement; 
pendant sa durée, les ailes demeurent fermées; les papillons 
accouplés ne restent pas très longtemps absolument immobiles ; 
- ils tournent autour de la tige ou de la grappe de fleurs sur la- 
quelle ils se trouvent et c’est la Q qui paraît la plus inquiète 
des deux. Si on les dérange, le C' s’envole portant la © qui pend, 
les ailes fermées. J’ai observé cette dernière habitude chez Aegon 
également et je pense qu’elle est commune à tous les Zycaena. 

J'ai rapporté, à la maison, trois Q vivantes, en état assez frais; 
nous les avons installées sur deux petits plants d’Ulex nanus 
en pot, avec quelques tiges fleuries de bruyère, le tout recouvert 


426 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





d’une cloche de mousseline. Au sommet de la cloche, on a placé 
un morceau de sucre mouillé, pour varier leur nourriture. Les 
trois © ont pondu le lendemain matin et les jours suivants; elles 
ne pondent que pendant les heures les plus chaudes de la journée 
et lorsqu'il fait soleil seulement. Dans l’après-midi du 6 juillet, 
J'ai compté environ 50 œufs pondus par ces trois © qui sont 
encore bien vivantes quoique défraichies; 22 œufs se trouvaient 
sur la bruyère, le reste sur l’ajonc. Pour avoir une idée du nombre 
d'œufs que pouvait pondre une Q, j'ai ouvert l’abdomen d’une Q 
fraîche qui n’avait pas dû pondre encore ou, en tout cas, très peu; 
je n’ai pu compter que 24 œufs; ceux près de l’oviducte étaient 
bien formés, mais ceux qui se trouvaient plus haut étaient mous 
et glabres, le réseau celiulaire n’étant pas encore élaboré. 

La première chenille est éclose dans la matinée du 9 juillet, 
mais l’œuf dont elle est sortie n’était pas un de ceux que j'ai 
vus pondre le 3 juillet; c'était un œuf que j'avais trouvé, ce 
jour-là, sur un brin d’ajonc qui avait reçu la visite d’une © 
désireuse de pondre et que J’observais; lorsque j'ai examiné le 
brin, immédiatement après le départ de la ©, J'ai trouvé un œuf 
déja blanc; j'ai conclu que cet œuf n’avait pas été pondu par 
la Q qui venait de s'envoler. S’était-elle aperçue de la présence 
de l’œuf sur le brin d’ajonc et, pour cette raison, n’a-t-elle pas 
voulu y déposer le sien? I] est vrai qu’en captivité les Q pondent 
plusieurs œufs sur la même petite branche d’ajonc, ou de bruyère 
contiguë à l’ajonc, mais, dans ce cas, elles n’ont pas de choix. 
La confirmation de mon opinion que l’œuf en question n'avait 
pas été pondu le 3 juillet, est fournie par l’éclosion de la chenille 
Je 9 juillet, alors que les œufs que J'ai actuellement vus pondre 
le 3 juillet, n'avaient pas encore changé de teinte et ne parais- 
saient pas prêts à éclore. 


Le 19 juillet, j'ai noté ce qui suit 


« Treize des œufs pondus en captivité, entre le 4 et le 6 juillet, 
Monterfl, ont donné leurs chenilles ce matin, entre 7 h. 1/2 et 


à 
9 heures. Il y a environ trois jours que la couleur de la coque de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 427 





ces œufs est devenue d’un gris pale en remplacement du vert 
tendre, quoique le treillis surélevé formé par les cloisons des 
cellules et les points saillants de leurs angles soit resté d’un 
blanc pur. Il est possible que, dans la Nature, les œufs eussent 
éclos plus tôt; je les avais gardés dans des tubes en verre bouchés 
au coton hydrophile. » 


25 juillet : « Un grand nombre d’œufs pondus en captivité, 
vers le 8-10 juillet, a été laissé sur les plants, au grand air; une 
soixantaine d'œufs, pondus à la même époque, ont été gardés 
dans des tubes bouchés au coton; je remarque, aujourd’hui, que 
bien peu de ces derniers sont éclos encore, mais presque tous 
montrent, par la couleur grisâtre de la coque, que la chenille est 
formée; quant aux œufs laissés au grand air, j'estime qu'il y a 
environ un quart d’éclos; mais, chez ceux qui restent encore à 
éclore, la chenille se trouve formée. Les chenilles écloses sur les 
plants exposés au grand air se promènent sur la terre dans le 
pot et sur la cloche de mousseline; les plants ne reprenant pas 
vite en pot, ils ne fournissent pas une nourriture assez tendre et 
succulente pour les petites chenilles, dont quelques-unes sont 
mortes déja; pour celles élevées en tubes de verre et pourvues 
de jeunes pousses d’ajonc, tout va bien. » 


L’œuf destiné à donner une chenille qui grandira pendant 
l’été éclôt au bout de 12 à 15 jours, si on le garde à la maison; 
il éclôt peut-être un peu plus tard s'il est laissé sur la lande. 
Mais tous les œufs n’éclosent pas au bout de 15 Jours, quoique 
la chenille soit, alors, formée dans tous les cas; ceux qui n’avaient 
pas donné leur chenille 20 jours après la ponte —— plus des deux 
tiers se trouvaient dans ce cas — ne sont pas éclos encore (14 sep- 
tembre). 

Les questions suivantes sont donc soulevées : Est-ce qu’une 
partie des œufs pondus par les © de la première génération, 
hiverne, la chenille contenue étant complètement formée? Est-ce 
qu'une partie des chenilles issues de la première génération et 


428 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








écloses en été, hiverne, les chenilles étant pleinement développées 
ou dans l’un des stades qui précèdent cet état? À ces questions 
il n’est pas possible de répondre définitivement, pour le moment ; 
mais Je pense que la réponse à la première question sera 041; 
Je constate, en effet, que les œufs pondus en juillet et non éclos 
encore, contiennent des chenilles bien formées et paraissant être 
vivantes; J'ai ouvert plusieurs de ces œufs vers la fin du mois 
d’août et d’autres encore, en septembre; malheureusement, je n’ai 
pu réussir cette opération une seule fois sans blesser la chenille; 
celle-ci, retirée de la coque, ne remuait plus ; de ses blessures 
s’écoulait un liquide vert pâle ou vert jaunâtre, comme celui que 
fournirait une chemille vivante et non pas une chenille morte 
depuis près de deux mois ; les chenilles étaient dodues et ne 
montraient pas trace de décomposition ou de desséchement, mais 
Je ne leur ai vu faire aucun mouvement. Ce n’est qu’au printemps 
prochain que nous pourrons savoir si réellement la chenille A7#o- 
ricana hiverne dans l'œuf. Si cela arrive pour une grande partie 
des œufs de la première génération, il est bien probable que tous 
les œufs de la seconde génération hivernent. D'autre part, toutes 
les chenilles écloses en juillet et que j'ai pu élever en tubes, ont 
montré une tendance à se développer rapidement au début. Sur 
15 chenilles traitées de cette façon, 5 ont été sacrifiées pour les 
préparations, 1 est morte accidentellement dans le second stade, 
1 est morte dans le troisième stade, 3 sont mortes à la fin du 
dernier (quatrième) stade, 1 est morte en chrysalide, au moment 
de la maturation de l’imago, et 3 ont formé des chrysalides qui 
ne tarderont pas beaucoup à éclore, je pense. Il me reste une 
seule chenille, éclose le 22 Juillet et ayant mué, pour la première 
fois, le 2 août, pour la seconde fois, le 31 août; elle est donc 
dans le troisième stade et se trouve fort en retard sur les autres; 
elle grandit lentement et je me demande si elle va continuer à 
évoluer ou bien s1 elle se décidera à hiverner. 


La seconde éclosion d’Ayzoricana, bien moins abondante que 


la première, a commencé le 20 août, cette année, date à laquelle 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 429 





on a pris les deux premiers papillons sur la lande d’observation; 
du 31 août au 3 septembre, nous avons capturé un très petit 
nombre de sujets frais, sur la lande d’observation et sur la lande 
des Grêles, près Treffendel; mais nous avons remarqué un plus 
grand nombre de sujets passés; cependant, l’éclosion n’est pas 
encore terminée, puisque nous attendons encore celle des chrysa- 
lides formées en captivité et que nous avons constaté, l’an der- 
nier, que les papillons frais se rencontraient, par exemplaires 
isolés, jusque fort avant dans le mois d’octobre. La chenille 
retardataire pourrait donc fournir un imago d’automne ; elle 
n’était, d’ailleurs, pas la seule à évoluer lentement, à partir de 
la première mue; une autre que Je possédais et que J'ai tuée acci- 
dentellement, le 10 septembre, se trouvait encore dans le second 
stade, près de la deuxième mue. Se serait-elle chrysalidée à temps 
pour donner un papillon d’automne, ou bien aurait-elle hiverné? 


Aegon, Espèce voisine d’Aoricana, n’a qu’une seule géné- 
ration par.an; aucun des œufs que J'ai obtenus des Q d’Acgon, 
en Juillet dernier, n’est éclos encore, quoique, à en juger par leur 
apparence, les chenilles qu’ils contiennent aient été complètement 
formées une quinzaine de jours après la ponte. Il a été constaté 
par le D' Chapman, M. Wood et d’autres, que chez Aegon, c’est 
l’œuf qui hiverne, la chenille contenue étant complètement formée 


une quinzaine de jours après la ponte mais n’éclosant que vers 


la fin de l’hiver. 


Le 17 septembre, trois © écloses depuis peu de Jours ont été 
capturées sur la lande d’observation, ainsi que trois GO dont 
un seul très frais. Deux des © ont été installées sur un plant 
d’ajonc en pot, le jour même de leur capture, et nous espérons 
en obtenir des œufs. La chenille de la Zycaena Armoricana 
réussit merveilleusement bien à se cacher, dans la libre Nature. 
Hervé Oberthiir et moi-même, nous avons passé des demi-journée; 
entières à la chercher sur les Ulex nanus et les U. Europaeus 
dans la lande où nous avions vu pondre les Q au mois de juillet. 


430 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Nous ne l’avons Jamais trouvée, quoique en la cherchant nous 
obtenions très souvent la chemille de Celastrina Argiolus et par- 
fois celle d’ÆEveres Argiades (Amyntas), dans les boutons et les 
fleurs de l’U. anus, en août et en septembre. À propos de 
C. Argiolus, nous étions assez étonnés de voir fréquemment sa 
chenille sur des fleurs entourées de la toile d’une petite araignée 
qui établit souvent son réseau sur les pousses fleuries de 
l’'U. nanus ; la chenille d’Aygtolus ne paraissait nullement 
incommodée par la présence de l’araignée et de ses toiles; quant 
a l’araignée, elle ne s’occupait pas de la chenille. 


Pour revenir à la chenille de ZL. Armoricana : En tenant 
compte de la façon dont la chenille, en captivité, coupe les épines 
a leur base, nous comptions pouvoir la trouver sans trop de 
difficulté, à l’état libre, en nous servant de cette indication; on 
pouvait croire que les épines coupées ne tomberaient pas toutes, 
mais que quelques-unes, au moins, resteraient prises entre les 
pointes des épines voisines et se dessécheraient; il arrive assez 
souvent, même, que l’épine ne se trouve pas complètement sec- 
tionnée, alors, elle se dessèche en place, plus ou moins penchée. 

Nous n’avons, cependant, jamais noté, sur la lande, une trace 
de travail de ce genre bien semblable à celui que faisait la che- 
nille captive, et que l’on pouvait, sans crainte de se tromper, 
attribuer à la chenille d’Aymoricana. Parfois, c'était toute la 
partie terminale de la pousse qui se trouvait desséchée, la tige 
étant évidée sur une petite longueur par la chenille mineuse 
d’un micro, ou bien les épines se trouvaient coupées trop loin de 
la base pour indiquer le travail d’une chenille d'Armoricana. 
Jamais ces blessures de la plante ne nous ont amenés à la décou- 
verte de la chenille, D'autre part, la chemille étant myrmécophile 
a partir de la seconde mue, nous espérions que la présence de 
fourmis satellites aiderait dans nos recherches; la présence des 
chenilles de Z. Argus a été révélée plus d’une fois par les fourmis 
qui l’accompagnaient. — Huebner mentionne les chenilles comme 
étant entourées d’une armée de fourmis et le D' Chapman écrit 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 431 





dans « The Entomologists Monthly Magazine », 2° série, 
Vol. XXV, janvier 1914, p. 24, au sujet de Plebeius Argyro- 
gnomon (Argus) : 

« The larvae themselves on the plant, some ten to twenty 
inches from the ground, would have been very inconspicuous, 
but each was easily found by its being attended by several black 
ants (Formica fusca?), which made an easily seen black point. » 


Traduction 


« Les chenilles sur la plante, qui se tenaient à une hauteur 
de 10 à 20 pouces (25 à 5G cm. environ) au-dessus du sol, auraient 
été très peu visibles elles-mêmes, mais chacune d’elles a été faci- 
lement trouvée parce qu'elle était accompagnée par plusieurs 
fourmis noires (Æormica fusca ?) qui frent un point noir facile 
à voir. » 

De mon côté, j'ai trouvé plus d’une fois, sans difficulté, la 
chenille de Zycaena Melanops à cause des fourmis qui l’entou- 
ralent et qui montaient sur son dos. 

Mais, pour A7moricana, les fourmis ne nous ont pas rendu ce 
service; nous en voyions bien souvent sur les ajoncs; seulement 
c'était les pucerons qui les attiraient et non pas les chenilles de 
Lycaena Armoricana. Nous examinions plus spécialement les 
ajoncs dans les endroits mêmes où J'avais vu pondre des ©, sur 
la lande d’observation et dans le voisinage immédiat d’un grand 
nid de la fourmi À, à droite de la route de Mordelles:; nous 
écartions les épines de chaque tige avec soin, pour tâcher de 
découvrir les chenilles moins avancées, qui pouvaient être cachées 
vers leur base. Il existe, à l’ouest du Logis de Monterfil, une 
petite lande très riche, habitée par Arwmoricana; de nombreux 
nids de la fourmi À bzs (celle qui s’est attachée à la chenille, en 
captivité) se trouvent dans cette lande, étroitement entourés de 
plants de l’ajonc nain, mais, n1 sur les ajoncs ni sur ou dans les 
fourmilhières, aucune chenille n’a été découverte. 

Il est certain que les chenilles ont bien des facilités pour se 
cacher parmi une végétation aussi épaisse que celle des landes 


432 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





grasses, et elles doivent être plus difficiles à trouver en été qu’au 
printemps, parce qu’elles sont moins nombreuses. Au printemps, 
leur nombre est, vraisemblablement, bien plus élevé, puisque les 
deux tiers, environ, de la progéniture de la première éclosion, 
ainsi que toute celle de la seconde éclosion, dcivent passer l’hiver 
et, naturellement, les chemilles grandissent ensemble au prin- 


temps. 


Le D' Chapman, dans son très intéressant article sur A7gyro- 
gnomon (Argus), mentionné précédemment, émet l’hypothèse, 
basée sur des observations très Judicieuses, que les fourmis 
recherchent les Jeunes chenilles, les emportent et les réunissent 
sur des plantes favorablement placées. Il à trouvé les chenilles 
sur des petits groupes de plants de Sainfoin, à raison d’une 
demi-douzaine, ou davantage, de chenilles par plant; ces groupes 
de plants habités par les chenilles étaient entourés d’autres plants 
de Sainfoin qui ne montraient pas trace de la chenille; les plants 
« affectés » poussaient dans du sable grossier, tandis que ceux 
« non affectés » se trouvaient entourés d’une végétation assez 
épaisse, composée largement de mousse, ce qui donnait au sol 
une surface verte et ume; les investigations du D' Chapman lui 
ont démontré que le sable grossier entourant la base des plants 
occupés par les chenilles, avait été amené à la surface par les 
fourmis (F'ormica fusca) et par elles distribué autour des plants. 
À deux occasions, une fourmi a été aperçue en train d’emporter, 
ou d’essayer d’emporter, une chenille bien plus grande qu’elle- 
même; dans un de ces cas, le plant ayant été secoué, la fourmi 
a essayé de tirer la chenille sous la terre et elle y a réussi jusqu’à 
un certain point; elle employait à peu près le procédé qu’on 
remarque chez les fourmis lorsque leur nid a été dérangé et 
qu'elles veulent cacher leurs propres larves ou nymphes. Dans 
l’autre cas, une fourmi trainait une chenille le long d’une tige 
de feuille, sur un plant qui n’avait pas été touché. 

Le D' Chapman a remarqué que les chenilles se tenaient, le 
plus souvent, sur la tige, tout près de la racine, mais qu’on les 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 433 


trouvait, quelquefois, sur les feuilles; un bon nombre de che- 
nilles, près de la racine, étaient recouvertes par le matériel désa- 
grégé empilé par les fourmis. Il a trouvé deux chrysalides bien 
enterrées sous le même matériel, dont une dans une véritable 
cavité contenant, outre la chrysalide, quelques fourmis et deux 
chenilles d’'Argyrognomon à moitié adultes. Dans la même loca- 
lité (le Val Veni, au-dessus de Courmayeur,, le D' Chapman a 
pris des chenilles d’Argyrognomon (Argus), mais en petit nombre 
seulement, sur l’Aelianthemum, sur un Ax/hyllis et aussi sur 
Hippocrepis. 

Il est possible que la chenille de Z. Armortcana ait des mœurs 
semblables à celles d’'Argus (Argyrognomon); son absence appa- 
rente sur les ajoncs, où les mâles avaient certainement pondu, 
pourrait même être considérée comme appuyant l’hypothèse du 
D' Chapman relative à l’intervention de la fourmi, dans le jeune 
âge de la chenille d’'Argyrognomon (Argus). Malheureusement, 
nous n’avons pas réussi, cet été, à trouver des colonies de che- 
nilles sur la lande, pas plus que des individus isolés. Nous ne 
connaissons que la chenille captive dont on trouvera, plus loin, 
la description des caractères et mœurs. 

Il est certain, d’après les descriptions et les figures de la che- 
nille dans son dernier stade, données par le D' Chapman, que 
les larves d’Argus (Argyrognomon) et d’'Armoricana sont très 
voisines. Ce biologiste a remarqué une grande variété dans la 
coloration et l’intensité des dessins chez les chenilles d’A7gus, 
dont il avait récolté un nombre important. la variation était, au 
contraire, très limitée chez les chenilles d’Arworicana que j'ai 
élevées cet été, mais, 1l faut tenir compte du fait que je ne pos- 
sédais qu’un nombre relativement petit d'individus; c’est aux 
chenilles figurées sous les n° 1, 2 et 4 de la PI. 1 de l’Entomo- 
lLogists Monthly Magazine, janvier 1914, que les chenilles d’A7- 
moricana ressemblaient le plus. Certaines d’entre elles ressem- 
blaient beaucoup aux deux figures de la chenille d’Argus données 
par Freyer (Weuere Betträge, 1836). 

La chenille de Z. Argus est polyphage; Huebner la figure sur 


434 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 








le Melilotus ofhcinalis; Freyer sur le T'etragonolobus siliquosus; 
le D' Chapman l’a trouvée, en Carinthie, sur Vzcza lutea et, dans 
le Val Veni, sur l’Onobrychis, l'Helianthemum, V'Anthyllis et 
l’ÆHippocrepis; Seitz cite, comme plantes nourricières, le Lotier 
et autres Papilionacées, ainsi que les Bruyères 

Pour A7rmoricana, nous ne ccnnaissons encore, comme plantes 
nourricières, que les UZex nanus et Europaeus, dont les chenilles 
mangent, en captivité, la base des épines tendres et les fleurs. 
Je n’ai pas essayé de les nourrir avec de la Bruyère. Je n’ai vu 
qu'une seule fois une © libre pondre sur une Bruyère (Æyzca 
cinerea), mais, ainsi que je l’ai déjà dit, je crois qu’elle n’a 
choisi cette plante que parce qu’elle l’a trouvée au milieu d’une 
touffe d’ajonc. 

Le Dr Seitz dit que les fourmis qui gardent la chenille d’A7gws 
sont le Zasius niger et la Formica cinerea. 

Plusieurs auteurs ont observé la ceinture de soie qui maintient 
la chrysalide d'Argus; Freyer la représente, dans ses figures, 
d’une épaisseur qui me semble un peu exagérée; le D' Chapman 
dit, dans l’article précité : « La position des chrysalides est 
assurée par le cremaster et par une légère ceinture à travers le 
premier segment abdominal ». Armoricana, aussi, possède cette 
ceinture, mais Aegon ne l’a pas. Les auteurs qui ont observé et 
décrit la chrysalide d’Aegon semblent être d’accord sur ce point. 
Le D' Chapman dit {British Lepidoptera, J. W. Tutt, Vol. X, 
p. 222) : « .… Peu de soie est visible; quelquefois un fil errant 
ou deux est aperçu, mais ces fils isolés sont très loin de ressem- 
bler soit à un cocon soit à une ceinture. Au moment de la méta- 
morphose, la peau de la larve est complètement libérée et tombe; 
la chrysalide est attachée par le cremaster, mais si faiblement 


que le moindre dérangement la détache ». 


M. Frowhawk note, dans l’ouvrage de Tutt précité, p. 222 : 


« Les chenilles pleinement développées tissent quelques fhls 
de soie, réunissant autour d’elles quelques minces tiges, tout près 
du sol; ici elles se changent en chrysalides apparemment non 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 435 





attachées par les crochets anals, mais suspendues dans la toile 
de soie. » 

Dans le même ouvrage est enregistrée une observation de 
Buckler qui dit que les chenilles d’Aegon, qu’il éleva en 1868, 
s'étaient chrysalidées à la date du 24 juin ;: une d'elles était 
faiblement attachée à une tige d’'Ormi/hopus, par l'extrémité 
anale, et reposait, comme les autres, partiellement enterrée au 
milieu de quelques hls isolés, à ia base même des tiges. 

Nous nous trouvions souvent sur la lande au moment du 
coucher du soleil et nous avons noté que les Zycaena Armoricana 
et Aegon montraient une tendance à se réunir en groupes sur 
des tiges hautes de Graminées, pour passer la nuit. Pareil fait 
avait été observé, l’an dernier, à Brantôme (Dordogne), pour 
L. Corydon, et on le constate chez certains autres Lycaena éga- 
lement. Je ne pense pas que ces Zycaena ressentent le besoin de 
se mettre en compagnie; ils aiment à se poser, pour le repos 
nocturne, sur les hautes tiges florales, et, comme les Graminées 
qu’ils recherchent croissent par touffes ou par groupes souvent 
assez éloignés les uns des autres, les papillons qui s’y posent se 
trouvent naturellement réunis en compagnie. 

Les Armoricana et les Aegon se placent la tête en bas, les ailes 
ouvertes, pour recevoir les derniers rayons du soleil, et, lorsque le 
soleil est couché, ils ferment leurs ailes et restent la tête ex bas. 

M'étant promené, une nuit, à 11 heures, sur une lande où il y 
avait beaucoup d’Aegon et d’'Amyntas, j'ai pu voir un grand 
nombre de ces papillons dans la position nocturne définitive; 
tous, sans exception, avaient la tête ex haut; seuls une demi- 
douzaine de CArysophanus Dorilis (Xanthe), que j'ai vus dans 
un coin de la lande, avaient la tête en bas. Il est probable qu’A7- 
moricana se retourne, comme Aegon, quand vient la nuit, et se 
place définitivement, la tête en haut, mais Je n’ai pas eu l’occasion 
de le constater. 


Les deux Q de la seconde génération d’Armoricana capturées 


le 17 septembre et conservées vivantes pour la ponte, ont déposé 


430 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


une trentaine d’œufs entre cette date et le 21 septembre; nous ne 
savons pas encore s1 les chemilles écloront cette année ou si elles 
attendront la fin de l’hiver; il me paraît probable que les œufs 
hiverneront. 

La planche sur laquelle sont reproduites les photographies de 
l’œuf d’A7woricana et celles de l’œuf d’Aegcn rendent superflue 
une description détaillée de la structure superficielle. Examinés 
avec un faible grossissement, les œufs de ces deux Espèces ne 
paraissent pas différer beaucoup, mais lorsqu’on les agrandit de 
25 diamètres, par exemple, on s’aperçoit que les « points étorlés » 
qui se trouvent au point de jonction des cloisons cellulaires, sont 
plus grands et plus élevés chez Armoricana que chez Aegon, et 
qu’à cause de ce fait, la surface légèrement évasée du sommet de 
l’œuf paraît plus large, chez Armoricana, et la cuvette micro- 
pylaire moins profonde. En moyenne, l’œuf d’Aymortcana est 
un peu plus grand que celui d’Aegon. 

En éclosant, la chenille découpe assez irrégulièrement la sur- 
face supérieure de l’œuf et laisse un grand trou; chez l’individu 
que j’examine actuellement, l’aire micropylaire est complètement 
détruite et la coque est largement entamée dans son voisinage; 
le matériel enlevé au cours du percement de la coque est mangé 
par la chenille, mais, une fois hbre, elle ne cherche pas à achever 


de manger la coque. 


Je transcris ici les notes descriptives de la chenille éclose, le 


9 juillet, et de ses mœurs en captivité 


La petite chenille, fraichement éclose, s’est trouvée sur un brin 
d’ajonc sec, sur lequel elle a marché assez rapidement; je ne lui 
ai fourni de la nourriture fraiche que quatre ou cinq heures après 
son éclosion; elle était, à ce moment, très inquiète, remontant et 
redescendant les épines et la tige sèches; elle s’est calmée dès 
qu’elle s’est trouvée sur le brin d’ajonc frais et n’a pas tardé à 
s'installer sur la surface inférieure d’une épine. 

Le soir, j'ai remarqué qu’elle avait découpé un petit morceau 
de l’épiderme. Vue à la loupe, sa tête, relativement grande, est 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


437 





noire, luisante et aplatie sur la face; elle la retire facilement, 
dans le segment prothoracique; le labrum est blanchâtre. La 
couleur du corps est d’un blanc jaunâtre sale, très pale et avec 
une faible teinte verdâtre, même avant l’ingestion de la première 
nourriture végétale. Les poils sont longs et incolores; celui porté 
par le tubercule I, a environ la moitié de la longueur du corps de 
la chenille; le poil du tubercule IT est beaucoup plus court; les 
poils de ces deux tubercules (les trapézoïdaux) se trouvent légè- 
rement recourbés en arrière; ceux portés par les tubercules du 
flanc et du ange sont moins longs que le poil du tubercule I et 
ils sont à peu près droits; les poils du segment prothoracique se 
trouvent courbés en avant. Les tubercules apparaissent comme de 
petits points bruns; chacun porte un seul poil; sur le flanc de 
chaque segment, depuis le mésothoraciaue jusqu’au huitième de 
l’abdomen inclus, près de la base des monticules en bordure du 
centre dorsal, se trouve une assez grosse lentille ronde; la che- 
nille a, environ, © m. 001 de longueur lorsqu'elle est stationnaire; 
étendue en marche, elle a près de O m. 0015. 


15 juillet 1917. — La chenille n’a pas encore mué; je lui donne 
de l’ajonc frais tous les jours, consistant en la partie tendre, 
terminale des jeunes pousses d’Ülex anus; elle mange bien et 
je remarque, chaque jour, une certaine quantité d’excrément; elle 
ne change pas souvent de place, restant près de la base d’une 
épine, du côté de la tige; les poils de l’ajonc ne paraissent nulle- 
ment la gêner. Voici la description de la chenille, toujours dans 
le premier stade, vue sous la loupe 


Tête noire et luisante, labrum blanchâtre; couleur du dorsum 
blanc grisâtre, légèrement teintée de vert sur les flancs; ligne 
médiodorsale fine, d’un brun rougeâtre peu foncé; cette ligne 
part du bord antérieur du segment mésothoracique et se termine 
au bord postérieur du 6° segment abdominal ; mais elle réapparaït, 
faible, sur le 0° segment abdominal, et se prolonge, de là, jus- 
qu’au bord du clapet anal; du segment mésothoracique au 6° de 
l'abdomen inclus, les bases carrées, un peu surélevées, blan- 


29 


438 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





châtres, des tubercules trapézoïdaux, forment une large bordure 
à la ligne médiodorsale; sur le 7° et le 8° segments abdominaux, 
la base commune aux tubercules I et II est moins surélevée, mais 
le sommet chitineux de ces tubercules y est plus grand que sur 
les segments précédents; la position relative des tubercules I et IT 
se trouve modifiée sur le 7° segment abdominal; 1ls y sont plus 
rapprochés l’un de l’autre; sur le 8° segment abdominal, je ne 
vois, au moyen de la loupe, qu’un seul point chitineux à la place 
des tubercules I et [T; 1! est possible qu’ils se trouvent trop près 
l’un de l’autre pour être séparés avec le faible grossissement dont 
je dispose actuellement. Sur le flanc, au-dessous des monticules 
qui portent les trapézoidaux (I et Il), il existe une ligne ondulée 
ayant à peu près la même coloration que la médiodorsale, mais 
elle est plus fine que cette dernière; la ligne ondulée en question 
n’est bien nette que sur les deux derniers segments thoraciques 
et les segments abdominaux 1-6 inclus; ensuite, elle est presque 
complètement effacée; elle montre une tendance à se modifier en 
chevrons obliques à extrémité antérieure plus près du centre 
dorsal que l’extrémité postérieure. Une troisième ligne (sous- 
stigmatale), d’un brun rouge pâle, longe le ange, en dessus; 
elle est très faible sur les segments thoraciques, mais elle se 
fonce progressivement, le long des segments abdominaux. Le 
Jlange est blanchâtre et, immédiatement au-dessous, sur la sur- 
face ventrale, 1l existe une ligne, ou plutôt une ombre, peu diffé- 
rente de la ligne sous-stigmatale. La surface ventrale est d’un 
blanc sale légèrement verdâtre, ainsi que la base des pattes; les 
plaques chitineuses des pattes thoraciques sont d’un brun pâle. 


17 juillet 1917. — La chenille, après avoir bien mangé, avant- 
hier et hier, est très inquiète ce matin; elle a beaucoup pli, sa 
transparence a augmenté et la teinte verdâtre a presque disparu, 
laissant une coloration blanc jaunâtre; elle ne mange plus, le 
prothorax semble un peu enflé et tout semble indiquer une pro- 
chaine mue. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 430 
19 juillet, 10 heures du matin. — La chenille s’est mise au 
repos dans l’après-midi du 17 juillet, et elle n’a pas changé de 


position jusqu’à l’heure actuelle; sa longueur est de © m. 0024. 


19 juillet, après-midi. — La chenille a commencé à muer à 
10 h, 30 ce matin; la peau se fend au cou, au devant du bord 
antérieur du prothorax; elle se fend aussi le long des segments 
thoraciques et des deux premiers segments abdominaux, de 
chaque côté; de l’ouverture ainsi faite, la chenille se retire rapi- 
dement et facilement, l’opération ne durant, en tout, qu'environ 
90 secondes ; la vieille peau recouvrant les segments abdominaux 
se tasse assez sensiblement à la suite des efforts faits par la 
chenille pour s’en débarrasser ; la peau des segments thoraciques 
demeure tendue, au contraire, de sorte que la partie antérieure de 
la dépouille reste béante et ressemble quelque peu à une bouche 
de baleine ouverte. La chenille stationne longtemps auprès de la 
dépouille, en faisant, pendant un quart d’heure, de légers mou- 
vements d’étirement; elle se débarrasse ainsi, je suppose, des 
organes intérieurs; elle ne cherche pas à manger sa dépouille. 
Le premier stade a duré du 9 juillet (matin) au 19 juillet (matin), 
soit 10 Jours. 


DÉNSDADE 


Le nombre de points pilifères et de lentilles a augmenté; les 
poils sont d’un brun doré clair ; ils sont relativement moins longs 
que dans le 1° stade. 

Examinée à la loupe, le 23 juillet, ia chenille dans son 2° stade 
présenta l’apparence suivante : 

La ligne médiodorsale est très distincte et d’un brun chocolat; 
elle est bordée de blanchâtre jusqu’à l’extrémité postérieure du 
6° segment abdominal; cette ligne n’est pas apparente sur le 
septième segment abdominal, mais on y remarque, à sa place, 
une faible ombre qui semble indiquer un organe placé bien au- 
dessous de la peau; la ligne médiodorsale réapparaît, faible, sur 





440 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


le 8° segment abdominal et se prolonge, de là, jusqu’au bord 
postérieur arrondi du dernier segment. La série de mamelons (ou 
tablettes) en bordure du centre dorsal ne dépasse pas le 6° seg- 
ment abdominal; les mamelons sont de couleur verte très pale; 
leur sommet, ou crête, porte la ligne blanche bordant la ligne 
médiodorsale. À moitié distance entre la ligne médiodorsale et 
le ange, on remarque une ligne ondulée suprastigmatale qui 
peut être considérée, aussi bien comme une série de chevrons 
obliques ayant, chacun, une légère concavité dorsale; la couleur 
de cette ligne est chocolat; mais elle est moins foncée que la 
médiodorsale et sembie être sous-cutanée; j'ai remarqué, plus 
tard, chez des individus plus vivement marqués que celui actuel- 
lement décrit, une autre série de chevrons, plus haut placée, à la 
base même des mamelons, du côté du flanc. Il y a une trace de 
chevron latéral, sur le 7° segment abdominal, en prolongement de 
la ligne ondulée, mais, sur les 8°, 0° et 10° segments abdominaux, 
il n’en existe pas. Entre les chevrons de la ligne sprastigmatale 
et le flanc, se trouve une autre série de tablettes, mais les tablettes 
sont bien moins proéminentes que celles de la série sous-médiane; 
vers le milieu de chaque tablette, on remarque, comme pour la 
série sous-médiane, une dépression; cette région, qui est la région 
stigmatale, est également d’une couleur verdâtre très pâle; un 
sillon, qui se trouve entre les tablettes stigmatales et le ange, 
est marqué par une ligne chocolatée, presque imperceptible sur 
les segments thoraciques, qui s’accentue progressivement en des- 
cendant le long des segments abdominaux jusqu’au 8° inclus. 
Le flange, ou bourrelet de division entre le dorsum et la surface 
ventrale, est d’un blanc un peu jaunâtre. La surface ventrale est 
verdâtre, teintée de jaune; il y a une légère ombre en dessous du 
flange. Les pattes membraneuses et la base des pattes thora- 
ciques ont la même couleur que sur la surface ventrale ; les 
plaques chitineuses des vraies pattes sont noirâtres. Situé en tra- 
vers du centre dorsal du 7° segment abdominal, on aperçoit bien, 
à la loupe, l’organe à miel (honey-gland), représenté par un 
trait, ou sillon, entre deux lèvres fermées, de couleur verdâtre; 


| 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 441 








cet organe ne paraît pas avoir atteint son complet développement 
et ne fonctionne pas dans le second stade. Je ne vois pas trace 
encore des tubes extensibles (scent fans) dont l’emplacement 
normal, chez les chenilles de Zycaenides myrmécophiles, est sur 
le 8° segment abdominal. La tête est toujours noire et luisante, 
le labrum blanchâtre. 

La note suivante est datée du 23 juillet 1917 : « Le jour, Je 
vois souvent manger la chenille, qui se porte bien; elle enfonce 
la partie antérieure du corps entre la base des épines et la tige 
de l’ajonc; elle mange, surtout, la base des épines. Sa longueur 
dépasse un peu, maintenant, O m. 004. » 


27 juillet 19177. — « La chenille est immobile sur une épine 
d’ajonc, protégée par les épines des grappes inférieures de la 
tige ; elle n’a pas bougé depuis hier, ni mangé, n1 expulsé d’excré- 
ment ; elle a pàli un peu et je pense qu’elle se prépare pour la 
seconde mue. Sa longueur est de © m. 0042 et sa largeur d’un 
peu moins de O m. 0015. » 


3° STADE : 


29 juillet 1917. — « J'ai trouvé la chenille dans son 3° stade, 
ce matin; elle a, sans doute, mué hier, dans l’après-midi. Sa 
couleur est à peu près la même que dans le stade précédent, ainsi 
que les dessins. Les petits points noirâtres, pilifères, sont plus 
nombreux et les poils portés par les points ou tubercules primitifs 
me paraissent être relativement moins longs que dans le s-cond 
stade; ceux des points secondaires sont très courts. La glande 
à miel est bien plus développée; elle apparaît, au milieu du 
7° segment abdominal, comme une légère dépression ovale et 
transversale, bordée de points noirâtres, serrés. La modification 
du 8° segment abdominal est encore plus apparente; le tube 
extensible situé en arrière du stigmate et plus près du #ange que 
celui-ci, est parfaitement visible, même à l'œil nu; vu par dessus, 
c’est un petit bouton arrondi, blanc. Le tube est porté légèrement 
érigé. D’après mes souvenirs, les deux tubes extensibles étaient 


442 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





moins saillants, au repos, chez Bellargus que chez la chenille 
d’Armoricana, dans son troisième stade. Sur la ligne blanche qui 
suit les crêtes en bordure du centre dorsal, les tubercules ou 
points pilifères sont blancs; comme dans le stade précédent, la 
ligne blanche, ainsi que les tubercules blancs, ne dépassent pas 
le 6° segment abdominal; la ligne médiodorsale est d’un brun 
un peu verdâtre; elle est faible à partir du 7° segment abdo- 
minal; sur le 7° segment abdominal, la ligne médiodorsale est 
coupée par la glande à miel et elle est faiblement indiquée, sur 
ce segment, en avant de la glande; cette ligne est large, sur les 
segments mésothoracique et métathoracique; elle diminue en lar- 
geur légèrement et progressivement, ensuite jusqu’au 6° segment 
abdominal inclus; elle s’élargit un peu, à partir du centre du 
8° abdominal jusqu’au bord postérieur du dernier segment. » 


30 juillet 1917. — « La chenille mange fréquemment; elle 
s'attaque à la base d’une épine et y pratique une excavation pro- 
fonde; l’épine se trouve, assez souvent, complètement coupée; 
elle ne tombe pas toujours, étant parfois retenue par les épines 
voisines; en d’autres occasions, l’épine n'étant pas entièrement 
sectionnée, elle reste inclinée ou suspendue; dans tous les cas, 
l’épine atteinte se dessèche et Jaunit, chose qui devrait faciliter 
la découverte de la chenille sur la lande; mais, jusqu’à présent, 


nous n’avons pas pu trouver la chenille en liberté. 


Ayant voulu savoir si la chenille, dans son troisième stade, se 
trouvait en état de fournir la sécrétion agréable aux fourmis, 
ainsi que son apparence le faisait supposer, J'ai recueilli, aujour- 
d’hui, quelques fourmis d’Espèces différentes, afin de faire 
l’expérience. Une fourmi de l’Espèce B (Formica fusca v. gle- 
baria Nyl.), que j'ai prise sur un poirier sauvage, où elle était 
occupée avec des pucerons, ne s’est pas intéressée à la chenille; 
il est vrai que Je ne les ai pas laissées très longtemps ensemble 
et la fourmi n’avait, probablement, pas eu le temps de s’accom- 


moder de son nouvel environnement. Ensuite, j’ai transféré le 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 443 


brin d’ajonc, sur lequel se tenait la chenille, dans un tube conte- 
nant deux fourmis de l’Espèce À bis (Acanthomyops niger L.) 
prises dans une fourmilhère que nous avions repérée sur une petite 
lande habitée par Z. Armoricana et L. Aegon (*). Ces deux 
fourmis, d’abord effrayées et désorientées, s'arrêtaient, cepen- 
dant, presque chaque fois qu’elles passaient sur la chenille, dans 
leur course sur les parois du tube et sur le morceau d’ajonc; elles 
tataient la chenille avec leurs antennes, reconnaissant certaine- 
ment un objet intéressant pour elles, mais elles repartaient presque 
aussitôt. À leur toucher, la chenille se montrait sensible ; elle 
éjectait, puis elle rentrait ses tubes blancs du 8° segment abdo- 
minal, mais la glande à miel ne sécrétait pas encore. Plusieurs 
fois, après le passage des fourmis, j'ai noté que la chenille rele- 
vait brusquement son arrière-train et l’abaissait ensuite; ce mou- 
vement me paraissait avoir un rapport avec l’entrée en fonction, 
pour la première fois, de l’organe à miel et de ses accessoires. 
Les fourmis, finalement calmées et plus à leur aise, se sont 
occupées de leur toilette, brossant leurs antennes avec les pattes, 
se courbant pour nettoyer le bout du corps, etc.; pendant ce 
temps, la chenille mangeait par intermittences. Deux heures après 
son introduction dans le tube, j'ai vu une des fourmis s’appro- 
cher de la chenille, qui a éjecté ses tubes pour un instant; la 
fourmi est montée sur son dos et a commencé à la titiller rapide- 


(*) Pour prendre les fourmis, nous faisions une petite brèche ou un petit 
trou dans la fourmilière, si les fourmis ne circulaient pas en dehors (en temps 
de pluie, par exemple); les fourmis sortaient aussitôt, furieuses, avec leurs 
mandibules ouvertes ; alors, on présentait à l’ouverture, faite dans le nid, le bout 
non fermé d’un tube en verre et plusieurs fourmis ne manquaient pas de grimper 
dans le tube. Nous avons trouvé, ensuite, qu’il vaut beaucoup mieux attendre 
que les fourmis se soient un peu calmées avant de les prendre en tube, puisque 
toutes celles que nous avions recueillies pendant qu’elles rageaient, sont mortes 
au bout de quelques minutes, asphyxiées, apparemment, par l’acide formique 
dégagé par elles-mêmes; j'ai répété l’expérience plusieurs fois et toujours avec 
le même résultat. Si on prend les fourmis doucement, après le rétablissement du 
calme, on peut les garder longtemps dans un tube en verre bouché au coton. Une 
des fourmis A bts prise dans le nid, le 30 juillet 1917, a vécu en tube, tantôt 
avec les chenilles de Z. Aymoricana, tantôt seule, depuis deux mois; en outre 
de la sécrétion que lui fournissaient les chenilles, je lui donnais un crystal de 
sucre de temps en temps; la fourmi continue à se porter très bien, aujourd’hui, 
27 septembre 1917. 


444 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





ment de ses antennes, surtout dans la région de la glande à niel 
et des tubes; quelquefois la chenille élevait ses tubes, mais elle 
ne les laissait pas exposés plus d’un très court instant ; la fourmi 
persévérait dans ses attentions, ne s’arrêtant de temps en temps 
que pour brosser ses antennes ; ses efforts ont été assez vite récom- 
pensés; J'ai vu la glande du 7° segment abdominal se gonfler 
légèrement et expulser une petite quantité de liquide transparent; 
la fourmi y a immédiatement posé sa bouche et elle est restée 
immobile pendant près d’une minute. Non satisfaite avec ce pre- 
mer repas, la fourmi a recommencé le chatouillement avec ses 
antennes en se promenant sur le dos de la chenille et autour d’elle, 
sans Jamais s’en éloigner beaucoup. La chenille dressait ses tubes 
blancs, occasionnellement, lorsque la fourmi revenait après une 
courte absence, mais elle les rentrait dès que la fourmi les appro- 
chait de près; comme chez les autres Zycaenides myrmécophiles 
que J'ai observées, les tubes extensibies sont indépendants l’un 
de l’autre; la chenille peut éjecter un seul tube à la fois, mais, 
le plus souvent, les deux sont développés en même temps. 

Dans l’espace d’une heure et demie, j’ai vu fonctionner la 
glande trois fois. La fourmi paraît, maintenant, moins avide du 
liquide sécrété de la glande, mais elle ne quitte pas la chenille 
pour plus d’une minute environ, à la fois; la seconde fourmi ne 
paraît pas être très intéressée par la chenille; en passant, elle 
s'arrête et la tâte, mais elle ne s’y attarde pas. 

Cette fourmi est beaucoup plus inquiète que sa compagne, avec 
laquelle elle vit bien amicalement. Après l’un des repas pris par 
la première fourmi, les deux fourmis se sont rencontrées, au cours 
d’une promenade dans le tube en verre; elles se sont caressées 
avec leurs antennes, et celle qui venait de traire la chenille a 
ouvert ses mandibules que l’autre fourmi a léchées assez longue- 
ment, paraissant ainsi participer indirectement au repas. 

À 6 h. 1/2 du soir, la chenille mange et se montre indifférente 
aux attentions de la fourmi. La chenille étant jeune encore, et la 
glande se trouvant depuis bien peu de temps en état de fonc- 
tionner, 1l est probable qu’elle ne sécrète que peu. » 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 445 


31 juillet 1917. — « La première fourmi se tient, presque cons- 
tamment, auprès de la chenille qu’elle titille très souvent de ses 
antennes; la seconde fourmi vient quelquefois la chasser de sa 
position, mais cette dernière ne reste pas longtemps avec la che- 
mille. La chenille paraît bien se porter, mais je ne l’ai pas vue 
élever ses tubes, ni fournir le liquide de la glande, aujourd’hui; 
il est vrai que Je ne l’ai pas observée pendant très longtemps. 
Pensant que la chenille pouvait se trouver fatiguée par la pré- 
sence ininterrompue des fourmis, J'ai enlevé ces dernières du 
tube pour la nuit. Les fourmis n’ayant, pour le moment, d’autre 
nourriture que celle fournie par la chenille, il m'a semblé qu’elles 
pourraient devenir trop exigeantes; cependant, la chenille ne 
paraît pas être incommodée par les fourmis et ne leur donne pas 
le liquide chaque fois qu’elles le sollicitent ; loin de là. » 

Pendant que la chenille se tenait au repos, en attendant la 
troisième mue, j'ai inscrit dans mon carnet la note suivante 


« La chenille a continué à manger la base des épines d’ajonc, 
dans son troisième stade, comme auparavant ; elle coupe complè- 
tement l’épine, dans la plupart des cas. Une fourmi est restée 
presque censtamment avec la chenille pendant la durée du stade; 
je n’ai vu que bien rarement fonctionner les tubes extensibles et 
la glande à miel; la chenille était bien plus sensible aux cha- 
touillements de la fourmi durant la première heure, environ, qui 
survenait après une séparation entre elles. Je retirais la fourmi 
du tube pour la nuit, parfois ne la remettant que le lendemain 
matin. 

Vers la fin du stade, la teinte verdatre de la chemille s’est 
intensifiée et est devenue plus vive. La chenille s’est mise au 
1epos, pour la troisième mue, dans la soirée du 4 août; sa lon- 
gueur, à ce moment, était de © m. 0060. 

Pendant la période de préparation pour la mue, c’est-à-dire 
à partir du moment où là chenille s’est mise au repos, celle-ci est 
restée insensible aux attentions de la fourmi; d’ailleurs, la 
fourmi ne visitait pas souvent la chenille ; elle se promenait 


446 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





beaucoup dans le tube; un jour avant la mue, je mis la fourmi 
à part. » 


4° ET DERNIER STADE 


La chenille a mué, pour la troisième fois, le 7 août, au courant 
de l’après-midi; elle a quitté sa vieille peau par une large ouver- 
ture, dont la fente descend loin, le long du centre dorsal. 

J'ai noté ce qui suit, le 8 août : « La chenille a bien mangé 
ce matin. J'ai réintroduit la fourmi dans le tube et, aussitôt 
remise de l’émotion occasionnée par le changement de tube, elle 
a commencé à s'occuper, de nouveau, de la chenille; la chemille 
n’a pas beaucoup tardé à développer ses tubes extensibles; elle 
les présentait, surtout, lorsque la fourmi, arrivant par devant ou 
par côté, commençait à la chatouiller sur la partie antérieure ou 
vers le milieu du corps; aussitôt que la fourmi se rapprochait des 
tubes, la chenille les retirait brusquement ; parfois, la chenille se 
précipitait subitement vers les tubes développés comme pour les 
saisir, mais la chénille les retirait toujours à temps; peut-être la 
fourmi voulait-elle seulement, en faisant ce bond brusque, cueillir 
une gouttelette de liquide qui pouvait se trouver sur les tubes; 
cependant, Je n’ai Jamais aperçu une trace de fluide sur les tubes 
ou à leur sommet muni de filaments. Je crois que la glande du 
7° segment abdominal a sécrété ce matin et que la fourmi a obtenu 
son repas, mais Je n’ai pas assisté à l’opération. » 


Description de la chenille dans le j° Stade : 


Tête noire et luisante, labrum blanchâtre, ainsi que les antennes. 
La couleur fondamentale du corps est verte, du même vert, à peu 
près, que l’ajonc, sa nourriture. (11 est à remarquer que la teinte 
verte fondamentale devient plus vive à mesure que la chen lle 
avance dans le stade.) 

Le bord antérieur du segment prothoracique est arrondi; 
l’écusson est de forme triangulaire arrondie; ses contours ne sont 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 447 
pas bien nettement définis; l’écusson est de couleur verte grisatre, 
tirant un peu sur le mauve; la forme du segment prothoracique 
et des deux segments qui le suivent est très susceptible de se 
modifier, par contraction ou extension, suivant les mouvements 
de la chenille; le cou est très extensible et la tête peut être com- 
plètement retirée dans le segment prothoracique. 

Le sillon évasé, médiodorsal, est d’un vert sombre; la colo- 
ration foncée du sillon semble être due en partie au vaisseau 
dorsal, dont on aperçoit les pulsations, mais il existe aussi une 
large ligne médiane de couleur chocoiat; cette ligne n'étant de 
ton guère plus foncé que le vert du sillon, chez l’exemplaire que 
je décris, et paraissant sous-cutanée, elle ne ressort pas bien 
nettement ; le sillon est bordé par une fine ligne d’un blanc ver- 
dâtre qui suit le sommet des crêtes sous-médianes; le sillon, les 
crêtes et la ligne blanchâtre ne dépassent pas le 6° segment abdo- 
minal ; le sillon est considérablement élargi sur les deux derniers 
segments thoraciques; 1: segment prothoracique n’a n1 sillon ni 
crête sous-médiane; leur place est occupée par l’écusson, sur la 
ligne blanche verdâtre en bordure du sillon se trouvent, en certain 
nombre, des petits points ou bosses, pilifères, blancs ; 1ls sont plus 
grands que les points noirs dont le corps est parsemé ; on re- 
marque, d’ailleurs, de pareils points blancs sur les flancs et sur- 
tout sur le ange; il en existe, sur la partie antérieure du 7° seg- 
ment abdominal, mais non pas sur la moitié postérieure de ce 
segment, le 8° segment abdominal en possède cinq, placés sur 
la ligne médiane; je n’en vois pas ailleurs sur ce segment, ni sur 
les deux derniers segments du corps, à l’exception de quelques-uns 
sur le ange; les points blancs portent, en général, un crin brun 
pale, mais ceux de la ligne claire, en bordure du sillon, ont un 
crin presque noir. 

Les petits points noirs, bien plus nombreux que les points 
blancs, sont très répandus sur la peau et plus abondants que dans 
le stade précédent; leur nombre est très grand sur le segment 
prothoracique et l’écusson en est bien pourvu; ils paraissent plus 
serrés et peut-être sont-ils plus nombreux, sur les deux derniers 


448 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





segments thoraciques, que sur les segments abdominaux 1-6? 
Pour ces segments abdominaux 1-6, on les remarque surtout vers 
l’avant et vers l’arrière de la partie du segment visible, ainsi que 
sur le {ange et dans son voisinage ; les points noirs sont très 
nombreux sur les 7°, 8°, 0° et 10° segments abdominaux; 1l y en 
a un assez grand nombre sur la ligne médiane. 

Les faibles dessins dont sont ornés les flancs et qui se pré- 
sentent sous forme de chevrons plus foncés que la couleur fonda- 
mentale, alternant avec des espaces plus clairs, se trouveront 
mieux expliqués par les aquarelles de la chenille dans son 
4° stade, reproduites sur la planche spéciale à la figuration des 
chenilles, que par une description écrite. Vu de côté, le {ange est 
d’un blanc vif, sur les segments abdominaux 2-7 inclus; le blanc 
du flange est teinté de vert, sur le premier segment abdominal, 
et 1l l’est encore davantage sur le segment métathoracique, au 
delà duquel, vers la tête, le ange est de la couleur verte fonda- 
mentale; vers l’autre extrémité du corps, le ange blanc est légè- 
rement teinté de vert, sur le 8° segment abdominal; au delà de 
ce segment, le #ange est d’un vert un peu bleuâtre. Quand on 
regarde la chenille par-dessus, on voit la ligne blanche du fange 
par transparence, à travers un bourrelet de peau; elle parait, 
alors, d’un blanc verdâtre ; 1l est évident que la ligne blanche du 
flange a une certaine épaisseur et qu’elle descend au-dessous de 
la surface de la peau. Les stigmates sont arrondis, d’un blanc 
Jaunaâtre, cerclés finement de noir. 

La surface ventrale est verte, un peu plus foncée en dessous du 
flange, la base des pattes est concolore; les anneaux chitineux 
et luisants des pattes thoraciques sont d’un brun qui devient 
noiratre par places ; le coussin termina! des pattes membraneuses 
est presque incolore, transparent; ses crochets sont d’un brun 
roux clair; le demi-cercle qu’ils forment est interrompu au milieu. 
La glande à miel a Oo m. 0008 de longueur; elle se présente, le 
plus souvent, quand la chenille n’est pas en présence de la fourmi 
ou quand elle a été récemment traite, comme une escharre avec 
une étroite fente centrale; elle est susceptible de s’élargir. Les 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 449 


deux tubes extensibles (un de chaque côté) du 8° stgment abdo- 
minal sont légèrement saillants en temps normal et forment deux 
points blancs très visibles à l’œil nu. Le chatouillement de la 
fourmi les fait se développer en tube blanc, cylindrique, à sommet 
pourvu de filaments blancs. Quand la chenille est dérangée ou 
effrayée, eile rentre complètement ses tubes et on ne voit plus 
qu'une tache d’un vert pâle, à leur emplacement; le ange fait 
une petite saillie latérale à la hauteur du tube. Lorsque la chenille 
est encore Jeune dans le quatrième stade, on remarque, par cer- 
taines incidences de lumière, une teinte superficielle un peu rosée, 
surtout dans la région du ange; elle semble être causée par la 
courte pubescence dont est recouverte ia chenille; plus tard, et 
peut-être parce que les courts poils se trouven: plus espacés en 
raison de l’extension de la peau, la teinte rosée disparaît. Lorsque 
la chemille se trouve avancée dans ce stade, sa couleur verte 
devient plus vive et semble contenir un peu plus de l’élément 
Jaune; en même temps, la transparence des tissus augmente. 


Je continue la transcription de mes notes : 


17 août 1917. -— « La première chenille se porte toujours très 
bien, ainsi que les auires individus que J’élève en tube et qui 
sont, pour la plupart, däns le troisième stade. La première che- 
nille mange bien et très souvent, coupant les épines à leur base 
ou un peu plus haut; je retire une dizaine d’épines coupées du 
tube, tous les matins. Les excréments sont maintenant verts, au 
lieu d’être d’un brun jaune ou d’un jaune verdâtre comme dans 
sa Jeunesse. Je laisse la fourmi dans le tube environ un jour sur 
deux, maintenant, et j'ai cru remarquer que la chenille se déve- 
loppait un peu plus rapidement, les jours où elle était privée de 
la fourmi. » 


La chenille a cessé de manger à partir de midi, le 17 août; 
elle a erré sur son brin d’ajonc, pendant l’après-midi et elle a 
vidé son tube digestif. Le 18 août, elle est restée stationnaire pen- 
dant la plus grande partie de la journée; sa couleur était, alors, 
vert d’herbe et ses dessins se trouvaient plus effacés, moins nets, 


450 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





que pendant la période active du stade; même le sillon vert 
sombre médian était moins foncé qu'auparavant. Dans la soirée 
du 18 août, la chenille s’est placée sur le tampon de coton qui 
bouche le tube et elle se tenait dans la position qu’elle prend 
lorsqu'elle attend une mue, la tête complètement recouverte par 
le segment prothoracique et le bord antérieur de ce segment pressé 
contre l’objet sur lequel la chemille se tient ; la fourmi errait dans 
le tube, passant souvent à côté de la chenille, mais sans y prêter 


la moindre attention. 


Le 19 août, je notais : « La chenille s’est remise à marcher 
dans le tube de verre; ce n’est peut-être donc pas pour une mue 
qu'elle se prépare; elle diminue de taille tout comme les che- 
nilles d’Aryntas que je soigne actuellement et qui viennent de 


rentrer en repos hivernal. » 


20 août. — « La chenille paraït être définitivement instaliée 
sur un tapis de soie assez important, qu’elle a tissé sur la paroi 
du tube; elle ne mesure plus que © m. 009 de longueur, ayant 
diminué très considérablement de taille depuis qu’elle a cessé 


de manger. » 


21 août. — « En se fixant sur son tapis, la chenille avait tissé 
une très mince ceinture de soie qui paraît traverser le premier 
seement abdominal; je dis « paraît », parce que je ne peux pas 
enlever la chenille de la paroi du tube où elle s’est installée, pour 
l’examiner de très près et pour me rendre compte exactement du 
point de passage de la ceinture; que la ceinture existe, 1l n’y a 
pas de doute; je vois bien son point d’attache, sur la paroi, de 
chaque côté de la chenille; ces deux points sont marqués par un 
épaississement notable du tapis et la ceinture est visible, montant 
sur les deux côtés de la chenille, mais 1l est difficile d’affirmer 
qu’elle traverse le premier segment abdominal; cela semble être 
le cas, cependant. Il n’y a pas d’épaississement du tapis au point 
touché par les pattes anales. La présence d’une ceinture indique- 
rait que la chenille va se chrysalider et non pas muer ou rentrer 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 451 








en repos hivernal; Aswmoricana n'aurait donc que quatre stades 
larvaires, comme Aegon. » 


22 août. — « Je ne constate qu'une légère modification dans 
l’apparence de la cheniile; la région thoracique est un peu plus 
enflée que lorsque la chenille s’est attachée; les dessins ont à peu 
près entièrement disparu; la ligne médiodorsale est toujours d’un 
vert plus sombre que la couleur générale. » 


23 août. — Ce matin, la région thoracique présente une saillie 
latérale de chaque côté, ainsi qu’une bosse dorsale appréciable; 
il existe une légère contraction entre la saillie latérale et le 
contour antérieur arrondi du segment prothoracique; à cette phase, 
l’écusson occupe l’extrémité antérieure apparente de la chenille, 
puisque le bord du segment prothoracique est ramené en dessous 
et appuyé contre le verre, la tête étant retirée dans le segment. 
Les segments abdominaux sont rigides et la peau est tendue. 
À la suite des petits chocs qu’a dû subir le tube, pendant notre 
voyage, hier, de Monterfil à Cancale, les pattes abdominales et 
la paire de pattes anales ont lâché prise sur la soie; cette prise 
était, d’ailleurs, assez faible. En conséquence, la chenille a glissé 
sous la ceinture, mais elle est restée suspendue par celle-ci qui est 
demeurée fixée au premier segment abdominal. » 


À 2 h. 15 de l’après-midi, le 23 août, j’ai remarqué que la peau 
des segments abdominaux était transversalement plissée en petits 
bourrelets blancs; la peau des segments thoraciques se trouvait 
très fortement tendue. Toute la région thoracique était d’un vert 
d’herbe, tandis que la couleur de la région abdominale était d’un 
vert jaunâtre, à l’exception de la ligne médiodorsale, restée d’un 
vert d’herbe, et des segments abdominaux 7 et 8, où la couleur 
verte se trouvait plus foncée que sur les autres segments de l’ab- 
domen. Les pulsations du vaisseau dorsal étaient assez rapides; 
je comptais un peu plus d’une contraction par seconde. Sous la 
peau des flancs de la chenille se voyaient, de chaque côté, quatre 
assez grandes taches vertes, plus haut placées que les stigmates ; 


452 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





à ces taches, qui sont, en réalité, des puits dans la substance abdo- 
minale sous-cutanée de la chrysalide, il était imprimé un mou- 
vement de va-et-vient dans le sens de l’axe de la chenille, accom- 
pagné par une dilatation, puis une contraction de chaque tache; 
ce mouvement est bien moins rapide que les pulsations du 
vaisseau dorsal. Jusqu’à 2 h. 56, jé n’ai pas constaté le moindre 
autre mouvement ou effort de la part de la chenille; à ce moment, 
j'ai observé qu’elle faisait un effort avec ses segments abdomi- 
naux, comme si elle voulait marcher en avant; elle cherchait, 
évidemment à faire fendre la peau antérieurement et, en effet, 
à 3 heures exactement, la peau se fendit le long du centre dorsal 
du thorax, jusqu’au cou, et fut retirée, ensuite, du thorax et des 
ptérothèques ; la tête larvaire resta intacte, non fendue, maïs 
elle demeura fixée à la moitié ventrale de la peau des segments 
thoraciques ; au moyen de ses efforts, ia chrysalide ne tarda pas 
à sortir de l’étui de peau qui couvrait encore, en partie, les seg- 
ments abdominaux et qui s’est trouvé tassé à l'arrière. Enfin, à 
3 h. 5, la chrysalide s'était débarrassée de la peau larvaire, qu’elle 
avait ramenée, en petit tas, sous les segments abdominaux. La 
métamorphose s’est très bien accomplie, malgré le fait du déta- 
chement de la larve de son tapis; la ceinture de soie, par suite 
du déplacement accidentel de la chemille, n’est pas restée fixée 
à la chrysalide. 

D'abord, les gaines des antennes se trouvaient un peu sou- 
levées en arc, mais elles n’ont pas tardé à descendre en place, le 
long du bord dorsal des ptérothèques. Immédiatement après la 
chrysalidation, la couleur du thorax et des gaine; des membres 
qui en dépendent est d’un vert d’herbe; toute cette région est 
plus ou moins transparente, les ptérothèques étant même très 
transparents; l’abdomen, au contraire, montre de l’opacité, et 
la couleur des segments, tant sur le dorsum que sur l’aire ventrale, 
est d’un jaune pâle verdâtre. L’opacité abdominale paraît être 
occasionnée par la présence, sous la peau, d’une matière Jaunâtre, 
grumeleuse, qui ne recouvre cependant pas le vaisseau dorsal; le 
vaisseau dorsal en question se montre sous forme d’une hgne 


ae 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 453 
foncée, verdâtre, visible aussi sur le thorax, où elle est moins 
distincte que sur l’abdemen. Les taches sous-médianes abdomi- 
nales, qui sont plus distinctes Sur les segments 4 et 5 et que j'avais 
remarquées, à cause de leurs mouvements sous la peau de la che- 
mille, avant la métamorphose, sont assez libres de la matière 
jaunâtre; elles peuvent être considérées comme des regards per- 
mettant de voir plus profondément dans le corps 


24 août. — « La chrysalide a maintenant acquis sa forme, 
sinon sa couleur définitive. C’est un très petit sujet qui donnera, 
probablement, un imago Of de taille réduite, comme on en ren- 
contre souvent dans la seconde génération. Sa longueur totale 
est de © m. 0078; la largeur de la tête est de © m. 0015; largeur 
du thorax à la hauteur du stigmate prothoracique, O m. 0025; 
largeur maximum du thorax, O m. 003; largeur du 1° segment 
abdominal, © m. 003; du 3° segment abdominal, © m. 0034; du 
5° segment abdominal, © m. 0027; longueur de l’extrémité anté- 
rieure à l’apex des ptérothèques, Oo m. 006; de l’apex des ptéro- 
thèques à l’extrémité postérieure du corps, © m. 0018; profondeur 
maximum du thorax, © m. 0026; profondeur à l’incision entre le 
thorax et le 1° segment abdominal, © m. 0024; au 3° segment 
abdominal, O m. 0027. 

La forme est svelte et allongée par comparaison avec celle de 
certaines chrysalides de Lycaenides, telles que Zycaena Fa'ma, 
les Callophrys et même les 7'Les!or; elle est plus conforme à celle 
des chrysalides de Z. Melarops et de ZL. Beilargus. 

Les ptérothèques dépassent un peu l’incision entre le 4° et le 
5° segments abdominaux; les gaines des maxillae ne paraissent 
pas dépasser l’apex des ptérothèques; elles sont déprimées vers 
l’extrémité et 1l est bien possible qu’elles se prolongent dans une 
poche intérieure du 5° segment, ainsi que cela a été observé, par 
le D' Chapman, chez la chrysalide de Z. Aegon et chez celle de 
L. Argus (Argyrognomon); la surface du 5° segment est, en effet, 
ridée par un très petit bourrelet, là où les maxillae semblent 
s'arrêter. 

30 


454 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Le stigmate prothoracique se montre comme une éclaircie jau- 
nâtre, juste au-dessus de l’épaule du ptérothèque; la tête et le 
prothorax (surface dorsale) portent un certain nombre de soies 
fines et /rès courtes; sur le reste de la surface dorsale du thorax, 
il existe aussi des soies, mais elles se distinguent à peine, sous 
la loupe; il y en a de plus apparentes sur les segments abdomi- 
naux (dorsum); cependant, à l’œil nu, la chrysalide apparaît 
glabre; la surface du thorax, de la tête, des yeux et des diverses 
gaines est polie sans être très brillante; celle de l’abdomen l’est 
bien moins. Sur le 1” segment abdominal, le stigmate est recou- 
vert par le ptérothèque; 1l se présente comme une petite tache 
blanche, ovale-arrondie, sur les segments suivants, jusqu’au 
8° abdominal inclus; mais il est moins distinct et plus petit sur 
ce dernier segment que dans les segments précédents. L’extrémité 
postérieure est arrondie et recourbée ventralement ; 1l n’y a pas 
de crémaster ou mucron distinct; sa place est indiquée par une 
trentaine de petits crochets d’un brun roux clair, disposés en 
demi-lune et, un peu plus en avant, sur la surface ventrale, on 
aperçoit deux très petites touffes de crochets semblables, mais 
encore plus petites, qui semblent occuper l'emplacement des pattes 
anales larvaires. 

Les ptérothèques sont lisses; les gaines des pattes sont très 
faiblement ridées ou bosselées; celles des antennes présentent de 
légères rides transversales ; toutes ces gaines paraissent contenir 
un fluide couleur vert d’herbe; le thorax, vu de dos, est un peu 
plus teinté de jaune qu’il ne l’était hier, surtout le prothorax; 
la tête a la même couleur que le prothorax; les segments abdo- 
minaux sont d’un jaune verdâtre, plus jaune sur le 7° et le 8° et 
à l'extrémité du corps. Le vaisseau dorsal est presque aussi net 
qu'hier, aussitôt après la métamorphose; sa largeur varie légè- 
rement, parce qu’il est plus ou moins resserré, en certains endroits, 
par les grumeaux Jaunes intérieurs; je compte, maintenant, une 
pulsation par cinq secondes, environ. Le ange, entre les ptéro- 
thèques et le bord postérieur du 8° segment abdominal, est 
indiqué par une ombre verdâtre faible, un peu rembrunie, sur- 


 : 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 455 





montée d’une éclaircie tranchant à peine sur la teinte fonda- 
mentale. 

La seule trace qui reste de la glande mellifère est une dépres- 
sion évasée, à surface luisante, près du bord postérieur du 7° seg- 
ment abdominal, au centre dorsal. Un léger renflement latéral 
du 8° segment abdominal paraît correspondre à la saillie faite 
par le #ange, chez la chenille, à la hauteur du tube extensible. 


7 septembre 1017. — « De légères modifications dans la colo- 
ration de la chrysalide n’ont cessé de se produire depuis la 
métamorphose; la coloration verte des ptérothèques et de la 
moitié postérieure des gaines a été plus ou moins remplacée par 
le jaune ocre pâle et le contenu de l’abdomen a blanchi légè- 
rement, prenant une apparence plus solide; le thorax conserve 
mieux la coloration vert d’herbe. Aujourd’hui, Je constate que la 
maturation de l’imago se poursuit assez rapidement. Hier, déjà, 
le thorax noircissait, les ptérothèques devenaient plus opaques et 
les yeux étaient noirâtres. Cet après-midi, le thorax est noir, ainsi 
que la tête et les yeux; les gaines des membres se foncent et les 
ptérothèques ont une teinte olivâtre sombre, sauf pour une large 
bordure externe, correspondant aux franges des aiies supérieures, 
qui reste couleur mastic olivâtre claire; l'abdomen, vu de dos, 
est également d’une teinte mastic olivâtre, mais bien plus claire, 
même, que le bord des ptérothèques. À partir du 7° segment abdo- 
minal, le corps est légèrement rembruni, jusqu’à l’extrémité pos- 
térieure ; en dessous, les segments abdominaux sont plus sombres ; 
la teinte y est à peu près la même que pour les ptérothèques. » 


À partir de ce point, la maturation de l’imago s’est arrêtée, 
et la chrysalide est morte. 


Trois des chenilles sorties de l’œuf, le 19 jmllet, se sont chry- 
salidées, l’une le 5 et les deux autres le 8 septembre; elles m'ont 
permis de préciser quelques points douteux relatifs à la ceinture 
et de faire quelques observations supplémentaires sur la chrysa- 
lide. Je transcris somme suit les notes prises : 


456 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





« Une seconde chenille d'Arworicana s'étant installée pour la 
chrysalidation, le 1% septembre, après une période de marche 
prolongée, j'ai pu examiner, de plus près, la ceinture d’attache. 
Son point de départ, de chaque côté, est un petit amas de soie 
blanche, très apparent. De ce point, qui se trouve à la hauteur 
de l’incision entre le second et le troisième segmients abdominaux, 
la mince cordelette, fortement inclinée vers l’avant, monte à tra- 
vers les flancs des deux premiers segments abdominaux et atteint 
le segment métathoracique à la hauteur des stigmates; 1ci, ladi‘e 
cordelette se divise en deux fils qui continuent à monter dans la 
direction du bord antérieur du segment ; avant d’arriver au bord 
et encore loin du centre dorsal, les deux fils se divisent de nou- 
veau et tous ces fils semblent s'arrêter là, fixés à la peau; maus, 
en réalité, 1ls traversent le centre dorsal, serrés contre la peau; 
on conçoit bien, d’ailleurs, que s1 les fils étaient réellement fixés 
à la peau de la chenille, ils seraient entraînés avec la dépouille, 
au moment de la chrysalidation, et la chrysalide n’aurait pas de 
ceinture d’attache. Chez la chenille en observation, les tubes 
extensibles sont un peu saillants, non pas complètement rentrés, 
comme dans le premier individu examiné dans la phase corres- 
pondante. Les tubes ne sont plus sensibles aux chatouillements 
de la fourmi. La ligne du ange, très affaiblie, est visible sur les 
segments abdominaux seulement, jusqu’au 8° inclus; la ligne 
médiodorsale est également affaiblie et moins nette; les chevrons 
latéraux, ainsi que la ligne blanchâtre qui suivait les crêtes sous- 
médianes, ont complètement disparu. Cette chenille s’est chrysa- 
lidée le 5 septembre; l’opération a bien réussi et je peux très bien 
voir, maintenant, la ceinture complète chez la chrysalide. La cor- 
delette de soie est légèrement inclinée en arrière chez la chrysalide 
(on se rappellera qu’elle avait une forte inciinaison vers l’avant 
chez la chenille, dans la phase qui précède immédiatement la 
métamorphose); elle traverse le dorsum, cachée dans l’incision 
entre le permier et le second segments abdominaux; le point où 
la cordelette disparaît dans l’incision étant un peu au-dessus de 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 457 





la marge‘du ptérothèque. La ceinture est maintenant composée 
d’un seul fil. Je suppose que les fils secondaires, observés avant 
la métamorphose, se sont enroulés pour n’en former qu’un seul, 
au moment de la mue; je les vois, bien séparés, chez deux che- 
nilles qui attendent la chrysalidation; ils sont visibles, chez ces 
deux chenilles, sur le centre dorsai même, qu'ils traversent à la 
hauteur du centre du segment métathcracique. » 


Les deux chenilles en question se sont chrysalidées le 8 sep- 
tembre. Chez ces chrysalides, également, la ceinture est formée 
par un seul fil qui traverse le dorsum caché dans le ph entre le 
premier et le second segments abdominaux; la surface ventrale 
des chrysalides se trouve assez étroitement appliquée contre le 
support — les chenilles s'étaient fixées sur le couvercle d’une 
boîte en bois, après avoir préparé la surface, en y tissant un 
mince tapis de soie; —- les petits crochets qui se trouvent à l’em- 
placement du crémaster, ainsi que ceux qui occupent la place 
des pattes anales, sont évidemment engagés dans la soie, puis- 
qu’une légère pression ne suffit pas pour déplacer l’arrière-train 
de la chrysalide. Chez les chrysalides fraîchement formées, la 
ligne du ange reste visible du 5° au 8° segments abdominaux 
inclusivement ; elle est un peu plus pâle que la couleur générale 
et elle est bordée, en haut et en bas, par un filet carmin vineux; 
ces deux chrysalides proviennent de chenilles à dessins plus vifs 
que ceux de la chenille décrite 27 ex/enso, et c’est la raison pour 
laquelle la ligne du fange se trouve mieux marquée dans leurs 
chrysalides. Ayant assisté à une chrysalidation qui a eu lieu le 
8 septembre, vers 4 h. 1/2 de l’après-midi, j'ai pu prendre les 
notes supplémentaires suivantes 


« La fente qui se produit dans la peau larvaire, le long du 
centre dorsal thoracique, passe en dessous deg la ceinture de soie; 
la peau, en se retirant, emporte, en arrière, avec elle, la ceinture; 
mais les divers fils dont celle-c1 est composée et qui, au centre 
dorsal, se trouvent séparés les uns des autres, sont retenus par la 


458 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


saillie faite par le second segment abdominal ; aidés par les 
mouvements de la chrysalide, tous les fils tombent dans le sillon, 
en avant de ce segment, tandis que la peau larvaire continue son 
voyage vers l’arrière; le sillon se referme pendant le tassement 
que subit la chrysalide, après la mue, et la ceinture est ainsi 
recouverte et rendue invisible sur l’aire centrale du dorsum. 
Arrivée aux dermiers segments, la dépouille se ramasse au-dessous 
de l’abdomen; la chrysalide retire alors de la peau l'extrémité 
de son corps et fait des efforts pour pousser de côté la dépouille; 
ensuite, avec un mouvement qui est quelque peu rotatif, elle 
engage d’abord les crochets du crémaster et puis ceux qui se 
trouvent à la place des pattes anales, dans la soie du tapis. A ce 
moment, la marge externe des ptérothèques atteint déjà l’incision 
entre le 4° et le 5° segments abdominaux; elle est donc presque 
à sa place définitive. » 


Des trois chrysalides restées vivantes sont éclos trois petits c'; 
le premier est sorti de sa chrysahide (formée le 5 septembre) à 
9 h. 45, le 21 septembre; le second est éclos le 23 septembre 
(chrysalide formée le 8 septembre), et le troisième est éclos le 
même Jour 23 septembre (chrysalide formée également le 8). 


La seule chenille retardataire survivante a mué pour la troi- 
sième fois le 21 septembre. Pendant la période de repos précé- 
dant la mue, la longueur de cette chenille n’était que de Oo m. 0043 
contre O m. 007 environ chez les chenilles à évolution rapide, 
dans la période correspondante: elle n’avait, en somme, que la 
taille des chenilles à croissance rapide, au moment de leur 


seconde mue. 


Je lui donne, depuis quelques jours, le choix entre les fleurs 
et les jeunes pousses de l’Ulex Nanus; elle préfère les fleurs 
aux pousses tendres. Toutes les autres chemlles d’A7woricana 
que J'ai élevées ont été nourries avec les pousses tendres de 
l'U. Nanus ou de l’U. Europaeus, qu’ellés mangeaient indiffé- 
remment. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 459 





À la date du 29 septembre, la dernière chenille mange tou- 
jours, mais peu, et elle continue à grandir lentement dans le 
4° stade; la fourmi (Acanthomyops Niger) n’est pas continuelle- 
ment avec elle; ie les sépare de temps en temps, pour un ou deux 
jours. Cette chenille retardataire a une coloration assez terne; 
la teinte fondamentale est d’un vert jaune un peu gristre, ses 
chevrons sont d’un brun chocolat pâle. 


Il m'avait semblé que, dans leur jeune âge, les chemlles de 
L. Armoricana étaient cannibales, parce que, sur douze chenilles 
que j'avais en tubes, à un moment donné, je n’ai pu en trouver 
que neuf, deux jours après. Depuis cela, je n’ai jamais constaté 
la moindre tendance au cannibalisme et il me paraît probable, 
maintenant, que les petites chenilles manquantes (elles étaient 
dans le 1° stade) ont trouvé le moyen de s’évader des tubes. 
Cependant, je ne répondrais pas d’une chenille affamée mise en 
présence d’une autre chenille immobulisée pour une mue, ou d’une 
chrysalide nouvellement formée. 


Ainsi que Je l’ai déjà dit, la variation chez les chenilles 
élevées cet été, n’a pas été très grande. Pendant le second stade, 
aucune ne différait très sensiblement de celle qui a été décrite; 
la couleur fondamentale se trouvait être plus ou moins verdâtre; 
elle n’était Jamais d’un vert vif et quelques chenilles avaient une 
coloration gris blanchâtre peu teintée de vert. Les chevrons et les 
lignes étaient parfois un peu plus accusées. Dans le 3° stade, on 
remarque une certaine variation dans l'intensité des dessins 
foncés ; mais la teinte verte fondamentale ne varie guère indivi- 
duellement ; elle est d’un vert grisatre dans la première partie 
du stade, devenant d’un vert plus franc vers la fin. 


Les trois © de Zycaena Armoricana dont l’éclosion a été 
obtenue après un élevage ab ovo, sont petits, comme du reste la 
plupart de ceux qu’on prend à l’arrière-saison dans la libre 
Nature; de plus leur teinte générale n’est pas très vive, mais 
plutôt un peu terne. 


460 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


Nous avons du reste observé que l’éclosion de fin d’été, pour 
Lycaena Armortcana, a été peu nombreuse; cela tient peut-être 
à la saison un peu humide et généralement fraîche. Le mois 
d’août 1917 fut très pluvieux. D'ailleurs on doit observer que 
beaucoup d'œufs pondus en juin et juillet n’éclosent pas pendant 
l'été et attendent probablement le printemps suivant. 


Rennes, 29 septembre 1917. 


HAROLD POWEILL. 


sn 


CONCEUSION 


Je livre aux méditations des Entomologistes, dans le présent 
Fascicule XIV® des Etudes de Lépidoptérologie comparée, le 
résultat des travaux qui ont été accomplis au cours de l’année 
1017, relativement à l’anatomie et à la biologie de certains 
Lycaena. 

La question, telle que je l’ai posée dans le Fascicule XII, paru 
en 19106, est de savoir s’il y a réellement une ou plusieurs Espèces 
distinctes dans cet ensemble de formes que l’on réunissait autre- 
fois sous le nom global de Zycaena Argus et dont j'ai publié 
une assez ample figuration sur les Planches XXXIX, XL, XLI, 
LXII du Vol. IV des mêmes £E’udes. 

J'ai été assez heureux pour obtenir, en vue de la recherche de 
la vérité scientifique, le concours excellent des Lépidoptéristes 
les plus expérimentés, les mieux qualifiés pour émettre un avis 
plein de compétence et jouissant de l’universelle confiance dont 
ils sont d’ailleurs si parfaitement dignes. C’est ainsi qu’on peut 
lire, au commencement de ce livre, les observations très intéres- 
santes dont je suis redevable au Docteur Jaques Reverdin, sur 
l’armure génitale mâle chez Zycaena Argus et ses variétés (p. 17- 
31); puis l’opinion du Docteur Courvoisier sur la séparation spé- 
cifique des Zycaena Argus (Q 1das), Linné; Armoricana, Obthr.; 
Bellieri, Obthr.; Ligurica, Courv.; Nivea, Courv. (p. 33-39) ; enfin 
la Notice très savante intitulée : À zew european Lycaena, par 


î 


162 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





le Doôcteur T. À. Chapman (p. 41-76). De plus, à la fin du présent 
ouvrage, M. Harold Powell, l’observateur si justement réputé 
pour sa patience, sa sagacité, son expérience, sa minutieuse et 
scrupuleuse précision toujours si dévouées au service de notre 
Science entomologique, m’a remis toutes les notes qu’il prenait 
au fur et à mesure des événements dont 1l était le témoin très 
attentif et très averti. On les trouve imprimées dans cet ouvrage, 
aux pages précédentes. 

Il résulte de cet ensemble de travaux si consciencieusement et 
si obligeamment élaborés par mes honorables amis, un progrès 
sérieux et incontestable. Cependant, s1 la voie est préparée à 
l’obtention peut-être prochaine de la vérité, nous ne la possédons 
pas encore entière. Nous avons conquis quelques traits Ilumireux 
et, notamment, 1] y a une constatation dûment réalisée et désor- 
mais acquise, sur laquelle nous nous trouvons tous d’accord, c’est 
que la Zycaena des environs de Genève, appelée Ægus par le 
D" Chapman, est une Espèce bien nettement distincte par certains 
de ses caractères anatomiques. Mais Amoricana, Bellieri, Nivea, 
considérées comme des unités spécifiques par le D" Courvoisier, 
passent pour être simplement des variétés de la même Espèce 
Argus, aux yeux des Docteurs Reverdin et Chapman, moins sen- 
sibles sans doute à l’ensemble des caractères extérieurs qu’aux 
caractères anatomiques, tels qu’ils ressortent de leur savant 
examen. 

Quant à moi, je dois dire que l'opinion exprimée aux 
pages 467-481 du Vol. XII des Æ7udes de Lépidoptérologie 
comparée, me paraît toujours la plus rapprochée de la vérité. 
Certaines formes que J'ai citées et examinées, l’an dernier (Loc. 
c.), me paraissent être des variétés de l’Espèce Argus, Linné 
(Q /das, Linné); d’autres me semblent être des Espèces dis- 
tinctes. 

C’est ainsi que, d’abord, les caractères extérieurs des Zycaena 
Argus, Linné, de Scandinavie; Calliopis, Bdv., de l'Isère; Asus, 
Huebner, d’Augsbourg et des Alpes ; Valesiaca, Obthr., du 
Valais, VNevadensis, Obthr. de la Sierra-Nevada, me semblent 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 463 


être ceux de races géographiques appartenant à une même un:té 
spécifique. Toutefois les caractères propres à chacune des cinq 
races qui viennent d’être énumérées sont suffisants, c’est-à-dire 
assez constants et assez apparents pour qu'il soit possible de dis- 
tinguer entre elles lesdites races géographiques, de façon à ïes 
séparer facilement les unes des autres. 

Je crois donc pouvoir dire de nouveau que Calliopis, Alsus, 
selon Huebner, Valesiaca, Nevadensis sont à mon avis des 
variétés tranchées et référables à la même Espèce : Argus, Linné 
(Q das, Linné). 


Je dois faire observer ici, à propos de l’une des variétés pré- 
citées, que le Docteur T. À. Chapman n’a pas encore eu, jusqu'ici, 
occasion de voir, en nature, la forme Nevadensis, que je rattache 
à Argus. Il croit que Nevadensis doit être rapporté à Aegon 
(voir p. 70 du présent Volume); car, dit-il, 1l n’y a pas d’autre 
mention faite d’Argus venant de l'Espagne centrale ou méri- 
dionale. 

Néanmoins, je crois pouvoir affirmer que Nevadensis est an 
Argus et non un Aegon. Je connais fort bien l’Aegon-Hypo- 
chiona de l’Andalousie. Il me semble impossible de confondre 
les deux Espèces en question : Argus-Nevadensis et Aegon-H y po- 
chiona. 

Je regrette infiniment de n’avoir pas été assez heureux pour 
recevoir Jusqu'à ce moment la visite du Docteur Chapman, à 
Rennes. Outre le plaisir et l’honneur que j'aurais ressenti, s’il 
m'avait été donné de l’avoir pour hôte, j'aurais pu lui montrer 
dans ma collection les séries d’échantillons entomologiques diffi- 
cilement transportables. 

Nous savons tous quelle clarté supérieure résulte, pour l’obser- 
vateur, de l’examen comparatif des documents naturels lorsqu'il 
s’agit de solutionner une question restée litigieuse. J’ai pourtant 
eu soin de faire représenter, sur la même Planche XXXIX du 
Volume IV des Etudes de Lépidoptérologie comparée, une paire 
de ZLycaena Argus-Nevadensis (fig. 250, 260) et une paire de 


464 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





Lycaena Aegon-H ypochiona (fig. 267, 268). Les figures juxta- 
posées pour faciliter la comparaison permettent d’apprécier les 
différences ; mais quelle qué soit la figuration, — surtout limitée 
à une seule paire d’échantillons, — elle ne peut avoir une valeur 
égale à la vue d’une série d’exemplaires rangés dans la boîte de 
collection. Je suis convaincu que l’opimion du D" Chapman se 
serait fixée conforme à celle que J’exprime, s’il voyait une fois, 
ICI, Ce que J'Y puis voir moi-même. 


Après avoir énuméré les morphes que Je considère comme des 
variétés, Je viens à la question de celles qui, d’après moi, sont des 
Espèces. Il s’agit des Zycaena Armoricana, Bellieri et Nivea. 

M'’en rapportant toujours et uniquement — je le reconnais — 
aux caractères extérieurs qui sont d’ailleurs tangibles et constants, 
je me déclare porté à considérer, aujourd’hui aussi bien qu’hier, 
Armoricana, Bellieri et Nivea comme représentant, chacun, une 


unité spécifique distincte et nullement comme de simples variétés 
d’Ayrgus. 


En ce qui concerne Ligurica, j'ai envisagé les formes de Cer- 
nobbio, des Abruzzes, des Monti-Aurunci, de certaines localités 
de Bavière, de Suisse, de France et d’Asie, énumérées à la 
page 481 du Vol. XII des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée, 
comme étant les formes d’une même Espèce. 

M. le D' Chapman pense qu’il y a là plusieurs unités spéci- 
fiques distinctes, notamment Micrargus, de Chine et du Japon, 
qu’il sépare de l’Espèce nouvelle Ægus, laquelle Ægus serait 
surtout une Allobroge, c’est-à-dire celle que j'ai eu le grand 
plaisir de capturer à Versoix, près Genève, le 3 juin 1910, en 
l’aimable compagnie de Charles Blachier, du D' Reverdin et du 
jeune Marcel Rehfous. Cette heureuse journée s’est trop vite 
écoulée. Qu’on me permette d’en évoquer le délicieux souvenir! 

Hélas! Charles Blachier n’est plus et nous regretterons tou- 
jours sa perte si douloureusement ressentie. Je me souviens que 
ce fut lui qui me conduisit à la localité voisine de Versoix, en 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 465 








compagnie de l'excellent D' Reverdin. Je descendis avec mes 
chers amis dans des prés assez bas, considérés par rapport aux 
champs qui les environnaient. Ces prés étaient bordés de haies 
boisées, épaisses et offraient un mélange de places fraiches et de 
parties plus sèches et comme sabionneuses. Nous ne tardâmes pas 
à voir voiltiger aux gais rayons du soleil de cette douce matinée 
de printemps, en même temps qu’une remarquable variété de 
l’'Erebia Medusa, la Lycaena que chacun appelait alors A7gyro- 
gnomon, c'est-à-dire Argus Elle me parut bien différente par 
son habitat et son aspect extérieur, des autres races d’A7gus que 
je connaissais et notamment de celle qui se rencontre, seule, et à 
l'exclusion des autres, dans certaines landes de mon pays breton. 
Je fis une assez ample récolte du prétendu A7gyrognomon, dans 
les prairies de Versoix et, dès ce moment, il me sembla de plus 
en plus certain qu’il serait nécessaire de séparer spécifiquement 
cette jolie et délicate Lycène de celle à laquelle j’ai donné le nom 
d’Armoricana. Toutefois je la rapprochai dans ma pensée des 
Argus que j'avais capturés précédemment à Uriage et aux envi- 
rons du Lac de Côme, ainsi que des autres que J'avais remarqués 
dans la collection de Graslin, avec l’étiquette de localité : Vichy, 
et dont il est fait mention notamment à la page 202 du Vol. IV 
des Etudes de Lépidoptérologie comparée, paru en avril 1910, 
c’est-à-dire avant le voyage à Genève dont Je viens de relater 
l’une des agréables circonstances, restée, avec les autres, bien pré- 
sente à mon esprit. 

Si je contemple aujourd’hui les documents de ma collection 
et si je compare les Zycaena de Versoix à leurs voisins de Cer- 
nobbio, de Brantôme, de Vichy, d’Uriage, du Japon, de Tà- 
tsien-lou, de Sidemi et autres lieux indiqués à la page 481, ainsi 
que Je le rappelle ci-dessus, d’accord avec l’opinion du 
D' Chapman, il me semble probable qu’il y a dans ce matériel 
européen et asiatique matière à quelques séparations spécifiques, 
quoique les Zycaena de toutes les provenances ci-dessus indi- 
quées, appartenant à l’ancienne dénomination globale Argus, me 
semblent rapprochées les unes des autres et former un groupe 


466 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





qui se rattache à Zzgurica plutôt qu’à l’autre ensemble dans 
lequel se trouvent naturellement classés Callioprs, Alsus, selon 
Huebner, Valesiaca, N'evadensis. 

J'ajoute, à titre de renseignement intéressant, que la Zycaena 
prise du 26 au 29 août 1016, à Brantôme (Dordogne), par 
M. Harold Powell, est bien exactement conforme à celle de Ver- 
soix; c’est donc Ægus, Chapman. 

M. Powell a capturé six mâles à Brantôme; c’étaient sans doute 
les représentants d’une éclosion estivale de la même Espèce dont 
J'avais observé les échantillons printaniers à Versoix. 

De même, ainsi que je l’ai déjà fait connaître, c’est toujours 
ZÆ gus qu’on rencontre à Vichy, à Uriage, à Samoussy (Aisne), 
a Angoulême; c’est-à-dire que Æ£gus étend son habitat en France 
assez loin vers le nord et vers le centre. Mais il n’est pas inutile 
d’ajouter que si, jusqu’à ce jour, Ægus a été rencontré seul à 
Vichy et à Samoussy, je l’ai moi-même trouvé non loin de Cal- 
Lopis, à Uriage, et d’Armoricana, à Angoulème. 

Cependant une confusion de Nomenclature se présente 1c1. 

Il me semble que les deux noms -Ægus et Ligurica s'appliquent 
désormais, au moins partiellement, à un objet qui est sensiblement 
le même. 

Il est donc nécessaire de provoquer une explication à cet égard. 

S1 les deux noms doivent rester dans la Nomenclature, c’est à 
la condition que Ægus, de Versoix, et Ligurica, de Cassarate, 
soient reconnus constituer deux unités distinctes et méritant, cha- 
cune, un nom spécial. 

Le nom Ægus, Chapman, conviendrait alors aux Zycaena de 
Genève, d’Uriage, de Vichy, de Brantôme, d'Angoulême, c’est- 
à-dire à la morphe cisalpine, tandis que le nom Zzgurica, Cour- 
voisier, désignerait la morphe transalpine. 

J'emploie les expressions : c2salpine et fransalpine en me pla- 
çant au point de vue de nous autres Français et Genevois. 

Quant à Vivea, Courvoisier, dont l’auteur de l’Espèce m’a 
donné un © type pris à Pfynwald, le 9 juin 1908, et dont je 
possède une paire de Subiaco (Monti Sabini, Italie centrale), 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 467 


reçue également du D' Courvoisier, il me semble que par le des- 
sous de ses ailes, aussi blanc que chez l'Aegon-Hypochiona, 
Nivea est l’antithèse de la brune A7moricana; par ses caractères 
extérieurs, Vivea doit être envisagée aussi comme une Espèce à 
part. 

Voilà donc deux opinions différentes en présence; d’un côté, 
celle dont nous ont fait part les Docteurs Reverdin et Chapman; 
de l’autre côté, celle du D' Courvoisier et la mienne. 

Mais cette divergence, à quoi tient-elle ? uniquement à la 
conception de l’Uxité spécifique personnelle à chacun de nous. 

En effet, personne ne songe à contester la nécessité de dési- 
gner, par des noms spéciaux, les Zycaena Nivea, Armoricana et 
Bellieri. Chaque Entomologiste peut distinguer aisément Wvea, 
Aymoricana, Bellteri, et nul ne peut confondre ces Espèces ou 
Morphes entre elles. Dès lors, étant des spécialités, 1l faut un 
nom spécial pour désigner chacune d’elles. 

Alors, sont-ce des Espèces ou simplement des Morphes d’une 
seuleret meme Espèces 

That is the enigmatic question! 

Comme nous ignorons tous l’origine des êtres créés, nous 
sommes réduits à des hypothèses et d’après nos suppositions — 
nullement d’après des certitudes — nous érigeons à la dignité 
d’Espèce ou bien nous rabaissons à la qualité de Variété, telle 
ou telle unité cependant distinguable des autres. 

En ce qui me concerne, j'envisage comme Espèce tout l’en- 
semble des êtres qui, étant différents des autres êtres par quelque 
caractère distinctif constant, sont reproduits toujours pareils par 
des ancêtres pareils et qui, en outre, sont susceptibles de procréer 
une descendance également toujours pareille à eux-mêmes et à 
leurs antécédents. 

C’est en me conformant à ce principe que je considère notam- 
ment Aymoricana et Bellieri comme deux Espèces distinctes, 
parce que tous les exemplaires présentent les mêmes caractères 
conformes à ceux de leurs parents et procréent, pour chaque 


468 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 





saison nouvelle, une lignée semblable à celles qui les ont pré- 
cédées. 

Alors, du moment qu'on peut sans aucune difhculté et d’après 
le simple aspect extérieur des papillons, séparer les Zycaena 
À rMOTiCARa, Bellieri, Nivea, etc., des autres formes voisines des- 
quelles elles se distinguent aisément, sans qu’en soit exposé à les 
confondre, pour peu qu’on y porte quelque attention, Je pense 
que les Zycaena Armoncana, Bellierr, Nivea sont des Espèces 
distinctes aussi bien que Ægus. 

Mais, encore une fois, Je reconnais volontiers que c’est affaire 
d'opinion. Chaque Entomologiste peut ressentir une impression 
qui le porte à la synthèse, ou inverseinent à l’analyse. On peut 
en effet éprouver une tendance à grouper dans une même unité 
spécifique des morphes cependant distinctes et reconnaissables 
entre elles, comme aussi on peut pousser la séparation spécifique 
jusqu’à des limites extrêmes et penser que si MNivea, Armoricana, 
Bellieri doivent être envisagées comme des Espèces distinctes, 
Nevadensis, Calliojis peuvent encourir le même sort. 

Au sens que les Naturalistes attribuent au mot : Espèce, c’est- 
à-dire suivant l’idée que ce mot définit, tous sont d’accord pour 
prétendre que les Papilio Machaon et Podalirius, les Parnasstus 
A pollo et Mnemosyne sont des Espèces distinctes; mais tous les 
cas ne se présentent pas aussi clairement aux yeux de tous; ainsi, 
dans la question des Zycaena, comme dans celle des Zygaena, 
des Syrichthus et de plusieurs autres Genres de Lépidoptères, 
même des Ac/inote sud-américaines dont l’histoire se trouve 
effleurée dans le présent Volume XIV des Ætudes de Lépidopté- 
rologie comparée, la connexité de certaines morphes sans doute 
distinguables, mais incontestablement affines, laisse l’esprit per- 
plexe quant à leur séparation spécifique. 

En pareille matière, pour obtenir la vérité ou tout au moins 
s’en rapprocher le plus possible, le mieux paraît être de continuer 
à étudier comparativement tous les détails biologiques suscep- 
tibles de produire un élément utile d’information. 


LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 409 





C’est avec l'intention de coopérer à ce but que M. Harold 
Powell et moi, dans la mesure où mes moyens me l’ont permis, 
nous avons dirigé nos travaux durant l’été 1917. Je convie de 
nouveau nos amis à donner le concours de leurs savants efforts, 
en vue de réaliser, pour les Zycaena qui habitent aux environs 
de leur résidence, des observations analogues à celles que nous 
avons entreprises dans le pays breton. Je souhaite de tout cœur 
à leurs travaux la parfaite réussite d’où jaillira, pour les connais- 
sances biologiques aussi bien que pour les questions de classifi- 
cation qui en découlent, la pleine et complète lumière qui nous 
mettra définitivement d’accord. 


Rennes, 1° octobre 1017. 


CHARLES OBERTHÜR. 





31 





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ERRATA ET CORRIGENDA 


AU VOLUME XIV 


des Âtudes de Lépidoptérologie comparée. 


Page 24, ligne 6, lire : Cauferefs, au lieu de : Cautarets. 

Page 53, au bas du tableau, supprimer les signes de parenthèse 
qui entourent le mot : Sarepta; mettre un point final après : Norik 
America. 

Page 72, mêmes corrections à faire. 

Planche XTII, dans la légende, lire : Nivea, au lieu de : Nives. 

Page 140, ligne 17, lire : suprastigmatale, au lieu de sprastig- 
matale. 

Page220, ligne 21, lire : Œdipus, au lieu de : Oedippus. 

Page 306, ligne 18, lire : fondu, au lieu de pondus. 

Page 405, ligne 26, lire : Lycaenide, au lieu de : Zycanide. 

Page 427, ligne 4, lire : Les œufs fussent, au lieu de : Les œufs 
Ccussent. , 

Page 433, ligne 13, lire : o% Les femelles, au lieu de : ox les 
mâles. 





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TABLE DES MATIRRES 


CONTENUES DANS LE VOLUME XIV 


des Études de Léprdoptérologie comparée 


PAGES 

ARTE ALES ERA CARPE AN NE RER SCIE MERE Le fe SU 7-12 
Contributions à l’histoire de la Zycaena Argus et des 

Formes, Races et Espèces qui y étaient jusqu'ici rattachées. EE 1 
Note sur l’armure génitale mâle chez Zycaena Argus L. et 

ses variétés (D' Jaques Reverdin), avec 2 Planches 

[OURS T0 IE CNP RE PAPERS PR ENS OR PO TT Re ER EE 17-31 
Obs IDE COHEMDISIER D. eur re Lure aies crermitent 33-39 
À new european Zycaena (D' T. A. Chapman), avec 

OR ERES DROIOPESS 2. dci rune est once Matin 41-76 
Le Genre Actinate, avec 11 Plançhes coloriées.................. 77-125 
Lépidoptères des frontières chinoises du Thibet, Planche 

GOOM AN cri maine tune CDLXXIV 
ADO DO OS APE TR ea setsce ton nr nude 127-136 
Contribution à l'Etude des Aegertidae (F4 Le Cerf), avec 

Planches coloriees er Planche rngite. ts. 137-385 
Considérations sur quelques Espèces de Zycaena..............…. 389-392 


Observations biologiques concernant la Zycaena Alcon 
DÉBUT R  cee tn carte Coton 393-109 


474 LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE 


PAGES 
Détermination spécifique des Fourmis dont il a été fait 

mention dans les observations concernant la Zycaena 

COMME te LS RARE RE nee UD dE Te ES EN ER EE 411-413 
Dernières observations concernant la chenille de Zycaena 

Alcon et Résumé de nos connaissances actuelles (22 sep- 

témDLe DANS RP ER 415-419 
Observations relatives à Zycaena Armoricana....................…. 420-460 
CONCIUS ONE RER nu tee 0 TT EEE 461-469 
Errata et#lable des MATIÈRES ee 471-474 





IMP. OBERTHUR, RENNES. 








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EXPLICATION DE LA PL. CDLXXXI Pi 


F1G. à. — Lycacna Armoricana, chenille dans le second stade, x 5 
environ. 

D. — Lycaena Armoricana, chenille dans le début du 3° stade, x 5 
environ. 

c. — Lycaena Armoricana, chenille dans le 3° stade, x 5 environ, 


vue de dos. 


d. — ZLycaena Armoricana, chenille dans le 3° stade, x 5 environ, 
vue de profil. 


e. — Lycaena Armoricana, chenille dans le 4° stade, x 5 environ, 
vue de dos. 

Î. — Lycaena. Armoricana, chenille dans le 4° stade, x 5 environ, 
vue de profil. 

g. — Chrysalide de Zycaena Armoricana, vue de face, x 5 environ. 

h. — Id., vue de dos. 

i. — Id., vue de profil. 

j. — Chenille de ZLycaena Alcon, 2° stade, x 5, extraite d’une 


fleur de gentiane (bouton) ; 21 août 1917. 


k j Chenille de Zycaena Alcon, 3° stade (stade dans lequel la 


1) chenille quitte la fleur), x 5; vue de dos et vue de profil, 


(D'après les aquarelles faites par Harold Powell, en été 1917). 


Lepidoptérologie comparée 


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— — côtes de contour * 25. 

_ — région micropylaire xX 45. 

—  Lycæna Aegon *X 25. 
— — sommet et région micropylaire X 25. 

= — — côtes de contour * 25. 

— — — région micropylaire x 45, 


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3 





PLANCHE A. 


LYCAENA ARMORICANA 





Lycaena Armoricana ) prenant son bain de soleil sur une branche 


d'ajonc ; 4 juillet 1917, G h. 40 du matin. Monterfil. 


Phot. H. Powell. agrandie par Stayan Georgewitsch 





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PLANCHE -B. 
LYCAENA AEGON 























Lycaena Aegon S se chauffant au soleil sur une inflorescence 


d'Ærica ciliaris; 4 juillet 1917, io h. 25 du matin. Monterfil. 


Phot. H. Powell agrandie par Stayan Georgewitseh. 




















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PLANCHE C. 


LYCAENA ARMORICANA 





Lycacena Armoricana Q, les ailes demi-ouvertes, venant de se poser ct 


semblant disposée à pondre ; se réchauflant au soleil, en attendant. 
Monterfil, o juillet 1917; 10 h. 10 du matin (heure nouvelle). 


Phot. H. Powell, agrandie par Stavan Georgewitseh. 


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PLANCHE D. 


LYCAENA AEGON ET ARMORICANA 








En haut, Zycaena Aegon d'; en bas, Lycaena Armoricana Q, au repos, 


le 10 juillet 1917, à Monterfil, à 8 h. 35 du soir (heure nouvelle). 


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Phot. I. Powell, agrandie par Stayan Georgewitsch 





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PLANCHE 


LYCAENA AEGON 





























A) MS ne 50 du soir (heure nouvelle 


10 Juillet 1917, à Monterfil. 


Phot. I. Powell, agrandie par Stayan Georgewitsch 





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la chenille au 


Peau de 


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stade. 


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1. Peau de la chenille au 


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